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Le pouvoir attire le pouvoir [Alice]

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Jeu 10 Mai - 12:26
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Un rideau de lumière, une cascade de diamants, un voile de neige...

Je jeune homme se plaisait à donner de nouvelles appellations à sa nouvelle coiffure. Assis, il contemplait son reflet dans le miroir depuis un petit moment comme un bon narcissique. Derrière son image, celle d'une fille de son âge lui passait la main dans sa masse capillaire. Les deux visages satisfaits souriaient. Cette décision avait été imposée, car après qu'il se soit jeté de legilimancie à lui-même, l'expérience avait été tellement violente qu'elle lui avait blanchi plusieurs cheveux. Cependant, le stress, les hallucinations et cette dégradation physique ne l'avaient pas empêcher de réitérer aussitôt l'opération à plusieurs reprises. Ainsi, au bout d'une bonne heure, ces trop longs cheveux noirs étaient zébrés de blanc un peu partout. Il n'aurait aucune classe avec une telle allure, et personne ne l'aurait pris au sérieux. Il demanda donc à une Serpentard douée en coiffure de lui arranger cela, tout d'abord en réduisant et harmonisant la longueur, puis en les unifiant tous sous une couleur identique. Il choisit l'éclat vif au lieu de l'obscurité profonde pour symboliser son éveil. Son éveil à ses nouvelles capacités mentales. Toutefois, la pauvre avait eu bien du mal à faire s'assoir l'ancien préfet-en-chef devant une glace. Ce dernier était toujours traumatisé de la vision horrifiante qu'il avait eu lors de sa première expérience volontaire. Il avait beau avoir compris que ce monstrueux visage était une représentation de son surmoi, cela n'en demeurait pas moins la personnification de tout ce qui le terrifie.

Heureusement, Aaron n'avait pas été victime d'autres hallucinations après ses expériences. Mais encore effrayé, son rythme cardiaque n'était toujours pas à la normale. Il réalisa qu'il ne pourrait pas continuer à s'exercer sur lui-même. Un homme ne possédait pas aucune défense mentale face à soi-même. Il devait donc mettre des proches dans la confidence pour qu'il puisse s'en servir de cobayes. Le choix n'allait pas être compliqué, il n'y avait qu'en Gayan et David qu'il avait suffisamment confiance, à la fois pour tenir cette révélation secrète et accepter de se faire sonder l'esprit. Ils désireraient certainement une compensation, mais il avait de quoi leur fournir. Toutefois,il ne leur dirait rien à propos de sa correspondance avec Gossip Feather. Cet atout, il voulait le conserver pour lui seul. Peu importe que cela soit un ou une élève, ou un groupe de personne. Cela pouvait être un bon allié. Il restait Alice,ce qu'elle lui avait révélé au terrain de Quidditch...Ce qu'elle allait lui dire tout à l'heure. Il n'avait pas cesser d'y réfléchir. C'était tout à fait vraisemblable. Un élève assez doué peut tout à fait devenir un animagus. L'idée avait pu lui traverser l'esprit auparavant, mais sans quoi ce soit pour l'étayer, il s'était contenter de rechercher une panthère. Désormais, il attendait l'entrevue de ce soir pour élaborer de nouvelles méthodes.


- Tu ne m'as toujours pas dit comment ils étaient apparus !


La jeune femme sortit brusquement Aaron de ses pensées. Il était resté évasif lorsqu'elle lui avait demandé cela pour la première fois. Il réfléchit quelques secondes, puis affiche un sourire amusé.

- Je crois que je m'en suis beaucoup trop fait pour cette école.

L'avantage d'avoir des cheveux longs et blancs et qu'ils atténuaient à la fois la maigreur et la pâleur de son visage, lui donnant légèrement l'air d'être en meilleur santé. Le Serpentard jeta un coup d'œil à sa montre en or posée devant lui, il avait à peine le temps de se changer s'il ne voulait pas être en retard à son rendez-vous. Au moins, il était certain d'être bien coiffé. Aaron congédia donc sa coiffeuse d'un jour, sans avoir pris la peine de retenir son prénom, pour se précipiter dans son dortoir afin de mettre des vêtements qui n'étaient pas couverts de cheveux. Il choisit une chemise en soie d'un noir absolu, qu'il rentra dans un costume marron foncé. Sa ceinture en cuir noir de Magyar à pointes sertie d'un fermoir de platine était donc visible. Une bague représentant deux serpents d'or blanc aux yeux de rubis à son index gauche, et une opale noire parfaitement sphérique sertie dans un écueil ouvragé et attachée en pendentif par une chaine d'un même or blanc.

Le blanc devait être mis en valeur.

Cette rencontre pouvait être le début d'une longue et fructueuse alliance entre les maisons Sullivan et Kingfell. Il ne pouvait donc pas s'y présenter les mains vides. Il avait sélectionné trois des plus chers bijoux qu'il possédait à Poudlard, et compter les offrir à Alice en gage de bonne volonté. Il les avait placés dans un petit coffre qu'il avait lui-même mis dans une mallette, plus anodine. Un peu de parfum, et il était prêt, il sortir donc du dortoir pour se rendre au lac.

Cependant, à l'entrée de la salle commune, il croisa un visage familier, celui de son frère, Ulrich. Aaron allait lui demander ce qu'il faisait là, lorsqu'il sentit quelqu'un lui empoigner fermement le bras gauche, puis en suivant quelqu'un lui porta un balayage par l'arrière qui le mis à terre. Il n'eut pas le temps de réagir que ses mains et ses chevilles furent piétinées pour l'empêcher de bouger. Il avait l'impression que tous les os de ses doigts allaient se briser, la douleur lui mettait les larmes aux yeux. Il poussait des grognements furieux. Il ne pouvait même pas saisir sa baguette pour se défendre...

- Bordel mais qu'est-ce que tu fous ?

Pour toute réponse, Ulrich s'avança vers son frère, dos contre terre, et écrasa violemment son ventre à maintes reprises. Le souffle coupé sans arrêt, Aaron avait beaucoup de mal à reprendre sa respiration. A peine arrivait-il à absorber une brève bouffée d'air que la chaussure de son frère revenait brutalement blesser son faible ventre creux. Ensuite, il changea de façon de procéder en lui assénant de violents coups de pied dans les côtés. Par le soucis de justice qui semblait régner au sein de cette famille, il s'en pris au droit comme au gauche. Enfin, le jeune homme brun au physique d'athlète se pencha vers le plus frêle des Kingfell.

- Là tu payes ton petit speech dans la Grande Salle. Ce genre d'attitude ne sied guère à un bâtard. Toi tu rampes par terre et tu te lèves uniquement quand on te l'ordonne. Je suis l'héritier de la famille ! Ma mère pense que c'est mieux pour les affaires que ce soit toi ? Je suis un Kingfell, toi non. Sois tu te retires de toi-même, soit je m'arrange pour que tu ne portes plus aucune gloire.


Aaron y voyait flou, ses iris ruisselaient de larmes, mais entre deux cris de douleur, il parvint à articuler quelques mots.

- Prends t'en à elle, pas à moi ! Je n'y suis pour rien !

Ce qui était l'entière vérité. Personne ne l'aidait, les Serpentard n'étaient pas forcément les élèves les plus solidaires mais tout de même... Si au moins il y avait un membre de la brigade, mais ils avaient du soigneusement préparer leur action en profitant d'un instant où tous ceux qui auraient pu potentiellement l'aider étaient éloignés.

Ulrich saisit la baguette de son frère, la frotta dans son entre-jambe, et la rentra vigoureusement dans la bouche d'Aaron, en lui pinçant le visage,lequel la recracha aussitôt.


- C'est le premier avertissement, ne tente pas de répliquer.


Aucune inquiétude pour l'instant, il n'était absolument pas en état, tout son corps lui faisait extrêmement mal. Le groupe d'agresseurs avait largement eut le temps de partir avant qu'il ne puisse bouger correctement un seul de ses membres. Il venait d'être humilié devant plusieurs élèves de sa maison, la nouvelle n'allait pas tarder à faire le tour du château. Il devrait répondre pour ne pas perdre toute crédibilité, mais plus important que cela, il ne laisserait pas Ulrich compromettre l'avenir de sa famille.

Par chance, après vérification, Aaron put constater qu'ils n'avaient pas toucher à la mallette, les bijoux étaient donc intacts. Endolori, après s'être brossé les dents, repeignait, et avoir nettoyé sa baguette, il reprit doucement le chemin du lac.

Il y arriva finalement enfin, il comptait sur la tombée de la nuit pour le couvrir. Une silhouette était déjà au bord de l'eau, après tout, ce fâcheux imprévu l'avait mis en retard.


- J'ai eu un léger contre-temps, dit-il sombrement à la jeune femme. Mais je pense cependant avoir de quoi ouvrir dignement cette entrevue.

Il déposa la mallette, puis pris le coffre et le tendit à Alice. Une fois que le coffret fut ouvert, il décrit les présents.

- Une broche, constituée d'un émeraude taillé en forme de serpent, sur lit de nacre, de perles et d'or blanc. Une bague en or jaune, sertie de deux diamants entourant un rubis, puis mon favori: une autre broche, en forme de plume cette fois-ci, réalisée intégralement en opale noire sertie d'éclats de cristal,de telle sorte qu'à la lumière elle reflète une infinité de nuances de couleurs.

Si la soirée avait très mal débuté, il était toutefois certain que ce rendez-vous commençait sous d'excellents auspices.
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Alice Sullivan
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Jeu 10 Mai - 17:51
Alice s'ennuyait. D'accord, elle n'était pas arrivée depuis longtemps mais c'était dans sa nature relativement impatiente : elle détestait attendre. C'est pourquoi d'ailleurs elle mettait toujours un point d'honneur à arriver en retard aux rendez-vous qu'on lui fixait, ne serait-ce que parce qu'il n'y avait probablement rien de plus distingué pour une fille que de se faire attendre. Elle avait donc prévu son coup, et avait pris tout son temps pour se changer avant de se rendre au bord du lac en retard, mais elle avait été désagréablement surprise de constater qu'Aaron n'était pas encore là. Il était décemment trop tôt pour qu'il soit déjà parti et de toute façon, vu la révélation qu'elle avait à lui faire, elle savait pertinemment qu'il l'aurait attendue. Donc non, il n'était pas encore arrivé. En soi, ce n'était pas vraiment dérangeant. Ce n'était pas comme s'ils avaient encore des emplois du temps à suivre, tous, et Alice n'avait pas grand chose à faire de mieux actuellement. Depuis qu'elle avait levé Alexander Black de son chantage, elle n'avait plus à jouer la comédie du couple qui, si elle lui avait plu au départ, lui était bien vite apparue exécrable. Elle avait ainsi plus de temps pour elle, ce qui était bien mieux, puisque la personne qui l'importait le plus au monde, c'était elle-même.

