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Intrigue n°7 || If you wanna get out alive, run for your life ~ Darren

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Dim 15 Juil - 14:47
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Noirceur.
Obscurité.
Ténèbres.
Angoisse.
Oppression.
Étouffement.
Crainte.
Méfiance.
Chaos.
Destruction.

Voilà ce qui émanait de Poudlard lorsque je transplanai devant le portail de l'école, petite retardataire pour les réjouissances de la soirée. Maintenant que le sortilège d'Hellson était levé, nous avions à nouveau accès à l'école. Les ordres du Lord étaient on ne peut plus simples : détruire Poudlard. L'assaut avait été lancé à la tombée de la nuit par mes comparses et autres partisans à notre cause moins officiellement affichés. Je n'entrai pas directement dans l'enceinte de l'école, préférant goûter de la pointe de ma langue les effluves de mort et de peur qui suintaient de chaque interstice.
Les élèves avaient sans douté été tirés du lit par nos sorts, pris au dépourvu, se demandant ce qui pouvait bien être en train de se passer. Peut-être s'étaient-ils demandé s'il ne s'agissait pas d'un nouveau tour joué par Hellson. Peut-être avaient-ils pensé que l'anarchiste s'était réfugié au sein de l'école et que les Aurors étaient venus pour lui. Peut-être... ou peut-être pas. Je n'étais pas dans ces chères petites têtes blondes, après tout. Mais une chose était néanmoins certaine : s'ils survivaient à cette nuit de cauchemar que nous leur réservions, jamais ils ne l'oublieraient. Jamais ils ne nous oublieraient. C'était une plaie à vif, que nous allions leur laisser. Une trace vivace, indélébile, que jamais ils ne pourraient effacer. Alors même que les détails de ce qui s'était passé seraient estompés, rendus plus flous par les effets du temps, leur haine et leur crainte envers nous et envers ce que nous étions capables de faire ne disparaîtrait pas. Elles ne seraient même pas atténuées. Alors même que certains d'entre nous ne reviendraient pas de cette mission, les marques qu'ils allaient laisser leur survivrait. Sans doute pas de façon éternelle, mais en tout cas pour quelques années encore. Peut-être même pour deux ou trois générations. Comme les enfants moldus apprenaient l'histoire du nazisme et la cruauté de ses bras armés, les enfants sorciers allaient apprendre ce qu'étaient les Mangemorts et les limites qu'ils avaient le cran – ou le culot – de dépasser pour parvenir à leurs fins. Non, nous ne reculions devant rien. Et la disparition de Poudlard n'en était que la preuve la plus flagrante. Avec un sourire carnassier, je franchis le portail à moitié éventré et pénétrai dans la zone qui m'avait été si longtemps interdite. Les Mangemorts n'étaient pas persona grata, par ici. Ce n'était qu'un juste retour des choses que de détruire cette bâtisse, à la fois symbole de puissance pour le monde magique, mais également synonyme de protection, pour ces chers enfants qui y étudiaient.
Des débris de pierre jonchaient le sol. Oui, mes comparses avaient démarré les festivités sans moi. Pour un peu, j'en aurais presque été déçue ; mais d'un autre côté, je savais pertinnemment qu'à leur place, je ne me serais pas formalisée de l'absence de certaines personnes pour attaquer. Premier arrivé, premier servi, pas vrai ? Alors forcément, ce n'était pas une petite retardataire qui allait être à l'origine d'états d'âme. Nous n'avions de toute façon pas d'âme.
Dans le hall d'entrée, les sabliers avaient été éventrés, répandant partout les pierres qu'ils contenaient. Les rubis de Gryffondor faisaient penser à des gouttes de sang tombées sur le sol. La lumière des torches faisaient scintiller ces joyaux, projetant une myriade de reflets colorés sur les murs en pierre. Les statues n'étaient plus sur leurs socles, pas plus que les armures. Partout, des bruits de lutte se faisaient entendre et pourtant, je n'avais d'yeux que pour ces reflets dansants, sur les murs. Un sortilège me frôla dangereusement, avant de heurter le mur de plein fouet, en arrachant une partie. Un éclat vint me lacérer la joue. Par réflexe, je portai la main à l'endroit dont émanait la douleur cuisante. Je l'en retirai couverte de sang. Je jetai un regard aux alentours et finis par repérer un élève qui s'enfuyait en courant. Il n'atteignit jamais la porte. Un mouvement de baguette, un éclair de lumière verte, et il s'effondrait au sol. J'ignorais qui il était et à quelle maison il appartenait. Il n'était qu'un simple défenseur de l'école, un de ceux qui tentaient de nous empêchaier de mener à bien notre mission. Un pion sur l'échiquier du monde magique. Rien de plus. Il ne valait pas plus que nous. Nous étions tous des pions, guidés par un roi. Tout ce qui se déroulait nous dépassait un peu, car tout était prévu d'avance. Chaque coup était mûrement réfléchi par le chef du camp que nous avions décidé de rejoindre. Une partie d'échec grandeur nature. Voilà une image qui me plaisait assez...
Je grimpai les marches quatre à quatre, lançant des sortilèges lorsque je voyais un adversaire surgir d'un couloir, ne m'arrêtant jamais pour vérifier que j'avais touché ma cible. S'arrêter, c'était perdre du temps, et courir le risque d'une riposte. Une cible mouvante était toujours plus difficile à atteindre qu'une cible statique. C'était une des règles élémentaires en matière de combat, et c'était valable à toutes les époques, dans tous types de combats. Essayez de tirer une flèche ou une balle sur quelqu'un qui court dans tous les sens, vous aurez beaucoup plus de difficulté à l'atteindre que si vous vous contentez de votre carton d'entraînement.
Arrivée au sixième étage, je dérapai sur une flaque de sang et manquai de m'écraser contre un mur. Je me rattrapai in extremis à l'angle du couloir et risquai un coup d'oeil prudent de l'autre côté. Dos à moi, une silhouette que je reconnus pour l'avoir déjà croisée par le passé. Mais à ce moment-là, l'école était encore victime de son foutu sortilège. Face à lui, un Mangemort dont je ne parvenais pas à me remémorer le nom. Quelle importance, au fond ? Même en groupe, on ne connait que la solitude. Je quittai silencieusement l'abri très relatif que m'offrait l'angle du mur et me glissai furtivement derrière Hellson. Je ne prêtais aucune attention à leurs gestes ou leurs propos. Mes yeux étaient fixés sur le plafond, au-dessus de l'anarchiste. Je fis discrètement signe à mon collègue de ne pas me trahir de quelque façon que ce soit, puis je pointai ma baguette sur la portion du plafond qui surplombait le fauteur de troubles. Je décidai de rester dans le domaine de la discrétion en lançant un sortilège informulé. Cela me faisait au moins bénéficier de l'effet de surprise, chose qui n'était pas négligeable.

