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Ivresse et liberté

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Alice Sullivan
Surveillante à Poudlard
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Jeu 10 Juil - 1:14

FLASHBACK
Hush Bar

Alice se sentait euphorique. À côté de ses pompes, idiote et mentalement déficiente mais euphorique. Elle avait rarement eu l’occasion de tester les effets d’une cuite, dans sa vie. À Poudlard, tout le monde se la jouait tellement… gentil. Rasoir. Sainte-nitouche. On buvait du jus de citrouille et quand on arrivait à boire un verre de whisky pur-feu, c’était à Pré-au-Lard ou chez soi. Alors qu’ici ! Ici, en ville, dans la vraie vie, dans les bars, on pouvait boire du whisky pur-feu à outrance, commander des vagues de shooters et s’amuser avec des citrons, s’enfiler des tequilas ou des mojitos, boire du vin comme si c’était de l’eau, mélanger les alcools et tenter de voir combien de verres on pouvait boire jusqu’à ne plus penser de manière cohérente. Ici, on était libres, libres de faire ce que l’on voulait comme on voulait, où on voulait et quand on voulait. Alice ne regrettait absolument pas d’avoir quitté Poudlard avant la fin de ses études.

Elle faisait désormais partie de l’Héritage, le tout nouveau parti politique créé par Aaron au début de l’été. Le groupe était encore en train de se construire, mais il commençait d’ores et déjà à prendre de l’ampleur. Il fallait dire qu’Aaron était doué. Très doué. Quand il voulait quelque chose… Il l’avait. Ou du moins, il mettait tout en œuvre pour l’avoir. Alice avait accepté de le suivre sans hésiter. Quand ils étaient encore à Poudlard, le jeune homme lui avait déjà fait part de ses projets. Et déjà, Alice avait compris qu’il y avait quelque chose de prometteur là-dedans. Elle sentait que plus les mois allaient passer, et plus l’Héritage allait grimper, grimper, grimper… Jusqu’à atteindre des sommets. Elle n’en doutait pas une seconde. Elle choisissait toujours la bonne place. Comme une vipère, elle savait où installer son nid.

Il n’y avait probablement pas de musique, ou du moins une musique pas suffisamment entraînante, mais Alice dansait comme s’il y en avait. Elle prenait les mains de la fille avec qui elle passait la soirée, une brune de l’Héritage dont elle avait déjà complètement oublié le nom. Une idiote, une fille inintéressante, une ancienne Serdaigle de septième année qui avait fait partie de la brigade Kingfell à l’époque et qui occupait maintenant un poste plus ou moins important là où il n’y avait de toute façon que des postes plus ou moins importants. Peut-être qu’Aaron se l’était tapée, elle aussi, pour la convaincre de rejoindre le projet ambitieux de son parti ? Cette idée arracha un éclat de rire à Alice alors qu’elle tournait en rond avec cette brune, comme si tourner de plus en plus vite allait réussir à les faire décoller du sol. Un instant, Alice eut même la certitude qu’elle allait s’envoler, mais ce n’était que la brune qui était déséquilibrée sur ses talons hauts et qui la déséquilibra elle aussi en tombant. Peut-être parce qu’elle portait des talons moins hauts, Alice réussit à rester debout, et voir sa coéquipière de soirée étalée parterre, sa robe trop courte remontant ridiculement sur ses cuisses, la fit à nouveau éclater de rire. Bordel, peut-être même qu’elle n’avait jamais autant ri de sa vie.

Se désintéressant de la brune, Alice regarda autour d’elle sans voir personne et avisa le bar. Plus tôt dans la soirée, elle avait déjà parfaitement repéré le barman. Grand, beau, brun, mal rasé, bien foutu, des yeux bleus à transpercer les cœurs les plus durs, il avait tout pour lui. Il avait la plastique parfaite pour son rôle, attirant sûrement très facilement la clientèle féminine à venir boire un verre au bar. Il avait l’air désagréable, en plus, ce qui en rajoutait une couche au charme du chieur de première au corps de rêve. Le barman parfait, en somme. S’il avait été un peu plus causant, ça aurait été bien, et ce n’était pas faute d’avoir essayé d’attirer son attention. Mais à chaque fois qu’elles avaient commandé de nouveaux verres, il s’était contenté de s’exécuter avec un désintérêt flagrant. Dommage… Au fil des verres, Alice en avait oublié le barman et s’était concentrée sur d’autres choses. Maintenant qu’elle oubliait la brune toujours étalée parterre, son regard accrocha l’homme derrière le bar et elle eut un sourire. Ce genre de sourire amusé et assuré qu’elle avait toujours, sauf qu’elle avait bu trop de verres. Elle réussissait encore à tenir debout et à marcher plus ou moins droit malgré ses talons, ce qui était déjà ça.

Elle portait un short en lin noir, qui mettait ses jambes en valeur, avec un haut de soirée blanc léger, un peu évasé, qui correspondait parfaitement à une soirée de fin d’été et qu’elle avait assorti avec un collier couleur or et quelques bracelets discrets. Elle passa une main dans ses cheveux blonds et voulut prendre place avec élégance sur un des tabourets du bar, juste devant le barman dont elle n’arrivait pas trop à situer l’âge. Son coude dérapa sur la surface du bar et sa tête partit en avant de manière absolument ridicule, ce qu’elle voulut cacher en relevant la tête comme si de rien n’était. Elle se racla la gorge, cala son autre coude de manière stable sur le bar, posa son menton dans la paume de sa main et eut un sourire béat en fixant le barman. Voilà, maintenant, c’était le moment de se rendre intéressante.

« Salut. »

Un gloussement partit de sa gorge, qu’elle voulut retenir en plaquant sa main sur sa bouche. Bon d’accord, on repasserait pour le côté intéressant.



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Morgan Grey
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Jeu 10 Juil - 16:04
Encore une soirée de stress sous-jacent. Cela ne faisait que quelques jours que Morgan était officiellement le tenancier du bar et plus un simple serveur. Et s'il dissimulait plutôt bien son stress devant les clients et ses employés, il avait en réalité terriblement peur du moindre faux-pas. Le bar avait une certaine réputation à tenir, ses employés aussi : alors il était plus intransigeant que jamais. Heureusement que son ancien patron avait organisé sa succession en douceur : cela faisait plusieurs années déjà que Morgan, qui voyait défiler les serveurs sous ses yeux pour être au final le seul membre vraiment stable de l'équipe – c'est à dire présent depuis 7 ans – était doté de plus en plus de responsabilité au sein du bar. Ainsi, l'équipe actuelle avait l'habitude qu'il les gère. Ils avaient l'habitude de son humour cinglant, de ses remarques constantes sur le manque de propreté d'un verre ou d'une partie du bar et de le voir réagir au quart de tour si un client avait l'air sur le point de vomir. Il ne pouvait bien sûr pas tout empêcher et les verres renversés ou cassés, les gens bourrés à en être malade, ceux qui prenaient son verre avec brutalité et en renversait la moitié sur une table, le sol ou le bar lui-même. Il ne demandait pas à ce que l'on prévienne systématiquement les accidents : mais il exigeait qu'ils soient pris en main le plus vite possible. Et c'était encore pire depuis qu'il avait officiellement les clés en main. Un de ses employés se trouvait systématiquement en salle, quitte à ce que lui doive passer sa nuit derrière le bar. L'endroit était relativement petit mais toujours fréquenté, et c'était en partie dû à cette image policée que Morgan tenait à entretenir.

Tant que possible, il était également attentif au bien-être de ses clients. Bon, il ne se prenait pas pour Mère Teresa non plus : mais s'il voyait que la situation entre deux clients était sur le point de déraper, il intervenait. S'il voyait que l'un de ses clients avait l'air de se sentir mal, il envoyait son serveur s'occuper de lui. S'il voyait qu'une personne risquait de se faire mal – ou s'était fait mal – il intervenait, soit directement, soit encore une fois par l'intermédiaire d'un de ses employés. Il avait beau servir, discuter avec les habitués, il avait les yeux partout et était presque prêt à reprocher aux autres de ne pas en faire de même. Mais il avait bien conscience que, d'une part, il avait d'avantage d'expérience que la plupart d'entre eux dans le job ; et puis, il savait aussi que c'était son rôle à lui, de tout surveiller, de faire attention à ce qu'un duel ne se lance pas dans son établissement. Sa carrure l'aidait pas mal à ce sujet, son calme olympien également. Les autres étaient là pour écouter ses ordres et, au final, la communication se passait plutôt bien malgré la dureté dont il savait faire preuve. Il n'exploitait pas ses employés, non plus : il était à vrai dire le seul à être présent pratiquement tous les jours. Il avait l'habitude de prendre des étudiants qui avaient besoin d'un travail temporaire pour payer leurs études, des gens qui n'avaient pas forcément énormément de temps à consacrer à ce travail. Alors il préférait les faire travailler peu de temps et s'assurer que le taf soit bien fait plutôt que l'inverse.

Une nouvelle fois dans la soirée, ses yeux tombèrent sur ces deux filles. Des jeunettes déjà complètement ivre qui semblaient s'amuser à danser en ronde. Un petit sourire en coin, moqueur, se dessina sur le visage du barman avant qu'il ne serve une nouvelle pinte à un autre client, se détournant du spectacle qu'elles offraient. Après tout, le bruit des conversations laissait à peine entendre le fond de jazz qui n'était de toutes façon absolument pas approprié pour danser. Alors elles attiraient l'attention, avec leur jeunesse, leur fraîcheur, leur beauté, leur ivresse. C'était leur problème : si elle buvait plus qu'elles n'auraient dû, plus que leurs limites les y autorisait, qu'elles ne se plaignent pas si il leur arrivait des noises. Il ne se détourna pas d'elles longtemps, cela dit. Un bruit, un éclat de rire attira une nouvelle fois son attention dans leur direction : la brune s'était retrouvée à terre, sous les éclats de rire de la blonde. Prévisible, vu leurs états... Morgan s'apprêtait à faire un signe à son serveur pour qu'il aille aider la brunette alors que la blonde s'éloignait – super, l'amie – mais déjà, un jeune homme plus proche l'aidait à se relever. Prévisible aussi... Mais ça, ça n'était pas de sa responsabilité. Peut être que c'était un type bien et complètement désintéressé, quoi qu'il ne croyait que moyennement en cette option. Peut être qu'elle allait s'en mordre les doigts. Au pire des cas, ça lui servirait de leçon pour la prochaine fois. Il espéra tout de même pour elle qu'elle gardait assez de présence d'esprit pour ne pas céder à des choses qu'elle pourrait regretter, l'espace d'une seconde : et puis il fut distrait.

La blonde se pointait dans sa direction. Elle comptait encore boire ? Il se demandait par quel miracle elle tenait encore debout. Elle sourit en croisant son regard et son attitude parlait pour elle : ce n'était pas un verre qu'elle venait chercher, mais lui. Sa belle gueule l'y avait habitué et, si ça restait flatteur, il ne serait pas du genre à s'en vanter. Pas par fausse modestie : dans sa tête, il était tout à fait normal que son physique attire, tout comme il lui paraissait normal que son caractère puisse rebuter. Il était très réaliste sur sa personne. Et puis, il savait se mettre en valeur, en toute simplicité : un simple t-shirt noir qui mettait en avant aussi bien ses avant-bras découverts que sa musculature générale du fait qu'il soit près du corps, un jeans foncé, une paire de chaussures faite de cuir noir, il n'avait pas besoin de plus. Elle même était carrément mignonne : un peu jeune, certes, mais elle avait tout de la jeune adulte déjà (trop?) sûre d'elle, elle avait du style, un corps plaisant, un joli minois, une belle chevelure blonde, un regard marron qui venait contraster avec la clarté de sa peau et de ses cheveux. Elle savait se mettre en valeur et elle aurait été carrément à son goût si seulement il pouvait s'assurer qu'elle était majeure.

Il ne pu s'empêcher de sourire encore, moqueur, lorsqu'il vit le visage de la demoiselle manquer de peu de rencontrer son bar. Il était amusant de voir à quel point elle essayait tant bien que mal – plus mal que bien – de garder contenance alors qu'il savait très bien qu'elle avait déjà une belle dose d'alcool dans le sang. Après tout, il lui avait déjà servi plusieurs verre. Elle lui lança une salutation, suivi d'un gloussement qu'elle tenta de retenir – trop tard. A vrai dire, elle l'amusait plutôt. Elle avait un sourire un peu idiot fiché sur le visage alors qu'elle le dévorait des yeux et pourtant, il n'arrivait pas à se dire qu'elle l'était, idiote. Il suffisait de voir comme elle essayait de maintenir une certaine image d'elle-même pour se douter que l'alcool n'avait que trop affecté sa personnalité. Et puis, ce joli visage-là, il l'avait déjà vu. Tous les matins, il lisait le journal. Tous les matins, il entendait parler de ces idéologies qu'il ne comprenait pas, il se tenait au courant de ce qu'il se passait dans son monde bien qu'il préférait donner l'impression de s'en foutre. Et il y a quelque matin de cela, il avait lu un article sur ce nouveau parti, l'Héritage. Pas bien développé encore, peut être sans avenir, dirigé par un jeune à peine sorti de Poudlard et dont les personnalités principales avaient été présentés... Dont elle. Il avait beau juger l'idéologie discutable, elle devait avoir un certain caractère pour s'élever déjà en politique. Elle devait savoir ce qu'elle voulait, elle devait être bien sûre d'elle et sans doute un minimum intelligente : et, toutes idées de côté, c'était des qualités qu'il appréciait chez une femme. Alors il se pencha sensiblement vers elle, sourire goguenard au coin des lèvres et décida de la chercher, puisqu'elle avait l'air prête à jouer :

« Un jus de citrouille pour toi, gamine ? »

Il avait hâte de voir s'il avait raison d'estimer qu'elle aurait du répondant, ivre ou non.
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Alice Sullivan
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Jeu 10 Juil - 16:36
Un jus de citrouille ? Alice éclata de rire comme si elle venait d’entendre la blague la plus délicieuse de l’année. Est-ce que c’était parce qu’elle était ivre ou parce que ce type avait réellement un bon sens de l’humour ? Aucune idée, elle l’aurait su si elle avait été sobre. Mais ce n’était pas le cas, alors elle se contenta d’apprécier le sourire goguenard au coin des lèvres du barman. Elle aimait voir ce genre de sourire comme elle aimait en faire. Du moins, elle aimait ce genre de sourires quand ils allaient bien à la personne qui le faisait. Et en l’occurrence ici, c’était tout à fait le cas.

Portée par l’amusement, elle pivota légèrement sur son siège pour prendre une pose plus nonchalante, le coude toujours appuyé sur le bar. Elle se concentra pour fixer les yeux bleus de sa cible et rien d’autre, sans ciller, puis laissa un sourire moqueur fleurir sur ses lèvres en même temps qu’un haussement de sourcil qui voulait tout dire. Le genre de sourire qui lui allait très bien, à elle.