La chaleur était arrivée avec le mois de juin, et même si à la tombée de la nuit, il faisait plus frais, le temps restait terriblement agréable. C'était un bon point : s'ils avaient été en hiver, Alice n'aurait même pas fait l'effort d'attendre le Serpentard plus de quelques minutes qui se comptaient sur les doigts d'une main. Mais ce soir, ça ne la dérangeait pas tellement. L'air était doux et les alentours, calmes. Elle avait toujours apprécié le calme dans Poudlard : elle détestait cette école, tous ces élèves encore plus, et ne l'appréciait que la nuit, lorsque les couloirs étaient vides, ou alors dans des moments comme celui-ci, où les environs du lac étaient paisibles et vides de présence humaine. Le tissu de sa robe couleur ivoire, resserrée à la taille pour la mettre en valeur et s'évaporant sur les hanches jusqu'aux genoux dans un désinvolte et élégant tombé de tissu, était léger. Les manches courtes étaient brodées de minuscules perles noires sur les bords, tout comme sur l'encolure de son décolleté. Elle avait songé à emporter un gilet en lin noir avant de sortir, mais s'était dit que ce serait à Aaron de lui prêter sa veste au besoin puisque après tout, c'était lui qui voulait les renseignements qu'elle allait lui donner. Elle l'avait donc finalement laissé au milieu de toutes ses affaires qui encombraient le dortoir qu'elle partageait désormais uniquement avec des amies de confiance – c'est-à-dire des filles comme Jesse-Rose et Selena, pas des filles comme Eden Swan. Elle avait également songé à porter des talons hauts, le sort d'enfermement lancé sur le château présentant au moins l'atout de pouvoir désormais s'habiller comme on le souhaitait, mais elle avait finalement opté pour des talons moins hauts puisque le terrain au bord du lac pouvait être quelque peu inégal. Elle avait laissé ses cheveux blonds libres dans son dos et attendait plus ou moins patiemment au bord de l'eau, les pensées vagabondant, lorsqu'elle le vit arriver enfin.

Elle haussa un sourcil en voyant la nouvelle coupe de cheveux qu'arborait Aaron mais ne fit aucun commentaire pour le moment, se contentant de le suivre du regard alors qu'il arrivait et esquissant un sourire ironique au coin de ses lèvres lorsqu'il l'informa avoir eu un léger contre-temps.

« Et dire que j'ai fait exprès d'arriver en retard pour que ça fasse distingué... »

Elle ne lui en voulait pas vraiment, se fichant de cette histoire au final, et s'intéressa plutôt à la mallette que tenait le jeune homme et qu'il eut tôt fait d'ouvrir. De quoi ouvrir dignement cette entrevue ? Intriguée, elle se pencha légèrement en avant comme pour mieux distinguer le coffret qu'Aaron sortit de la mallette.

« Qu'est-ce que c'est ? »

Tout en posant la question, plus inutile qu'autre chose, elle s'empara déjà du coffret pour l'ouvrir, comme si c'était un dû légitime. Le scintillement des bijoux finement ciselés qui reposaient à l'intérieur se refléta sûrement dans les pupilles d'Alice. Elle écouta distraitement le descriptif d'Aaron, tendant une main pour s'emparer d'une des broches, la première, avec l'émeraude en forme de serpent, et la fit tourner lentement entre ses doigts. Elle comprit instantanément que c'était un présent et l'idée, comme c'était prévu, la rendit extrêmement satisfaite. Elle faisait partie de ces filles qui ne résistaient pas aux cadeaux qu'on leur offrait, tout du moins si ces cadeaux étaient des bijoux extrêmement chers comme ceux qu'elle avait présentement dans les mains. Alice adorait toutes les parures, tous les vêtements chics, toutes les robes seyantes, tous les nobles bijoux, toutes ces choses qui vous conférez aux yeux du monde une image aristocratique et élégante de richesse. Elle savait que sa famille était davantage considérée comme des espèces de nouveaux riches ayant particulièrement réussi leur vie et ayant la chance d'être une lignée de sangs-purs, préférant les villas modernes aux nobles manoirs familiaux, si bien qu'elle ne crachait jamais sur toutes les parures et toutes les attitudes qui pourraient conférer une image plus noble à son nom. Et puis, elle aimait qu'on lui offre des cadeaux dignes d'elle. Voilà qui compensait tous les retards du monde ! Avec un sourire entendu, elle remit la broche en place et releva les yeux sur Aaron.

« Ma foi, tu sais parfaitement comment acheter une femme, pas vrai ? Ton retard est tout pardonné. Ça me plaît. »

Le ton léger, elle s'empara de la bague sertie d'un rubis entouré de deux diamants et l'enfila à son doigt, levant la main pour jauger le rendu d'un œil expert. L'image sembla lui plaire car elle baissa la main en gardant la bague et eut un nouveau sourire en coin, haussant un sourcil.

« Ceci dit, trois bijoux, c'est un peu limite. Pour un retard aussi conséquent, il en aurait au moins fallu deux de plus, très cher. »

Elle contempla la dernière broche en forme de plume un moment, presque distraitement, puis referma le coffret pour accorder son entière attention au Serpentard. Après tout, ils étaient là pour parler affaires.

« Mais parlons de choses sérieuses. C'est quoi cette horreur qui te sert de nouvelle coupe de cheveux ? »



    Lay me down on thorns and roses
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Ven 18 Mai - 1:47
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Aaron prit le temps d'observer les alentours, principalement pour s'assurer qu'il n'y avait aucun intrus dans les environs. Heureusement, ce n'était pas les cas, ils ne seraient au moins pas dérangés, sauf éventuellement par le calmar, mais il s'agissait d'une très faible probabilité, trop pour être prise en compte. Cependant, autre chose gênait le Serpentard. L'air était doux, mais il lui paraissait agressif, il faisait encore tiède, mais la légère brise qui perdurait lui donnait l'impression de courir le long de ses hématomes et de ses contusions. Son corps terriblement affaibli semblait victime de la température et du vent. Une douleur faible mais lancinante se répandait progressivement sur le corps du jeune homme, s'accumulant avec celle qu'il ressentait déjà. C'était regrettable, puisque le cadre était très agréable. C'était une belle nuit, et un coin qui pouvait être romantique, ou du moins qui le serait s'il était fréquenté par des personnes qui l'étaient elles-même, ce qui était très loin d'être le cas en ce moment. Toutefois... Un ciel d'un noir infini parsemé d'étoiles qui resplendissaient tels des diamants, reflétant leur éclat dans le lac paisible à leurs côtés. Enfin, une jeune femme magnifique, dans une tenue très seyante.

Mais Alice n'avait rien d'une princesse de conte de fées, elle était bien mieux que cela. Elle était égoïste, égocentrique, complètement centrée sur elle-même, à l'affut de ce tout ce qui pouvait la contenter, du plaisir le plus ambitieux au plus vain. Ces derniers se traduisaient souvent par des moqueries lui procurant un sentiment éphémère de satisfaction. Il s'agissait certainement de ce qui les différenciait le plus. Tandis qu'il s'efforçait de tout voir uniquement sur le long terme, elle donnait l'impression de se préoccuper uniquement des petits plaisirs de l'instant. Aaron espérait bien pouvoir faire surgir l'ambitieuse Sullivan pour un projet à plus long terme que la question d'humilier quelqu'un pour de la simple satisfaction personnelle. La jolie blonde s'était déjà moqué de lui à plusieurs reprises, en évoquant notamment la nature de son sang. Il ne s'étonna donc guère qu'elle de l'apparent désintérêt qu'elle porta à ses présents, mais surtout qu'ellelui fasse une remarque déplaisante sur sa nouvelle coiffure, à vrai dire, il s'y attendait. Toutefois, la façon dont elle avait introduit sa médisance l'avait instantanément sidéré. D'une telle façon qu'il la fixa quelques secondes avec des yeux éberlués. Finalement, il ne put empêcher un large sourire d'émerger sur son fin et pâle visage.

Il s'avança d'un pas vif dans la direction de la demoiselle, qui lui causait d'intenses douleurs dans les jambes, mais qu'il s'efforça de ne pas montrer. Ses lèvres s'étirant toujours à cause de la remarque de celle-ci.


- Saleté de petite vipère parvenue même pas capable de tenir son mec en laisse.

Il débita ces mots en s'esclaffant presque. D'ordinaire, il demeurait insensible aux insultes, se contentant d'argumenter à l'encontre de celles-ci, comme tout homme de pouvoir ferait. C'était une qualité indispensable pour des politiciens de haut rang, et il le savait bien. Les chefs d'états et autres personnages d'un rang équivalent sont ceux qui sont le plus souvent les victimes de caricatures, diffamations, et le plus trainés dans la boue. S'il ne savait pas conserver son sang-froid face à cela, il pouvait dire adieu à la carrière à laquelle il aspirait. Cependant, ici, la situation était différente. Tout d'abord, l'injure provenait d'Alice, et connaissant la personne, il n'y prêtait plus véritablement attention. Il devait toutefois reconnaître qu'elle avait un véritable don pour les amener, elle devait donc en être félicitée.

- Enfin... Ma foi, si ta langue est aussi affutée et bien maniée dans toutes les circonstances, je crois que ma ceinture va rapidement un peu trop me serrer, prononça-t-il lorsqu'il se trouva à juste quelques centimètres de la sixième année.

En disant cela, il afficha en direction de son interlocutrice un regard très évocateur et un sourire carnassier. Cela ne le gênait absolument pas de la provoquer, au contraire.

- Puis de cette façon, tu ne verrais même pas mes cheveux ! Ajouta-t-il en plaisantant et en s'éloignant un peu.

