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La tigresse et le ligre, une majesté partagée. (Terminé)

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Jeu 1 Sep - 9:56
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Les sortilèges fusaient en tout sens dans le terrain de Quidditch, quiconque arriverait sur les lieux aurait pu penser qu'une bataille venait de se déclencher, mais il n'en était rien. La quarantaine d'élèves qui se trouvait là était constituée uniquement d'alliés, réunis ici pour des raisons personnelles certainement différentes, que cela soit par profit, crainte, principe, un sentiment hostile quelconque envers un Gryffondor, ou une simple envie d'en découdre prochaine ou de prouver sa valeur, à soi-même ou à un autre. Peu importait à Aaron, du moment que cela les poussait vers un objectif commun, le sien. Maléfices de chauve-furie, d'entrave, de confusion, de bloclang, de jambencoton, de chatouillis, de glu perpétuelle, d'attraction, de répulsion, de désarmement, d'invocation de serpent, de ligotage. Il n'avait pas délaissé la révision de celui du saucisson, du charme du bouclier, ainsi que l'éternel Stupéfix. Cependant, ils avaient tellement l'habitude d'user de ces trois-là qu'il n'était pas nécessaire outre-mesure, alors qu'il restait tant à apprendre et à perfectionner.

Le préfet-en-chef avait recruté de nouveaux membres, comme il le pensait, ceux qui désiraient mettre leurs économies en sécurité grâce à son système de recensement de l'argent présent dans l'enceinte de l'école, et de comptes provisoires préféraient pouvoir garder un œil dessus en s'inscrivant dans la brigade. D'autres avaient du comprendre qu'il était important de le soutenir, afin de maintenir une bonne cohésion de groupe au sein du château. Enfin, de nombreux Serpentard n'avaient pas hésité à se rallier à sa cause depuis que ses hostilités envers Kaysa Potter et Ginny Weasley avaient gagné de nouvelles proportions. Cependant, tous n'étaient pas venus à cette séance d'entraînement, qui n'était pas obligatoire, bien que vivement recommandée, mais la majorité s'y trouvait, et cela était déjà une excellente chose. Il avait du perdre quelques adhérents, depuis les débuts de la formation de cette organisation, mais encore davantage avaient choisi d'y adhérer.

Les sorciers présents étaient répartis en groupes de dix, ceux-là même divisés par deux, de sorte à ce qu'ils soient opposés à cinq contre cinq. Cette méthode leur permettait de se préparer à des combats en équipe, et non pas uniquement des duels. L'héritier des Kingfell déambulait régulièrement entre les formations, prodiguant conseils, félicitations et réprimandes. S'il n'était aucunement pédagogue, il avait toutefois une personnalité efficace comme entraîneur. Sévère, strict, et exigeant le meilleur et le surpassement de chacun. Après tout, c'était ce qu'il s'imposait, il lui semblait donc naturel d'en demander autant à ceux qui l'avaient rejoint. Pour l'instant, il n'arpentait plus le terrain, mais était aussi au sommet des gradins, qu'il avait facilement atteint en enfourchant son précieux Zéphyr. Il était occupé à étudier les derniers livres qu'il avait pris dans la réserve de la bibliothèque. Les sorts auxquels ils s'exerçaient jusqu'à présent pouvaient suffire à maintenir l'ordre dans Poudlard, mais Aaron étendait sa pensée sur une échéance bien plus longue.

Lorsqu'ils sortiraient, parce que cela arrivera tôt ou tard, ils seront confrontés à un chaos titanesque, incomparable avec la situation de l'école de sorcellerie. Les partisans du Seigneur des ténèbres affronteront les aurors ainsi que les comparses d'Hellson. Ce dernier cherche à créer une guerre civile, les autres leaders veulent rétablir la sécurité, mais ils devront aussi préalablement s'enliser dans la démarche de l'anarchiste, pour le vaincre. Dans ce contexte, face à des mages aguerris et s'affrontant un peu partout, les défenseurs de la volonté générale du monde sorcier, comme eux, ne pourront pas œuvrer efficacement, peut-être même pas survivre, en se contentant de ces sortilèges gentillets. Pour leur propre sécurité, ils devraient éventuellement s'exercer à l'usage de maléfices plus poussés. Aaron tenait entre ses doigts fins un vieil ouvrage qu'il avait marqué au chapitre traitant de l'incantation du Feudeymon. Un tel sortilège est très puissant, mais également dangereux pour celui qui l'utilise, il n'est donc pas à enseigner à n'importe qui. Cependant, une fois que lui-même le maîtriserait parfaitement, il pourrait sans doute le transmettre à quelques amis doués et dignes de confiance.

Le préfet-en-chef referma le petit livre qu'il avait emprunté à la réserve, et le glissa dans la poche intérieure de sa veste de flanelle gris foncé. Il chevauchant ensuite son balais haut de gamme, le vent frais agitant ses cheveux noirs et faisant virevolter sa veste ouverte, affichant une chemise également de la couleur de la nuit, sur laquelle l'on pouvait distinguer une opale de feu ouvragée, pendentif attaché par une fine chaîne d'or. Aaron atterrit sans peine au milieu du terrain, et s'empara de sa baguette attachée à sa ceinture de cuir de dragon et au fermoir doré qui resserrait fortement le pantalon assorti à sa veste. Le Serpentard avait en effet encore perdu de poids depuis quelques jours, malgré les avertissements de Gayan. Cela n'avait aucune importance pour lui, puisqu'il avait tout de même développé légèrement sa masse musculaire.

Le bras tendu, le jeune homme ravi fit jaillir des étincelles rouges de l'extrémité de sa baguette, afin de requérir l'attention des élèves. Lorsqu'ils se furent approchés, il prit la parole.


