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Contrôle [PV Iris Prescott]

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Dim 31 Juil - 21:47
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Quand l'héritier controversé des Kingfell a une idée en tête, elle y reste jusqu'à qu'elle soit améliorée ou exécutée. Ainsi, depuis qu'il avait décidé d'établir le quartier général de son équipe dans la salle des professeurs désormais vacante, il n'avait pas cessé de tout mettre en œuvre pour réaliser son souhait. Il s'était adressé à plusieurs reprises à l'ensemble de ses alliés, afin de convaincre les éventuels réticents, qu'en l'absence de membres du personnel, c'était eux qui s'étaient montrés les plus capables de reprendre le flambeau. De ce fait, il était légitime qu'ils s'établissent dans une salle riche en symbole. Aaron avait donc fait de nombreux allers-retours jusqu'à cette pièce, afin de l'aménager correctement en un poste de garde digne de ce nom. Comme elle avait été laissée à l'abandon depuis que les enseignants avaient été mis dehors, les patrouilleurs ont nettoyé, rangé de fond en comble et apporté une grande partie de leurs affaires ici. Ils y avaient également installé de quoi dormir assez confortablement. La renaissance de ce lieu devait être interprétée comme celle prochaine de l'école toute entière.

Mais le Serpentard débordait d'ambition, et il n'aurait su se contenter d'une si petite action. En effet, il trouvait idiot de s'arrêter à une seule pièce, alors que tant d'autres ne servaient plus à présent. Ce qu'il désirait, c'était créer plusieurs postes de surveillance, à différents étages, à proximité desquels se situeraient toujours au moins un membre de son équipe. Ils avaient donc également transformé la salle des préfets du sixième étage. Ces deux pièces possédaient en commun un rapport avec l'autorité. Or,c'était bien cela qu'aspirait à représenter le septième année, du moins pour l'instant. Ces projets à long terme, se concentraient surtout sur la réussite et le respect que son nom devra imposer aux familles de sang pur. Ainsi que sur sa survie si possible, puisque la menace de sa mère restait suspendues au-dessus de sa tête telle une épée de Damoclès. Il songeait qu'avec beaucoup de chance, le Seigneur des Ténèbres et Hellson pourraient s'entretuer, et que Dumbledore serait démis de ses fonctions par le ministère suite au chaos qu'il a laissé s'immiscer dans son école. Mais les scénarios idéaux sont connus pour rester des fantasmes. Quant à sa mère adoptive, peut-être voyait-elle juste, peut-être que l'ancien tyran du monde magique passerait outre la moitié de ses origines pour se concentrer sur son nom et son curriculum vitae exemplaire.

Cela faisait beaucoup d'incertitudes pour le préfet-en-chef, qui commençait à redouter cet avenir dont il ne pourrait pas contrôler la majeure partie des évènements. Pour lui, tout tenait à ce besoin, lui qui n'avait pu décider dans quel utérus il serait conçu, à quelle occasion plus ou moins noble, quelles seraient ses occupations d'enfances, quels seraient ses projets d'avenir, et même s'il pourrait sourire ou non. Pour palier à ces manques, il fallait qu'il ait la main mise sur tout le reste, sans exception. Voilà pourquoi il devait absolument être le meilleur dans tout ce qu'il entreprenait, il trouvait que la liste de ce qu'il pouvait faire par lui-même était tellement mince, que pour compenser, il fallait qu'elle soit dépourvue de toute tâche. On lui avait imposé son existence, son passé, et ses parents faisaient tout pour restreindre ses choix futurs. Malgré tout, Aaron était très attaché à sa vie, bien qu'il s'en trouvait quelque peu prisonnier. Mais comme il se le répétait régulièrement, tant qu'à être un prisonnier, autant être un prisonnier fortuné. Tel était son cas.

Le Serpentard s'interrogeait ainsi sur sa destinée, qui se rapprochait de plus en plus dangereusement, tandis que ses partenaires de sa milice particulière arrivaient également à proximité de la salle des professeurs, où il se trouvait actuellement, adossé à un mur, les bras croisés et les yeux perdus dans l'interrogation des choix qu'il pourra faire ou non. Il en était venu à se dire que si le vieux directeur était jugé incapable de continuer à tenir ses fonctions, le poste de Dumbledore pourrait également être un bon métier qui l'aiderait à assurer la réputation des Kingfell chez l'ensemble des sorciers. Mais en attendant cette éventualité, mieux valait si préparer, et pour cela, il était satisfait d'accueillir ses collègues dans l'un de leur nouveau poste de garde, qui faisait aussi office de lieu de réunion.

Anna Bishop, Gayan Linch et David Smith furent les premiers à arriver. Aaron serra vigoureusement la main des deux garçons, puis fit la bise à la quatrième septième année vert-argent. Le trio constituait les plus proches amis du préfet-en-chef, même un peu plus que cela puisqu'Anna et lui étaient sortis ensemble à plusieurs reprises. Ils avaient été les seuls à véritablement lui venir en aide lorsqu'il en avait besoin. Malheureusement, ils n'eurent guère le temps d'évoquer les bons moments du passé, car le reste des patrouilleurs ne tarda pas à faire son entrée. L'organisateur était content de constater que tous avaient répondu présents, et qu'en plus, il n'y avait aucun retard. Il ne pouvait que louer une telle discipline. Bien sûr, il savait qu'il n'était pas un chef, du moins pas au sens propre du terme. Toutefois, il pouvait au moins se vanter d'être l'instigateur de cette entreprise, et de maintenir sa cohésion, par l'argent, mais également en donnant à chacun la volonté de faire au mieux.

Certains d'entre-eux n'étaient en effet motivés que par l'appât du gain et par la possibilité de se faire plaisir à jeter quelques sorts. Aaron estimait qu'il était alors préférable que ces individus soient intégrés à son équipe pour qu'ils ne deviennent pas incontrôlables, et qu'ils soient un mal pour un bien, au lieu de répandre activement l'anarchie dans les couloirs de Poudlard. D'autres heureusement, possédaient davantage de principes, et avaient même refusé de se faire payer. C'était le cas d'Iris Prescott, la préfète de Poufsouffle, très jeune mère, dont les devoirs et la souffrance de sa délicate condition semblent lui avoir octroyer une force nouvelle. Elle fait partie des élèves qui se sont le plus investis dans diverses tentatives pour que le château mérite encore l'appellation d'école. Ainsi, même si sa présence au sein de l'équipe donnait constamment un pincement au cœur du Serpentard, ce dernier ne pouvant s'empêcher de faire le parallèle avec sa propre enfance, il tenait beaucoup à leur association.

Néanmoins, ils n'étaient pas toujours d'accord sur les méthodes à employer, mais débattre avec elle ne constituait pas un problème, et il tenait à ce que tout le monde donne son avis. Cependant, aujourd'hui, il y avait aussi un sujet qu'il tenait absolument à aborder. Pour cela, il avait sorti du bureau un exemplaire du Gossip Feather, celui qui concernait Monsieur Unseen, le mystérieux élève dealer qui avait fait main basse sur les potions et les ingrédients du château pour organiser son marché noir. Aaron le déposa ensuite bien en évidence. Puis il tritura ensuite sa bague d'or sertie d'une opale noire, positionnée sur son index gauche, qui complétait sa tenue vestimentaire constituée d'une chemise de soie noire et d'un costume de lin crème.

- Nous ne pouvons pas rester inactifs pendant qu'un élève se permet ce genre de chose. A ce propos, je tiens à vous annoncer que je vous retiens tous ici pendant plusieurs heures, le temps de vérifier qu'aucun de vous n'est un autre usant de polynectar. Suite à quoi vous signerez tous cette feuille, ainsi, seuls ceux qui auront inscrit leur nom et prénom pourront à nouveau pénétrer dans cette salle. S'il y a une trahison, je le saurais immédiatement.