« Diffindo ! »

Les sorts informulés avaient toujours eu ma préférence. Bien qu'appréciant signifier à ma victime ce qui l'attendait, il était des situations où la discrétion était de mise, et clamer haut et fort que j'allais arracher un morceau de pierre et m'en servir pour écraser le leader du mouvement anarchiste n'était pas ce que j'appelais faire profil bas.
La pierre se fissurait et se craquelait suivant le mouvement que j'imprimais à ma baguette. Artiste dans l'âme, je tentais de faire un beau cercle bien rond. Bon, le résultat n'était pas aussi précis qu'avec un compas, mais c'était toujours mieux que rien. Des gravats tombaient au fur et à mesure que le morceau se désolidarisait du reste, mais je n'y prêtais pas la moindre attention. Je devais réussir. Lorsque la boucle fut bouclée, la pierre se désagrégea dans un vacarme épouvantable. Dans sa chute, elle entraîna un tas de petites pierres acérées dont je me protégeai tant bien que mal. J'ignorais si Hellson était en-dessous ou non, et la poussière soulevée par cette chute m'empêchait de discerner quoi que ce soit à plus de trente centimètres devant moi. Je me consolai en songeant que ça valait également pour mon adversaire. Néanmoins, par prudence, je reculai jusqu'à l'angle duquel je l'avais rapidement observé quelques instants auparavant. L'effondrement avait fait un tel boucan que je n'étais pas sûre d'être en mesure d'entendre un ennemi arriver par derrière moi, et je préférais me montrer prudente. Après tout, avec lui, on ne pouvait jamais savoir à quoi s'attendre, et si il ne s'était pas retrouvé sous les gravats, je préférais, et de loin, ne pas être à portée immédiate. Bien trop risqué.
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Darren O. Hellson
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Mer 18 Juil - 18:16
Hellson avait l'impression d'avoir parcouru des kilomètres et des kilomètres sans apercevoir une seule fois la silhouette de Voldemort. Jouait-il de malchance à ce point ou était-il juste incompétent ? Il commençait à se poser la question. Il avait perdu la notion du temps ; il ne savait pas depuis combien de temps exactement les mangemorts avaient déboulé dans le château pour tout mettre à feu et à sang. Peut-être quelques dizaines de minutes seulement, ou bien des heures. Qu'est-ce que ça changeait, de toute façon ? Il avait l'impression que cela faisait une éternité.

Il avait cru pouvoir trouver le Seigneur des Ténèbres dans le hall du château, d'après les dires de certains élèves qu'il avait croisé lors de son périple, mais lorsqu'il était arrivé, les combats s'étaient déplacés en majeure partie ailleurs. Il était tombé sur Siméon, blessé, et en avait profité pour rester un moment à ses côtés. Son mentor avait visiblement provoqué Voldemort, ce qui ne lui avait visiblement pas réussi. Hellson ne se faisait plus vraiment d'illusions sur le sujet. Il se doutait bien qu'il n'arriverait jamais à le vaincre, mais il n'abandonnait pourtant pas l'idée de le combattre malgré tout. Peut-être était-ce un soupçon d'arrogance. Un excès de confiance en soi. Une espèce de sentiment de devoir. Ou alors juste de l'inconscience. Mais il ne démordait pas de son idée et gardait cet objectif en tête. Peu importe le temps que cela prendrait, peu importe le nombre de fois où il s'arrêterait en court de route pour maîtriser des feudeymons ou sauver des enfants, il finirait bien par débusquer Voldemort et là, il pourrait s'amuser à tester ses pouvoirs face au plus grand mage noir de tous les temps. Il mourrait sûrement, certes, mais tant pis. C'était un défi de taille qu'il se devait de relever dans de telles circonstances, et aussi un défi qu'il souhaitait relever au plus profond de son être. Il avait toujours été comme ça. Attiré par le danger. Avide de tester les limites, et même de les dépasser. Il se brûlerait les ailes un jour, il le savait. Siméon n'avait eu de cesse de le mettre en garde depuis qu'ils se connaissaient. Mais c'était toujours plus fort que lui. On ne pouvait pas changer ce que l'on était.