- Vous faites de bons progrès, mais ne vous arrêtez pas sur cette lancée, les temps sont durs, et nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir le niveau que nous sommes censés posséder à nos âges, nous devons être meilleurs que cela. A présent j'aimerais que les sixièmes années qui se trouvent ici s'entraînent uniquement à la maîtrise des sortilèges informulés. Je suis certain que vous en maîtrisez déjà certains, mais il est nécessaire qu'il en soit de même pour tous les maléfices que nous avons travaillé. Cela dit, je vous le répète, en combat, il est bon d'alterner les sortilèges informulés, et les formulés, de façon à prendre votre adversaire par surprise. Les élèves des autres années, vous allez vous répartir en deux équipes. J'ai apporté deux souafles, chaque groupe devra en protéger un. Votre objectif est de posséder les deux d'ici quinze minutes. Soyez tactiques, stratèges, vicieux, mais ne vous blessez pas trop fortement.

Aaron employa alors l'accio pour faire venir les deux balles vermeilles jusqu'aux groupes qu'il établit en suivant. Une fois qu'il avait bien organisé les différentes activités, il leur adressa un dernier mot.

- Si je suis satisfait de vos performances, les cinquièmes, sixièmes et septièmes années travailleront le sortilège de Diffindo lors de la prochaine séance. Il est efficace, mais dangereux, j'insiste donc bien sur le fait que vous devez employer la ruse pour limiter les dommages que vous pouvez recevoir.

L'entraîneur décolla, s'éleva dans les airs, en se sentant plus content de lui qu'il ne l'avait jamais été jusqu'à aujourd'hui. Ses affaires avançaient bien, enfin presque toutes. Il avait recherché la panthère qu'il avait rencontrée à la lisière de la forêt interdite à de nombreuses reprises, mais n'avait jamais réussi à la retrouver. Ce fauve pouvait représenter un danger pour un jeune élève faiblement expérimenté, mais outre cela, il était impossible qu'un tel animal soit arrivé par lui-même dans l'enceinte de Poudlard. La forêt contenait de nombreuses créatures étranges et hostiles, mais jamais un tel félin n'y avait été recensé, et pour s'en assurer le sang mêlé des Kingfell avait fait plusieurs recherches dans les grimoires traitant de l'histoire du château et de ses environs. L'unique solution qu'il envisageait alors était qu'un élève l'avait amené, avant qu'ils ne soient confinés. Cela l'irritait énormément qu'un tel acte répréhensible ait put être commis sans que son ou ses instigateurs n'en aient subits les conséquences. Cependant, avec déjà ses nombreuses responsabilités, il n'avait guère le temps de se consacrer à la recherche du félin, et à la découverte de celui oui de ceux qui l'ont amené. C'était pour cette raison qu'il avait contacté Gossip Feather. Il ne s'agissait là que d'un journal à potins, mais lorsqu'il s'agit de l'unique média, de la seule source d'information, même un tel papier est source de pouvoir et d'influence.

Le Serpentard, au-dessus du stade, balaya la sombre forêt d'un regard narquois, il n'avait aucun doute quant à la réussite de son plan. Maintenant que tous les élèves étaient au courant des primes qu'il proposait, il ne lui restait plus qu'à attendre. Il détourna ensuite son regard, et fit le tour du terrain, en observant ses partenaires s'exercer rigoureusement et intelligemment, pour protéger le plus grand bien qui pouvait être, l'harmonie. Mais quelque chose attira l'attention du préfet-en-chef en dehors du stade. Il lui semblait avoir aperçut une silhouette se diriger dans sa direction. Une silhouette bien familière. Il changea alors de cap, et fila à sa rencontre.
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Alice Sullivan
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Lun 3 Oct - 17:29
Alice n'avait tout d'abord pas spécialement fait attention à l'agitation qui animait la salle commune, ce jour-là. Habituée à mettre cela sur le compte de l'idiotie de Sam et de son initiative qui avait ramené tous les Serpentards au bercail, surtout les plus jeunes, elle s'efforçait de ne plus faire attention à cette agitation permanente au risque de s'énerver inutilement. Confortablement lovée dans un fauteuil en cuir, elle avait pris le temps de lire un article de Gossip Feather qu'elle avait trouvé sur une petite table, certainement abandonné là par un lecteur quelconque. Alice avait cette journaliste de pacotille en exécration mais cela ne l'empêchait pas de se tenir informée, au moins un minimum, parce qu'il le fallait bien en ces temps de crise ; cette Gossip Feather avait beau être futile et particulièrement méprisable, elle restait la seule source d'informations de l'école devenue huis clos. La blonde plissa un peu les yeux en parcourant les lignes de l'article qu'elle avait en mains. Ainsi donc, Aaron Kingfell aurait aperçu une panthère à la lisière de la forêt et aurait lancé un avis de recherche ? On en apprenait de bonnes tous les jours, dans ce château. Pensive, elle parcourut à nouveau les lignes de l'article en se demandant ce que tout ceci pouvait bien signifier. N'était-ce qu'un canular ? Un moyen comme un autre de distiller de la peur au sein des élèves livrés à eux-mêmes ? Ou alors était-ce vraiment la vérité ? La question se posait toujours au sujet des informations publiées par cette journaliste amateur car on ne pouvait pas lui donner entièrement crédit, tout comme on ne pouvait pas non plus réfuter intégralement toutes ses affirmations. Toujours aussi pensive, Alice finit par replier le parchemin pour l'abandonner à son tour sur une table basse. Une panthère noire dans la forêt interdite. Cela pouvait être n'importe quoi. Une nouvelle extravagance de cet incompétent de gros lourdaud d'Hagrid, par exemple. Ou bien une nouvelle espèce implantée dans la forêt sous l'initiative du vieux fou qui leur servait de directeur. Vraiment n'importe quoi.