« Sérieusement. Est-ce que j’ai une tête à boire du jus de citrouille, gars ? »

Sa propre réplique lui donna envie de rire à nouveau, comme une écervelée, et elle dut se faire violence pour se contrôler. Bordel, ce que c’était compliqué de réfléchir dans ce genre de situation ! Un immense sourire fendit quand même son visage et elle se redressa sur son siège, décollant son coude du bar. Elle redressa le dos pour se tenir droite et leva à demi les mains en l’air pour continuer, prenant un air de snob qui paraissait naturel chez elle :

« Non, non, non et non. Ici, le client est roi. Donc ici, le roi, c’est moi. »

Elle baissa lentement les mains pour se désigner d’un air à la fois théâtral et vaniteux, haussa à nouveau un sourcil d’un air entendu en regardant le barman puis dû une nouvelle fois se faire violence pour ne pas rire. Mais quelle soirée, quelle soirée ! Elle avait déjà complètement oublié la brune sans nom. Elle croisa les jambes, dans ce mouvement qu’elle aimait toujours faire pour séduire, appuya une moitié de son avant-bras sur le bar et eut un sourire amusé et contrôlé pour sa cible de la soirée. Voilà qui lui demandait un effort extrême de concentration mais elle se sentait pouvoir y arriver pendant un instant.

« Plus sérieusement, ce sera de l’alcool. Peu importe lequel, trésor, c’est toi qui choisis. Tu me fais ce que tu veux. »

Au double-sens de cette phrase, elle eut à nouveau l’air parfaitement entendu. Bien sûr qu’elle pouvait chercher, elle adorait chercher. Son sourire en coin tremblota, menaçant de s’étirer en un grand sourire de franche rigolade. Elle avait toujours adoré les joutes verbales, toujours. Elle avait toujours apprécié le sens de la répartie, même chez ses ennemis. Mais ce soir, avec l’alcool qu’elle avait ingéré, elle trouvait ces joutes verbales encore plus délicieuses que d'habitude et surtout plus… drôles. Terriblement drôles à vrai dire. Pour sûr, elle n’allait pas arriver à se retenir de rire bien longtemps ce soir.



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Morgan Grey
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Ven 11 Juil - 13:38
Et ce fut un rire qui sortit le premier de la gorge de la belle blonde à sa provocation. Le sourire amusé de Morgan ne quittait plus ses lèvres : sans doute – certainement – que l'alcool jouait alors un grand rôle, mais il n'avait jamais vu l'alcool faire faire à des gens des choses qu'il ne voulait pas faire. Il voyait plutôt la substance comme un révélateur, qui réveillait quelque chose de profondément ancré chez les gens dans les cas les plus extrêmes – et ça n'était pas forcément une bonne chose, car certaines personnes avaient quelque chose de très sombre en eux. Ca ne voulait pas dire que l'alcool n'avait pas une influence, qu'il ne poussait pas les gens à faire des choses qu'ils regretteraient par la suite : seulement qu'il ne croyait pas en la théorie selon laquelle l'alcool transformait les gens en une autre personne. Alors si le rire de la demoiselle était peut être poussé par l'alcool, il appréciait ce qu'il révélait d'elle. Elle semblait adepte des provocations, habituée même. Sans doute pourrait-elle le tolérer, ne serait-ce qu'un moment.

Et le jeu pouvait commencer. La voilà qui, sourire un peu idiot malgré elle toujours fiché sur ses lèvres, elle lui répliquait. Faiblement, d'abord, mais, si elle avait goûté à la blague, elle affichait clairement son désaccord. Pas de jus de citrouille pour elle, soit-disant qu'elle n'en avait pas la tête. Mais bien sûr... Entre le fait qu'elle soit sérieusement éméchée et qu'elle lui paraissait bien jeune, elle avait à son goût tout à fait la tête à boire du jus de citrouille. Mais soit, pas de jus de citrouille pour la demoiselle, donc, mais quelque chose de plus... alcoolisé, il le comprenait déjà. Avait-elle conscience de son propre état ? Du fait qu'il ne servait à rien de se rendre malade à force de boire, juste pour garder une certaine image et ne pas « s'abaisser » à s'arrêter de boire des choses qui vous faisaient tourner la tête aussi bien que le cœur ? De toutes évidence, non...

Elle avait l'air amusée par sa propre répartie. Au moins n'était-il pas le seul ; et à vrai dire, il sentait déjà que ça n'était que le début. Fait plutôt rare, sa réplique suivante provoqua un éclat de rire rauque chez le barman, laissant tout le loisir à l'ex-serpentard d'admirer ses dents bien blanches malgré sa consommation affolante de tabac et ses canines un peu trop pointues qui pouvaient lui donner un charme presque animal. Elle était bonne, celle-là « le roi, c'est moi ». Quel toupet ! Le pire étant qu'elle avait presque l'air de vraiment le penser. Elle avait en tous cas tout de l'attitude trop sûre d'elle encore de celle qui s'accorderait tous les droit. C'était sans doute une gosse de riche, du genre à toujours avoir eu tout ce qu'elle voulait et à ne jamais rencontrer de « non ». Ca l'amusait d'autant plus de parler avec elle, de lui faire subir une certaine forme d'opposition. Sans doute appréciait-elle la répartie faute d'en avoir vraiment eu, enfant... Il ne s'agissait que de présomptions, il ignorait tout d'elle et faisait peut être erreur sur toute la ligne, mais il en serait alors bien surpris. Dès qu'il fut remis de son éclat de rire, bref, il souffla :

« Quelle prétention... »

Et puis, changeant de position pour la peut être cinquième fois depuis qu'elle était à son bar – il avait à vrai dire arrêté de compter – et lui exposant ses jambes de manières nettement plus aguicheuse, elle en vint enfin au fait. De l'alcool, voilà ce qu'elle voulait. « Trésor », qu'elle osait l'appeler. Elle ne doutait de rien, la blondinette ; elle ne craignait rien, surtout. « Tu me fais ce que tu veux », le sous entendu était clair – suffisamment en tous cas pour que son esprit sobre et fin puisse le comprendre à peine fut-il prononcé. Un homme moins scrupuleux que lui le prendrait à la lettre et l'emmènerait déjà ailleurs... Mais se taper des gamines bourrées, ça n'était pas vraiment bon pour le commerce. Et il n'aimait pas coucher avec des filles (ou des mecs, d'ailleurs) ivres : ça lui était arrivé, il n'avait jamais autant apprécié qu'un partenaire sobre. Il préférait savoir que l'autre était vraiment là de son plein gré, et pas parce que sa libido débordait autant que les grammes d'alcool qu'il avait dans le sang.

Alors il eut un léger sourire, hocha la tête en fermant les yeux une demi seconde en signe d'assentiment et fit un signe à son employé pour qu'il l'approche. Une fois cela fait, il lui attrapa doucement le bras et, faisant délibérément dos à Alice, se pencha à son oreille pour lui murmurer quelques mots à l'oreille. L'employé en question eut un petit sourire et hocha la tête une fois que son patron se redressa, avant de retourner vaquer à ses occupations. Morgan, lui, saisit deux verre, déposa deux glaçons dans chacun et attrapa une bouteille d'un de ses whisky préféré, de l'Île du Jura. Pas le plus fort ni le plus agressif qu'il connaisse, un goût subtil. S'il n'était pas sûre qu'elle l'apprécierait à sa juste valeur dans son état, au moins ne pourrait-elle pas le siffler trop vite. Et puis, lui, il allait l'apprécier. Surtout alors que, une fois les deux verres servis, il sortit une clope de sa poche, son zippo et n'hésita pas une seule seconde à l'allumer. Son bar, ses règles. En l’occurrence, il avait le droit de prendre une pause sauvage pour partager un whisky avec une blonde intéressante et d'agrémenter ce moment par une clope bien méritée. Il avança l'un des verre sur le bar, vers la demoiselle, et agrémenta cela d'un geste moqueur qui était censé lui faire comprendre qu'il était son chevalier servant, mais qui était fait avec une telle volonté qu'il signifiait le contraire.

« Ce que femme veut... »

Le ton de sa réplique étant évidemment tout à fait sarcastique. Il prit quelques gorgées de son propre whisky, en savourant la saveur avant de tirer sur sa cigarette. Ca faisait tellement de bien ! Maintenant, il était fin prêt à jouer. Un avant bras reposant nonchalamment sur son bar, il se pencha légèrement vers la demoiselle pour lui adresser un nouveau sourire moqueur.

« Alors, qu'est ce qu'une gamine à peine sortie de l'école vient faire dans mon bar ? Je croyais que tout le monde savait que c'était réservé aux grandes personnes, ici... »

Une moquerie, encore.

Mais il ne lui avait pas annoncé de prix pour sa consommation.
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Alice Sullivan
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Dim 13 Juil - 18:29
Satisfaite, Alice ferma les yeux une seconde pour savourer ce sentiment. Le barman avait beau se foutre de sa gueule avec son histoire de jus de citrouille, il n’empêche qu’elle était cliente dans ce bar et qu’une cliente dans un bar avait tous les droits. Du moins, tous les droits de commander ce qu’elle voulait. Toujours appuyée sur son coude, le menton dans la paume de la main, elle contempla son vis-à-vis pendant qu’il préparait deux verres. Un sourire amusé fleurit à nouveau sur ses lèvres. Mais c’est qu’il allait boire un verre avec elle ? Et après il voulait faire croire qu’il la prenait pour une gamine ? Le sentiment de puissance qui l’habitait toujours lorsqu’elle se sentait satisfaite de quelque chose lui donna encore plus envie de sourire, mais elle tâcha de se contrôler. Elle se concentra plutôt pour s’emparer du verre sans le faire tomber. L’espèce de révérence que le barman fit devant elle lui parut tout à fait appropriée, et elle eut un signe de tête exagérément approbateur. Très juste, ce que femme veut…

« …femme obtient, acheva-t-elle sur un ton supérieur, levant son verre d’un air entendu comme pour trinquer. »

Elle n’avait absolument pas saisi la note de sarcasme dans la voix du barman, à moins qu’elle ne s’en fiche tout simplement. Elle porta le verre à ses lèvres pour boire une première gorgée du breuvage sans en apprécier la saveur. À ce stade, elle avait simplement l’impression de boire pour se désaltérer. Comme si on pouvait se désaltérer avec du whisky…

Alice se désintéressa de son verre le temps d’observer son interlocuteur allumer une cigarette. Elle avait toujours trouvé cette invention moldue à son goût, alors qu’elle faisait pourtant partie des sorciers réfractaires à la vie moldue. Plus que le goût, c’était le charisme que pouvait dégager quelqu’un qui fumait qui lui plaisait. Surtout ces mouvements subtils qu’on faisait alors avec les lèvres. Et les lèvres de son interlocuteur, elle aurait visiblement le loisir de les contempler à outrance puisqu’il trouva judicieux de se pencher vers elle en s’appuyant à son tour sur le bar. Le sourire moqueur qu’il affichait était sûrement censé être agaçant, mais il lui paraissait juste charmant. À sa question, elle eut un sourire qui faisait parfaitement écho au sien.

« C’est moi ou cette insistance sur mon âge cache une volonté de savoir si je suis majeure ou encore mineure ? C’est sûr que coucher avec une mineure… »

Elle laissa sa phrase en suspens et s’empara délicatement mais fermement de la cigarette du barman pour pouvoir la glisser entre ses propres lèvres. L’avantage, c’est qu’elle avait déjà eu l’occasion de fumer des cigarettes à Poudlard. Dans le parc, sous les gradins du terrain de Quidditch. Elle pouvait donc paraître sûre d’elle sans artifices, et surtout éviter de tousser comme une novice. Elle inspira une première bouffée et eut un haussement d’épaules faussement désabusé en revenant à la question de son interlocuteur. Ce qu’elle faisait ici ?

« Plus sérieusement, je suis simplement passée par hasard devant ce bar et je me suis dit que ça manquait cruellement de présence féminine. De belle présence féminine, je veux dire. Alors je me suis dit, pourquoi ne pas faire une bonne action ? Et je suis entrée. »

Se retenant de sourire ou de rire, elle s’empara à nouveau de son verre, mais n’en but qu’une petite gorgée. C’est sûr qu’elle n’allait pas le vider cul sec, celui-là. Surtout si elle voulait pouvoir continuer de s’exprimer plutôt correctement. Pour le moment, c’était plutôt pas mal. Tant qu’elle ne renversait pas son verre ou qu’elle ne tombait pas de son tabouret…



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Morgan Grey
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Dim 13 Juil - 20:42
Goulûment, comme s'il lui avait présenté un verre d'eau au beau milieu du désert, elle prit sa première gorgée de whisky. S'il l'avait connu un tant soit peu mieux, il l'aurait tuée pour un tel crime; seul son air blasé parlait pour lui. Des jeunes, filles ou garçons, qui se tapaient leurs premières cuites et qui n'étaient pas capable d'apprécier un bon alcool, il en voyait défiler ; d'ordinaire, il essayait d'ignorer le fait qu'il avait l'impression de donner de la confiture au cochon. Mais là, puisqu'il avait prit une pause pour elle, il n'avait pas d'autre choix que de simplement assister à ce spectacle, atterré. Et il n'avait même pas l'espoir de pouvoir lui apprendre à savourer le goût d'un whisky pareil : elle serait beaucoup trop ivre pour comprendre quoi que ce soit, son palais déjà brûlé par trop d'alcools différents. Mélanges d'alcools... Elle aurait une belle gueule de bois le lendemain, la pauvre gosse. L'image de la blonde râlant à cause de son mal de crâne, enfilant des lunettes de soleil aussitôt qu'elle aurait posé un pied hors du lit et qui serait sans doute des plus irritables l'amusait énormément, l'enchantait presque. Une punition divine pour le sacrifice de ce verre de whisky et pour l'arrogance d'Alice, voilà ce que ce serait.

Punition qui serait amplement méritée : voilà que l'impudente venait chercher la cigarette qu'il avait fichée entre ses lèvres ! Elle était gonflée, vraiment, de le dépouiller de sa drogue favorite : une seconde, suivant la surprise naturelle, il donna vraiment l'impression d'être un molosse à qui on venait de retirer son os. Tenait-elle à ce point à se faire croquer par notre barman ? Il lui offrait un verre, et voilà comment elle le remerciait. Cependant, il ne resta pas outré bien longtemps : à la regarder tirer sur le fruit de son larcin, l'insolente, un sourire en coin apparut sur le visage de Morgan, tuant bien assez vite son regard noir. Heureusement, il en avait d'autres... Il tira un cendrier du bar, en dessous de lui, pour le poser juste à côté d'eux avant de se consoler de sa perte avec une gorgée de whisky. Ce whisky effacerait toutes les peines, et pas seulement parce que le taux d'alcool était élevé : c'était un régal, vraiment. Au prochain arrivage, il garderait une bouteille pour sa réserve personnelle. Et il ne manquerait pas de le conseiller à tout ceux qui lui demanderaient un bon whisky : voilà son coup de cœur du moment... avec, peut-être, cette jolie blonde qui lui faisait toujours face.