Il était resté auprès de Siméon jusqu'à ce que Adeline Romanov arrive pour prendre la relève et s'occuper de lui. Darren ne se faisait pas de soucis pour son mentor : il était entre de bonnes mains. Sans parler du fait qu'il devait particulièrement apprécier les mains en question. Donc il n'avait pas vraiment éprouvé de scrupules en les quittant pour continuer son chemin, et tuer le plus de mangemorts possibles tout en cherchant inlassablement Lord Voldemort. Il s'était déjà pris de méchants coups, sans parler du fait qu'il avait échappé de justesse à un feudeymon, si bien qu'il avait la tête typique du soldat qui avait traversé un champ de bataille, mais il ne fatiguait pas. Personne n'avait le temps d'être fatigué, ce soir. On avait juste le temps de survivre. Et survivre, pour le moment, Hellson le faisait bien. Il ne comptait plus le nombre de mangemorts sur lesquels il tombait. Il croisait un bon nombre d'aurors également, mais ils étaient tous heureusement trop occupés par leurs combats pour faire réellement attention à lui. Les sorts fusaient de partout : dans les escaliers, dans chaque couloir, dans chaque étage. Darren ne cessait de courir, comme si ralentir le pas diminuerait ses chances de survie. Ce qui était probablement le cas. Une cible en mouvement était toujours plus difficile à atteindre qu'une cible statique, c'était le B.A.ba. Il courrait, attaquait, cherchait, contrait un sort, repartait à l'attaque, tuait, sautait au-dessus des cadavres, courrait, gravissait tous les étages et continuait inlassablement à courir. Il ne savait même plus très bien dans quel étage il se situait. Le cinquième, ou peut-être le sixième.

Le couloir lui paraissait étrangement vide, hormis le sang et les quelques cadavres à terre, lorsqu'un mangemort plus âgé que lui lui barra la route. Dans un sens, c'était presque rassurant. Rodé, Hellson n'attendit pas une seule seconde et d'un geste vif, envoya un sortilège de mort à son adversaire qui l'évita facilement avant de rire.

« C'est tout ce que savent faire les aurors, de nos jours ? »

Cette question fit naître un sourire au coin des lèvres d'Hellson en guise de réponse. Lui, un auror ? Pourquoi pas. Avec tous ces adultes qui se mélangeaient ce soir dans le château, il devait être difficile de définir le camp de chacun si on ne portait pas une étiquette sur le front avec la mention « auror » ou « anarchiste » inscrite dessus. L'avantage des mangemorts, c'est qu'on les reconnaissait plutôt bien. Darren ne prit même pas la peine de répondre, comme il se faisait pourtant souvent un plaisir de le faire, et à la place, engagea le duel. Il n'allait plus donner une seule occasion à cet homme d'en placer une. Ce dernier se défendait plutôt bien, si bien qu'Hellson n'eut pas vraiment l'occasion de bouger de sa place. Peu importe, cela ne l'empêcherait pas de profiter d'une faille pour le tuer d'un éclair vert. Il ne fit pas tout de suite attention aux légers débris qui lui tombaient parfois sur les épaules, comme de vulgaires petits cailloux arrachés aux murs sous les assauts répétés des sorts. Concentré comme il était, il mit ça sur le compte du duel. Un moment seulement. Puis son instinct l'emporta sur le reste. Ces gravats qui tombaient lui parurent soudain comme une source de danger supérieure au mangemort qui se trouvait face à lui. Il eut à peine le temps de jeter un coup d’œil en l'air. Il comprit ce qu'il se passait au moment même où un sortilège du mangemort lui effleurait le bras, déchirant son pull gris et lui brûlant la peau. À nouveau, il ne perdit pas de temps pour réfléchir. Il fondit en avant, enfonça l'extrémité de sa baguette dans le ventre du mangemort, lui lança un stupéfix informulé, lui agrippa l'épaule, le bouscula en arrière puis transplana à l'instant même où une pierre lui tombait sur l'épaule. Il ressentit une vive douleur, mais rien de comparable à ce qu'il aurait pu ressentir si toute la parcelle du plafond lui était tombée dessus en lui fracassant le crâne. De toute façon, comme toujours, il n'avait pas de temps à perdre.

Il avait eu le temps d’apercevoir une silhouette. Sûrement un autre mangemort, qui s'était occupé de détruire le plafond discrètement pour venir en aide à son copain. Quelle bande d'enfoirés. Le mieux aurait été sûrement de réapparaître juste derrière le mangemort en question mais dans la précipitation, Hellson n'avait pas calculé son coup. Tant pis. Ça ne l'empêcherait pas de contre-attaquer. Il ne fit même pas attention à la poussière qui s'était soulevée dans les airs et lança un premier bombarda. Puis un autre. Que cet enfoiré soit toujours près des débris ou qu'il soit retourné à l'angle du couloir, il n'échapperait de toute façon pas aux explosions qui propulsaient les pierres des murs un peu partout. Sans parler du fait que Darren s'empressait de lancer des Waddiwasi sur les débris pour les propulser eux-mêmes à la vitesse d'une balle de fusil moldu en direction de ce qui lui semblait être la silhouette du mangemort. La visibilité n'était pas excellente, dans de telles conditions, mais lorsque la poussière se dissipa assez pour lui permettre de l’apercevoir, il ne perdit pas une seconde.

« Everte statim ! »

Il en avait oublié le sort informulé dans la précipitation, si bien qu'il ne fut pas vraiment étonné de voir son adversaire reculer de plusieurs mètres sans pour autant tomber ou s'écraser contre un mur. D'ailleurs, maintenant, à mieux y regarder, il pouvait constater que ce mangemort était en fait une mangemort. Et non des moindres. La surprise le fit arrêter un instant ses attaques.