Sans s'en soucier plus que de mesure, Alice étira ses bras et déplia ses jambes pour se relever de son fauteuil. Ce fut à cet instant qu'elle remarqua enfin que des groupes d'élèves s'étaient formés un peu partout dans la salle commune, et que chacun d'entre eux parlait avec animation. Remarquant que beaucoup tenaient un parchemin, la jeune fille haussa un sourcil et s'approcha d'un jeune de troisième année pour lui arracher le sien des mains. Elle fut surprise en reconnaissant l'en-tête caractéristique des articles de Gossip Feather. Encore un ? Rêvait-elle ou il y en avait de plus en plus, en ce moment ? Que se passait-il encore pour que tant de personnes en aient un en main ? Fronçant imperceptiblement les sourcils, Alice s'éloigna pour le lire un peu plus à l'écart. Lorsqu'elle eut fini, elle releva lentement la tête en retenant un sourire perfide au coin des lèvres. Allons bon. Un loup-garou dans l'école, pas vrai ? Si seulement tous ces gens savaient que c'était effectivement vrai... La Serpentard baissa à nouveau les yeux pour relire les noms cités dans l'article. Ginny Weasley, Sarah Black, Ron Weasley, Harry Potter. Aucun doute, le lycanthrope en question ne pouvait qu'être Nina Lupin. La blonde imaginait parfaitement toute la bande pullulante des enfants de Maraudeurs se réunir à chaque fois pour lui tourner autour les soirs de pleine lune. Quoique, c'était bien la première fois qu'il y avait un tel manque de discrétion. En y réfléchissant, Alice se rendit bien vite compte pourquoi : toutes les potions Tue-Loup devaient se trouver en possession du mystérieux Unseen, présentement. Si bien que la malheureuse Lupin devait être condamnée à se transformer, sans l'aide de cette potion. Et quel meilleur endroit que la Salle sur Demande pour gérer au mieux un loup-agrou enragé ? Surtout lorsque l'on savait que des animagus non-déclarés étaient... Soudain, d'un coup, Alice fit le lien avec l'article précédent. La panthère. Et elle se trouva idiote de ne pas y avoir pensé plus tôt.

Une bonne demi-heure plus tard, elle arrivait aux alentours du terrain de Quidditch, son balai en main. Elle avait besoin de s'aérer l'esprit, surtout lorsque la salle commune des verts-et-argents étaient saturée de gamins braillards. Pensive tout le long du trajet, elle s'était sentie extrêmement satisfaite de voir que ces insupportables enfants des Maraudeurs faisaient de plus en plus d'erreurs. Estimant avoir assez joué, elle jugeait dorénavant qu'Alexander n'était plus en mesure de l'empêcher de révéler ce qu'elle savait au sujet de Nina Lupin. Sauf qu'elle n'avait rien besoin de dire que ces incapables se trahissaient déjà tous seuls. Risible. À tous les coups, toute la bande allait s'empresser de réfuter les faits, de descendre Gossip Feather, de l'accuser de chercher à effrayer tout le monde. Oh oui, ils s'empresseraient d'agir. Mais tôt ou tard, ils se trahiraient bel et bien, c'était une certitude. Quant-à Kaysa, l'animagus non-déclarée... Elle ferait mieux de faire davantage attention en se baladant à la lisière de la forêt interdite, désormais. Fondamentalement satisfaite de toutes ces nouvelles, Alice apprécia la brise sur son visage et dans ses cheveux puis leva les yeux sur le terrain de Quidditch. Elle haussa un sourcil en y voyant tout un groupe évoluer sur des balais mais ne ralentit pas le pas pour autant. Les équipes de Quidditch ne s'entraînaient plus depuis que le sort d'Hellson avait été lancé sur le château, car cela ne servait pas à grand chose, donc un tel rassemblement ne pouvait forcément qu'être la brigade Kingfell - à moins que ce ne soit l'autre, la pathétique anti-Kingfell qui avait manqué sérieusement d'imagination sur le choix du titre. Alice espérait sincèrement que ce soit la première. S'arrêtant finalement pour enfourcher son balai, elle prit appui sur le sol avant de décoller d'une poussée devenue automatique par la force de l'habitude. S'élevant jusqu'au niveau des élèves qui virevoltaient dans tous les sens en s'envoyant des sorts à la figure, Alice repéra quelques têtes connues qui lui permirent d'identifier ici le fameux groupe mené par Aaron Kingfell, souffre-douleur des Serpentards il fut un temps et aujourd'hui devenu élément de controverse au sein de Poudlard. Repérant une silhouette filant dans sa direction, Alice changea de cap et vint à la rencontre de celui qui s'avéra au final être Aaron lui-même. En guise de salut, elle l'apostropha avec ironie et sourire :

« Alors, toujours en train de jouer les entraîneurs, mon cher ? »

Malgré une certaine forme de rivalité inavouée qui existait entre eux, Alice entretenait plutôt de bons rapports avec le Préfet-en-Chef, et ce depuis des années. Elle n'avait pas spécialement eu le temps de beaucoup lui parler depuis qu'il avait créé sa brigade mais elle avait déjà fait part de son soutien moral à ce sujet. Sans se donner la peine d'en faire partie, elle soutenait néanmoins les agissements de la brigade – du moment qu'on ne venait pas l'embêter elle. Tournant la tête en direction des nombreux élèves qui semblaient chercher à s'emparer de deux souaffles, elle demanda en haussant un sourcil :

« C'est moi ou de plus en plus de monde semble rejoindre ta brigade ? »