La voilà qui répondait aux taquineries sur son âge : et elle aurait presque touché juste si coucher avec elle ne risquait pas de briser deux petites règles importantes qu'il s'était fixée. L'une d'elle, et la plus évidente, était d'éviter les mineures : elles risquaient de le regretter, lui aussi, et il ne voulait pas d'ennuis avec la justice, ni avec les proches d'une gosse qu'il se serait taper. L'autre l'était un peu moins : il ne couchait jamais avec des filles bourrées. Bon, peut être, parfois, s'il les connaissait bien et s'était déjà retrouvé au lit avec elles ; mais sinon, il le refusait toujours. D'une part parce qu'il n'était pas sûre que la demoiselle y était vraiment prête, et il tenait à ce que sa partenaire éprouve autant de plaisir que lui. D'autres part, parce que les filles bourrées passaient souvent la nuit chez lui, et qu'il n'aimait pas vraiment retrouver au matin celle qu'il avait trouvé dans son lit la veille. Ca cassait tout le charme d'une relation sans lendemain, le fait qu'il y ait un matin, un vrai. Enfin, il ne voulait pas jouer aux baby-sitters s'il entraînait une femme dans ses draps: alors s'occuper d'une nana malade ou en mode gueule de bois sous le seul prétexte qu'il avait couché avec, non merci. Qu'elles se trouvent des mecs, si c'était ce qu'elles voulaient !

Il ne répondit pas immédiatement à la provocation et manqua d'éclater à nouveau de rire à la réponse effrontée de la demoiselle quant à sa présence ici. Un acte de générosité, ben voyons ! Elle goûtait juste à sa liberté acquise depuis qu'elle avait quitté son école à coup de vodka et autres tequila. Aucun raffinement dans sa manœuvre : son but, c'était d'être ivre, de rire, de profiter de sa jeunesse et de passer un peu de bon temps. Et encore une fois, elle ne doutait de rien, à dénigrer les autres femmes présentes dans le bar. Ça, Morgan s'en foutait : elle pouvait insulter qui elle voulait tant que ça n'était pas lui, c'était pas son problème. Il n'avait jamais été un chevalier blanc, de toutes façons. Elle ne craignait pas les agressions, non plus... Si peu vêtue, dans cet état d'ébriété, serait-elle capable de lancer ne serait-ce qu'un petit expelliarmus ? Un soupir amusé s'échappa des lèvres du barman avant qu'il ne réponde au phénomène qu'était Alice Sullivan.

« Tu n'doutes de rien, dis donc... Avoue, tu voulais juste te débarrasser de ta copine. Cela dit, elle est mignonne, elle aussi. Deux personnes pour essayer de rehausser le niveau de beauté des fréquentations d'mon bar, j'en ai, de la chance...»

Il fit un signe de tête vers la brunette, en pleine conversation rapprochée avec le type qui l'avait ramassée un peu plus tôt. Oui, il venait souvent accrocher le regard de la blonde : ça ne l'empêchait toujours pas d'avoir des yeux partout et d'avoir pleinement conscience de ce qu'il se passait dans son bar. Et il faisait volontairement semblant d'éprouver un possible intérêt pour la pseudo-amie de son interlocutrice : l'idée de peut-être la rendre jalouse l'émoustillait. Il rêvait de voir ça. En attendant, il se pencha à l'oreille de la jeune femme, pour y souffler quelques mots :

« Et je sais tout à fait quel âge tu as, Alice. »

Il se souvenait de ce visage, de ce nom. Il espérait bien la surprendre du fait de savoir qui elle était, alors que la notoriété de la jeune fille hors Poudlard était toute nouvelle : alors qu'il se redressait lentement, deux de ses doigts virent caresser doucement le bras de la jeune fille, remontèrent sur son poignet puis le bout de ses doigts... juste pour y récupérer la cigarette dans un geste vif, précis, et tirer dessus avec un sourire triomphant.
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Alice Sullivan
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Mar 26 Aoû - 1:10
Pendant un instant, lorsqu’elle lui arracha la cigarette des lèvres, Alice eut tellement l’impression de se retrouver face à un chien à qui on aurait retiré son os qu’elle manqua de partir dans un nouvel éclat de rire. Elle tâcha de se contrôler, pinçant les lèvres autour de la cigarette et baissant la tête un instant, mais la vision qu’elle avait à l’esprit refusait de s’en aller. Si ce barman avait été un chien, quelle race serait-il ? Un doberman ? Un berger allemand ? Un bouledogue ? Elle manqua de s’étrangler littéralement de rire mais se reprit et bientôt, ce fut le rire du barman qui capta totalement son attention et elle eut un sourire en se disant que ce rire sonnait de manière agréable. Aussi bizarre que cela puisse paraître, la présence de cet homme cassant et sarcastique lui paraissait agréable. Peut-être était-ce simplement une impression due à l’alcool, qui disparaîtrait au bout d’un moment avec tout le reste.

Toute envie de rire la quitta lorsque son interlocuteur se mit à parler de sa « copine ». Pendant une seconde, elle ouvrit la bouche, prête à demander de qui il parlait. Puis elle se rappela subitement de Katherine, cette fille avec qui elle était venue passer la soirée. Comme le barman faisait un signe de tête, Alice se tourna sur son tabouret pour suivre son regard, les mains accrochées au bar comme pour garder l’équilibre. Elle plissa les yeux en voyant la brune assise près d’un type, en pleine discussion, tranquillement, comme si de rien n’était – et encore, près d’un type, elle était plutôt assise contre ce type, voire presque sur ce type quand on y pensait. Mais quelle salope ! N’avait-elle pas un peu de dignité, même bourrée ?! Le visage figé dans une expression offusquée un peu trop démesurée, Alice pivota d’un bloc dans l’intention de partager son sentiment avec son nouvel « ami ». Seulement, ce fut à cet instant qu’il choisit de se pencher en avant pour lui souffler quelques mots à l’oreille. Alice n’y prêta pas immédiatement attention, trop accaparée qu’elle était par le contact des doigts du barman sur sa peau, le long de son bras et jusqu’à ses doigts, jusqu’à ce qu’il récupère la cigarette qui était la sienne. Même lorsqu’il eut tiré une première bouffée de nicotine, Alice continuait d’observer pensivement sa main, là où les doigts du jeune homme étaient passés. Elle fut tentée de lui demander tout simplement de recommencer. Elle était capable de le lui demander. De toute façon, elle pouvait tout demander. Mais quelque chose l’interpella, et elle fronça les sourcils en se rappelant les mots qu’il lui avait soufflé. Lorsqu’elle comprit ce qui clochait, elle releva la tête pour observer le barman avec un froncement de sourcils et un air d’incompréhension dans le visage.

« Euh… »

Elle ne trouva rien de plus intelligent à dire, et elle se tut. Elle n’avait pas rêvé, il l’avait bien appelée Alice ? Lui avait-elle glissé son nom à un moment donné ? Elle ne s’en souvenait plus. Peut-être que oui. Mais comment pouvait-il savoir son âge ? Il bluffait ? Probablement. Alice voulut s’en convaincre et but une gorgée de whisky, mais le doute continuait quand même de la tenailler. Le fait de ne pas savoir l’irritait. Cette impression de louper quelque chose d’essentiel pour accéder à la clé de la compréhension l’énervait. Alors quand elle entendit le rire de sa coéquipière de soirée résonner plus loin derrière eux dans le bar, un rire d’écervelée qui voulait se montrer intéressante, Alice abattit un peu trop brutalement son verre sur le comptoir et trouva un exutoire à son énervement.

« Non mais c’est quoi cette conne ? Tu l’as vue ? Elle n’est pas mignonne, elle n’est pas comme moi, elle n’a rien à voir avec moi, et qu’est-ce qu’elle fout là ? À faire sa conne d’intéressante de cette manière, collée à ce vieux ? Je ne sais même pas pourquoi je l’ai ramenée. C’est rien. Elle n’est rien. Et Jesse-Rose me manque dans ces moments-là, mais ce n’est pas comme si je pouvais la ramener à ce genre de soirées, hein ? Alors tu te contentes d’articles au rabais, en te demandant encore pourquoi tu as fait l’effort inutile de les acheter. Faut vraiment pas me faire croire que ça, ça, c’est une fille mignonne. »

Elle releva son verre pour en boire plusieurs gorgées d’affilée. Voilà qui était mieux. Comme ça faisait du bien ! De retrouver le contrôle un instant, suffisamment en tous cas pour faire ce qu’elle savait faire de mieux : cracher sur les gens. Elle oublia l’incompréhension de l’instant d’avant et se redressa sur son siège pour toiser son mystérieux vis-à-vis d’un air assuré, presque prétentieux.

« Et toi alors le barman, c’est quoi ton nom ? »



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Morgan Grey
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Mer 3 Sep - 19:59
La surprise dépassa ses attentes. Alice mit un instant à réagir et notre barman ne saurait dire si c'était le geste qu'il avait eu en lui effleurant la peau pour récupérer son cancer en barre ou l'alcool qui le troublait à ce point. Sans doute était-ce un peu des deux : en tous cas, une fois ce temps de latence passé, il la trouva presque attendrissante, avec l'air un peu perdu qu'elle afficha. Il l'observa, imperturbable, tout en prenant quelques gorgée de ce whisky qui, à ses yeux, se mariait parfaitement à la cigarette. Enfin, à l'entendre, l'association whisky/cigarette marchait quel que soit le whisky tant qu'il fumait des Lucky Strike. Il était évidemment hors de question de lui montrer à quel point il pouvait la trouver adorable alors qu'elle ne semblait plus savoir où elle en était : d'une part, elle risquait de se sentir humiliée, de le prendre pour de la pitié et donc, de se méprendre sur son sentiment. D'autre part... Et bien, depuis quand Morgan Grey montrait-il ce qu'il ressentait, d'autant plus lorsqu'il jouait de cette façon ? Il se plaisait à entretenir ce mystère sur ce qu'il pensait réellement et ne comptait pas changer cette attitude. Après tout, en plus d'être terriblement séduisant, ce rôle qu'il entretenait lui permettait de conserver une certaine distance entre lui et les autres. Il ne se confiait pas : il était là, il côtoyait beaucoup de monde, mais personne n'avait le droit de pénétrer dans son esprit, de savoir ce qu'il pensait vraiment. D'ailleurs, quelque part, il avait très peur de rencontrer un jour un légilimens – d'autant plus si ce légilimens se révélait être l'un des fanatiques qui suivaient aveuglément le Seigneur des Ténèbres. Enfin, s'il s'agissait d'un anarchiste, ça ne serait sans doute guère mieux vu l'estime qu'il avait pour ce groupe d'allumés...

Progressivement, cet air perdu disparu au profit de l'agacement, qui laissait deviner un tempérament colérique. Elle ne semblait pas apprécier d'être déstabilisée, et ça ne fit que faire revenir le sourire triomphant du barman. Oui, il aimait frustrer ces interlocuteurs lorsqu'il jouait de cette façon avec eux : ainsi, il avait toujours l'impression d'avoir les rennes. Et pour certains d'entre eux, il espérait bien que cette frustration ressortent en passion lorsqu'ils se retrouveraient dans les même draps... Ca n'était cependant pas le cas pour Alice. Elle était majeure, certes, mais elle restait une gamine à ses yeux. Une gamine ivre, qui plus est : hors de question, donc, de la toucher et ce, bien qu'elle l'amusait grandement. Et face à l'énervement de la jolie blonde, il ne fit qu'être plus amusé : il dû même réprimer un éclat de rire. La voilà qui crachait sur la jeune femme qu'elle avait entraînée ici avec elle et qui, clairement, n'était pas son amie. Elle ne faisait que confirmer qu'elle semblait être opportuniste au possible et qu'elle n'hésitait pas à se servir des autres pour ses propres intérêts – ici, ne pas être seule pour se bourrer la gueule un soir. Beaucoup d'homme n'aurait rien voulu avoir à faire avec ce genre de femme : c'était des défauts qui lui plaisait énormément. Il l'avait déjà deviné, la demoiselle ne manquait pas de caractère : et son côté sans-gêne, le fait qu'elle marche aussi bien dans sa tentative pour la rendre jalouse ne faisait que le séduire un peu plus, quelque part. C'était le genre de personne qu'il aimait bien avoir dans son entourage : des grammes d'alcool en moins et cinq années de plus et elle aurait pu être sûre qu'il l'aurait emmenée dans son lit, si elle le voulait bien. Il ne put s'empêcher de commenter les critiques sur l'accompagnatrice d'Alice par un souffle d'air entre ses dents. Il n'était pas désapprobateur, au contraire. C'était plus une façon silencieuse de dire qu'elle n'était pas tendre avec l'autre jeune fille mais bon, peut être qu'elle l'avait mérité...

La demoiselle se concentra ensuite à nouveau sur ce qui l'intéressait vraiment : lui. Morgan se surprit à se demander si elle s'attendait vraiment à ce qu'il se passe quelque chose entre eux, ce soir. Si c'était le cas... Et bien, il ne pourrait pas clamer l'innocence lorsqu'elle se rendrait compte qu'il ne comptait rien vivre avec elle, pas même une nuit. Après tout, il venait de lui offrir un verre et, en temps normal, le message passé par ce geste était sans équivoque : tu m'intéresse. Le problème était que, oui, elle l'intéressait d'une certaine manière, elle l'intriguait et l'amusait : mais il ne voyait pas plus loin, pour des raisons déjà trop évoquées. Alors, à la question de la diva, il sourit et laissa planer un silence, comme s'il ne comptait pas répondre alors qu'il se fichait qu'elle connaisse son nom. Finalement, il se pencha à nouveau vers elle, veillant cependant à éloigner sa cigarette de la portée de la jeune fille pour souffler un mot.

« Morgan. »

Elle n'avait pas besoin de connaître son nom de famille. Il lui tendit son propre verre pour trinquer avec elle, comme ils l'auraient fait si leur rencontre avait été plus formelle. Oui, il adorait singer les attitudes les plus respectables et respectueuses. Puis il haussa les sourcils à l'intention de la jeune fille, pour relancer la conversation et voir encore un peu ce qu'elle avait dans le ventre.