« Oh putain non, pas toi, soupira-t-il sans pouvoir s'en empêcher, l'air à la fois incrédule et extrêmement blasé. »

Pendant un instant, il se demanda s'il n'aurait pas été finalement préférable de transplaner et de se casser tout de suite en les laissant en plan, elle et son comparse sûrement mort sous les débris. Non parce que cette fille, là, il ne la sentait pas du tout. Il ne connaissait même pas son nom mais il avait déjà eu l'occasion de la rencontrer. D'accord, elle était bizarre. Et il aimait les gens bizarres. Mais elle... Non. Il tenait à la vie. Et il sentait qu'en sa compagnie, il pouvait la perdre. Ce qui ne l'empêcha néanmoins pas de lui adresser un sourire ironique :

« Un simple bonjour aurait été appréciable. »



    War is coming
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Mar 21 Aoû - 10:28
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Un silence assourdissant suivit le vacarme retentissant du plafond qui s'écroulait. L'espace d'un instant, je me demandai si je n'étais pas devenue sourde. Nous ne pouvions pas être les seuls à cet étage, si ? Si ? Rien n'étant moins sûr, hormis la probabilité d'avoir un cadavre d'anarchiste sous les décombres, je choisis de faire profil bas et reculai aussi silencieusement que possible. Mon échec ne tarda toutefois pas à se manifester, sous la forme d'un Bombarba... plutôt explosif. J'eus tout juste le temps de lancer le charme du bouclier que des débris propulsés à la vitesse de l'éclair pleuvaient dans ma direction. J'étais impuissante, soumise à ses attaques éclairs, incapable de riposter sans risquer d'y laisser ma peau. Pourtant, la panique ne me gagnait pas, contrairement à d'autres. Je n'éprouvais qu'une calme résignation. J'avais tant de fois donné la mort que ce n'était qu'un juste retour des choses que de mourir à mon tour. Je n'allais toutefois pas me laisser faire comme un porc qu'on mène à l'abattoir. Il suffisait juste que j'attende le moment propice. Après tout, il ne pourrait pas continuellement me lancer des attaques. Tôt ou tard, il faiblirait. Comme tout le monde. Et là, ce serait à moi de jouer.
L'espace d'un instant, les sorts cessèrent. Méfiante, je maintins néanmoins mon bouclier. Ce serait particulièrement con de crever à cause d'une banale imprudence. Bien m'en prit. À peine la visibilité redevenait-elle décente qu'Hellson trouva particulièrement divertissant de me lancer un Everte Statim. Manque de bol pour lui, le bouclier absorba le plus gros du choc, et le sortilège n'eut pas l'effet escompté. Et la poussière, qui retombait lentement, tandis qu'un calme très relatif s'installait à nouveau. Calme que l'homme face à moi rompit à nouveau.

« Oh putain non, pas toi. »

Je m'approchai de lui avec une tranquille assurance, une main dans la poche de mon jean, l'autre fermement serrée sur ma baguette. Décontractée, mais pas trop. Prête à réagir au moindre geste suspect.

« Je suis ravie de constater que tu te souviens de moi. Je t'ai manqué ? »

C'était du pur foutage de gueule. Bien entendu que je ne lui avais pas manqué ! Comme si on pouvait regretter la personne qui s'était amusée à nous lancer un Doloris lors de notre dernière rencontre. Il fallait être sacrément maso ! Comme si ce fauteur de troubles avait lu dans mes pensées, il m'adressa un sourire on ne peut plus ironique.

« Un simple bonjour aurait été appréciable. »

Je me contentai d'un sourire amusé en guise de réponse, avant de de décider, l'espace d'un instant, de me montrer à la fois douce et docile. Je n'étais pas certaine d'y parvenir, cependant. Après tout, comme l'avait dit André Berthiaume, « nous portons tous des masques, mais vient un temps où on ne peut plus les retirer sans s'arracher la peau. » Le mien, ça faisait quinze longues années que je le portais. Jamais je ne l'avais retiré, devant qui que ce fût. Pas la moindre fissure ni la moindre faille. Un rôle sans tache que j'avais joué avec brio jusqu'à présent. Mais lui, comment pourrait-il deviner le vrai du faux, alors qu'il ignorait tout de moi, jusqu'à mon simple nom ? Comment pourrait-il savoir laquelle était la véritable Lidwine et laquelle n'était qu'un vulgaire imposteur ? Impossible. Tout simplement impossible. Aussi je ne risquais rien à me montrer un tantinet plus cordiale et plus chaleureuse. À me montrer telle que j'avais été une éternité auparavant, me semblait-il.
Je baissai la tête, presque avec douceur. Mes cheveux formaient un écran sombre entre le reste du monde et moi. Je fermai les yeux, abaissant mentalement toutes ces barrières que j'avais dressées autour de moi, afin de me protéger. C'était risqué. N'importe qui pouvait me tuer, là, maintenant, sans que j'aie la moindre chance de me défendre. Pourtant, je ne m'en souciais guère. Je ne pensais pas qu'Hellson me tuerait. Pas si je ne m'en prenais pas à lui d'abord, en tout cas. Sauf si je me trompais...

Je relevai le visage, la tête légèrement penchée, un sourire bon enfant sur les lèvres.

« Bonjour... » murmurai-je doucement en replaçant une mèche derrière mon oreille. Puis le passé se mélangea au présent. Des années auparavant, c'était à un autre jeune homme, brun aux yeux bleus, lui aussi, que j'avais dit bonjour de cette façon. Étendus dans la Salle sur Demande, la nuit avait été courte pour nous. C'est en le voyant ouvrir les yeux que j'avais prononcé ce simple mot. En guise de réponse, sa main avait effleuré mon dos. À cette époque, c'était ce que je considérais comme la belle vie. Mais le cauchemar n'avait pas tardé à suivre. Insidieusement, c'est ce que mon esprit, libéré des barrières que je lui avais moi-même imposées, me rappela sans la moindre trace de tact ni de délicatesse.
Tandis que je me rappelais de la fin de ce qui aurait pu être un conte de fées, je sentis mon sourire couler, comme la pluie qui ruisselle sur une vitre. Je regardais Hellson sans le voir, tandis que devant mes yeux, se déroulait le flashback. Passé et présents se mêlaient à la perfection. Au loin, une alarme s'était mise à vibrer en moi, comme un écho pour me rappeler à la prudence la plus élémentaire. Je suffoquais. Me retrancher derrière mes barrières. Voilà ce que je devais faire. Mais je ne parvenais pas à me détacher de ce que ce château avait représenté pour moi, il y a si longtemps. Et plus je luttais, plus je perdais pied.
Je fermai les yeux et serrai les paupières. Très fort. Petit à petit, je reconstruisais ma forteresse mentale. Et retournai me dissimuler derrière des murs de froideur et de mépris. Lorsque je les rouvris, je pris le soin d'y faire briller une lueur dure. Ne pas lui montrer que cet épisode m'avait atteint. Ne pas lui laisser deviner mes failles et mes faiblesses. Jamais.