Il y eut une majorité de hochements de tête, le reste ne manifesta pas d'impression particulière.


- Nous sommes donc ici pour un moment, alors autant prendre le temps d'écouter les avis de chacun, sur Unseen, mais également sur la gestion de cette équipe. Comme vous le savez, je suis ouvert à toutes les suggestions et idées, même is jusque là nous n'avons pas franchement eût l'occasion d'en discuter longuement. Aujourd'hui, c'est le moment.


Son regard pâle s'était attardé les iris sombres de la préfète, car il savait qu'elle ne tarderait pas à se manifester.
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Iris Prescott
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Mer 3 Aoû - 20:03
Iris s'était levée de bonne heure ce jour-là car sa journée était particulièrement chargée. D'abord, elle s'imposait un rapide tour à la volière pour voir si son hibou avait réussi à quitter l'enceinte du château avec la lettre destinée à sa fille et à ses parents. Elle y allait avec de moins en moins d'espoir, mais elle tenait à le faire : sans ça, elle avait l'impression qu'elle ne s'inquiétait pas pour sa famille car elle avait tellement de choses à faire dans la journée qu'elle ne pouvait pas prendre cinq minutes pour penser. Elle donna à manger à son hibou, lui attacha une nouvelle lettre tout en gardant l'autre et prit la direction des cuisines, en essayant de cacher ses larmes. Là, elle retrouva quelques amis avec qui elle discuta un peu du programme de la journée tout en les informant qu'il ne pourrait pas compter sur elle l'après midi. Après le petit déjeuner, elle s'occupa de donner des leçons de potions aux élèves volontaires, une partie de plaisir pour elle. L'enseignement, c'était peu être sa vocation au final, plus que son envie de devenir journaliste. Comme quoi, être livré à vous-même n'est pas forcément négatif.

La matinée se termina rapidement et après avoir rangé un peu le coin de bibliothèque qu'elle avait occupé, elle prit son déjeuner dans la Grande Salle en compagnie de jeunes élèves. Ces temps-ci, elle n'aimait pas se retrouver seule en journée, alors elle faisait en sorte de toujours être accompagnée. Ainsi, elle venait en aide à n'importe qui, parlait à tout le monde, oubliant un peu sa méfiance de début d'année. Enfin, pas totalement. Elle restait vigilante envers ceux qui se sont toujours montrés méchants. Aujourd'hui, elle savait à qui faire confiance et elle cernait plus facilement les gens, peut être mal parfois et c'était sûrement un tord mais Iris ne voulait pas refaire les mêmes erreurs que dans le passé. Chat échaudé craint l'eau froide, c'est bien connu.

Iris n'aida pas à débarrasser, comme à son habitude. Non, là, elle avait un rendez vous assez important pour Poudlard. Elle passa par la salle commune des Poufsouffle d'abord, afin d'y déposer des livres pris à la bibliothèque ainsi que ses affaires de potions dont elle n'avait plus besoin. Elle fit un rapide tour dans la salle de bain commune afin de se brosser les dents et se remaquiller un peu. Non pas qu'elle y tienne vraiment, mais c'était une habitude maintenant – cela permettait de cacher un peu ses cernes, vu qu'elle n'avait plus de crème magique que sa mère lui faisait. Et puis elle était en avance, elle avait donc le temps de le faire. Lorsqu'enfin il était l'heure d'y aller, elle se mit en chemin, discutant encore un peu avec les gens qu'elle croisait, si bien qu'elle n'arriva pas la première dans la salle des professeurs.

Il y avait déjà quatre personnes, qu'elle connaissait plus ou moins bien, tous des Serpentard. Dont Aaron, l'élève à l'origine de ce rassemblement. Dans d'autres conditions, Iris n'aurait jamais mis les pieds là dedans. Déjà, elle savait que Aaron ne la portait pas dans son cœur, ne sachant pas très bien pourquoi. Peut être la considérait-il comme beaucoup d'élève, comme une fille irrésponsable. Enfin, Iris avait des amis de confiance et le fait que le Serpentard n'en fasse pas parti l'importait peu. Ils travaillaient ensembles en temps que préfets, et leur relation s'arrêtait là. Du moins, c'était le cas avant qu'Hellson prennent possession du château. Alors qu'Iris avait eu l'idée de continuer à donner des cours, afin d'occuper un peu l'emploi du temps des élèves, Aaron avait voulu mettre en place une équipe de patrouille afin de sécuriser le château. Et la jeune mère avait naturellement accepté, voulant à tout prix garder l'esprit occupé pour ne pas penser à sa petite Madeleine, loin d'elle alors qu'elle allait avoir un an. Voilà pourquoi elle se retrouvait là, dans la salle des professeurs rénovée, à saluer les Serpentard et les autres patrouilleurs. Cette réunion avait été prévu il y a un certain temps et Iris avait hâte de mettre quelques détails au point car elle ne partageait pas les méthodes de Aaron, du moins pas toute. En fait, un point l'embêtait surtout : le fait d'être payé pour garder Poudlard en sécurité. Évidemment, elle avait refusé, mais elle savait que certains n'étaient là que pour l'appât du gain. Et que de l'argent circule dans le château, ce n'était pas très sain pour Iris. D'accord, cela avait des bons côtés : plus de volontaires. Mais le fait qu'ils ne soient là que pour l'argent et non pas par esprit de solidarité, de volontarisme complet. Et étant franche, Iris n'allait pas se faire prier pour le signaler, quitte à se faire détester. Iris s'installa à proximité du groupe, appuyé contre le rebord d'une table, les bras croisés contre sa poitrine.

Aaron prit la parole, après avoir déposer un exemplaire du Gossip Feather. Mais il ne voulait pas parler de ce journal clandestin, mais du sujet du jour : Mr Unseen. Iris ne prêtait pas vraiment attention à cette journaliste, car la plupart des choses qu'elle avait écrite était contre ses amis, donc cela ne lui plaisait pas, mais pas du tout. Ce n'était pas normal ce qu'elle faisait, c'était déloyal et si les professeurs étaient encore là, jamais une telle personne n'aurait pu faire surface. Non, personne. Cela dégoûtait Iris de voir les élèves se réjouir devant les ragots qui faisaient du mal à des gens qui comptait pour elle. Concernant Unseen, son marché noir serait à tous les coups financé par l'argent que le Serpentard allait distribuer, donc il ne pouvait s'en prendre qu'à lui. Aaron se montra également méfiant vis à vis des élèves se trouvant dans cette salle, mais Iris analysa cela plutôt comme de la prudence de sa part : on ne sait jamais ce qu'il peut arriver, ces temps-ci. Et elle signerait cette feuille de son plein grès, pas besoin qu'on la force. Elle avait eu raison de réserver sa journée pour cette réunion, quitte à aller à la bibliothèque pour passer le temps ensuite.

Aaron regarda alors intensément Iris, du moins c'est ainsi qu'elle l'interpréta. Il voulait donc qu'elle prenne la parole. Elle haussa les épaules et se leva pour faire face à tout le monde. Elle n'avait aucun problème pour prendre la parole en public, elle était habitué depuis qu'elle était toute petite et n’éprouvait aucune gêne. Elle respira alors un coup, histoire de mettre au clair ses idées et se lança.

- Mr Unseen est apparu parce qu'il y a un marché possible. Et qui dit marché, dit argent. Ou troc, mais surtout argent. Les élèves seront vite à court de monnaie s'ils deviennent des fidèles de ce Unseen. Et qui distribue de l'argent dans le château ? Toi, Aaron. Ok, certains ne seraient pas là, dans cette pièce, avec nous, si tu ne les payais pas, mais tu ne crois pas que tu aggraves la situation ?