« Alors, qu'est ce que tu fêtes ce soir ? La montée de ton parti ? T'as pas choisi le bon endroit pour ça... »

Oui, il lui montrait encore qu'il en savait bien plus sur elle qu'elle ne pouvait en savoir sur lui. Ca lui donnait une impression de puissance qui n'était pas pour lui déplaire et, surtout, il avait hâte de voir comment elle réagirait à cela. Et oui, il tenait à ce que son bar reste aussi apolitique que possible. C'était, d'après lui, le meilleur moyen d'éviter les problèmes.
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Alice Sullivan
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Mar 9 Sep - 16:22
Alors il s’appelait Morgan. Alice avança son verre pour trinquer avec lui et ne put s’empêcher de rire, même si quelque part au fond d’elle, un reste de lucidité essayait désespérément de l’empêcher de glousser comme une idiote. En vain.

« Morgan ? Mais c’est un nom de fille ! »

Son esprit embrumé par l’alcool trouvait cette information particulièrement hilarante. Elle faillit en renverser son verre, à force de le tenir en l’air, jusqu’à ce qu’elle se souvienne qu’elle pouvait l’abaisser. Puis elle se fit la réflexion que « Morgan » pouvait être un nom de famille, et elle s’arrêta de rire. Oui, bon. Dans ce cas, c’était moins drôle.

Elle but une large gorgée de whisky trop vite et grimaça en sentant son œsophage la brûler. Elle se fit la réflexion que sa tête lui tournait un peu, mais elle ne s’en préoccupa pas. Elle observa un instant son verre, se demandant si ça valait le coup d’essayer de le finir cul sec, puis releva la tête lorsque son interlocuteur relança la conversation. Elle plissa les yeux une seconde, le temps de comprendre, puis se mit à sourire de ce sourire supérieur qu’elle avait souvent. Ce qu'elle fêtait ce soir ? Parce qu’il y avait besoin d’un prétexte pour fêter simplement la vie ? D’accord, elle était bien satisfaite de faire partie d’un groupe qui montait en puissance, mais elle n’éprouvait pas le besoin de le fêter particulièrement. Et surtout pas dans ce bar en particulier. Cette supposition lui donnait envie de se moquer, de trouver une attaque à lancer pour voir comment le barman réagirait. Mais l’alcool l’empêchait de trouver une répartie cinglante et intelligente, et elle préféra alors simplement se moquer en jouant la carte de l’ironie.

« Pourquoi ? Parce que ce bar n’est pas assez classe pour une fille comme moi ? Tu n’as pas particulièrement tort mais ma foi… Un bar reste un bar. Quand bien même le barman est plutôt agréable à mater. »

Elle leva légèrement son verre avec un haussement de sourcil entendu, l’air de dire à bon entendeur. Elle avait de nouveau envie de rire, d’un rire d’imbécile heureuse, mais elle se fit violence et tâcha plutôt de finir son verre, qu’elle reposa ensuite sur la surface du comptoir.

« Je n’ai pas besoin de fêter la montée du parti. On n’est pas encore assez hauts pour ça. Mais ça viendra. Ce soir… c’est juste la vie que je fête. Ma vie. »

Elle voulut ajouter autre chose, mais s’interrompit soudain. Attendez. Comment pouvait-il savoir pour l’Héritage ? Ça n’était pas écrit sur son front, quand même ? Elle n’était pas folle ? Il y avait bien quelque chose de bizarre ? Elle se leva de son siège, une main encore appuyée sur le bar pour garder son équilibre, et toisa son vis-à-vis d’un air exagérément suspicieux.

« Laisse-moi deviner. Le troisième-Œil ? Tu lis au fond des verres de whisky ? Une autre connerie divinatoire ? Je refuse de croire que c’est écrit sur mon front. »

Malgré elle, comme pour illustrer son propos ou cacher une éventuelle information visible sur son front, elle leva la main pour la positionner en éventail devant son front comme une barrière. D’accord, elle refusait d’y croire, mais mieux valait se méfier.



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Morgan Grey
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Mer 10 Sep - 22:40
Un nom de filles ? Haussement de sourcil. La castration n'était pas vraiment la technique de drague qu'il jugeait la plus efficace... Elle le draguait clairement, pourtant. Depuis le début, elle ne se privait pas pour montrer l'intérêt qu'elle éprouvait pour lui. La remarque ne le blessait en rien : d'une part, il n'avait pas choisi son prénom, alors si quelqu'un était à blâmer, ça n'était pas lui. Et puis, après tout, il avait rencontré bien des hommes avec son prénom, plutôt courant. Peut être Alice avait-elle juste une idée préconçue sur les prénoms, qui n'acceptait pas la possibilité des prénoms unisexes... Mais au final, même s'il avait été un peu plus réactif quant à cette agression sur sa virilité, il se demandait comment on pourrait décemment lui en vouloir. Clairement, ils étaient dans une dynamique de jeu : et s'il l'attaquait, il ne pouvait pas s'attendre à ce qu'elle ne réplique pas si elle voyait une potentielle faiblesse. Et surtout... Elle avait concrètement beaucoup trop bu. Ça se voyait rien que dans sa façon de se tenir, d'essayer de rattraper, de rire inopinément malgré elle. Morgan ne doutait pas qu'en temps normal, Alice faisait bien attention à avoir beaucoup plus de classe que le visage qu'elle montrait ce soir : et cela lui plaisait aussi. Il aimait les femmes fortes, les femmes fières et, quoi que jeune encore, il en doutait pas du fait qu'Alice fasse partie de cette catégorie. D'ailleurs, elle riait encore une seconde auparavant : la voilà qui s'arrêtait brusquement au nom d'une pensée obscure. Plus d'une fois, Morgan aurait rêvé de pouvoir s'infiltrer dans l'esprit des gens ivres à qui il faisait la conversation pour savoir ce qui traversait leur esprit un peu cotonneux et provoquait de si brusques changement d'humeur.

Elle ne lui laissa pas le temps d'y réfléchir plus longtemps. La voilà déjà qui reprenait la parole... pour attaquer son bar, s'attirant un haussement de sourcil de la part du barman. Comment ça, son bar, pas assez classe ? On y servait – d'après lui – le meilleur whisky que le monde sorcier pouvait se procurer et l'ambiance était au jazzy élégant, calme, un peu vieux-jeu peut être mais avec un charisme de fait indéniable. Tout dépendait ensuite de ce qu'Alice désignait comme « classe »... si elle parlait alors des boîtes de nuits à l'ambiance survoltée, pleine de midinettes très peu vêtues et de garçons qui ne pensaient pas avec le bon élément de leur corps... en effet, ils n'avaient pas la même vision des choses. Et elle baisserait grandement dans son estime. Mais qui sait à quoi elle pensait à cet instant ? Tous les jours, Morgan se trouvait face à des situations où il était facile de juger l'autre que ce soit par ses propos ou son apparence. Et tous les jours, il évitait soigneusement de tomber dans ce travers bien humain. Son haussement de sourcil à l'écoute des critiques qu'elle émettait sur l'endroit qu'elle avait choisi, cependant, se suivit par un sourire léger, un peu incrédule et accompagné d'un soupir amusé. Elle ne doutait vraiment de rien, cette gamine, à le draguer encore éhontément... Elle avait de la chance, quelque part, d'être tombée sur lui alors qu'elle était aussi ivre. Un autre type aurait sauté sur l'occasion pour... lui sauter dessus, clairement. Et tant pis si elle le regrettait le lendemain. Lui était bien trop gentleman pour agir ainsi.

Et la voilà qui parvint à faire naître chez le barman un nouvel éclat de rire, un peu plus appuyé que le premier, si bien que quelques personnes curieuses alentours posèrent les yeux sur eux, avant de détourner tout aussi vite le regard une fois qu'ils surent d'où venait cette soudaine agitation. Décidément, Alice avait un don pour le mettre de bonne humeur : et il était tout aussi séduisant le sourire au lèvres qu'avec l'air blasé, un peu distant et mauvais garçon qu'il affichait la plupart du temps. Sa grande main chaude saisit le poignet de la jeune fille pour lui faire baisser la main, le sourire toujours affiché sur ses lèvres. Il ne s'attarda guère, lâchant la blonde une fois sa main à hauteur du bar. Et il garda un ton amusé pour la rassurer :

« Ca n'est pas écrit sur ton front. »

Les suppositions qu'elle avait faite sur les informations dont Morgan disposait l'amusaient tout autant, d'ailleurs. Alors il ne perdit pas son sourire au moment de lui répondre, le ton léger et moqueur.

« Je suis un sorcier puissant, qu'est ce que tu crois. Je suis doté de l'incroyable pouvoir de lire dans... la Gazette du Sorcier. Et j'ai une bonne mémoire. »

Cette qualité, réelle, lui servait énormément, autant dans son quotidien que pour son travail. Il retenait extrêmement bien les visages, entre autre: alors il était relativement facile pour lui de savoir si oui ou non ses clients venaient régulièrement. Bien entendu, à moins d'une rencontre marquante, il ne pouvait pas identifier des personnes qui n'étaient entrées ici qu'une ou deux fois, d'autant plus si elles avaient un physique banal et une attitude discrète ; de même, il lui arrivait de faire des erreurs, que ce soit à cause de similarités physiques ou, tout simplement, parce qu'il n'avait rien d'un surhomme. Mais s'il y avait une qualité qu'il appréciait franchement chez lui, c'était bien celle-ci. Nul doute, cela dit, qu'Alice verrait son égo exacerbé, non seulement par l'alcool mais aussi par le fait qu'on la reconnaisse via la presse. Déjà qu'il la trouvait prétentieuse... Mais c'était les défauts d'une personne qu'il faisait qu'il les appréciait. Et il en profita également pour rebondir sur les suppositions farfelues et moqueuses de la jeune fille, lui adressant un clin d'oeil sans parvenir à se séparer de son sourire :

« J'avoue que j'adorerais lire au fond des verres de whisky, cela dit. Ça me donnerait une excellente excuse pour en boire... »

Comme s'il avait besoin d'une excuse. Son bar, ses règles. Se disant, d'ailleurs, il en profita pour savourer une nouvelle gorgée de whisky. Son propre verre était loin d'être vide, alors qu'il avait bien remarqué, en bon habitué, qu'Alice avait fini le sien depuis un moment déjà. Hors de question, cependant, de la resservir, au moins spontanément : elle avait assez bu pour la soirée, d'après lui, et le whisky qu'elle venait d'ingérer n'avait sûrement pas encore fait son office. Et les effets d'une boisson aussi forte bues aussi vite, ma foi... La suite de la soirée promettait encore d'être amusante.
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Alice Sullivan
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Sam 13 Sep - 0:37
Lorsque Morgan lui saisit le poignet, Alice tenta de marquer une résistance pour continuer de protéger son front sur lequel elle soupçonnait de voir affichées des informations essentielles sur sa vie. Mais elle abandonna bien vite, l’alcool transformant sa volonté en coton et le contact de la main du barman la distrayant de toute façon beaucoup trop. Elle se laissa faire, suivit la main de Morgan du regard puis releva la tête en plissant les yeux lorsqu’il lui affirma que ce n’était pas écrit sur son front. Elle faillit se foutre de sa gueule. Elle était peut-être bourrée, mais elle n’était pas idiote. Elle savait très bien qu’il pouvait mentir en disant ça. Comme si elle allait tomber dans le panneau si facilement.

Elle retira sa main du bar d’un air méfiant, comme si elle s’attendait à ce que ce shaman de barman arrive à lire les lignes de la main. Puis lorsqu’il expliqua qu’il avait le pouvoir de lire dans la Gazette du Sorcier, elle mit quelques secondes à comprendre puis partit dans un franc éclat de rire. L’éclat de rire amusé de celle qui comprend subitement une blague, et qui en rit sincèrement. D’accord, elle voulait bien l’avouer, elle était pas mal celle-là. D’accord, peut-être bien qu’elle s’était emballée avec la voyance, le front et les lignes de la main. Ce type avait juste une bonne mémoire. Il avait dû tomber sur un article consacré à la naissance de l’Héritage, aux projets d’Aaron, à l’organisation du parti… Et il avait très certainement du tomber sur une photographie d’elle, probablement posant aux côtés de Kingfell et d’autres membres. Se remettant de son rire, l’ancienne Serpentard afficha un grand sourire.

« J’espère que j’étais aussi belle sur la photo dans le journal que dans la vraie vie ? »

En fait, elle ne doutait absolument pas de la réponse alors c’était plutôt une question rhétorique. Elle ne s’intéressa donc pas à l’arrivée d’une éventuelle réponse et tourna la tête pour jeter un coup d’œil à Katherine. Elle était toujours collée beaucoup trop près à ce type blond avec qui elle parlait, elle avait même l’air de rien passé le pied entre les siens. Alice ne put s’empêcher de faire une grimace digne d’un gosse. Bordel, mais ce type était moche ! Elle n’avait aucun goût ou quoi ? Rien à voir avec Morgan le barman. Rien que pour ça, Alice avait envie d’aller la voir pour lui dire qu’elle avait gagné la partie, à supposer qu’une partie de quoi que ce soit avait été lancée. Mais ça n’était pas le cas, alors la blonde préféra se réintéresser à ce qu’il y avait de plus intéressant ici. Morgan lui confiait justement qu’il adorerait pouvoir lire dans le fond des verres de whisky. À cette confession qu’elle trouva absolument touchante, Alice le couva d’un regard attendri. Voilà qu’il se sentait suffisamment en confiance avec elle pour lui confier des sentiments importants qu’il ressentait... Elle se sentait étrangement touchée à cette idée. Elle avait envie de se montrer à la hauteur, alors elle décida de lui apporter ce qui lui manquait.

« Tu veux que je te montre comment faire ? »

C’était comme montrer un faux tour de magie à un enfant. Alice se jucha à nouveau sur son siège, en manquant de tomber au passage, puis tira son verre vide entre eux deux. Le fond du verre avait pris les couleurs du whisky. Alice fit légèrement tournoyer le verre dans sa main puis le reposa solennellement avant de se pencher au-dessus en plissant les yeux. Oui, en regardant comme ça, il y avait bien deux ou trois petites tâches… Elle était sûre qu’en vrai, on pouvait vraiment lire au fond des verres de whisky.

« Regarde. Tu vois cette forme-là, sur la gauche ? C’est un peu la forme d’une pomme. Ça veut dire que tu vas croquer la vie à pleine dents, donc que tu n’as absolument pas à t’en faire et que tu sauras toi aussi un jour lire dans le fond des verres de whisky. »

Elle le regarda d’un air rassurant puis en croisant son regard, fut prise à nouveau d’une folle envie de rire. D’accord, peut-être que c’était ridicule. Mais tant pis. Elle baissa à nouveau les yeux et continua son petit jeu en invitant Morgan à regarder lui aussi au fond du verre.

« Et tu vois, juste en-dessous ? L’espèce de fleur ? Oui, oui, je te jure, c’est une fleur. Plutôt une rose, en fait, et la rose symbolise la reine des fleurs donc comme JE suis la reine des fleurs, ça veut dire que tu vas te mettre à croquer la vie à pleine dents seulement à partir de ce soir parce que tu as la chance de me rencontrer et que je vais t’apporter joie, bonheur, gloire, plénitude, richesse, santé… »

Elle se mit à réfléchir à d’autres mots, commençant à bloquer.