« C'était mieux comme ça ? » questionnai-je avec morgue.

Et, sans attendre, sa réponse, je lançai un sortilège de répulsion informulé.

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Darren O. Hellson
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Sam 8 Sep - 2:20
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La jeune femme avait l'air tout à fait décontractée à s'approcher ainsi de lui, une main dans la poche de son jean, mais Hellson ne s'y trompait pas. Elle avait de toute évidence contré les sortilèges qu'il avait lancé à la pelle, ce qui signifiait qu'elle restait vigilante et à l'affût du moindre geste suspect. Il savait pertinemment qu'à l'instant où il lèverait sa baguette, elle en ferait de même. Il n'avait pourtant aucune raison de le faire, mais c'était plus fort que lui, il avait toujours été du genre à apprécier d'avantage les échanges verbaux que les échanges brutaux. Il se débrouillait très bien en magie et il avait appris de nombreux sortilèges puissants grâce à l'aide de Siméon, mais il restait plus attiré par l'intellect. Peut-être était-ce dû à ses origines moldus, à moins que ça ne vienne tout simplement de son caractère. En entendant la mangemorte répliquer tranquillement, il sut qu'il n'était pas le seul à fonctionner de cette manière. Finalement, c'était une forme de jeu bien plus dangereuse que n'importe quel duel magique. Plus dangereux, mais plus intéressant. Darren en avait déjà fait les frais, dans une de ses planques, quand cette femme l'avait débusqué pour lui faire subir le sortilège doloris avant de finalement accepter de parler avec lui. Mais ce n'était pas tant cela qu'Hellson retenait de leur étrange entrevue, c'était plutôt le caractère hors-normes de la mangemorte qui ne semblait pas tout à fait convenir à l'idée qu'on se faisait des membres de son camp. Partout, il y avait des solitaires, des indécis, des gens qui cachaient bien leur jeu. Partout, la balance pouvait pencher d'un côté ou de l'autre. Darren n'aspirait qu'à faire pencher cette balance mais chez certaines personnes, comme cette jeune femme brune aux allures si décontractées, la tâche s'imposait tout de suite avec une évidente difficulté.

Il lui adressa un sourire ironique lorsqu'elle lui demanda si elle lui avait manqué. Mais oui bien sûr... Il n'était pas si masochiste que ça. Il aurait pu s'amuser à répondre par l'affirmative sur ce même ton de foutage de gueule que la jeune femme employait, mais pour une fois, il se ravisa. Il n'avait pas vraiment le temps pour ce genre de bavardages, il devait trouver Voldemort. Il réfléchissait à la meilleure manière de neutraliser rapidement et efficacement la mangemorte lorsque cette dernière, soudain, baissa la tête. Ses longs cheveux cascadèrent devant son visage et pendant un instant, Hellson resta totalement perplexe. Puis la méfiance fit rapidement son apparition et il s'écarta d'un pas prudent, son poing se crispant sur sa baguette. Il ne savait pas ce qu'elle faisait mais ce qu'il savait par contre, c'est qu'il pouvait la tuer, là tout de suite, d'un simple sortilège de mort. C'était simple. Beaucoup trop simple. Et si c'était un piège ? Une ruse ? Il ne pouvait décemment pas s'y jeter tête baissée comme le premier débutant venu. Mais si ce n'en était pas un ? Dans un sens, Darren trouvait plus logique que cette attitude soudaine soit un piège : si elle ne l'était pas du tout, alors c'était étrange. Vraiment très étrange. Il n'eut pas le temps de se décider, de toute façon, car la jeune femme releva les yeux bien vite. Sauf que son regard avait changé, sans que Darren ne puisse vraiment expliquer ce qu'il y avait de différent dans ses yeux. Peut-être plus d'humanité. De fragilité. Mais pourquoi ? Pourquoi, soudain ? Il n'avait pas le temps de comprendre ni-même de chercher à comprendre. Il se méfiait de cette jeune femme dont il ignorait toujours l'identité, mais dont il s'était promis de trouver au plus vite dans les innombrables dossiers qu'on lui ramenait toujours de manière illégale. Il ne comprenait pas où elle voulait en venir, il n'arrivait pas à la cerner. Ce qui expliquait sûrement le fait qu'il se sente intrigué en sa présence, et qu'il n'éprouvait pas l'envie ni même la nécessité de la tuer placidement comme tous les autres qu'il pouvait croiser. Pourtant, elle était dangereuse, il le savait. Mais le danger attire, pas vrai ?

En un instant, fulgurant, elle retrouva son masque – ou son vrai visage ? - et le ton de sa voix se fit beaucoup plus mordant. Hellson eut juste le temps de lever sa baguette pour amorcer le charme du bouclier avant que le sort de la jeune femme ne l'atteigne. Il fut propulsé en arrière et lorsqu'il sentit son dos percuter un mur, il n'attendit pas une seule seconde et prit de l'élan pour repartir en avant et fendre l'air de sa baguette. Il ne voulait peut-être pas la tuer, mais il n'éprouverait absolument aucun remord à le faire si elle cherchait elle-même à se débarrasser de lui. Ils étaient en guerre, après tout, et dans ce genre de guerre, c'était chacun pour soi. Il commença par un bombarda informulé pour distraire la jeune femme, puis enchaîna sur un lashlabask dans l'espoir de l'atteindre. Sans même prendre le temps de vérifier si ça avait été le cas, il lança aussitôt un maléfice d'entrave qui cette fois, sembla toucher la cible. Le problème de ce sortilège, Hellson le savait, était que ses effets ne duraient jamais bien longtemps. Néanmoins, il en profita pour s'approcher d'elle et répondre à la provocation avec un sourire goguenard :