Il y eu quelques soupirs agacés, mais Iris s'en fichait. C'était son avis, les autres donneraient le leur ensuite. Elle continua à parler, n'ayant pas fini.

- Les groupes de travail fonctionnent très bien sans argent, je ne comprend pas pourquoi on ne pourra pas faire la même ici.

Elle lança un regard à Iris, haussant un sourcil. Tout ceci n'était que des suggestions, non pas des choses qu'il fallait appliquer immédiatement. Après tout ce n'était pas elle la chef ici. Elle avait son espace à la bibliothèque, qu'elle partageait avec de nombreux élèves, les plus âgés de Poudlard. Là, elle ne faisait que participait, elle n'en était pas du tout l'initiatrice.

- Oh il faudrait faire attention à Gossip Feather, elle balance pas mal d'infos qui ne sont pas toujours très … Comment dire ? Très politiquement correct. Et je pense que c'est de notre devoir de la coincer, au même titre que Unseen.
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Sam 27 Aoû - 15:55
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Aaron appréciait le franc-parler de la Poufsouffle, il laissa d'ailleurs échapper un léger sourire lorsque la blonde suggéra qu'il participe au triomphe de Unseen, au contraire d'au moins la moitié des autres élèves présents dans la salle des professeurs, qui n'avaient certainement pas envie de voir leur salaire disparaître. Les réactions ne se firent donc pas attendre, ce qui apparaissait comme une vague de murmure pendant que Iris s'exprimait, se mua immédiatement en protestations lorsqu'elle eût fini de parler. Le préfet-en-chef ne put même pas donner son avis avant ses collègues énervés. Il se contenta donc d'observer la scène d'un air sévère en attendant que les esprits se calment, ou d'intervenir s'ils s'échauffaient trop à son goût. Ils avaient déjà bien assez de mal à maintenir l'ordre dans Poudlard, il ne fallait pas qu'ils subissent un schisme qui réduisent leurs effectifs. C'était pour cette raison que le Serpentard finançait une partie de cette brigade, sans quoi ils ne seraient pas suffisamment nombreux pour être efficaces. Il jugeait la situation trop grave pour s'embarrasser de principes qui réduiraient leurs marges de manœuvres.

Mais pour l'instant, l'instigateur demeurait muet, tandis que de vives réprimandes s'élevaient dans la pièce, créant un brouhaha qui empêchait de comprendre nettement quoique ce soit. Plusieurs s''étaient rapprochés d'Iris et se défendaient avec colère et indignation, ou injurieusement envers elle, cette dernière façon étant surtout le fait des Serpentards. Certains lui demandèrent de réagir, d'autres lui dirent qu'ils quitteraient son groupe s'il arrêtait de leur donner de l'argent. Aaron quant à lui, espérait que les étudiants parviennent à s'organiser clairement seuls, et heureusement, ils finirent par se laisser s'exprimer les uns après les autres, non sans toutefois laisser transparaître une grande impatience de voir leur tour de parole arriver. Le premier à répondre aux propos de la préfète fut Daniel Munstain, un élève de sa maison et de son année, il ne l'appréciait pas particulièrement, c'était un bagarreur arrogant, mais il respectait ses capacités de bon jeteur de sortilèges.

- Saleté de maman Poufsouffle, tu n'es pas assez bonne pour être payée, alors tu veux que personne ne le soit ! Je te préviens Kingfell, dit-il en tournant la tête vers lui, tu engages qui tu veux avec nous, mais il faudra que tu apprennes aux larbins à rester à leur place, sinon d'autres s'en chargeront, moins gentiment.

Le garçon brun, aux cheveux longs et à la barbe naissante, se dirigea ensuite vers son interlocuteur, en ignorant vulgairement Iris au passage. Il planta ses yeux intensément bleus sur Aaron avant de lui donner un conseil qui s'apparentait davantage à un avertissement.

- Tu sais bien que la majorité d'entre nous te suivons par intérêt, ce serait idiot de ne pas en profiter, il serait donc mal avisé de suivre les conseils de la racaille. En plus de nous faire partir, tu serais mal vu par l'ensemble de ta maison.

Alors qu'il s'en retournait vers ses camarades, deux garçons de Poufsouffle vinrent l'intercepter, l'un se nommait Marc Bringslaw, un brun costaud de septième année, et l'autre était James Stannis, un autre brun aux cheveux longs, coiffé en catogan, mais plus jeune d'un an. Ils n'avaient logiquement pas apprécié le discours du Serpentard. Ils n'étaient d'ailleurs pas les seuls à avoir réagis, puisque pratiquement tous discutaient, débattaient ou s'insultaient. Certains tentaient de calmer les autres, mais leurs efforts étaient vains. En outre, ces trois là avaient l'air de vouloir en venir dangereusement aux mains. D'instinct, Aaron portait sa main droite à sa baguette, prêt à intervenir. Lorsque les injures ne suffirent plus au trio, et qu'ils s'emparèrent de leur baguette, le préfet-en-chef décida d'intervenir.

- Expelliarmus !

Il avait visé la main armée de Munstain, qui semblait être le plus prompt à employer la violence. Il s'aperçut toutefois, avec ravissement, qu'il n'avait pas été le seul à réagir, en effet, d'autres membres du groupe tenaient leurs baguettes dans la même direction. Le calme enfin revenu dans la salle, Aaron s'avança jusqu'au corps inanimé et légèrement déformé de son camarade, rendu tel par les quelques sortilèges qu'il venait de recevoir, et s'empara de sa baguette. Les deux Poufsouffle, eux, s'écartèrent soigneusement. Le préfet-en-chef profita du silence pour prendre la parole, ses joues paraissaient encore plus creusées que d'habitude, il était révolté d'avoir eu à sévir contre un des membres de sa propre équipe.

- Le prochain qui entame une dissension au sein de ce groupe, il subira bien plus qu'un sortilège de désarmement ou de stupéfaction. Ensemble, nous dépassons les préjugés établis par les maisons. La concurrence entre ces dernières permet peut-être à l'école d'élever le niveau scolaire, mais dans une situation de crise, comme aujourd'hui, il nous faut faire front commun.

Il jeta un regard méprisant sur le corps couvert de verrues et allongé face contre terre de Daniel Munstain, avant de poursuivre. Il tenait toujours fermement la baguette de ce dernier dans la main gauche.

- Je tiens particulièrement à souligner, en ce qui concerne les Serpentard, que notre réputation est telle que si nous souhaitons que cette… association survive, nous ne pouvons nous permettre de nous passer d’alliés des trois autres maisons.

Il adressa alors un hochement de tête respectueux à une fille de son âge aux cheveux châtains, l'une de celle qui avait lancé un sort sur Munstain. Il s'agissait de l'unique Gryffondor qui avait accepté de rejoindre la brigade.

- A présent, nous pouvons répondre convenablement aux idées suggérées par Iris Prescott, et si cela ne vous le dérange pas, tant que j'y suis, j'aimerais être le premier à répondre.


Il se tourna alors vers elle, et afficha une expression moins courroucée, car il était au moins possible de débattre avec elle, au contraire de certains autres. Il n'était pas d'accord avec tout ce qu'elle avait dit, mais c'était justement souvent comme cela que les bonnes idées émergeaient, en se confrontant les uns aux autres, comme pour les quatre maisons du château en quelques sortes.

- Iris, je sais depuis le début que tu es contre la rémunération d'une partie des membres de ce groupe, et après tout, je dois bien avouer que cela ne me plaît pas plus que cela de donner mon argent à d'autres. Cependant, c'est une façon efficace de s'assurer de la loyauté de certains. Or, dans cette période, l'efficacité est bien ce sûr quoi nous devons insister, plus que divers principes moraux. Cela dit, tu es dans le vrai lorsque tu dis que l'argent en roue libre est une arme toute donnée pour Unseen.


Aaron marqua une courte pause, il semblait réfléchir activement à un moyen de faire pencher la balance en leur faveur.