« …longévité, sérénité, beauté… »

Elle le regarda en plissant les yeux et lui fit signe de la main pour qu’il l’aide à chercher.

« …euh célébrité et pouvoir ? »

Elle leva les yeux vers le plafond pour continuer de réfléchir puis finit par repartir dans un gloussement. Ok, d’accord, c’était n’importe quoi. Elle croisa les bras sur le bar et poussa le verre vide vers Morgan.

« Du moins, tu auras tout ça seulement si tu me ressers un verre, Morgan le barman. »



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Morgan Grey
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Lun 15 Sep - 1:14
L'air profondément suspicieux, elle l'avait regardé baisser sa main comme s'il s'agissait là d'un crime, comme si elle était vraiment persuadée qu'il pouvait lire dans ses pensées et ce, même après qu'il lui ait assuré le contraire. Ca n'arrangeait en rien son hilarité à ce sujet, d'ailleurs, et contribua fortement à ce que son sourire flotte un peu plus longtemps sur ses lèvres. Le rire de la jeune fille, d'ailleurs, l'amusa sérieusement : elle avait enfin compris qu'il se moquait (gentiment) d'elle depuis tout à l'heure. Il ne l'avait pas aidée, à vrai dire : la pauvre semblait avoir déjà assez de mal à tenir sur sa chaise, et le voilà qui, cruel, se jouait d'elle... Enfin, elle s'en amusait autant que lui, visiblement : le prouvaient son rire, ses tentatives de séduction et le simple fait qu'elle reste auprès de lui alors qu'elle n'aurait aucun mal à trouver un homme qui montrerait d'avantage d'intérêt que lui pour la jolie blonde qu'elle était. La supercherie dévoilée, elle ne se démonta pas : la voilà qui lui demandait si la photo avait rendu justice à sa beauté. A vrai dire, il était même d'avis de dire qu'elle était bien plus belle en vraie – le fait de la voir en couleur jouait sans doute – mais il comptait bien à ce que cela reste dans sa tête. A elle, il répondit, le sourire aux lèvres en faisant mime de lui porter un toast :

« Une vraie princesse.»

De prime abord, c'était bien sûr flatteur. Mais l'arme favorite de Morgan restait l'ironie : alors oui, elle était très belle, ce que l'on pourrait attendre d'une princesse de conte de fée. Mais s'il la qualifiait ainsi plutôt que de la dire directement belle, c'était aussi parce que dans son attitude, elle était princesse. Elle était précieuse, prétentieuse, orgueilleuse, ne doutant de rien et surtout pas de l'emprise qu'elle pouvait avoir sur les gens, que ce soit avec son charme ou son pouvoir. Ces mêmes défauts qu'il adorait. Ces défauts qui créaient un caractère, une personnalité bien particulière et qui étaient heureusement rarement réuni en une seule personne : alors, quand c'était le cas, il appréciait de rencontrer ce genre de personnes, surtout alors qu'elle pouvait montrer un jour aussi attendrissant que celui qu'Alice lui présentait ce soir. Sans doute choisirait-il une femme de cette trempe là s'il décidait, un jour, de se caser avec un membre du beau sexe : il avait besoin d'une femme forte, qui n'hésiterait pas à s'affirmer et à s'opposer à lui aussi souvent que le besoin s'en faisait sentir, quelqu'un qui saurait le remettre à sa place lorsqu'il en aurait besoin. Sans excès, bien entendu, il ne cherchait pas à être castré ou pris pour un gosse : il jugeait simplement une relation plus intéressante lorsqu'elle comprenait quelques désaccords. Les âmes sœurs, la même longueur d'onde constamment, très peu pour lui. Il aimait avoir une note de fond commune, une base solide sur laquelle établir ses relations, à condition qu'elle accepte les traces de quelques dissonances qui ferait évoluer, vivre les relations en question. Bien sûr, pour le moment, il chérissait bien trop son statut de célibataire endurci pour se caser.

Il but quelques nouvelles gorgées de son verre avant qu'Alice ne se lance dans sa grande démonstration. Déjà, l'introduction l'amusa. La voilà qui allait lui montrer « comment faire ». Il ignorait qu'elle avait le don qu'il désirait – cette pensée étant bien évidemment ironique. Il savait pertinemment qu'elle ne savait pas lire au fond des verres de whisky, et c'était cela qui l'amusait particulièrement. Elle était comme une gosse persuadée d'avoir un pouvoir et qui comptait bien le prouver à un autre, impressionnable. Et ils étaient adultes, et il était parmi les moins impressionnables des hommes. Pourtant, il joua le jeu. Alors, avec le sourire, il se pencha un peu plus sur le bar, vers elle, pour pouvoir mieux observer le verre qu'elle mettait entre eux. Et la voilà qui se lançait dans une pseudo-analyse des tâches qu'elle percevait. Une pomme, ça ? Même en se tordant le coup pour essayer d'avoir le même point de vue qu'elle, il ne parvenait à percevoir qu'une espèce de haricot ou de pomme de terre... ou de tâche de whisky. Peut-être était-il trop terre à terre pour faire de la divination, peut être n'avait-il pas encore ingéré assez d'alcool pour que son talent ne ressorte. Ou peut être cette scène était-elle tout simplement stupide : et voilà la jeune fille qui faisait en sorte de lier sa prétendue vision à sa personne, se jetant des... ben des fleurs, puisqu'elle en parlait. La reine des fleurs, rien que ça ? Outre le fait que le barman ne voyait dans la deuxième tâche qu'une seconde patate qui peut être germait vaguement – oui, il avait beaucoup d'imagination – il s'amusait franchement de la voir se représenter de façon aussi flatteuse et empirique à la fois. Ça ne l'étonnait pas et ne venait que confirmer ses suppositions sur sa prétention et son égocentrisme : pourtant, il en était toujours aussi amusé. Il se demandait si Alice hésitait un peu plus à se mettre en avant de la sorte lorsque son corps était vierge de tout alcool. Quelque part, il en doutait. Elle devait être plus subtile, sans doute, mais il ne croyait pas en l'idée que l'alcool transformait les gens. L'alcool n'était qu'un révélateur qui aidait à voir leur vraie personnalité, leurs vrais désirs.

La voilà qui s'amusait maintenant à énumérer tout ce qu'elle pourrait lui apporter. Alors qu'il se redressait, la démonstration de lecture étant visiblement terminée, un nouveau sourire moqueur vint animer ses lèvres. Avait-elle conscience de l'absurdité de sa démonstration ? Certainement, vu le gloussement qui suivit sa petite liste de toutes ces merveilleuses choses qu'elle pourrait lui apporter. Outre le fait qu'il était déjà parfaitement satisfait de la vie qu'il menait et qu'il ne visait ni gloire, ni pouvoir, elle ne pouvait pas réellement croire en sa... Lecture. La preuve en fut faite alors qu'elle demandait un nouveau verre. Elle avait beau être à l'ouest, elle ne perdait pas le nord, la belle ! Sauf qu'il ne comptait plus la servir. Il l'avait vu manquer de chuter de son tabouret une demi-douzaine de fois au moins depuis qu'elle était venue lui adresser la parole, sans compter ses nombreux gloussements stupides et ses paroles complètement décomplexées. Mais un refus frontal, bien entendu, en plus d'être bien peu diplomate, mettrait sans doute fin à leur petite discussion qui l'amusait beaucoup. Alors il tira le verre de la demoiselle vers lui, saisit une bouteille de whisky et s'arrêta juste avant de commencer à la servir pour lui adresser un nouveau sourire narquois:

« Ça fera cinq gallions. »

Oui, c'était une hausse de prix soudaine, honteuse et réservée à la demoiselle. Sa réaction serait aussi une façon, pour lui, de vérifier si son postulat de base était vrai – à savoir, le fait qu'elle venait sans doute d'un milieu très aisé, où peu de choses lui avaient été refusées auparavant. Il était vraiment curieux de voir si elle serait prête à payer un prix aussi exorbitant pour un simple verre de whisky. Et très honnêtement, il serait presque choqué si elle était prête à payer si cher. Sans doute serait-ce la preuve définitive que l'alcool lui était bien trop monté à la tête... ou qu'elle venait d'un milieu encore plus riche qu'il le pensait.

Spoiler:
 
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Mer 24 Sep - 16:02
Morgan tira le verre vide vers lui et Alice ne put s’empêcher d’avoir un petit sourire victorieux, alors qu’il était pourtant tout à fait normal d’obtenir un verre dans un bar si on le commandait. Seulement, sur ce coup, avec son esprit embrumé et ses idées peu claires, elle avait véritablement l’impression d’obtenir une victoire rien qu’en voyant le barman se saisir d’une bouteille de whisky. Seulement, cette impression ne dura pas longtemps. Quand Morgan annonça le prix, Alice ne réagit pas tout de suite, le temps que l’information parvienne jusqu’à un coin encore lucide de son cerveau. À cet instant, son visage prit instantanément un air incrédule.

« Cinq gallions ? »

Complètement ahurie, elle resta figée un moment, la bouche ouverte, à fixer le barman comme si elle attendait qu’il lui avoue que c’était une blague. Mais comme il n’avait visiblement pas l’intention de le faire, elle laissa libre court à son indignation et abattit son poing sur le comptoir.

« CINQ gallions ?! Mais c’est du vol ! »

Elle s’était fait mal et agita la main pour chasser la douleur, mais sans se départir de son air à la fois ahuri et indigné. Cinq gallions ! Cinq ! Mais il avait craqué ou quoi ? Un verre ne se vendait jamais à ce prix-là ! C’était illégal ! Oui, ça devait sûrement être illégal ! D’ailleurs, elle allait décréter qu’une hausse de prix pareille se devait d’être illégale ! D’accord, elle n’était pas Ministre de la Magie mais ça ne changeait rien, au pire elle le deviendrait juste pour pouvoir rétablir l’ordre et la justice dans ce monde chaotique et injuste. Oui, voilà, c’était une bonne idée. Elle se leva à nouveau de sa chaise et leva le doigt en l’air, théâtrale, menton levé, plus ou moins droite, prise d’une soudaine envie de rétablir la justice dans ce monde. Non, on ne la ferait pas à elle. Non mais franchement, cinq gallions.

« C’est illégal. Complètement illégal. Et je sais de quoi je parle, barman, parce que j’ai fait des études de droit, MOI. Je vais devenir juge du Magenmagot, MOI. »

En vérité, elle suivait des études de communication magique à l’université de Londres mais sur le coup, il lui parut très juste de dire ça. Alcoolisée, elle se sentait l’âme d’une justicière.

« Ce sont les gens comme MOI qui vont faire cesser l’abominable tyrannie des gens comme TOI. Tu crois que parce que tu es le propriétaire des lieux, tu peux décider comme ça des prix de tes consommations ?! Eh bien non, mon gars, parce qu’il y a des règles à SUIVRE. »

Elle se sentait fière d’elle, rassurée à l’idée de suivre le chemin d’une totale évidence. Même en ayant bu, son talent pour l’élocution continuait de faire son effet. Par contre, elle commençait déjà à oublier de quoi il était question à la base, mais elle ne trouva pas ça important. Ce qui était important, c’est qu’elle était juge du Magenmagot et qu’elle n’allait pas laisser passer ça, quand bien même ce barman avait décidément une très belle gueule, surtout quand il la regardait comme ça.

« Pour tout le monde c’est pareil et c’est comme ça ! Objection refusée. »

Elle ne savait même pas de quelle objection elle parlait mais de toute façon, il devait bien y en avoir une quelque part. Par réflexe, elle récupéra son verre d’un geste brusque avant de se rappeler qu’il était de toute façon vide. Poussant un soupir de gosse excédée, elle le repoussa au milieu du comptoir. Bordel, toutes ces conneries lui donnaient soif, quand même.

« Bon allez, sérieusement, j’ai soif. »

Elle se fit la réflexion qu’un sourire enjôleur et une œillade bien placée marchaient toujours mieux qu’un beau discours, alors elle essaya de prendre une expression convaincante. Sauf qu’au final, sa petite moue et son clignement d’yeux lui fit plutôt ressembler à un chiot réclamant un os ou une caresse. Puis les notes de la musique qui était en train de passer en fond dans le bar semblèrent se frayer un passage dans son esprit, et elle releva soudain la tête.

« Eh, mais j’adore cette chanson ! »

En fait, elle ne savait même pas de quelle chanson il était question. Elle était juste intimement persuadée de pouvoir faire diversion assez longtemps pour que d’une vitesse presque supersonique, elle réussisse à s’emparer de la bouteille de whisky que tenait encore Morgan. Et elle essaya. Mais cette tentative pathétique ne la poussa qu’à s’étaler sur le bar sans même réussir à toucher la bouteille.



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Sam 27 Sep - 2:03
Il riait comme un enfant. Ca faisait longtemps qu'il n'avait plus ri autant, qu'il ne s'était pas autant amusé. Mais ce soir-là, Alice était désopilante. Elle se surpassait très certainement : et il n'en pouvait plus de rire à la voir s'outrer d'une façon aussi exubérante. Au moins avait-elle conscience de la valeur de l'argent. Quelque part, ça le rassurait presque, autant sur la personnalité que sur l'état d'ébriété de la demoiselle : une princesse, certes, mais qui avait tout de même le sens des réalités, et qui ne laissait pas l'alcool et un joli sourire brouiller (trop) son esprit et son sens des valeurs. Il faut dire qu'il y était allé fort : cinq gallions, c'était une somme énorme. En toute honnêteté, il n'aurait jamais consenti à la laisser payer une somme pareille si elle avait accepté. Oh, l'idée aurait pu être séduisante, et la marge qu'il se serait fait alors plus qu'attractive : mais il était bien trop honnête pour se laisser aller à profiter de la naïveté ou de l'ébriété d'une autre personne, quelle qu'elle soit. Il ne regrettait cependant absolument pas d'avoir fait cette mauvaise blague à la demoiselle : il riait tant de sa réaction disproportionnée qu'il en avait presque mal aux côtes. Oui, elle le faisait rire comme personne depuis bien des années. Et ce soir en particulier, alors qu'il baignait dans un stress quasi-permanent depuis que le vieux lui avait officiellement légué son bar, ça avait un effet particulièrement libérateur et lui faisait un bien fou.