« Beaucoup mieux, ma grande. Mais laisse-moi tout de même te dire que tu es assez effrayante quand tu joues les schizophrènes. »

Conscient qu'il ne pouvait pas laisser sa chance s'échapper, il lança un expelliarmus informulé qui désarma la mangemorte et la propulsa en arrière, mais qui annula aussitôt les effets du premier maléfice. Le sachant pertinemment, Hellson voulut aussitôt s'avancer vers elle pour profiter du fait qu'elle soit désarmée, mais ce fut à cet instant qu'une puissante explosion se produisit tout près d'eux, ébranlant le sol et projetant des débris de pierre dans tous les sens. Darren se sentit décoller du sol et s'effondrer, une douleur fugace fusant au niveau de son crâne lorsqu'un débris le percuta. Jurant entre ses dents, persuadé de subir l'attaque de copains mangemorts venus à la rescousse, il récupéra sa baguette à tâtons sur le sol et voulut aussitôt pivoter pour se relever. Sauf qu'une baguette magique était pointée droit sur son front, à quelques centimètres à peine, tenue par un homme d'une quarantaine d'années environ, au regard clair et dur, que Darren reconnut aussitôt.

« Steven ? »

Totalement stupéfait et incrédule, il considéra son frère aîné avec un regard effaré. Qu'est-ce qu'il foutait là, bordel ? Bon d'accord, il était auror, c'était logique qu'il soit là. Mais pourquoi lui et maintenant ? Ce n'était pas vraiment prévu dans ses plans. Il ne s'entendait plus avec son frère depuis bien longtemps et il était capable de beaucoup de choses, mais peut-être pas d'en venir à tuer sa propre famille pour conserver sa liberté. Même si plus que tout, il était terrifié à l'idée d'être entravé. Il commença à se relever mais Steven s'avança d'un pas pour l'arrêter.

« Ne bouge pas. Tu fais un seul geste, Darren, et je te jure que je laisse les détraqueurs venir t'arrêter eux-mêmes et faire le sale boulot. »
« Oh, je t'en prie, répliqua Hellson avec impatience et agacement. Bouge de là. »

Il vit son frère hausser un sourcil, un peu à sa manière.

« Tu crois peut-être que je ne suis pas sérieux ? »
« Tu m'as fait comprendre depuis longtemps que tu étais très sérieux, c'est bon. »
« Tant mieux. Je n'ai donc pas besoin de t'expliquer la marche à suivre, pas vrai ? Il fallait bien que ça arrive un jour, à jouer au con. »

Il avait le ton hargneux mais Darren ne s'en étonna pas. Il savait depuis longtemps que son frère avait choisi le boulot plutôt que la famille, un peu comme lui avec l'anarchie. Il ne comptait pas demander à Steven de faire un effort au nom d'un quelconque sentiment d'amour fraternel : ils étaient pareils à ce niveau-là. Ambitieux et volontaires, à se donner corps et âmes à quelque chose en relayant la famille au second plan. Seulement, là tout de suite, ce n'était pas le moment d'une quelconque confrontation ou retrouvailles.

« Mais pauvre con, il y a un mangemort juste-là ! Fais donc ton putain de boulot et arrête-la elle ! »

Il tendit le bras dans la direction de la jeune femme brune, énervé... sauf qu'elle n'était visiblement plus là.



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Jeu 22 Nov - 13:24
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« Beaucoup mieux, ma grande. Mais laisse-moi tout de même te dire que tu es assez effrayante quand tu joues les schizophrènes. »

Le sortilège de désarmement qui accompagna ses mots me heurta de plein fouet, et je me retrouvai propulsée contre le mur, sonnée, et ma baguette perdue dieu sait où. Cela ne m'empêcha pas de me relever prestement, alerte. Je n'avais pas besoin de ma baguette. Au pire, je crèverais. Ouais. Et alors ? C'était bien ce qui nous attendait tous, au fond, non ? Ce grand squelette enveloppé d'un capuchon noir, emportant partout avec lui cette faux qui ne le quitte absolument jamais. Alors maintenant ou plus tard, quelle importance ? Cela faisait quinze ans que j'étais morte, de toute façon.

« Tu trouves que je suis effrayante lorsque je joue les schizophrènes ? Ah oui ? Tu préfèrerais sans doute me voir m'assoir bien gentiment, comme la dernière fois, et te raconter ma vie par le menu, comment j'étais une Gryffondor exemplaire, comment j'ai mal tourné, comment j'ai abattu mes parents comme les chiens qu'ils étaient pour me venger de ce qu'ils m'avaient forcée à faire, comment je me suis réfugiée dans la mort et le sexe pour oublier que j'étais morte des années auparavant ? Tu ne trouves pas que ça ce serait nettement moins effrayant ?' »

J'éclatai d'un rire dénué de joie. Un rire un peu dément, aussi, peut-être. Mais après tout, n'était-ce pas ce que j'étais, démente ?
Au fur et à mesure que je parlais, j'avançais vers lui, désarmée. Qu'il tire. Je ne demandais que ça. Qu'il lève sa putain de baguette vers moi et prononce cette formule de malheur. Qu'on en finisse. Il en crevait d'envie, j'en étais persuadée. Alors qu'est-ce qu'il attendait ? Ce n'était pas compliqué, pourtant. Je pouvais lui montrer, s'il en avait envie. Il n'y avait rien de plus simple, après tout. C'était comme lancer un Stupefix. Sauf que le sort était différent. Pointer la baguette, prononcer la formule, et tout serait fini. Pourtant pas difficile. Si ? Peut-être avais-je côtoyé la mort pendant trop longtemps pour penser que c'était aussi simple de la distribuer...

