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 :: AVANT DE COMMENCER :: Saison 2 :: Nuit Rouge de Poudlard (début juillet 1998) Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

On ne vous oubliera jamais... [Sujet Commun]

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ESTED
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Mar 2 Oct - 21:44
On ne vous oubliera jamais...

    Trois semaines s’étaient écoulées depuis cette terrible nuit où le sang de bon nombre d’innocents avait coulé. Trois semaines est pourtant cette nuit était encore ancré dans toutes les mémoires.

    Aujourd’hui n’était pas un jour comme les autres. Aujourd’hui avait lieu l’inauguration du mémorial en l’honneur de toutes les victimes de cette bataille. Un immense monument en marbre blanc au dessus duquel se trouvaient trois statues : un sorcier adulte et deux jeunes étudiants de Poudlard, l’un devait être en première année et l’autre en cinquième année. Tous les trois semblaient unis fasse aux ennemis qui les asseyaient, baguettes levés. Dans le marbre blanc des dizaines et des dizaines de noms gravés. Le nom de chaque victime faite lors de cette bataille. De chaque enfant, de chaque adulte dont la vie s’est arrêtée cette nuit là.

    Après de longues heures de discussion, le ministère de la magie avait décidé que ce mémorial serait placé dans un coin du parc de Poudlard, près du lac pour que jamais personne n’oublie cette nuit là et les morts qu’elle a causé. C’est donc dans le parc de Poudlard que des centaines de sorcier afflués pour se recueillir. Au loin, on apercevait le château, interdit d’accès, encore en ruine. Les séquelles d’une bataille qui avait fait rage pendant des heures. Ce magnifique château qui émerveillait des centaines d’élèves tous les ans n’était plus qu’un amas de débris. La seule vue de ce château rappelait sans nul doute d’horribles souvenirs à tous ceux qui avaient survécus à cette « nuit rouge ».

    Des centaines de bancs et de chaises avaient été disposé pour accueillir au premier rang les familles des victimes puis le reste de la population magique. La sécurité déployait été importante. Angela Dawson avait été sans appel, elle n’accepterait en aucun cas qu’un mage noir ou un anarchiste détruise ce moment de recueil. Ce moment là, il était aux familles des victimes et l’on devait respecter ceci. Les aurors étaient déployés dans tout le parc, les invités devaient passer un portique magique de protection pour pénétrer dans l’enceinte du parc.

    Au centre, devant le mémorial, une estrade. C’est ici que la ministre de la magie fit son discours, devant des centaines de sorciers aux visages fermés, baignés de larmes, triste, en plein deuil.

    « Aucun mot existant ne peut retranscrire la douleur que ressent encore chacun d'entre nous aujourd'hui, certains beaucoup plus que d'autres. Aucun remède n'existe pour soigner cette douleur, et encore moins pour l'oublier. Car il ne faut pas l'oublier. Il ne faut pas oublier le moindre nom, il ne faut pas oublier la moindre victime. Il ne faut pas oublier cette nuit d'horreur qui nous a arraché des enfants, des innocents, injustement. C'est cette profonde injustice que le Ministère compte punir définitivement dans le futur. Nous... »
    « Commence par démissionner, incapable ! »

    Angela Dawson s'interrompit, cherchant un instant du regard la personne qui avait parlé. Elle ne le trouva pas, mais vit des regards réprobateurs et blessés de parents désirant vivre cette cérémonie en paix. La Ministre choisit donc de ne pas se formaliser et de continuer son discours.

    « Nous allons tout mettre en œuvre pour traquer les coupables et vous faire justice. Cela ne vous rendra pas vos enfants, je le sais. Sachez toutefois qu'un des lieutenants du Seigneur des Ténèbres est tombé durant cette bataille et qu'il ne sera que le premier d'une longue liste. Une très longue liste. L'heure n'est cependant pas à ce genre de discours. L'heure est au recueillement. Ce mémorial que nous allons inaugurer est intégralement dédié aux victimes de cette nuit d'horreur que beaucoup appellent la Nuit Rouge. Les noms de toutes les victimes sont gravés dans le marbre. Des sorts de protection ont été lancés pour l'empêcher d'être usé par le temps ou d'être profané, de même que toutes les fleurs ou tous les objets qui seront déposés ici en hommage aux victimes. À jamais, ces noms resteront dans nos mémoires. Puisse un jour la justice leur être rendue. »


***

Ceci est un sujet commun pour l’ensemble des membres. Chacun peut y poster les impressions de son personnage. Pas d’ordre de passage.
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Lord Voldemort
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Dim 7 Oct - 12:27


Assis dans son bureau, se situant au sein même du manoir des Malefoy, le Seigneur des Ténèbres regardait la couverture de La Gazette du Sorcier avec une expression mêlée de satisfaction et de dégoût. « Hommage aux victimes de la Nuit Rouge » tel était le titre qui faisait la une de ce torchon. Voldemort avait toujours détesté la Gazette, considérant qu’elle ne l’avait jamais estimé à sa juste valeur, et le Lord ne supportait pas qu’on ne le prenne pas suffisamment au sérieux. Mais maintenant qu’il était de retour, il comptait bien faire changer les choses.

Il tourna les pages du journal et reporta son attention sur la photo accompagnant l’article qui l’intéressait. Pour une fois, l’image était fixe, rien ne bougeait, tout visait à rappeler la mort qui s’était installée, froide et implacable, sur Poudlard cette nuit-là. Ah, ils étaient tous si incorrigibles ! Toujours en train de geindre et de pleurnicher, se plaignant de l’horreur qui les accablait. Ils étaient si faibles, si méprisables, et la photo du mémorial ne faisait qu’accentuer le désir que le Lord avait de les tuer.

Trois sorciers sculptés dans du marbre blanc, c’était si peu original, ce symbole de solidarité écœurant ne pouvait être qu’une idée de Dumbledore. Avec l’âge, le vieil homme ne s’arrangeait pas, bien au contraire, sa force déclinait et lui continuait à ne jurer que par l’amour et l’amitié. Au lieu de chercher à se relever de sa défaite, de rebâtir la ruine désolante qu'était devenue Poudlard, Dumbledore préférait replonger dans la faiblesse de la nostalgie et de la pitié en organisant cette cérémonie pathétique. Le Lord aurait bien envoyé quelques Mangemorts troubler le recueillement mais la sécurité était omniprésente et il savait que ce n’était pas le moment de perdre d’autres serviteurs. Bellatrix, son plus fidèle serviteur, n’était déjà plus de la partie et même s’il comptait la récupérer au plus vite, il n’allait pas se permettre de sacrifier des Mangemorts dans le seul but de se divertir un peu. D’autant plus que d’après ce qu’il savait, un inconnu s’était chargé de perturber le discours de Dawson, heurtant par la même occasion les âmes sensibles des familles des victimes.

L’article retranscrivait le discours du Ministre de la Magie dans son intégralité. Les derniers mots d’Angela Dawson firent sourire le Seigneur des Ténèbres –enfin, disons que ses « lèvres » s’étirèrent de quelques millimètres-, la Ministre voulait la justice mais elle n’obtiendrait rien d’autre que la mort et la destruction et ça, le Lord pouvait le lui jurer.
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Iris Prescott
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Dim 7 Oct - 17:53
Trois semaines s'étaient écoulées depuis la bataille de Poudlard. Trois semaines, trois longues semaines. Iris avait toujours du mal à s'endormir le soir. Quand elle fermait les yeux, elle revoyait le château, des parties en ruine ou en feu, elle revoyait le couple Lestrange, les innombrables corps dans les couloirs – dont celui qu'elle avait un instant essayer de sauver - et se réveillait en sueur après une vision d'elle-même en train de fuir un Feudeymon ou subir le sortilège de Doloris. Iris avait dû passer une nuit ou deux sans cauchemar mais pas plus. A chaque fois, elle croyait avoir fini avec ça, elle pensait avoir tourné la page. Mais non. Et même la présence permanente de ses parents ou de sa fille n'arrivait pas à calmer ses angoisses nocturnes. Iris avait arrêté d'appeler sa mère dès qu'elle sortait d'un de ses cauchemars : celle-ci s'était déjà bien trop inquiétée pour elle pendant le huis clos. Alors, elle souffrait en silence, priant pour que le temps fasse effet et que ces horribles souvenirs disparaissent. Elle avait eu peur cette nuit là, peur de mourir, peur de voir tous les gens à qui elle tenait mourir et elle ne voulait plus revivre un truc pareil.

