RSS
RSS



 


 :: AVANT DE COMMENCER :: Saison 3 :: Avril-Juin 1999 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Je t'avais dit que je viendrais

avatar
Darren O. Hellson
Leader de l'anarchie
Âge du personnage : 35 ans
Nombre de messages : 1258
Célébrité sur l'avatar : Jared Leto
Voir le profil de l'utilisateur
Dim 11 Mai - 23:09

Darren se réveilla dans un tel sursaut qu’il bascula du canapé sur lequel il dormait. Dans un instant de panique et de confusion, il tenta de se défaire du plaid qui s’était emmêlé à ses jambes et eut des sueurs froides en se rendant compte qu’il ne trouvait pas sa baguette. Elle était pourtant toujours glissée dans son pantalon, non ? Il lui fallut presque une minute pour reprendre ses esprits et constater que sa baguette était restée sur le canapé, sagement posée sur le coussin. Se redressant pour se tenir assis, il porta une main à son visage et tenta de calmer sa respiration saccadée. Il avait l’impression qu’une chope de fatigue immense lui tombait sur les épaules. En même temps, combien d’heures avait-il réussi à dormir avant que ses cauchemars ne commencent à l’assaillir ? Quatre heures, trois heures ? Peut-être moins ? Il ne savait pas, il ne savait jamais. Tout ce qu’il savait, c’est qu’il était épuisé. Epuisé de fuir depuis plus de deux semaines, épuisé de ne dormir que quelques petites heures par nuit, épuisé d’être hanté dans ses songes par des images d’horreur, macabres souvenirs de cette nuit où il avait rencontré puis tué Aaron Kingfell.

Dans un soupir, Darren se glissa une main dans les cheveux et prit appui sur la table basse pour se relever avec une grimace. Il lâcha la couverture sur le canapé, récupéra sa baguette puis s’étira. Il avait l’impression d’être cassé de partout. Dormir sur un canapé n’était pas forcément des plus confortables. Pourtant, les chambres libres ne manquaient pas dans le manoir MacFly, mais il n’arrivait pas à se résoudre à en emprunter une. Comme si dormir sur un canapé lui permettrait d’être plus réactif en cas d’attaque… Il savait bien que ce ne serait pas le cas, mais c’était plus fort que lui. Il avait l’impression que relâcher sa vigilance rien qu’une minute allait le conduire à sa perte. Une des choses qui le terrifiait le plus dans la vie, c’était bien l’enfermement. Être entravé, se faire arrêter, être privé de sa liberté. La perspective de se faire arrêter par qui que ce soit n’était pas envisageable. Alors il ne relâcherait pas sa vigilance.

Etouffant un bâillement, il quitta le salon pour rejoindre la cuisine, ses pieds nus ne faisant aucun bruit sur le marbre froid. Il ne portait qu’un pantalon de jogging gris et un t-shirt noir, comme souvent lorsqu’il dormait. Il se mit à chercher du café dans la cuisine, et jura entre ses dents comme il ne le trouvait pas. Il ne trouvait jamais rien dans ce foutu manoir ! Il aurait pu appeler les elfes de maison, bien sûr, mais il n’aimait jamais le faire. Il n’avait jamais grandi avec cette habitude, ça ne changerait pas. Et puis, il n’avait pas forcément envie d’attirer l’attention sur lui. Il ne mettait pas toujours Siméon au courant de ses allées et venues au manoir. Il venait, puis il repartait. Il ne savait pas lui-même si son mentor était là parfois ou non. C’était peut-être mieux ainsi, il risquait moins de le mettre en danger en le voyant peu. Il en était de même pour tous les autres anarchistes. Pourtant, certains se faisaient avoir, quand bien même ils n’établissaient aucun contact avec leur leader depuis la mort du fondateur de l’Héritage. Ça avait été le cas de Carter, deux semaines plus tôt, qui avait pourtant réussi à fuir in extremis alors qu’un autre anarchiste du nom de Paul se faisait arrêter par les autorités. Hellson n’avait pas de nouvelles de son vieil ami, mais il espérait que tout allait bien pour lui. Penser à Carter le fit naturellement penser à Bonnie, la meilleure amie de celui-ci. Il n’avait pas encore réussi à la voir pour lui parler, comme beaucoup d’autres. Et à vrai dire, dans le cas de la jeune femme, il n’était pas forcément pressé de devoir s’expliquer : il se doutait très bien qu’elle devait être extrêmement remontée contre lui. Il allait avoir droit aux insultes, à l’engueulade, à la leçon de morale… Il en était sûr. Mais il allait la voir quand même. Elle faisait partie de ses proches, après tout, de ces quelques anarchistes des premières heures qui constituaient le noyau dur du mouvement. Alors forcément qu’il devait s’expliquer avec elle. Il voulait lui expliquer. Qu’elle comprenne, et qu’elle le pardonne. Même s’il se doutait très bien que son erreur n’allait pas être acceptée par tout le monde…

Soupirant d’un air profondément las, Darren abandonna l’idée de chercher du café et revint dans le salon pour se changer. Il enfila simplement un jeans et un t-shirt blanc, sur lequel il enfila un gilet noir à capuche dont il rabattit la capuche sur sa tête. Il faisait nuit dehors, ça ne lui était pas forcément utile, mais ça le rassurait. Il alla jusqu’à la porte d’entrée et resta sur le seuil pour s’allumer une cigarette. Il n’y avait bien que là qu’il pouvait se permettre de s’en griller une ainsi, dehors, sur le pas de la porte. Les sorts qui protégeaient le manoir ancestral étaient d’une puissance et d’une complexité à toute épreuve, ce qui rendait cet endroit secret des plus précieux pour lui. Pourtant, il se sentait toujours aussi nerveux à l’idée de rester trop longtemps au même endroit. C’est pourquoi, après avoir jeté son mégot de cigarette parterre, il transplana, sortant sa baguette de la ceinture de son jeans.

Il ne transplana pas directement dans l’appartement de Bonnie, mais dehors, dans une petite ruelle en face de son immeuble. Il rabattit la capuche du gilet sur sa tête et dissimulé par la pénombre, il observa le bâtiment et les alentours. Tout était calme. Il resta tout de même une dizaine de minutes à observer le périmètre, puis finit par se décider à prendre le risque de transplaner directement chez Bonnie. Il apparut dans la cuisine, plongée dans l’obscurité. Il était à peine quatre heures du matin passé, peut-être qu’elle devait être en train de dormir. Darren ne doutait pas que le bruit caractéristique du transplanage avait dû sûrement la réveiller. Elle allait probablement avoir un instant de doute et d’angoisse profonds avant de se lever en silence, baguette en main, prête à faire face à l’intrus et à attaquer dès qu’elle l’apercevrait. Hellson espérait juste qu’elle allait le reconnaître avant de l’attaquer, ça le saoulerait de mourir de manière aussi conne. Mais tant pis, il préférait allumer la lumière de la cuisine et fouiller dans les placards (à grand bruit) pour trouver un paquet de café et des filtres. Il se foutait bien de savoir qu’il n’était pas chez lui et qu’il débarquait comme si de rien n’était chez Bonnie au beau milieu de la nuit, pour le moment, il allait faire du café.



darren
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Nombre de messages : 474
Célébrité sur l'avatar : Scarlett Johansson (c)noragami
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 15 Mai - 9:57
Depuis quelques semaines déjà, Bonnie dormait très mal la nuit. Elle se réveillait régulièrement brusquement, en sueur, en proie à d’horribles cauchemars où elle voyait ses proches se faire torturer ou se faire tuer. L’anarchie commençait à avoir de sérieuses conséquences sur son moral et pour cause. Carter, son meilleur ami, son frère de coeur, s’était fait repérer une fois et avait échappé de peu aux chasseurs. Le pire dans tout cela c’était qu’elle n’avait pas de nouvelles. Oh, elle savait très bien comment Carter devait raisonner : ne pas lui donner de nouvelles directement pour ne pas attirer des soupçons sur Bonnie qui devait être un peu plus surveillée qu’avant, étant donné son lien avec Carter. Il n’était pas difficile d’enquêter sur eux deux, après tout. Ensembles depuis Poudlard, les chasseurs arriveraient vite à la conclusion que les deux là étaient très proches. Du coup, par précaution, Bonnie avait déjà préparé un sac d’affaires importantes à ses yeux, et préparer une lettre pour son vieux père, pour lui expliquer ses choix dans cette histoire. Se préparer pour la cavale avait été pour elle une manière d’accepter l’idée qu’un jour, elle ne vivrait plus avec autant de liberté. Qu’à force de jouer avec le feu, on se brûle, en quelque sorte. Néanmoins, elle restait très inquiète pour Carter. Elle avait appris la nouvelle il y a deux semaines d’un ami anarchiste, qui l’avait prévenu parce qu’il avait vu Carter le jour même de sa rencontre avec les chasseurs. Il lui avait donc fait passer un message mais depuis ce jour là, plus rien. Carter lui avait demandé de ne pas s’inquiéter, qu’il serait prudent, mais Bonnie ne pouvait pas s’empêcher de se poser mille et une question sur son ami, sur où il était, comment il allait etc … Elle en devenait même irritable, de très mauvaise humeur et s’énervait pour un rien. Pas  plus tard qu’hier elle s’était pris la tête avec son cousin parce qu’il avait été en retard pour leur dîner. Alors que d’habitude, elle n’est pas la reine de la ponctualité non plus. La présence de Carter lui manquait énormément : il avait toujours été là pour elle. Il ne se passait pas deux jours sans qu’ils se voient depuis quelques temps. Bonnie lui disait absolument tout, il était au courant pour ses sentiments pour Darren, et pour toutes les conneries qu’elle a pu faire et dont elle n’était pas forcément fière. Il la connaissait par cœur, et inversement. Alors, ne plus avoir son soutien le plus fort marquait la jeune femme qui avait perdu son repère. Elle se sentait affreusement seule, elle qui était pourtant si indépendante.