Cependant, quand bien même Hellson aurait voulu me tuer, il n'en eut pas l'occasion. Le mur du couloir se fissura brusquement, avant de littéralement voler en éclats, me projetant de nouveau à terre... le nez à quelques centimètres de ma chère et tendre baguette. J'ignorais qui était le nouveau venu, mais pour le coup, j'étais fortement tentée de lui sauter au cou et de l'embrasser. La ramassant de ma main droite, je me redressai lentement, attentive à ne pas attirer l'attention des deux autres protagonistes. J'ignorais qui c'était et donc, fatalement, le camp auquel il appartenait. Cependant, les événements ne tardèrent pas à me donner des indices.

« Ne bouge pas. Tu fais un seul geste, Darren, et je te jure que je laisse les détraqueurs venir t'arrêter eux-mêmes et faire le sale boulot. »
« Oh, je t'en prie, répliqua Hellson avec impatience et agacement. Bouge de là. »


Détraqueurs ? Tiens, tiens... voilà qui était intéressant... Ce type, je ne le connaissais pas, et je mettrais ma main à couper qu'il n'était pas dans mon camp. Ceci dit, il parlait d'arrêter Hellson. Ce qui me faisait penser qu'en aucun cas, nous, Mangemorts, étions supposés l'arrêter mais plutôt nous débarrasser de lui. Une seule chose à en conclure : le nouveau venu, j'ignorais peut-être son identité, mais je pouvais affirmer avec certitude que c'était un putain d'Auror. Surtout, ne pas se faire remarquer... Les laisser à leurs charmantes retrouvailles qui promettaient d'être... excitantes, et me carapater en douce.

« Tu crois peut-être que je ne suis pas sérieux ? »
« Tu m'as fait comprendre depuis longtemps que tu étais très sérieux, c'est bon. »
« Tant mieux. Je n'ai donc pas besoin de t'expliquer la marche à suivre, pas vrai ? Il fallait bien que ça arrive un jour, à jouer au con. »


Oulah ! Mais ça respirait l'amour fou, par ici, dites-moi ! Sourire aux lèvres, et ravie de l'opportunité qu'ils m'offraient, je choisis de mettre à profit leur distraction pour les contourner (l'avantage de la poussière soulevée par l'explosion du mur, c'est qu'elle masquait considérablement la vision). J'étais à cinq mètres d'eux, à peine, lorsque Hellson me balança.

« Mais pauvre con, il y a un mangemort juste-là ! Fais donc ton putain de boulot et arrête-la elle ! »

Ce n'était pas très gentil de sa part de me dénoncer de la sorte. J'étais parvenue à rester plutôt courtoise, jusqu'à présent, et c'était de la sorte qu'il me remerciait ? J'allais lui inculquer la politesse, moi, vous allez voir !
Manque de bol, il désignait l'endroit où je m'étais effectivement tenue quelques instants auparavant. Surprise, les mecs ! Bah ouais, je n'allais pas rester campée là pour vos beaux yeux, hein. Ce serait trop vous simplifier la tâche. Quoi que, même en simplifiant la tâche d'un Auror, ce n'était pas dit qu'il réussirait à la mener à bien. Bande d'incompétents amputés de l'encéphale.
Ceci dit, plutôt que rester là, comme une grue, à les regarder fixer l'endroit où je m'étais tenue auparavant, je décidai de faire tourner la situation à mon profit, grâce à la magie de l'effet de surprise. Non, je n'allais pas m'éclaircir gentiment la gorge pour signaler ma présence. Je n'allais pas non plus attendre bien sagement qu'ils cherchent autour d'eux, voir si je n'étais pas dans le coin. J'allais attaquer, vite et bien. Deux contre un, ça restait régulier. Quoi que. Un Auror... ça comptait pour un demi adversaire. Un contre un et demi. Ouais, c'était gérable. Largement.
Souriant d'un air ironique, je choisis de catapulter l'Auror contre l'autre mur, à l'autre bout du couloir.

« C'est ma proie. Pas touche, chasse gardée. »

Je me tournai ensuite vers Hellson.

« Rien de cassé ? Non mais parce que, ce serait dommage si je n'avais qu'à achever le travail d'un autre. Je ne pourrais pas m'en prévaloir... »

Je souriais toujours en disant cela. Un sourire qui avait quelque chose à la fois d'humain et sincère. Et qui tranchait considérablement avec les propos que je venais de lui tenir. Cependant, je n'amorçai pas le moindre geste pour l'attaquer. Au contraire, lorsque je lui tendis la main, ma baguette était dans la poche arrière de mon jean.
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Darren O. Hellson
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Jeu 17 Jan - 1:47
Darren resta con lorsqu’il se rendit compte qu’il désignait le vide et que cette garce n’était déjà plus là. Du coin de l’œil, il vit son frère regarder rapidement dans la direction qu’il indiquait puis prendre un air presque blasé en constatant qu’il n’y avait personne. Il devait sûrement le prendre pour un piètre menteur, maintenant, en plus de le considérer déjà comme la honte de la famille. Hellson ne fut donc pas étonné de voir la baguette de son frère s’approcher encore un peu plus de son visage, comme s’il voulait bien lui faire comprendre qu’il n’avait pas intérêt à tenter quoi que ce soit. Sauf que bien évidemment qu’il finirait par tenter quelque chose. Il ne comptait pas se faire arrêter aussi connement par son abruti de frère qui rêvait de laver son nom de famille. Il avait des projets bien plus importants. Il resserra donc la main autour de sa propre baguette. Peut-être qu’il n’était pas en position de lancer immédiatement un sortilège, mais ça viendrait. Peut-être même dès qu’il serait relevé. Tout était une question de vitesse. De vitesse, de décision, et de non-hésitation.