Ces trois semaines étaient passées à une allure folle. Iris avait l'impression que les journées se finissaient très vite alors qu'elles étaient censées être plus longue en été et en trois semaines, elle n'avait pas fait grand chose. La première semaine, elle était surtout restée prostrée chez elle, auprès de ses parents et de sa fille d'un an déjà. Iris était soulagée d'être chez elle, loin de Poudlard, loin des histoires de huis clos, de mage noir ou d'Hellson. Elle avait revu sa fille, enfin, et pouvait dès à présent passer l'été avec elle, assumant enfin pleinement son rôle de mère. Et quelque part, elle était soulagée d'avoir à s'occuper toute la journée de sa fille, qui était devenue son seul et unique centre d'intérêt : elle ne pensait pas à toutes les horreurs de la terrible bataille quand elle avait sa petite Madeleine dans ses bras, elle pensait juste à la rendre heureuse. Des gestes simples au final mais qui lui permettait de penser à autre chose, de reprendre un rythme de vie à peu près normal bien qu'elle soit toujours aussi profondément marqué par les images du château en guerre, d'elle courant partout en compagnie d'Eden d'abord puis seule, pour aider les gens qui avait besoin d'elle ou tout simplement pour s'assurer qu'un maximum de ses proches seraient à l'abri. Pour l'aider à passer ce moment difficile, ses parents avaient décidé qu'il serait bon pour elle d'être suivi par un médecin, un psychologue sorcier avec qui elle pourrait parler de tout ça. Alors, elle passa beaucoup de temps à Sainte Mangouste par la suite, où un service avait été mis en place pour les élèves dans son cas. Au début, Iris n'était pas vraiment enchantée à l'idée de devoir passer plusieurs heures par jour dans un hôpital qui lui rappelerait sans arrêt ce qu'il s'était passé. Et puis au final, elle se rendit compte que c'était exactement ce dont elle avait besoin : parler, parler avec les autres élèves qu'elle revoyait ou avec des adultes qui essayaient de leur faire oublier ce traumatisme.

Ses allées et venues à Sainte Mangouste lui permit également de prendre des nouvelles de ses amis et pour la plupart, ce n'était guère réjouissant. Iris fut ramenée rapidement à la réalité et son monde s'élargit un peu plus, il ne tournait plus seulement autour de ses parents et de sa fille. Elle apprit que des élèves avaient été attaqué par un loup-garou et que même s'ils avaient survécu, ils seraient atteint de lycanthropie. Parmi eux, Léo Pettigrow, garçon de son année et de sa maison qu'elle appréciait sans pour autant être proche de lui et Elsie Raynes, une des cousines d'Eden. Iris s'était sentie vraiment triste pour leurs proches et dégoûtée de constater à quel point des histoires aussi futiles que des guerres des clans entre mangemorts et anarchistes pouvaient aussi mal finir et que les victimes n'étaient que des gens qui n'avaient pas cherché à entrer dans cette bataille. Les fautifs n'étaient autre que le Seigneur des Tenebres et Hellson dont la mort ne lui avait strictement rien fait. Si le premier pouvait connaître le même sort, Iris serait même soulagée car enfin, le monde sorcier pourrait connaître une paix attendue. Mais pour le moment, cela ne semblait pas d'actualité et le seul qui s'y était risqué n'était plus là. Iris décida rapidement de ne plus penser à toutes ses histoires pour s'occuper d'abord de ses problèmes à elle ainsi que de ceux de ses amis. Alors qu'elle avait passé une première semaine isolée et enfermée chez elle, elle occupait maintenant ses journées entre sa fille et des visites à l'hôpital pour prendre des nouvelles d'autres élèves de sorte à ne plus trop penser à elle, à ce qu'elle pouvait ressentir et à oublier ce qui s'était passé de son côté. Par moment, elle s'en voulait de n'avoir rien eu : elle n'avait pas de blessures graves qui la force à rester allitée, elle n'avait que des blessures psychologiques qu'elle cachait et qui laissait croire qu'elle vivait très bien l'après bataille alors que non. Lorsqu'elle réfléchissait trop, elle finissait par culpabiliser du fait de ne pas avoir pu sauver tout le monde, dont l'adolescent mort dans ses bras. Elle gardait cette image en tête et souhaitait l'oublier, le rayer de sa mémoire. Sauf que personne n'avait voulu lui lancer un sortilège d'oubliette. Tous avaient estimé qu'il fallait qu'elle accepte cette mort comme toutes les autres. Et quelque part, ce n'était pas juste pour ce garçon d'être oublié subitement. Non, c'était mieux qu'Iris se remette de tout cela d'elle même, même si c'était difficile et que pour le moment, la seule manière de ne pas penser à tous les morts étaient de s'occuper des vivants, des autres, ce dont elle avait toujours fait à merveille, même pendant le huis clos où elle veillait sur un peu tout le monde, essayant de garder un semblant de sécurité avec l'aide d'autres élèves.

Iris était à Sainte Mangouste lorsqu'elle apprit qu'une cérémonie et pour elle, ce fut une évidence : elle devait y aller, ne serait-ce que pour rendre homage à l'adolescent mort dans ses bras et pour tous les autres victimes. Au début, l'idée ne plaisait pas vraiment à ses parents mais en discutant avec d'autres, ils en conclurent que c'était peut être une étape nécessaire pour passer à autre chose. Ce fut donc le père d'Iris qui l'accompagna, sa mère restant chez eux pour s'occuper de la petite Madeleine qui n'avait évidemment pas sa place lors d'une telle cérémonie. Le matin de la cérémonie, Iris avait été, l'espace d'un instant, prête à rester chez elle : elle appréhendait beaucoup ce retour à Poudlard, même pour quelques heures. Mais elle s'était engagée auprès d'amis assurant qu'elle serait là et qu'ils pourraient tous se voir là bas. Elle ne pouvait plus reculer. Elle transplana alors avec son père à Pré-au-Lard, bouquet de fleurs en main pour le déposer devant le mémorial érigé pour les victimes de la bataille. De là, elle put constater que le ministère avait mis tout en oeuvre pour qu'il n'y ait aucun imprévu : les aurors étaient partout, assurant la sécurité de tous, dirigeant les sorciers vers le lieu de la cérémonie, le parc. Iris était accrochée au bras de son père tout le long de leur longue marche vers le château et ils finirent par entrer dans le parc par un portique magique, destinée détecter la moindre anomolie chez un invité à priori. L'accès au château était évidemment interdit et il suffit d'un seul regard vers les ruines de celui-ci pour qu'Iris se souvienne de toute cette nuit, de tous les détails. Elle fut parcourut d'un frisson et déjà, elle versait quelques larmes. Ici, elle n'arrivait pas à penser à autre chose qu'à toutes les victimes, qu'au gamin qu'elle n'avait pas pu sauver, qui était mort dans les bras, à elle et Eden. Et même si elle ne le connaissait pas, elle ne pouvait pas s'empêcher d'être triste pour lui, pour sa famille. Arriverait-elle à revoir un jour Poudlard comme un lieu sûr, sans danger ? Probablement pas.

Iris et son père furent invités à s'installer dans une rangée, sur un banc. Elle n'avait pas lâché son père depuis son arrivée et s'était contenté d'adresser quelques sourires forcés à des amis, des connaissances qui eux aussi étaient là pour se receuillir. Et puis tous écoutèrent le discours de la Ministre de la Magie, Angela Dawson, qui essaya au mieux de rendre hommage à toutes les victimes. Iris écoutait ses paroles le visage fermé, pensant sans arrêt à toute cette nuit. Comme beaucoup, elle chercha du regard la personne qui s'était permis d'interrompre le discours. Ce n'était pas le moment de parler de politique. Ce moment là était réservé aux familles des victimes, à tous les gens souhaitant rendre hommage aux élèves et adultes ayant péri durant cette « Nuit Rouge ». Pas aux histoires aussi futile que la politique actuelle. Angela Dawson le souligna elle-même, non sans se défendre auparavant ce qu'Iris trouva un peu déplacé. Mais passons, ce n'était qu'une broutille, un incident sans intérêt. Tout ce qui comptait, c'était de se recueillir. Et essayer de faire de ce moment un moment magique pour les victimes, pour cet adolescent qu'Iris avait voulu sauver et dont elle ne connaissait même pas le nom. Le discours fini, tout le monde se leva et se dispersa. Iris en profita un instant pour se détacher de son père afin de déposer le bouquet de fleur qu'elle avait préparé au pied du mémorial représentant trois personnes se battant, unis, baguette levée. Ce mémorial ferait donc à jamais parti de Poudlard et Iris pu alors adresser quelques mots silencieux devant, à la mémoire de tous les gens qu'elle avait pu connaître et finit par rejoindre son père qui discutait avec d'autres parents.
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Stacy Raynes
Quatrième année
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Lun 8 Oct - 19:57
« Vous avez tellement grandi… »

Amanda Raynes se mordit la lèvre. Stacy se contempla dans le miroir qui lui faisait face et tenta de se rappeler de quoi elle avait l’air la veille de sa rentrée à Poudlard. Elle se souvenait avoir revêtu son uniforme, toute fière, et avoir tournoyé dans sa chambre devant l’air amusé de ses sœurs. Elle avait les cheveux beaucoup plus longs, à présent. Alors qu’ils lui tombaient tout juste sur les épaules presque un an auparavant, ils lui parvenaient désormais à mi-chemin de la taille. Elle avait gagné pas mal de centimètres d’un coup, aussi, bien qu’elle n’y avait pas vraiment prêté attention jusque-là. À désormais douze ans, elle rattrapait pratiquement sa mère et était aussi grande qu’Elsie. Stacy pensait qu’il y avait de fortes chances pour qu’Ariel et elle finissent par les dépasser toutes les deux.

Mais elle n’était pas sûre que sa mère ne parle uniquement d’un changement physique.

Ariel, silencieuse comme toujours, était assise au bord de son lit, déjà habillée pour la triste occasion. Stacy portait la même tenue qu’elle : une robe très simple, à col rond, qui lui arrivait aux genoux. Et surtout, d’un blanc immaculé.