La voilà qui, de roi à femme politique puis de femme politique à voyante – dans les verres de whisky – devenait juge. D'abord apprentie, puis, très vite, elle s'autoproclama représentante de la justice. Mais bien sûr... Le sourire terriblement moqueur, il secoua lentement la tête, comme s'il entendait le bobard évident d'une enfant alors qu'on lui avait dit la bêtise qu'elle avait faite quelques minutes auparavant, et qu'il ne pouvait pas s'empêcher de désapprouver avec une tendresse qu'il ne parvenait pas à dissimuler. Avait-elle une imagination aussi débordante, sobre ? Il était curieux de le découvrir... Et le voilà qui avait des pensées absurdes. Cette gamine, c'était une rencontre d'un soir : de toute évidence, elle n'avait pas l'habitude de traîner dans ce genre de bar. Et nul doute que, si elle revenait ici, elle serait dans le même état. Alors il n'aurait jamais l'occasion de la voir sobre. Il se surprit à être presque déçu de ce fait : c'était stupide. Il avait l'habitude de ce genre de rencontre, et plus d'une fois il avait croisé dans ce bar des gens qu'il avait particulièrement apprécié. Parfois, il s'était rendu compte, comme à cet instant, que leur rencontre n'était qu'occasionnelle, qu'un moment unique, à saisir dans l'instant, à vivre sans trop y penser. A chaque fois, il avait eu cette pointe de déception à l'idée de ne pas pouvoir les revoir un jour : et même si c'était le cas, il était bien placé pour savoir qu'il ne servait à rien de s'attacher à ce sentiment. Même s'il ne la revoyait jamais, ça n'était pas grave. C'était peut être dommage : mais c'était ainsi qu'étaient faites les choses. C'était pour cela qu'il aimait vivre au jour le jour : il fallait, selon lui, profiter des moments présents sans anticiper les regrets futurs – et éviter tant que possible ces regrets à l'avenir.

La voilà qui régressait soudainement ; de juge, elle devenait une gamine qui réclamait un bonbon et qui se le voyait refusé, affichant une moue presque boudeuse. Il n'était pas du genre à céder pour si peu : et, évidemment, sa tentative de diversion fut un échec. Elle avait beau être juchée sur un tabouret de bar, elle ne pourrait pas atteindre la bouteille qu'il protégeait de sa haute stature... Sans doute aussi était-elle trop ivre pour être à la fois précise et véloce. La preuve en était faite alors qu'elle manquait de peu de se faire sérieusement mal alors qu'elle se précipitait vers la liqueur et que lui avait évidemment le réflexe de l'éloigner. Il soupira finalement, saisit son bras fin dans sa main puissante et chaude pour l'aider à se redresser et s'assurer qu'elle ne tombe pas de son perchoir et finalement, il accepta presque à contrecœur, clair cependant sur ses intentions futures.

« C'est le dernier que j'te sers. Tu as déjà bien assez bu – et pas la peine d'aller voir mes employés, ils ne te serviront pas non plus. »

Se disant, il remplit à nouveau le verre d'Alice et se servit également une nouvelle rasade de sa boisson préférée. Il écrasa ensuite sa cigarette dans le cendrier qu'il avait sorti un peu plus tôt dans la soirée. Un signe que sa pause touchait à sa fin : bientôt, il devrait se remettre au travail. Bien sûr, personne ne pourrait rien lui dire s'il décidait de prendre des pauses de plus d'une heure – pause bien relative par ailleurs puisqu'il continuait de surveiller sa salle, prêt à intervenir au moindre incident. Mais il se sentirait personnellement mal à l'aise de rester là trop longtemps à ne rien faire, à laisser ses employés faire tout le boulot pour lui. Il était excellent pour superviser le travail des autres, et cela faisait de lui un bon patron, mais il était avant tout une force de travail. Il avait appris à diriger, mais jamais il n'en avait profité pour se reposer sur son équipe, et il aurait sans doute le plus grand mal du monde à le faire. Il ne se voyait pas quitter son bar une seule soirée, et il était loin de se douter que, près d'un an plus tard, sa position à ce sujet aurait à peine changé.
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Alice Sullivan
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Dim 12 Oct - 18:24
AH ! Voilà, il avait beau jouer le dur et l’inaccessible, n’empêche que quand elle voulait quelque chose, elle l’obtenait. Alice n’écouta rien de ce que dit Morgan et se contenta d’afficher un sourire particulièrement suffisant alors qu’il lui servait ce verre qu’elle avait demandé. Elle l’attrapa et le porta à ses lèvres dans l’intention de l’avaler cul sec, juste pour pouvoir avoir la prétention d’en demander ensuite immédiatement un autre, mais en posant les yeux sur le jeune homme, elle changea d’avis. Bon. Ce n’était probablement pas la stratégie à adopter avec lui. À le voir, on pouvait deviner qu’il méprisait facilement les gens qui se donnaient en spectacle – malheur, exactement comme elle en ce moment – et qu’il n’aimait pas le gaspillage en matière d’alcool. Probablement même qu’il aimait les femmes qui savaient apprécier un bon cru. Voilà la solution !

Se raclant discrètement la gorge, Alice tâcha de prendre une pose plus élégante sur son tabouret en croisant les jambes. Le coude posé avec désinvolture sur le bar (de manière calculée), elle attrapa à nouveau son verre, mais cette fois d’un geste plus gracieux et mesuré. Elle voulut remuer la liqueur dans son verre comme du vin, si bien qu’elle en renversa sur son haut et qu’elle lâcha un juron. Elle se plaqua ensuite la main sur la bouche, se rendant compte qu’une femme distinguée ne ferait probablement pas ça. Elle choisit donc de faire comme si de rien n’était, comme si son haut n’était pas tâché de whisky, et trempa ses lèvres dans le breuvage en prenant exagérément son temps. Oui, voilà, elle devait faire comme si elle appréciait chaque saveur. Elle ferma les yeux, eut un soupir de contentement, puis reposa délicatement son verre.

« C’est tout de même un très bon whiksy… Whisky. Tu as du goût. Je m’y connais plutôt, tu sais ? Sans avoir la prétention de me croire au même niveau de connaissances qu’un barman, bien sûr. Mais je sais reconnaître un bon vin quand j’en vois un. Whisky, pardon. Quand j’en bois un. Je sais reconnaître un bon whisky quand j’en bois un, je veux dire. »

Bordel, voilà que les mots se mettaient à se mélanger dans sa bouche. Mieux valait qu’elle boive encore. Elle se saisit de son verre et voulut rejeter ses cheveux en arrière comme dans les pubs mais ne réussit qu’à fourrer certaines mèches blondes dans son verre. Elle piailla de mécontentement et se releva un peu trop vite. Ses talons dérapèrent sur le sol et elle se rattrapa au bar, mais son verre s’étala sur le comptoir. Malheur. Quelle honte. Elle en avait marre d’être si empotée, bordel ! Faisant à nouveau comme si de rien était, elle se racla la gorge et tâcha d’ignorer la douleur à sa cheville.

« Hum. Je vais faire un tour aux toilettes. »

Oui, voilà, bonne idée. Qu’elle reprenne contenance et qu’elle rince le bout de ses cheveux. Qu’elle essaye de nettoyer son haut, aussi. Et qu’elle se masse la cheville. Elle pivota donc sur ses talons et traversa le bar en boitillant pour pousser la porte des toilettes pour femmes. Il y avait un petit pot de fleurs décoratif, qu’elle poussa jusque devant la porte dans l’idée farfelue de la bloquer – elle ne se rendait probablement pas compte que si quelqu’un voulait entrer, il renverserait juste le petit pot de fleur sans s’en rendre compte vu sa taille. Poussant un soupir énervé, elle se campa devant les miroirs et arrangea ses cheveux avant d’ouvrir le robinet d’eau. C’était une catastrophe. Tout se passait pourtant tellement bien, au début ! Et voilà que maintenant, tout dérapait ! Il allait la prendre pour une quiche. Une écervelée. Pire, il allait probablement jeter son dévolu sur cette idiote de Katherine. Oh non. Hors de question ! Prise dans son élan, Alice donna un coup de pied dans le pot de fleurs et ouvrit la porte à la volée, prête à découvrir une scène de tromperie en plein dans le bar. Mais non. Elle aperçut Morgan au bar, et cette idiote de Katherine… Eh bien, elle n’était plus là. Han, mais quelle salope ! Elle avait osé se barrer sans la prévenir ? Non, quand même pas ? Elle n’aurait pas osé !

Scandalisée, Alice rejoignit à grandes enjambées l’entrée du bar pour pouvoir sortir. L’air frais de la nuit lui fit l’effet d’un électrochoc, mais ne la dessaoula pas pour autant. Il n’y avait pas grand monde devant le bar, juste deux types qui fumaient plus loin et de ce côté-là… Katherine, qui gloussait comme une débile, pendue au bras de son moche. Ben voyons ! Lorsqu’elle vit Alice, la brune eut le visage illuminé d’un grand sourire.

« Oh Alice, tu es là ! Je te présente Ric, dit-elle avec un gloussement de pré-pubère qui donna envie à Alice de vomir. On ne va probablement pas tarder à s’éclipser. Et toi, ça va avec le barman ? »

Elle posa la question sur un ton complice, comme si elle savait qu’il avait suffi à Alice de claquer des doigts pour que le barman tombe sous son charme et accepte de passer la nuit avec elle. Alors qu’il n’en était rien en réalité. Alors c’était ça ? Cette abrutie de Katherine allait partir au bras de son moche et elle, elle n’arriverait même pas à avoir son barman ?! Où était la logique dans cette vie ?! Elle eut un sourire crispé.

« Ça va niquel. Je vais y retourner, d’ailleurs. Ne m’attends pas, on se revoit à l’Héritage. »

Elle retourna à l’intérieur. Bordel, cette conne lui avait sapé le moral. Elle n’avait maintenant qu’une envie, c’était se vautrer dans un fauteuil en cuir et boire verre sur verre en attendant de sombrer dans un coma éthylique. Mais ce qui lui manquait, c’était justement les verres. Elle hésita, puis finit par revenir au bar pour interpeller Morgan.

« J’ai quand même droit à un autre verre, puisque j’ai renversé celui que j’avais ? »

Il lui en devait bien un, d’ailleurs, pour la faire se sentir ridicule à côté de l’autre bécasse de Katherine.



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Morgan Grey
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Mer 22 Oct - 0:33
Elle ne fit rien pour cacher la fierté qu'elle éprouvait à finalement obtenir ce verre, l'arrogante, et son attitude donna envie à Morgan de retirer son verre à la jeune fille, à la dernière minute. Il n'en fit rien, cependant, abandonnant cette lutte. Il était vain de jouer de cette façon avec des gens aussi éméchés : ils en auraient tout oublié dès le lendemain. Finalement, il lui adressa même le sourire de celui qui ne s'avouait pas vaincu pour autant. Ce serait le dernier verre qu'il lui offrirait, il était intraitable sur ce fait. La voilà déjà qui en renversait la moitié – il exagérait, oui – alors qu'elle venait de l'avoir en main. Non, donner d'avantage de ce whisky à cette demoiselle serait un gâchis sans nom, aussi charmante et amusante soit-elle. Il fronça les sourcils en la voyant lui servir un nouveau spectacle : qu'est ce que c'était, maintenant ? Elle exagérait bien trop pour qu'il la trouve crédible en goûteuse de whisky. Elle devait se brûler le palais à prendre autant de temps pour boire... La charmante idiote.

Elle essayait de le charmer en utilisant une technique vieille comme le monde, c'est à dire en lui montrant qu'ils partageaient un intérêt commun pour... le whisky. Et si, en effet, il aimait énormément cette boisson, la manœuvre était bien trop évidente – d'autant plus qu'il avait lui-même utilisé cette technique plus d'une fois pour attirer une personne qui lui plaisait dans ses bras. Cela ne l'empêcha pas de la trouver amusante, une fois encore. En plus de ne pas être crédible une seule seconde, la voilà qui, l'esprit troublé par l'abus d'alcool, n'arrivait plus à aligner de phrases cohérentes. Voilà qu'il regrettait de l'avoir resservie – et il ne se doutait pas encore d'à quel point il regretterait par la suite.

Morgan ne comprit pas vraiment ce qu'il se passa par la suite : Alice se débrouilla pour mettre quelques mèches de ses longs cheveux blonds dans son verre, ce qui, évidemment, la fit réagir de manière encore une fois disproportionnée. Il n'eut que le temps de tendre la main pour tenter en vain de la rattraper alors qu'elle glissait : heureusement, elle sut se rattraper. Malheureusement, voilà que le bar était inondé du contenu de son verre, qu'elle avait réussi à renverser dans sa presque chute. Quel gâchis... En effet, il n'aurait jamais dû la servir. Il dégaina sa baguette, rangée dans sa poche arrière, pour nettoyer les dégâts : en même temps, la voilà qui lui annonçait qu'elle s'éclipsait. Il étant donc temps pour lui de reprendre un peu les rennes de son bar : dès qu'elle disparut de son champ de vision, il rangea sa baguette et regarda l'heure. Bientôt, le bar fermerait. Il pourrait rentrer chez lui une fois qu'il se serait occupé de vérifier la caisse et de nettoyer en un tour de baguette le lieu. Il consulta ses employés, leur annonça qu'ils arrêteraient de servir dix minutes plus tard. L'un d'entre eux, habitué à travailler avec lui, se permit de lui demander avec un sourire ce qu'il se passait avec la jolie blonde : pour toute réponse, un regard blasé. Sa vie privée ne regardait que lui, même lorsqu'il s'agissait d'éconduire une demoiselle pour son ébriété et sa jeunesse tout à la fois.

Alors qu'il servait un client, son dernier verre dissimulé sous le bar, il la vit passer, rejoignant la porte d'entrée : allait-elle partir sans même lui dire au revoir ? Quelque part, ça le décevait : il l'aimait bien, la gamine. Mais finalement, elle revint au bar : sans doute avait-elle eu besoin d'air, avec tout l'alcool qu'elle avait ingéré... Il échangea un regard entendu à ses serveurs avant de rejoindre la demoiselle, qui lui demanda à nouveau un verre. Non mais quel toupet ! Un rire un peu incrédule lui échappa, comme si elle venait de formuler la demande la plus absurde au monde.

« Après avoir gaspillé un cru pareil ? Tu rê-... »

Il se figea en plein milieu de sa phrase. Son œil était attiré par autre chose, juste derrière la demoiselle : finalement, il n'aurait pas le temps de débattre avec elle et lui posa sur le bar son verre encore à moitié plein.

« Tiens. »

Ce qui avait attiré son attention, c'était une discussion un peu trop virulente menée par deux hommes dans la salle. L'un de ses serveurs l'avait remarquée, lui aussi : il lui fit signe de ne pas intervenir et quitta le bar pour s'avancer jusqu'à eux. Le timing était parfait : l'un des deux hommes, visiblement énervé, le visage écarlate, se levait pour brandir sa baguette. Il n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait qu'il se retrouvait face contre mur, le bras qui se prolongeait par sa baguette bloqué dans son dos par la poigne de fer de Morgan. L'homme jura, tenta de se débattre : il sentait l'alcool à plein nez et le presque trentenaire, sans se défaire de son calme, dégaina sa baguette de sa main libre pour en coller la pointe contre la gorge de l'homme. Il lui marmonna quelque mots, toujours calme, mais visiblement menaçant. Finalement, plus pâle, l'ivrogne hocha la tête et, après avoir attendu une seconde de plus, par sécurité sans doute, Morgan le relâcha et l'homme se contenta de s'enfuir.