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Sam 26 Nov - 19:36
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Alice Sullivan, beauté glaciale, capitaine de l'équipe de Quidditch, poursuiveuse comme lui, héritière d'un riche patrimoine et d'une famille connaissant bien la sienne, prétentieuse apparente et langue de vipère, Némésis de Kaysa Potter, petite amie d'Alexander Black, même si leur relation était loin d'être l'exemple parfait d'une véritable idylle. Il se demandait depuis que ces deux-là étaient ensemble, ce qui pouvait pousser le garçon à rester avec elle. Certes, la jeune fille possédait des atouts physiques indéniables, mais jusque là, il avait pourtant cru qu'ils se détestaient et méprisaient réciproquement. La haine est un sentiment assez passionné, et peut parfois dangereusement s'apparenter à l'amour, mais si cela avait été le cas ici, alors ils auraient davantage manifesté leur attachement plutôt que de demeurer si froids l'un envers l'autre. C'était limpide, leur couple puait le faux semblant sur des lieues à la ronde. En réfléchissant, et en observant les réactions de la peste, nous parlons bien sûr de Potter, et non de la blonde, Aaron déduisit finalement que sa camarade de maison agissait certainement pour faire enrager son ennemie, puis peut-être parce qu'au fond d'elle elle éprouvait quelque chose d'indistinct pour le playboy. Cependant, si cette dernière hypothèse s'avérait exacte, elle serait bien trop fière pour l'avouer publiquement. De toutes façons, cela n'intéressait pas le Serpentard.

Ce qui le préoccupait, c'était pourquoi Black sortait avec elle. Parce que si lui éprouvé un flou confus de sentiments pour sa copine, à moins qu'il n'ait des tendances masochistes inconnues du grand public et accepte de subir un jeu de dominant-dominé devant le reste du château... Il devait forcément avoir autre chose là-dessous. Quelque chose qui forçait le Gryffondor à se soumettre au jeu de la beauté venimeuse. Toutefois, il n'avait aucune idée de ce que cela pouvait être. Non, le préfet-en-chef n'a aucun intérêt pour les potins sur les couples, les états d'âmes, et les peines de cœur des gens. Si les capacités de surveillance et le style de plume de Gossip Feather forçaient son admiration, ses premiers sujets n'avaient pas aiguisé sa curiosité. Mais si ce couple incongru dissimulait une vérité qui pouvait avoir de l'importance autre qu'émotionnelle, c'était tout à fait différent pour Aaron. En outre, il n'appréciait pas trop de se retrouver en infériorité face à Alice. Depuis qu'ils se connaissaient, ils avaient été forcés de se respecter mutuellement. Leurs parents avaient déjà travaillé ensemble, et noué quelques affaires communes, ils souhaitaient donc que la génération suivante entretienne des rapports similaires. Si l'amabilité avait pu être feinte, ou au moins forcée durant les premiers temps, elle n'a pas tardé à se manifester plus sincèrement. Le garçon louait la force de caractère de la jeune fille, ainsi que sa répartie et ses capacités. Ils en vinrent donc assez naturellement à se jauger et à s'évaluer l'un l'autre régulièrement, ce qui donna naissance à une forme de rivalité dénuée d'animosité, mais non de ténacité. Bien sûr, il aurait été indécent d'évoquer cela publiquement, même de l'évoquer tout court, en fait. Mais elle était là, comme les sous-entendus.


- Et oui, toujours, aurais-tu peur que je ne fasse un meilleur entraîneur que toi ? Dit-il avec un sourire narquois.

Après tout, il avait démontré ces dernières semaines ses bonnes compétences en tant que chef. Sa brigade avait déjà prouvé son efficacité, et il avait maîtrisé les quelques débordements qu'il y avait pu avoir entre les membres à cause des inimitiés entre maisons. Cela lui rappela la défection regrettable de Prescott, mais comme Alice venait de le mentionner, il avait recruté largement de quoi palier à ce manque. Il suivit le regard de sa capitaine et hocha la tête en esquissant un air satisfait.

- En effet. C'est une réussite. J'espère que les chevaliers que je prépare pour ma reine sauront défendre son honneur avec panache. Déclama-t-il avec exaltation en se retournant vers la jeune femme.

Il tourna la tête et alla un peu plus avant pour être plus près de son interlocutrice et ne pas avoir besoin d'élever la voix.


- Cela me sera utile, puisque je ne me suis pas fait que des amis depuis que j'ai débuté cette entreprise. A ce propos, si jamais tu peux avoir une quelconque influence sur des Gryffondor par l'intermédiaire d'Alexander, ce serait bien qu'on puisse modérer leur véhémence.


Voilà, il venait d'amener le sujet Black dans la conversation qui ne faisait que commencer, mais il n'avait pas envie de perdre de temps. De toutes façons, qu'elle lui révèle ses petits secrets ou pas, Aaron n'avait pas l'intention de perdre Sullivan de vue, même après sa sortie de Poudlard. Sa famille était influente, et elle n'allait donc pas tarder à le devenir elle aussi. Il désirait son soutien, comme pour une campagne par exemple...

En attendant, il ignorait quelles étaient les motivations de l'arrivante. Il était au moins content qu'il s'agisse d'une personne estimée plutôt que d'une contestataire venue lui faire la morale et agiter de vains arguments dénués de pertinence, ou pire, de quelqu'un venu espionner son entraînement pour le compte de Weasley. Alice était elle venue pour lui parler, ce qu'ils n'avaient pas eu l'occasion de faire depuis longtemps, ou s'était elle rendue ici sans savoir ce qui s'y déroulait actuellement ?


- Mais qu'est-ce qui t'amène donc ici ? Aurais - tu eu connaissance d'un problème à résoudre ? A moins que ma compagnie ne te manquait trop, ajouta-t-il en plaisantant.