« Vous êtes prêtes ? »
« Je ne sais pas comment me coiffer. »

Cela faisait une demi-heure que Stacy essayait diverses coiffures sans parvenir à se décider pour l’une ou l’autre. Avec un serre-tête assorti à sa robe, sans, les cheveux nattés, lissés, ondulés… C’était bien la première fois de sa vie qu’elle accordait autant d’importance à ce genre de détail frivole. Cela dit, c’était également la première fois de sa vie qu’elle allait assister à une veillée funèbre. Mémorial. Cérémonie d’adieu. Peu importe le nom. Le résultat restait le même : aujourd’hui, elle allait enterrer ses amis.

Finalement, elle jeta un coup d’œil à Ariel.

« Je vais faire comme toi. »

Ariel ne répondit rien. Elle ne répondait rien depuis trois semaines. Pourtant, son regard se perdait de moins en moins dans le vague, et lorsque c’était Stacy qui parlait, elle la suivait toujours des yeux. Stacy avait hâte que sa sœur reparle : elle le ferait un jour, c’était certain. Il ne pouvait pas en être autrement. Mais le plus tôt serait le mieux. Elle ne voulait pas la brusquer, personne ne voulait la brusquer, mais elle se sentait un peu seule depuis que sa jumelle ne parlait plus et que sa sœur ainée passait le plus clair de son temps à Ste Mangouste pour apprendre à gérer son nouveau statut de lycanthrope. Et lorsqu’elle était à la maison, elle s’isolait souvent.

Stacy dessina rapidement une raie de côté et laissa ses cheveux flotter librement dans son dos après les avoir soigneusement démêlés. Elle avait l’air beaucoup trop sage comme ça, mais elle se voyait mal venir à la cérémonie avec son habituel style un peu débraillé. Poussant un long soupir, elle attrapa la main de sa mère.

« C’est bon, je suis prête. »

Ariel les rejoignit sans mot dire et saisit l’autre main de leur mère. Puis elles disparurent.

Le soleil lui fit plisser les yeux. Stacy détestait le transplanage : elle ne l’avait expérimenté que rarement lorsqu’elle accompagnait sa mère mais cela lui donnait le tournis à chaque fois, voire même un peu la nausée. Elles parcoururent toutes les trois à pied la distance qui séparait Pré-au-Lard de Poudlard, à l’instar de quelques autres familles venues de la même manière.

Le parc du château était magnifique en ce mois de juillet, mais les ruines à l’horizon témoignaient encore de la tragédie qui s’était produite ici, projetant une ombre froide sur l’herbe ensoleillée. Le regard de Stacy fut immédiatement attiré par la sépulture que l’on avait dressée dans le parc. Elle ne passa pas suffisamment près pour discerner les noms de ses amis gravés dans le marbre, mais le début de la liste défilait déjà dans sa tête. Celui d’Adam lui venait en premier, évidemment : elle l’avait vu mourir sous ses yeux. Il y en avait d’autres. Elle avait entendu parler à Ste Mangouste ou dans la Gazette, qui en ce moment ne semblait employer ses journalistes que pour rédiger la rubrique nécrologie. Mais Stacy était certaine que lorsqu’elle retournerait à Poudlard – si elle y retournait un jour vu l’état de l’école – elle serait encore prise de court en apprenant qu’un tel ou une telle n’avait pas survécu. Elle avait fait la connaissance d’énormément de monde, pour une élève de première année.

Elle prêta guère attention au discours de la ministre, trop absorbée par la sépulture. Sa mère dû lui signaler que c’était la fin et alors que cette dernière les attirait sa sœur et elle vers d’autres familles, elle s’échappa un instant pour s’arrêter au pied du monument et sorti sa baguette. Un adulte esquissa un mouvement en sa direction, craignant peut-être qu’elle ne fasse une bêtise, mais elle jeta son sortilège avant qu’il ne parvienne jusqu’à elle :

« Orchideus. »

Un bouquet de fleurs naquit au pied du monument parmi les autres offrandes. C’était la première fois qu’elle utilisait ce sort qu’elle avait toujours trouvé sans intérêt particulier puisque simplement là pour faire joli. Elle avait eu peur de ne pas le réussir et elle fut la première surprise du résultat, largement satisfaisant.

Ce n'était pas si mal, que la magie lui serve à autre chose qu'à jeter des maléfices pour une fois.
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Leah Goldstein
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Lun 8 Oct - 22:19
Hommage aux victimes de la Nuit Rouge


Par Éméride Dandenot

C’est demain que se tiendra à Poudlard la veillée funèbre veillant à honorer la mémoire des défunts de cette nuit que l’on se souviendra comme étant la «Nuit Rouge». Famille et amis sont invités à venir se recueillir face au mémorial édifié en la mémoire des victimes de l’attaque survenue il y a déjà trois semaines. La ministre de la magie, Madame Angela Dawson…


Trois semaines, vraiment? Elle aurait cru que ça faisait six mois. Non, un peu moins quand même. Six jours? Probablement plus, les blessures avaient eu le temps de cicatriser. Celles du corps, au moins. Car celles de l’esprit ne semblaient jamais vouloir s’effacer, peu importe le temps – dont elle n’avait apparemment plus aucune notion – qui s’écoulait. La vie semblait avoir adopté un rythme tout à fait irrégulier, tantôt trop rapide, tantôt lent au possible. À force de nuits d’insomnie et de siestes diurnes, Leah avait renoncé à tenir compte des jours qui passaient. Après tout, quelle importance qu’on soit jeudi ou dimanche?

Quitter l’école n’avait pas été très aisé. Lorsque les équipes médicales l’eurent finalement retrouvée, elles voulurent l’entraîner avec elles à Sainte-Mangouste, mais la jeune fille s’y était catégoriquement refusée. On la traiterait en spécimen, lui parlerait avec condescendance et pitié, comme à un enfant qui ne savait pas trop ce qu’il faisait… elle ne voulait pas de tout ça. Pis que tout, elle avait peur. Peur qu’ils veuillent la faire oublier. Qu’ils effacent de sa mémoire ces moments dramatiques, ces heures durant lesquelles elle était un monstre sans scrupule. Elle ne voulait pas oublier. Ne souhaitait pas penser à Dimitri dans le futur en ressentant une rage envers l’inconnu qui l’aurait tué. C’était elle, l’assassin. Elle devait s’assumer ainsi, il n’y avait pas d’autre choix. Évidemment, elle se doutait que le personnel infirmier ne se contenterait pas de ces explications et y trouveraient au contraire un argument supplémentaire pour l’interner. Aussi dut-elle faire preuve d’une grande volonté pour cacher son malaise et leur assurer que rien de grave ne s’était passé. Que seul son corps avait été blessé. Après un examen rapide, on l’avait laissé rentrer chez elle.

Cette épreuve là n’avait pas été plus facile. Elle revoyait encore sa mère, mortifiée sur le pas de la porte, attendant qu’elle réapparaisse, escortée d’Anthony et d’une délégation du ministère, grand-papa Goldstein oblige. Jane s’était précipitée vers eux et avait tenté de les enlacer tous les deux de ses maigres bras avant de réaliser que la tâche relevait légèrement de l’impossible, considérant la carrure de plus en plus imposante d’Anthony. Elle recula donc légèrement et posa une main sur la joue de Leah, qui tenta de soutenir son regard, malgré toute la douleur et la peur qu’elle y lisait. Elle avait redouté ces retrouvailles. Il lui fallu à nouveau expliquer ce qui s’était passé, vivre à nouveau tous les événements.

Leah s’était rendue à l’intérieur, où l’attendaient déjà Jared et son père. Après les avoir enlacés, elle du s’assoir dans un fauteuil et, pour la deuxième fois, relater les événements. Durant son récit, elle jeta une ou deux fois un coup d’œil en direction de Tony, en quête de soutien. Bien qu’elle eue souhaité retenir ses larmes, elle ne put, encore une fois, s’empêcher de pleurer. Quand elle eut terminé, elle put observer différente réactions de la part des membres de sa famille. Sa mère avait semblé absolument terrifiée. Leah l’avait senti tendue, comme si elle tentait difficilement de retenir ses larmes. La jeune fille lui en fut reconnaissante. Elle ne voulait pas pleurer à nouveau, et il était écrit que si sa mère fondait en larmes, elle en ferait de même. Stewart semblait lui aussi chamboulé, mais paraissait surtout contenir en lui une rancœur profonde. Si par malheur un des mangemorts qui avait manipulé Leah croisait un jour son chemin, les chances qu’il en ressorte en un morceau semblaient plutôt faibles. Jared eu la réaction la plus inquiétante. Plus le récit avançait, plus il devenait en colère, et ne faisait que peu d’efforts pour le cacher. Leah s’était sentie mitigée : lui en voulait-il à elle, de ne pas avoir su résister au charme? S’en voulait-il à lui, de ne pas avoir été là? En voulait-il aux mangemorts, pour ce qu’ils avaient fait? Chose certaine, il était furieux. À peine eut-elle terminé de parler qu’il s’était levé et avait quitté la pièce.