- Voici ce que je propose, nous allons commencer par établir les comptes de chacun d'entre nous, c'est-à-dire la liste exacte de tous les gallions, toutes les mornilles et toutes les noises que chacun possède, nous allons ensuite les réunir dans un coffre scellé et protégé par magie, qui sera constamment surveillé par deux d'entre nous en même temps. Je précise aux voleurs éventuels que la liste serait enchantée de façon à permettre de démasquer immédiatement le ou les responsables, si larcin il y a.

Aaron balaya la salle du regard, écoutant les approbations et désapprobations, jusqu'à ce qu'on finisse par lui poser la question qu'il attendait. En vérité, celui qui osa aborder ce sujet n'eut même pas le temps de le faire totalement, le Serpentard suivait trop les fils longs te entremêlés de ses pensées pour y prêter grandement attention.

- Donc pour le paiement...

Il exprima alors un sourire narquois qui ne masquait pas son agacement, l'accentuant au contraire.


- Je tiendrai un registre des comptes, nous n'avons pas besoin d'argent tant que nous sommes coincés dans l'enceinte du château. Vous aurez votre du dès que vous serez en mesure de le dépenser. Cependant, cela ne règle pas le problème d'Unseen, il faudrait en effet exercer un contrôle sur tout l'argent présent dans Poudlard... et c'est exactement ce que j'entreprends de faire. Il faudrait créer une banque propre à l'école, où les élèves viendraient mettre leur argent en sécurité. Bien sûr, même si j'aimerais bien, il serait impossible de les forcer à le faire,il faudrait donc livrer une véritable propagande, avec des tracts par exemple, en précisant bien que c'est non seulement pour protéger leurs économies d'éventuels rapaces, mais aussi pour se débarrasser d'Unseen qui les extorque. Chaque élève qui nous confiera son argent inscrira le compte exact, qui sera vérifié, sur le registre. Bien évidemment, tout sera rendu dès que nous serons libres. Si l'argent ne circule plus, or il n'en a nul besoin, cette ordure n'aura plus aucun pouvoir !


Aaron semblait à présent en pleine réflexion, lorsqu'il avait un projet en tête, il était presque impossible de l'arrêter, il était à présent presque fébrile d'excitation, ses yeux pétillaient, il ne cessait d'aller et venir un peu partout dans la pièce, et adressait des regards un peu déments à ses convives. Il fallait faire de nombreux tracts, envoyer chaque membre de l'escouade faire de la propagande dans sa maison, et surtout trouver un endroit parfait pour entreposer autant d'argent. Cela demandait beaucoup de travail et d'organisation.

- De plus, si cela fonctionne, il est probable que les élèves qui nous confient leur argent voudront être au plus près de celui-ci, il est alors envisageable qu'ils choisissent de devenir des membres de notre association.


Le préfet-en-chef se tint enfin en place, dévisageant ses comparses et attendant qu'ils manifestent leur opinion. David et Gayan semblaient trouver l'idée assez bonne, et Anna avait un air songeur. Une Serdaigle prit la parole, elle disait ne pas être hostile à l'idée, mais que cela serait certainement très difficile de convaincre la majorité des élèves du bienfondé de cette action. Plusieurs murmures d'approbations se levèrent après son intervention, il semblait donc que cela soit la pensée générale. Aaron le savait, cela serait dur, mais c'était entièrement réalisable. Il reporta ensuite son attention vers Iris Prescott, car elle était ici la plus proche de la bande de Kaysa Potter. Or, cette dernière avait bon nombre de fréquentations influentes, ainsi, si la préfète de Poufsouffle parvenait à la persuader, cela pourrait leur faciliter grandement le travail. Toutefois, il fallait évidemment tout d'abord que la jeune mère accepte elle même cette idée. Le Serpentard n'était pas revenu sur son évocation de Gossip Feather, estimant qu'ils auraient tout le temps d'en débattre plus tard, et que le sujet était moins pressant. Il n'était pas contre la liberté d'expression et il ne trouvait pas que ce journal était une mauvaise chose. Si les gens ne l'aimaient pas, ils n'avaient qu'à pas le lire. Pour sa part, il avait des menaces plus importantes à réprimer.
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Iris Prescott
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Lun 29 Aoû - 0:10
Iris s'attendait à la réaction des élèves. Le pouvoir de l'argent est toujours très fort, les personnes les plus nobles peuvent être facilement corrompu. Même Iris fut tentée, pour assurer un bon avenir à sa fille, alors qu'elle ne pensait jamais à mal, ou du moins très rarement. Elle n'était pas une sainte, mais penser d'abord à l'argent était pour elle une telle preuve d'égoïsme qu'elle en était profondément choqué, ou plutôt déçue de voir que dans des situations pareilles, on pouvait vouloir en tirer profit. Vivre dans le château, coupé du monde, était terriblement difficile pour de nombreux élèves, les tensions apparaissaient vite, et un tout petit événement pouvait tourner à la catastrophe. La brigade était une bonne idée à la base, et elle aurait été excellente si les élèves étaient bénévoles et non pas considérés comme des salariés d'une petite entreprise. Elle essaya de faire comprendre à certains, soudainement réuni autour d'elle, de leur expliquer plus en détails sa pensée, que faire circuler l'argent pouvait entraîner d'autres choses plus grave que Mr Unseen, tels que le vol, le racket … Sauf que peu d'entre eux étaient en mesure d'écouter ce qu'elle avait à dire. Non, ils avaient retenu qu'elle voulait leur enlever leur paye, seulement ça. Et ils étaient dans une phase d'indignation, ne l'écoutant plus vraiment. Décidément, cette brigade n'était pas ce à quoi s'attendait Iris. Comment des gens presque adulte pouvait se comporter en gosse privé de son jouet ? Elle soupira alors, prête à abandonner et espérant que Aaron allait intervenir rapidement lorsqu'un Serpentard qu'elle connaissait peu, Daniel Munstain, s'attaqua directement à elle. Voilà qu'il l'attaquait sur son statut de mère maintenant, sur sa maison, et sur sa capacité à faire régner l'ordre. D'instinct, Iris dégaina sans baguette, sans réfléchir.

- Crache-Limace !

Pour une raison inconnue, c'était le premier sort qui lui vint à l'esprit. Un poil repoussant, certes. Mais c'était une bonne punition pour quelqu'un d'aussi étroit d'esprit et stupide. Elle entendit quelques hochets de stupeur, d'incompréhension. Bon, elle s'était certainement trop vite emporté, surtout pour si peu, mais elle ne supportait pas qu'on lui rappelle son statut de mère en ce moment ; non pas qu'elle le reniait, mais sa fille lui manquait trop et elle faisait son possible pour s'occuper et ne plus y penser. Aussi, le fait que ce Serpentard lui dise qu'elle n'était pas à la hauteur, elle n'acceptait pas, surtout en ayant connaissance des méthodes douteuses de certains pour éviter le chaos à Poudlard. Et Mustain devait faire partie de ces gens là. Elle n'aimait pas martyriser les élèves pour leur faire comprendre leurs erreurs, non, elle était plus adepte des méthodes douces. Bon, en cas de récidive, elle savait sévir, mais si elle pouvait rester pacifique et calme, ça l'arrangeait. Iris regarda Daniel cracher quelques limaces mais comme elle regrettait son acte, elle arrêta son supplice par un simple «  Finite Incantatem ». Cependant, elle ne s'excusa pas et ne le ferait en aucun cas.

- Je crois que je suis bien meilleure que toi déjà, j'ai pas besoin de violence pour me faire obéir, moi. Mais je n'ai pas envie de débattre de ça avec quelqu'un aussi stupide que toi.