A propos de compagnie manquante, il n'avait pas eu l'occasion de revoir Jesse depuis leur rencontre inopinée dans la salle de bain des préfets. Il savait qu'elle était amie avec Alice, et se demanda soudain si elle avait parlé du baiser qu'ils avaient échangé, et si c'était pour cette raison que Sullivan s'était rendue au terrain. En ce qui le concerne, il n'avait rien évoqué, jugeant qu'il n'y avait rien à en dire. Elle était momentanément perturbée et il avait tenté de la réconforter. A vrai dire, il s'était pour lui passé davantage qu'un simple baiser. Au moment du contact des lèvres, il a eu l'impression de plonger davantage en elle, comme s'il avait eu tout à coup une vision bien plus nette de tout ce qu'elle lui avait raconté auparavant, sur sa famille. Cela le travaillait, bien davantage que le baiser. Il n'avait cependant aucune envie de devoir s'expliquer là-dessus, y compris, et peut-être surtout, à Alice.


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Alice Sullivan
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Lun 19 Déc - 0:41
Au sourire narquois qui étira les lèvres d'Aaron, Alice répondit l'exact reflet du même sourire par pur automatisme. C'était devenu une habitude depuis les années, presque un rituel, entre eux, de s'envoyer ainsi quelques petites piques taquines dépourvues d'animosité dans leurs conversations. C'était toujours, aux yeux d'Alice, ce qui constituait les meilleures relations, et aussi les plus intéressantes.

« Meilleur entraîneur que moi ? Jamais de la vie, rétorqua-t-elle avec amusement à sa première remarque. »

Ceci dit, elle était tout-à-fait disposée à concéder avec objectivité que le jeune homme pourrait faire un parfait entraîneur s'il le voulait. Il se débrouillait admirablement bien sur le terrain, Alice avait déjà pu aisément le remarquer puisqu'ils faisaient tous deux partie de la même équipe. De surcroît, l'isolement des élèves dans le château avait révélé en Aaron une étoffe de meneur et de commandeur certaine : ce qu'il fallait, en somme, pour diriger une équipe. Ses idées de stratégies se révélant souvent particulièrement brillantes, Alice écoutait volontiers ses conseils. Sauf lorsque ce n'était pas son jour et qu'elle refusait d'écouter qui que ce soit, se contentant de remballer chacun d'une parole acerbe et agressive pour signaler qu'elle était de mauvaise d'humeur et donc, non disposée à écouter la moindre recommandation. La bonne humeur, ça allait, ça venait, ça partait. Présentement, Alice était plutôt dans une bonne période. Si la situation d'enfermement l'avait agacée les premiers jours, maintenant que des semaines et des semaines s'étaient écoulées et que le château avait pris un nouveau rythme, elle s'y était plutôt faite. Sans pour autant vouloir que ça dure indéfiniment, bien sûr. Elle attendait juste patiemment que les adultes à l'extérieur fassent leur travail. Sauf que vu leur incompétence évidente, elle se doutait qu'il faudrait attendre un moment. Donc autant prendre son mal en patience.

Elle glissa une mèche de cheveux derrière son oreille et eut un nouveau sourire en coin lorsque Aaron parla de chevaliers et de reine. Elle aimait ses comparaisons. Puis elle eut un pensif et léger hochement de tête, compréhensive, lorsque son interlocuteur déclara ne pas s'être fait beaucoup d'amis depuis ses débuts et que cette brigade lui serait donc bien utile. Certes. La brigade Kingfell faisait polémique et provoquait de multiples débats dans chaque couloir du château : il était rare qu'Alice croise un groupe d'adolescents qui ne soit pas en train de critiquer Aaron et de l'injurier. D'autres, plus rares mais plus matures, faisaient clairement comprendre par leur attitude qu'ils étaient prêt à rejoindre cette brigade qui prônait l'ordre. Il n'y avait plus une seule personne au château qui ignorait qu'elle existait : c'était un des rares avantages qu'Alice concédait à Gossip Feather. Avec cette foutue pseudo Rita Skeeter à deux balles, au moins, les informations circulaient très vite. Certaines feraient mieux de ne pas être connues, mais c'était le problème des journalistes à scandales ou des élèves qui se prenaient pour des journalistes à scandales : il fallait toujours qu'ils en fassent trop. Lorsque Aaron mentionna Alexander pour parler d'une éventuelle possibilité de calmer la véhémence des Gryffondors, Alice haussa légèrement un sourcil, l'air blasée. Avoir une quelconque influence sur les rouges-et-ors par l'intermédiaire de Black ? Quelle idée. Il aurait fallu qu'ils soient véritablement en couple pour ça, peut-être. Sauf que ce n'était pas le cas. Et même sans ça, les Gryffondors étaient bien trop... idiots, en grande majorité.

« N'y compte pas trop. Tu connais les Gryffondors, tous bien trop stupides, bouchés et étroits d'esprits pour ne serait-ce qu'envisager la possibilité d'écouter un pestiféré de Serpentard, et Alexander ne déroge pas à la règle. »

Elle eut un petit geste évasif de la main, désinvolte. Elle savait pertinemment qu'elle ne risquait pas d'avoir la moindre influence sur les Gryffondors, sauf peut-être les plus jeunes faciles à tromper – elle était depuis trop longtemps cataloguée dans le groupe des garces de service. C'était comme ça, du point de vue des Gryffondors et de beaucoup d'autres : les Serpentards étaient tous des cons, des salauds ou des garces. Les stéréotypes et les étiquettes, ça collait à la peau de chaque maison depuis des siècles. Mais ce n'était pas vraiment le sujet.

Alice eut un nouveau sourire lorsque son vis-à-vis lui demanda ce qui l'amenait ici et si c'était parce que sa compagnie lui manquait trop. À vrai dire, elle était là par hasard, mais cette rencontre l'arrangeait. Aaron était quelqu'un de confiance et là, dans les airs, sur leur balai, bien loin au-dessus des oreilles indiscrètes de gens comme Gossip Feather, on ne faisait probablement pas mieux comme endroit pour parler de choses censées rester secrètes.