Les jours avait passé et les choses s’étaient quelque peu arrangées, sans pour autant revenir à la normale. C’était évident, rien ne serait jamais comme avant. Il y aurait toujours l’avant et l’après.

Parler à sa famille de cette nuit lui avait fait du bien, mais le mal était loin d’être guérit. Dès qu’elle fermait les yeux, elle revoyait les éclats de lumière verte en provenance de sa propre baguette, les regards effrayés des enfants couchés dans l’infirmerie, le sourire goguenard des mangemorts qui la voyait… Si bien qu’elle ne dormait pratiquement plus. En restant éveillé, elle trouvait le moyen d’échapper aux rêves, et ainsi n’avait pas à revivre encore et encore les mêmes instants douloureux.

Elle ne sortait plus beaucoup non plus. Elle s’était risquée une seule fois à aller marcher dans les rues, croyant que la vue des gens lui ferait du bien. Le périple s’était déroulé sans encombres jusqu’à ce qu’un homme de taille moyenne, aux traits fins et aux yeux rieurs, vienne dans la direction opposée à la sienne. Leah le vit sourire, et aurait même pu jurer avoir aperçu sa langue sortir furtivement au coin de ses lèvres, telle un sifflement de serpent. Devant l’apparition de Croupton, elle détala dans la direction opposée, laissant derrière elle un homme tout à fait innocent et complètement déboussolé. Les apparitions de ce genre s’étaient répétées tout au long du trajet du retour, et Leah s’était promis de ne plus sortir de chez elle, sous aucun prétexte. Même quand ses frères lui proposèrent de sortir jouer au Quidditch, elle s’y refusa, craignant les souvenirs indésirables.

Elle posa le journal, soupira, en entortilla une mèche de cheveux autour de son index. Elle devait y aller, évidemment. Par respect pour tous ceux qu’elle avait blessé, tous ceux qui avaient perdu un être cher, elle se devait de participer à ce mémorial. Elle en parla avec sa famille, qui sembla d’accord avec elle. Évidemment, il lui faudrait pour cela sortir. Retourner à Poudlard. Croiser des visages connus, des visages qui l’avaient vue sous l’Imperium. Bien qu’effrayée, elle se sentait prête.
Elle se coucha en se répétant comment agir et espérant ne pas flancher le moment venu. Elle pensa tant et tant que le matin arriva sans qu’elle n’ait pu fermer l’œil. Elle se leva et s’habilla sobrement, tressant ses cheveux en une natte qui lui tombait entre les omoplates. Elle descendit dans le salon puis, étant la première levée, attendit que les hommes de sa famille soient prêts, sa mère restant à la maison malgré son désir de rendre hommage aux disparus. En effet, même si elle l’aurait voulu, elle n’aurait vu de Poudlard qu’un immense rocher et de son parc luxuriant, une forêt sans fin.

Arrivés à Pré-au-Lard, les quatre Goldstein se dirigèrent vers l’enceinte de Poudlard, où les attendaient une escouade d’Aurors. Ceux-ci les firent passer tour à tour dans un détecteur de mauvais intérêts. Leah le franchit la dernière et, à peine en fut-elle sortie qu’on l’interpella. Elle sentit tous ses muscles se crisper sous la peur. Ce détecteur l’incriminait-elle d’une quelconque façon? Y avait-il, dans son esprit, un résidu de hargne? Elle sentit la main de Jared s’emparer de son épaule et la serrer. Ils se retournèrent tous deux vers la dame qui l’avait appelée. Légèrement déboussolée, celle-ci tendit un ruban à Leah, qui palpa sa tresse. C’était bien le sien. Elle prit le ruban que lui tendait l’Auror et la remercia d’une voix rauque avant d’aller s’assoir parmi la foule, composée de dizaines et de dizaines de personnes étant venues rentre hommages aux êtres qui leur étaient chers. Une estrade avait été montée, sur laquelle on pouvait voir la ministre Dawson, qui se préparait pour son discours. Derrière elle, sur des places d’honneur, se tenaient divers représentant du Ministère de la magie, que Leah connaissaient pour la plupart de vue. Il y avait aussi une chaise vide, que la jeune fille soupçonnait être celle d’Albus Dumbledore. Probablement avait-il jugé que sa place était parmi ses élèves. Une autre chaise était occupée, elle, par le Juge du Mangemagot, Levi Goldstein. Voyant apparaître sa famille, il salua d’un signe de tête Jared et Anthony, accorda un regard à son fils et ignorant superbement Leah, qui ne s’en porta que mieux. Elle tenta de se concentrer sur la sculpture. Celle-ci représentait trois sorciers, un adulte et deux élèves aux âges extrêmes des étudiants de Poudlard, combattant côte à côte un ennemi imaginaire. Tout autour du bloc de marbre sur lequel ils reposaient étaient inscrits les noms des victimes de l’attaque. L’idée que certains d’entre eux étaient là par sa faute lui serra le cœur, d’autant plus que jamais elle ne saurait qui ils étaient.

Leah n’écouta que très peu le discours de Dawson. Lorsqu’il fut fini, elle prit un moment pour se promener dans le parc et pour observer le château de loin. Bien que sévèrement endommagé, il restait magnifique. La jeune fille espéra qu’il soit réparé rapidement : plus elle restait chez elle à se morfondre, plus elle risquait de ne jamais plus pouvoir mettre les pieds dans ce château qui avait été son foyer. Elle tourna la tête vers son père et ses frères, qui discutaient un peu plus loin. Son cœur se remplit d’une détermination qui n’avait pas été présente depuis plusieurs semaines.

Elle serait forte. Pour ses parents, pour ses frères, pour elle-même. Elle vaincrait ses craintes et ses démons, peu importe le prix. Elle redeviendrait celle qu’elle avait été, et retournerait à Poudlard la tête haute.
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Mer 17 Oct - 16:31
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Elsie avait décidé de ne pas rejoindre ses petites sœurs lors de la cérémonie, ni sa mère qui les accompagnait. Elle rayait les jours, les uns après les autres. Bientôt la pleine lune. Et elle ne pourrait y échapper. Elle souffla, tripotant le bas de sa robe nerveusement. Elle avait appris que ses sœurs, Stacy et Ariel, étaient vivantes. Même si Ariel demeurait dans un silence inquiétant, après tout, elle aussi, ne parlait plus beaucoup lorsqu'elle se trouvait à la maison. Elle s'enfermait dans sa chambre, étudiait des vieux bouquins parlant de Lycanthropie. Son cœur se pinçait, comme une plainte silencieuse, et elle ne pouvait rien faire pour atténuer la douleur de ce fait. Elle était devenue lycan. Jusqu'à la fin de sa vie, ce serait ainsi. Elle fit glisser un pan de sa robe noire, et un rictus s'afficha sur son visage. Une cicatrice, croissant plus clair, apparaissait sur son épaule. Elle se hâta de remettre le tissu noir sur sa peau, prise d'un soudain haut-le-cœur. Elle quitta Ste Mangouste, non sans avoir salué chaleureusement les autres enfants.

Elle entra dans le parc, et son cœur se vrilla. Comme si son corps était trop faible pour la porter. Elle regarda dans le coin là-bas. Et elle pouvait presque revoir la flaque de sang dans laquelle elle baignait avant qu'on la trouve. Elle revoyait les yeux bleus de Fenrir Greyback qui la repéraient, son sourire lubrique, sa voix. Il la laissait faire deux pas. Avant de fondre sur elle. Elle n'alla pas s'asseoir, préférant se mettre dans un coin, tranquille, avec comme seul accompagnement le froufrou des feuilles dans la brise. Elle regarda les familles, qui se pressaient les unes après les autres près de l'immense monument que l'on avait bâti là. Une statue. Un adulte et deux enfants. Elle attendit que la plupart des gens s'en aillent pour s'extraire de sa cachette. Elle n'avait pas envie qu'on prenne pitié d'elle, on l'avait déjà trop fait. Ou qu'on chuchote après dans son dos. Oui, elle avait survécu, oui, elle était lycan. Elle caressa le sépulture blanche, et inséra ses doigts dans le creux des lettres d'une personne qu'elle connaissait. Caliban. Un de ses meilleurs amis. Elle avait envie de pleurer, mais ça restait coincé dans sa gorge. C'était dur pour tout le monde.

Elle se baissa pour rajouter quelques tiges de Lilas. Elle aurait pu faire comme les autres, et jeter un sort. Mais elle avait envie de faire cela de façon traditionnelle. Après tout, c'était le deuil de l'un de ses meilleurs amis, mais aussi celui de son humanité. Celle qu'elle avait perdu à cet endroit précis. Elle jeta un regard désolé au château détruit. Reviendrait-elle ? Dans combien de temps ? Sa gorge se serrait. Les anarchistes, les mangemorts, et les aurors. Quel rôle jouait-elle dans ce tableau sans nom ? Elle soupira en ramenant une mèche blonde derrière son oreille. Oui, bientôt, son heure viendrait. Elle ne savait pas si elle pourrait retourner à Poudlard, si cela ne réveillerait pas trop de souvenirs douloureux en elle. Elle s'écarta à son tour, pour laisser la place à d'autres endeuillés.