Les histoires sur les anarchistes n’arrangeaient rien évidemment. Sa confiance en Darren était un peu brisée car pour elle il était allait trop loin, et elle ne le pensait pas capable de tuer un gamin aux idées absurdes. Elle ne comprenait pas, elle ne reconnaissait pas le Darren en qui elle avait pourtant mis tant d’espoirs pour révolutionner le monde magique. Le plus énervant dans l’histoire, c’est qu’elle n’avait pas de nouvelles de lui non plus. Ou si. Une lettre, une phrase : « Je t'expliquerai tout dès que possible. Fais attention à toi. » Elle avait eu ce mot quelques temps après la mort de Aaron Kingfell, alors que tous les anarchistes étaient perdus. Bonnie, qui était en colère contre Darren, qui en avait encore fait qu’à sa tête, s’était empressée de déchirer le parchemin en mille morceaux avant de le faire brûler, de rage. Faire attention à elle ? Il faudrait déjà qu’il arrête de les mettre en danger comme ça, cassant encore plus l’image des anarchistes. C’était à lui d’abord d’assurer la sécurité de ses partisans. Du moins, c’était comme ça que le voyait Bonnie. Il fallait que tout le monde soit prudent, lui compris. Mais ce qui l’énerva le plus c’est bien évidemment qu’il n’avait pas consulté grand monde avant d’aller voir Kingfell, alors qu’un petit groupe dont Bonnie en avait conclu qu’y aller serait de la folie. Darren avait encore une fois écouté son égo, oubliant le reste. Elle attendait une explication de pied ferme, comprenant néanmoins qu’il ne pouvait pas débarquer comme ça, ou lui en écrire plus, c’était bien trop risqué et maintenant que Carter était en cavale, elle mesurait d’autant plus les risques encourus. Enfin, elle n’allait pas se montrer douce pour autant avec lui, parce qu’elle n’arrivait plus à le comprendre et que la situation la dépassait. Elle avait pardonné la Nuit Rouge, elle n’était pas sûre d’arriver à pardonner la mort du leader de l’Héritage, surtout après la cavale forcée de Carter.

Cette nuit là, Bonnie s’était couchée tard, ne trouvant pas le sommeil de toute façon. Elle s’était réveillée une fois en sursaut, après avoir rêvé de Carter, se faisant abattre sous ses yeux, sans qu’elle puisse faire quoique ce soit. Puis, elle s’était rendormie. La dernière fois qu’elle avait regardé l’heure, il était deux heures du matin, un peu plus. Et cette fois-ci, ce n’était pas un cauchemar qui la réveillait, mais le bruit traditionnel de transplanage. Du moins, c’était ce qu’elle avait cru entendre dans son demi-sommeil. Se redressant rapidement sur son lit, elle attrapa instinctivement sa baguette, comme elle pouvait le faire régulièrement en pleine nuit, lorsqu’elle entendait un bruit suspect. Elle avait toujours à ses côtés sa baguette, et une bombe lacrymogène, au cas où elle devrait faire face à un moldu. Elle resta un instant silencieuse, ne bougeant pas, guettant le moindre signe de vie. Son appartement n’était pas immense bien que sa pièce à vivre soit quand même imposante, elle pouvait très bien entendre ce qu’il s’y passait dans les pièces à côté.

Bonnie essaya de réfléchir quelques secondes, afin d’explorer toutes les possibilités. Car elle entendait effectivement quelqu’un, qui semblait ouvrir et fermer ses placards à grand bruit. Il y avait donc quelqu’un dans son appartement, c’était indéniable. Et Bonnie ne se laisserait pas faire. Elle regarda l’heure : quatre heures et des poussières. Ce n’était pas une heure normale pour une visite. Dans un premier temps, elle envisagea le pire, avec les chasseurs venus perquisitionner son appartement, mais pourquoi resteraient-ils dans sa pièce à vivre, une vaste pièce salon – cuisine ? Serait-ce un voleur, venu lui dérober un manuscrit de ses livres ? Ou alors, ou alors … Carter ! Carter, qui viendrait chercher un peu de réconfort tout compte fait, Carter qui aurait faim … Cela lui donnait un peu d’espoir, et de courage. Elle se leva de son lit, enfilant une robe de chambre en soie arrivant mi-cuisse pour couvrir sa nuisette couleur prune – elle ne comptait pas non plus se donner en spectacle, dans le cas où ce ne serait pas Carter. Aussi, elle attrapa également sa bombe lacrymogène posée sur sa table de chevet, au cas où elle aurait à faire avec un moldu. Baguette d’une main, bombe dans l’autre, elle était parée.

En sortant de sa chambre, elle aperçut de la lumière provenant de sa cuisine, ce qui confirma le fait qu’il y avait quelqu’un. Avec un long soupir, Bonnie s’arma de courage pour approcher à pas de chat, lentement pour ne pas faire de bruit. Arrivée à l’entrée de sa cuisine, elle s’arrêta pour y jeter un coup d’œil sans entrer. L’adrénaline monta d’un cran lorsqu’elle ne reconnut pas la silhouette de Carter de dos. Merde, c’était qui alors ? Déçue, mais n’oubliant pas le danger que l’intrus pouvait représenter, elle prit une grande inspiration et se lança. C’était dangereux, mais elle ne pouvait pas le laisser fouiller ses placards à sa guise non plus. Elle entra dans la cuisine, s’approchant doucement, jusqu’à la table-bar qui séparait la cuisine de la pièce à vivre. Restant sur la défensive, se tenant prête à riposter en cas d’attaque, elle prit la parole.

« QUI … »

Bonnie se tût, reconnaissant enfin la personne qui s’était introduit dans la cuisine : Darren Hellson.

« Ah. C’est toi. » Finit-elle par dire, plus que déçue.

Elle avait eu encore le petit espoir de voir apparaître Carter, mais non. Et là, elle aurait même préféré avoir en face d’elle un chasseur, Darren étant la dernière personne qu’elle souhaitait voir en pleine nuit, au saut du lit, malgré ce qu’elle ressentait pour lui. Elle n’était même pas maquillée ! Mais bon, c’était juste Darren. Et puis il pourrait constater qu’elle est toujours aussi canon même sans maquillage, si on enlève évidemment les yeux cernés par l’inquiétude, rouges de fatigue et la mine sombre. Et de toute façon tout ce qui lui importait en ce moment c’était de savoir si Carter allait bien, s’il était en sécurité. Ses sentiments pour Darren ? Largement mis de côté pour le moment.

« Je peux savoir ce que tu fais ? »

Bah oui, pourquoi venait-il à quatre heures du matin dans son appartement, juste pour fouiller ses placards ? C’était assez rare de le voir ici, il était plus habitué aux planques un peu miteuses et loin du centre ville de Londres. Bonnie avait un peu oublié la lettre qu’il lui avait adressée, n’attendant plus grand-chose de lui pour le moment. Alors, après avoir posé sa bombe lacrymogène sur la table, tenant toujours sa baguette, elle croisa les bras, de mauvaise humeur (mal réveillée), attendant la réponse de Darren de pied ferme.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Darren O. Hellson
Leader de l'anarchie
Âge du personnage : 35 ans
Nombre de messages : 1258
Célébrité sur l'avatar : Jared Leto
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 24 Juin - 23:44
Hellson ne put s’empêcher d’hausser un sourcil en entendant la déception dans la voix de Bonnie lorsqu’elle le reconnut. Allons bon, il ne l’avait pas vue depuis toute cette sordide histoire et elle était déçue de le trouver là ? Pour un peu, il se vexerait bien. Mais le visage de Carter s’imposa dans son esprit et il lui apparut alors comme évident que la blonde avait certainement dû avoir l’espoir de trouver son meilleur ami d’enfance dans la cuisine, et non lui. Mais ce n’était pas Carter, c’était lui, alors elle devrait faire avec.

Il appuya sur le bouton de mise en marche de la cafetière puis se retourna. Bonnie avait sorti sa baguette, forcément. Elle paraissait particulièrement fatiguée, avec ses cheveux défaits et des cernes sous les yeux, mais comme toutes les belles femmes, elle restait jolie même au saut du lit. Comme Darren la connaissait, il l’imaginait sans mal se ronger les sangs constamment pour le sort de l’anarchie et plus particulièrement pour celui de Carter. Lui-même ne payait pas de mine avec ses propres cernes. Croisant les bras, il s’appuya contre le plan de travail derrière lui et les yeux rivés sur Bonnie, il prit une profonde inspiration avant de soupirer. Ce qu’il faisait ? Excellente question. Il était là parce qu’il lui avait dit qu’il viendrait. Il était là parce qu’il avait des choses à lui dire. Il était là parce qu’il lui devait des explications, et il était là parce qu’il en avait besoin. A la place, il eut un rire sarcastique.

« Je suis en train de faire du café, ça ne se voit pas ? »

Comme pour illustrer ses propos, la cafetière se mit à gronder dans son dos. Pour un peu, Hellson pourrait presque avoir l’impression de vivre une matinée normale, comme un moldu pourrait préparer un café à une heure extrêmement matinale avant de partir au travail, dans son appartement, probablement avec sa femme. Mais ce n’était pas une matinée normale ; aucune ne l’était. Parfois, Darren se prenait à penser qu’une vie moldue serait probablement meilleure qu’une vie sorcière. Les moldus avaient leurs problèmes, bien sûr, mais au moins ils ne connaissaient rien à la magie et à tout ce qu’elle entraînait.

Las, Darren se passa une main sur le visage et se frotta les yeux. Quand il les releva sur Bonnie, il retrouva son sérieux.