Entre temps, il était déjà passé à autre chose, le sort l'avait peu être refroidie. En tout cas, il retourna parmi sa « bande » mais fut intercepté par deux Poufsouffle voulant prendre la défense d'Iris, du moins c'est ainsi qu'elle l’interpréta. Ou voulaient-ils tout simplement sauver l'honneur de la maison. Toujours est-il que la situation commençait à dégénérer et Aaron intervint, enfin. Iris ne comprit pas pourquoi il ne l'avait pas fait tout de suite : pour la jeune mère, si la brigade commençait à s'entre tuer, le système n'allait pas fonctionner. C'était impossible. La cohabitation était déjà difficile et si à chaque réunion, une dispute éclatait, l'ambiance serait encore moins supportable. Il fallait donc que leur leader, leur fondateur, autrement dit Aaron, fasse tout son possible pour créer une sorte de cohésion entre les membres de la brigade. Et même si son intervention était quelque peu tardive, elle avait le mérite d'être claire et efficace. Iris l'écouta respectueusement, parce qu'il était son supérieur dans cette situation. Enfin, c'est lui qui avait le dernier mot lors des décisions. Dans un autre contexte, même si la Poufsouffle mettait un point d'honneur à écouter attentivement les personnes en train de parler, elle ne l'aurait pas considéré comme son supérieur, évidemment, elle traitait tout le monde comme son égal, sauf exception, il s'agissait souvent des cas à part, irrécupérables et qui se comportaient comme de véritables gamins, bêtes et méchants.

Aaron mit quelques points au clair avant de se diriger vers Iris, afin de lui répondre. Bien, les choses sérieuses pouvaient commencer. Iris avait peu d'espoir que le jeune homme abandonne son idée de payer les élèves pour les faire travailler, c'était son idée première, efficace, il fallait bien l'avouer, même si Iris ne l'appréciait guère. Il avoua que donnait son argent ne lui plaisait pas plus que cela et Iris se retint de sourire. Pourquoi n'avait-il pas pensé à autre chose alors ? Une autre solution, plus saine … La loyauté de certains … De son côté, Iris se méfiait d' à peu près tout le monde : elle ne les connaissait pas et ils étaient là pour l'argent, non pas pour faire un travail sérieux qui contribue à maintenir un semblant de civilisation dans le château. Le plus important était qu'Aaron acceptait une alternative. Il avait dû comprendre ce qu'elle avait dû expliquer à propos de Mr Unseen et de son trafic. Il proposait donc de créer une banque, afin que l'argent ne circule plus dans Poudlard et diminuer les possibilités de marché pour Unseen. Les autres membres de la brigade avaient l'air relativement d'accord avec l'idée du Serpentard et Iris l'était également. Elle savait exactement combien elle possédait au château car elle avait compté son argent il y a quelques jours, pour savoir où elle en était et surtout, au cas où quelqu'un s'amuserait à voler – la salle commune de Poufsouffle n'étant plus peuplé de gens de confiance depuis que le mot de passe était connu. Et elle préférait savoir son argent en lieu sûr, c'était celui de ses parents, pas le sien, donc l'idée de mettre toute la monnaie dans un endroit sûr, c'était plus que tentant.

Aaron souhaitait carrément étendre la banque de la brigade à tout le château, ce qui n'était pas bête en soi … Mais il fallait d'abord gagner la confiance des gens, ce qui allait se révéler beaucoup plus compliqué. Si Iris ne faisait pas partie de la brigade et de ce fait, n'était pas obligé de mettre son argent avec celui des autres – du moins c'est ce qu'elle avait compris – elle ne l'aurait pas confié à une bande de patrouilleurs dont leur seul but est de se faire de l'argent sans trop de bouger. Le mot propagande était un peu fort, la Poufsouffle aurait plutôt dit une campagne d'information, mais c'était l'idée. Il fallait informer les élèves de ce que la brigade mettait en place tout en précisant que ce service était ouvert à tous. Faire de la propagande, c'était plutôt s'arranger pour que les élèves n'aient pas le choix, Iris n'aimait pas trop cela. Oui, il fallait éviter que l'argent circule pour de mauvaises raisons, mais on ne pouvait pas prendre les élèves par les sentiments pour qu'ils se privent de leur argent … Poudlard n'est pas une dictature, et la brigade ne fait pas office de toute puissance, non, c'est juste un organisme qui contribue à la sécurité des élèves. Encore une fois, c'était l'avis d'Iris, naturellement altruiste, et son avis ne devait pas être partagé par toute la salle.

Iris réfléchit un instant, écouta les interventions des autres, puis, voyant qu'Aaron se tournait vers elle, elle estima que c'était à son tour de parler. Elle prit une voix claire, parla lentement, pour ne pas se perdre dans ses pensées, et ne pas embrouiller les autres.

- Ca me paraît une bonne idée. Tout le monde recevra son dû lorsque nous sortirons et personne ne pourra utiliser l'argent à Poudlard afin d'user des besoins des autres, autrement dit de payer quelqu'un pour faire des corvées à sa place parce qu'elle n'a plus d'argent et en a besoin. Ni de profiter de ce revenu pour s'offrir des extras pour Unseen. C'est très pessimiste ce que je dis là, mais je suis persuadée que certains d'entre vous y ont pensé.

La Poufsouffle sortit alors un morceau de parchemin de son sac, ainsi qu'une plume et d'un encrier. Elle griffonna son nom, son prénom, sa maison et le nombre d'argent qu'elle possédait, soit huit gallions, quatre mornilles et vingt noises (*), une petite somme, oui, sa mère devant lui renvoyer un peu d'argent juste une semaine après qu'Hellson enferme les élèves. Elle passa ensuite le parchemin et la plume à son voisin le plus proche. Ce n'était peut être pas à elle de le faire, mais elle avait l'esprit d'initiative et c'était un moyen comme un autre pour elle d'approuver l'idée, bien qu'elle reste toujours du même avis concernant la rémunération des membres de l'association.

- Voilà, j'ai noté ce que j'ai sur moi, dans mon dortoir. Si vous connaissez la somme exacte, vous pouvez faire pareil. Pour ce qui est de convaincre les autres, le bouche à oreilles, ça peut être pas mal aussi, peut être même plus efficace qu'un bout de papier. Je verrais pour en parler autour de moi, j'en toucherai un mot aux élèves à qui je donne des cours aussi, et on peut rajouter des tracts après, oui.

Elle réfléchit un instant, et continua, préférant soulever un point, ayant remarqué les méthodes douteuses de certains élèves de la brigade.

- Et la violence ne servira à rien, si on veut rallier des gens de notre côté, mieux vaut ne pas sortir les baguettes, on ne peut pas les contraindre à nous confier leur argent, mais je ne répète que ce qu'a dit Aaron là.

Ce n'était pas à elle de parler de la violence avec laquelle leurs collègues exerçait leur autorité. Non, mais Aaron semblait la cautionner et du coup, il ne réprimander pas les membres de la brigade qui s'y adonnait. Iris faisait preuve d'autorité sans utiliser directement des sorts contre les élèves, ce n'était pas le but, à moins qu'elle soit face à des cas difficiles. Enfin, chacun avait sa méthode, mais elle ne supportait pas de voir des jeunes élèves arrivés à la bibliothèque le nez en sang, une oreille plus grande que l'autre et qui sait quoi d'autre encore.

Iris avait noté qu'Aaron n'avait rien dit à propos de Gossip Feather. Deux solutions : soit le journal l'amusait et il était friand des derniers ragots de Poudlard et l'avait donc volontairement omis, soir, avec toute l'agitation, il avait oublié de répondre à Iris. La jeune fille décida alors d'y refaire allusion une deuxième fois, en essayant d'être un peu subtile.