Elle fit quelques pas, pour s'éloigner, rejoindre un portoloin qui la ramenerait à Ste Mangouste, elle ne se sentait pas de taille à rejoindre les Raynes. Elle devait prendre encore un peu de temps pour elle, sans qu'on vienne la consoler de ses cauchemars nocturnes. Et puis d'un regard tourmenté, elle fixa le ciel. Quand serait sa Lune ?

Cap ou pas cap de reprendre le dessus ? Cap.
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Jesse-Rose Greenwood
Étudiante en Quidditch
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Mer 17 Oct - 20:12
    Son père l'avait enfermé dans le bureau pour ne pas qu'elle aille voir ses amis à l'hôpital. Elle savait très bien que Drago y était, Jesse-Rose avait envie d'aller le voir et en même temps non. Alice également y était, ainsi que ses autres amis même si ces derniers n'étaient plus fréquentable. Elle n'avait pas de nouvelle d'Harry, de Kaysa, de Mable, de Tess ou bien encore de Nathaniel. En revanche elle avait vu Aleksei mourir sous ses yeux, elle l'avait vu tombé, elle avait vu mourir puisqu'il est mort dans ses bras. Pendant longtemps, il avait été l'homme de sa vie, elle devait se marier avec lui, son père lui avait annoncé tout à l'heure. Il ne savait pas que finalement Jessie était promise à Drago, dans son dernier souffle il à assuré à la blonde que se marier avec elle aurait été la plus belle chose de sa vie. Ces mots résonnaient comme un écho dans sa tête, elle n'arrivait pas à les enlever. Assise dans le fauteuil avec un chocolat chaud dans les mains, le regard perdu dans le vide elle ne savait pas ce qu'allait être sa vie. Certes, Jesse-Rose allait se marier avec Drago, elle avait des sentiments pour lui mais elle sait également qu'elle va être le sbire de Rodolphus et cela lui faisait peur, très peur. Elle ne savait pas vraiment quoi faire, fuir et laisser Drago seul ? Peut-être... Il méritait d'avoir un autre type de femme, Jessie ne fera pas une bonne épouse et encore moins une bonne mère.
    Monsieur Greenwood rentra avec sa mère, sa génitrice lui donna sa tenue noire des pieds jusqu'à la tête. Jesse-Rose la prit tel un automate pour partir dans sa chambre et l'enfiler. Elle était encore sous le choc de la mort d'Aleksei mais elle ne pouvait rien montrer, surtout pas à ses parents. C'est pourquoi, une fois sous la douche, elle se mit à pleurer doucement en se laissant glisser contre la paroi gelée. Être toute nue lui permettait de pleurer, elle avait fait tombé sa carapace en même temps que ses vêtements. Après une bonne et longue douche, elle enfila ces vêtements qui lui allaient comme un gant mais qui la rendait pâle. Ses cheveux blonds encore mouillé englobait ses omoplates. Elle se les attacha avec des gestes lents étant encore en proie à des spasmes de larmes. Les yeux rougit, les lèvres sèches et gercées, elle se dépêcha de cacher tout ça avec du maquillage avant de descendre. Son père l'attendait dans le bureau, elle ferma la porte et resta debout droit comme un i.

    « Jesse-Rose.
    -Père ?
    -Une cérémonie est faite à Poudlard pour les élèves tombés lors de la bataille.
    -Oui.
    -Tu veux y aller ?
    -Si vous m'y autorisez oui.
    -Tu peux y aller.
    -Merci. »

    Elle s'inclina légèrement avant de sortir. Jesse ne se battait plus, elle n'était que l'ombre d'elle-même. Heureusement qu'Harry ou Nathaniel ne la voyait pas comme ça, heureusement. Ils seraient déçu... Que dirait Drago ? Il aurait tout le temps d'y penser puisqu'ils allaient se marier. Alice, peut-être serait-elle déçue... De toute façon Jessie n'avait pas le choix. Il fallait à un moment se rendre à l'évidence : elle était prise au piège et il ne lui restait plus qu'à serrer les dents et faire tout pour survivre. Elle était persuadée que la suite des événements n'allaient pas lui plaire. Il était évident qu'elle allait être testée... Allister, son nouveau frère d'arme qui la drague ouvertement malgré leur différence d'âge, arriva. Il devait l'accompagner à Poudlard.

    Arrivée à l'école, Jessie tentait de rester de marbre face à tous les élèves qui pleurait. Le discours, elle l'écouta debout sous les arcades, si Allister rigolait en entendant le ministre se faire humiliée : elle garda le silence ce qui fit taire son compagnon. Une fois le discours finit, elle s'approcha des élèves qui étaient devant la stèle. Le nom de Kowalski y était... Son cœur se serra et ses yeux se remplirent de larmes, elle renifla et tenta de respirer pour se calmer. Allister voulut la prendre dans ses bras mais elle s'éloigna. Le seul contact qu'elle voulait était celui de Drago. C'est pourquoi, en voyant que certains l'avaient reconnu, elle transplana de nouveau : elle n'avait pas envie que tout le monde voit qu'elle était devenue un monstre.
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Mer 24 Oct - 17:54
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    Le temps était passé à la fois très vite et très lentement, laissant Selena dans un drôle d'état d'esprit. Une part d'elle, celle qui la rattachait à Pourdlard, l'endroit qui avait été son école, était encore dans le brouillard, dans le flou. L'autre part d'elle, lui paraissait avoir grandi d'un seul coup. Les moldus nommaient sans doute cela dédoublement de personnalité mais elle s'en fichait. Quand la nuit avait été fini, elle avait vu l'aube se levait sur les ruines de Poudlard puis il lui avait fallu attendre le matin pour regagner la maison familiale des Rogues, avec ses parents. Elle s'était refusée à quitter le lieu des combats sans eux, se dissimulant de ci, de là derrière les murs. Puis, une fois rentrée, c'était comme si elle avait sentit son cœur se fissurer peu à peu et avait finit par éclater en sanglot une fois qu'elle avait regagnée sa chambre. Elle avait passer des heures dans sa chambre, à ranger, trier et classer ses notes de cours et ses livres. Sans le montrer, elle avait pris des nouvelles de ses camarades Serpentards. Drago, son frère, son cher frère malgré la distance qu'il s'était imposer, avait fini à l'hôpital. Elle était aller le voir une fois, mais il dormait. Elle n'avait rien fait pour signaler sa présence, elle était juste rester à son chevet à le regarder dormir pendant une demie-heure puis était partie sans bruit, comme une ombre. Elle avait essayer d'avoir des nouvelles de Jesse - Rose, d'Alice aussi et même d'Eden. Se raccrocher à ceux qui avaient son paysage, ses habitudes pendant toutes ses années. Certains avaient répondu, elle avait eut des nouvelles d'autres dans la presse, d'autres demeuraient muets.

    Elle, elle avait des journées oscillant entre fébrilité et crise de larmes au fond de sa baignoire. Chaque nuit, elle faisait des rêves peupler de château en flamme et de sort qui fuse. Son père, toujours aussi distant, à sa manière, avait fini par venir poser un flacon de sommeil sans rêve chaque nuit sur sa table de chevet. Pour le remercier, à sa manière, elle avait passée ses 'vacances improvisées' à l'aider à ranger son laboratoire de potions. Au début, elle avait été démolie en quelques sortes puis avec la force unique des Rogue, elle s'était relevée. Plus forte, plus mûre. Sans doute comme tous les élèves de Poudlard. Quand elle avait su pour l'inauguration, elle avait hésité un instant avant de s'y rendre. Est-ce que cela servirait à grand chose de pleurer pour des morts qui ne nous voyait plus ? Finalement, elle avait décidée que ce serait un moyen de tirer un trait sur le passé. Pas oublier, cela serait impossible et inutile, mais une manière d’aller de l'avant.

    C'est ainsi qu'elle se retrouva dans le parc de Poudlard, au milieu d'une foule d'anonymes ou de personnes connues. Elle avait passée le portique magique sans broncher, puis était rester dans la rangée du banc du fond, à l'écart de tous. Peu concernée par la cérémonie, les mots n'étaient que des mots pour elle dans ce genre de moment, elle contemplait le château, encore en ruine. Son esprit superposa par-dessus les ruines la dernière image qu'elle avait du château encore en flamme. Elle resta ainsi à fixer les ruines puis reposa son attention sur l'assemblée. Elle avait du mal à trouver ses camarades serpentards, peu d'entre eux avait dû avoir la tête à venir à cette petite cérémonie. Elle haussa un sourcils à la petite intervention d'un lâche qui ne fut même pas capable de défendre ses idées à visage dévoilé. Bien sûr, le discours de la ministre était creux, voir même pompeux pour ceux qui avait endurer cette nuit terrible. Mais l'heure n'était pas à se rebeller, pas encore. Selena retient sa langue et continua à scruter la foule.

    Du coin de l’œil, elle aperçut Jesse- Rose, le visage ravagé par les larmes , l'air pâle, les yeux hagards et elle fut tenter de s'élancer vers elle mais la jeune fille disparut en transplanant, la laissant seule dans la foule devant le monument au mort. La gorge quelques peu nouées, elle resta à distance mais agita sa baguette, faisant apparaître sur le sol devant le monument, une minuscule petite pousse. Elle avait longuement réfléchie avant de choisir quel présent elle allait poser au pied du monument. Finalement, elle avait opté pour une pousse de rosier, encore jeune, aux fleurs noires veloutés striées de blancs et de rouges. Le noir pour la mort, le rouge pour le sang versé et le blanc pour l'espoir des jours meilleurs. La plante était spécial, les racines s'enfonçaient profondément dans la terre et si jamais l'idée venait en tête d'arracher le rosier, ce dernier étendrait ses racines sous terre pour pousser plus loin. La rose, c'était l'amour et Selena trouvait que la ténacité de la plante correspondait bien à l'idée de ce que la nuit rouge avait fait d'elle et du reste de Poudlard.

