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L'heure du chasseur. [FINI]

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Darren O. Hellson
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Mer 14 Déc - 20:33
Hellson se réveilla en sursaut. L'esprit en alerte dès le réveil, il attrapa par réflexe sa baguette magique d'une main tout en se redressant sur un coude pour embrasser la pièce du regard, tous les sens aux aguets. Mais rien. Rien, hormis lui allongé sur le canapé du salon. Il poussa un petit soupir las et se laissa retomber sur le dos. Il avait du très certainement s'assoupir alors qu'il était en train d'étudier quelques copies de dossiers venus tout droit du ministère, tous apportés par Siméon sur sa demande. Les feuilles et les photos des aurors, des mangemorts et des élèves de Poudlard que Hellson étudiait actuellement étaient toujours étalées sur la petite table du salon, tout près du canapé sur lequel il était allongé. Il devait être fatigué. Ce n'était pas vraiment son genre de s'assoupir comme ça, de manière aussi insouciante, surtout en sachant qu'il restait constamment en alerte. Mais il venait d'enchaîner trois courtes nuits, très courtes nuits, et il avait beau carburer au café et aux cigarettes typiquement moldues, il avait besoin de récupérer quelques minutes de sommeil, ne serait-ce qu'un peu. Darren ferma les yeux quelques secondes puis de peur de s'endormir à nouveau, se força à se redresser d'un coup. Dépliant les jambes et pivotant pour se retrouver assis de manière plus conventionnelle, il cala un instant ses coudes sur ses genoux et se passa longuement les mains sur le visage et dans les cheveux en se retenant de bâiller. Bon. Il avait encore besoin de café. Il se pencha en avant pour récupérer la tasse qui traînait sur la table et jeta un coup d'œil soupçonneux au fond qu'il restait. Hm, ça devait certainement être froid. Combien de temps s'était-il assoupi au juste ? Peut-être une bonne vingtaine de minutes. Siméon le tuerait, s'il avait su.

La réflexion arracha un sourire en coin à Darren alors qu'il reposa distraitement la tasse de café. Il se demanda si son mentor et plus précieux ami était toujours à Poudlard, à jouer son rôle, son rôle dans son plan, ou s'il avait déjà transplané à nouveau pour revenir au Ministère et jouer la comédie de l'homme aux multiples facettes. Dans un cas comme dans l'autre, de toute façon, il faudrait qu'il aille bientôt lui rendre visite pour que Siméon lui fasse son compte-rendu. Hellson était pour le moment un peu trop occupé à fuir pour pouvoir pleinement s'occuper des élèves enfermés dans le château, mais il gardait toujours un œil sur eux d'une façon ou d'une autre. Il n'avait pas besoin de morts. Il récupéra un dossier qui trônait avec les autres sur la table et parcourut pensivement des yeux quelques lignes au sujet d'un certain Drago Malefoy. Siméon avait été envoyé par la ministre au sein de Poudlard pour recueillir des informations sur les élèves susceptibles de devenir mangemorts. Ces informations, Hellson les épluchait pour s'informer et voir en avance quels jeunes ne risquaient pas d'adhérer à son mouvement anarchiste. Drago Malefoy, fils de Lucius Malefoy. Non, là par exemple, ça ne risquerait pas. Pourtant, il l'avait quand même choisi pour qu'il fasse partie du groupe d'élèves sorti de Poudlard.

Darren laissa retomber la feuille sur le tas d'autres et étira les bras au-dessus de sa tête un instant avant de se masser la nuque, triturant son collier de sa main libre. Il portait un simple débardeur gris avec un pantalon de jogging noir, les pieds nus, les cheveux défaits, parce qu'il affectionnait cette tenue décontractée lorsqu'il traînait dans ses planques. Ça lui donnait l'impression d'être quelqu'un de normal, qui se prélassait chez lui, sauf que ce n'était pas le cas et le paradoxe l'amusait. Il magnait les sorts basiques de métamorphose humaine à la perfection et aimait souvent changer de coupes de cheveux d'un simple coup de baguette magique. Depuis la veille, il arborait donc des cheveux blonds et courts, présentement en bataille. Dans quelques jours, ils seraient de nouveau probablement bruns. Quelque part, c'était toujours utile de changer un peu de tête lorsqu'on était en cavale. Mais pour Darren, c'était surtout une question de goût. Quelque chose lui fit relever la tête. Il n'aurait su dire quoi, mais il passa à nouveau les alentours en revue avec son regard d'un bleu extrêmement clair et profond. Quelque chose le chiffonnait. Il n'aurait su dire quoi. Peut-être comme une mauvaise impression. Un petit quelque chose qui l'embêtait. Un instant, il faillit sourire de nouveau. Si ça se trouve, il allait devenir un paranoïaque pathologique avec toutes ces histoires. Cela ne l'étonnerait même pas...

Il donna un coup de baguette sur les dossiers pour les faire disparaître puis se leva du canapé. Il avait investi cette maison depuis la veille à peine. C'était une habitation de taille modeste, coincée dans les innombrables rues des quartiers résidentiels sorciers de Londres. Elle avait un rez-de-chaussée basique composé d'une grande salle de séjour qui servait à la fois de salon et de salle à manger, ainsi qu'une cuisine et un garage – qui était censé contenir aux yeux des moldus une voiture mais qui était en vérité encombré de balais de différents modèles. L'étage, lui, contenait une salle de bains et deux chambres. Rien de bien spacieux ou clinquant, juste une habitation agréable et passe-partout. Elle était normalement habitée par un couple de sorciers et leur enfant de sept ans, mais après les évènements qui secouaient la Grande-Bretagne en ce moment, ils avaient préféré s'envoler quelques temps en Roumanie. Hellson ne pouvait pas leur en tenir rigueur : au moins, il avait une planque. Se massant à nouveau la nuque, il glissa sa baguette dans une poche de son jogging et monta les escaliers. Il avait besoin de s'asperger le visage d'eau froide, histoire de se réveiller un coup. Puis il irait se préparer une énième tasse de café et ça devrait aller. Ou alors peut-être qu'il irait voir Victor, histoire de pouvoir se piquer un petit roupillon en sachant que son meilleur ami serait là pour veiller sur lui.

Une fois arrivé à l'étage, il ne fit que trois pas dans le couloir avant de s'arrêter. À cet instant précis, il sut parfaitement que la chose qui le chiffonnait depuis tout à l'heure sans savoir pourquoi était une présence dans la maison. La présence de quelqu'un qui n'aurait pas du se trouver là. Une présence qui se trouvait présentement juste derrière lui. Et il sut parfaitement dans la fraction de seconde plus tard qu'il avait beau faire, il dégainait sa baguette bien trop tard.



darren
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Mer 14 Déc - 21:51
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Je crois que je n'avais jamais autant oeuvré pour quelque chose... Je n'avais jamais autant voulu quelque chose, non plus... Pas depuis la mort de mes parents, en tout cas... Et là, enfin, je touchais au but. Après d'incessantes recherches, des filatures manquées, des retards d'une petite heure... Je finissais enfin par le coincer. Si je n'avais pas autant espéré de pas rater, je me serais presque laissée aller à esquisser un pas de danse. Presque.

Attraper Hellson, c'était comme attraper du vent ou tenter de retenir de l'eau : impossible. C'était l'homme le plus insaisissable que je connaisse. Et pourtant, je peux garantir que j'avais fait tout, et quand je dis tout c'est tout, ce que j'avais pu pour réussir à lui mettre la main dessus. Pas pour le Seigneur des Ténèbres, oh non ! Mais pour ma satisfaction personnelle. Pour montrer aux autres ce que j'étais en mesure de faire. Pour leur rappeler que je n'avais besoin de rien ni de personne pour atteindre les objectifs. Je me suffisais à moi-même. Et force m'est de reconnaître que mon orgueil en a pris un coup, avec ce fauteur de troubles...
Toutes les pistes que j'avais pu trouver s'étaient avérées soit fausses, soit anciennes. J'avais eu l'impression d'avancer dans un épais brouillard, sans le moindre repère, tandis que ce que je cherchais le plus me glissait sans cesse entre les doigts. Et j'avais détesté cette sensation. Je l'avais profondément haïe, même. Ce sentiment d'impuissance...

Je me forçai à inspirer un bon coup, pour me remettre les idées en place. De toute façon, il allait payer pour le fil à retordre qu'il m'avait donné depuis que je lui courais après. Oh, oui... Il allait payer... J'allais prendre autant de plaisir à me venger que j'avais eu le déplaisir d'échouer à l'attraper et ce, de nombreuses fois. Cette idée fit naître une esquisse de sourire sur mes lèvres. La soirée promettait d'être divertissante. Et ce n'était pas pour me déplaire...

Toujours le sourire aux lèvres, je m'avançai dans la rue. Je savais qu'il était encore là. Mon instinct me le disait. Et il ne m'avait jamais trompée. Absolument jamais. Je m'arrêtai devant la maison. La regardai un instant. Cette fois-ci, il ne m'échapperait pas. En tout cas, pas si moi je n'en avais pas décidé ainsi. Cette fois-ci, c'était moi qui détenait les règles du jeu. Moi, et personne d'autre. Je posai la main sur la poignée de la porte. La tournai. La porte s'ouvrit toute seule. Mon sourire s'élargit. Un fugitif qui ne ferme la porte... Avait-il envie de me faciliter la tâche ? Je sortis ma baguette, me tenant prête malgré tout, des fois qu'il s'agisse d'un piège grotesque... Silencieuse comme une ombre, j'entrai.

Il fallut un certain temps à mes yeux pour s'habituer à l'obscurité. Durant ce délai, je demeurai immobile, sur le seuil, l'oreille tendue. Si jamais Hellson profitait de cet instant pour s'en prendre à l'intrus qui venait de débarquer (autrement dit, moi), au moins, je l'entendrais arriver et il ne m'aurait pas par surprise ! Mais j'eus beau tendre l'oreille, rien ne vint. Était-il à ce point stupide pour laisser la porte ouverte, sans protection ? Ou bien était-ce moi qui venais de tomber dans un piège des plus grotesques et flagrants ? Redoublant de prudence, j'entrai pour de bon dans la maison, fermant silencieusement la porte derrière moi.

Pas un bruit. Rien. Juste un silence oppressant. C'était le genre d'ambiance qui me plaisait. Ça allait tellement bien avec ce que je m'apprêtais à faire que...
Je stoppai brusquement en entrant dans le salon. Elle était là. Ma proie. Bêtement endormie. Quelle imprudence, mon cher ! On ne s'endort jamais sans surveiller ses arrières, lorsqu'on a autant d'ennemis qui veulent nous voir morts... Je dus retenir un ricanement. Ce n'était pas le moment de me faire repérer. Vraiment pas. Je m'approchai doucement de lui, ma baguette pointée sur sa poitrine. Ce serait tellement facile de le tuer, là, maintenant... Il n'aurait même pas l'occasion de réagir...
Non. Justement. Ce serait bien trop facile. Et je n'aimais pas la facilité. Je voulais le voir se tordre de douleur sur le sol. Je voulais l'entendre hurler, l'entendre me supplier d'arrêter. Je voulais qu'il soit conscient de ce qui lui arrivait. Le tuer dans son sommeil serait d'un ennui profond. Et ce serait faire preuve d'une magnanimité qu'il ne méritait pas. On ne se riait pas de Lord Voldemort impunément. Ça, il allait le découvrir. Et très vite.
Je me glissai dans la cage d'escaliers. Silencieuse et invisible. J'attendrais qu'il se réveille pour l'attaquer. Ce serait tellement plus amusant...