« Non, je suis venu te parler. Je t’avais bien dit que je le ferais, non ? »

Il faisait référence à la missive qu’il s’était empressé de lui envoyer après toute cette pagaille. Bonnie faisait partie de ces anarchistes de longue date à qui il se devait de rendre des comptes, après tout. Il était normal qu’il prenne le temps de tout lui expliquer, même si les circonstances faisaient qu’il était en cavale et qu’il avait eu du mal à trouver le bon créneau pour prendre le risque de venir la voir. Mais il était là, et il allait enfin pouvoir tout lui raconter. Il allait commencer depuis le début, point par point, posément. Il avait maintes fois réfléchi à la manière de présenter les choses pour retrouver la confiance de ses anarchistes qui doutaient forcément de lui. Au lieu de ça, il parla sans réfléchir, les mots jaillissant de ses lèvres sans qu’il ne les retienne. Comme si au fond de lui, il n’avait attendu cet instant que pour pouvoir convaincre Bonnie à tout prix de croire encore en lui.

« J’ai merdé. J’ai merdé, Bonnie, mais je te jure que ce n’était pas du tout ce que je voulais. Je n’ai pas décidé d’aller le voir pour le tuer, ce n’est pas ce que je voulais, pas sans vous en parler, je… C’est… »

Il s’interrompit, conscient peut-être de paraître plus désarmé qu’il n’avait eu l’intention de le montrer. Se redressant contre le plan de travail, il décroisa les bras et se racla la gorge. Derrière lui, la cafetière continuait de se remplir dans un ronronnement sourd et presque rassurant. Il se sentit idiot de déraper comme ça, comme un enfant s’empresserait de se justifier d’une faute en chouinant. Il n’avait plus douze ans. Et encore, même à douze ans il ne s’abaissait pas à faire ça. Pour retrouver contenance, Darren fit quelques pas dans la cuisine pour ouvrir d’autres placards et chercher deux tasses.

« Excuse-moi, parlons d’abord de Carter. Tu as eu de ses nouvelles ? »

Lui-même s’inquiétait pour son vieil ami. Sûrement moins que Bonnie, ceci dit : il connaissait Carter comme quelqu’un d’extrêmement débrouillard. Il se souvenait de lui, gamin, tête-brûlée, à se faufiler partout où il ne devait pas se faufiler, à provoquer tous ceux qu’il ne devait pas provoquer, à se pavaner et à faire chier son monde. Non, Darren imaginait très mal Carter Bower se faire arrêter.



darren
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Nombre de messages : 474
Célébrité sur l'avatar : Scarlett Johansson (c)noragami
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 10 Juil - 22:46
Bonnie ne savait pas si elle était soulagée de voir Darren dans sa cuisine. Elle ne savait même pas si elle était ravie de le voir, comme d’habitude. Alors oui elle attendait ses explications. Oui elle s’inquiétait aussi pour lui nuits et jours, à se demander où il se plaquait encore et quelles conneries était-il prêt à faire encore. Mais là, tout de suite, elle n’était plus sûre d’elle, plus sûr de vouloir connaître la vérité.

Darren commença par répondre qu’il faisait du café. Non, vraiment ? Outre le fait qu’elle le trouvait fortement gonflé de se servir comme s’il était chez lui, elle n’apprécia pas le sarcasme. Elle haussa un sourcil puis finit par soupirer. Elle n’avait aucune force pour se battre, pour répliquer quoique ce soit. Alors contourna la table pour se placer devant Darren, alors que celui-ci changea brutalement de ton, comme s’il sentait que cette fois-ci, Bonnie n’était pas d’humeur à jouer à ça avec lui. Bien, c’est qu’il pouvait se montrer intelligent le petit Hellson, en fin de compte. Bonnie se plaça devant lui, les bras toujours croisées. Oui elle se souvenait de sa lettre, qui l’avait plus énervée qu’autre chose. Elle ne l’avait pas gardé, celle là, mais elle se souvenait bien des mots. Il avait au moins tenu sa promesse, Bonnie devait l’avouer. Mais ce n’était pas avec ça qu’elle allait se calmer. Il était allé beaucoup trop loin.

Bonnie ne dit pas un mot, elle se contenta de le regarder. Elle savait que si elle commençait, elle allait exploser. Il fallait pourtant qu’elle arrive à maintenir une discussion posée avec Darren, qui devait en avoir besoin : qui sait depuis combien de temps il n’avait pas parlé à quelqu’un, lui encore ? Darren finit par se lancer, et déblatérer un tas de mots. Il avait merdé ? Au moins il le savait et le reconnaissait. Mais Bonnie s’en fichait : ce qui était fait était fait, et encore une fois il ne l’avait pas écouté, s’était lancé dans la gueule du loup, seul, et voilà le résultat. Au fond, il semblait perturbé, lui qui pourtant avait une telle aisance à l’oral, semblait perdu. Bonnie fronça les sourcils, alors qu’il s’interrompit sans terminer sa phrase. Cela ne lui ressemblait pas. Elle n’aimait pas le voir ainsi, alors qu’il devait faire figure de leader. Elle se sentait obligée de l’aider, de l’écouter. Mais elle était si énervée contre lui ! Il finit par partir refouiller dans les placards, comme s’il voulait fuir quelque chose. Visiblement il n’avait pas voulu lui annoncer les choses comme ça. Et puis il changea brutalement de sujet, en s’excusant.

Carter. Sujet hautement sensible, et Bonnie espérait fortement qu’il ait de ses nouvelles, lui. Puisqu’il ne lui en donnait pas de peur qu’on découvre le lien entre l’anarchie et Bonnie, il pourrait au moins donner des nouvelles à Darren, qui était un de ses amis proches, et leader ! Apparemment, ce n’était pas le cas, à moins que Darren lui cache encore quelque chose. Elle aurait vraiment voulu qu’il lui apporte un message de Carter, au lieu de venir là, faire du café dans sa cuisine, essayant de s’expliquer sur une faute quasi-impardonnable. Elle trouvait déplacé de sa part de venir la voir et de demander de ses nouvelles. N’était-ce pas son rôle de meneur de prendre soin d’eux, de s’assurer qu’ils étaient en sécurité ? Ne pouvait-il pas aller voir Carter de temps en temps pour s’assurer que tout allait bien ? Non ? C’était trop difficile ? Le nom de Carter raviva son inquiétude et Bonnie porta ses deux mains à son visage pour réfléchir. Elle finit par les faire glisser jusque dans ses cheveux, secouant légèrement la tête. Il ne fallait pas qu’elle craque devant lui, pas maintenant. Il ne fallait pas qu’elle lui montre qu’elle était faible dans cette situation. Alors, la seule manière pour elle de tenir, la seule solution qu’elle voyait là, tout de suite s’était de lui avouer tout ce qu’elle avait sur le cœur, quitte à exploser de colère. Il fallait que cela sorte, d’une manière ou d’une autre, et peut être que Darren serait plus réceptif si Bonnie était en colère.

« Carter, tu oses me demander des nouvelles de Carter ? T’es sacrément gonflé. Bordel Darren tu te rends pas compte ! Y’a des gens autour de toi, tu tiens leur vie entre tes mains ! Ils te font confiance, ils t’admirent, ils t’aiment, et voilà ce qu’ils reçoivent ! Un leader qui craque pour on ne sait qu’elle raison, qui tue un gosse parce qu’il l’a provoqué, et qui s’en va, comme si de rien n’était. Si Carter est en cavale, c’est de ta faute. S’il lui arrive un truc, ce sera de ta faute. Si je le perds, s’il meurt, je te jure que je te rendrais la vie infernale. Si y’a bien un truc que je ne pourrais pas te pardonner, c’est ça. »

Elle considérait Carter comme son frère et sans lui, elle était trop perdue. Il était là pour l’aiguiller, il avait toujours été là pour affronter ses problèmes, à lui trouver des solutions. Si elle était devenue la femme qu’elle était, c’était bien grâce à lui. Elle aimerait tellement savoir où il se planquait, comment il s’en sortait ! Elle aimerait tellement l’aider : elle pouvait le cacher chez lui. Mais non, jamais il ne prendrait un tel risque pour elle. Et jamais il ne la laisserait avouer au monde magique qu’elle était anarchiste pour se retrouver en cavale.

Ne pouvant plus faire face à Darren et sentant les larmes monter face à son impuissance, Bonnie se retourna, et essaya de redescendre en pression. Seulement, c’était plus difficile qu’elle ne le pensait. La fatigue, l’inquiétude, l’angoisse, le vase se remplissait peur à peu. L’arrivée de Darren en cette nuit l’avait fait déborder. Les yeux un peu humides et la voix un peu tremblante au début, elle finit par se retourner à nouveau.