- Je pense qu'en réduisant le marché, en retirant l'argent, Mr Unseen ne fera pas long feu, et ce sera un problème en moins pour nous. Le coincer ou pas, qu'importe, quand il se rendra compte qu'il ne peut plus rien vendre, il arrêtera son petit jeu. Par contre, à ce moment, il nous restera le cas Gossip Feather. Je suis sûre qu'elle est capable, avec un seul article, de créer une zizanie infernale dans le château. Elle est encore plus dangereuse que Unseen, non ? Et si un article entraîne un vent de panique à Poudlard, on aura beaucoup de travail, au risque d'être débordé.


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Ven 2 Sep - 17:30
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Une expérience malheureuse peut changer une personne, ou révéler un aspect enfoui de sa personnalité. Cet évènement, s'il est suffisamment fort, et particulièrement douloureux, permet alors à la victime d'en ressortir grandi. L'adage dit bien que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Aaron n'est pas aussi catégorique. Cela est possible, mais il ne considère pas qu'il s'agisse là d'une vérité absolue. Certains, après leur chute, s'élèveront vers les sommets, comme lui l'a fait, cependant d'autres, plus fragiles et plus faibles, s'apitoieront sur leur sort, crieront à l'injustice, mais ne se relèveront pas. Au contraire, ils continueront à s'enfoncer. Chez les Kingfell, il a été conditionné pour réussir, sa volonté ne peut pas être brisée, peut-être parce qu'elle a déjà été anéantie et remodelée à de trop nombreuses reprises durant son enfance, mais le résultat était là, l'avenir n'attendait que lui. Il avait voulu se donner la mort, et ce geste devait aujourd'hui lui garantir une vie des plus luxueuses. Iris Prescott quant à elle, son drame ne fut pas d'aller chercher volontairement la faucheuse, mais au contraire de donner accidentellement la vie. Il n'aurait jamais cru qu'elle puisse se tenir fièrement debout après cela, en effet, son propre père, Robert Kingfell, ne s'est jamais vraiment rétabli de ses pêchés. Il a tenté, il s'est débattu, il a façonné son bâtard de fils de sorte à canaliser la honte, mais il fut rattrapé par certains de ses démons, dont le pire de tous, sa femme. A présent, il n'est qu'un vieillard précoce, cloîtré dans son lit, et dont la maladie qui le ravage n'est rien d'autre qu'une abomination émise par Hélèna.

Mais contre toute attente, il n'en sera peut-être pas finalement de même pour la jeune Poufsouffle. Elle était fière, possédait un bon sens de l'initiative, puis au contraire du père du jeune homme, elle ne rendait pas son enfant responsable de ses malheurs. Une telle conduite lui permettrait éventuellement de s'en sortir, mais empêcherait sa fille de bénéficier de la même éducation autoritaire que celle à laquelle il avait eu droit. De toute façon, étant donné certains traits de personnalité qu'elle manifestait, il y avait fort à parier qu'elle n'avait pas la même opinion que sa famille de ce qu'était une éducation exemplaire. Cependant, l'avenir de la fille d'Iris en particulier ne lui importait guère, pour l'instant, car il possédait toutefois un certain intérêt sur le bébé qui ne cessait de lui renvoyer l'image de sa propre enfance torturée. Pour l'instant, Aaron se concentrait sur l'avenir de tous, et il était bien content que la jeune mère ne soit plus repliée sur elle-même, mais soit parvenue à trouver cette nouvelle force et cette envie d'affronter le futur.

Cette force, elle la mettait au service de l'école, et c'était exactement ce qu'il souhaitait. Il l'écouta donc attentivement lorsqu'elle prit à nouveau la parole. Il eut un sourire à la fois triste et désabusé lorsqu'elle dit être certaine que certains membres de l'organisation avaient déjà pensé utiliser l'argent à mauvais escient en profitant de la réclusion et de ses conséquences. Il était tout aussi assuré qu'elle en ce qui concernait ce sujet. Il était entièrement d'accord avec elle, et c'était une raison de plus pour agir le plus rapidement possible, avant que la corruption n'atteigne trop les esprits. Le préfet-en-chef observa la jeune femme engagée commençant immédiatement les préparatifs de cette banque provisoire. Il était à la fois ravi et amusé devant ses agissements. Elle semblait vraiment avoir envie de s'investir, de bien faire, il trouvait presque cela mignon. Il attendit qu'elle ait fait passer la feuille des nouveaux registres, et achevée d'expliquer ce qu'elle pensait être la meilleure façon de procéder. Sur ce point là, Aaron n'avait rien à redire.

- Je te remercie Iris, dit-il en souriant, le visage enjoué et le regard perçant, satisfait et intéressé parce qu'il voyait. Il se tourna ensuite vers les autres présents. Elle a raison, n'hésitez surtout pas à en parler autour de vous. Sans injures idiotes si possible... acheva-t-il en jetant un coup d'œil répugné au corps inanimé de Munstain.

Il venait de parler d'insultes, et la préfète renchérit en mettant le doigt sur l'un des points les plus sensibles de la brigade, certainement celui qui l'était le plus après la rémunération d'une partie de ses membres, la question de l'emploie de la violence. Le Serpentard n'était pas spécialement pour, et il préférait l'éviter, mais il ne fallait pas oublier la situation délicate dans laquelle ils se trouvaient. Poudlard était en proie aux anarchistes, Hellson les avait enfermés ici, et malgré cela, il y avait encore des élèves qui continuaient à le soutenir. Ils devaient éviter le chaos, par tous les moyens possibles, car il n'existait pas pire fléau. Si pour cela, ils devaient se montrer brusques, il n'y avait nullement à hésiter. Cependant, Aaron n'espérait pas devoir atteindre de telles extrémités trop souvent. Bien entendu, il comprenait que tous n'aimaient pas forcément ses méthodes, mais elles fonctionnaient, et après tout, c'était là l'important. Seul l'objectif final comptait.

Iris revint ensuite sur le sujet du journal clandestin, Gossip Feather. Apparemment elle y tenait sincèrement. Si cela pouvait la calmer, il était prêt à répondre sur ce qu'elle avait à dire le concernant. Mais cette-fois-ci, il n'était pas d'accord avec ses dires. Le Kingfell adopté le considérait comme un vulgaire tabloïd, Poudlard n'était certes pas l'endroit rêvé pour des articles de ce genre, mais il n'estimait pas que cela soit très nocif pour les élèves. Il ne pensait pas que les articles puissent créer plus de zizanie qu'il n'y en avait déjà, au pire, il ajouterait des sujets de conversations aux étudiants qui ont l'habitude de se disputer entre-eux. Après avoir écouté la dernière déclaration de la Poufsouffle, il se frotta le menton d'un air songeur, et alla s'exprimer, avant de se faire prendre la parole par un élève de sa maison.


- Tu as peur d'y lire quelque chose de déplaisant sur toi ? Annonça-t-il sur un ton provocateur.

Aaron se dit alors que les Serpentard devraient véritablement songer à prendre des cours de sociabilité, d'entente cordiale, et surtout de stratégie coopérative. Même si cela les démangeait, ils pourraient au moins faire l'effort de se retenir. Il est idiot de se mettre à dos des alliés efficaces et volontaires. Heureusement pour eux, les proches de cet abruti étaient plus malins que ce dernier, puisqu'ils lui ordonnèrent de se taire. néanmoins, le préfet-en-chef, mais surtout le créateur de cette brigade, ne pouvait pas laisser passer cela. Tous le fixaient soit lui, soit Iris, soit l'imbécile, qui le regardait avec une expression de défi. Sans s'approcher de lui, il lui répondit calmement mais fermement.


- Tu sais, je pense qu'Iris est beaucoup plus utile, efficace et douée que toi pour servir les intérêts de l'école. En plus tu te fais payer toi non ? Si j'ai à choisir entre vous deux, crois moi que je n'hésiterai pas une seconde. Je ne vais pas lui faire l'affront de te demander de lui faire des excuses, parce que je sais qu'elles ne seront pas sincères, mais je te conseille de te la fermer.