Il vit son frère ouvrir la bouche, sourcils froncés, sûrement pour lui ordonner de se relever sans geste brusque, justement. Mais il n’eut pas le temps de prononcer le moindre mot. Un sort le percuta de plein fouet et il fut soudain éjecté en arrière. Hellson ne sursauta pas mais reste immobile comme un con pendant une seconde, jusqu’à ce que la voix de la mangemorte se fasse entendre. Il tourna la tête et la vit plantée là, le nuage de poussière et la fumée des explosions ayant sûrement suffit à dissimuler sa présence un instant. Elle souriait, comme si elle s’amusait. Lorsqu’elle se tourna vers lui, ce n’était visiblement pas dans l’intention de l’attaquer. Du moins pas tout de suite, sûrement. Comme elle venait de le dire elle-même, c’était chasse gardée. Donc qu’elle comptait bien à un moment ou à un autre s’occuper de lui. Elle le confirma d’ailleurs ensuite ; après lui avoir demandé s’il n’avait rien de cassé, elle fit remarquer qu’il serait dommage qu’elle n’ait qu’à achever le travail d’un autre. Darren lui adressa une espèce de sourire ironique et désabusé en guise de réponse. Mais oui bien sûr, quel dommage ce serait… Puis elle lui tendit la main. Comme pour l’aider à se relever. Il la considéra d’un œil méfiant, son regard montant de sa main à son visage, comme pour évaluer les risques qu’il prenait. C’est là qu’il remarqua qu’elle n’avait pas sa baguette en main. Se sentait-elle tellement sûre d’elle qu’elle estimait pouvoir se présenter à lui sans arme ? Sûrement. Elle restait toujours aussi difficile à suivre. C’était sûrement ça qui la rendait si dangereuse.

Il jeta un furtif coup d’œil au corps de son frère, plus loin, qui avait glissé jusqu’au sol. Inerte. Bien, ça faisait déjà un problème en moins. Il tendit la main pour attraper celle de la jeune femme et se relever dans le même mouvement. Sa main glissa sur celle de la brune pour venir se verrouiller autour de son poignet. Il l’attira à lui d’un geste brusque alors qu’il faisait lui-même un pas dans sa direction. Lorsqu’il se retrouva contre elle, il se pencha vers son oreille.

« Écoutes, je ne sais pas à quoi tu joues. Mais j’ai des choses importantes à faire cette nuit alors je ne compte pas mourir tout de suite. Tu vas devoir attendre. »

D’un geste, il récupéra la baguette qu’elle avait glissée dans la poche arrière de son jean et lui libéra le poignet en même temps qu’il reculait. Il ne savait pas très bien ce qu’elle avait voulu faire mais si jamais elle avait pensé qu’il n’en profiterait pas, elle se trompait lourdement. Oh, ce n’était pas parce qu’il se trouvait désormais en possession de sa baguette qu’il allait la tuer. Il trouvait ça beaucoup trop simple, donc si peu attrayant. Peut-être qu’elle le savait déjà, qu’elle avait compris ça chez lui, et donc qu’elle ne s’inquiétait absolument pas. Mais dans tous les cas, ce qu’il ne pouvait pas se permettre, c’était de se faire tuer maintenant avant d’avoir tenté d’abattre le Lord. Donc elle devrait effectivement devoir attendre. Ce ne serait pas ce soir qu’elle le tuerait. Il recula encore, préférant mettre le plus de distance entre elle et lui, par pure précaution. Ce n’était pas parce qu’il avait une baguette dans chaque main qu’il ne se méfiait plus d’elle. Il s’arrêta puis sourit.

« Laisses-moi filer tranquillement, je te rends ça, puis on remet cette partie à plus tard. C’est donnant-donnant. »

Sauf qu’il savait que ce n’était pas totalement équitable. Puisqu’il savait pertinemment qu’une fois sa baguette récupérée, la jeune femme pourrait très bien décider de s’attaquer à lui quand même avant qu’il n’ait le temps de s’en aller. Oh, il pourrait transplaner juste après avoir balancé la baguette au sol, ou même transplaner avec la dite baguette et la balancer quelque part au passage. Mais il était risqué de transplaner au hasard dans un coin du château en sachant que des combats se déroulaient absolument partout. Darren ne désirait pas vraiment apparaître en plein milieu d’un échange de sortilèges de mort. Non, il préférait vraiment l’idée de se déplacer de manière la plus rudimentaire possible pour le moment. Sauf que s’il continuait à croiser sur son chemin autant de personnes qui le ralentissaient, il n’en aurait jamais fini... Peut-être que tenter le transplanage n’était pas si bête, en fin de compte. Même si là aussi, il pouvait chercher Voldemort pendant très longtemps, de cette manière. Il retint un soupir et aperçut la main de Steven qui tressauta légèrement. Ce dernier devait être simplement assommé, et ne tarderait probablement pas à se réveiller. Ce n’était absolument pas inquiétant en soi ; un sortilège de stupéfaction était facile à lancer. Par contre, cela lui donna une idée. Il désigna le corps de son frère d’un vague signe du menton.

« Et lui, tu peux en faire ce que tu veux. »

Il s’attendait presque à ce qu’elle éclate de rire. Après tout, elle n’avait pas besoin d’avoir une quelconque autorisation pour s’en prendre à quelqu’un. Mais il espérait que cela suffise pour relancer la conversation, juste le temps de réfléchir à l’idée de prendre le risque de tansplaner ou non. Il se doutait que la jeune femme n’en avait rien à faire d’un simple auror. Donc si c’était un coup de bluff ? Évidemment que oui. Au pire des cas… Steven lui servirait vraiment de diversion. Mais il en doutait. Il ne savait pas grand-chose quand il s’agissait de cette mangemorte en particulier, en fait. C’était comme jouer un jeu dont il essayait de s’approprier les règles.



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