« T’as merdé c’est clair. Je te comprends plus. Ce sera quoi le prochain épisode ? Une vendetta au ministère histoire d’avoir le champ libre ? Allez oui, continuons à massacrer nos concurrents au gouvernement sorcier ! Et si tu t’assassinais ce vieux fou de Dumbledore, ce serait une bonne idée pas vrai ? Ou non, tu vas nous refaire le coup du huis clos, quelque chose comme ça ? T’es complètement con, Darren, et je voudrais bien savoir s’il t’arrive de réfléchir deux secondes. »

Evidemment, Bonnie ne parlait que sur le coup de la colère, et pour essayer de faire disparaître les larmes qu’elle sentait monter. Si seulement Carter était là ! Elle avait à peine pu lui parler de ce qu’elle pensait de Darren après l’assassinat de Kingfell. Et maintenant, elle devait l’affronter lui, alors qu’elle n’était même pas en mesure de savoir comment elle prenait le fait qu’il était devenu un assassin. Tout était embrouillé dans sa tête, et elle espérait que Darren se comporte en un vrai leader, et en ne fuyant pas face à ses réflexions.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Darren O. Hellson
Leader de l'anarchie
Âge du personnage : 35 ans
Nombre de messages : 1258
Célébrité sur l'avatar : Jared Leto
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 8 Oct - 20:26
Spoiler:
 

Aborder le sujet de Carter avec une question aussi anodine et détachée fut une erreur. Encore une, qui s’ajoutait à son palmarès. Darren posa les deux tasses sur le plan de travail et ferma les yeux une seconde, retenant à grand peine un soupir contrarié alors que Bonnie se lançait dans une litanie de reproches. Pourtant, il savait bien que ces reproches étaient mérités. Il savait que Bonnie avait le droit de l’engueuler, de le mépriser, même de le frapper. Et c’est pourquoi il l’écouta sans broncher, même s’il n’avait jamais été de nature à aimer se prendre des reproches dans la figure et à se laisser faire. Il se força à écouter, à ne rien dire, et s’occupa de remplir les deux tasses de café pour se concentrer sur quelque chose à faire. Pourtant, quand la blonde se mit à dire que si jamais il arrivait quelque chose à Carter, ce serait SA faute, Darren renversa un peu de café à côté des tasses. Mais là encore, elle avait raison. Totalement raison. Bordel. Darren revoyait encore la bouille de Carter, quand ils étaient tous gosses à Poudlard à leur époque. Sa tête à claques, sa manière de parler et de chercher les embrouilles à chaque fois qu’ils se voyaient. Sa bouille de sale gosse qui n’avait jamais réussi à cacher le fait qu’il soit un garçon en or. Darren le revoyait, dans les couloirs, dans le parc, dans la bibliothèque, toujours collé à la garçon manqué qu’était Bonnie comme s’ils étaient cousins, ou même frères et sœurs, voire jumeaux. Les années étaient passées et rien n’avait entamé le lien qui les unissait, tous les deux. Savoir Carter traqué et n’avoir aucune nouvelle de lui devait la ronger. Non, même plus que ça. Et ça, comme elle le disait si bien, c’était effectivement sa faute.

Hellson reposa la cafetière sur son emplacement et resta immobile un moment, sans oser se retourner immédiatement pour affronter le regard de la jeune femme. Elle reprenait son souffle, et elle tenta de maîtriser sa voix, mais les reproches suivants, les questionnements, firent encore un peu plus mouche. Bien sûr qu’elle ne le comprenait plus. Bien sûr que quelque part, il devait être con. S’il lui arrivait de réfléchir deux secondes… Même ça, il commençait à en douter. Quand il y pensait, beaucoup de ses agissements n’avaient pas été vus d’un très bon œil, même du côté de ses anarchistes. Alors, qu’est-ce qui clochait ? Est-ce que c’était bien le monde qui était contre lui, comme il le pensait ? Ou est-ce que c’était tout simplement lui le problème ? Peut-être qu’il était juste trop égocentrique, trop sûr de lui, pour se rendre compte des erreurs qu’il faisait. Peut-être.

Toute colère s’était envolée. Il ne ressentait qu’une certaine forme de résignation. Il attrapa une serviette pour essuyer le café qu’il avait renversé, puis se contenta simplement de dire :

« Tu as raison. »

Et c’est vrai, elle avait raison. Il soupira, puis se retourna enfin, s’adossant contre le plan de travail et croisant les bras. Son regard s’arrêta quelque part sur le sol, ses sourcils se froncèrent légèrement.

« Tu as raison sur tout, d’accord ? Je suis peut-être con, mais je sais reconnaître mes fautes. J’ai carrément merdé. Mais ce que tu dois comprendre, c’est que ce n’était pas prémédité. Jamais je ne suis allé voir ce gosse dans l’intention de le tuer. Jamais, insista-t-il en relevant les yeux pour vriller son regard dans celui de Bonnie. Ce n’est pas encore mon genre, ajouta-t-il avec un rire jaune. Par contre, effectivement, j’y suis allé par fierté. Parce que je n’avais pas envie de laisser ce jeune continuer de ternir notre image. Mais je n’avais absolument pas imaginé que ça allait se passer comme ça. Jamais. »

Il insistait sur ce mot, parce qu’il était sincère. JAMAIS il n’avait imaginé ça. Et rien que pour ça, il se remettait en question. Si un jeune politicien de 20 ans arrivait à le surprendre et à l’avoir, lui, leader de l’anarchie, est-ce qu’il n’était pas temps de se demander s’il était toujours compétent pour ce rôle ? Il ne s’était jamais posé la question, mais elle s’imposait à lui maintenant. Il s’était fait avoir, il s’était fait manipuler, on lui avait montré des choses, dit des choses, on s’était probablement introduit dans son esprit pour y distiller des images et des pensées alors qu’il était censé être occlumens… Et il avait fini par commettre un meurtre, irréfléchi, ce qui avait justement dû être l’objectif recherché par l’esprit tortueux de Kingfell. Il était tombé dans le panneau. Il n’avait été qu’un pion. Un putain de pion, qu’il avait suffi de pousser d’une pichenette pour en obtenir ce qu’on voulait.

Darren se tordit les mains. Derrière lui, les tasses de café étaient encore fumantes et n’allaient probablement pas tarder à refroidir, mais il les avait complètement oubliées.

« Il m’a dit des choses, il m’a montré des choses… Il s’est passé des choses… Et oui, je l’ai fait, je l’ai tué. Comme ça. Alors que je n’avais même pas imaginé ça. J’ai tué un jeune de même pas vingt ans, Bonnie. Je l’ai tué. Et le pire dans tout ça, c’est que c’est sûrement ce qu’il voulait. »

Il passa les mains sur son visage dans un geste de fatigue, comme Bonnie l’avait fait un peu plutôt, et fronça à nouveau les sourcils. La colère revenait. La colère contre lui-même.

« Je n’ai été qu’un pion. Un putain de pion. Il avait du tout calculer, même si ça me paraît encore improbable de calculer un truc pareil, il a dû mettre le plan en place et moi, comme un con, comme un bleu, comme un incapable, je suis tombé tête la première dans le panneau. Je me suis fait avoir. J’ai rien vu venir. Pire, j’ai couru dans la gueule du loup parce que je suis trop orgueilleux pour ne pas réagir à la provocation. Alors oui, tu as raison, je suis bien con. Je fous tout en l’air. Je fous l’anarchie en l’air. »

Il releva les yeux sur la jeune femme, avec dans le regard une lueur soudaine. Comme s’il venait de comprendre quelque chose.

« Peut-être que tu ferais mieux que moi. Peut-être qu’il est temps que je laisse ma place. »

Il laissa les mots prendre leur sens dans l’air, et il se les répéta dans sa tête comme pour voir ce que ça lui faisait de se les entendre dire. Comme s’il avait envie de se punir lui-même.

« Peut-être que si on veut remonter la barre et enfin aboutir à quelque chose, il faudrait qu’on change de chef. Qu’on change les choses. Qu’on laisse la place à quelqu’un de plus mesuré, de plus réfléchi, de moins impulsif, comme toi. »



darren
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Nombre de messages : 474
Célébrité sur l'avatar : Scarlett Johansson (c)noragami
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 8 Oct - 23:30
Spoiler:
 

Bonnie éclata de rire. Nervosité, fatigue, hilarité, on pouvait mettre des tas de raisons sur son rire soudain, toujours est-il que les dernières paroles de Darren lui paraissaient carrément comiques. Même si c’était assez dramatique au fond, qu’il était en train de remettre tout en question chez lui. Ce fut incontrôlable. Un instant, Bonnie se demanda s’il était sérieux, ou si c’était une façon pour lui d’essayer de la dérider un peu, une perche tendue pour mettre fin aux hostilités, ou alors une manière de se foutre d’elle parce qu’elle n’aurait pas fait mieux. Sauf que ça n’allait pas avec tout ce qu’il avait dit avant. Bonnie avait tout écouté, attentivement, parce qu’il en avait fait de même pour elle alors qu’elle l’insultait, qu’elle lui reprochait tout et n’importe quoi. Elle fut d’ailleurs étonnée qu’il ne lui dise rien, qu’il ne lui réponde rien, qu’il n’essaie même pas de se défendre. Sa réponse ensuite n’était autre que sa version de ce qu’il s’était passé cette nuit là, et Bonnie eut du mal à tout comprendre, fronçant les sourcils par moment – il aurait vraiment dû mieux choisir son moment, il était quatre heures du matin, merde. Elle tiqua néanmoins à la répétition du mot « jamais » et se demanda si c’était une manière d’exagérer ses propos, ou si c’était une manière de lui montrer qu’il était sincère. Bonnie avait dû mal à croire qu’il puisse lui mentir : il aurait bien du culot de venir la voir en pleine nuit pour ne pas lui avouer la vérité. Le fait qu’il reconnaisse ses fautes avait quelque chose de touchant et c’était un bon point pour lui, quand la tension de Bonnie serait revenue à la normale, évidemment. Il fallait qu’elle fasse un tri dans tout ce qu’il lui disait. Mais dans l’instant, Bonnie restait bloquée sur ses derniers mots : Darren voyait en elle la candidate idéale pour le remplacer parce qu’elle était soi-disant plus réfléchie, plus mesurée et moins impulsive. La bonne blague, quoi.