Il était peu banal que le riche héritier se laisse aller à la plaisanterie grivoise, même lorsqu'il était incité par David et Gayan. Mais après tout, c'était en présence de membres de la gente féminine que ce genre de blagues étaient le plus appréciables, car c'était dans ces circonstances qu'elles donnaient les réactions les plus intéressantes, qui en révélaient beaucoup sur les personnes présentes.

En outre, il était indéniable que la peste blonde était d'une grande beauté, qu'elle savait très bien mettre en valeur. L'amour, ce n'était que des foutaises, un moyen de se croire riche lorsqu'on ne l'est pas. En revanche la luxure, c'est une véritable source de plaisir assurée, du moins avec un bon partenaire. Depuis sa rupture, Aaron avait négligé les besoins de son corps pour se concentrer dans son ambition, et sa mission. Il avait négligé son corps, entièrement. Il ne lui apportait ni sommeil, ni nourriture, ni sexe. Ces trois fondamentaux constituaient la totalité de la vie d'un grand nombre d'animaux, il l'avait surtout remarqué chez les chats. Il en était de même chez les humains, du moins chez ceux se situant en bas de la hiérarchie sociale, ils y ajoutaient juste la contrainte d'un travail abrutissant, et la télévision pour les moldus. Il considérait les êtres supérieurs comme capables de dépasser ces simples besoins, non de les supprimer bien entendu, mais d'en ajouter d'autres, plus importants, aboutissant à une œuvre plus grande, plus majestueuse. C'était une forme de transcendance. Presque.

Mais oui, elle était très belle, et en la regardant, l'ancien préfet-en-chef se disait qu'il pourrait bien s'accorder bien quelques instants de repos dans sa tâche immense et harassante. Un repos mental, car tel qu'il imaginait la scène, son corps serait extrêmement sollicité. Les bras croisés, son sourire se faisait plus discret, mais il traduisait toujours la même pensée. Il finit par reprendre son sérieux, et décida de répondre correctement à celle qui l'a attendu. Une réponse qu'il avait pris soin d'élaborer le temps de ses propositions subversives, car il était hors de question qu'il dise la vérité sur ce que dissimulait ces longs cheveux blancs. D'ailleurs, il était satisfait, puisque le regard d'Alice s'était attardé sur sa coiffure et non pas sur la maigreur et la pâleur de son visage.

- C'est un symbole ma chère, du même ordre que le nombre de bijoux que je t'offre. Deux broches, soit deux capes, réunies par une alliance. J'aime les symboles, car c'est ce qui fonctionne le mieux avec les foules. Pour accéder au pouvoir en temps de crise, il faut savoir se démarquer des autres, tout en affichant une ligne directrice visible par tous. Ensuite vient le plus délicat, y rester. Les gens seront toujours mécontents, tu décevras toujours leurs attentes, leur quotidien ne s'améliorera pas autant qu'ils l'auraient voulu... Mais ils retiendront les mesures symboliques, qui donnent l'impression d'être grandes.

Tout en parlant, il avait légèrement détourné son regard d'Alice, pour le diriger vers le lac, car cela faisait classe lors des tirades, ça donnait un faux air profond à ses paroles. Il planta à nouveau ses iris perçants dans ceux de la jolie blonde pour ajouter une phrase.

- Et là tu ne vois pas du tout le rapport avec les cheveux ! Déclara-t-il avec un air mystérieux complètement surjoué. Je marque ma différence ! J'ai un corps fin, très fin. Presque androgyne, sauf que je n'ai pas de seins, je suis tout plat ! Ce qui peut être un défaut, une faiblesse, autant en faire une force et assumer cela jusqu'au bout. Je veux laisser une image marquante dans les esprits. Cela passe bien évidemment par les actes et les paroles, ce sont les éléments primordiaux, mais le physique joue aussi un rôle dans l'inconscient collectif, on n'y peut rien. Je peux passer pour un excentrique avec cette...crinière, mais elle poussera le peuple sorcier à porter attention à moi, que cela soit sur une photographie ou au détour d'une rue. Ainsi, ils liront l'article ou écouteront ce que j'ai à dire, ce qu'ils n'auraient pas fait sans cela, et seront plus réceptifs. Les leaders ont besoin de se démarquer, les bons soldats sont faits dans un moule identique, mais les chefs glorieux ont chacun leur particularité. Enfin, si Hellson et le Seigneur des ténèbres se dissimulent, et que Dumbledore fuit ses responsabilités, moi je veux m'imposer comme celui qui sera visible de tous, qui ne fuira devant rien et qui assumera tout jusqu'au bout ! Je serai celui que les sorciers pourront, et voudront suivre !


Au fur et à mesure de son discours, son ton était devenu de plus en plus déterminé, d'une violence glaciale et contrôlée. Ce n'était pas de l'agressivité, mais une volonté de réussir que rien ne saurait entraver. Cette-fois, il n'avait pas cesser de regarder Alice. Au-delà de la coiffure, il voulait qu'elle comprenne qu'il irait jusqu'au bout, et que s'associer à lui était un gage de réussite. Sous les airs de la superficialité, ils étaient bien déjà passés au sujet le plus sérieux. Telle était l'une des grandes forces de cette jeune femme, cacher l'important sous le dérisoire. Lui, il aimer le révéler, il y avait sans doute un lien avec son don pour la legilimancie.

Il s'avança à nouveau vers elle, plus lentement qu'auparavant, et saisit délicatement la taille de sa camarade de ses mains. Elle était fine, mais pas trop, contrairement à la sienne, belle et élégamment mise en valeur dans cette parure. Après avoir remonté le corps de la Serpentard des yeux, les iris verts pâles d'Aaron plongèrent dans ceux de la vipère.


- Pour cela, j'ai besoin de toi. Toi et moi, c'est le rassemblement de deux lignées respectées, mais aussi complémentaires. L'ancienneté de mon nom, avec la réussite de ta famille. Ensemble, nos blasons porteraient un poids politique et financier sans précédent. Mais je ne veux pas n'importe quelle famille, je te veux, toi. Tu sais mettre les gens de ton côté, donc je te veux du mien.

Le jeune homme se tût, le sourire aux lèvres, celles-ci désormais très proches de son éventuelle future associée. Une excitation s'était propagée dans tout son corps, était-elle sensuelle ou était-ce l'ivresse du pouvoir à venir ? Les deux étaient certainement liés. Les mains toujours sur sa taille, il se disait qu'elle serait vraiment un précieux et gros atout pour lui.


- Tu as grossi non ? Demanda-t-il d'une façon faussement négligente en jetant un bref coup d'œil en direction de la taille de celle qui avait critiqué ses cheveux.
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Alice Sullivan
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Sam 19 Mai - 1:07
Saleté de petite vipère parvenue même pas capable de tenir son mec en laisse ? Et bien, voilà qui était sans aucun doute un charmant bonsoir parfaitement approprié de la part de Kingfell, et adapté à leurs personnalités qui plus est. Déjà, Alice répondait avec un rire qu'elle ne chercha pas à retenir, reconnaissant là les subtiles intonations d'une complicité dissimulée.

« Quel mec ? »

Si son histoire (ou tout du moins si on pouvait appeler ça une histoire) avec Alexander Black lui avait laissé quelques séquelles désagréables dans son orgueil blessé, juste parce que cet abruti avait refusé de se plier totalement au jeu, à son jeu, sa vexation était cependant passée avec le temps. Le fait que le Gryffondor se soit montré particulièrement gonflant et désagréable sur les derniers temps avait aidé, aussi, dans le sens où l'on n'éprouvait jamais de remord à lâcher un boulet lorsqu'il commençait à nous encombrer. Même s'il était ici question d'un chantage que la blonde s'était fait un plaisir de mener, juste pour s'amuser, juste pour s'occuper, juste pour les faire chier. Et la partie ne serait jamais totalement finie, pas alors qu'elle avait encore des cartes en mains et qu'elle avait toujours la volonté de jouer.

Elle attendit Aaron de pied ferme et croisa les bras, un sourire toujours un peu ironique en toutes circonstances au coin des lèvres. Sourire qui s'élargit lorsqu'elle entendit son allusion grivoise qui ne faisait aucun doute possible, et qui n'était pas vraiment le genre de blague que l'on entendait souvent de la part d'Aaron Kingfell, un jour bâtard persécuté, le lendemain leader écouté. Mais il y avait comme quelque chose de satisfaisant dans le fait de savoir qu'il se le permettait avec elle, et si elle n'avait pas la présomption de croire être la seule fille avec qui il avait pu se permettre ce genre de propos, elle avait néanmoins l'égoïsme de s'en satisfaire. Et puis, étrangement, cela lui rappelait qu'ils étaient tous livrés à eux-mêmes, qu'il n'y avait plus d'adultes dans le château, plus d'insupportables professeurs ou de concierge minable pour leur dire quoi faire, et si Alice méprisait profondément les idées d'anarchisme et ne cautionnait en aucun cas le sort qui avait été lancé sur le château, elle savait voir le bon côté des choses à sa manière et elle se sentait parfaitement bien avec l'idée de pouvoir faire ce qu'elle voulait. Elle n'avait jamais beaucoup aimé cette école, et même si elle rêvait de voir l'ordre rétabli rien que pour pouvoir se plaindre de l'incompétence de la direction auprès de quelques journalistes triés sur le volet, elle se satisfaisait assez de leur condition actuelle à tous.

« Avoue que tu aimerais essayer. »

Elle répondit à sa provocation sur le même ton, avec un haussement de sourcil et un sourire entendu alors qu'elle penchait légèrement la tête dans sa direction. Elle avait toujours apprécié les personnes capables de provoquer par la parole et de mener des joutes verbales. C'était même une qualité qu'elle retrouvait chez quelques ennemis, ceux tout du moins capables de se défendre avec quelques réparties cinglantes, pas comme d'autres à peine capables de pleurnicher en l'insultant sur sa maison.

Elle décroisa les bras pour poser nonchalamment un poing sur sa hanche et observer son vis-à-vis avec un léger haussement de sourcil lorsqu'il commença ses explications. Elle ne s'était pas attendue à une réponse aussi longue en posant cette question subtile sur sa nouvelle coupe de cheveux... Pas du tout, à vrai dire. Mais il apparaissait maintenant comme évident que le jeune homme avait tout à fait réfléchi à sa nouvelle coupe, et qu'il comptait même en faire devenir un symbole. Un instant, Alice ne put cacher l'expression blasée de son visage – non pas qu'elle désire la cacher, en vérité. Allons bon... Elle ne savait pas ce qui était le pire : qu'il ose apparaître en public avec une coupe pareille ou qu'il ait volontairement décidé de la porter ?