Il se retourna ensuite vers la jeune blonde, en ayant l'air énervé et désolé.

- C'est à moi de t'en faire. Je t'ai demandé de venir, et ce n'est pas pour que tu te fasses insulter. Mais je vais te faire de doubles excuses, parce que je ne vais rien tenter personnellement contre Gossip Feather.

Il marqua une courte pause, jeta un bref regard courroucé en arrière afin de vérifier que le Serpentard n'ajoute plus rien, et reprit. A côté la majorité des autres élèves discutaient entre-eux, un ton plus bas, du nouveau journal de Poudlard. Les avis divergeaient.

- Gossip Feather ne fait que lancer des rumeurs. Je n'y ai jamais prêté attention, et je ne compte pas le faire. Si elle sème une zizanie, c'est que les élèves l'ont cherchée. Les inimitiés entre maisons existent depuis longtemps, elle ne fait que leur donner des sujets de disputes. Mais ils en trouveraient d'autres sans tout cela... Si elle réussit à monter tous les élèves les uns contre les autres, alors c'est que j'ai surestimé une grande partie du château, dit-il avec un léger rire. Nous avons déjà énormément de travail comme cela, je ne la considère pas comme prioritaire. Mais si jamais tu trouves des informations dessus, je les écouterai avec plaisir, ajouta-t-il avec enthousiasme.

Il prit ensuite quelques secondes de réflexion, avant de rajouter une hypothèse.


- J'ai entendu dire qu'il était possible de la contacter, ce qui pourrait être un bon moyen de faire passer certaines informations. Sans doute pas le meilleur, mais c'est peut-être à voir.


Aaron avait beau ne pas être d'accord avec la préfète sur tous les points, il la considérait comme un des meilleurs éléments de ses effectifs, et plus que cela, une personne respectable. Ou alors, il avait simplement de l'affection pour elle. Mais pour l'heure, il la considérait surtout comme le garde fou de cette brigade. Il balaya du regard l'ensemble des personnes présentes dans la salle, puis s'exprima d'un ton fort et assuré afin de faire taire les bavards.

- Bien, Iris Prescott, Rose Chapman, Amailyn Williams et moi-même nous chargerons d'organiser les registres des comptes, il faudra aussi décider d'un endroit pour mettre les économies en lieu sûr. Nous verrons tout cela ensemble, un représentant par maison. Est-ce que cela vous convient ?

Il s'empara ensuite du papier que la préfète avait fait passer, il était le dernier de la pièce à y inscrire son nom, son prénom, sa maison, le tout suivi par la somme indécente de la petite fortune qu'il gardait bien à l'abri dans le château.

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Iris Prescott
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Lun 5 Sep - 21:48
Aaron réfléchit un moment avant de répondre à Iris, si bien qu'un autre Serpentard en profita pour lancer une réplique digne de la maison, sur un ton provocateur, qu'elle ignora totalement : après tout, pourquoi se prendre la tête pour si peu ? Même si elle pouvait s'enerver vite, comme elle l'avait montré avec Daniel Mustain, elle n'était pas une furie pour autant et savait distinguer les attaques personnelles des autres, qui n'était pas fonciérement méchante et ne méritait pas qu'on y attache trop d'importance. La Poufsouffle n'était pas contre l'intervention des autres élèves. Après tout, ils étaient là pour se faire entendre, pour discuter entre eux. C'était bien le but de la réunion, non ? Sauf qu'en général, les verts et argents ne connaissaient pas la notion de discussion, non. Pour eux, il fallait toujours hausser le ton, pour faire voir à tout le monde qu'ils étaient les plus forts, les plus fiers, que leurs idées étaient les meilleures. Iris n'aimait pas catégoriser les gens, surtout depuis qu'Hellson avait commencé à s'imposer, lui et ses idées. S'il était là, c'était en partie à cause de tous les préjugés du monde des sorciers. Et la plupart de ses préjugés étaient nés avec les fondateurs de chaque maison. Mais les Serpentard n'évoluaient pas. Certains, pourtant, étaient très ouverts d'esprit, comme Eden Swan– même si Iris était toujours en froid avec elle – ou même Aaron, qui écoutait toutes ses suggestions, même celles dont il ne partageait pas le même avis. Et d'autres étaient célèbre pour leur réplique cinglante, leur manque de sociabilité et leur méchanceté. Inutile de citer des noms, plusieurs ne sont connus que pour cela.

Aaron prit la défense d'Iris, en soulignant le fait qu'elle était capable de bien plus que cet idiot qui avait commencé à parler, non pas pour faire part de ses lumières, mais pour le plaisir de faire du mal. Sauf qu'Iris était bien endurcie et elle n'avait nullement besoin qu'on la défende. Avec sa cinquième année, elle avait apprit à se construire une carapace, une solide carapace, bien que quelquefois, elle ne pouvait faire autrement que de se laisser envahir par ses émotions car étant humaine, elle ne pouvait pas tout supporter indéfiniement. Et certains se souviennent encore de leur passage à l'infirmerie à ce moment là. Elle adressa cependant un signe de tête à Aaron, reconnaissante. Celui ci s'excusa même de l'attitude des membres de la brigade qui étaient seulement capables de critiquer, de provoquer, et non de donner de nouvelles idées pour faire évoluer les choses. Le fait d'être affiché ainsi gêna un peu la Poufsouffle. Dans la salle, il y avait des gens tout aussi doué qu'elle, voir même plus. Modeste ? Un peu, mais celà faisait partie de son éducation : ses parents lui avaient toujours appris à ne pas se vanter de ce qu'elle était capable de faire. Mais d'un autre côté, voir Aaron parler d'elle ainsi lui montrait qu'il avait confiance en elle, d'autant qu'il précisa que s'il devait choisir, il la prendrait elle, et non pas un crétin comme le Serpentard qui avait fait part de son avis.

Comme Iris l'avait soupçonné, Aaron ne s'inquiétait pas de ce que pouvait faire Gossip Feather. La Poufsouffle ne put s'empêcher de froncer les sourcils, marquant sa déception, et son énervement. Malheureusement, il ne tenterait rien donc. Elle ne fait que donner des sujets des disputes donc. Pourtant, du point de vue d'Iris, c'était déjà assez grave pour qu'on s'occupe de son cas. Et colporter des ragots, ce n'était pas ce qu'il y avait de mieux. Si la brigade ne s'en chargerait pas, Iris le fairait, de son côté. Et elle trouverait bien d'autres personnes, prêts à coincer cette journaliste, qui ne méritait d'ailleurs pas ce nom. La Poufsouffle avait eu pour vocation, il fut un temps, le journalisme. Elle avait même fait partie du journal de l'école, donc elle s'y connaissait un peu. Et pour elle, le métier de journalisme n'avait pas pour révéler tous les secrets des élèves, dans le cas de Poudlard. Enfin, Iris avait au moins essayer de rallier Aaron à sa cause, dommage que ce fut un échec.

- D'accord, je vois que tu prends cette histoire à la légère. Tant pis, je m'en occuperai de mon côté et je ne mêlerai pas de la brigade à tout cela. Sauf si je trouve quelque chose d'intéressant et de potentiellement menancant en ce qui concerne l'équilibre de l'école. Je t'en informerai dans ce cas.