« Non mais tu délires ? T’as pris un coup sur la tête ou quoi ? Je suis autant impulsive que toi, alors … »

Et là, elle se rendit compte qu’elle n’aurait peut être pas fait mieux que lui, tout compte fait. Elle se rendait compte de tout ce que pouvait endurer Darren : on l’accusait du meurtre d’un gamin alors que lui pensait à un coup monté. Sauf que personne, pas même les anarchistes, n’était là pour le prouver. L’espace d’un instant, elle se mit réellement à sa place. Qu’aurait-elle fait dans une pareille situation ? Alors évidemment, elle ne serait peut être pas allée voir Aaron : elle avait dit à Darren de ne pas le faire. Mais si on partait du fait que sa fierté avait quand même pris le dessus – ce qui était fort probable -, comment aurait-elle réagit face à ce jeune ? Elle ne savait pas vraiment ce qu’il lui avait montré, Darren disait qu’il avait vu « des choses ». Là, tout de suite, Bonnie aimerait être en mesure d’explorer les souvenirs de Darren pour vivre la scène comme il avait pu la vivre. Pour avoir en main toutes les clés. Pour vraiment comprendre ce qui s’était passé dans sa tête pour arriver à commettre l’irréparable. Même si elle essayait de se mettre à sa place, elle n’arrivait pas à se dire qu’elle aussi aurait pu tuer ce gosse. Mais si le plan était bien pensé … Tout était confus. Bordel Carter pourquoi tu n’étais pas là ! Il saurait analyser les choses correctement, lui. Moins elle le voyait, plus elle se rendait compte à quel point elle pouvait être perdue sans lui, c’était quelque chose de terriblement frustrant.

Enfin, toujours est-il que Bonnie n’en revenait toujours pas que Darren ait pensé à elle pour le remplacer. Avait-elle seulement l’étoffe d’un leader ? Elle, qui n’en faisait toujours qu’à sa tête, profondément égoïste, capable de monter sur ses grands chevaux rien qu’en claquant des doigts – Bonnie, ou l’art de se dénigrer elle-même comme elle avait pu le faire avec Siméon. Aurait-elle seulement été capable de se prendre tout un tas de reproches à la figure et ne rien dire, comme l’avait fait Darren à l’instant ? Il devait vraiment s’en vouloir tout compte fait, d’avoir provoqué tout ça, ou d’être tombé dans un piège. Même lors de la Nuit Rouge, alors que tout allait mal, qu’il devait se battre, il avait encore trouvé la force de répliquer face aux réflexions de Bonnie. S’il savait en plus la véritable raison qui l’avait poussé à rejoindre l’anarchie à la base … Ouais, non, même si Katlyna lui avait dit qu’il fallait qu’elle lui avoue ses sentiments, ce n’était pas encore le moment. Pas quand elle était remontée contre lui. Ou que celui-ci ne voulait plus être le leader de l’anarchie. Mêler des sentiments à tout ça, c’était compliquer la situation.

« Ok, j’ai compris. Je suis peut être allée trop loin dans mes reproches, même si je pense toujours que tu es stupide. Mon impulsivité, vois-tu. » lui dit-elle en forçant un sourire. « Et je crois que je ferais un aussi mauvais leader que toi, si on va dans ce sens. Je vois même pas comment tu peux penser ne serait-ce qu’une seule minute à moi pour te remplacer. L’anarchie c’est ton idée, même si tu merdes des tas de fois, c'est clair. Alors changer de leader c’est pas la solution. »

S’il se souvenait bien, pendant la Nuit Rouge, Darren avait dit à Bonnie que s’il ne s’en sortait pas, Victor pouvait le remplacer. Bonnie s’était offusquée de cette idée, et rien n’avait changé aujourd’hui. Même si Darren n’arrêtait pas de merdé, c’était lui l’anarchie. Il fallait juste qu’il apprenne à se comporter en adulte, ou au moins qu’il écoute plus ses partisans. L’anarchie n’était quand même pas une dictature, tout le monde avait son mot à dire – ou dans le cas de Bonnie, ne se gênait pas pour le dire. La pression n’était pas encore descendue, bien qu’elle lui avait dit tout ce qu’elle avait sur le cœur : elle restait sèche, et ferme dans ses paroles.

« Le seul problème que tu as, c’est que tu n’écoutes personne. Je suis toujours en colère, et je t’en veux toujours parce que suite à ta plus grosse connerie, et même si Carter a dû manquer de vigilance aussi, il a failli se faire prendre. Et je le suis encore plus parce que malgré tout ce qu’on a pu te dire, tu as foncé tête baissé dans ce … piège ? »

Bonnie, ne sachant pas trop comment appeler ce truc, marqua une hésitation. Elle voulait croire à la version de Darren, et peut être qu’elle y croyait. Elle se raccrochait à l’idée que Carter n’hésiterait pas à le croire après tout. Alors elle devait faire la même chose. Pour Carter. Et parce qu’elle n’était toujours pas sûr que Darren soit sérieux ou non en lui proposant de prendre sa place, elle préféra changer de sujet. Aussi, parce qu’il fallait vraiment qu’elle réveille son cerveau à l’aide d’une bonne dose de caféine, elle se déplaça pour prendre sa tasse de café pour en boire une bonne gorgée : elle s’adossa au plan de travail de la même façon que Darren.

« Je comprends pas non plus comment on peut commanditer son propre assassinat. Ca me paraît insensé, complètement fou. » Bonnie déglutit, un peu écœurée par le geste : le pauvre Kingfell ne devait vraiment pas tenir à la vie. « Et c’est quoi le but dans tout ça ? S’il n’est plus là pour supporter son mouvement. Je ne comprends pas l’intérêt de son geste, l’intérêt de massacrer l’image de l’anarchie en s’en prenant à toi. Pourquoi tu crois que c’était un piège ? »

Autant avoir son avis sur la question. Tant qu’elle ne saurait pas tout, Bonnie n’arriverait pas à se faire une réelle idée de la situation. Quant au soutien qu’elle pouvait lui apporter … Il faut croire qu’elle avait suffisamment confiance en lui pour continuer à l’écouter. Il avait piqué sa curiosité, en quelque sorte. Et elle voulait vraiment qu’il arrête de penser qu’elle pourrait le remplacer, ou qu’il était temps pour lui de passer le flambeau. L’anarchie avait une sale image, et c’était pas un changement de leader qui arrangerait les choses.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Darren O. Hellson
Leader de l'anarchie
Âge du personnage : 35 ans
Nombre de messages : 1258
Célébrité sur l'avatar : Jared Leto
Voir le profil de l'utilisateur
Sam 15 Nov - 16:00
Et elle éclata de rire. Tout bonnement. Elle éclata de rire. En quelques secondes de réflexion, Darren s’était attendu à tout. Il s’était attendu à ce que Bonnie s’énerve encore plus, à ce qu’elle s’emporte, à ce qu’elle le secoue, à ce qu’elle lui en colle une peut-être même. Il s’était attendu à ce qu’elle se calme instantanément, qu’elle s’attendrisse et qu’elle s’empresse de lui affirmer que l’anarchie ne serait rien sans lui. Dans un sens, au fond de lui, c’est bien cette dernière option qu’il aurait préféré et qu’il s’était imaginé en premier. Mais non. Elle éclata de rire, comme ça. Comme si c’était la blague de l’année. Alors forcément, maître de la susceptibilité à ses heures, Darren se vexa instantanément et en vue de la tronche qu’il se mit à tirer, Bonnie allait sûrement capter très vite qu’il était en train de faire la gueule. C’était plus fort que lui, là, il se sentait incroyablement vexé. Il fusilla la jeune femme du regard et rageur, se retourna pour s’occuper des tasses de café qu’il avait délaissé. D’ailleurs, ces connes étaient déjà froides, non mais franchement. Il s’en empara d’une (Bonnie n’avait qu’à s’occuper de la sienne si elle voulait du café, il avait été bien gentil de lui servir une tasse, déjà) et ouvrit la porte du micro-ondes comme une brute pour réchauffer son café. Il avait beau être un habitué des appareils moldus, lui aussi, comme Bonnie, un micro-ondes changeait souvent d’un autre et Darren s’énerva plusieurs secondes sur le même bouton qui refusait de lui afficher le minuteur. Il s’acharna sur le bouton un moment et quand ça se mit enfin à fonctionner, il lâcha un juron qui illustrait bien sa manière de penser. Non mais qu’elle rigole l’autre, qu’elle rigole. Ouais c’est ça, qu’elle rigole.

Il croisa les bras et s’adossa à nouveau au plan de travail, tournant la tête pour fixer le micro-ondes en marche plutôt que regarder Bonnie. Pinçant les lèvres, il garda le silence jusqu’à ce qu’elle se reprenne et lui dise enfin qu’il délirait, vu comme elle était d’un naturel impulsif. Il ne broncha même pas, se contentant de grogner comme un chien mécontent.

« Ah ouais. »

Ah mais il allait faire la gueule. Elle espérait quoi, là. Du moins, lorsque Bonnie commença à dire qu’elle avait compris et que l’anarchie, c’était lui. En entendant ça, ce fut plus fort que lui, Darren commença à se détendre, comme un coq se pavanant sous la flatterie. Voilà, il préférait entendre ça. Bon, il n’allait pas se départir de sa moue boudeuse tout de suite parce que Bonnie n’en était pas encore au stade de la vraie flatterie, au contraire, elle tournait les choses comme à son habitude, de sorte à ce que ça vexe quand même un peu. La voilà qui redevenait sérieuse en l’accusant de n’écouter personne et comme pour illustrer ses propos, Hellson alla récupérer sa tasse dans le micro-ondes comme s’il ne l’écoutait justement pas. Bonnie aurait eu un adolescent rebelle et boudeur dans sa vie que la différence n’aurait pas été loin…

Néanmoins, Darren redevint sérieux lorsque la conversation s’axa de nouveau sur le sujet principal : la mort de Kingfell. Croisant les bras, tasse fumante en main, Hellson se fit plus pensif, fronça les sourcils et retint un soupir. Le but de tout ça ? Il n’en savait strictement rien. Bordel, il ne savait même pas si quelqu’un en ce monde était capable de comprendre ce qu’il se passait dans la tête tordue de Kingfell.