À la fin de son discours, qu'elle remarqua déterminé et réfléchi, elle ne put néanmoins s'empêcher de répondre à sa manière, le ton presque incrédule.

« Je rêve ou tu essayes de m'expliquer que tu essayes de faire ressortir le côté féminin de ta physionomie et de ta personnalité à travers cette nouvelle lubie capillaire ? »

Elle se moquait de nouveau de lui, bien entendu. Elle n'était pas totalement idiote et avait parfaitement compris où il voulait en venir dans ses explications. Au fil du temps, Aaron lui apparaissait de plus en plus ambitieux, de plus en plus déterminé et sûr de lui, et elle savait qu'elle n'était pas la seule à l'avoir remarqué vu que beaucoup d'élèves de cette école avait rejoint la brigade de celui qui avait été maintes et maintes fois persécuté par le passé. Il lui apparaissait de plus en plus évident qu'il avait toutes les qualités requises pour devenir quelqu'un. Et son avenir se jouait très probablement dès à présent.

Elle le laissa s'approcher de suffisamment près pour lui saisir la taille et la reluquer, sans qu'elle ne bronche une seule seconde, juste parce qu'elle était de ces filles qui appréciaient plaire et qui n'allaient certainement pas jouer la carte d'une pudeur exagérée là où elle n'avait pas lieu d'être. Elle lui adressa un sourire, non pas un sourire radieux mais un sourire appréciateur, de ce genre de sourire que l'on fait lorsque l'on se voit offrir une proposition intéressante. Elle aimait savoir qu'on avait besoin d'elle, et même si elle était suffisamment lucide pour comprendre qu'elle n'était pas indispensable, elle avait toujours aimé la flatterie.

« Mais c'est que ça ressemblerait presque à une demande en mariage. »

Amusée, le ton ironique mais sans animosité, elle leva la main pour poser le poignet avec désinvolture contre l'épaule d'Aaron et jouer distraitement avec une mèche de ses cheveux. Elle aurait pu ajouter quelque chose mais la question que le jeune homme lui posa alors annula tout ce qu'elle aurait pu avoir idée de dire ou de faire. Interloquée, elle se figea pour dévisager son vis-à-vis. Pardon ? Comment ça, si elle avait grossi ? C'était quoi cette obsession, en ce moment ? Elle se souvenait parfaitement que Kaysa Potter lui avait fait la remarque dernièrement, mais c'était tout ce que cette ignoble Gryffondor avait trouvé sur le moment comme attaque, nul doute, alors... Non mais elle n'avait quand même pas grossi POUR DE VRAI ? L'idée, et plus encore celle qu'on lui en fasse la remarque, la contraria prodigieusement et elle rétorqua aussitôt avec un agacement certain, poussant Aaron en arrière dans la foulée :

« Et ma main dans ta gueule, tu veux voir si elle a grossi ? »

La vexation lui faisait toujours un peu oublier les fines répliques sarcastiques et ironiques qui étaient habituellement les siennes, pour quelque chose de plus clair et de plus impulsif. Ce n'était néanmoins que menace en l'air. Croisant les bras, elle joua plus qu'autre chose les vexées.

« Non parce que pour quelqu'un qui vient avec quelque chose à demander et quelques informations à réclamer, tu te débrouilles un peu mal sur le coup, Blanche-Neige. »



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Dim 27 Mai - 19:51
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Les insultes.

Certains les prononcent pour causer délibérément une souffrance morale à leur destinataire, Aaron suppose que le locuteur est alors gagné par une douce et agréable sensation de supériorité, qui s'estompe cependant bien vite te nécessite alors la réitération de cet acte, ou bien l'accomplissement d'une véritable action louable, mais cela reste rare. Toujours dans ceux qui les prononcent en face de leur victime, il y avait des individus moins mal intentionnés, qui les énoncent lorsqu'ils sont eux-même sujet à une violente peine. Ils ressentent alors un besoin, souvent inconscient, d'extérioriser leur propre souffrance, au détriment des personnes à proximité. Enfin, il y a encore les insultes dites sans véritable méchanceté, lorsqu'un degré de familiarité, qu'Aaron déplorait constamment, s'était établi entre des connaissances. Ces derniers n'hésitaient alors plus à employer un lexique vulgaire pour communiquer entre-eux. Le serpentard considérait cela comme une régression, mais il s'était fait à l'idée que la majorité des humains avaient tendance à s'avilir dans la facilité de l'idiotie et de la bêtise. Toutefois, ces expressions blessantes pouvaient servir à des fins nettement plus poussés que cette lamentable précédente utilisation. Elles pouvaient être dites dans l'unique objectif d'observer la réaction du locutaire, afin de pouvoir établir une opinion sur celui-ci, et de constater s'il était fiable ou non.

Certains considéraient cela comme un jeu, c'était peut-être le cas d'Alice, cela ne le gênait aucunement, mais ce n'était pas son avis. La blonde persiffleuse était une experte en injures, quelles soient fines et réfléchies ou juste blessantes, voire grossières. Ces dernières étaient les moins fréquentes, ce qui n'était pas pour déplaire au septième année, qui appréciait toujours les traits d'esprits, quelque soit leur motivation et leur circonstance. Le jeune homme aimait donc la plupart des discussions qu'il avait avec sa camarade, même lorsque celle-ci se moquait de lui, du moment qu'elle le faisait avec intelligence, cela augmentait l'intérêt qu'il lui portait. C'était dans la nature d'Aaron, il avait gagné la position d'héritier de sa famille non parce qu'il était apprécié, mais parce qu'il avait du talent. Les affinités ne représentaient rien pour lui, il cherchait uniquement des gens extrêmement compétents, puis il s'arrangeait ensuite pour faire converger leurs objectifs à long terme.

A l'évidence, Alice Sullivan paraissait contente des réponses qu'il avait apporté suite à ses répliques cinglantes sur sa coiffure. Tant mieux, il aimait la satisfaire. Ses parents lui avaient dit d'être aimable et assez proche d'elle depuis qu'elle était entrée à Poudlard. Certaines riches familles de sang-pur cherchaient le soutien d'autres pour organiser un front commun. En outre, la haine est un passe temps très onéreux, et toujours futile, donc autant éviter les inimitiés. Devenir ami avec une petite peste blonde qui vous insulte régulièrement n'est pas une tâche aisée, et la gamine semblait aussi peu encline à nouer des liens d'amitié qu'un détraqueur à faire du bouche à bouche à quelqu'un pour le ranimer. Par chance, les Sullivan semblaient porter des intérêts similaires à une entente entre famille avec les Kingfell. Les nouveaux riches souhaitaient peut-être se voir accorder davantage de prestige et de poids sur la scène nationale par une telle alliance, tandis que l'ancienne lignée voyait des ressources florissantes rengorger leur patrimoine. Au final, le résultat serait une double ascension sociale.

Aaron avait beau se détacher de ses parents sur bien des points, il n'en était pas moins le réceptacle de cette vieille volonté, celle s'assurer la pérennité du patrimoine Kingfell. Ils désiraient une bonne entente avec les Sullivan, il comptait forger une puissante alliance. D'une part, Alice, mais elle n'était pas l'unique héritière d'un nom digne d'intérêt. Il conservait une autre blonde en tête.

Jesse-Rose Greenwood, juste un baiser pour beaucoup de larmes, on avait vu mieux comme distraction d'une nuit. Sa famille était riche, très riche, et pouvait donc apporter un atout considérable à ses futurs projets. Mais il y avait une sombre tache au tableau, une tache en forme de crâne d'où sortait un serpent. Aaron se fichait bien des pensées extrémistes que les vieux de la vieille pouvaient conserver, mais il ne tolérait pas les criminels. Or, les mangemorts étaient des criminels. Certes, mieux valait eux que les crétins qui suivaient Hellson, mais il ne pouvait pas se permettre de pactiser ouvertement avec des hystériques hors-la-loi. En plus, leurs idées sur la pureté du sang n'est tout simplement pas viable pour les sorciers, mais il s'occuperait de cela un peu plus tard. L'héritier de sang-mêlé n'avait aucune envie de s'associer avec les tatoués, Jesse représentait donc son unique espoir de s'assurer du soutien direct des Greenwood. Elle se méfiait de lui, mais comme elle était proche d'Alice, il comptait sur cette dernière pour éteindre les doutes de l'autre. Seulement, pour l'instant téléportée en-dehors du château, elle pouvait être victime d'évènements contrariants pour ses projets.

En outre, Alice semblait bien davantage sûre d'elle-même, même si elle était sujette à l'impulsivité lors d'une remarque déplacée. C'était dommage, amusant mais dommage, bien que cela ne consiste en rien de rédhibitoire. Ainsi repoussé brutalement par la jeune femme, Aaron tandis légèrement les bras en signe d'apaisement et afficha une mine sur laquelle se mêlait l'amusement et une légère contrariété.


- Si ta main a grossi, cela t'aidera peut-être à atteindre ta cible cette fois-ci.

Le serpentard avait le souvenir de leur dernière conversation en tête, durant laquelle la jolie blonde avait tenté de le gifler, sans succès. En ce qui concerne la réplique sur son éventuelle féminité exacerbée, la réplique avait tout d'abord déconcertée le jeune homme avant de le faire sourire. C'est cependant avec un ton faussement sérieux, presque sévère, qu'il répondit à son interlocutrice.

- Tu m'as percé à jour, ma belle, mon ambition finale est de lutter activement pour l'égalité homme-femme et d'organiser la toute première "gay pride" exclusive aux sorciers ! Parce-que je le vaux bien, acheva-t-il en se passant la main gauche dans ses longs cheveux blancs.

Il s'en suivit un profond et insistant regard blasé en direction d'Alice. Finalement, il émit un léger sourire, conserva le recul qu'il avait du prendre suite au geste de sa camarade, puis s'exprima avec un sérieux véritable.


- Ma chère Alice, j'ai vraiment envie que notre entreprise commune voie le jour, mais il faudra que tu apprennes à mieux conserver ton sang-froid.