Je n'eus pas à attendre longtemps. Je le vis se redresser brusquement, comme si quelque chose l'avait averti de ma présence... Bien. Il avait oublié la prudence la plus élémentaire mais il semblait être doté d'un radar à ennemis. Pas mal. Pas mal du tout, même. Je l'observai. Guettant le moment propice pour lui faire sentir ma présence. Littéralement. Je pouvais être très patiente, quand je désirais quelque chose. Et le faire souffrir était ce qui me préoccupait le plus, en ce moment. Alors j'attendis. J'attendis qu'il se lève et fasse disparaître je ne sais quoi. J'attendis qu'il daigne venir vers moi. J'attendis qu'il me passe devant sans me voir. Et là, j'agis.

La meilleure défense est encore l'attaque, paraît-il. Eh bien, c'est faux. La meilleure attaque, c'est l'attaque. Voilà ce qui est vrai.
Toujours aussi silencieuse, je montai les marches derrière lui. J'allais le suivre comme une ombre, jusqu'à ce que l'aire de jeux me convienne. Sauf qu'il ne me laissa pas l'occasion de choisir.
À peine eut-il fait trois pas sur le palier qu'il stoppa net. Il avait sans doute deviné... sauf que je n'allais pas attendre qu'il se retourne et me canarde pour m'en assurer. Alors je frappai la première. Vite et fort.


« Salut, trésor... » lui glissai-je à l'oreille tandis que dans le même temps, ma baguette envoyait un jet de lumière blanc, l'envoyant voler contre un mur.
« Tu sais que tu es du genre difficile à trouver ? J'ai failli renoncer... »

Non, je n'avais pas failli renoncer. Mais mes mots étaient des armes aussi sûrement que ma baguette et mes sorts. Je me battais autant avec mon cerveau qu'avec ma magie. Et rien de ce que je faisais était dénué de sens. Faire croire à son ennemi qu'il a une chance de prendre le dessus. Toujours. Lui faire croire qu'il a une chance de mener la danse. Souvent. Mais le laisser effectivement reprendre le contrôle de la situation... Jamais.
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Darren O. Hellson
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Jeu 15 Déc - 2:00
Hellson eut juste le temps d'entendre une voix féminine glisser deux mots à son oreille. C'était une voix suave, grinçante, piquante, qui ne présageait absolument rien de bon. De ces voix qui vous font instantanément comprendre que ça craint. Il sentit la force le projeter dans les airs plus qu'il ne vit le flash de lumière blanche éclater dans le couloir. Il eut beau se préparer mentalement au choc, une douleur fulgurante explosa dans son dos lorsqu'il percuta un mur avec violence. Il serra les dents pour retenir un grognement de douleur et sentit avec horreur sa baguette lui glisser des mains pour rebondir sur le sol. Non mais ce n'était pas possible... C'était lui, Darren Oswald Hellson, qui venait de se faire avoir aussi connement ? Ça ne pouvait pas se passer comme ça. Ça ne devait pas se passer comme ça. Il refusait catégoriquement de se faire attraper. Il craignait plus que tout l'enfermement. Mais la femme qui se trouvait présentement à quelques mètres devant lui ne lui parut pas vraiment faire partie du ministère. Elle dégageait plutôt cette aura de destruction meurtrière caractéristique des mangemorts. Le dos plaqué contre le mur, il avait glissé jusqu'au sol et s'était rattrapé d'une main. Il venait de lever les yeux et dévisageait maintenant son adversaire, notant rapidement la baguette qu'elle tenait en main en position d'attaque et l'assurance qui dégageait de sa personne. Sa manière de s'adresser à lui, à la fois suave, familière et menaçante le conforta dans l'idée que cette femme faisait probablement plus partie du camp des cinglés de fidèles de Voldemort plutôt que des pathétiques employés du Ministère. Et allez savoir ce qui était le mieux.

Comme toujours, lorsqu'il se trouvait dans une telle situation de danger et une telle position d'infériorité, Darren se composait un masque agaçant d'arrogance et d'insouciance. Il adoptait ainsi une assurance certaine qui, il le savait, pouvait en déstabiliser quelques uns dans ce genre de situations, ou tout du moins les laisser sur leurs gardes. Il doutait que ce soit le cas de cette femme brune qu'il ne connaissait pas mais c'était un automatisme, chez lui, d'entrer dans ce genre de jeux plutôt que de paniquer. C'est qu'il avait sa fierté. Il n'était qu'un homme. Un homme qui, même s'il se disait empli de bonnes intentions pour le monde magique, était obstiné et avide de pouvoir. Un sourire assuré au coin des lèvres adressé à la jeune femme, il ne prit pas le risque de bouger et se contenta de garder appui sur une main.

« Mince alors, tu m'en vois sincèrement désolé, railla-t-il en adoptant le même ton qu'elle. Il ne la connaissait pas mais si elle voulait jouer à ce jeu-là, ils allaient jouer. Sauf qu'il ne comptait évidemment pas la laisser gagner. Il espérait tout du moins de tout cœur pouvoir s'en sortir. Il avait des choses à prévoir, des choses à faire, de grandes choses à accomplir. Il n'avait pas droit à l'erreur et de toute évidence, il venait d'en commettre une, alors il allait mettre un point d'honneur à tout faire pour la rattraper. De toute évidence, je ne suis pas encore du genre assez difficile à trouver, ajouta-t-il avec une pointe de sarcasme. Il faudra vraiment que je... remédie à ça. »

Et sans prévenir, il fondit du côté pour s'emparer de sa baguette qui, il l'avait repérée, était tombée juste sur le seuil de la porte ouverte d'une des chambres. Il roula du côté sur une épaule et se réceptionna dans la chambre, se redressant d'un bond pour se plaquer dos au mur et lever la baguette en direction de la porte ouverte. Il se devait de réfléchir vite, son adversaire ne lui laisserait probablement pas une seule seconde de répit. Il pouvait transplaner mais il se doutait bien que l'inconnue soit tout à fait capable d'en faire autant pour le suivre. Et il était hors de question de l'amener chez un de ses alliés ou dans une de ses planques, au risque qu'elle puisse alerter ses copains mangemorts dans l'éventualité où elle en était bien une. Non, il devait la jouer bien plus fine que ça. Sauf que pour le moment, faute de pouvoir cerner son adversaire après quelques secondes de face-à-face seulement, il se devait d'agir en improvisation totale. D'un geste vif de sa baguette magique, il fit littéralement exploser la porte de la chambre d'en face en l'arrachant de ses gonds, histoire que les débris fusent un peu partout dans le couloir. Il savait pertinemment que cela n'atteindrait en aucun cas son adversaire mais au moins, elle serait forcément ralentie quelques courtes secondes.

Sa force, c'était sa vitesse. Il transplana la seconde d'après pour apparaître en bas dans le salon. Il n'y resta qu'une fraction de seconde et se figea dans le couloir du haut, à quelques mètres de la jeune femme, le temps de fendre l'air de sa baguette et de faire exploser un mur. Il transplana encore et attendit une seconde dans le jardin avant de recommencer, encore et encore, parce qu'il savait qu'un adulte habile en transplanage pouvait facilement suivre quelqu'un. Il apparut dans la salle de bains puis dans le couloir pour lancer un expelliarmus tellement violent qu'il vit voler en éclats la rampe des escaliers en rencontrant un sortilège ennemi. Il transplana dans la cuisine, puis dans le salon, et contra un sort qui alla projeter le canapé contre un mur. Il n'attendit pas et transplana encore juste derrière la jeune femme pour lui jeter un sort dans le dos, puis disparut à nouveau sans même prendre le temps de voir si elle l'avait contré ou non. Et ce fut en réapparaissant dans la chambre initiale qu'il comprit qu'il venait de se faire doubler, parce qu'une violente déflagration le fit s'envoler en arrière et s'écraser contre les portes de la penderie. Il avait fortement serré le poing autour de sa baguette et la leva déjà pour fendre l'air, sauf que son adversaire avait une fraction de seconde d'avance. Infime mais cruciale. Et Hellson comprit qu'il était définitivement dans la merde lorsqu'il fut désarmé.



darren
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Jeu 15 Déc - 9:11
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« Mince alors, tu m'en vois sincèrement désolé. De toute évidence, je ne suis pas encore du genre assez difficile à trouver. Il faudra vraiment que je... remédie à ça. »