« Pourquoi je crois que c’était un piège ? Parce que c’est juste évident. Ce con qui nous lance une première provocation publique à Halloween, puis qui recommence des mois après face à notre silence. C’est qu’à la base, déjà, il cherchait à nous attaquer, à s’attaquer à notre image, sinon il ne se serait pas contenté de défis lancés sur la scène publique. Ce n’est pas quelque chose de personnel, ce n’est pas comme s’il avait envoyé des tueurs à nos trousses pour venger un de ses proches mort pendant la Nuit Rouge ou que sais-je. Non, s’il a cherché à s’en prendre à nous, c’est dans un but bien plus profond. Bien plus général. Comme les justiciers chargés d’incriminer les méchants, tu vois ? Sauf que Kingfell n’a rien d’un justicier et nous, rien à voir avec des méchants. Mais avec cette histoire, c’est tout comme. Du moins, dans l’esprit des gens, ce con devient le justicier martyr de la société magique et nous, de putains de terroristes à abattre. »

Il eut un nouveau ricanement sec. Dans un sens, c’était bien joué.

« Donc ouais, si c’était bien ce qu’il voulait, c’était forcément un piège. Après… Le mystère réside dans ses motivations profondes, vu que je ne vois pas pourquoi il nous en voulait au point de mourir pour nous faire plonger. Est-ce que c’était juste par esprit de justice ? Parce qu’il était mégalo ? Parce que dans sa tête, un truc a disjoncté et a entré un programme ‘détruire à tout prix l’anarchie’ dans son système ? Franchement, qu’est-ce que j’en sais. J’ai rien vu venir, c’est bien parce qu’il n’y avait rien de prévisible là-dedans. »

À nouveau énervé, il vint arracher la tasse des mains de Bonnie sans lui demander son avis et alla la réchauffer à son tour dans le micro-ondes. Ça le rendait dingue. Mis à mal par un foutu gosse de 20 ans ! L’anarchie toute entière mise à mal ! Il n’allait pas laisser passer ça. Non, ça c’est sûr, il n’allait pas encore baisser les bras. Il récupéra la tasse de Bonnie une fois réchauffée, la lui rendit, poussa un soupir, puis tira une chaise pour s’assoir.

« Bref, ce qui est fait est fait de toute façon. Maintenant, il ne nous reste plus qu’à… Enfin, il ne me reste plus qu’à arranger les choses. »

Il avait déjà quelques idées. La vie était comme une partie d’échecs, ce n’est pas parce qu’un pion était pris que la partie était déjà finie.

« Tu me fais encore confiance ? »



darren
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Nombre de messages : 474
Célébrité sur l'avatar : Scarlett Johansson (c)noragami
Voir le profil de l'utilisateur
Sam 6 Déc - 0:01
Bonnie n’avait pas voulu le vexer, mais il fallait avouer que c’était drôle à voir. Sa réaction avait juste été spontanée, incontrôlable. Elle n’avait vraiment pas réussi à réfléchir sur le coup et quelque part, c’était normal que Darren se vexe. Bonnie aurait sûrement réagi de la même façon, parce qu’elle détestait les moqueries. Cela prouvait que sa proposition était sérieuse, en un sens, et Bonnie flippa l’espace d’un instant de peur qu’il insiste. Seulement, il se contenta d’aller réchauffer sa tasse de café, se battant contre le micro-onde. Bonnie eut de nouveau envie de rire en l’observant mais cette fois, elle réussit à se contenir. Il semblait connaître quelques difficultés, ce qui étonna la blonde puisqu’elle savait que Darren avait vécu chez les moldus : se servir d’un micro-ondes, ça devait être inné chez lui, quand même. Visiblement pas, mais il vint à bout de la machine. Bonnie avait préféré ne pas intervenir, pour ne pas le vexer encore plus en le blessant dans son égo. Une femme venant au secours d’un homme qui ne savait pas se servir d’un micro-onde, elle n’était pas bien sûre que ça serait passé.

Darren lui lâcha deux mots alors qu’elle venait de s’excuser : il lui faisait carrément la gueule ! Bonnie se retint de lever les yeux au ciel. Ce n’était pas de sa faute s’il délirait, si ? Elle s’était excusée en plus ! Enfin, ce n’était pas très clair, certes. Elle n’avait pas dit clairement qu’elle s’excusait pour réagir comme ça et pour l’accuser de tous les maux de l’anarchie sans savoir. Il fallait juste comprendre que c’était sa façon à elle de s’excuser, voilà tout. Elle ne pouvait pas s’excuser clairement parce que ce n’était pas son genre. Elle revenait rarement sur ses propos, parce que l’espace d’une seconde elle avait pensé ce qu’elle avait dit, et qu’elle trouvait bien hypocrite de faire marche arrière. Avec Darren, elle ne voulait pas être hypocrite. Même s’il n’en avait apparemment rien à foutre de ce qu’elle disait, pire qu’un gamin celui là ! Bonnie estimait qu’elle n’avait rien à se reprocher du moment qu’elle était sincère.

L’avantage de l’avoir vexé, c’est qu’il ne revint pas sur le sujet du changement de leader et la conversation se recentra sur Kingfell – ce pourquoi il était venu, initialement. Bonnie l’écouta de bout en bout, alors qu’il répondait à ses questions, à ses interrogations. Elle avait vraiment besoin de tout savoir de cette soirée et d’avoir son point de vue, en détails. Darren lui expliqua pourquoi, à son avis, cela avait tout d’un piège : une manière de décrédibiliser encore l’image de l’anarchie, pas seulement la sienne. Frapper un bon coût pour être sûr que l’anarchie ne se relève pas, éliminer un parti une bonne fois pour toute. Mais cela valait-il qu’on se sacrifie pour ça ? Pour qu’au final, on ne soit pas là pour admirer son œuvre ? C’était ça que Bonnie ne comprenait vraiment pas cette histoire. Néanmoins, elle était d’accord sur le fait que Kingfell était devenu un martyr, et que c’était sûrement ce qu’il cherchait : donner de l’importance à son parti, tout léguer à son second, et partir en sachant que tout irait bien pour l’Héritage. C’était diaboliquement parfait comme plan. Même si ça n’avait pas de sens, comme le soulignait Darren. Et aujourd’hui, on ne pouvait faire que des suppositions. Kingfell était mort avec ce secret, ses motivations, voilà tout. Et Darren fut juste un patin au milieu d’un plan bien ficelé. Remonté, il finit par lui prendre sa tasse de force, sans que Bonnie ne comprenne pourquoi et ce qu’il comptait faire avec. Elle le laissa faire, perplexe, un peu trop surprise pour réagir – il venait de la faire sortir de ses pensées, d’un coup. Il avait visiblement besoin de se défouler, au point de vouloir un deuxième round avec le micro-onde : elle le regarda utiliser la machine une seconde fois, avec sa tasse cette fois-ci. Son café avait refroidi, oui, mais elle avait été prête à le boire comme ça. Elle n’osa pas faire de remarque, pour ne pas contrarier : elle était bien contente qu’il passe ses nerfs sur quelque chose d’autre que sur elle. Il lui rendit sa tasse avant de s’assoir, et Bonnie le remercia d’un signe de tête, encore songeuse. Darren clôt alors le sujet : de toute façon il n’y avait plus rien à ajouter. Il avait exprimé son point de vue, Bonnie l’avait fait avant, et elle avait besoin de digérer tout ça en plus, même si elle croyait la version de Darren : il ne viendrait pas lui raconter de mensonges. Pas un aussi gros mensonge en tout cas.

Bonnie crut l’espace d’un instant que Darren avait enfin compris qu’il devait intégrer ses partisans dans ce qu’il faisait, sauf qu’il se ravisa, remplaçant le nous par moi. Elle leva les yeux au ciel, exaspérée, ouvrant la bouche pour répliquer, l’engueuler qu’il devait arrêter de la jouer perso, qu'il recommençait la même chose. C’était plutôt illogique, vu qu’elle avait refusé le poste de leader, mais Bonnie continuait de croire que Darren devait les consulter, devait prendre le temps de parler de ses plans. Néanmoins, elle n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit, parce que Darren lui posa une question. Le regard de Bonnie s’adoucit l’espace d’un instant : comment pouvait-il croire qu’elle ne lui faisait plus confiance ? Au fond d’elle, même si elle le détestait par moment, elle n’arriverait pas à lui tourner le dos complètement. Elle ne supporterait pas l’idée qu’il trouve quelqu’un pour la remplacer, elle, au sein de l’anarchie. Malgré les faux pas, les conneries, Bonnie ne pouvait pas faire autrement que de le suivre, encore et toujours. Et ce, même si elle était la dernière. Même s’il continuait à se la jouer perso. Reposant sa tasse sur le plan de travail auquel elle était adossée, elle croisa les bras contre sa poitrine.

« Je dois être tarée, ou inconsciente, ou tu ce que tu veux, mais oui, je te fais encore confiance. Et cette fois-ci, laisse-nous t’aider, qu’on ne serve pas à rien, qu’on ne reste pas dans ton ombre. Je vois pas pourquoi y’a que toi qui mériterais la célébrité. »

Bonnie ne le quitta pas des yeux et esquissa un sourire. Elle voulait vraiment lui faire comprendre, une dernière fois pour ce soir (matin?), que l’anarchie c’était un leader et des membres. Un leader, lui, non négociable, non remplaçable. Et des membres, dont elle, prêt à tout pour l’aider, trouver des idées avec lui. Pensait-il à quelque chose ? Allait-il enfin appliquer ses conseils ? L’anarchie allait-elle pouvoir se relever dignement ? Bonnie était prête à tout pour y participer. Si elle abandonnait maintenant, que ferait-elle ? Quel but aurait-elle dans sa vie ? A quoi auraient rimé ses deux dernières années ? Elle ne pouvait vraiment pas se résoudre à quitter l’anarchie, et ce n’était pas – complètement – dû à ses sentiments pour Darren.