Aaron jeta un bref regard circulaire aux alentours, toujours pour vérifier qu'ils étaient apparemment seuls, même si rien ne semblait échapper à la plume de Gossip Feather, mais aussi pour localiser un arbre à proximité contre lequel il pourrait s'adosser. Une fois installé, il croisa les bras et poursuivit.

- Tu as compris ce que je vise, les plus hautes fonctions politiques. Selon Machiavel, il est plus simple de prendre le pouvoir à plusieurs, mais il est cependant plus simple de le conserver seul. Je ne veux pas de luttes de pouvoir, non seulement pour pouvoir le conserver, mais également car il mènerait à une nouvelle guerre civile. Je veux la cohésion, l'harmonie. Toi comme moi, nous avons des personnalités imposantes, c'est ce qui fait une partie de notre force, mais c'est aussi ce qui pourrait nous ruiner dans l'avenir. Ce sera utilisé contre nous, nous serons trainés dans la boue, victimes d'insultes, de caricatures, et de rumeurs diffamantes incessantes.

L'héritier marqua une pause de quelques secondes, il réfléchissait à la suite de ses paroles.

- Je pense que la création d'un parti politique serait une bonne idée. Les temps sont confus, différentes forces extrêmes ont fait leur apparition. Mais elles ont des défauts en comment. Elles font peur, et se situent en dehors de la loi. Il faut une puissance qui inspire la confiance au peuple, tout en étant sévère. Notre force sera alors d'agir au grand jour, de sembler être transparent pour inspirer la confiance, là où les autres n'inspirent que méfiance. Cependant, pour que cela puisse se faire convenablement, nous devons rester maître de nous-même.

Il s'arrêta à nouveau, il avait hâte d'entendre l'opinion d'Alice sur ce début de projet. Il porta ensuite un regard attentif sur l'ensemble de la silhouette de la jeune femme, puis sourit d'un air amusé.

- En outre, ce sont les femmes les plus coquettes et celles qui prennent le plus soin d'elles qui sont le plus sensibles aux remarques désobligeantes sur leur physique.


Il s'approcha finalement à nouveau de la belle, d'un pas sûr, presque conquérant, mais en conservant les bras croisés, cette-fois ci dans son dos. Quand il fut à nouveau près d'elle, il chuchota.

- Et oui, Boucle d'or, Blanche neige adorerait croquer dans ton fruit. Je suis d'ailleurs certain de manier suffisamment bien ma langue, tout comme toi, pour t'assurer une affaire juteuse.

L'avantage avec l'introspection par legilimancie, c'est qu'Aaron avait pu se découvrir quelques fantasmes inconscients.
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Alice Sullivan
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Sam 16 Juin - 15:55
Alice gardait les bras croisés. Elle observa Aaron lever les mains en signe d'apaisement et elle eut un sourire, finalement plus amusée que réellement vexée. Elle en avait vu d'autres, après tout, et même si parfois elle réagissait sur le coup de l'impulsivité, généralement, il en fallait plus pour vraiment l'ébranler ou l'énerver. Lorsque le jeune homme rappela d'une remarque ironique le fait qu'elle avait essayé de le gifler la dernière fois qu'ils s'étaient vus, Alice haussa un sourcil et voulut faire une moue quelque peu exagérée comme pour se moquer de lui, sauf qu'elle souriait plus qu'autre chose. D'accord, la prochaine fois, elle ferait en sorte de vraiment lui en coller une, juste pour lui clouer le bec. Ou peut-être pas. Après tout, si elle avait voulu le frapper, ça avait été juste à cause d'une remarque désobligeante comme celle dont elle venait justement d'être la victime et même si ses réactions avaient été par deux fois impulsives, elles n'avaient pas été réellement agressives. Juste un peu contrariées, comme on contrarie facilement quelqu'un avec quelques remarques vexantes, mais rien de bien méchant. Elle appréciait les joutes verbales, après tout, et s'ennuyait des personnes incapables de la titiller un peu. En cela, Aaron était parfait.

Elle haussa à nouveau un sourcil lorsque Aaron passa une main dans ses cheveux, un peu comme un mannequin pour marque de shampoing, un gay ou quelque chose du genre. Elle tâcha de prendre un air tout aussi blasé que le sien puis laissa un sourire moqueur étirer le coin de ses lèvres.

« Tu es ridicule. »

Ce n'était même pas une pique, juste une constatation railleuse. Elle jeta un coup d’œil distrait vers les eaux sombres du lac, bras toujours croisés, puis tourna à nouveau la tête vers Aaron lorsque celui-ci lui fit remarquer plus sérieusement, mais avec le sourire, qu'il faudrait qu'elle apprenne à conserver son sang-froid. Cette remarque sonna quelque peu condescendante à ses oreilles et elle arbora à nouveau un air blasé, voire ennuyé ou indifférent, comme si l'amusement était passé et qu'elle commençait maintenant à s'ennuyer, à l'instar d'une gamine avec qui on ne voudrait plus jouer.

« Oh, ne t'inquiètes pas pour ça, trésor. »

Elle savait qu'elle pouvait conserver son sang-froid. Pas tout le temps, il est vrai, elle le savait : l'échange avec Aaron en avait été la preuve. Mais elle savait que généralement, lorsqu'elle se trouvait en face de quelqu'un qui la détestait, par exemple, elle se faisait un véritable plaisir de contrer toutes ses répliques agressives par de grands sourires et des paroles mielleuses, ne s'énervant jamais à cause d'une remarque ou d'une autre qui, de toute façon, la laissaient indifférente. Sauf qu'elle savait aussi que lorsqu'elle se trouvait en face de quelqu'un qu'elle connaissait mieux, et avec qui elle entretenait une relation amicale à sa manière, comme avec Aaron, l'impulsivité avait tendance à prendre le dessus. Un peu comme si le naturel revenait au galop, quand bien même la raillerie, le sarcasme, l'ironie et les sourires en coin restaient de la partie. Combien de fois avait-elle pu élever la voix et se disputer avec Sam, pour de simples remarques anodines de celui-ci ? Elle avait l'impression que plus elle s'entendait avec quelques personnes, et plus elle laissait l'impatience et l'impulsivité s'exprimer sans chercher à les retenir. Peut-être qu'elle aurait effectivement du travail à faire sur le sujet, après tout.

Alice resta pensive un instant, décroisa les bras puis suivit Aaron du regard lorsqu'il alla s'adosser au tronc de l'arbre le plus proche pour relancer la conversation sur un sujet plus sérieux. La jeune fille pivota légèrement pour lui faire face, sans bouger de sa place, et lui accorda toute son attention, laissant pour une fois les airs blasés ou les sourires ironiques pour une expression attentive plus sérieuse et sincère. Elle n'était pas vraiment étonnée qu'Aaron ait pour ambition de faire de la politique. Elle l'imaginait sans mal Ministre de la Magie, un jour, plus tard, lorsqu'il serait plus vieux et donc considéré comme plus crédible pour occuper le poste. Tout le monde ou presque oublierait alors ses origines, et le fait qu'il avait été maintes fois traîné dans la boue à Poudlard, au sein même de sa propre maison, en raison de son sang jugé comme impur. Oui, elle l'imaginait sans peine. Mais malgré le côté encore puéril de son caractère, elle restait tout de même lucide et savait parfaitement que l'entreprise dans laquelle voulait se lancer Aaron n'était pas des moindres. Bien au contraire. Elle savait comment la politique fonctionnait, et elle savait que personne n'était acclamé à l'unanimité. Les personnalités propulsées sur l'espace publique médiatique étaient les plus victimes de jugements, d'insultes et de critiques. Alice comprenait ce qu'Aaron voulait dire au sujet du sang-froid : c'était quelque chose d'essentiel lorsqu'on voulait se hisser dans les hautes sphères et supporter tout cela. Logique.

Alice se demanda pendant une seconde si elle n'avait pas l'air trop dubitative en écoutant Aaron. Parce qu'elle ne l'était pas vraiment, l'idée du jeune homme était on ne peut plus réfléchie, réaliste et susceptible de fonctionner dans le climat actuel. Elle-même méprisait désormais totalement les autorités après tout ce qui c'était passé et elle se doutait qu'elle n'était sûrement pas la seule. Elle imaginait sans peine les parents d'élèves énervés, à l'extérieur, criant à l'incompétence et exigeant qu'on leur rende leurs enfants. Elle se doutait également que le mouvement anarchiste était loin de remporter les suffrages, comme celui des mangemorts : ces anarchistes n'inspiraient absolument pas la confiance, encore moins depuis que le sort avait été lancé sur le château. Tous ces camps présentaient bien trop de défauts, et l'apparition d'un parti politique clair, transparent et inspirant la confiance ne pourrait pas mieux tomber que maintenant. Tout cela paraissait aussi clair que logique et censé à Alice, qui continuait d'écouter attentivement son interlocuteur. Ce qui la faisait douter, néanmoins, était l'ampleur de la tâche. On ne créait pas un parti politique en claquant des doigts. Cependant, Aaron n'avait-il pas réussi à forger sa brigade au sein de Poudlard en un temps record ? C'était assurément faire preuve de compétence dans le domaine. Mais ils étaient jeunes. Ils étaient tous deux majeurs, désormais, d'accord – Alice depuis fin mars seulement, mais elle l'était désormais quand même – mais ils restaient jeunes tout de même. Seraient-ils considérés suffisamment crédibles ? Alice s'interrogea un moment, pensive, ne répondant ainsi pas immédiatement à Aaron. Ce fut seulement lorsqu'il revint sur le sujet de l'impulsivité en disant que les femmes les plus coquettes étaient les plus susceptibles qu'elle eut à nouveau un sourire en coin.