Il me répondit sur le même ton que celui que j'avais employé. Il n'avait pas froid aux yeux, de toute évidence. Ça me plaisait. Beaucoup. Il était très facile de reconnaître la valeur d'une personne à la façon dont elle réagissait face au danger. Et lui répondait par l'arrogance et le sarcasme. Il me plaisait. Définitivement. Dommage qu'il soit si arrogant qu'il se riait du Seigneur des Ténèbres. Il aurait sûrement pu faire un excellent Mangemort. Je pourrais peut-être lui laisser sa chance... Si il s'en montrait digne...
Mais il ne m'en laissa pas l'occasion. Il bondit sur sa baguette sans que j'aie le temps d'esquisser le moindre geste. Merde ! Non, non, non et non ! Je n'allais pas le laisser reprendre le dessus ! Et puis quoi, encore ? Lui amener ma tête sur un plateau d'argent ? Hors de question !
Il était hors de ma portée, maintenant. Et je n'allais certainement pas me mettre dans sa ligne de mire. Car si c'était bien le seul moyen de l'atteindre, je me doutais bien qu'il m'attendait de pied ferme. Alors je restai immobile, aux aguets, guettant le moindre bruit suspect. Prête à contre attaquer à n'importe quel moment.
Je n'eus pas à attendre longtemps. Il fit exploser la porte d'en face. Merde ! Je n'y voyais plus à deux mètres, avec la poussière et les débris qui volaient en tous sens. Non, ça n'allait pas se passer comme ça ! J'allais reprendre le dessus. Il voulait jouer à cache-cache ? Eh bien c'était parfait. J'avais déjà réussi à le débusquer une fois, il n'y avait pas de raison pour que je n'y parvienne pas une deuxième. D'un geste de ma baguette, je dispersai les éclats de porte et l'espèce de nuage dans lequel son sort m'avait fourrée. Il n'était pas là. Pas dans mon champ de vision, en tout cas. Je tendis l'oreille. Un craquement sonore, et il apparut en face de moi. Je lui lançai un Doloris, mais avant même que le sort ne l'ait atteint, il fit exploser un mur et disparut à nouveau. Bien. J'ignorais où il s'était rendu, mais j'allais l'attendre patiemment. Plutôt que courir dans tous les sens et risquer de le laisser s'échapper, j'allais rester ici et me montrer patiente. De toute façon, il était à ma merci. Il ne le savait juste pas encore.
J'entendais le bruit de ses transplanages successifs, plus ou moins lointains selon l'endroit de la maison où il réapparaissait. Il finit par réapparaître dans le couloir, en face de moi. Je lançai un autre Doloris, qui heurta de plein fouet l'éclair rouge de son sortilège de désarmement, le déviant de sa trajectoire pour aller heurter la rampe d'escaliers. Je ne pris même pas la peine de regarder l'étendue des dégâts. J'aurais bien assez le temps de le faire une fois qu'il serait mort. Il n'y avait pas de quoi se presser. Vraiment pas. Sauf qu'il commençait à me les hacher menu, le transplaneur... Oui, non seulement il commençait à m'agacer, mais en plus il m'ennuyait. Lui, duquel j'espérais bien mieux suite à sa réponse arrogante et suffisante, me décevait. Beaucoup. En fait, il ne valait pas mieux que ces autres sorciers que j'avais tué. Il était juste plus rapide, mais il semblait que ce soit là sa seule supériorité. J'avais l'impression de combattre un enfant qui ne savait pas vraiment quoi faire, alors qui faisait tout et n'importe quoi, du moment que c'était de la magie. Je ne pus retenir un soupir de déception. Non, il n'avait pas sa place parmi nous. Je n'étais même plus sûre de vouloir la lui proposer.
Un craquement sonore dans mon dos me coupa dans mes pensées. Il était juste derrière moi. Sauf que je n'allais pas faire la même erreur que lui. À peine le craquement eut-il retenti que je lançai un charme du Bouclier dans le même temps que je pivotai pour lui faire face. Un sortilège ricocha, mais Hellson avait déjà disparu. Mais je savais où il allait réapparaître. Oui. En faisant ce que moi j'avais fait, il venait de me donner la clef de l'énigme. Je n'avais plus qu'à le cueillir...
Je me postai dans l'embrasure de la porte de la chambre. Il y apparut presque aussitôt. Un nouvel éclair de lumière blanche, et il vola contre la penderie. Oui. C'était moi qui menait le jeu, ici. Moi et moi seule. Il leva sa baguette pour me lancer un sortilège, mais je n'eus besoin que d'un geste nonchalant de la mienne pour le désarmer.
En fait, il était amusant, quand on commençait à comprendre son mode de fonctionnement. Pour un peu, j'aurais presque voulu l'épargner. Enfin, presque... C'est un bien grand mot. J'avais suffisamment donné de ma personne pour lui mettre la main dessus pour le laisser à nouveau s'échapper.
Sa baguette vola à travers la pièce pour atterrir à mes pieds. Je me baissai pour la ramasser avant de reporter mon attention sur cet anarchiste qui faisait tant parler de lui dans notre monde. Il était mignon. Ce serait un pur scandale de le tuer. Pourtant, c'était mon intention. Ramener sa tête sur un plateau d'argent à Voldemort me ferait grimper au sommet. Assurément. Et il n'y avait pas de sommets trop hauts, pour moi. Pas le moindre.
Je m'avançai vers lui d'un pas tranquille. J'avais toute la nuit devant moi pour m'amuser avec lui. Et rien ni personne ne viendrait me déranger. Je lançai un Assurdiato sur la maison, afin que personne ne soit alerté par les cris qui en proviendraient (si toutefois il demeurait une personne dans la rue qui n'ait pas entendu le vacarme produit par les destructions successives de ce charmant jeune homme).
Je m'accroupis devant lui, levant ma baguette à hauteur de son visage.


« Tu sais que j'ai bien failli perdre patience ? Il ne faut jamais pousser à bout quelqu'un comme moi, Hellson... Il en résulte plus de mal que de bien... »

Oui. Oui, c'était un avertissement. Un avertissement sur la suite des évènements. Un avertissement sur ce qui l'attendait à présent. Je n'aimais pas qu'on joue avec moi. Qu'on m'oppose de la résistance, oui, car alors la situation prenait un tour bien plus distrayant, mais qu'on tente de jouer... Non. C'était moi qui décidait si oui ou non on jouait. Moi, et pas ma proie.
Je me redressai calmement et prononçai à haute voix la formule du sort que j'allais lui lancer. Je voulais qu'il sache ce qui l'attendait. Qu'il sache dans quel cauchemar il était en train de sombrer.


« Endoloris... »

L'éclair bleu jaillit de ma baguette. Puissant. Lumineux. Dangereux. Mortellement dangereux. J'avais déjà tué quelqu'un, à force de lui lancer le Doloris. D'abord, il avait perdu la raison, puis la douleur avait fini par le tuer. C'était peut-être ce qui allait lui arriver. Je n'en savais rien. Je ne décidais jamais à l'avance du programme.
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Darren O. Hellson
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Lun 19 Déc - 2:48
Hellson ne bougea pas d'un pouce, se contentant de regarder son adversaire ramasser tranquillement sa baguette. Bon. Il s'était fait connement avoir. Il était épuisé à la base. Et il venait de se faire désarmer. En gros, il était complètement à la merci de cette femme sans aucun doute au service de Voldemort, ce qui signifiait qu'il était tout bonnement et extrêmement mal barré. Pourtant, il ne comptait pas se laisser faire. Ou tout du moins, il ne comptait pas se composer un masque de pure terreur ou de supplier la jeune femme, vu que présentement, il ne risquait pas de faire grand chose. Bien entendu qu'il tenait à la vie et qu'il n'était pas suicidaire, il n'était qu'un homme. Sauf qu'il avait sa fierté et qu'il n'était pas de la trempe de ceux qui pouvaient se permettre de massacrer leur dignité pour conserver la vie. Lui, s'il voulait conserver un semblant de crédibilité aux yeux du monde, ou tout du moins aux yeux de ceux qui voudraient bien le suivre dans son plan démentiel, il se devait de garder la tête haute. Comment pourrait-on le prendre au sérieux s'il courbait l'échine devant le premier mangemort venu ? Déjà qu'on ne risquait pas de le prendre au sérieux tout de suite, vu qu'il n'était pour le moment que ce connard d'anarchiste fouteur de merde qu'il faut attraper, arrêter ou éliminer à tout prix pour rétablir l'équilibre... Non, il se devait de se montrer à la hauteur. Et même pour lui-même, il se le devait. C'était dans sa nature. Aussi s'efforça-t-il de rester tranquille lorsque la brune s'approcha de lui, incarnation même de la menace, alors que tout son être entier ne criait qu'à une chose : la fuite. Mais, lucide, il savait parfaitement qu'aucune porte de sortie n'était pour le moment ouverte. Ce serait à lui de s'en créer une. Au moment venu. Pas avant. Ce n'était pas quelque chose que l'on pouvait jouer sur un coup de poker. C'était plus comme une partie d'échecs, qui demandait de la réflexion.

La baguette de la jeune femme s'approcha un peu trop près de son visage à son goût. Hellson ne la quitta pas des yeux puis finit par les relever sur le visage de sa vis-à-vis, la détaillant au passage de ses prunelles d'un bleu insondable. Elle était belle, certes. Un peu comme une menthe religieuse ou une veuve noire : de ce genre de beauté que l'on qualifie sans hésiter de dangereuse. Ses paroles ne firent que renforcer cette impression et Hellson se composa un masque de tranquille insouciance, de cette insouciance arrogante, inconsciente et énervante, sans pour autant se risquer à répliquer avec une baguette aussi proche de son visage. La menace était très claire, et il vit dans le regard de son adversaire que les hostilités, les vraies, allaient commencer. La fraction de seconde qui s'écoula entre le sort prononcé et le flash de lumière ne parut jamais aussi longue aux yeux de Darren. Il soupçonna la femme dont il ne connaissait pas le nom de faire exprès de prononcer distinctement le sortilège impardonnable, alors qu'elle devait savoir parfaitement le lancer en version informulée. C'était comme ça, les mangemorts : des psychopathes, des sadiques. Les pires. Il savait pertinemment qu'il aurait beau se préparer mentalement, se faire à l'idée, rien ne pourrait jamais le préparer à ce qui allait arriver et cela ne loupa pas.

La douleur explosa dans chaque partie de son corps en même temps que le flash de lumière l'aveugla, lui coupant instantanément le souffle et lui donnant l'impression que son crâne allait se fissurer sur le coup. La douleur n'était pas locale ou ciblée, elle était tout simplement partout, dans chacun de ses membres, dans chacun de ses muscles, dans chacune de ses fibres, tout partout, tout en même temps, elle brûlait dans ses veines comme elle éclatait dans ses os, elle contractait ses muscles, lui coupait la respiration, lui martelait le cœur, lui comprimait les poumons et lui opprimait la gorge. Il avait déjà eu l'occasion de subir ce sortilège, une fois. Pourtant, on ne pourrait jamais s'y habituer. C'était même pire à chaque fois. C'était la douleur à l'état pur et en cela, ce sortilège était bien pire que l'Avada Kedavra que les mangemorts trop naïfs utilisaient à tire-larigot sans penser qu'il y avait bien pire que ça. Bien pire. Hellson tomba sur le ventre, se replia sur le sol et se mordit les lèvres dans un accès de lucidité pour s'empêcher de crier, ne pouvant cependant pas empêcher un grognement de douleur, guttural, s'échapper de ses lèvres serrées. Il ne pouvait plus penser à rien. La douleur était partout, absolument partout, et il n'entendait plus que le sang battre avec force dans ses oreilles, et il voulut se raccrocher à quelque chose mais il n'y avait rien sur le sol, et serrer le poing à s'en faire ne servait à rien. À l'instant où il crut que sa tête allait éclater, la douleur s'envola aussi brusquement qu'elle était venue et Hellson en eut à nouveau le souffle coupé, quelques secondes.

Il s'efforça ensuite de reprendre le contrôle de sa respiration, difficilement, et son regard se voilà une seconde alors qu'il sentait encore le sang battre dans ses tempes. Il sentait que son estomac était prêt à se retourner à tout moment et que ses membres pouvaient se mettre à trembler d'un instant à l'autre avec le contre-coup, mais il s'efforça de garder le meilleur contrôle possible et se redressa d'une main en essuyant la sueur moite sur son front.

« La vache... »

Il fut satisfait de constater que même si ce n'était qu'un souffle, sa voix restait pour le moment intacte. Tout comme sa raison, et sa volonté. Il savait que ce sortilège était dangereux pour la santé mentale, car la douleur pouvait rendre fou. Une sonnette d'alarme se déclencha dans son esprit alors qu'il releva les yeux sur son adversaire et qu'il faisait cette constatation. Elle risquait de le détruire. C'était indéniable. Pourtant, le coin de ses lèvres se retroussa quand même en un sourire railleur et arrogant.