    Sans un mot, sans un bruit, elle repassa le portail puis regagna la demeure des Rogues, faisant fleurir la même rose dans un pot qui profitait de l'air extérieur sur le rebord de la fenêtre de sa chambre.
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Kaysa Potter
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Lun 29 Oct - 15:13
    Toute la famille Potter était réunie autour de la table. Cela n’avait pas eu lieu depuis le départ des trois enfants pour Poudlard en septembre dernier. Mais cette fois ci, la raison était bien plus triste qu’un simple départ pour l’école de magie. Bien sur, ils iraient à Poudlard, mais pour une toute autre raison. Aujourd’hui avait lieu l’inauguration du mémorial en l’honneur des victimes de la bataille de Poudlard.

    Trois semaines. Voilà le temps qui s’était écoulé depuis la bataille et Kaysa revoyait encore les images comme si elles avaient eu lieu la veille. Sa mère s’activait dans la cuisine en silence terminant la vaisselle du repas du midi aidait par son père. Harry, Cassandra et elle étaient toujours assis à la table mais aucun d’eux ne parlait. Cassandra ne parlait plus beaucoup depuis qu’on lui avait annoncé la mort de Roxanne, leur cousine. Kaysa ne pouvait qu’imaginer la douleur que pouvait provoquer la mort de Roxanne pour sa petite sœur. Elle avait perdu une cousine mais surtout sa meilleure amie.

    L’heure du départ arriva. Ils transplanèrent à Poudlard. Cassandra était avec sa mère, tandis qu’elle-même tenait la main de son père. Harry, lui, transplanait seul ayant déjà son permis. Elle sentit la pression de la main de son père autour de la sienne alors que le décor de leur salon disparaissait dans un tourbillon pour laisser place au grand portail en métal du château. Le cœur de Kaysa se serra à la vue de l’école de magie. Poudlard est un endroit magique, une seconde maison qu’elle était ravie de retrouver chaque année mais Voldemort avait réussi à détruire ça ! Quand elle pensait à au château à présent, ce n’était que pour se rappeler cette horrible nuit. Sa main resserra celle de son père, elle aurait pu la lâcher mais sa présence la rassurait. Elle du cependant s’en détacher quand les parents de Roxanne firent leur arrivée accompagné de la famille Lupin. Remus avait accepté de se charger d’accompagner le cousin de Lily jusqu’à Poudlard. Les parents de Roxanne étant des moldus. Lily prit son cousin dans les bras, la mère de Roxanne avait déjà le visage baigné de larmes. Kaysa s’en détourna rapidement alors qu’elle sentait ses yeux s’embuaient de larmes à son tour. Heureusement, sa meilleure amie vint à sa rescousse et la prit dans ses bras. Sa présence remplaçant celle de son père, elle réussit à calmer Kaysa qui reprit contenance. Remus leur indiqua que les Black et les Pettigrow étaient déjà sur place. Chacun leur tour, ils passèrent le portail en métal, le visage sombre. Une fois passé le point de contrôle, ils prirent la direction du parc, là où se trouvait le mémorial. Des centaines de chaises étaient disposés de par et d’autres de l’immense silhouette de marbre. Mais le groupe s’arrêta bien avant, rejoignant le reste des maraudeurs. Ils étaient tous présents. Leo, Lena, Sarah et Alex. Son regard resta de longues minutes accrochées à celui d’Alex, sans pour autant esquisser un seul mouvement dans sa direction. Elle sentit finalement son père posait une main sur son épaule pour lui indiquer qu’ils devaient aller s’asseoir. Ils seraient séparés du reste des maraudeurs. Faisant parti des familles ayant perdu un proche, ils devaient s’asseoir devant. A regret, elle lâcha la main de sa meilleure amie et suivi son père. Elle prit place à côté de sa petite sœur et lui prit la main dans un geste de réconfort.

    La ministre entama alors son discours mais Kaysa ne l’écoutait déjà plus. Son regard se posa sur les statues en marbre qui leur faisait face, un sorcier adulte et deux élèves de Poudlard. La ministre continuait de parler mais les pensées de la jeune fille étaient loin. Devant ses yeux défilés les images de la bataille, elle entendait résonner les cris de terreur des élèves, les cris de douleur de ceux qui était torturé. Elle revoyait les couloirs où des centaines de corps reposaient sur la pierre froide, la vie les ayant quittés depuis longtemps. Le sourire amusé et sadique du mangemort qu’elle avait affronté au cinquième étage. Le plaisir qu’ils prenaient à torturer et ôter la vie d’enfants innocents qui n’y étaient absolument pour rien dans cette guerre. On n’avait cessé de leur dire que Poudlard était un endroit sure, même elle n’avait cessé de l’affirmer alors qu’ils étaient coupés de l’extérieur et livré à eux même. Ils ne risquaient rien. Une belle illusion. Ils s’étaient retrouvés pris au piège. Les premières minutes n’avaient été qu’un pur massacre.

    Son cœur serra un peu plus encore, elle sentit la main de sa petite sœur serrait la sienne plus fort. Cassandra était en larmes, et Kaysa ne mit pas à longtemps à suivre. Elle faisait tout pour essayer de contrôler le flot de larmes qui menaçait de couler le long de son visage mais c’était un effort inutile. Elles coulaient malgré elle et la Gryffondor ne pouvait rien faire pour les retenir. Elle prit sa petite sœur dans ses bras, la serra contre elle. Elle sentit un bras protecteur qui vint se glisser autour de ses épaules et entourer les deux jeunes filles. Elle leva la tête, ses yeux humides croisèrent celui d’Harry.

    Le discours de la ministre prit fin. Les gens se levèrent petit à petit. On entendait le reniflement des gens qui avaient pleuré. D’autres étaient encore en larmes. Les gens se dispersaient petit à petit en groupe. Les Potter suivirent le rythme et rejoignirent le reste des maraudeurs. Kaysa avait réussi à se calmer, et les seules traces qui restaient de ses larmes étaient ses yeux rougis. Alors qu’ils arrivaient à hauteur du reste de leur famille, Kaysa aperçut une silhouette qu’elle connaissait bien au loin.

    « Jesse… » Murmura-t-elle alors qu’elle prenait la direction de l’endroit où se trouver la Serpentarde. Trop tard. Cette dernière avait déjà disparu. Elle n’avait pas vu Jesse depuis que cette dernière et cinq autres élèves étaient sortis de Poudlard par les bons soins d’Hellson. Elle aurait aimé lui parler, savoir ce qu’il lui était arrivé mais Jesse ne lui en avait pas laissé le temps. Kaysa s’immobilisa dans la foule. Son visage était baigné de larmes, autant que le sien pouvait l’être. Voilà la seule chose qu’elle avait pu voir.

    La brunette tourna la tête et son regard croisa celui d’une autre connaissance, pas une amie. Selena Rogue. Franchement, elle n’avait guère envie de se lancer dans une joute verbale. Aujourd’hui, la fille de Rogue n’était qu’une élève parmi tant d’autres. Kaysa ne ressentait rien d’autres vis-à-vis d’elle. Elle s’en détourna et fit un pas en direction du groupe des maraudeurs avant de s’arrêter.

    Finalement, elle fit demi-tour et prit la direction de l’amas de ruine qu’était à présent le château. A mesure qu’elle s’éloignait de la foule, un vent frais s’insinuer à travers ses vêtements mais cela ne l’empêcha de continuer sa traversé. Elle s’arrêta à l’entrée de la cour de l’école. Un cordon magique empêchant quiconque de rentrer dans l’enceinte de l’école. Son regard embrassa l’ensemble du château. Sombre, menaçant, en ruine… il n’était plus c’est endroit magique qui émerveillait les élèves à chaque rentrée. Il donnait plus l’image d’un château laissé à l’abandon. Kaysa sortit sa baguette alors que de nouvelles larmes faisaient son apparition sur son visage. Elle fit apparaitre un énorme bouquet de fleur qu’elle déposa devant le cordon. Voldemort paierait pour ce qu’il a fait. Il paierait pour la souffrance, la douleur qu’il avait causée. Lorsque la jeune fille releva la tête, son visage affiché un air déterminé. Elle jurait devant toutes les personnes mortes cette nuit là que Voldemort paierait ! Qu’elle ferait tout pour que le mage noir tombe. Même si elle devait y laisser la vie. Sa main se resserra sur sa baguette à s’en faire blanchir les articulations.
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Mar 30 Oct - 22:14
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Le temps. N’était-ce pas une notion sans logique lorsqu’elle s’exprimait sous forme de conseil ou de paroles réconfortantes. Le temps guérit les blessures. Cette phrase était absurde. Cette phrase n’avait de sens aux yeux de Nathaniel. Combien de fois lui avait-on cité ses mots depuis cette fameuse nuit ? Il ne saurait dire exactement. Beaucoup trop, assurément. Ce n’était pas de mauvaises intentions, il le savait, mais le serdaigle ne voyait de trace de réconfort dans une telle citation. Quoiqu’ils disent pour essayer de lui faire oublier l’horreur vécue, rien ne pourrait diminuer la douleur qu’il transportait. Elle était vive, brûlante… Constante. Non. Le temps n’avait effacé d’un centième la blessure que la guerre et de cette nuit où les ténèbres avaient pris possession de son monde. Cela faisait trois semaines et pourtant, il ne sentait pas de changement. Peut-être que les hématomes étaient moins bleu, peut-être que les cicatrices commençaient à se refermer et peut-être que la douleur physique diminuait, mais rien n’avait évolué, le temps ne semblait vouloir reprendre son cours normal, lent, silencieux, reposant… Trois semaines. Les images défilaient encore continuellement dans son esprit. Trois semaines. Dont une entière passée dans une chambre à Saint-Mangouste pour soignée une jambe brisée et une autre passée chez lui, tel enfermé dans une cage, sous les ordres de son père que Nate n’avait même pas eu la force d’objecter. Aurait-il pu en faire autrement en voyant le regard inquiet de son père ? Aurait-il pu, ne serait-ce songer, à lui désobéir après tant de mois passés, plus qu’ils n’avaient jamais été séparés, sous silence ? Non. Décidément, cette réponse lui avait sonné comme une évidence et Nathaniel n’avait cherché à la contredire. Et une partie de lui, oui, savait que cette semaine de repos coupé du monde extérieur lui ferait le plus grand bien. C’était rare, l’exception qui confirmait la règle, que Nathaniel Jacobs songe à avoir d’envies solitaires. Mais c’était la guerre. Cela avait été la Nuit Rouge. Cela serait différent à l’avenir.

Nate se fixait dans la glace depuis une bonne minute. Il s’était perdu dans ces pensées, un moment d’absence semblable à quelques-uns qu’il avait depuis la fameuse nuit. Un symptôme posttraumatise qui devrait disparaître d’ici quelques semaines. Il soupira et secoua vaguement la tête. Aujourd’hui était le jour de l’inauguration du mémorial. Aujourd’hui était le jour où il devra mettre une réalité sur la disparition de ses compagnons. Dans ce malheur, le blond avait une certaine chance, aucun de ses proches amis n’avait perdu la vie. Cela ne valait très peu au final, cela n’était à peine une maigre consolation. Parce que Nathaniel avait vu mourir, parce qu’il avait abandonné des camarades aux portes de la mort et parce qu’il avait perdu ce qu’il avait fait en sorte de préserver au maximum après la mort de sa mère, son innocence. Non. Cela ne valait rien. Ce n’était pas peut-être pas des proches ni des relations au beau fixe, mais ils avaient tous été, sans exception, des camarades qui avaient vécu les mêmes semaines d’emprisonnement et qui avaient vu, comme lui, leur monde basculer par les caprices de sorciers adultes. […]

Son reflet lui renvoya un jeune homme au teint quelque peu blanchâtre, des cheveux blonds en bataille étudiée, le visage impassible difficile à déchiffre et des traces d’hématomes à la hauteur du cou, encore beau malgré tout. Nathaniel se détacha de cette image. Lui qui était toujours soigné ne prenait plaisir à cette préparation, signe que l’heure du départ sonnait. Il ne voulait. Il voulait. Ses envies le tiraillaient. Il ne voulait retourner à ce château qui avait été sa maison durant sept ans et n’avoir que son apparence de ruine pour dernier souvenir. Il ne voulait voir les visages marqués tels que le sien qui lui renverraient ses propres douleurs. Mais il voulait aussi rendre hommage à ceux qui étaient partis durant la bataille, il voulait rassurer, avec quelques sourires dont il avait le secret, ceux pour qui il tenait et il voulait montrer que Nathaniel Jacobs était toujours là, vivant, prêt à revivre avec cette nuit en souvenir.

La voix de son père vint le chercher dans sa chambre. L’heure était de partir. Nathaniel rajusta une dernière fois son veston sombre, comme pour se donner du courage, et alla retrouver Matthew qui semblait avoir le même enthousiasme que lui face à la cérémonie à venir. Ce n’était peut-être pas un enterrement, mais c’était tout comme et les deux hommes avaient le même goût amer dans la bouche, les souvenirs remontant à la surface. Nate échangea un dernier regard avec son père avant qu’ils ne transplanent dans une même seconde. Ils n’avaient besoin de mot. Ils n’avaient besoin d’explication. Nathaniel ne lui avait encore posé de questions sur sa présence à la bataille, mais il avait encore le temps. Ces dernières semaines avaient été réservées pour le recueillement et ce mémorial allait marquer la fin de cet état. […]

Nate et son père posèrent pieds au même instant sur la pelouse du parc de l’école. Le temps sembla faire une pause durant une seconde. Le jeune Jacobs ferma les yeux brièvement et ne le rouvrit que lorsqu’il sentit son père s’éloigner. Son regard se plongea dans la contemplation du château, ou du moins, ce qu’il y en restait. L’émerveillement de la première fois lui semblait si loin à présent face à cette vision sombre et détruite du lieu. Tout défila vite. Le début de cette journée calme, paisible à la bibliothèque, l’heure du dîner et son moment passé avec Jillian avant que des mangemorts les attaque dans le couloir. Le cauchemar qui commençait. Sa poursuite dans le château avec des fidèles du Lord à ses trousses, son déboulement dans le hall, son expulsion vers les cachots, Sam, Alice, les flammes, l’auror blonde, l’explosion, le hall –encore-, le plan, les détracteurs, la mort omniprésente, son attaque, l’asphyxie et finalement son envol qui lui fit tomber dans l’inconscience. Stop !

Nate se détourna du château et s’éloigna à grands pas vers les sièges blancs rejoindre son père en essayant vainement de se changer les esprits. Il entendit à peine le discours de la ministre et eut seulement vaguement conscience de l’intervention importunée. Non, Nate se contenta d’observer chacun de visage présent, tentant de mémoriser chaque élève qui avait été présent lors de la Nuit Rouge. Les Survivants. Les anciens et futurs combattants de cette guerre qui était aujourd’hui devenue la leur. Les principaux acteurs de la suite à venir. Il observa longuement la famille Potter et compagnie, nombreux étaient-ils étant la cause, repéra avec soulagement Iris au côté de son père et eut un pincement de cœur en voyant de jeunes sorcières qui devaient avoir perdu leur plus belle innocence. Il vit Rose, éloignée de la foule, auprès d’un homme, mais ne chercha pas à lui faire part de sa présence, aussi étrange cela était-il à ses yeux. Il avait promis. Cela ne ferait que la mettre en danger et lui aussi.

Lorsque la cérémonie prit fin, Nate se leva et se mit à l’écart avec son père, le temps que la foule se disperse et qu’ils puissent aller rendre hommage aux morts avec le temps nécessaire. Ils n’échangèrent de mot, mais tout deux avaient la même pensée. Cela ressemblait tellement à un enterrement. Finalement, le nombre de personnes présentes diminua et le père et le fils allèrent se positionner devant le monument blanc maintenant implanté dans le parc de Poudlard. Un calme religieux prit soudainement Nathaniel et il leva doucement une main pour caresser le nom des disparus. C’était une fin. C’était un début. Étrangement, ce ne fut de la colère envers les dirigeants de la guerre qui vint l’envahir, mais seulement une immense lassitude. Lentement, Nate sortit de son veston un lys blanc qu’il déposa près d’une multiple poussée de rose. Il se recula, regarda Matthew Jacobs faire de même, et ferma ses yeux, devenus douloureux, dans une minute de silence.

Aujourd’hui était la fin. Demain serait le commencement. Et entre, Nathaniel devait leur dire adieu, leur promettre que leur mort ne sera pas vain. Ne jamais les oublier.
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Jeu 1 Nov - 23:46
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Étrangement, Harry ne ressent pas de peine. Cela aurait du être le cas, pourtant. Après tout ce qui était arrivé cette nuit-là. La nuit rouge … Après avoir perdu une cousine. Vu des enfants s'écrouler, morts, sous ses yeux. Et au moins autant d'adultes. Des personnes qui avaient tous une vie. Avec un emploi, une maison, des amis, des parents, des frères et sœurs. Et peut-être même des petits amis, des fiancés ou des époux. Et même des enfants. En somme, des gens qui avaient une famille.
Il avait vécu, comme tous, l'horreur. Mais ce qu'il retient de cette nuit-là, c'est surtout la terreur. Celle qui vous prend au tripe au moment ou vous pensez vivre vos dernières secondes. La peur qu'à tout moment, tout soit terminé. Pour soi mais aussi pour ceux qu'on aime. Harry avait eu la peur au ventre. Il n'avait jamais vécu ça auparavant, et c'est avant tout ce sentiment qu'il n'oublierait jamais. Il avait joué les braves, sans vraiment le décider consciemment. Il s'était battu, il avait défiés des mangemorts. Il avait fait le fier. Celui qui n'a peur de rien. Mais il s'était fait torturé, et ça n'avait pas sauver de vie. Et pourtant, il était sortit indemne de tout ça. Comment ? Il ne saurait le dire. Peut-être que si Jesse n'était pas intervenu, son père l'aurait torturé jusqu'à la folie ? Ou il l'aurait achevé, lassé de son petit jeu ? Ou peut-être qu'il aurait réussi à s'échapper seul. Mais qu'il se serait fait tuer par la suite. Il n'en saura jamais rien. Mais aujourd'hui, il est là, il est vivant. Et la seule chose qu'il ressent, c'est de la colère.

Quiconque connait Harry trouverait sa réaction typique. Parce qu'il lui est plus facile de réagir ainsi. Laisser place à la tristesse serait beaucoup trop douloureux. Alors il laisse la colère l'habiter. Il bout pour toutes ses vies perdues. Il rage d'être encore en vie. Il est en colère pour la souffrance ressentie. Pour les vies brisées. Et les innocences enfantines envolées à jamais. Il s'en veut de ne rien avoir pu faire. Il s'en veut de ne pas avoir pu sauver plus de vie. Il a essayé, bien sur ! Il s'est acharné. Il a protégé presque tous les élèves qu'il croisait sur son chemin. Il a aidé certains à fuir. D'autres à se cacher. Il a fait tout ce qu'il a pu. Et pourtant, il en a vu mourir. Et il en a vu tuer. A chaque fois qu'il y repense, il ne peut s'empêcher de culpabiliser de ne pas avoir pu faire plus. Il n'en dort plus la nuit. Ça la ronge, ça le bouffe de l'intérieur.
Dans les jours qui ont suivis la bataille, il n'a pas versé une seule larme. Pas à un seul moment, il ne s'est laissé aller à sa peine. Une peine qu'il ne ressent pas encore. L'annonce du décès de Roxanne n'a fait que renforcer sa haine. Il est allé voir Léo à l'hôpital et ça aussi, ça l'a mis en colère. Il ne le montre pas. Il reste droit, stoïque et fier. Mais sa mère l'a tout de suite vu. Elle qui le connait si bien. La douce et tendre Lily. Elle a essayé de lui en toucher deux mots comme seule elle sait si bien le faire. Elle n'a pu obtenir grand chose, cependant. D'autant qu'il est loin d'être l'enfant Potter qui a le plus besoin d'elle. Cassandra est inconsolable et Kaysa souffre même si elle essai toujours de ne pas le montrer. A côté, lui, il a l'air insensible. Mais il ne s'est même pas posé la question.

Le jour de la commémoration, l'ambiance était encore plus lugubre que depuis leur retour. La maison des Potter était bien plus habitée qu'elle ne l'avait été depuis des mois, et pourtant jamais l'ambiance n'avait été aussi pesante. Le repas du midi s'est déroulé en silence. La vaisselle a été faite en silence. Et les enfants Potter sont restés assis en silence. Puis, l'heure venue, l'ensemble de la famille transplana à Poudlard.
Harry avait autant envie d'y retourner que s'il devait rendre à sa propre mise à mort. Ils revenaient tous là ou tout avait commencé. Et ce curieux mélange de souvenirs heureux et d'horreur que le château lui rappelait lui donnait la nausée. Devant le portail, ils retrouvèrent les Lupin accompagné des Evans. Son oncle et sa tante étaient dévastés. Il venait de perdre leur unique enfant. Tuée dans une bataille concernant un monde dont ils ne faisaient même pas partie. Que pouvait-il y avoir d'aussi injuste ? Lorsque sa mère prit son cousin dans ses bras, Harry adressa un pauvre sourire à sa tante en larmes. Il lui serra brièvement la main dans un geste de réconfort qu'il jugea dérisoire. Il ne su même pas quoi dire. Quels mots aurait-il pu prononcer, de toute façon ? « Je suis désolé » ? Pouvait-on réellement dire ça à des parents qui venait, en quelque sorte, enterrer leur fille ? Puis, il fut rejoint par Tom avec qui il partagea une accolade. C'était bon de le voir ici, vivant et en forme. Il serra l'épaule de Nina en guise de bonjour tandis qu'elle consolait Kaysa. Puis passa sa main dans le dos de John qui se dirigeait vers Cassy. Lorsque Remus les informa que les Black et Pettigrow les attendait à l'intérieur, Harry échangea un regard avec lui. Ils pénétraient dans l'enceinte du Parc, en silence, afin de les rejoindre. Le portail de détection lui paru étrangement déplacé mais il n'attarda pas ses pensées dessus. Arrivé à hauteur du château, il tourna la tête vers les ruines et les flashs de ce qu'il avait vu cette nuit-là le frappèrent de pleine fouet. D'une telle force, et sans même prévenir, qu'il vacilla un instant. Voilà pourquoi il n'avait pas envie de revenir. Lorsqu'ils furent tous réunis, Harry embrassa Lena, donna une accolade à Léo et préféra ne pas déranger Alex' qui semblait perdu dans une sorte de transe bizarre, yeux dans les yeux avec Kaysa. Aujourd'hui, il n'était pas d'humeur à élucider ce mystère, comprendre ce qu'il se passait entre eux ou quoique se soit de ce genre-là. Puis, il serra Sarah contre lui. Les observant tout à tour, il ressentit de nouveau le souvenir de son inquiétude à leur sujet à tous lors de la bataille. Pour la première fois, il ressentit un pincement au cœur. De la souffrance devant celle de toute sa famille. Et celle de tous les gens réunis en ce lieu.

Bientôt, ils durent prendre place pour le discours de la ministre. Les Potter se rendirent dans les premiers rangs, car c'était là qu'était leur place. Au côté des Evans. Pour Roxanne. Il s'assit à droite de Cassy. Lorsque la ministre commença à parler, Harry observa la foule. Il entendait ses paroles, mais c'était surtout les visages qui l'entouraient qui retenaient son attention. Des visages baignés de larmes et tordus par la souffrance. Ressentant enfin de la peine, il se mordit la lèvre pour retenir son émotion. Pour se donner contenance, il porta ensuite son regard sur la statut dont il essaya de décrypter les noms. Les centaines de noms. Là encore, c'était trop dur. Il tourna la tête vers ses deux sœurs, unies dans leur douleur, dans les bras l'une de l'autre. Il les voyait rarement pleurer mais il ressentait toujours la même chose. Un mélange de colère et de peine. Il serra violemment la mâchoire. Il devait rester fort. Instinctivement, il recouvrit leurs épaules de ses bras et les serra contre elle. Son regard rencontra celui de Kaysa tandis qu'il sentait Cassy sangloter contre lui. Il restèrent ainsi un moment. Il sentit la main de sa mère courir son dos, pour lui donner du courage. Il en avait besoin. Soudain, le discourt de la ministre prit fin. Tout le monde commença à se lever. Et tandis que ses sœurs séchaient leur larmes, il aperçu une tête blonde près du monument. Il cru reconnaître Jesse-Rose. Si c'était bien elle, il ne serait qu'à moitié étonnée de la voir ici. Il se doutait qu'elle voudrait venir, même s'il n'avait aucune idée des personnes chères à son cœur qui auraient bien pu périr dans ce carnage. Cependant, il fut entrainer par la foule et ne pu s'en assurer. Alors qu'il retrouvait sa famille et qu'il discutait avec Sarah et Tom, son attention fut attiré par Kay' qui observait avec insistance un point au loin. Il suivit son regard et eu juste le temps de poser son regard sur le visage de Jesse-Rose que cette dernière disparue. Ainsi, il n'avait pas rêvé. Un instant, il ressentit de la déception à la voir partir ainsi sans qu'elle ne vienne à sa rencontre. Puis, il se dit que c'était surement mieux ainsi. Il n'étaient plus du même monde à présent. Et pourtant … Si c'était aussi simple dans son esprit. Et puis, elle pleurait …

Il chassa rapidement le visage de la blonde de son esprit. Il ne devait pas penser à elle. Surtout maintenant. Il chercha des connaissances dans la foule. Il aurait aimé retrouvé Hermione et Ron. Mais il ne les avait pas encore aperçu. Il y avait beaucoup de monde. Ou pouvait bien être les Weasley ? Et Ginny ? Harry avait l'impression qu'une éternité était passé depuis sa visite à Saint-Mangouste. Elle lui paraissait si lointaine. Et pourtant si proche. Et puis ... Jake était mort et il n'aurait pas le courage d'aller la réconforter d'avoir perdu celui qu'elle aimait, aujourd'hui. Celui qu'elle aime ... Ça aussi, ça fait très mal. Et honnêtement, Harry n'avait pas envie de faire preuve de courage pour ça. Il évitait surtout d'y penser.
Dans la foule il vit Nathaniel et Iris. Il y avait aussi Selena Rogue. Tous étaient là pour se recueillir. Il décida de se diriger vers la statut. Arrivé au pied, il lu les noms. Dans un effort dérisoire, il tenta d'en retenir un maximum. Ces derniers viendraient le hanté la nuit. Ainsi que les images de leur corps tombant au sol, pour peu qu'il l'ai vu. De nouveau, son cœur se serra douloureusement. Aujourd'hui, la souffrance commençait à se frayer un chemin.

Pour la première fois depuis trois semaines, une larme coule sur son visage …
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