« Tu as tout compris, mon cher, plaisanta-t-elle en retour, taquine. Lorsque je t'ai vu diriger ainsi tes troupes avec panache et distinction, je n'ai pas pu résister à l'envie d'enfourcher mon balai pour te rejoindre. »

Papillonnant exagérément des cils, elle posa la main sur le bras d'Aaron d'un air faussement affecté puis se recomposa son air narquois habituel en se redressant un peu. Elle jeta un nouveau coup d'œil pensif au groupe d'élèves qui s'entraînaient puis ajouta :

« Plus sérieusement, j'aurais une question à te poser. Ou plutôt des renseignements à te demander au sujet de la panthère que tu as vu à la lisière de la forêt, d'après les informations transmises par Gossip machin. »



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Dim 26 Fév - 17:03
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Aaron se demandait depuis une ou deux années s'il rencontrerait un jour quelqu'un qui lui ressemblerait, qui partagerait des traits de caractères majeurs avec lui. Il a toujours été plus ou moins intrigué et fasciné par la thématique du double, sans doute à cause de la comparaison que son père avait faite, et qui fut allègrement reprise ensuite, celle du sombral. En effet, s'il était censé ressembler à une créature qu'il ne pouvait pas voir, cela pouvait signifier que personne ne lui ressemblait,ni ne lui correspondrait jamais, il serait à jamais solitaire. C'était de cette façon qu'il avait interprété cette comparaison péjorative durant les premières années de ses études à Poudlard. Cependant, lorsqu'il mûrit, et qu'il développa parallèlement ses capacités de réflexions, il arriva progressivement à une conclusion très différente. L'invisibilité, ou l'absence de perception en général, ne signifiait pas pour autant une non existence, ni même une absence. C'est-à-dire que cette ou ces personnes qui lui ressemblaient existaient, qu'elles se situaient même probablement dans son entourage. Seulement, ils n'étaient pas encore suffisamment préparés, ni lui ni les autres. En effet, pour bénéficier de la capacité physique de voir un sombral, il fallait auparavant avoir passé une épreuve, qui ferait frémir la majorité des sorciers. La pupille qui désirait devenir capable d'observer ces créatures d'exception nécessitait d'avoir auparavant vu la mort.

Ainsi, lui, surnommé le sombral à cause de son sang impur par sa propre famille, l'était parce que ses membres n'avaient pas la possibilité de le voir dans son intégralité. Ils ne pouvaient donc pas comprendre l'ensemble de la personnalité hors norme qu'il était. La plus grande partie de son être, celle qui faisait de lui un sorcier capable de prendre les décisions courageuses qu'il avait prises jusqu'ici, capable de lever un groupe d'élèves, pour le bien de des élèves, quand bien même ceux-ci ne s'en rendaient pas compte et choisissaient délibérément de lui mettre des bâtons dans les roues. Cela ne l'arrêtait guère. C'est cette part d'invisible en lui qui finirait par se révéler au monde entier lorsqu'il franchirait enfin les murs de cette école qui n'était plus aujourd'hui qu'une prison. Aaron devait quitter cette place, s'affranchir de cette ère ancienne, prochainement révolue. Il devait montrer quelque chose de nouveau au peuple sorcier, ce qu'ils ne pouvaient voir jusqu'ici. Le vrai visage du sombral, celui qui inspirait la peur en chaque cœur. C'était cette notion de crainte qui permettrait de régler les conflits. Elle constituait l'ultime défense d'une nation. Lorsque les négociations ont échoué, lorsqu'un compromis n'est pas tolérable, il ne reste désormais plus qu'à agiter cette menace invisible, ce sombral. Une menace certes invisible, mais qui ne le demeure pas si ceux sous qui cette épée de Damoclès plane sont trop idiots pour ne pas en tenir compte. Elle apparaît alors et glace le sang des imprudents d'effrois. Parfois irrévocablement, les gouvernements parlent alors d'un "exemple". La peur est liée à l'instinct de la survie, si on l'ignore trop, on court à sa perte. A contrario, si on l'étudie prudemment et intelligemment, elle peut nous offrir bien des possibilités, comme celle d'apercevoir les sinistres pégases de la faucheuse, ou bien de rencontrer enfin ses semblables. Ceux qui nous permettrons d'atteindre les sommets.

Pour le préfet-en-chef, Alice Sullivan était la première de ces personnes. Leurs familles se connaissaient depuis plusieurs générations, eux-mêmes avaient été éduqués dans le but d'entretenir au moins un respect mutuel, et de converger vers des intérêts communs. A ce niveau-là, les objectifs de leurs parents respectifs étaient tout à fait atteints. Toutefois, cela ne suffisait pas à satisfaire Aaron, qui avec les années avaient cru percevoir un potentiel chez la blonde pernicieuse, qui n'avait pas de rapport avec son héritage. En outre, à l'instar d'un de ces chevaux ailés évocateurs de mauvais augure, elle demeurait invisible. Non pas par son allure, il était impossible qu'au moins quelques garçons ne se retournent pas sur elle lorsqu'elle arrivée dans un couloir ou dans une salle, mais il était extrêmement compliqué d'y voir clair dans son jeu. Une fille de son rang, avec sa fortune, qui prend un malin plaisir à jouer avec ses camarades comme avec des marionnettes, et qui a fait étonnamment profil bas ces dernières semaines, alors qu'une véritable guerre grondait dans l'enceinte du château, menaçant d'éclater à chaque instant. Le serpentard ne pouvait croire qu'elle restait inactive. Un individu de sa fierté, et possédant son talent pour l'entretient des intrigues devait forcément se livrer à quelques entreprises aboutissant sur un résultat d'un intérêt certain. De plus, étant désormais assuré que les sentiments n'étaient pas réciproques entre elle et Black, s'ils existaient chez au moins un des deux, ce dont il doutait fortement, cette relation devait donc être mêlée à une de ces intrigues.

Le jeune homme saisit délicatement la main qu'Alice avait posé sur son bras, puis adressa un sourire coquin à cette dernière, tout en la dévisageant d'un regard perçant.