« Donc si j'ai bien compris, tu es poussée à bout, là, ma grande ? Ou pas encore tout à fait ? Non parce que c'est toujours bon à savoir, en fait, et puis ce n'est pas comme si j'avais fait grand chose, pour le moment. »

Sa voix avait repris un ton beaucoup plus fort, beaucoup plus assuré, presque amusé alors qu'il ne s'amusait en aucune façon. Il posa les yeux sur sa baguette que tenait encore la jeune femme, et sur celle de cette dernière, puis les releva sur son visage, collant son dos contre la porte de la penderie derrière lui comme s'il s'installait. Son cerveau tournait à plein régime. Il existait forcément un moyen de sortir de là, et il comptait bien trouver lequel. De préférence avant de devenir complètement fou. Et pour le moment, rien ne l'empêchait de faire la conversation – à sa manière.

« Petit soldat de Voldemort, je présume ? demanda-t-il avec un haussement de sourcil presque méprisant. Tu m'en as tout l'air. Le petit côté sadique, l'aspect typiquement méchant, la menace perceptible dans l'air... Un rien too-much, presque. »



darren
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Mer 21 Déc - 17:12
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J'aimais cette sensation qui me gagnait lorsque je prononçais la formule du plus infâme et du plus cruel des sortilèges. J'aimais sentir ce flot de puissance déferler en moi. J'aimais sentir ma baguette ne faire plus qu'un avec mon bras. J'aimais ressentir ces picotements au bout de mes doigts tandis que l'éclair jaillissait. Sauvage. Fort. Indomptable. Irrépressible. J'aimais voir mes victimes se tordre de douleur sur le sol. J'aimais entendre leurs cris, leurs supplications. J'aimais voir leur impuissance tandis que j'étais maîtresse de la situation. J'aimais les avoir à ma merci.
Je sentis mes lèvres s'étirer en un sourire d'intense satisfaction. Je me trouvais dans mon élément. Enfin. Bien sûr, je n'allais pas passer la soirée à doloriser ce fauteur de troubles... Il ne s'agissait là que d'une mise en bouche. Un avertissement. Disons que je voulais le mettre en garde, le prévenir de ce qui l'attendait si je n'obtenais pas satisfaction. Sauf que, visiblement, Hellson n'était pas déterminé à me donner satisfaction.
Je le voyais lutter contre mon sortilège, de toute sa force mentale. Je le voyais crisper les mâchoires pour ne pas hurler. Je le voyais tenter de garder la maîtrise de soi. Je le voyais faire preuve d'une détermination et d'un courage que je n'avais jamais vu chez mes autres victimes. Et c'était tout à son honneur. Je maintins le sortilège quelques temps, encore, afin qu'il sache que je n'hésiterais pas à y avoir de nouveau recours si nécessaire, puis le levai. Sans rien dire.
Je le laissai reprendre ses esprits, m'appuyant nonchalamment contre le chambranle de la porte, bras croisés. Il se redressa en murmurant quelque chose que je n'entendis pas. Et qui, de toute façon, ne m'était sans doute pas adressé. Sinon, j'avais la certitude qu'il aurait haussé le ton.


« Donc si j'ai bien compris, tu es poussée à bout, là, ma grande ? Ou pas encore tout à fait ? Non parce que c'est toujours bon à savoir, en fait, et puis ce n'est pas comme si j'avais fait grand-chose, pour le moment. »

Il m'avait adressé ces mots avec un sourire moqueur et une arrogance sans borne. Je vis son regard se poser sur sa baguette, que je fis tourner ostensiblement entre ses doigts, histoire de lui rappeler de manière absolument pas subtile qu'il n'était pas en position de force. Il se redressa et s'assit, tranquillement aurais-je envie de dire. Bien, une petite discussion allait peut-être pouvoir s'imposer ?

« Petit soldat de Voldemort, je présume ? Tu m'en as tout l'air. Le petit côté sadique, l'aspect typiquement méchant, la menace perceptible dans l'air... Un rien too-much, presque. »

Je me contentai de lui répondre par un sourire méprisant, pour l'heure, avant de m'asseoir par terre, les jambes tendues devant moi. Je sortis mon paquet de cigarettes de ma poche, en pris une que j'allumai avant de faire glisser le paquet vers lui.

« Sers-toi. Tu sauras que je n'appartiens à aucun camp sinon le mien. Je ne sers que mes propres intérêts et ma présence ici n'est connue de personne d'autre que moi. Enfin, avec toi, logiquement... Voldemort lui-même ignore que je te cherchais. »

Ce n'était là qu'une semi-vérité. Voldemort ne savait effectivement rien de ma présence chez Hellson, mais j'appartenais à son camp. Enfin, appartenais... Disons surtout que je profitais des opportunités qu'il m'offrait pour agir comme bon me semblait sans craindre de représailles de sa part. Car je m'arrangeais toujours pour que le moindre de mes actes paraisse conforme aux ambitions du Seigneur des Ténèbres. Quand bien même l'acte en question ne servait que mes propres intérêts. J'avais rejoint les Mangemorts pour ma assouvir soif de vengeance et la colère qui m'habitait depuis quinze longues années. Mais je ne partageais pas vraiment leurs convictions ni leur fanatisme envers le mage noir. Pour moi, il n'était qu'un dirigeant comme les autres, à tenter de rallier les gens à leur cause. Sa seule originalité étant que lui n'hésitait pas à employer la manière forte pour parvenir à ses fins. Je le respectais, certes, mais contrairement à certains (et je pense notamment à Bellatrix en disant ces mots), je ne lui vouais pas un culte, au point de tout faire pour lui obtenir ses faveurs. Je faisais juste ce qui était nécessaire pour ne pas devenir un élément gênant. Et croyez-moi, assouvir ses propres intérêts en tentant d'assurer sa survie dans le même temps était un travail pour le moins épuisant. Heureusement que je n'avais pas à me rendre à toutes les réunions parce que sinon... je n'aurais plus la moindre minute de liberté.

Je tirai quelques bouffées sur ma cigarette avant de reprendre la parole.


« Dis-moi... C'est quoi l'intérêt du merdier que tu as créé dans notre monde ? Parce qu'en y réfléchissant bien, tu n'es pas si différent de Voldemort... Asseoir son autorité sur les Moldus revient à leur révéler notre existence... Alors pourquoi toute cette mise en scène ? »

C'était pour ça, que j'étais venue le trouver. C'était pour ça que je l'avais traqué. Bon, j'avais envie de m'amuser, aussi, mais... il y avait des questions auxquelles je désirais qu'il réponde. Et puis, j'étais certaine d'avoir toute la nuit devant moi...
Techniquement, je n'avais pas voulu commencer par le malmener. Mais à choisir entre attendre patiemment qu'il me bombarde de sorts et frapper la première, la question ne s'était même pas posée. Le Doloris, c'était un petit bonus pour m'avoir fait perdre du temps. Rien de plus.
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Darren O. Hellson
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Sam 31 Déc - 14:30
Hellson la regarda s'assoir de son côté, dos contre le mur et jambes étendues devant elle. Il ne put s'empêcher de trouver le tableau amusant : lui rebelle, elle mangemorte, tous deux assis à même le sol dans une chambre de petite maison de banlieue. C'était tellement irréaliste. Encore plus lorsqu'elle tira un paquet de clopes de sa poche avant de le faire glisser jusqu'à lui. Il ne put s'empêcher de suivre le paquet des yeux puis de relever ces derniers sur son adversaire, haussant un sourcil dans une expression d'incrédulité exagérée. Un mangemort qui fumait des cigarettes ? Un mangemort qui osait utiliser une invention typiquement moldue ? Voilà qui lui aurait presque donné envie de rire. Ils avaient beau dire, tous, avec leur obsession pitoyable de la pureté du sang et leur mépris injustifié pour les moldus, il n'empêche que ça les arrangeait bien. Ridicules. Ils étaient ridicules. Darren n'hésita qu'une seconde puis tendit la main pour récupérer le paquet et en tirer une cigarette, le geste leste. Au pire des cas, même si c'était un piège, il n'avait guère moyen de riposter. Et puis, s'il devait crever de manière aussi conne, il préférait encore pouvoir se tirer quelques taffes avant de pousser son dernier souffle. Alors il n'hésita qu'une seule seconde avant de tirer une cigarette du paquet pour la glisser entre ses lèvres avant de le faire glisser sur le sol en sens inverse pour le retour à l'envoyeur. Il fouilla dans une poche de son pantalon de jogging pour en sortir un petit briquet moldu, une camelote, qu'il avait acheté une misère lorsqu'il était de passage en Autriche, quelques jours plus tôt, et alluma sa cigarette avec avant d'en inspirer une première bouffée. Il se détendit presque instantanément et abandonna le briquet sur le sol près de lui, observant de nouveau la jeune femme qui lui faisait office d'adversaire. Il se contenta d'afficher un petit sourire suffisant lorsqu'elle lui débita son petit speech sur l'indépendance. Mais oui bien sûr, elle était son propre maître, elle n'était pas sous la coupe de Voldemort, il ne savait pas qu'elle le cherchait, blablabla... Quelle naïveté. Chaque mangemort était juste le pantin du mage noir. Juste ça.

Par contre, la question qui suivit l'étonna quelque peu. Il n'était pas vraiment habitué à rencontrer des mangemorts qui lui demandaient quel était l'intérêt de tout ce qu'il faisait. Non, les quelques partisans de Voldemort qu'il avait déjà pu croiser s'étaient contentés de balancer des sorts à gogo juste avant qu'il ne s'enfuie. C'était donc étonnant, oui. Mais d'une certaine façon, intéressant. Non pas qu'il ait vraiment envie de disserter de ses plans et de son point de vue sur le monde avec une femme qui lui avait jeté un doloris, certes. Mais entre temps, ce n'est pas comme s'il avait vraiment quelque chose de mieux à faire pour le moment. Et puis, cette comparaison avec Voldemort le fit paraître pensif alors qu'il tirait machinalement sur sa clope. Était-ce vrai ? N'était-il pas si différent de lui ? Il avait beau essayer de voir les choses d'un œil objectif, il restait Hellson, le représentant des anarchistes, celui qui avait prémédité tout cela, et il n'arrivait tout simplement pas à se faire à l'idée. Non, il ne ressemblait pas à Voldemort. Il ne faisait pas naître la terreur dans tous les foyers, il ne prônait certainement pas la pureté du sang et il ne provoquait pas de génocide pour forcer le monde entier à se plier à ses volontés. En aucun cas. Il avait juste sa manière d'agir, voilà tout. Et peut-être bien qu'il avait ses propres idéaux à vouloir imposer mais au moins, il avait une manière honorable d'agir. Ou plus ou moins honorable... Il n'était qu'un homme fier et son plan contenait des failles, de grosses failles. Pourtant, il refusait de reculer. Et si jamais quelque chose venait à mal tourner, et bien... Il savait en son for intérieur que cela ne l'arrêterait pas. Les dommages collatéraux existaient, après tout, non ? Il savait tout cela au fond de lui, il se sentait être cet homme-là. Il n'en avait même pas parlé à Siméon qui se souciait par exemple de la sécurité des élèves enfermés dans le château, parce qu'il savait pertinemment qu'il ne valait mieux pas. Alors peut-être bien qu'il n'était pas si différent que ça de Voldemort. Mais de là à l'avouer...

« Ne m'insulte pas en me comparant à lui, s'il-te-plaît. Révéler notre existence aux moldus ne veut pas forcément dire les écraser ou les dominer. C'est juste la vision étriquée qu'ont les mangemorts. »

Il tapota sa cigarette pour faire machinalement tomber la cendre sur le plancher. Il se foutait bien d'avoir un cendrier, ce n'était pas chez lui ici de toute façon. Et puis, vu qu'on avait découvert sa planque... Qu'il fasse attention ou non n'y changerait rien.

« Dis-toi simplement que je suis le guide du peuple des opprimés... ou quelque chose dans ce goût-là, répondit-il avec un sarcasme évident. »

Il leva le nez en l'air le temps de souffler la fumée de sa cigarette et la regarder s'estomper dans l'air. Il n'avait jamais considéré les nés-moldus comme un peuple opprimé ou quoi que ce soit du genre, mais il avait déjà eu maintes et maintes fois l'occasion de constater que ces sorciers-là étaient injustement descendus par la société depuis des générations et des générations – vu qu'il en était un, il avait subit de nombreuses brimades à Poudlard étant jeune, comme beaucoup d'autres. En quoi était-ce un problème d'être né de famille moldue ? Tant qu'on était sorcier ? Encore une fois, c'était une idée véhiculée par le délire mégalo de Voldemort et sa pureté du sang ridicule. Et le pire, c'est que tout le monde ou presque suivait cette idée. Le ministère avait beau prôner l'égalité des sangs dans ses papiers officiels, il en était tout autrement dans la vraie vie. Et là où Hellson voulait intervenir, c'était justement dans cette réalité. Les papiers officiels, ça ne servait foutrement à rien.

« Plus sérieusement, tu ne trouves pas qu'il serait temps que les choses changent, un peu ? Ça fait des années que le ministère se bat lamentablement contre ton vieillard de maître. Il a fait son temps, ils ont tous fait leur temps. Notre monde est un peu trop... conservateur à mon goût. Beaucoup trop. J'estime juste qu'il est grand temps de foutre un coup de pied au cul de l'institution magique qui se croit invincible. À tort. »

Estimant avoir répondu clairement à la question, il la regarda en haussant légèrement un sourcil et en continuant de fumer. Il n'allait quand même pas épiloguer pendant des heures sur sa prise de position, qui plus est en compagnie d'un mangemort qui ne risquait pas de comprendre.

« C'est pour ça que tu me traquais ? Pour me poser ce genre de questions ? Étonnant. »



darren
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Mer 11 Jan - 10:02
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[H-J : Je suis désolée, je n'arrive décidément pas à me résoudre à infliger à Jared une torture digne de ce nom xD Alors du coup, bah... je me rabats sur l'aspect imprévisible et changeant de la madame, qui fait qu'elle est venue pour s'amuser et qu'elle se retrouve à discuter, ce qui peut changer à n'importe quel moment...]

Les clopes, c'était plus ou moins mon pêché mignon. Enfin, non, pas vraiment. Disons plutôt que c'était ma drogue, et que je ne comptais pas me sevrer pour le moment. Je surpris son expression, lorsqu'il me vit en prendre une. Et je ne parvins pas à résister à la tentation de jouer les railleuses de service. Après tout, de tous les stéréotypes qui circulaient sur les Mangemorts, le seul qui s'appliquait à moi était l'aspect sadique du boulot. Le reste, je m'en contre-fichais pas mal. Tout ce qui portait sur la pureté du sang, la suprématie, ce genre de trucs, c'était franchement le cadet de mes soucis. « Mais qu'est-ce que tu fous dans leur camp, dans ce cas ? » me demanderez-vous. Eh bien la réponse est simple : j'avais choisi le seul camp qui me permettait d'assouvir ma vengeance en toute tranquillité. Tout simplement. Et puis, tout à fait accessoirement, être la seule à ne pas prêter attention au sang, c'était aussi une façon de me démarquer de mes parents, qui avaient passé toute leur existence à me rabâcher les oreilles avec leurs idées selon lesquelles les hommes étaient comme les chiens : mélanger les races entraînait l'altération de la plus puissante. Bah voyons ! Et pourquoi ne pas appliquer ce principe à tous les autres animaux ? L'exemple des chevaux à lui tout seul fichait en l'air toute cette belle théorie, puisque les éleveurs mêlaient les races afin d'obtenir des chevaux plus performants dans tous les domaines. Et hop ! Adieu la belle théorie de ma chère, tendre et affectueuse mère !
Rien que pour ça, j'avais décidé de ne pas faire comme tout le monde. Résultat, j'avais un ami Moldu barman avec qui je m'entendais très bien (et qui savait qu'il pouvait faire appel à mes services en cas de besoin), je jouais au billard et je fumais des cigarettes Moldues. Ouaip. Et alors ?


« Oui, je fume des cigarettes Moldues, et alors ? Si tu veux tout savoir, je bois leur alcool et j'ai un ami barman. Ça te pose un problème ? Après tout, ce sont eux qui ont inventé le tissu avec lesquels on fabrique les fringues, alors je vois pas ce qu'il y a de si... surprenant... »

Voilà, ça, c'était dit. Non mais vraiment ! Pourquoi est-ce que, parce qu'on est Mangemort, on n'aurait pas le droit de faire comme tout le monde ? Sérieusement ? C'était ridicule. Et puis, de toute façon, qu'est-ce qu'il en savait, de mes opinions, de mes désirs, de mes ambitions ? Rien du tout. Et si il avait su, je doute qu'il aurait accepté 1) que je sois Mangemort ou 2) que je sois en train de dire la vérité. C'était au choix. Et à vrai dire, je m'en fichais pas mal, de ce qu'il pouvait penser de moi. En fait, il y avait longtemps que j'avais cessé de me soucier de ce que les autres pouvaient penser de moi et que je n'en faisais qu'à ma tête. Alors je n'allais certainement pas faire une entorse à mes principes pour ses beaux yeux.
En revanche, ma remarque sur une éventuelle-hypothétique-bien-que-surprenante similarité entre nos camps sembla le rendre pour le moins songeur. Je le laissai à ses pensées, fumant tranquillement ma cigarette. Ce devait être un spectacle surprenant pour quelqu'un de l'extérieur : deux personnes assises de part et d'autre d'une pièce située à l'étage (dévasté) d'une maison de sorciers. On aurait presque pu croire à une petite discussion entre de vieux amis. Presque. Sauf que nous n'étions pas amis. Je ne l'avais jamais côtoyé avant ce soir, mais je me doutais qu'il pouvait m'apprendre bien des choses... ou en tout cas m'ouvrir de nouveaux horizons...


« Ne m'insulte pas en me comparant à lui, s'il-te-plaît. Révéler notre existence aux moldus ne veut pas forcément dire les écraser ou les dominer. C'est juste la vision étriquée qu'ont les mangemorts. Dis-toi simplement que je suis le guide du peuple des opprimés... ou quelque chose dans ce goût-là. »

Je haussai un sourcil dubitatif en entendant ses propos. Il était réellement obligé de faire des généralités, lui ? Rah, les hommes, j'vous jure... Je secouai la tête en riant doucement. Il avait mal interprété ma comparaison. Très mal, même. Je ne parlais pas des plans de Voldemort en soi, simplement du fait que pour les écraser, il fallait leur révéler notre existence. Il y avait une légère nuance, tout de même ! À moins que je ne sois en train de me mettre des oeillères ? Je ne m'attardai pas sur la question, tirant une bouffée sur ma cigarette et soufflant la fumée en direction du plafond avant de lui répondre.

« Tu as mal compris ce que j'ai dit, je crois. Je ne parle pas de la volonté de dominer ou ce genre de conneries (même si, à mon sens, tout ce bordel n'est jamais qu'une histoire de politique, pas vrai ?) mais simplement du fait que, pour dominer les Moldus, il faut leur révéler notre existence. Or que veux-tu faire ? Leur révéler notre existence. Là s'arrête la similarité, je pense. Sauf si on se penche sur l'aspect de la terreur... »

Je braquai mon regard droit sur lui, prenant le temps de fumer un peu avant de poursuivre mon raisonnement.

« Pas mal de monde craint le Lord à cause de ce qu'il est capable de faire... Mais ne penses-tu pas que les parents de tous ces élèves coincés au sein de Poudlard, sans aucun moyen de communiquer avec l'extérieur, sont paniqués à l'idée de ne pas avoir la moindre nouvelle, de ne pas savoir ce qu'il se passe ? Une autre forme de terreur, certes, mais cela reste de la terreur... Et il n'y a rien de pire, pour un parent, que de s'inquiéter pour son enfant. C'est d'ailleurs leur plus grande faiblesse. Là où il faut frapper pour obtenir ce qu'on veut... »

Cette dernière phrase, je l'avais prononcée plus pour moi que pour lui. C'était ce que ma mère avait fait. Frapper là où ça faisait mal. Résultat, j'étais devenue ce que je détestais le plus. Sauf que maintenant, ça me plaisait. Pire, même. J'y prenais goût ! Ça devait bien la faire marrer, elle, de là où elle était. Elle était pratiquement parvenue à obtenir ce qu'elle voulait de moi. Sauf que je ne partageais toujours pas ses ridicules opinions, malgré le camp que j'avais choisi. Par défaut.
Je regardais la lueur rougeoyante de ma cigarette d'un air songeur, avant de me sortir de cette torpeur et de revenir brusquement à la réalité.


« Et je ne pense pas que les parents te considèrent comme un guide, trésor. Vu le sort que tu as lancé, ils doivent d'agoniser d'injures et demander à ce qu'on leur livre ta tête sur un plateau d'argent. Faudrait que tu revoies ta stratégie, si tu veux être acclamé au lieu d'être pourchassé. »

Je lui adressai un léger sourire en coin, en prononçant cette phrase. J'avais beau ne pas avoir élevé d'enfant, je me doutais que pour les parents du genre protecteur, ou très complices avec leurs enfants, cette situation devait être intenable. J'étais bien contente de ne pas travailler au sein du Ministère ! Le nombre de plaintes qu'ils devaient recevoir par jour, les pauvres... Si cela n'avait pas eu pour conséquence directe de les amener à relâcher un peu la pression sur les Mangemorts, j'aurais peut-être pu les plaindre. Ou non. Je n'avais pas suffisamment de temps libre pour faire semblant d'éprouver de la compassion.