Avec un soupir, Morgan vint retrouver son poste. Il avait de la chance : ça ne se passait pas toujours aussi bien... Un peu blasé, peut être, il se laissa aller à faire une remarque à l'intention de la blonde :

« Il est grand temps qu'on ferme... »

Il se rendit compte après coup seulement qu'elle n'avait sûrement pas conscience de l'heure, ni de la fermeture imminente du bar et encore moins de la réalité de sa situation de gérant, qui devait aussi s'occuper des crises. Alors il lui adressa un sourire un peu narquois pour lui demander :

« J'ai vu que ta copine était partie. Tu sauras rentrer chez toi ? »

En réalité, il y avait derrière cette interrogation une réelle inquiétude : il ne l'imaginait pas pouvoir transplaner alors qu'elle n'arrivait même plus à faire des phrases cohérentes. Habitait-elle loin d'ici ?
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Alice Sullivan
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Mer 22 Oct - 18:51
Alice eut un grand sourire d’enfant lorsque Morgan lui posa à nouveau un verre sur le comptoir. Et pas n’importe quel verre, le sien ! Ah, qu’est-ce qu’elle aimait obtenir ce qu’elle voulait ! Il était mignon, à dire qu’il ne la servirait plus jamais ce soir. Au final, ils se retrouvaient à partager le même verre. C’était dans le bon chemin, non ? Combien de fois pourrait-elle demander un verre avant qu’il ne cesse vraiment de la servir ? Elle devrait peut-être essayer de tester les limites, juste pour voir. Pour le moment, elle allait se contenter de cette moitié de verre, qui, dans son symbolisme, était bien plus importante qu’un autre verre plein. Alice décida d’y voir un signe. Que cette conne de Katherine aille se faire foutre, avec son moche. Elle, elle allait avoir un canon de barman.

Portant le verre à ses lèvres en faisant attention à ne rien renverser, Alice se tourna distraitement pour suivre le brun du regard. Pourquoi quittait-il son bar ? C’était un peu étrange, de le voir soudain s’avancer dans la pièce. Comme si ce n’était pas naturel. Alice avait fini par l’imaginer vivre derrière son comptoir, fidèle au poste nuit et jour, sept jours par semaine, douze mois par an, tirant un matelas à la fin de son service pour dormir près de ses bouteilles de whisky. Et se douchant peut-être avec des bouteilles d’eau. Et comment pouvait-il faire pour aller aux toilettes ? Oh, elle ne préférait pas y penser. Elle préférait le suivre du regard, une partie encore plus ou moins lucide de son cerveau comprenant qu’il était en train de se passer quelque chose. Et fidèle à elle-même, elle voulait tout savoir. Etre toujours au courant de tout. Pour pouvoir ensuite être dans les premiers à en parler. Non, non, elle n’avait pas l’âme d’une commère, c’est juste qu’elle aimait se tenir au courant de l’actualité. Bon, certaines actualités. Et l’actualité qui était en train de se dérouler dans le bar était de celles qu’elle aimait vivre en première ligne.

Bouche-bée, oubliant le verre qu’elle tenait encore en main, Alice regarda Morgan maîtriser un homme en moins de deux. Le client avait sorti sa baguette ; pourtant, le barman ne sortit même pas la sienne. Non, il le maîtrisa à mains nues. A MAINS NUES. Il la sortit seulement après, pour la planter sous la gorge de l’ivrogne. Il n’eut rien besoin de dire. Du moins, si, il chuchota quelques mots au client, mais dans son esprit confus, Alice l’imagina plutôt menacer l’homme d’un simple regard électrique. Oh, mon, dieu. Elle ne serait pas surprise de voir l’ivrogne s’effondrer en pleurs, terrorisé. D’ailleurs, elle s’imagina que c’était le cas. Totalement admirative et euphorique, elle abandonna son verre et se mit à applaudir à tout rompre, sautillant légèrement sur place et persuadée que tout le monde allait faire comme elle dans le bar. Qu’il était doué ! Un homme, un vrai !

« Youhou ! BRAVO, MORGAN ! »

Mon dieu, mais quel homme ! Non, plus que ça ! Il maîtrisait les gens d’un simple regard. Il bondissait sur sa proie sans aucune hésitation. Il était impitoyable. Il avait le magnétisme animal d’un prédateur. Bon dieu. Elle leva la main pour faire mine de se ventiler. Ça n’allait plus du tout, elle avait trop chaud. Si ce type n’acceptait pas de l’emmener chez lui cette nuit, elle allait sérieusement envisager la possibilité de le tuer ou du moins de le blesser pour se défouler. Il était obligé d’accepter, non ? Il lui avait offert son verre ! Elle reprit place sur son tabouret au moment où Morgan revenait. Elle lui offrit un sourire parfaitement béat. Elle acceptait d’être sa groupie s’il le voulait. Et ce n’était pas donné à tout le monde, alors il n’avait pas intérêt à avoir le culot de refuser. Ah, parfait, voilà qu’il voulait fermer ! Oui, oui, il était grand temps de fermer, oui ! Alice faillit se remettre à applaudir. Elle suspendit cependant son geste lorsque Morgan lui demanda soudain si elle saurait rentrer chez elle. La confusion puis l’ahurissement prirent soudain possession de son visage.

« QUOI ? »

Elle avait crié. Par réflexe, elle plaqua la main devant sa bouche. Il allait croire qu’elle était sourde et qu’elle était obligée de crier comme une vieille pour s’entendre parler. Pitié. Elle se reprit et glissa ses cheveux derrière ses oreilles. C’est parti. Elle était la comédienne de sa vie. Elle papillonna des cils, comme pour se retenir de pleurer, et se composa un visage apeuré et peu assuré. Comme une biche fragile et innocente.

« Rentrer… chez moi ? Oh… Je ne peux pas rentrer chez moi… Il m’attend, tu comprends… J’essaye de l’éviter mais on est obligés de vivre ensemble… Surtout depuis qu’il a rejoint l’Héritage… C’est vraiment difficile de refuser ses avances, il est tellement violent… Il s’énerve souvent… Il s’appelle Andrew… »

Alice songea à être particulièrement gentille avec Andrew Harper Jr la prochaine fois qu’elle le verrait, pour s’excuser de l’utiliser injustement dans son mensonge qui ne tenait absolument pas la route quand on connaissait un minimum le barman de la Velvet. Alice se fit d’ailleurs la réflexion qu’il valait mieux pour elle que Morgan ne connaisse justement pas ce barman. A tous les coups, avec sa chance, il y avait une association des barmans de la ville qui existait quelque part. Oh mon dieu. Elle était foutue. Sans s’en rendre compte, elle bloqua un moment, trop long, puis continua sa comédie comme si de rien n’était. Poussant un soupir à fendre l’âme, elle croisa les bras sur le bar et posa délicatement sa tête dessus, comme pour faire mine de dormir. Morgan allait forcément craquer. Les hommes craquaient tous sur la faiblesse des femmes, non ? S’il ne le faisait pas, elle allait lui pourrir la vie, elle se le promettait.

« Je préférerais dormir ici… Je devais dormir chez mon amie mais comme elle m’a abandonnée sans même se retourner… »

Voilà, il allait craquer sur elle, s’énerver contre cette conne de Katherine et vouloir aller casser la gueule du fameux Andrew. C’était tellement prévisible. Elle était trop bonne actrice. Et elle adorait mentir. Bien sûr, il aurait été beaucoup plus simple pour elle de faire simplement croire qu’elle était trop bourrée pour transplaner. Ce qui était justement le cas. Mais comme elle n’avait pas conscience d’être saoule, elle trouva beaucoup plus intelligent et crédible de sortir un mensonge de cette trempe. À vrai dire, elle était tellement fière d’elle-même qu’elle avait un grand sourire affiché sur le visage, les yeux clos comme si elle s’apprêtait vraiment à dormir. Au pire, Morgan ne pouvait pas la porter ? Comme dans les films. Elle aurait l’impression de voler. Quoique. Elle n’était pas sûre que son estomac supporte, alors elle se contenterait de quelque chose de simple. Elle n’en demandait jamais trop de toute façon. Juste qu’on cède à ses exigences.



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Morgan Grey
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Sam 25 Oct - 8:07
Alors qu'il revenait, il lança un regard terriblement blasé à la jeune fille qui l'applaudissait en hurlant. Sérieusement ? C'était quoi ce numéro de groupie ? Elle devait vraiment avoir trop bu pour se montrer aussi expansive et désespérée à la fois. Le regard blasé qu'il lui adressait alors reflétait parfaitement son état d'esprit actuel : certes, cela flattait son ego, indéniablement – et ce même s'il se doutait que l'alcool intervenait alors. Mais en même temps, il la préférait avec son image de femme forte, de femme qui ne se laissait pas marcher sur les pieds et surtout pas pour lui. A l'instant, il la voyait plus « gamine »que jamais. Elle avait encore beaucoup à apprendre, quoi qu'elle en pense... Sa réaction alors qu'il lui demandait si elle était capable de rentrer chez elle était impayable. Il dû réprimer une forte envie de rire alors qu'elle lui éclatait les tympans. Oui, même s'il n'avait pas vraiment eu sa réponse, ça en valait la peine. Il s'amusait vraiment de leur entrevue. Et alors commença la comédie.

L'espace d'une minute, peut être, il la crut. Et en cet instant, il éprouva une certaine forme d'inquiétude et de colère, toutes deux anormales concernant la demoiselle qu'il connaissait à peine. Cela étant, il ne supportait pas que l'on se montre violent envers une femme, de manière générale : malgré ses airs bourrus et sa tendance à la taquinerie, il était un gentleman et toute forme de violence conjugale le révoltait. Alors il fronça les sourcils, un peu inquiet, prêt à se mettre en colère surtout : mais cet air disparut bien vite de son visage alors qu'il finissait par comprendre qu'elle essayait de le mener en bateau.

Il avait presque envie de rire. Il avait failli se laisser avoir par cette gamine ! Le pensait-elle si naïf ? Elle n'avait aucune idée de ce qu'il avait vécu, certes, mais il trouvait ça presque insultant. On pouvait le prendre pour un connard, pour un macho, pour on ne sait quoi encore qu'il ne se vexerait pas : mais le croire naïf était une telle erreur, c'était si loin de la réalité que ça le ferait rire si ça ne l'agaçait pas un peu. Il n'aimait pas vraiment le mensonge – comme tout le monde, vous me direz. Mais il s'efforçait d'être si honnête qu'il avait bien du mal à tolérer qu'on puisse lui mentir. C'était évident, qu'elle lui racontait des cracks : il ne connaissait certes pas Andrew, mais il suffisait de voir comment elle surjouait, il suffisait de voir cet instant de doute ou de crainte de voir son mensonge éclater en plein vol qu'elle avait eu en plein de son discours, il suffisait de voir le sourire finalement affiché sur son visage... Sans parler de son état d'ébriété. Elle était menteuse, donc : une chance que lui sache particulièrement bien déceler les mensonges, non ? Lentement, un sourire se dessina sur son visage. Accoudé au bar, il décida de jouer à son tour. Le sourire au lèvre, il haussa donc les sourcils :

« Ah non, tu ne peux pas dormir ici. Légalement, ça le fait pas trop...Et puis j'aurais peur que tu tapes dans mes réserves. »

Après tout, vu son acharnement à se rendre plus ivre qu'ivre... Sa crainte était justifiée. Surtout, il ne pouvait tout simplement pas laisser quelqu'un passer la nuit dans son bar. Ca n'était pas un centre de réfugiés pour sans abris, et sa responsabilité serait légalement engagée. S'il lui arrivait quoi que ce soit pendant qu'elle passait la nuit ici, ce serait lui qui en pâtirait. Finalement, il poussa un soupir exagérément désespéré, persuadé que la sauce prendrait quand même avec la jeune fille. Et il murmura, comme s'il était vraiment en proie à une profonde interrogation.

« Qu'est ce que je vais faire de toi ? »

Il ne pouvait pas s'empêcher de s'imaginer la bulle d'espoir qui devait gonfler dans la poitrine d'Alice et se trouva terriblement cruel de s'en amuser, une seconde. Mais ce sentiment diffus disparu avec le sourire qui accompagna ses paroles, un peu rêveur, alors qu'il accrochait le regard de la demoiselle blonde.

« Je crois que je n'ai pas le choix... je vais devoir te laisser dormir dans la rue. »

Oui, c'était un pur mensonge. Il n'aurait pas le cœur de la laisser dormir dans la rue. S'il n'avait vraiment pas le choix, si elle ne rentrait pas chez elle, si personne ne pouvait venir la chercher... Et bien, il la ramènerait chez elle si elle le lui permettait. Ou peut être chez lui, s'il ne parvenait pas à obtenir son adresse. Il n'aimait pas faire du baby-sitting mais soit... laisser les gens à la rue n'était pas son genre – d'autant plus alors qu'il y avait lui-même vécu. Mais honnêtement, il se délectait d'avance de sa réaction : allait-elle se remettre à hurler ? Garderait-elle son rôle de pauvre créature battue ? Lui repprocherait-elle d'être un monstre sans cœur (là, peut être, elle aurait raison) ? Elle était imprévisible, même pour lui qui avait tendance à toujours anticiper toutes les réactions possible de ses interlocuteurs. Et c'était sans doute pour cela qu'il adorait tant la faire marcher: elle restait pleine de surprises.
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Alice Sullivan
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Mar 11 Nov - 0:15
« Dormir dans la rue ? Dormir dans la rue ?! »

****

Ces paroles résonnaient encore dans sa tête lorsqu’elle ouvrit enfin les yeux. Le simple fait de bouger les paupières lui parut monstrueusement difficile. Elle se sentait nauséeuse, endormie, chiffonnée, malade. Elle se sentait mal. Fronçant les sourcils, elle cligna plusieurs fois des paupières avant de finalement coller la main sur ses yeux en grognant. Dieu, comment un réveil pouvait-il être aussi difficile ? Elle avait l’impression d’être passée sous un Magicobus. C’était horrible. Non, pire que ça. Il lui fallut un court moment avant de se rappeler de la soirée de la veille. Cette idiote de Katherine. Cette soirée qu’elles avaient improvisée à deux pour décompresser. Le Hush Bar. Les verres qui s’étaient enchaînés. La musique, la danse, le bar, encore des verres et… Oh bordel, le barman. Morgan le barman !