- Il s'agirait donc bien d'une relation d'intérêt, mais celui-ci doit donc être de taille. Certainement plus grand que de seulement pousser Potter à bout, ce que tu fais très bien toute seule. Tu ne fais rien gratuitement, à moins...

Aaron se rapprocha de quelques centimètres de son interlocutrice pour achever sa phrase, afin de pouvoir glisser ces quelques mots à son oreille sur un murmure malicieux.

- A moins que tu n'aies de véritables sentiments pour Black, mais que tu refuses de l'admettre, y compris à toi-même.

S'attendant à recevoir une gifle ou un quelconque geste brutal de sa capitaine pour ces propos, il fit reculer instinctivement son balais de quelques centimètres, sans cesser de la fixer avec la même expression curieuse. Pendant ces quelques secondes, son ouïe se concentra davantage sur les membres de sa brigade qui se disputaient toujours les souafles. Il se retourna donc et décida de jeter un coup d'œil à l'évolution de l'entraînement. Il fit un petit geste d'excuse à Alice, et fonça dans la direction opposée dans lui dire un mot, faisant attendre la réponse qu'elle attendait à propos de l'interrogation sur la panthère. Pourtant, il attendait avec au moins la même impatience qu'elle l'abord de ce thème de conversation. Mais en tant que chef, il se devait également de veiller à la bonne préparation de ceux qui croyaient en lui. Visiblement, il n'avait pas de soucis à se faire, cela se passait à merveille. Il voyait de nombreuses entailles, mais rien de grave, ainsi que six ou sept élèves qui boitaient ou se tenaient un côté, mais cela ne les empêchait pas de se donner corps et âme à l'exercice. C'était cela qu'il désirait, une dévotion complète à la tâche. Tout faire pour y arriver. Rassuré, et s'étant montré auprès de ses camarades, il revint rapidement auprès de la jeune femme.

- Excuse-moi, donc que voulais-tu savoir ? J'espérais plutôt que tu m'apportes des informations à ce sujet, et non l'inverse. Mais peut-être que si tu me demandes des précisions, c'est parce que tu penses tenir un début de piste... Ajouta-t-il sur un ton intéressé, presque avide.

Il considérait que cela serait une excellente chose si lui et Alice parvenaient à collaborer sur quelque chose, car s'il ne la considérait pas comme un double féminin, elle pouvait cependant faire partie de ce cercle étroit de personnes qui si elles s'associaient, auraient la possibilité de modeler le monde à leur image, afin de le rendre meilleur.


- Je l'ai vue à la lisière de la forêt interdite, donc pas à l'intérieur, elle était à proximité du château. C'est ce qui me fait penser qu'elle est étrangère à la forêt. Normalement, de ce que l'on sait, les créatures qui y vivent restent plus éloignées. Une panthère noire... qui n'avait pas l'air particulièrement agressive. Au moment où elle m'a vu, elle s'est enfuie dans la végétation. Avant elle a vite tenté de m'intimider, mais très rapidement, et sans chercher à attaquer. J'estime donc qu'il y a de grandes chances qu'il s'agisse d'une panthère domestique, et donc introduite ici par un ou plusieurs élèves.

Aaron acheva sa description des faits, et reprit son air d'auparavant pour terminer sa locution.

- Je serais ravi que nous parvenions à résoudre cette affaire à nous deux. Cela pourrait être le début d'une belle alliance n'est-ce pas ? Une alliance qui ne s'arrêterait pas aux murs de ce château, mais qui au contraire pourrait se révéler encore bien plus gratifiante pour le reste de notre avenir... Qui sait ?

Comme pour répondre à sa propre question, le Serpentard adressa un sourire et un regard déterminé et conquérant à celle dont il était certain qu'elle pouvait partager de tels idéaux.


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Alice Sullivan
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Mer 28 Mar - 22:44
Le vent, à cette hauteur, était des plus agréables. On ne le sentait même pas vraiment sur la terre ferme et il avait à peine la force d'une brise en hauteur, mais c'était largement suffisant. Alice n'appréciait pas particulièrement les matchs de Quidditch joués par mauvais temps, là où le vent était bourrasques violentes et fraîcheur mordante. Dans ces cas-là, rester bien coiffée n'était pas difficile mais juste carrément mission impossible. Non pas que ce soit encore une préoccupation d'actualité, vu qu'il n'y avait plus le moindre match depuis plusieurs semaines maintenant – Alice avait quelque peu perdu le décompte des jours depuis que le sort avait été lancé sur le château. Le temps lui paraissait juste long, bien plus long que ce qu'elle avait pensé au départ. Il fallait dire aussi qu'elle avait pensé au début que la situation serait bien vite réglée, que les autorités allaient faire leur travail et tout arranger. Au début. Maintenant, tout ce qu'elle pensait, c'était que ces dites autorités ne servaient strictement à rien.

Elle ne chercha pas à se dégager lorsque Aaron saisit la main qu'elle avait posé sur son bras, tout simplement parce qu'elle ne voyait pas de raison de le faire et que le contact, après tout, n'était pas désagréable. Un sourire amusé étira le coin de ses lèvres alors qu'elle le fixa avec intérêt, le voyant sourire et relancer le sujet Alexander Black. Il cherchait encore l'intérêt qui la poussait à sortir avec lui, de toute évidence, et la manière dont il le fit l'amusa. Oui, bien sûr qu'il y avait un intérêt. Celui d'avoir le plaisir malsain de faire chanter une victime, tout simplement, et d'avoir le contrôle sur quelqu'un. Celui de pourrir la vie de cette insupportable petite chieuse de Kaysa Potter, également, parce qu'Alice ne crachait jamais sur les moyens de s'attaquer à la Gryffondor qu'elle détestait viscéralement sans raison particulière. Il restait aussi l'intérêt que représentait le physique non-négligeable d'Alexander, ne serait-ce parce qu'il est toujours des plus agréable d'avoir sous la main un corps aussi bien taillé. Mais tous ces intérêts s'amoindrissaient avec le temps et maintenant, Alice ne les voyait plus vraiment comme tels. Alexander devenait de plus en plus chiant et exécrable, ce qui devenait insupportable à la longue. Pour atteindre Kaysa Potter, il n'était jamais bon de faire durer trop longtemps la même technique. Et enfin, le jeune homme et elle ne couchaient même pas ensemble, ce qui rendait l'intérêt de son physique bien vite moindre. Non, finalement, après réflexion, tout cela ne représentait plus autant d'intérêt qu'au début. Si ce n'est peut-être avoir le plaisir sordide de rappeler chaque jour au jeune homme que le secret de sa meilleure amie la lycanthrope est tombé entre de mauvaises mains.