« Plus sérieusement, tu ne trouves pas qu'il serait temps que les choses changent, un peu ? Ça fait des années que le ministère se bat lamentablement contre ton vieillard de maître. Il a fait son temps, ils ont tous fait leur temps. Notre monde est un peu trop... conservateur à mon goût. Beaucoup trop. J'estime juste qu'il est grand temps de foutre un coup de pied au cul de l'institution magique qui se croit invincible. À tort. »

Ses paroles me laissèrent songeuse. Il y avait du vrai, dans ce qu'il disait. Je n'approuvais pas sa façon d'agir, mais les propos qu'il tenait étaient loin d'être dénués de sens. Et ça, c'était inquiétant. Par pour moi, mais pour le monde dans lequel nous vivions. Le monde de la magie, j'entends par là. À force de nous baser sur des acquis, nous n'étions plus fichus de voir le danger là où il était. Concernant mes agissements, ça m'arrangeait, mais l'ennui, c'est que moi-même je pouvais me laisser prendre au piège. Et ça, c'était dangereux. Très dangereux. Trop dangereux, en réalité !

« Tu n'as peut-être pas tort, dans tes idées, lâchai-je, encore perdue dans mes pensées. Que ce soit Dumbledore ou Voldemort, tous les deux ont fait leur temps. Mais malgré ça, ils restent les deux sorciers les plus puissants qu'on n'ait jamais connus. Ce qui les rend... disons... indétrônables. Ils sont deux symboles. Et un homme est plus facile à détruire qu'un symbole. Oui, notre système est archaïque, tout comme les symboles qui les incarnent, mais crois-tu vraiment que les Moldus nous ouvriraient grand les bras ? Ils détruisent ce qu'ils craignent ou ne peuvent comprendre ! Tout ce qui ne correspond pas à leurs idées, à leurs certitudes, tout ce qui sort de leur train-train quotidien les effraie, les rendant particulièrement instables, incontrôlables. Imprévisibles, donc dangereux. Ce serait un retour à l'Inquisition. On se ferait rôtir comme de vulgaires poulets. À titre personnel, ça ne m'enchante pas particulièrement. Réformer le système, je suis d'accord. Révéler notre existence aux Moldus, non. Cela reviendrait à signer notre arrêt de mort, et je n'ai aucune tendance suicidaire. »

Tout ce que je venais de lui dire, je le pensais. Oui, nous vivions bel et bien dans un système qui ne valait plus grand chose. Pour peu que le Seigneur des Ténèbres se décide à agir, le Ministère tomberait sans doute avec facilité. Un peu trop de facilité pour une institution qui se devait de préserver les intérêts des sorciers. Or, nous n'avions aucun intérêt à révéler notre existence aux Moldus. Je doutais fort qu'ils soient prêts à encaisser une telle nouvelle. Certes, certains sorciers ayant une ascendance moldue, ils savaient pour nous, mais il s'agissait là d'une partie de leur population, et certainement pas de la majorité. Les puissants nous verraient comme une menace. Une menace qu'il conviendrait d'éradiquer à tout prix, de peur qu'elle ne les évince et ne s'érige d'elle-même en une autre puissance, nettement supérieure à la leur. Car un homme qui a goûté au pouvoir refusera toujours de le lâcher à moins de s'y voir contraint. Et notre existence serait perçue comme un risque de contrainte. Une contrainte qu'ils tâcheraient d'éliminer avant qu'elle ne devienne trop présente.
Non, décidément, les Moldus n'étaient pas encore prêts à nous accepter parmi les leurs. Et la clandestinité était tellement plus amusante, parfois...
Hellson reprit la parole, me tirant de mes pensées.


« C'est pour ça que tu me traquais ? Pour me poser ce genre de questions ? Étonnant. »

Je lui lançai un regard moqueur.

« Quoi, tu n'as jamais vu un Mangemort se servir de son cerveau aussi bien que de sa baguette ? Ça, existe, pourtant. Si, si, j't'assure ! (je repris une expression plus sérieuse) Disons plutôt que... tu es un personnage pour le moins intriguant, Hellson. Je ne pourrais pas te dire si c'est un bon point pour toi ou non, en revanche. Tout ce que je sais, c'est que j'ai beau ne pas cautionner tes faits et gestes, tes idées ne sont pas stupides... Enfin, pas toutes. »

Je souris d'un air tranquille en prononçant cette dernière phrase. Oui, je persistais à croire que révéler notre existence aux Moldus était on ne peut plus stupide. Mais après tout, chacun a le droit d'avoir ses propres opinions, non ?
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Darren O. Hellson
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Dim 29 Jan - 18:13
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Hellson tapota encore sur sa cigarette pour faire tomber la cendre puis la porta à nouveau à ses lèvres pour continuer de fumer, dans ces gestes mécaniques et rodés des habitués. Il gardait les yeux rivés sur son adversaire qui était devenue son interlocutrice, de plus en plus intrigué par le personnage qui lui faisait face. Cela ne faisait plus aucun doute, elle était une mangemorte. Et pourtant... elle semblait avoir des attitudes, des habitudes et des manières de penser qui ne collaient absolument pas avec l'idée générale qui se dégageait du groupe des partisans de Voldemort. Ce qui était proprement fascinant, en vérité. Non pas que Darren pensait que tous ces dits partisans sans exception étaient de fidèles psychopathes à la solde de leur maître mais tout de même, c'était étonnant de rencontrer tel personnage. Et la jeune femme en rajouta une couche, lui demandant ce qu'il y avait d'étonnant à ce qu'elle fume des cigarettes moldues, ajoutant qu'elle buvait leur alcool et qu'elle avait un ami barman, de ce fait probablement moldu. Qui connaissait peut-être ses capacités magiques ? Voilà qui était diablement intéressant.

« Comme je partage tout à fait le même point de vue sur le sujet, je ne peux pas dire que c'est surprenant en soi, répondit-il tranquillement. Disons plutôt que ce qui est surprenant, c'est de voir ça chez un mangemort. Et disons aussi que ça ne colle pas trop à l'image véhiculée par la masse... même si je me doute parfaitement que des électrons libres doivent se détacher du lot. »

Était-ce cela qu'était la jeune femme en face de lui ? Un électron libre avant d'être une simple mangemorte ? Un électron libre qui se détachait considérablement du lot, qui volait de ses propres ailes en s'appuyant sur un groupe pour servir quelques intérêts connus d'elle seule ? Elle en avait tout l'air, en tous cas. Et c'était bien plus intéressant de tomber sur une personne comme elle qu'un simple psychopathe borné à qui il ne savait strictement à rien de parler. Hellson la considéra avec un intérêt curieux renouvelé, du coup, continuant de fumer distraitement et plus enclin à écouter attentivement ce qu'elle avait à dire. Aussi, lorsqu'elle avança l'idée qu'il n'ait pas compris ce qu'elle avait cherché à dire, il arqua légèrement les sourcils, non pas dans une expression dédaigneuse mais avec l'attention de celui qui est prêt à écouter attentivement pour mieux comprendre et rectifier ses erreurs. Il était quelqu'un d'ouvert, à la base, même s'il était trop obstiné dans ses idées. Il l'écouta donc et resta songeur, déviant le regard un instant et oubliant momentanément sa cigarette.

« Effectivement, vu comme ça, il y a peut-être une similarité... Mais elle s'arrête là où tu l'as dit. Mon ambition de révéler notre existence aux moldus sert d'autres buts que ceux de ton maître. Heureusement, d'ailleurs. »

Il avait ajouté cette dernière phrase sur un ton railleur, un peu ironique, mais pas vraiment mordant. Il n'en voulait pas personnellement au seigneur des ténèbres, ce dernier n'avait pas tué un membre de sa famille ou quoi que ce soit du genre. Non, c'était juste que ce personnage représentait un obstacle majeur et que Hellson en avait tout bonnement marre de vivre dans un monde où les autorités n'étaient même pas capables de lui régler son compte. Même Dumbledore n'y arrivait pas. Alors étaient-ils destinés, condamnés à cela ? Vivre éternellement sous la coupe de ces deux symboles, sans aucun changement ? Non. Il ne pouvait décemment pas accepter ça. Il ne vivrait pas comme ça. Il devait faire quelque chose. Ou tout du moins tenter. Au pire, il mourrait. Il resta songeur en se remettant à fumer, mais releva les yeux sur la jeune femme pour l'écouter. S'il pensait que les parents d'élèves étaient paniqués avec ce qu'il avait fait ? Bien entendu. Ce n'était pas par hasard s'il avait décidé de lancer un sort pour enfermer toute la jeunesse de Grande Bretagne sur un terrain aussi symbolique que Poudlard : un terrain inviolable, un terrain que les autorités étaient persuadées (visiblement à tort) de contrôler. Il se doutait bien que ça ne plaisait pas, qu'une très grande majorité voulait maintenant sa peau. Mais c'était une étape obligatoire dans l'élaboration de son plan. Comme disait son interlocutrice elle-même, c'était là où il fallait frapper pour obtenir ce qu'on voulait.

« Précisément. »

Il avait répondu à voix basse, songeuse, plus pour lui-même qu'autre chose. Un simple commentaire pour marquer le fait qu'il savait tout ça, et que c'était réfléchi. Il n'arriverait jamais à rien en se contentant de distribuer des tracts ou de manifester dans la rue, il fallait être réaliste. Il savait que les grands mouvements devaient passer obligatoirement par des choses déplaisantes, parce que pour atteindre, il faut frapper fort. Il le faisait en toute connaissance de cause. La jeune femme brune lui arracha un sourire, d'ailleurs, en lui faisant remarquer qu'il faudrait peut-être qu'il revoie sa stratégie s'il voulait être acclamé plutôt que pourchassé. Certes... Mais ce ne serait pas en jouant les bons samaritains qu'il arriverait à faire passer les idées qu'il voulait faire passer. Il était prêt à courir le risque de finir la tête servie sur un plateau d'argent à tous les parents d'élèves en colère.

Il tira une dernière fois sur sa cigarette puis écrasa machinalement le mégot sur le sol à côté de lui. La jeune femme lui parlait maintenant de ce qu'elle pensait au sujet de sa volonté de révéler le monde magique au monde moldu. Là encore, elle avait un point de vue pertinent. Hellson prit donc le temps de l'écouter sans l'interrompre avant de répondre, jouant distraitement avec le bas de son t-shirt, pensif.

« Je me doute parfaitement de tout ça. Mais par expérience personnelle, je sais que tous les moldus ne sont pas les mêmes. Il pourrait exister une coexistence entre nos deux mondes. Sauf qu'elle ne va pas se faire du jour au lendemain, j'en ai bien conscience. Mon but n'est pas d'aller toquer chez eux demain pour leur annoncer avec un grand sourire que la magie existe. Ils m'enverraient tout droit dans un asile... »

Avec humour et dérision, il se laissa aller à sourire à cette remarque. Il savait parfaitement que les moldus pouvaient être vraiment réfractaires à la magie. Lui-même en tant que né-moldu n'avait pas forcément était emballé par l'idée. Il ne comptait donc pas leur révéler de forcer l'existence du monde magique en deux temps trois mouvements, non. Il prendrait le temps de tout réformer dans le monde magique avant de s'essayer à voir plus loin. Tout devait se faire dans la progression.

Les dernières remarques de la jeune femme lui arrachèrent un nouveau sourire. Et bien, voilà qui n'était pas courant. S'il avait cru avoir une telle conversation un jour avec un mangemort... Non, il n'y aurait jamais cru.