« Tant mieux, non ? se contenta-t-elle de répondre avec légèreté, estimant que toute femme, même jeune, avait tout intérêt à cultiver la beauté dont elle disposait. Tu m'as l'air bien sûr de toi, ajouta-t-elle ensuite avec un sourire plus large et plus amusé lorsque Aaron s'approcha d'elle d'une démarche assuré pour lui faire comprendre dans un sous-entendu parfaitement clair qu'il pourrait lui faire prendre du plaisir sur un autre plan. Non pas qu'elle doutait des compétences du jeune homme en la matière, mais les remarques de ce dernier sur le sujet lui inspirait une certaine forme d'amusement teinté de taquinerie. Elle conserva d'ailleurs un sourire en coin et se pencha légèrement vers lui pour hausser insensiblement un sourcil, l'air entendu, et souffler tout près de ses lèvres : Vraiment sûr de toi. »

L'était-il vraiment ? Sûrement. Cela se voyait. Et à vrai dire, Alice aimait de plus en plus cette assurance qui transparaissait chez Aaron. Les hommes sûrs d'eux étaient ceux qui lui faisaient assurément le plus d'effet. Elle l'observa encore une seconde de la même manière puis se redressa tout de même pour reculer d'un pas. Son air amusé et appréciateur laissa place à quelque chose de plus pensif alors qu'elle revenait sur le sujet plus sérieux de leur double-conversation, puisqu'elle n'avait pas encore donné son avis.

« Et pour tout ce que tu viens de dire... Je pense, très sincèrement, que ça pourrait fonctionner. L'idée est bonne et surtout, les temps actuels sont les plus favorables pour qu'une telle entreprise puisse rencontrer le succès espéré. C'est parfaitement logique. À l'extérieur, le plupart des gens un tant soit peu intelligents ne doivent attendre que ça. Qu'on leur tende enfin la main de manière claire, confiante, sincère et efficace. »

Elle marqua une pause avant de reprendre, toujours pensive, essayant d'exprimer le doute logique qu'elle avait tout de même, en toute lucidité.

« Mais si ça ne fonctionnait pas ? En politique, rien n'est jamais gagné, certes - je me doute bien que même si ça fonctionne, tout ne sera pas rose. Mais qui te dit qu'à dix-sept ou dix-huit ans, tu paraîtras suffisamment crédible aux yeux de la majorité pour réussir ? »



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Dim 1 Juil - 17:26
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Le chaos, il plongeait les gens dans le désarroi, dans la crainte. Ils avaient alors peur de tout perdre, leur emploi, leur argent, leur maison, leur train de vie pour les aisés, leurs proches, leur vie. Ils attendent davantage la protection et la sécurité dans la continuité plutôt que le bouleversement de leurs existences, Aaron en était convaincu. D'ailleurs si tel n'était pas le cas, Hellson n'aurait pas besoin d'œuvrer dans l'illégalité et de commettre des actes terroristes. Les gens attendaient l'ordre et la sécurité pour tous. Le Seigneur des Ténèbres aurait pu être un bon candidat, s'il faisait une campagne légale et n'était pas un assassin psychopathe extrémiste obnubilé par une pureté du sang qui condamnerait le peuple sorcier. Cependant, l'étudiant Serpentard n'était pas suicidaire au point d'aller lui dire cela, du moins pas en face. C'était triste à avouer, mais celui qui se rapprochait le plus des critères d'excellence selon lui était Dumbledore. Durant six années, Aaron n'avait pas trouvé grand chose à lui reprocher. Il était respectueux mais strict, semblait très compétent et avait apparemment déjà fait ses preuves en temps de guerre contre les mangemorts et leur maître. Le bâtard des Kingfell aurait juste préféré une plus grande fermeté et sévérité dans les punitions, ainsi que davantage de surveillants. Il avait pu remarquer que nombres d'élèves qui enfreignaient le règlement sans sortaient plutôt bien.

Durant sa dernière année, Aaron se demanda si la réputation du directeur de Poudlard en temps de crise n'était pas surfaite, même très largement surfaite. A moins que les années ne l'ait rendu complètement sénile. Ainsi, l'unique figure d'autorité qui aurait pu être digne d'exercer un bon pouvoir c'était finalement avérée décevante. Seule subsistait dans l'estime du jeune homme la ministre de la magie, Angela Dawson. Elle semblait être la dernière légèrement digne de confiance, même si visiblement elle était dépassée par la situation. Les aurors n'avaient pas l'air d'être en mesure de lutter efficacement à la fois contre les anarchistes et les mangemorts. Peut-être fallait-il renforcer les effectifs tout en établissant de meilleurs critères de sélection, ou déployer des méthodes plus radicales. Les demi-mesures n'apportent même pas de demi résultats. Il fallait une poigne juste, mais une poigne d'airain pour protéger efficacement le monde sorcier, ainsi que celui des moldus par extension. Il ne faut pas hésiter à être dur pour le bien de tous. Le Serpentard voulait que cela devienne une réalité, il en avait besoin. Le monde entier en avait besoin.

Aaron souriait, il était satisfait de constater que ses pensées convergeaient avec celles d'Alice. Elle était belle, riche, maligne, déterminée et pragmatique. Il pouvait difficilement espérer meilleure partenaire pour son entreprise. Elle lui souffla sur les lèvres qu'il était "vraiment sûr de lui". En plus de sensiblement l'exciter, une telle réponse le ravissait au plus haut point. En effet, pour réussir en politique, il fallait avant tout avoir l'air absolument sûr de soi, même si ce n'était pas le cas en réalité. Les apparences étaient cruciales. Cependant, il ne jouait pas la comédie là-dessus, il était véritablement convaincu qu'il pouvait réussir, et il l'était encore davantage que ce qu'il pouvait accomplir serait grandement profitable pour l'avenir des sorciers et des moldus. Sa comparse exprima ensuite ses doutes et interrogations. Ils étaient logiques, lui-même y pensait aussi, mais il y avait réfléchi et avait commencé à établir une façon de procéder, dont il espérait bien qu'elle augmenterait leurs chances.

Aaron se passa la main gauche sur le menton, en ayant l'air de réfléchir, puis il répondit.

- Tes interrogations sont entièrement justifiées. J'y ai pensé. Tout d'abord, il faut fonder un parti, un groupe de personnes riches et influentes qui partagent nos idées. A notre âge, avec nos familles, il sera déjà plus aisé de fonder cela que de s'attaquer directement au ministère sans soutien. Nous avons tous deux des contacts et nous pourront trouver d'autres proches parmi nos connaissances à même d'en fournir.

Le jeune homme marqua une courte pause, ses yeux cernés s'agitaient frénétiquement dans tout les sens, comme s'il voyait dors et déjà la scène qu'il décrivait sous ses yeux. Il marchait aussi dans tous les sens, tout en continuant à s'adresser en direction d'Alice.


- Se lancer c'est simple, mais tenir assez pour pouvoir s'élancer encore plus haut, là où nous le souhaitons, pour avoir une carrière, cela est bien compliqué, et c'est ici que le problème de crédibilité devient capital. Il est hors de question de rejoindre un parti déjà existant, nous devons proposer ce que tout le monde avait en temps de paix, ce que tout le monde attends, tout en faisant en sorte que cela est l'air nouveau. Nouveau mais rassurant, pas bouleversant, pas révolutionnaire. Une forme de restauration. Nous proposerons ce qui se fait déjà, mais en bien meilleur, avec davantage de résultats positifs. Mais nous ne leur promettrons pas dans le vide. Nous aurons besoin de médias de propagande, j'en connais déjà un qui nous soutiendra. Quant à toi, je suis certain que tu peux facilement mettre des hommes influents dans ta poche. Mais il manque encore quelque chose de capital pour qu'on nous accorde la confiance dont nous avons besoin. Un résultat, un résultat qui nous lancera sur le devant de la scène.


Cette fois-ci, Aaron planta ses iris dans ceux de la jolie blonde.


- Il faut orchestrer ou participer à l'arrestation d'un ou plusieurs anarchistes ou mangemorts. J'en connais une toute désignée qui n'attend que cela, ma mère.

Le préfet-en-chef officieusement démissionnaire reprit alors ses incessants courts aller et retours en expliquant les prémisces de son plan.


- Non seulement cela me permettrait, si je m'occupe d'elle et de mon frère, d'avoir la main mise sur l'ensemble de mon patrimoine, puisque ma sœur est trop abrutie pour gérer tout ceci, mais puisqu'elle attend ma réponse pour savoir si je la rejoins ou non, il devient possible de la piéger. Mon frère ne sait pas que c'est une mangemorte, du moins je ne crois pas. Elle l'aime et elle me déteste, c'est d'ailleurs peut-être en partie pour cela que c'est à moi qu'elle propose cela. Elle préfère risquer ma vie que la sienne... Mais voilà comment j'imagine les faits. Je cours-circuite Ulrich, je prélève de son adn, puis prépare une potion de polynectar. De ton côté tu préviens les aurors pour une intervention, pendant que je joue la comédie. Il restera à savoir quoi faire de mon frère... Je peux aussi y aller sans être transformé mais elle se méfiera davantage.

Aaron s'interrompit, une idée vint subitement s'imposer à son esprit, ce qui lui fit allonger son sourire acéré.


- De plus, témoigner pour conduire devant la justice un professeur ayant une conduite indigne et probablement traumatisante envers des élèves devrait jouer en notre faveur, n'est-ce pas ?


Le jeune homme devait encore méditer là-dessus pour améliorer son plan, puis commencer par régler le cas de son demi-frère de sang. En outre, il y avait une autre raison pour laquelle il avait tenu à cette rencontre. Lors de leur dernière rencontre, Alice lui avait promis des renseignements sur la panthère qu'il avait aperçue à la lisière de la forêt interdite. Ses recherches et son message adressé à Gossip Feather n'avait pour l'instant donné d'autres pistes que celle qui passait par elle. Elle lui avait mis l'eau à la bouche en lui disant de songer aux animagus. C'était vraisemblable, un élève aurait pu apprendre à se métamorphoser en panthère. Cependant, cette unique bribe d'information ne lui permettait pas à elle seule d'obtenir de piste. Il avait besoin qu'elle lui en révèle davantage, car elle en savait bien plus que lui, et elle savait très bien en jouer.

- Enfin, très chère, reprit-il après avoir marqué une nouvelle courte pause et en dévisageant le visage de sa camarade avec délectation, cela prendra le temps nécessaire, et les moyens nécessaires, mais nous possédons toutes les qualités requises pour réussir dans ce milieu. Certains seront ravis de pouvoir compter avec deux futures fortunes qui après avoir gérés Poudlard pendant l'huis-clos, parviennent à gérer leur propre patrimoine. Donnons leur des symboles de nos qualités. Pour ma part, j'ai déjà deux idées en tête, pour contenter le maximum de personnes possibles: Une fondation pour une cause de charité, et... une boite de nuit, pour montrer que l'on peut prendre du plaisir en toute sécurité sans enfreindre les règles. En ce qui concerne la fondation, j'envisage de l'orienter vers le soutien des enfants orphelins ou dont les parents n'ont pas les moyens de leur accorder une bonne éducation. Les gens y verront sans doute un rapport avec mon expérience et cela les touchera davantage.

L'élève des serpents tourna alors autour de son interlocutrice, et lui attrapa délicatement la main droite de la sienne.

- C'est un véritable plaisir d'élaborer des projets d'avenir avec toi, mais avant que mes lèvres ne rentrent complètement en contact avec les tiennes, dit-il en rapprochant son visage à un ou deux centimètres de celui d'Alice, j'ai besoin d'entendre d'elles tout ce qui concerne ce supposé animagus.

Lui ayant offert de magnifiques présents et lui ayant exposé ses propres projets en lui proposant d'y participer, il s'estimait désormais en position d'apprendre ce qu'elle avait à lui révéler, et qui pourrait sceller le début d'une alliance prometteuse. En effet, après avoir réglé le compte de cette panthère grâce à elle, puis être sortis d'ici, ils avaient encore à s'occuper de McFly pour partir sur d'excellentes et de solides bases pour s'élever aux plus hauts des sommets.
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Alice Sullivan
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Mar 10 Juil - 17:12
Alice garda les yeux rivés sur Aaron en l'écoutant. Il trouva ses doutes tout à fait justifiés, tout comme elle trouva les explications qui suivirent parfaitement logiques. Évidemment, il faudrait fonder un parti. S'entourer des personnes qu'il fallait, pour former un groupe, une unité, un tout. Seul, ou même à deux, on ne réussissait jamais. Cela, même des gens comme Voldemort, Dumbledore ou cet abruti d'Hellson l'avaient compris : n'avaient-ils pas chacun des mangemorts, l'Ordre du Phénix et un mouvement d'anarchistes autour d'eux ? Finalement, un leader n'était jamais mieux mis en valeur et crédible que lorsqu'il était entouré. Et comme Aaron le précisait, il serait simple pour eux de réunir suffisamment de monde pour fonder un parti, en sachant qu'ils avaient chacun des contacts et non des moindres, sans parler qu'ils pourraient eux-même contacter d'autres personnes. Il suffisait d'allumer la mèche, puis la toile se tisserait d'elle-même. Ce n'était pas se lancer qui serait compliqué, finalement, comme le disait Aaron, mais plutôt tenir suffisamment longtemps pour pouvoir être crédible, gagner en force et s'instaurer définitivement. Là, ce serait tout de suite moins aisé à faire, Alice le savait. Néanmoins, même si elle avait des doutes et qu'ils ne partiraient sûrement pas tout à fait immédiatement, elle pensait sincèrement que tout cela pourrait fonctionner. Non seulement Aaron savait ce qu'il faisait, ça se voyait, mais ses idées étaient de plus d'une logique imparable. Il y avait des variables, bien sûr, des inconnues dans l'équation qui pourraient tout faire capoter, mais dans la base, tout était solide, réfléchi, logique et prometteur. Alice se demandait même comment diable personne n'avait pu y penser avant, ou tenter le coup. Probablement parce que le contexte n'avait jamais été aussi favorable que maintenant.

Alice croisa les bras et continua d'écouter Aaron, sans l'interrompre. Elle ne voyait pas l'intérêt de parler pour ne rien dire, surtout que pour le moment, elle l'approuvait sur tous les points. Il l'impressionnait. Toute cette réflexion était parfaitement logique, mais il l'impressionnait quand même. Sûrement parce qu'elle le revoyait encore se faire insulter et mépriser par les membres de sa propre maison, comme un moins que rien. Les choses avaient bien changées, dans un sens. Elle l'interrogea du regard une seconde, lorsqu'il lui dit avoir déjà un média de propagande sous la poche, mais ne l'interrompit pas pour autant. Elle saurait tout quand il le faudrait. Et l'idée de mettre des hommes influents dans sa poche lui arracha un sourire en coin. La perspective l'enchantait. Il n'y avait rien de mieux que ce genre de défis, qui en plus permettaient de servir une cause. Encore une fois, tout était logique. Tout comme son idée de résultat qui leur permettrait de se lancer sur le devant de la scène, même si cette annonce fit hausser un sourcil à Alice alors qu'elle l'interrogeait à nouveau du regard. Un résultat ? D'accord, mais lequel ? L'arrestation d'un mangemort ou d'un anarchiste. L'idée la surprit, mais encore une fois, elle la trouva tout à fait censée. Il n'y avait probablement rien de mieux pour l'image que de prouver que l'on mettait la main à la pâte, que l'on se souciait du peuple et que l'on était efficace en apportant des résultats concrets. Depuis quand le Ministère n'avaient-ils plus apporté ce genre de résultats ? Alice revoyait encore toutes les évasions d'Azakaban faire les gros titres des journaux. Ils vivaient dans un monde où les autorités n'étaient plus compétentes. Il était grand temps de remédier à cela. Elle approuva l'idée d'Aaron, mais fut tout de même surprise lorsqu'il lui expliqua avoir une cible toute désignée pour cela.

« Ta mère ? »

Ce n'était pas tant le fait qu'Aaron soit prêt à vendre sa mère pour la réussite qui la surprenait. Si elle pouvait en faire de même avec ses parents, elle savait qu'elle en serait capable. C'était plutôt le fait qu'une cible aussi idéale soit à leur disposition qui la surprenait, mais dans le bon sens. En arrêtant sa propre mère, Aaron prouverait qu'il ne fait aucune distinction, qu'il y aurait les mêmes lois pour tout le monde, et que ses promesses ne sont pas faites dans le vent. En somme, c'était parfait.

Elle écouta attentivement son idée de plan. Encore une fois, cela pourrait tout à fait fonctionner. Il suffisait de bien faire les choses, de ne pas faillir, et ils pourraient tout à fait réussir. Tout comme s'ils décidaient de s'attaquer à un professeur de Poudlard. Cette proposition fit sourire Alice d'un air entendu. Elle voyait bien de qui le Serpentard voulait parler, évidemment, et ne se souvenait que trop bien des paroles qu'il avait déjà eu l'occasion de lancer en compagnie de Siméon MacFly, lorsque ce dernier s'était retrouvé dans le château il y avait de ça quelques semaines. C'était une idée à exploiter. Comme tant d'autres. Notamment celle des symboles à donner pour prouver au monde qu'ils savaient gérer leur fortune, qu'Aaron lui expliqua juste après ça. Créer une fondation et une boîte de nuit. La proposition aurait pu faire rire Alice, si elle ne lui avait pas paru aussi logique en vue des circonstances. Elle lui fit un sourire amusé.

« Tu as bien trop de bonnes idées. Je trouverai ça presque effrayant, à force. »

C'était un compliment, donné à sa manière. Elle resta songeuse quelques secondes. Il faudrait qu'elle réfléchisse à tout ça. Elle ne voulait pas prendre la première idée venue et agir comme une gamine, alors qu'elle pourrait trouver des idées de symboles et d'actions intéressantes si elle prenait le temps d'analyser chaque option. C'était comme une partie d'échecs version sorciers géante : il fallait calculer chaque coup, pour ne pas tomber.

Elle fut distraite par Aaron qui se rapprocha, pour lui attraper la main et rapprocher son visage du sien. Un sourire naquit au coin des lèvres de la blonde lorsqu'il évoqua le fait qu'il allait l'embrasser incessamment sous peu, mais qu'il attendait avant d'avoir les explications promises au sujet de l'animagus. Alice fut tentée un instant de ne pas l'écouter et de prendre les devants pour l'embrasser elle-même, mais elle se ravisa. Finalement, ce qu'elle avait à lui apprendre pourrait tout à fait leur servir.

« Figure-toi que j'ai appris des choses qui ne font que rajouter à l'incompétence flagrante de Dumbledore dans sa manière de gérer cette école. Pour commencer, Nina Lupin est une lycanthrope. »

Elle se souvenait encore d'une conversation qu'elle avait interceptée totalement par hasard, il y avait maintenant longtemps de ça. Elle se souvenait aussi de la lueur dans le regard de la brune, lorsqu'elle venait lui faire des allusions en face avec le sourire. Les gens savaient tellement mal cacher leurs secrets...

« Alors d'accord, peut-être qu'il est louable de sa part de vouloir intégrer à la société des gens à problèmes, c'est vrai. Mais je doute que la majorité des parents d'élèves soient contents de savoir que leurs enfants vivent au côté d'un loup-garou. Déjà que sa décision de nommer cet abruti de cheval hybride en tant que professeur avait pas mal déplu... Mais bon, c'est Dumbledore. Toujours à passer pour le saint des saints alors qu'il n'est qu'un vieux sénile. »

Elle ne pouvait pas s'empêcher d'être méprisante. Elle faisait elle-même partie de ceux qui ne trouvaient pas normal le fait de laisser des loups-garous étudier dans l'école sans au moins en informer au préalable les autres. Et elle n'avait jamais pu supporter le centaure professeur de Divination. Mais ça, c'était parce qu'elle était intolérante.

« Et donc, cet animagus. J'avoue ne pas savoir quand est-ce qu'elle l'est devenue exactement, mais je suis sûre et certaine que Kaysa Potter l'est de manière illégale. Non seulement j'avais déjà surpris des conversations étranges entre eux, mais en plus, lorsque j'ai menacé Alexander Black de tout révéler au sujet de ses deux meilleurs amies s'il n'acceptait pas de sortir avec moi, il a aussitôt accepté en me confirmant ainsi que je ne m'étais pas trompée. Je pense qu'en toute logique bien niaise, Kaysa a décidé de devenir animagus comme une grande pour soutenir sa chère et tendre meilleure amie poilue dans l'épreuve. Tu vois le genre ? »

Elle glissa distraitement une main dans la nuque d'Aaron pour la caresser du bout de ses ongles, avant de se rapprocher sensiblement de lui.

« Mais bon, imagine. Si elle l'est devenue de manière illégale au cours de l'année, ou même l'année dernière, ou encore avant, peu importe quand, cela ne fait que prouver encore une fois qu'il y a un sérieux manque de sécurité et d'autorité. Elle est seulement en sixième année, et elle arrive à apprendre comment devenir un animagus au sein même de Poudlard, sans qu'aucun professeur ne le remarque, alors que c'est interdit. »

Elle se souvenait avoir promis à Sam de ne pas révéler ce qu'elle savait à ce sujet tant que le meilleur moment ne serait pas venu mais à ses yeux, elle sentait que c'était le moment idéal. Après tout, elle ne pourrait jamais vraiment atteindre le trio insupportable de manière personnelle en utilisant ces cartes. Alors autant s'en servir ailleurs.

« Je ne suis pas sûre à 100% qu'elle soit la panthère. Si ça se trouve, il y a même d'autres animagus dans l'école. Mais on n'a jamais vu d'animaux de ce style dans la forêt, alors je pencherais pour cette supposition. »



    Lay me down on thorns and roses
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Lun 13 Aoû - 13:19
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Nina Lupin et Kaysa Potter, respectivement loup-garou et animagus non déclarée. La peste des Gryffondor avait bien du rire en le voyant courir après sa forme féline, sans savoir qu’elle se trouvait juste sous son nez. Cette révélation aurait pu accentuer son ressentiment envers les filles des maraudeurs, mais à vrai dire, une fois que le choc de la réception de l’information fut passé, car la surprise fut bien présente, et la coïncidence à la fois énorme et logique, à tel point qu’il se maudit de ne pas l’avoir deviné, une fois donc cet état transitoire achevé, en reprenant le fil de ses pensées, il estima que la situation était assez plaisante. En effet, ces deux filles, ardentes défenseuses de Dumbledore et de ses comparses, allaient elles celles qui leur donneraient la meilleure arme pour discréditer de façon irrémédiable leur bien aimé vieillard. Alice avait raison, la majorité des parents s’offusqueraient de la présence non-officielle, ou au moins de la non officialisation de la présence d’un loup-garou aux côtés de leurs si vulnérables enfants. En outre, il ne pourrait user de l’argument d’une sécurité prouvée et d’une surveillance attentive avec crédibilité, puisque la direction a laissé au moins un élève devenir illégalement un animagus, dans l’enceinte même de leur château.

L’amitié légendaire du trio infernal, ils seront également unis dans leur participation à la chute de leur idole et de leurs idéaux. Il devait y avoir une forme de morale dans cette ironie, mais Aaron trouvait cela juste extrêmement efficace et rigolo. Le soutient envers les amis étaient loin d’être le monopole de cette perturbatrice écervelée, mais lui n’entrerait pas dans l’illégalité pour autant. En y réfléchissant, il considérait d’ailleurs que le choix de Potter desservait davantage son amie plutôt que de l’aider. Cela ordonnait de conserver un secret de plus. A sa place, il l’aurait encouragée à se reconnaître officiellement comme loup-garou, cette démarche aurait sans doute attiré plus de sympathie que le secret, car cela finirait par être révélé. Lorsque le moment sera venu, Nina regrettera amèrement que cela ne soit pas venu d’elle-même. Aaron ne partageait le mépris de nombre de ses comparses envers les lycanthropes et autres hybrides, peut-être à cause des nombreuses injures et brimades qu’il a subit, ou peut-être pas, mais il ne pouvait tolérer une telle atteinte à la sécurité. Or, s’il respectait tous les mêlés, il reconnaissait ce secret comme une atteinte au respect des élèves et de leurs parents, qui devraient avoir le droit de savoir où ils envoient leur progéniture, et de connaître tous les risques encourus.

Le Serpentard se demanda alors si Kaysa avait véritablement agi par fraternité, ou si au fond d’elle, elle n’aurait pas été motivée par un égoïsme malsain et plus ou moins refoulé, qui consisterait à utiliser la situation délicate de sa camarade pour trouver un prétexte qui la mettrait en accord avec elle-même dans son objectif de devenir illégalement animagus. Cela lui semblait bien correspondre à la personnalité de la turbulente jeune femme, qui se voyait et se voulait faire voir beaucoup plus altruiste qu’elle ne l’était réellement. Désormais, la traque pouvait prendre fin, il avait les cartes qu’il désirait en main. Toutefois, comme au poker, l’important était ce qu’il en allait en faire. Il n’avait pas pour objectif de s’en servir dès maintenant. Ces informations auraient bien plus d’impact si elles étaient tenues confidentielles jusqu’à qu’il soit lancé dans son parcours politique. Les Gryffondor ne devaient en aucun cas apprendre qu’il connaissait leur secret.

Alice était vraiment une alliée précieuse, et la façon dont elle s’était aussi rapprochée de lui tout en caressant sa nuque était loin de lui déplaire. Lui-même, de sa main de libre, se mit à faire glisser son index le long de la joue de la jolie blonde. Il l’avait toujours trouvé belle, mais surtout, au fur et à mesure qu’il découvrit sa personnalité et son caractère, son intérêt pour elle n’avait cessé de grandir. Derrière la simple peste qui s’amuse à embêter son petit monde pour faire l’intéressante, il était certain depuis quelques temps qu’il se dissimulait une ambition bien plus importante que cela, ainsi que le talent nécessaire pour l’accomplir. Son doigt câlinait doucement la peau douce et claire de sa camarade, dont les lèvres n’avaient jamais été aussi proches des siennes. Il pouvait sentir son souffle, enivrant. Il se sentait nettement plus extasié que lorsqu’il avait embrassé Jesse-Rose, et même bien davantage que les fois où il avait couché avec Anna. Cette dernière, membre de son cercle rapproché depuis longtemps déjà, il la considérait davantage comme une amie avec qui il partageait parfois quelques extras. Alice était différente, il lui trouvait plus d’envergure, plus de prestance. Elle désirait le pouvoir, mieux encore, elle pouvait l’être, elle avait tout pour l’incarner. Or lui aussi désirait le pouvoir. De plus, la tenue de la jeune femme renforçait son élégance tout en mettant ses courbes en valeur. Aaron continua de faire descendre son doigt, en passant sur la délicate nuque de sa comparse, pour faire dévier délicatement sa trajectoire, jusqu’à atteindre les perles noires qui ornaient son décolleté.

- Ma chère, pour une telle révélation, un simple baiser me semble être une bien piètre récompense. Je me montrerai comme le plus irrespectueux des hommes si je ne consentais pas à t’offrir davantage, chuchota-t-il aux lèvres de la belle blonde avec une expression faussement navrée.

Son autre main tenait toujours celle de sa nouvelle alliée officieuse, mais ses doigts commençaient à jouer avec ceux qu’ils tenaient, se croisant, se tenant et se dérobant pour revenir, comme pouvaient le faire deux êtres lors d’une parade de séduction.


- Potter et Lupin participeront donc passivement à la disgrâce de Poudlard et de Dumbledore, mais pour que l’effet de cette révélation au grand public soit le plus dévastateur possible, il faut impérativement conserver cet effet de surprise. Ce n’est qu’une fois que nous serons sortis du château, lorsque la presse se précipitera sur nous, qu’elles devront découvrir que nous connaissions leur secret.

Son corps lui faisait encore très mal, Ulrich et ses amis y étaient allés franchement, mais cela ne pouvait pas l’empêcher d’apprécier ce moment à sa juste valeur. Il s’occuperait plus tard de son frère. Il était hors de question de laisser l’héritage de sa famille à un tel individu. Quant à sa sœur aînée, elle était trop discrète et trop timide pour représenter le nom des Kingfell aux yeux de tout un pays. Il avait plus de verbe, plus de charisme, et était, par son sang et son histoire, bien plus un symbole qu’elle ne le serait jamais. Son origine qui lui a causé tant de souffrance était devenue sa meilleure arme. Finalement, toutes ces moqueries, tout ce dédain et tous ces coups lui semblaient être un très faible prix à payer en comparaison de ce qu’il pourrait désormais avoir. Non. En comparaison de ce qu’il aura. Mieux, Aaron estimait qu’il n’aurait pas eu les mêmes chances de réussir sans cela. Ces traitements l’ont forgé, ont renforcé son caractère et lui ont octroyé la volonté nécessaire pour donner le meilleur de soi-même dans tout ce qu’il a entrepris. Il pourrait presque les remercier, presque. Après tout, c’était le devoir de sa famille de faire tout ce qu’elle peut pour qu’il réussisse. Ainsi le Serpentard revint brièvement sur le sujet de sa mère, pour répondre à l’interrogation de son interlocutrice.

- Pour en revenir rapidement à ma mère, oui il s’agit d’une mangemorte, et oui je compte faire en sorte qu’elle soit enfermée grâce à moi. Elle veut me forcer à rejoindre les rangs du Lord… Je vais donc joindre l’utile au nécessaire en me débarrassant d’elle. Au pire, je la dénoncerai au ministère et m’assurerait qu’ils interviennent dès que possible dans le manoir de famille. Je servirai d’appât, en faisant en sorte que l’information le parvienne juste auparavant. Cela devrait être réalisable.

Aaron avait en tête la plume de Gossip Feather, s’il lui donnait l’information avant la fin du huis-clos, elle pourrait la transmettre dès qu’il sera achevé, c’est-à-dire au même moment où sa mère lui tomberait dessus. Quant à lui, en conservant un papier de ce journal, il serait en mesure de donner sa position. Tel était son premier plan.


- J’ai des idées, ravi qu’elles te plaisent, mais je ne peux pas toutes les mettre en œuvre seul, pas de façon efficace. Or tu es la meilleure alliée à laquelle je puisse songer, peut-être aussi la plus dangereuse pour moi… Mais la meilleure.


En répétant ce dernier qualificatif, le jeune homme rapprocha suffisamment ses lèvres de celles d’Alice pour enfin entrer en contact avec, et l’embrasser. L’une de ses mains tenait délicatement celle de jeune femme, tandis que la seconde reprenait doucement son cheminement, en longeant les perles de la robe, remontant à l’épaule de la Serpentard pour enfin descendre le long du dos de la belle, s’arrêter à sa taille et la lui saisir de la même façon. Il avança aussi sa jambe gauche, pour la placer contre l’intérieur de la droite d’Alice, comme pour faire le premier pas vers quelque chose de plus concret qu'un baiser.

Une nuit douce, la bordure d’un lac, un endroit isolé, et deux personnes qui pouvaient sembler s’être donné un rendez-vous galant. C’est ainsi que se tramait le début de la fin de Poudlard.



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