Distraite quelques secondes par ses pensées, la blonde fut néanmoins bien vite ramenée à la réalité lorsque Aaron se pencha à son oreille. Le geste était agréable mais les paroles, elles, beaucoup moins, et elles arrachèrent bien vite un froncement contrarié à la demoiselle. De véritables sentiments ? Elle ? Pour Black ? Gryffondor, membre de ce que tout le monde appelait stupidement et puérilement le trio infernal ? Ce n'était pas seulement supposer une aberration, c'était chercher à la provoquer avec un tel affront.

« Oh, je t'en prie ! protesta-t-elle avec une irritation évidente. »

Elle eut un geste brusque, dans l'intention de dégager sa main et de lui en foutre une sur l'épaule ou dans le visage dans la foulée, mais il avait anticipé et s'était déjà éloigné. Elle eut de ce fait un soupir frustré et contrarié, mais ne chercha pas à le poursuivre ou à insister non plus. Elle se contenta de lever les yeux au ciel en le voyant lui faire un signe d'excuse, alors qu'il allait surveiller un instant du coin de l'œil les fidèles membres de sa brigade, puis arrangea simplement une mèche de ses longs cheveux blonds en jetant un coup d'œil à la forêt interdite plus loin, pensive. Elle attendait toujours les précisions au sujet de la fameuse panthère qu'avait aperçu Aaron, se demandant s'il serait possible que ce soit là la forme que prendrait Kaysa Potter en tant qu'animagus. Elle n'avait parlé à personne de ce qu'elle avait découvert, tout simplement parce qu'elle comptait bien garder tout ce qu'elle savait jusqu'à ce que le moment le plus opportun pour des révélations publiques n'arrive. À vrai dire, Alice songeait de plus en plus à attendre que le sort soit levé sur le château et de voir à quel point la direction était éventuellement critiquée et mal vue à l'extérieur. Si à ce moment-là, on apprenait en plus qu'un loup-garou traînait entre les murs de Poudlard depuis six ans et que Dumbledore, l'illustre Dumbledore, avait laissé une élève devenir un animagus illégal dans l'école... Ce serait intéressant, terriblement intéressant. À méditer.

Aaron revint bien vite, lui avouant qu'il s'était plutôt attendu à ce que ce soit elle qui vienne lui apprendre des choses à ce sujet. Lorsqu'il évoqua le fait qu'elle puisse avoir un début de piste, elle eut un sourire narquois devant son air intéressé. De toute évidence, il voulait vraiment savoir de quoi il en retournait. Et savoir qu'elle était celle qui en savait le plus des deux pour le moment lui plaisait assez. Mais elle avait besoin de précisions, aussi écouta-telle avec attention sa description des faits. Pensive, elle se fit la réflexion que oui, il serait tout à fait possible que ce soit un animagus. Peut-être en était-ce un autre, pas forcément Kaysa Potter, mais en l'absence de tous les adultes, Alice doutait qu'il existe beaucoup d'autres élèves à entreprendre ce genre d'activité illégale. Elle en était toujours à s'interroger lorsque Aaron enchaîna en lui parlant d'alliance, qui pourrait s'étendre au-delà de ces murs. Alice eut un nouveau sourire au coin des lèvres, comme si elle voulait se moquer de lui alors qu'en vérité, l'idée l'intéressait sincèrement. Aaron Kingfell était une personne influente et elle savait qu'il le serait d'autant plus en sortant de Poudlard, peut-être même davantage avec cette crise qu'ils traversaient tous. Alors bien entendu qu'une éventuelle alliance, dans tous les sens du terme, l'intéressait.

« L'idée me plaît assez, pour tout te dire. »

Elle se pencha un peu en avant sur son balai pour appuyer ses avant-bras sur le manche, un poignet sur l'autre, le regard rivé sur Aaron et le sourire entendu aux lèvres.

« Et pour en revenir à cette histoire de panthère, j'ai effectivement un début de piste, comme tu dis. Je ne suis pas vraiment du genre à partager mes informations mais ma foi, si on parle d'alliance et que tu y donnes du tien... »

Elle laissa sa phrase en suspend, attendit quelques secondes puis se redressa, haussant un sourcil.

« Ce n'est pas le meilleur endroit pour en parler, commença-t-elle avec un coup d'œil au groupe qui volait plus loin, même s'il est vrai qu'on ne risque pas de nous entendre à une telle hauteur. Rejoins-moi au château, n'importe quand, qu'on puisse s'entretenir sur le sujet. »

Elle effectua un demi-cercle avec son balai et se déporta vers Aaron, s'approchant suffisamment de lui pour pouvoir coller ses lèvres sur sa joue, comme une bise pour lui dire au revoir. Bon d'accord, elle aurait pu s'abstenir, mais la présence de la brigade non loin et le plaisir de faire jaser étaient bien plus intéressants. Elle en profita de plus pour s'attarder et de ce fait, lui glisser bas à l'oreille en guise d'avant-propos :

« Tu as songé aux animagus ? »



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