Alice se redressa avec un air ahuri sur le visage. Elle était dans un lit qui n’était de toute évidence pas le sien, dans une chambre qui n’était de toute évidence pas la sienne, probablement dans une maison ou un appartement qui n’était sûrement pas à elle. Elle n’était tout de même pas… ? Elle écarta le drap pour vérifier mais non, elle était habillée. Et elle portait encore sa tenue de la veille au soir. Pourtant, ce n’est pas comme si elle avait eu l’intention de dire non à ce brun aux yeux terriblement bleus. Elle ne se souvenait pas très bien de tout ce qui s’était passé. Assise dans le lit, elle se passa les mains sur le visage pour tenter de se réveiller, étalant son mascara au passage sans s’en rendre compte. Elle se souvenait de Morgan, elle se souvenait d’elle installée au bar, elle se souvenait l’avoir dragué, elle se souvenait… Elle se souvenait… Non, elle ne s’était tout de même pas ridiculisée ? Pas à ce point ? Bon sang, ses souvenirs étaient flous. Elle avait peut-être un peu trop bu, hier soir. Bon d’accord, c’était même sûr. Mais de là à refuser de coucher avec elle ?! C’était qui ce barman à la con ?! D’ailleurs, est-ce qu’elle était seulement chez lui ? Ou alors est-ce qu’il avait été dégueulasse au point de la laisser seule dans la rue ? Elle se souvenait très bien qu’il l’avait menacée de la laisser dormir dans la rue ! Il avait dû réellement le faire, le connard ! Et elle avait dû être ramassée par un pervers ! Qui l’avait laissée dormir dans son lit toute habillée… ! D’accord, ça ne tenait pas debout.

Poussant un soupir fatigué, Alice posa les pieds à terre pour se lever. Elle n’avait plus ses chaussures à talons, mais elle les repéra très vite posées près des portes coulissantes de ce qui devait être une penderie. Allons bon, elle n’était quand même pas tombée sur un mec « gentil » au point de l’amener chez lui pour simplement la laisser dormir ? C’était bien sa veine. Pourtant, elle ne pensait pas se souvenir de ce barman comme quelqu’un de « gentil ». Bordel, elle avait mal au crâne. Elle se sentait sale, elle avait envie d’une douche, elle avait envie de se coiffer, elle avait envie de retourner se coucher. Les cuites, ça allait ; les lendemains de cuite, un peu moins. Elle se passa les mains dans les cheveux, attrapa ses chaussures et sortit de la chambre. Elle entra dans ce qui était visiblement la pièce principale d’un appartement sobrement décoré, mais moderne et aux tons plutôt sombres bien choisis. Canapé en cuir noir, cuisine américaine, l’espace n’avait beau pas être très grand, il était néanmoins très bien agencé. Alice se prit à apprécier l’atmosphère du lieu. Puis elle remarqua le fameux barman, attablé au comptoir central, et l’incongruité de la situation lui revint à la figure comme un boomerang.

« C’est quoi cette blague ? »

Elle revenait, cette princesse capricieuse et exigeante qui s’énervait dès que quelque chose lui échappait. Et en l’occurrence, énervée, elle l’était bien aujourd’hui, avec ce mal de crâne et ces souvenirs peu glorieux de la soirée de la veille. Ce qui l’énervait encore plus, c’était la présence de cet enfoiré de barman qui devait FORCÉMENT se foutre de sa gueule à l’amener ainsi chez lui pour de toute évidence prolonger son humiliation – pour quoi d’autre, sinon ? De loin, elle aperçut son reflet dans la vitre du micro-ondes et elle se figea d’horreur. Non, ça ne pouvait pas être elle. Le visage défait, le crayon noir sous les yeux, le mascara étalé de côté, ses cheveux en bordel. Cette humiliation allait trop loin. Elle allait détruire ce mec. Ou du moins, essayer de faire diversion pour ne pas qu’il la fixe trop longtemps alors qu’elle avait cette tête. Alors sans réfléchir, elle lui jeta une de ses chaussures à la figure, n’espérant pas forcément le toucher mais espérant juste détourner son attention. Son indignation, elle n’eut pas besoin de la feindre pour faire diversion, par contre.

« Toi ! Qu’est-ce que je fiche ici ? HEIN ? Tu sais que je peux porter plainte pour kidnapping ? Tu sais qui je suis, au moins ? Ou tu n’es tenu au courant de rien, dans ton bar ? Et surtout, tu peux M’EXPLIQUER pourquoi je suis là et ENCORE habillée ? »

Oui, au fond d’elle, ce qui l’indignait le plus, c’était bien ça. D’accord, elle avait une sale tête ce matin, mais même avec ça, elle restait irrésistible quand même ! Non ? Oh, tout ça la fatiguait en fin de compte. Levant les yeux au ciel, posant une main sur sa hanche et soupirant exagérément, Alice finit par tendre la main pour que Morgan lui rende sa chaussure. Inutile de s’énerver sur lui trop longtemps, elle devait faire les choses dans l’ordre et d’abord se débarbouiller. Ensuite, avec une tête convenable, elle viendrait lui demander des comptes par prétexte pour mieux pouvoir le connaître.

« Il y a une salle de bains, ici, ou le métier de barman ne permet pas de s’en payer une ? »



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Morgan Grey
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Mar 11 Nov - 17:01
Évidemment, elle s'offusqua de la plaisanterie de très mauvais goût que lui faisait Morgan. La laisser dormir dehors ! Comment pourrait-il oser ! Avec tous les tordus qui pouvaient traîner dans les rues ! N'avait-il aucune conscience ? Il ne tarda pas à la calmer, cela dit, lui riant au nez de bon cœur pour lui prouver qu'il n'avait jamais été sérieux. Il lui demanda son adresse, elle lui demanda un nouveau verre. Il le lui refusa, elle tenta sa chance auprès de ses serveurs, sans succès. Elle finit par lui revenir, insistant puis mettant son adresse en monnaie d'échange, prétextant qu'elle ne la donnait pas à n'importe qui et qu'il ne serait plus n'importe qui s'il lui offrait un dernier verre. Il aurait peut être dû se sentir insulté, il n'en fut qu'amusé. Alors il finit par contourner le bar et lui tendit sa main pour l'attirer contre lui et lui dire de s'accrocher – il ne voulait pas qu'elle subisse une désartibulation par accident juste parce qu'elle était trop ivre pour bien se tenir à lui. Elle semblait s'exécuter avec un plaisir qu'elle dissimulait mal, l'accusant de se servir du transplanage comme d'une excuse pour la tenir contre lui. Il lui répliqua quelque chose qui voulait dire qu'elle semblait bien plus en profiter que lui, peu importait. Ils atterrirent en face de sa porte d'entrée, puisqu'il empêchait tout transplanage directement à son domicile : il la fit passer rapidement dans son salon à la décoration minimaliste quoi que plein de livres, comme tout son appartement, un bras protecteur autour de ses épaules alors qu'elle se tenait à lui par la taille et qu'il l’entraînait dans la chambre. Il la lâcha pour l'asseoir sur le lit et lui promis de revenir vite : il devait encore assurer la fermeture de son bar. Et si c'était vrai, il comptait aussi sur son absence relativement longue pour qu'elle s'endorme en l'attendant. Rien de ce qu'elle put lui dire, aucune œillade qu'elle lui adressa ne put le pousser à rester en cet instant. Et lorsqu'il fut en effet de retour, un peu plus d'une heure plus tard, elle s'était en effet endormie, dans son lit. Victoire.

Quelle soirée.

Il prit son temps avant de dormir à son tour : il récupéra, discrètement, un pantalon de jogging qui lui servait de pyjama dans sa chambre, ainsi qu'un oreiller et un plaid. Il se changea directement dans son salon, posa oreiller et plaid sur son canapé : il comptait bel et bien dormir sur le canapé alors qu'Alice Sullivan était dans son lit. Il n'arrivait pas à se souvenir d'une fois où il avait été obligé d'en arriver là. Il lui était arrivé de refuser des personnes dans son lit, soit parce qu'elles étaient trop ivres, soit trop jeunes ou trop âgées, soit tout simplement pas à son goût. Il avait toujours réussi à s'en débarrasser : il ne jouait pas les nounous pour ceux avec qui il passait la nuit, alors ceux à qui il la refusait... C'était une première et ça ne l'agaçait même pas. Ça l'étonnait, ça l'amusait. Comment cette fille pouvait-elle être plus têtue que lui ? Finalement, il préféra ne pas trop y penser sinon quoi il ne dormirait jamais : alors, relégué sur son canapé, il finit par s'endormir après avoir lu quelques pages des Théories de la métamorphose transsubstantielle.

[…]

Le lendemain matin fut difficile : il n'avait guère l'habitude de dormir sur son canapé et il avait dû se battre pour garder ses longs membres sur le peu d'espace dont il disposait. Il s'était finalement réveillé aux alentours de onze heures du matin, courbaturé de partout. Qu'est ce qui lui avait pris de ramener cette gosse chez lui, franchement ? Il ne savait pas encore combien de fois il se poserait la question ce matin-là. Il passa rapidement à la salle de bain pour se passer de l'eau sur le visage. Il attendrait qu'elle soit partie pour s'attaquer à son exercice matinal et se doucher : pour l'instant, il se contenta de se préparer un café dont l'odeur lui chatouillait délicieusement les narines avant même qu'il ne le boive, de s'allumer une clope et de s'attaquer au numéro de la Gazette du Sorcier qu'il avait reçu comme chaque matin, juché sur l'un des hauts tabourets du comptoir central de sa cuisine, les cheveux ébouriffés et encore en pyjama, c'est à dire simplement vêtu d'un pantalon de jogging.

Évidemment, sa tranquillité ne pouvait pas durer. Il sursauta presque en l'entendant débarquer, tout absorbé qu'il était dans la lecture d'un article qui décrivait une nouvelle attaque de mangemorts. Une blague ? C'était bien à lui de demander ce que c'était, cette blague. Elle avait insisté pour qu'il l'emmène chez lui et maintenant, elle se plaignait d'y être ? Pire, elle se montrait dégoûtée qu'il n'ait pas profité de son état d'ébriété avancé pour coucher avec elle ? Si cela blessait son ego de constater qu'il avait pu lui résister, c'était la fierté de Morgan qui était mise à mal en cet instant : comme s'il avait besoin d'attendre que quelqu'un soit ivre pour le mettre dans son lit ! Il savait plaire, et nul besoin d'alcool pour cela. Visiblement, les souvenirs de la veille qu'avait la demoiselle étaient plus qu'éthérés : même leur début de conversation, alors qu'il lui avait clairement montré qu'il avait conscience de qui elle était, ne s'était pas inscrit dans son esprit. S'il n'était pas aussi crevé, il en profiterait pour jouer un peu plus avec elle parce que, malgré tous ses défauts et son caractère de peste, elle l'amusait franchement. Même lorsqu'elle se plaignait de constater qu'il était un mec bien, ou lorsqu'elle lui envoyait – sans succès, il avait suffisamment de réflexe pour l'éviter – sa chaussure à la figure.

Au final, ce fut avec un sourire goguenard sur les lèvres, sa cigarette matinale toujours pendue là, qu'il se leva pour tendre sa chaussure à la demoiselle. Et évidemment, il ne pouvait pas s'empêcher de se moquer d'elle avec la voix sensiblement plus grave qu'il avait le matin :

« Fais attention où tu les mets, Cendrillon. La salle de bain, c'est la porte là-bas. N'y passe pas trois heures, j'ai autre chose à faire que du baby-sitting, aujourd'hui. Ah, et y a de l'aspirine dans l'armoire à gauche de l'entrée.»

Façon plus ou moins aimable de lui dire qu'il la laissait arranger son visage ravagé par le maquillage et la fatigue avant de la jeter dehors. Car en effet, il ne comptait pas s'occuper d'elle toute la journée : maintenant qu'elle était sobre, il fallait qu'elle s'en aille. Il n'était pas mère Teresa, non plus !

« Estime-toi heureuse, la prochaine fois, je te laisse à la rue. »

Menace en l'air : au fond, il était bien trop gentleman pour agir ainsi.
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Alice Sullivan
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Dim 25 Jan - 17:46
Alice fit mine de lever les yeux au ciel en soupirant aux commentaires du jeune homme, et continua d’attendre sa chaussure en tendant la main, l’autre posée sur sa hanche, sans bouger, dans une fausse imitation de diva. Babysitting, mais oui, blablabla. Il ne lui avait pas fait cette blague 36 000 fois depuis la veille ? En tous cas, elle en avait l’impression. Elle préféra ne pas relever, et se contenta d’un petit « merci » pincé du bout des lèvres lorsqu’il lui rendit sa chaussure en lui indiquant où se trouvait la salle de bains. Puis quand il lui intima de s’estimer heureuse parce que la prochaine fois, il la laisserait à la rue, elle eut un rire un peu mesquin. Un barman qui emmenait une cliente bourrée chez elle pour la mettre en sécurité et la laisser dormir sans la toucher n’était certainement pas du genre à laisser qui que ce soit dans le besoin.

Elle se rendit dans la salle de bains sans attendre, comme si elle était chez elle, ferma la porte derrière elle, balança ses affaires dans un coin et observa les dégâts dans le miroir. Bon dieu. Elle avait vraiment perdu le contrôle, la veille. Son regard accrocha la cabine de douche derrière elle, et elle n’hésita qu’une seconde. Bon d’accord, c’était clairement déplacé et sans-gêne. Mais en attendant, elle avait une sale tête et elle avait bien besoin d’une douche, alors pourquoi se priver ? Ça lui apprendrait un peu, à parler de « babysitting » et à demander à une fille de ne pas rester trois heures dans sa salle de bains. Bien fait pour sa gueule. Alice ouvrit la porte de la douche et alluma le jet en avance pour laisser le temps à l’eau de chauffer, avant de se déshabiller et d’entrer dans la cabine. Bon, elle n’allait pas abuser non plus et se laver les cheveux, surtout qu’il n’y avait de toute façon aucun shampoing pour femme. Elle se contenta d’une douche rapide, estimant être incroyablement bonne et généreuse en faisant cet effort, puis piqua une serviette propre sur un meuble pour se sécher. Eh bien voilà, elle se sentait déjà mieux ! Surtout que sans démaquillant, elle aurait bien galéré pour arranger son visage. Maintenant, ça allait. Bon, elle était contrainte de se rhabiller avec ses vêtements de la veille, mais ça ferait l’affaire le temps de rentrer chez elle.

Elle se coiffa, se refit une beauté, un maquillage léger, puis quand elle s’estima prête, elle récupéra son sac et sa paire de chaussures pour sortir. La première fois déjà, elle s’était fait la réflexion que ce gars était plutôt bien foutu, et elle se refit la même réflexion. Elle hésita encore, puis finalement vint se percher à son tour sur un des tabourets du bar, ne résistant pas à l’envie de l’embêter encore un peu avant de partir.

« C’est possible d’avoir un café ou tu es le genre de baby-sitter dégueulasse qui laisse une personne dans le besoin mourir de soif ? »



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