« Je te retourne le compliment, ma grande. Même si je ne saurais pas non plus dire si c'est un bon point pour toi ou non, en sachant à quel camp tu appartiens. Ravi de constater que des personnages aussi intéressants puissent exister chez les mangemorts, en tous cas. Ce n'est pas plus mal, ça rectifie ma vision trop étriquée sur le sujet. »

Il était toujours prêt à revoir ses jugements. Bon, dans une certaine mesure seulement. Ce n'était pas pour autant qu'il allait commencer à trouver Voldemort sympathique ou qu'il allait cesser de se méfier. Mais à n'en pas douter, son interlocutrice était intrigante.



darren
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Mar 3 Avr - 21:50
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Je jetai mon mégot d'un air nonchalant sur le parquet, où il laissa échapper un mince filet de fumée, avant de s'éteindre doucement. L'odeur du tabac était prédominante, dans la pièce, mais ça ne me gênait pas. J'étais habituée, à force. Après tout, lorsque je passais la soirée chez moi, en règle générale, la pièce finissait comme un véritable fumoir. Mais là n'était pas la question. La question était de découvrir qui était véritablement l'homme en face de moi. Un simple perturbateur ? Un type qui se faisait plaisir en narguant le monde de la Magie ? Ou bien un réel politicien, qui voulait vraiment faire changer les choses, et non simplement faire parler de lui ? La question demeurait entière à mes yeux. Je n'étais pas particulièrement douée pour cerner les gens, et encore moins pour le cerner lui.

« Comme je partage tout à fait le même point de vue sur le sujet, je ne peux pas dire que c'est surprenant en soi. Disons plutôt que ce qui est surprenant, c'est de voir ça chez un mangemort. Et disons aussi que ça ne colle pas trop à l'image véhiculée par la masse... même si je me doute parfaitement que des électrons libres doivent se détacher du lot. »

Des électrons libres ? Tiens, tiens... Commençait-il à me cerner ? Plutôt étrange, d'ailleurs, quand on sait que quelques instants plus tôt, à peine, il m'avait ri au nez lorsque je lui avais dit n'agir qu'à mon propre compte. Ceci dit, avec ses ennemis, il valait mieux toujours se méfier. On n'était jamais trop prudent. Et un homme averti en vaut deux, paraît-il. Je ne pus néanmoins m'empêcher de lui lancer une pique.

« Electrons libres, hein ? Étrange... ce n'est pas toi qui t'es ouvertement foutu de ma gueule quand je t'ai dit n'agir que pour mes propres intérêts ? »

Je ne cherchais pas à me montrer blessante, ou à le blesser ou rien (il y avait d'ailleurs bien des façons beaucoup plus efficaces pour blesser quelqu'un), mais juste lui montrer qu'en prenant le temps de discuter avec les gens, on pouvait découvrir bien des choses, et revoir bien des jugements. Même s'il ne parlait pas forcément de moi, en prononçant ces mots, je voulais juste montrer qu'un électron libre parmi les mangemorts, c'était un type qui n'avait pas peur de mentir ouvertement à ses collègues pour chercher à se satisfaire lui-même avant de satisfaire me groupe. Et de ce point de vue-là, je dois reconnaître que je tenais beaucoup de ce genre de personnes. Mais bon, ne partageant pas une grande partie de leurs idées, je ne faisais pas réellement partie des mangemorts, pas vrai ? Et donc, fatalement, n'en faisant pas réellement partie, je ne pouvais pas être un électron libre. CQFD. Ceci dit, ce dernier détail, il ne semblait pas être totalement conscient du genre de personne que j'étais. Pouvais-je lui en tenir rigueur ? Pas le moins du monde. Ceci dit, il allait falloir qu'il comprenne que Voldemort n'était pas réellement mon maître.

« Effectivement, vu comme ça, il y a peut-être une similarité... Mais elle s'arrête là où tu l'as dit. Mon ambition de révéler notre existence aux moldus sert d'autres buts que ceux de ton maître. Heureusement, d'ailleurs.
-Qui te dit qu'il est mon maître ? Il est des illusions bien trompeuses, n'est-ce pas ? Quant à ton ambition, je me doute qu'elle ne sert pas les mêmes intérêts que Voldemort. De la part d'un né-Moldu, ce serait plutôt surprenant de le voir vouloir les écraser, pas vrai ? »


J'avais dit ça avec un petit sourire, montrant que le terme « né-Moldu » n'était pas une insulte, mais un simple constat. Après tout, j'aurais pu tout aussi bien le traiter de Sang-de-Bourbe, non ? Et là, ç'aurait clairement été une attaque personnelle. Sauf que, maintenant que j'avais réussi à capter son attention, je n'allais pas à nouveau m'en prendre à lui. Pas encore... Une chose était certaine, il était loin d'être demeuré ou inconscient. Tout ce qu'il avait fait, il y avait longuement réfléchi auparavant. Tout avait été prévu, planifié, préparé. Rien n'était dû au hasard. Il me le prouva avec un simple « Précisément » lorsque je lui signifiai que pour atteindre les parents, il fallait toucher les enfants. Hellson était loin d'être un sot. C'était une qualité que j'aimais à trouver chez mes adversaires. Une autre qualité que j'aimais, chez eux, c'était celle de pouvoir trouver leurs points faibles. Et si lui était parvenu à trouver celui d'une grande majorité de la population magique, cela ne signifiait pas qu'il était immunisé.

« As-tu des enfants, Hellson ? Sais-tu ce que c'est que de ne pas savoir ce qui se passe, de demeurer dans l'ignorance ? Connais-tu ce sentiment d'impuissance qui étreint tout parent dans le genre de situation que tu as créée ? »

Pourquoi je lui posais cette question ? Pour en savoir un peu plus, sur lui. Sur d'éventuels remords, une éventuelle gêne. Tout était bon à prendre, pour frapper là où ça fait mal. Du point de vue maternel, il ne pouvait rien contre moi, j'étais déjà blindée, mais l'inverse n'était pas forcément vrai.
Il n'était pas bête, je l'avais déjà constaté, mais il me le prouva une fois de plus par sa réponse au jugement que je portais sur ses actions.

« Je me doute parfaitement de tout ça. Mais par expérience personnelle, je sais que tous les moldus ne sont pas les mêmes. Il pourrait exister une coexistence entre nos deux mondes. Sauf qu'elle ne va pas se faire du jour au lendemain, j'en ai bien conscience. Mon but n'est pas d'aller toquer chez eux demain pour leur annoncer avec un grand sourire que la magie existe. Ils m'enverraient tout droit dans un asile...
-Dans un asile ? Ils te pourchasseraient avec des fourches, plutôt ! Ah, non, pardon, ça, c'était au moyen âge, quand on nous traquait pour nous faire rôtir comme un vulgaire sanglier. Ceci dit, cette méthode avait au moins un avantage : en hiver, les personnes qui vivaient dehors ne mouraient pas de froid ! »


Je souris brièvement à ma propre remarque. Détendre l'atmosphère. Donner une impression de vague confiance, de vague... disons, complicité, faute d'un meilleur terme. Pour l'heure, je ne le considérais pas comme un ennemi, mais comme une personne avec qui je discutais de politique. Une personne avec laquelle, pour le moment en tout cas, je n'avais pas le moindre différend. Pour un peu, je pourrais presque en venir à l'apprécier. Une chose était certaine, il m'intriguait. Je lui en fis la remarque, lui arrachant un sourire.

« Je te retourne le compliment, ma grande. Même si je ne saurais pas non plus dire si c'est un bon point pour toi ou non, en sachant à quel camp tu appartiens. Ravi de constater que des personnages aussi intéressants puissent exister chez les mangemorts, en tous cas. Ce n'est pas plus mal, ça rectifie ma vision trop étriquée sur le sujet.
-Je t'ai déjà dit, je n'appartiens à aucun camp. Et je crois que nous avons tous une vision trop étriquée les uns des autres. Tendance à juger trop vite, peut-être ? Ou alors à juger de façon trop générale, c'est au choix. »


Je me levai et m'approchai de lui, sa baguette dans une main, la mienne dans l'autre.

« Si je te rends ta baguette, tu comptes m'attaquer ou non ? »
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Darren O. Hellson
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Lun 9 Avr - 15:34
Hellson se contenta d'un sourire lorsque la jeune femme le rabroua quelque peu au sujet de l'électron libre, lui rappelant qu'il s'était foutu d'elle lorsqu'elle avait affirmé un peu plus tôt n'agir que pour ses propres intérêts. Et bien, il avait bien le droit de réviser son jugement, non ? Après tout, ils n'étaient pas partis sur de très bonnes bases, tous les deux. Il avait encore en tête la douleur infligée par le sortilège de douleur. Disons que ça avait quelque peu biaisé son jugement... Mais s'il était d'un naturel extrêmement borné, il était aussi un homme qui acceptait volontiers ses torts et qui était toujours prêt à revoir ses opinions. Bon, peut-être pas toutes, mais sur les gens, si. Il tritura distraitement une bague discrète qu'il portait à l'index et continua d'écouter son interlocutrice, approuvant d'un hochement de tête lorsqu'elle souleva le fait qu'il serait surprenant de la part d'un né-moldu de voir justement écraser les moldus à l'instar de Voldemort. C'était certain.

« Tout à fait. »

À force de s'être fait insulter durant toute son adolescence, il savait reconnaître lorsqu'on le traitait péjorativement de né-moldu ou lorsqu'on en faisait simplement le constat. Le terme de « sang de bourbe » était assez facile à deviner dans le genre péjoratif, il fallait dire. Et ici, comme la jeune femme ne l'avait pas employé, ça sonnait davantage comme un simple constat. Ce qui convenait tout à fait.

Il releva un genou et appuya nonchalamment ses mains dessus, calant un peu plus confortablement son dos contre le mur. Il ne comptait pas se relever tant que la jeune femme en face de lui n'aurait pas décidé que le temps de la discussion était terminé. Après tout, c'est elle qui tenait les baguettes. Il aurait été idiot de tenter quelque chose sur un coup de tête, surtout alors que la situation était devenue si intéressante et étrange dans son genre. Et elle continuait de l'être, de toute évidence. La question de la jeune femme le prit quelque peu au dépourvu sans qu'il n'en montre grand chose, arborant cependant un air un peu pensif. S'il avait des enfants ? Non. Enfin, officiellement. Il préférait se dire qu'il n'en avait pas. Parce qu'après tout, il ne pourrait jamais être un père pour Alec, ce gosse qu'il sait être le sien et qu'il a eu à peine l'occasion de voir dans sa vie. Il savait que la mère du gamin était morte l'année précédente et cela l'avait attristé comme lorsque l'on perd une lointaine connaissance de longue date, avec qui on n'a plus de contact mais dont on garde un bon souvenir. Il avait songé à rendre visite au gosse mais finalement, non, le plus simple pour ce dernier était encore de le garder loin de lui. Il n'avait certainement pas besoin d'un anarchiste recherché de tous les côtés comme père. Donc non, Hellson préférait se dire qu'il n'avait pas d'enfant. Il était le père de l'anarchie, c'était déjà amplement suffisant. Aussi, lorsqu'elle lui demanda s'il connaissait ce sentiment d'impuissance propre aux parents dont on arrache les enfants, il avait sa réponse toute prête.

« Pas du tout, en vérité, mentit-il avec le sourire. Mais disons que je peux le deviner et que je m'en sers à mon avantage, même si cette méthode est loin d'être honorable. Mais je ne me suis jamais vanté de l'être. »

Il savait que beaucoup de parents d'élèves le détestaient pour le sort qu'il avait lancé et il comprenait cela. Mais ce n'était pas ces gens qui l'intéressaient. Non, ceux qui l'intéressaient, c'était plutôt les rares qui sauraient voir au-delà de tout ça. Ceux qui malgré tout, resteraient intéressés. Ceux qui dans l'avenir, représenteraient à coup sûr des éléments stables et fiables sur lequel il pourrait compter. Et c'était tout ce qui comptait. L'air pensif, Darren porta un regard interrogateur sur la jeune femme.

« Aurais-tu un enfant dans le château pour en parler en ces termes ? »

Il le demandait tranquillement, plus par curiosité polie qu'autre chose. Peut-être que la jeune femme était effectivement mère et que son enfant était coincé avec tous les autres dans le château. Il avait plutôt tendance à penser que si ça avait été le cas, elle en aurait sûrement profiter pour lui lancer plus d'un doloris et lui faire payer. À moins qu'elle soit de ce genre d'élément, qui savait voir au-delà. Ou alors, plus simplement, elle n'était pas mère mais se mettait juste à leur place en posant ces questions. C'était encore ce qu'il y avait de plus crédible.

La remarque sur les moldus qui ne mourraient pas de froid au moyen-âge grâce aux sorciers qu'on faisait brûler sur des bûchers arracha un rire léger à Hellson, alors que techniquement, ça n'avait rien de drôle. Rire à la blague cynique d'un mangemort... Pourquoi pas. C'était ce genre de coup de pied qu'il voulait donner aux clichés et aux idées reçues. Le monde était prêt au changement. Il n'attendait que ça. Lorsque la brune lui fit une remarque très juste au sujet de la tendance naturelle de l'homme à juger trop vite ou de manière trop générale, il eut un hochement de tête. Et lorsqu'elle s'approcha de lui avec une baguette dans chaque main, il l'observa en haussant légèrement un sourcil. Elle s'apprêtait à lui rendre sa baguette ? Voilà qui était étonnant. Ou peut-être pas, en fin de compte, allez savoir. Il eut un léger sourire en coin pour répondre à sa question.

« Non, c'est bon. Je n'ai pas très envie de me prendre un autre doloris. »

Par contre, il transplanerait probablement très vite. La jeune femme avait beau avoir attisé sa curiosité, il n'en restait pas moins prudent. Il ne devait pas oublier qu'elle était mangemort et que lui, était recherché. Il imaginait déjà le savon que lui passerait Siméon en apprenant qu'il s'était tapé la discute avec un mangemort qui l'avait attaqué au lieu de s'enfuir tout de suite. Donc oui, il fuirait. Mais non, il ne l'attaquerait pas. Si elle acceptait de lui rendre sa baguette, c'est qu'elle ne l'attaquerait pas non plus, pas vrai ?



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Mar 1 Mai - 12:58
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Un proverbe dit qu'il faut toujours tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Ma connerie m'avait souvent conduite à demander « la bouche de quiiiiiiii ? » mais cette fois-ci, je n'étais pas d'humeur à amuser la galerie. J'avais commis une bourde, en parlant de gosses. Et une belle. J'avais raté une occasion de me taire. Une fois de plus. Quand j'avais froidement exécuté mes parents, je m'étais promis de tourner la page, de laisser le passé derrière moi, pour me concentrer exclusivement sur l'avenir. Le temps m'avait montré que ce n'était pas aussi simple que ça. Alors je m'étais contentée de faire preuve de prudence, de ne jamais mettre quiconque au courant. Et fatalement, il avait fallu que je réagisse comme la dernière des mères poules avec cette histoire de sortilège et d'élèves livrés à eux-mêmes dans Poudlard. Quelle imbécile ! Pourquoi ne pas tout lui dire, tant que j'y étais, histoire de lui donner le bâton pour me faire battre ? Après tout, il avait parfaitement compris le système ! Et sa réponse m'apprit qu'il le comprenait, sans pour autant le subir.

« Pas du tout, mais disons que je peux le deviner et que je m'en sers à mon avantage, même si cette méthode est loin d'être honorable. Mais je ne me suis jamais vanté de l'être. Aurais-tu un enfant dans le château pour en parler en ces termes ? »

Je ne répondis pas immédiatement, me contentant de sourire légèrement tandis que je grattais le sol de mes ongles. Une petite voix m'intimait de lui mentir effrontément et avec aplomb. Comme si j'allais lui balancer la vérité ! Bien sûr, que j'allais mentir ! Plutôt deux fois qu'une, même...

« Tu trouves que j'ai l'air d'une femme à l'instinct maternel surdéveloppé ? Ma vie est suffisamment remplie pour ne pas avoir besoin d'y ajouter des mioches qui gambadent partout en piaillant à qui mieux mieux. »

Dans mon esprit, le mot mensonge clignotait en rouge. Oui, c'était un putain de mensonge, que je venais de lui raconter là. Enfin, pas à cent pour cent, mais quand même. Que ma vie soit remplie, c'était la vérité. Que je n'aie pas d'instinct maternel... C'était une question sur laquelle je n'avais pas suffisamment eu le temps de me pencher durant les six mois où je m'étais démerdée tant bien que mal pour tenter d'offrir un semblant de vie à mon fils. Que je n'aie pas besoin d'entendre les rires des enfants... Mieux valait que je ne me penche pas sur cet aspect des choses. Le résultat risquerait de ne pas être fameux. C'est pourquoi, histoire de changer de sujet et parce que la nuit n'était pas encore achevée, je me levais et proposai de lui rendre sa baguette, lui demandant s'il comptait m'attaquer.

« Non, c'est bon. Je n'ai pas très envie de me prendre un autre Doloris. »

Je souris légèrement tandis que je levais sa propre baguette. Sauf qu'au lieu de la lui rendre tout de suite, je prononçai mentalement la formule du sortilège cuisant. Ma baguette traça une courbe en sifflant, tandis que je visais sa joue.

« Il faut sauvegarder les apparences, trésor. »

Je souriais en disant ça. Puis, je lâchai sa baguette. J'avais déjà transplané lorsqu'elle toucha le sol.

Debout sur le perron de la maison, je jetai un regard amusé en direction de la pièce dont je venais de disparaître. La nuit n'était pas encore achevée, et j'avais bien des choses à faire.
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Darren O. Hellson
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Mar 1 Mai - 18:42
La réponse de la jeune femme au sujet de son point de vue sur les enfants n'étonna pas vraiment Hellson. Au contraire, il aurait justement été surpris si elle avait tenu un discours tout à fait différent. Non, en apparences, elle donnait tout à fait cette impression d'indépendance qui seyait aux femmes sans attaches familiales. Après, les apparences ne restaient que des apparences, mais pour le moment, l'anarchiste ne voyait pas l'intérêt de chercher plus loin. S'ils étaient en train de prendre un café sur une terrasse en bavardant gaiement, encore... Mais ce n'était pas le cas, alors il n'avait pas vraiment de temps à perdre avec ce genre de questions.

Il avait plutôt son attention entièrement focalisée sur sa baguette, qu'il voyait dans la main de l'ennemi. Enfin, il lui restait à voir si cette grande brune était définitivement et totalement une ennemie, ou si elle était quelque chose de plus complexe que ça. Il penchait d'ores et déjà pour la deuxième option, mais ennemie ou non, une personne restait toujours imprévisible. Il le savait, et pourtant, il ne put prévoir ce qui arriva ensuite. Forcément, d'un côté : on ne pas prévoir l'imprévisible... Il vit le mouvement de baguette, puis sentit aussitôt une douleur cuisante au niveau de la joue qui le fit grimacer. Non, elle n'avait quand même pas... Ce n'était pas un doloris, c'était certain. Il n'eut pas le temps de réagir ; après quelques derniers mots, elle transplana. Sa baguette émit un tintement en touchant le sol, et il s'empressa de la récupérer d'un geste pour bondir sur ses pieds et enfin se relever, les sens aux aguets.

Il n'avait pas confiance et s'attendait presque à voir débouler toute une armada de mangemorts dans les secondes à venir. Néanmoins, il ne transplana pas tout de suite. Il y avait cette douleur qu'il avait au visage et il craignait de comprendre quelle sorte de sortilège lui avait lancé la jeune femme avant de partir. Elle n'aurait quand même pas osé, hein ? Si ? Il dépassa les décombres amassées à l'endroit où se trouvait quelques instants plus tôt la porte de la chambre, puis entra dans la salle de bains. En voyant son visage dans la glace, il ne put s'empêcher d'avoir l'air considérablement choqué et offusqué – ce qui n'arrangea strictement rien au fait que la brune lui avait lancé un sortilège cuisant. Un sortilège cuisant, à lui, LUI ! Non mais quelle gueule il avait, avec ça ! Une véritable horreur...

« Sale garce... »

En fin de compte, il aurait préféré un dernier doloris pour la route. Parce qu'au moins, même dans la douleur, il gardait sa belle gueule intacte. Pas vrai ? Tandis que là... Non vraiment, quelle garce, quelle garce. Hellson marmonna encore quelques injures entre ses dents avant de se reprendre avec un profond soupir. Arrêtant une seconde de penser comme un adolescent de quinze ans, il revint sur son jugement et s'estima chanceux de s'en tirer seulement avec la gueule amochée par un sort. Surtout qu'il connaissait le contre-sort de cette connerie de maléfice, alors ce n'était pas vraiment un problème en soi, si ce n'est qu'il fallait quelques minutes pour que le visage dégonfle totalement. Mais tout de même...

Il commença par ça, pointant sa baguette sur son propre visage sans prononcer de formule. Il sentit une fraîcheur caractéristique se répandre dans son visage, et il se détourna du miroir le temps d'aller s'occuper du reste de la petite maison. À la base, les propriétaires n'étaient pas censés être au courant que l'homme le plus recherché du pays avait créché quelques jours chez eux... Et il valait mieux qu'ils l'ignorent en revenant. Avec quelques mouvements de baguette, Hellson répara le bois de la porte et la remit sur ses gonds. Il en fit de même avec tout ce qui avait été endommagé dans l'habitation, avant de faire disparaître ce qu'il restait de ses affaires personnelles. Lorsque tout fut remis en ordre, il prit le temps de réfléchir et retourna dans la salle de bains le temps de constater que son visage avait retrouvé sa forme normale. Et maintenant ? Maintenant, il avait quelques affaires à régler. Et voir Siméon, pour lui parler de tout ça. Peut-être en omettant cette histoire de sortilège...

À son tour, il disparut.



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