« Tu as quoi en tête ? »

Elle était persuadée qu’il avait déjà une idée. Même minime. Il ne lui aurait pas posé cette question sinon.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Darren O. Hellson
Leader de l'anarchie
Âge du personnage : 35 ans
Nombre de messages : 1258
Célébrité sur l'avatar : Jared Leto
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 19 Fév - 1:00
Sa tasse de café dans une main, Darren tourna sa chaise de l’autre afin de s’y assoir à l’envers, le dossier de la chaise devant lui. Il avala une gorgée de café plus par automatisme que réelle envie de se désaltérer, puis posa un regard absent sur le sol en attendant une réponse de Bonnie. Il aimait croire que certaines personnes, dont la jeune femme, lui feraient confiance jusqu’à la mort. Mais, réaliste, il savait que ce ne serait pas forcément le cas pour tout le monde. Il posa la tasse sur la table à côté de lui, puis croisa nonchalamment les bras sur le dossier de la chaise devant lui. Il cala son menton sur ses bras, le regard toujours vague, fixant un point au hasard sur le sol. Il réfléchissait. Puis la réponse de Bonnie arriva, et le fit sourire. Pourquoi il n’y aurait que lui à mériter la célébrité ? Effectivement, très bonne question… Un tas de répliques amusées lui brûla la langue. Il avait envie de répondre qu’il était le meilleur, le génie d’entre eux tous, celui qui avait la plus belle gueule donc celui qui attirait naturellement les flashs des photographes. Mais par égard pour Bonnie, par respect pour sa confiance et par pudeur envers la bêtise qu’il avait faite, il fit l’effort de se taire pour apprécier la réponse de son amie dans toute sa mesure.

Sans lever le menton, il releva les yeux sur Bonnie pour la détailler pensivement. Elle le connaissait bien, c’était certain. Sinon, elle ne lui demanderait pas ce qu’il avait en tête. Il y avait quelque chose de rassurant, dans l’idée que quelqu’un vous connaissait presque par cœur. Il se redressa, les bras toujours croisés sur le dossier de la chaise.

« Déjà, il y a Eden. Swan. Tu sais, la jeune Serpentard au caractère de merde tout juste sortie de Poudlard. L’idée, c’est de l’infiltrer au sein de L’Héritage pour tenter de découvrir des preuves de ce que leur taré d’ancien dirigeant faisait dans l’ombre, dans les coulisses des locaux. Découvrir leurs sales secrets, pour pouvoir les révéler ensuite au grand jour. On va laver notre image. »

Il récupéra sa tasse de café.

« Pour ça, elle va utiliser du Polynectar et se constituer une nouvelle identité. Ça va être un grand jeu de rôle. Pas le choix, en même temps : elle connaît personnellement la nouvelle dirigeante et quelques autres membres… Seulement, forcément, il faut que les bureaux de l’Héritage soient sacrément bien protégés, sinon ce ne serait pas drôle. Du coup, il faut trouver un moyen de passer à travers les mailles du filet de leur sécurité. Je réfléchis actuellement à ça. Si ton brillant cerveau de blonde pouvait m’aider à ce sujet, d’ailleurs… »

Il leva légèrement sa tasse vers elle, comme pour s’excuser de la blague un peu ironique qu’il s’était permis de faire. Après tout, on ne le referait pas.

« Ensuite, il serait bon pour nous, ou plutôt pour des cas comme celui de Carter ou la jeune Stewart, de s’introduire dans le Ministère pour dénicher les dossiers concernant le cas des anarchistes en cavale et les détruire. Si on efface leurs noms du système, ça les aidera et ça pourra leur donner un temps d’avance pour fuir à l’étranger. Il faudrait étudier les possibilités à ce niveau. On va infiltrer à nouveau Siméon au sein du Ministère, donc peut-être qu’il pourra nous aider pour ça. Et s’il faut que je m’introduise moi-même de force pour aller brûler leurs bureaux, leurs archives et leurs données, ne t’inquiète pas, je le ferais. »

Il savait que ce ne serait pas aussi simple mais il avait envie de montrer à Bonnie que non, il n’oublierait pas Carter et que cette situation de cavale n’allait être que temporaire. Le temps de trouver une solution.



darren
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Nombre de messages : 474
Célébrité sur l'avatar : Scarlett Johansson (c)noragami
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 2 Mar - 12:39
Bonnie avait la désagréable impression de se retrouver un an en arrière, juste après la Nuit Rouge, alors qu’elle était tombée sur Darren totalement par hasard et qu’il tenait juste debout. Elle avait essayé de lui redonner espoir, de le convaincre que l’anarchie n’était pas finie. C’était avant de savoir que le monde magique les prendrait désormais pour des terroristes, les rendant responsable de l’attaque des mangemorts et tout le reste. Enfin, ils s’en étaient bien sortis en un an, malgré les arrestations et la mort de Kingfell : le Ministère n’avait pas réussi à les exterminer tous. Ils subsistaient et ils avaient toujours de quoi se relever. L’arrivée de nouvelles recrues étaient également une très bonne chose : de nouvelles têtes innocentes, plus naïve, il fallait bien l’avouer. Ils avaient confiance en Hellson, qui incarnait un nouvel espoir, ce qui n’était plus tout à fait le cas des fidèles anarchistes de la première heure : mis à part Victor, Carter et elle-même, elle n’était pas sûre que les autres aient une confiance aveugle en Darren. Jamie, par exemple, les avait trahi et était parti chez les mangemorts. Matthew, lui, était de plus en plus déçu des actes de Darren : Bonnie ne serait pas étonnée de le voir tourner le dos lui aussi. Mais les anarchistes étaient encore là, vivant, actif, et c’était le plus important. Darren était motivé, et ça aussi, ce n’était pas rien. La jeune femme préférait de loin le voir ainsi qu’entre la vie et la mort sur un canapé.

Bonnie écouta la première partie du plan de Darren. Il avait toujours ce même charisme faisant qu’on était obligé de boire ses paroles – et ce n’était pas juste dû aux sentiments de la blonde. Envoyer Eden Swan en reconnaissance était une excellente idée, encore plus si elle savait comment avoir la nouvelle dirigeante de l’Héritage : elle sera la candidate la plus à même à la manipuler. Bonnie ne connaissait pas la nature de leur relation, mais sous Polynectar, tout était possible si Eden réussissait à entrer sous une nouvelle identité. Le point fort de l’Héritage était sa proximité avec le Ministère : les sorciers avaient donc une bonne opinion de ce nouveau parti, même s’il était dirigé par des jeunes incompétents. Il fallait leur trouver une faille solide, le plan de Darren était idéal. C’était risqué pour Swan, mais si elle était prête à prendre ce risque, ce serait son problème.

Darren en profita pour lui balancer une blague, comme si de rien n’était. Bonnie leva les yeux auc ciel. Il fallait bien qu’elle l’avoue cependant : ce genre de remarques lui manquait cruellement. Elle avait l’impression de passer son temps à l’engueuler comme un gosse qui à fait une bêtise, de lui faire la morale à chaque fois qu’elle le voyait. A force, il allait finir par la voir comme une mère, ce qu’elle ne voulait surtout pas. Leurs prises de tête étaient leur marque de fabrique, elles définissaient leur amitié, leur complicité. Bonnie avait vraiment envie de retourner au début de l’anarchie, pour retrouver leur insouciance commune : qui aurait deviné, deux ans plus tard, que l’anarchie pourtant prometteuse aurait fini aussi bas ? Il était vraiment temps de revenir aux origines, pour mieux se refaire. Et pour ça, discréditer l’Héritage et innocenter Darren était la meilleure des idées.

« T’as rien trouvé de mieux, vraiment ? »

Les blagues sur les blondes, c’était trop facile. Et à quatre heure du matin, Bonnie n’avait pas forcément la répartie pour répondre – ou peut être était-elle trop rouillée pour ça ?

Darren exposa la suite de son plan, concernant Carter, Jillian et tous les autres anarchistes traqués. Bonnie fut touchée par le fait qu’il pense à un moyen de les faire oublier, pendant un moment. Bon, elle n’était pas très emballée à l’idée que Carter fuit à l’étranger, mais c’était déjà mieux que de le savoir en fuite, poursuivi par des Chasseurs. Elle en oublia sa remarque sur son cerveau de blonde, ne cherchant plus à lui répondre quoi que ce soit en retour. Introduire Siméon au Ministère était une bonne chose également : c’était un homme respecté, et si personne ne le soupçonnait d’appartenir à un groupe comme l’anarchie c’était parfait. On lui ferait confiance, et ils pourraient détruire plus facilement le Ministère de l’intérieur. Bonnie sourit à sa dernière phrase : elle reconnaissait bien là la détermination de Darren.

« Et je te suivrais. » répondit-elle, aussitôt. « Merci. »

Pour Carter. Pour être encore prêt à protéger tout le monde de cette façon. Pour ne pas les abandonner à leurs sorts. Bonnie le regarda, un air doux sur le visage, avant de reprendre son sérieux.

« Pour l’Héritage, faudrait déjà savoir ce qu’ils ont comme système de sécurité : on ne peut pas se permettre de partir à l’aveugle, ce serait con de perdre Swan comme ça. Tu n’as rien remarqué de particulier quand tu es allé là bas ? Un indice sur une protection magique ou un charme particulier décelant le Polynectar ? Y’a toujours un indice, même infime. Siméon aura peut être un sort puissant pour contrer leurs effets, il faudrait le lui demander. »

L’Héritage devait forcément bénéficier d’un sort contre l’utilisation de Polynectar, c’était sûrement le minimum pour ce genre de bâtiment, un peu comme Gringotts. Du temps de Poudlard, Bonnie s’était intéressée à comment détecter ce genre de charmes, de bouclier de protection. Mais elle avait pas mal perdu, en se consacrant à une carrière moldue. Il faudrait qu’elle retrouve tous ses anciens bouquins, qui devaient encore être chez son père, ou ses cousins. Et elle n’avait pas tellement envie de faire un tour dans sa famille en ce moment, surtout avec un cousin Chasseur.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Darren O. Hellson
Leader de l'anarchie
Âge du personnage : 35 ans
Nombre de messages : 1258
Célébrité sur l'avatar : Jared Leto
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 1 Juin - 11:39
Darren était toujours assis à l’envers sur sa chaise et il avait le menton posé sur ses bras croisés. Ses jambes s’agitaient légèrement, toutes seuls, signe qu’il était en train de réfléchir activement. C’était ça, de toute façon, le remède à l’abattement : réfléchir de toutes ses forces à une solution, une parade, une magouille. Se relancer corps et âme dans la bataille, à chaque fois, et ne surtout pas se laisser abattre. Le seul moment où il serait autorisé à rendre les armes, ce sera quand il sera mort. Alors oui, peut-être qu’ils étaient tous dans une mauvaise passe, les anarchistes, en ce moment, en étant considérés comme des terroristes, mais la roue allait forcément finir par tourner. Il fallait parfois tomber plus bas que terre pour pouvoir ensuite s’envoler. Darren avait toujours eu foi en la cause anarchiste et ça n’allait pas changer. Voilà, il devait se marteler cette idée.