Et il se passerait d'elle pour la contacter, évidemment. Iris ne voulait pas participer à la construction de ce journal, même pour diffuser une grande nouvelle. Non, ce serait sans elle, mais elle se garda de le dire, ce n'était pas un détail important, et si Aaron avait un peu de jugeote, il saurait qu'Iris ne fairait pas office d'hibou entre la brigade et Gossip. Ce débat était donc clos, définitivement. Iris savait qu'il était inutile pour elle d'essayer de convaincre Aaron, rien qu'en abordant le sujet, elle avait comprit ce qu'il pensait de Gossip Feather. Iris était peu être trop altruiste, mais penser que le journal clandestin de Poudlard pouvait blesser des gens la rendait folle, surtout que pour le moment, c'était surtout des amis à elle qui avait été "attaqué", donc elle essayerait de s'en occuper toute seule, entre deux cours donnés à la bibliothèque, son travail à la brigade et son implication parmi les préfets qui s'occupaient des repas, entre autre. Elle réalisa alors qu'elle avait un emploi du temps encore plus chargé que lorsque les professeurs étaient là, et il n'y avait pas de devoirs à faire ... En fait, elle n'aurait peut être pas le temps de s'occuper du cas Gossip Feather et peut être qu'elle se prenait la tête pour rien. Cette situation n'allait pas durer éternellement – du moins, elle l'espérait – et une fois les professeurs de retour, elle disparaîtrait car si elle était un temps soit peu intelligente, elle saurait qu'eux auraient les moyens de la repérer et ce, facilement.

Aaron clôtura également le débat sur l'argent et la nouvelle banque de Poudlard. Il nomma alors un élève de chaque maison, dont eux deux. Iris trouva cette alternative juste : ainsi, chacun pourrait faire office de représentant pour la maison, faisant passer le message parmi leurs semblables.

- Moi ça me va, je trouve ça équitable, dit-elle en haussant les épaules.

Iris consulta sa montre : cela faisait un moment déjà qu'ils étaient là, à discuter. Au moins, elle n'avait pas perdu son après midi, même si elle aurait préféré donner un cours de potions aux élèves volontaires qui se faisait de plus en plus nombreux, étonnamment. Comme quoi, son idée n'était pas mauvaise et puis, ça occupait les élèves, même les plus paresseux.
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Sam 1 Oct - 2:07
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Aaron adressa un sourire aimable à Iris, qu'elle parte à la chasse aux tabloïds si cela l'amusait, du moment que cela ne l'empêchait pas de respecter les engagements qu'elle avait prise envers la patrouille. Au fond, il se demandait si elle ne cherchait pas à arrêter Gossip Feather simplement parce que le journal s'était attaqué à la réputation de certaines de ses proches connaissances. Ou bien, il était plus probable, compte tenu de ce que le Serpentard connaissait de la personnalité de la trop jeune mère, que cette raison s'impose à elle de manière inconsciente, non pas ne lui donnant une mauvaise impression du rédacteur mystère, mais en lui accordant plus d'importance qu'il n'en mérite. Il ne portait pas Kaysa Potter dans son cœur, tout le monde le savait, et peut-être qu'à cause de cela, la préfète s'imaginait qu'il appréciait cette plume caustique. Si c'était le cas, elle se trompait. Il jugeait les gens par leurs actes et par leurs compétences. Il ne prêtait attention aux rumeurs que lorsqu'elles étaient fondées, donc, lorsqu'elles étaient proches de s'établir en tant que vérité. En outre, il avait d'autres soucis de préoccupations que les histoires de cœurs et de fesses des élèves du château. L'infidélité ne faisait pas partie des actions qui pouvaient le faire changer d'avis sur une personne, sauf si celui ou celle qui le commettait se faisait prendre d'une manière particulièrement idiote, auquel cas, cela témoignerait d'un cruel manque de débrouillardise, qui a moins d'être comblé par une multitudes d'autres talents, rendait l'individu dénué d'intérêt.

Toutefois, malgré les sujets insipides dont traitait cette prétendue journaliste, bien que le titre même de sa feuille avertisse le lecteur, Aaron devait reconnaître que s'il ne se passionnait pas pour le fond, la forme avait davantage retenu son attention. Il y avait du style, c'était indéniable. La plume était incisive, percutante,et visiblement accrocheuse, étant donné son succès immédiat dans l'enceinte de Poudlard. Certes, il n'y avait pas de quoi faire un rédacteur de cahiers littéraires, mais cette façon d'écrire, captivant la masse, pouvait être redoutable si elle était bien employée, pour mener une campagne par exemple... Discréditer ses adversaires politiques est le premier pas vers une victoire assurée, c'est lorsqu'ils sont ternis qu'il convient de briller de milles feux, afin de creuser l'écart. Le préfet-en-chef envisageait donc finalement de guetter l'évolution de ce papier, afin de vérifier s'il y avait bien là quelque chose d'exploitable à l'avenir. Mais quand bien même ce serait le cas, il lui faudrait ensuite débusquer le visage derrière l'encre, à moins qu'Iris ne le découvre avant. Ce serait alors les dons d'investigations de la jeune blonde qui le blufferaient, agréablement.

Chez les Kingfell, on regardait toujours les projets sur du très long terme, mais il devait pour l'instant se concentrer sur la situation présente, s'il ne voulait pas se retrouver complètement submergé par celle-ci. Or, il jugeait avoir tiré tout ce qu'il pouvait de cette réunion. Il écoutait les derniers avis, sur Gossip Feather et sur Unseen, car l'idée des coffres provisoires était maintenant acceptée unanimement. Il répéta avec patience que pour l'instant, son avis sur le journal ne changerait pas, quant au dealer de Poudlard, il écarta une proposition qui constituait à brutaliser gratuitement les élèves, mais recommanda un maximum d'investigation personnelles. Il ne restait plus à présent qu'à attendre la fin de la durée prévue, afin de s'assurer qu'il n'y ait eu aucune utilisation de polynectar. En attendant, il aida deux autres membres à déplacer le corps toujours inanimé de Daniel Munstain. Il avait reçu, entre autres, un sortilège de stupéfixion, mais Aaron refusa qu'on ne l'en libère avant la fin de l'entrevue. Il hésita même à le garder dans sa brigade, il n'en avait guère envie. Il décida finalement, sans en informer quiconque, de le mettre à l'épreuve, et de le virer s'il trouvait rapidement plusieurs meilleurs postulants.

Durant les derniers instants, il veilla principalement à ce qu'aucune tension ne se manifeste à nouveau entre les sorciers réunis. S'ils ne formaient pas un bloc soudé, non pas par l'amitié, ni même par affinité, mais uniquement par un objectif final commun, alors ils échoueraient. C'est le résultat qui doit les préoccuper, un intérêt qui les concerne tous, et qui se situe au-dessus de leur petite individualité. Le bien général, c'était cela qui les réunissait, quelque chose de plus grand et de plus puissant que chacun d'eux, mais qui ne pouvait se faire sans eux, la destinée dont ils étaient les acteurs, et d'autres oxymores et antithèses assez classes qu'il leur évoqua avant de les laisser s'en aller. Il remercia chaleureusement la préfète des Poufsouffle, allant jusqu'à la gratifier d'un baise main, exprimant une forme de reconnaissance amusée, ce qui caractérisait plutôt convenablement ce qu'il ressentait à son égard. Il prit ensuite le temps d'adresser quelques mots en privé à David, Gayan et Anna. Je passerai le détail de cette conversation, autant pour une question de bienséance, de politiquement correct hypocrite, que parce qu'évoquer longuement, tout d'abord les tentatives de l'indien playboy pour persuader son camarade trop mince de s'exercer au combat à mains nues avec lui, ensuite les blagues grivoises de David, et enfin le long silence de la fille du quatuor, rompu uniquement par les onomatopées de reproche qu'elle adressa au rigolo du groupe, puis par l'au revoir dirigé cette-fois ci vers son ancien petit ami. Un salut qu'elle voulait amical, mais qui était chargé de ce mélange paradoxal et indissociable de sentiments, qui semblent dire qu'on est très bien sans quelqu'un, tout en lui suggérant qu'on est disposé à ce qu'il revienne plus profondément dans notre vie.

Mais Aaron n'y prêta pas plus attention que moi.
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