Il releva la tête et se frotta le menton pensivement en écoutant Bonnie. Elle avait raison, concernant l’Héritage. Ils devaient avoir un système de protection magique élaboré, mais il suffisait d’étudier ça en amont, ou de mettre les connaissances de Siméon sur le coup. Il y avait forcément une faille quelque part. Ce qui l’inquiétait plus, c’était la probable association entre protection magique et protection moldue, mais comme il avait vécu toute son enfance dans un univers moldu, il saurait faire face à ça. Il fallait juste effectuer un travail d’observation et de recherche minutieux avant de se lancer. Sinon, effectivement, ça reviendrait à envoyer Eden Swan en pâture… Ce qui n’était absolument pas le but. Non, ils allaient prendre le temps de bien se préparer, des mois s’il le fallait, et ils se lanceraient seulement quand ils seraient prêts.

« Exact, approuva-t-il d’un hochement de tête après les dires de Bonnie. Il va falloir qu’on étudie tout ça, et minutieusement. Qu’on se mette en priorité sur le coup, toi, Swan, Siméon et moi. »

Il partait du principe que la blonde accepterait d’être dans le coup : même si elle tenait à garder son identité d’anarchiste précieusement secrète, elle ne rechignait jamais devant la tâche. Et même si elle était blonde, d’accord, elle avait toujours de très bonnes idées et un recul intelligent sur les choses. Darren le savait très bien, depuis le temps qu’il la connaissait. Il observa un instant le fond de sa tasse, puis se leva. Il posa la tasse vide dans l’évier, la rinça intégralement pour mâcher le travail à Bonnie, puis s’adressa à elle par-dessus son épaule :

« Je vais y aller. »

Il n’ajouta rien à cette phrase, conscient que Bonnie se douterait très bien pourquoi il ne pouvait pas rester plus longtemps. Il était en cavale, plus activement recherché que jamais à cause du meurtre de Kingfell. S’il s’attardait ici, il augmentait les risques de mettre son amie en danger. Déjà qu’elle lui en voulait pour Carter, inutile d’en rajouter…

Il laissa la tasse lavée dans l’évier, s’essuya les mains sur son jeans, puis vint auprès de Bonnie. Il avait le visage marqué par la fatigue, des cernes sous les yeux. Il n’avait pas seulement l’air crevé, il était crevé. Néanmoins, il esquissa quand même un sourire goguenard dont il avait le secret.

« Et non, je ne vais pas rester dormir ici même si tu en crèves d’envie. »

Il fallait être honnête, ça lui avait manqué de la faire chier. Il y avait une différence quand elle était énervée contre lui sérieusement et quand elle était énervée contre lui simplement parce qu’il la taquinait. Il préférait largement cette deuxième option. Il se prépara à esquiver une baffe ou un coup quelconque, on ne savait jamais, puis retrouva son sérieux juste après. Même si Bonnie avait sûrement envie de l’inviter à rester dormir, juste pour qu’il se repose comme son corps le réclamait, il ne pouvait pas prendre ce risque et il savait qu’elle le savait aussi.

« Merci, en tous cas. »

Il esquissa le geste sans réfléchir, et sa main vint se poser délicatement sur la joue de Bonnie, sa paume se calant sur sa pommette et ses doigts s’enroulant dans ses cheveux. Il l’observa quelques secondes puis se ravisa, retira sa main et lui fit un sourire, comme pour lui assurer que tout allait bien.

« On se revoit très vite, ok ? »

Du moins, quand il le pourrait avec cette cavale. Mais c’était pour lui faire comprendre qu’il n’était pas venu un petit moment pour s’expliquer puis repartir sans donner plus de nouvelles. Il n’allait pas à nouveau faire l’erreur de s’isoler et de se la jouer en solo alors que c’était ça qui lui portait préjudice à chaque fois. Puis il finit par s’écarter et après un dernier signe de tête en guise d’au revoir, il transplana.

Spoiler:
 



darren
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Nombre de messages : 474
Célébrité sur l'avatar : Scarlett Johansson (c)noragami
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 1 Juin - 18:06
Bonnie acquiesça : leur priorité devrait être cette infiltration de l’Héritage et elle allait en faire partie. Elle voulait en faire partie, être utile pour une fois. Il fallait rétablir la vérité pour Darren et pour l’anarchie : elle avait bien trop payé les erreurs des autres parties, entre l’attaque des mangemorts de la Nuit Rouge et maintenant le suicide programmé de ce crétin de Kingfell. Et si en plus ils avaient la possibilité de faire quelque chose pour aider Carter, ce serait parfait. Bonnie était plus que cette idée pour cette mission, pour suivre Darren.

Darren finit par se lever et Bonnie l’observa laver la tasse dans laquelle il avait bu son café. Il finit par lui dire qu’il allait s’en aller, ce à quoi elle répondit avec un soupir. Bien sûr qu’il devait partir ! Il était activement recherché et il n’avait pas à être là. Il risquait de compromettre la couverture de Bonnie, bien que celle-ci vive dans un immeuble essentiellement composé de moldus – de ce qu’elle savait - qui ne connaissaient aux histoires de sorciers. Mais la récente arrestation de Carter l’avait amené à prendre beaucoup moins de risque, de peur qu’on enquête un peu trop sur leur relation et leur passé commun. Elle aurait aimé proposer à Darren de rester pour qu’il puisse se reposer : il s’approcha d’elle, et Bonnie pu remarquer son regard fatigué et ses cernes. Il avait besoin d’une nuit de sommeil complète, dans une vraie chambre, là où personne ne saurait le trouver et où il pourrait dormir sans crainte de voir débarquer des Chasseurs. Elle voudrait qu’il reste pour elle aussi, parce qu’elle se sentait terriblement seule depuis que Carter ne passait plus à l’improviste, depuis qu’il n’était plus là et que Darren ne lui avait plus donné de nouvelles. Elle qui était pourtant si indépendante se rendait compte peu à peu que la solitude n’était pas toujours une bonne chose, pas quand elle s’inquiétait jour et nuit pour les deux personnes qui comptaient le plus pour elle. Elle voudrait qu’il reste encore, jusqu’au matin ou plus, mais elle savait pertinemment que c’était impossible. C’était trop de risque, pour elle et pour lui.

Il finit par sourire, de cet habituel sourire quand il allait sortir une connerie pour la faire enrager. Bonnie ouvrit la bouche, choquée qu’il puisse devenir ce dont elle avait envie – était-ce vraiment flagrant ? Il fallait qu’elle le contredise, elle se sentait obligée de le faire.

« Mais même pas dans tes rêves ! Tu mérites pas une telle invitation. »

Elle essaya de le frapper à l’épaule, mais il s’y attendait et para son coup. Vexée, Bonnie croisa les bras et le regarda de haut, prête à le mettre dehors à coup de pieds, quand il changea de ton et la remercia. Elle fronça les sourcils, s’attendant à une feinte de sa part pour mieux l’atteindre ensuite. Mais il ne fit rien et le geste qu’il fit ensuite la surpris – et eut le mérite de l’adoucir un peu. Darren posa sa main sur sa joue, et Bonnie essaya d’apprécier cet instant le plus possible, ne se posant aucune question sur la raison d’un tel geste et pourquoi maintenant. Elle avait besoin de ce genre de geste : elle se laissa faire, décroisant les bras. Elle plongea son regard dans le sien, observant ses yeux qui l’avait toujours fascinée. Elle voulait le prendre dans ses bras et rester ainsi un moment, juste pour sentir un quelconque soutien. Elle espéra qu’il fasse un pas de plus, un geste de plus, mais il s’arrêta et sourit. Elle le regarda mais fut incapable de sourire à son tour : ses inquiétudes remontèrent. Il allait partir, risquer sa vie on ne sait. Se revoir vite ? Elle l’espérait bien. Elle en aurait besoin. Bonnie soupira et, avant qu’il s’en aille, elle rajouta :

« Si tu vois Carter, rend moi un service : frappes le pour moi. »

Il pouvait bien faire ça, non ? Il aurait sûrement plus d’occasions de le croiser qu’elle. Elle esquissa un léger sourire alors qu’il s’écartait, et transplanait avec un dernier signe de tête. Bonnie laissa sa tasse sur le plan de travail : ça attendrait bien le matin, qui allait vite arriver. Elle n’était pas sûre d’arriver à se rendormir mais elle regagna son lit quand même, essayant de ne pas trop penser à Carter, à Darren et à leurs cavales respectives.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Sujets similaires
-
» Je t'avais dit que je viendrais
» "Et si j'avais une maison"
» Si j'avais des ailes si j'avais un ami...
» Alors? Quesque je t'avais dit? [PV Night]
» Cinema : J'avais 5 fils.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: AVANT DE COMMENCER :: Saison 3 :: Avril-Juin 1999-
Sauter vers: