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connais-toi toi-même | Elsie

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Connor Sainclair
Archéomage
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Jeu 18 Sep - 22:43

Connor & Elsie
« Il n’y a de bons professeurs que ceux
en qui subsiste la révolte de l’élève. »
- Edmond Gilliard





De dos par rapport à la porte à laquelle il venait de frapper, Connor passa distraitement une main dans ses cheveux, plus pour s’occuper que réellement dans un effort de style. Une légère bise avait eu le don de jouer avec ses fines mèches brunes pendant tout le trajet qui l’avait mené de l’arrêt du Magicobus jusqu’à cette demeure pour le moment encore inconnue, sans qu’il s’en offusqua plus que cela ; en fait, les pensées qui occupaient son esprit l’accaparaient un peu trop pour que la facétie du vent parviennent à le distraire. Oh, bien sûr, le sorcier aurait pu transplaner, moyen autrement plus pratique de parcourir la distance entre chez lui et le domicile de la famille Raynes, seulement où aurait été le plaisir d’une dizaine de minutes de marche, n’est-ce pas ? Parfois, Sainclair se rendait à peine compte qu’il se comportait plus comme un Moldu que comme un sorcier, prenant le bus et cheminant tranquillement sur la fin du parcours –un offense impardonnable pour un Sang-Pur, auraient blêmi, scandalisés, ceux de sa caste !-. Que voulez-vous, ces braves gens dépourvus de pouvoirs n’avaient pas que des défauts et des mauvaises idées, il n’était pas si atroce de leur voler une ou deux habitudes… Sans compter qu’arriver en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire sur ce même perron où l’archéomage se trouvait actuellement ne lui aurait pas laissé le loisir de cogiter un peu en route.

Marcher l’aidait à gamberger, oui, un peu comme jouer du piano : le monde se fermait alors à lui qui, enfermé en son for intérieur, n’entendait ni ne voyait plus rien de ce qui pouvait bien l’entourer. Son corps, abandonné en pilote automatique, se chargeait de tout, tandis que son esprit alors débarrassé des « menus fonctionnements » de base à assurer avait les mains libres, s’attaquant sans plus tarder à ce qui le préoccupait.
La question du Ministère bien évidemment demeurait brûlante : sa carrière ne l’attendrait pas indéfiniment, bien que les membres de l’administration avec qui il se trouvait en contact lui aient affirmé que ses congés n’avaient pas –pour le moment, c’était probable- de durée déterminée. Cependant, alors qu’il s’apprêtait à effectuer son « grand » retour, un mystère le taraudait : revenait-il pour les bonnes raisons ? Siméon n’avait plus besoin de son infirmier personnel, et ne cessait de lui répéter qu’il ne courrait aucun risque avec sa nouvelle assignation… C’était sans doute le bon moment pour remettre le pied à l’étrier, et occuper ses journées de façon utile. C’était connu, pour éviter tout atermoiement intellectuel, la solution miracle résidait dans le travail ! Cette savante amnésie qui au bout d’une journée passée sans que vous ne le remarquiez avait donné naissance à une productivité insoupçonnée n’avait que du bon. L’amour de l’ouvrage bien fait, du devoir rempli jour après jour, petit à petit, le projet se promettait aussi reposant que séduisant. Mais… Oui, parce qu’il y avait un mais, dans l’histoire, un unique détail, pourtant de taille : la prochaine mission de MacFly, c’était le Ministère… De ce fait, l’on pouvait douter –et lui le premier- du réel bienfondé de sa décision. Passion retrouvée à petit feu pour son métier ou désir inavoué de croiser son amant chaque jour dans les couloirs de l’illustre institution, le mélange était possible, pas forcément probable. Et si c’était simplement un caprice de sa part… ? Connor tout en cheminant s’en était mordillé la lèvre, sa raison optant pour la solution de facilité –ou du moins le biais lui permettant d’éviter de passer par la case « torture mentale » sans espoir d’un jour en sortir-, celle consistant à attendre de voir. Le passé, c’était le passé : l’espion allait faire partie de son univers ben plus qu’à l’ordinaire, et tergiverser là-dessus ne changerait rien. Il lui restait comme option de démissionner une bonne fois pour toutes, ou de reprendre du service, car la seconde certitude lui restant se résumait au fait qu’un archéomage ne rapportant plus aucun trésor ne servait pas à grand-chose, d’où un licenciement supputable à partir d’un certain moment, serti de remerciements compassés d’usage. Ne s’étant jamais vu faire autre chose que parcourir le monde en quête de reliques oubliées, il n’existait en fin de compte qu’une voie possible, celle qu’il allait choisir –ce qui ne signifiait pas, et l’Ecossais le sentait bien, qu’elle s’en révèlerait aisée pour autant.

Les voyages, pour commencer. Il lui faudrait redémarrer doucement, sans repartir de but en blanc dans sa routine d’autrefois, où le sol anglais n’avait l’insigne honneur d’être foulé par ses pieds que quatre à cinq fois par an de manière excédent le simple aller-retour via transplanage entre Londres et une destination lointaine. Allez, moquez-vous tant que vous le pouvez encore, suggérez que cette tiédeur provenait directement de son désir inavoué de garder Siméon à portée de main, mélange de jalousie et d’inquiétude justifiée. Soyons honnêtes, il y avait sûrement de ça là-dedans ! L’amour n’était ni partageur ni serein, ce dont aurait pâti une quelconque expédition loin du Royaume britannique ; ses pensées revenant sans cesse à l’Anarchiste aurait pu lui causer bien des désagréments, tant le moindre faux-pas demandait parfois des semaines à être réparé. Vous voyez, que tout avait l’opportunité d’être expliqué par des arguments raisonnables ! Inutile d’ironiser de vos airs goguenards. Connor lui n’en éprouvait que peu de satisfaction : si sa raison admettait cette explication de bon cœur, cette dernière, avec toute la terrible logique qui la caractérisait, lui rappelait sans pitié aucune que la belle époque des tâches administratives et autres petits boulots de bureau devraient bien prendre fin tôt ou tard. Son rôle prenait toute sa valeur sur le terrain, il n’aurait pas la chance de repousser les projets et autres missions d’envergure ad vitam aeternam. Tôt ou tard, on attendrait plus de lui, et ce serait à nouveau dos au mur que Sainclair devrait reconsidérer le peu d’options qui demeureraient à sa disposition… Et à nouveau, ce merveilleux joker que le temps qui passe. L’heure quasi fatidique n’était pas pour demain, ni même après-demain ; il aurait donc tout le loisir d’y songer quand celle-ci se ferait plus nette. Les aiguilles de sa montre pour une fois ne tournaient pas trop vite, et s’il avait existé un sortilège pour en ralentir encore plus la course, le magicien l’aurait lancé, égoïstement… Egoïstement, oui, pour que Sim ne quitte jamais le Manoir, que lui-même n’ait plus aucune obligation… Malgré tout, le sable s’égrenait de la clepsydre, inexorablement.

Revenons au présent, revenons au tangible, au réel, à l’indiscutable. Pour commencer du bon pied, Connor avait accepté un travail bien différent de ce qu’il faisait à l’ordinaire, à savoir s’occuper d’une créature vivante, une élève de Gryffondor pour être plus exact. Oui, par rapport à une gemme ou à un calice, il y avait du progrès ! Contacté par miss Venezzio, professeur ès Histoire de la Magie à Poudlard et estimée consœur, il avait accepté sans trop savoir pourquoi la charge de redresser la moyenne d’une dénommée Elsie Raynes, pour qui l’été allait être particulièrement barbant, du moins à première vue –imaginez, deux mois entiers non pas de vacances, mais de révisions, et dans une matière passablement honnie par la majorité des élèves !-. Le professorat, voilà bien une carrière qui ne l’avait jamais interpellé plus que cela… À tort ou à raison ? Connor après tout adorait l’Histoire de la Magie, dans le domaine de laquelle il pouvait se vanter de passer pour un crack, sans compter que son caractère à la fois patient et piquant en auraient fait un pédagogue doté d’un vrai potentiel. Un petit côté solitaire et sauvage, caché au fond de son être, devait sans doute expliquer qu’il ait choisi les voyages au long cours en solitaire plutôt que les salles de classe… Et puis avouons tout de même que passer sept années de sa vie à Durmstrang ne donnait pas franchement la vocation d’enseigner. Cependant, exactement comme pour son retour au Ministère, le globe-trotteur s’était dit : « pourquoi pas ? » Et vue qu’aucune justification lourde de bon sens ne s’était imposée en faveur d’un non, il avait accepté la proposition, d’un simple trait de plume signant une lettre à destination de Calliope, son intermédiaire dans cette tractation.

Voilà donc comment et pourquoi Connor se retrouvait devant cette porte, sur le point d’ailleurs de se demander ce qu’il fichait là. Franchement, est-ce que ça se passerait bien ? Il n’ignorait pas le désamour profond –parfois violent- des plus jeunes pour ces sujets dont il parvenait à parler avec une passion vibrante, les yeux pleins d’étoiles ; si ces cours particuliers tournaient au vinaigre, le temps allait aussi paraître plu que long à l’archéomage… Qui, heureusement, ne serait d’astreinte en personne qu’à peu de reprise, que la réussite soit au rendez-vous ou pas : les hiboux volaient vite, une présence physique avait tout à fait le droit de devenir une variable inexistante de l’équation ! Une nouvelle fois encore, son esprit méthodique tempéra les choses avec un brio inégalé ; inutile de partir perdant, il verrait bien. Oh, comme cette petite phrase revenait souvent…

Lorsque le battant s’ouvrit, non sans que Sainclair ait entendu les pas dans le hall précédant ce rebondissement, celui-ci se retourna, affichant un sourire avenant à une femme doté d’un air particulièrement rêche il fallait bien l’admettre :

-Bonjour, suis-je bien chez les Raynes ?

Question purement rhétorique : le morceau de parchemin avec l’adresse du domicile de son élève se trouvait dans sa poche, et une erreur d’orientation de sa part était aussi probable que le fait que cette dame soit la fameuse Elsie. Néanmoins, c’était des choses qui se faisaient, entre gens correctement élevés ; les us et coutumes, voyez-vous…






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Elsie Raynes
Sixième année
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Mar 23 Sep - 16:49
Ah les vacances d’été ! Synonyme de jeu, de joie, de repos. Sauf pour Elsie Raynes. Déjà que son année avait été maussade, il fallait maintenant que l’été le soit aussi, gâché par des devoirs de vacances assez importants. Malgré ses bonnes résolutions et ses heures à travailler seule dans sa chambre privatisée à Poudlard, elle n’avait pas réussi à avoir la moyenne en Histoire de la Magie. Cette matière, comme beaucoup d’autres, l’ennuyait au plus haut point. C’était assez classique certes, mais chez Elsie cela prenait de sacrés proportions : un réel blocage de l’adolescente, qui n’arrivait pas à apprendre correctement toutes ses leçons. Pourtant, elle avait eu le temps cette année. Suite aux règles imposées aux élèves lycanthropes, elle avait été séparé de la salle commune et du dortoir des filles Gryffondor pour être isolée la nuit, et ne pas causer de dégâts. Affligeant. Même elle avait fini par comprendre que sous sa forme humaine, elle ne pouvait pas faire de mal. Elle était peut être plus susceptible à l’approche de la pleine lune, un peu comme à l’approche de ses règles, mais ce n’était pas quelque chose de dangereux en soit. Mais bon, les adultes et parents d’élèves ne semblaient pas le comprendre et avaient décidés de les isoler, « au cas où ». Elsie, pour ne pas mourir d’ennui, en profiter pour terminer ses devoirs, et approfondir quelques matières. Passionnée par les potions et la botanique, elle avait emprunté des tas de choses à la bibliothèque. Elle avait essayé de faire la même chose pour l’Histoire de la Magie, mais rien n’y faisait : c’était pas son truc.

D’un commun d’accord avec la prof d’Histoire de la Magie et ses parents, ils s’étaient dit qu’un petit travail supplémentaire à faire pendant les vacances ne lui ferait pas de mal. Elsie avait crié au scandale, mais elle s’était vite raisonnée en comprenant que sa moyenne pouvait bien remonter si elle acceptait de rendre ce devoir en plus. Et elle s’était dit que ce devoir serait vite expédié. Sauf qu’elle n’avait pas pris en compte dans son calcul le fait qu’elle déteste cette matière, qu’elle n’aime pas lire pendant les vacances et encore moins travailler, et que les recherches hors Poudlard étaient quand même plus compliquées. Son devoir portait sur la magie à l’époque de l’Egypte Antique. Potentiellement intéressant, mais pas pour Elsie. D’autant plus qu’elle devait finir ce devoir assez rapidement : avec sa famille, ils devaient partir en France pour la Coupe du Monde de Quidditch très bientôt, avec sa cousine Eden comprise. Les parents Raynes avaient considéré les filles suffisamment méritantes pour effectuer ce voyage, après tout ce dont elles avaient vécu l’an passé. Ces vacances s’annonçaient donc très bien, si ce devoir ne gâchait pas tout.

Un soir, alors qu’ils mangeaient tous tranquillement, Elsie profitant de lister avec ses sœurs tout ce dont elles auraient besoin en France, sa mère lui posa la question qui fâche, en lui demandant où elle en était pour ce devoir. Il était impératif pour elle que sa fille ait la moyenne, aussi la poussait-elle à travailler un minimum, malgré l’excitation du voyage. Elsie prétendit avoir ouvert quelques livres, sans avoir trouvé quelque chose d’intéressant pour sa dissertation. Et ce fut son père, son plus grand soutien – Elsie était très proche de lui -, qui lui parla d’un archéomage. Le matin même, il avait reçu un hibou de la part du professeur d’Elsie, Miss Venezzio, lui demandant comment avançait l’adolescente. Son père, connaissant bien sa fille, avoua qu’elle avait bien dû mal à s’y mettre et elle proposa alors de faire appel à un archéomage qu’elle connaissait bien, le contact physique et la possibilité de poser des questions pouvant peut être intéressée Elsie. Bizarrement, la Gryffondor fut emballée par l’idée d’avoir un prof un peu particulier, qui pourrait lui faire part de son expérience. Bien mieux qu’un bouquin, et peut être que la démarche d’aller plus loin d’un livre lui apporterait des points supplémentaires. Ses parents discutèrent un instant et finirent par tomber d’accord : après le repas, ils envoyèrent un hibou à Miss Venezzio pour lui dire qu’ils étaient d’accord.

Elsie eut une réponse favorable assez rapidement, et une date fut convenue ainsi que le lieu, la maison des Raynes, tout simplement. Seul bémol : ses parents ne voulant pas la laisser seule face à cet inconnu, même chez eux, ils avaient remué ciel et terre pour trouver une personne disponible le temps d’une après midi. Seulement, la seule personne qui avait pu répondre présente était la surveillante qui « veillait » sur la Gryffondor à Poudlard, même si elle ne voyait pas ça comme une éventuelle protection contre sa lycanthropie, mais plutôt comme un fardeau, un boulet à transporter partout avec elle. Elle avait passé une sale année ainsi, ne pouvant pas se déplacer sans sa surveillante, Ellen Caldwin, et manquant de bons moments avec ses amis. Elsie n’avait strictement rien contre elle, c’était plus contre le système qu’elle pestait. Mais elle avait espéré être loin d’elle pendant toute les vacances. Elle avait donc été contre cette idée : hors de question qu’elle rentre chez elle, en pleine période de vacances. Ce n’était PAS possible. Cependant, les parents d’Elsie étaient tout aussi butés qu’elle quand il s’agissait de sa protection, alors la Gryffondor dû se résigner, malgré elle. Si elle ne voulait pas passer son séjour en France pour la Coupe du Monde de Quidditch à travailler dans sa chambre d’hôtel, elle devait passer outre ce malencontreux détail.

Le jour J arriva bien vite, et avec ça, sa surveillante. Elle arriva en début d’après midi, juste après le repas. Amanda Raynes, la mère d’Elsie, était revenue pour l’accueillir mais dû rapidement repartir – Elsie savait que son travail d’enseignante en psychologie magique lui prenait beaucoup de temps, mais elle ne savait pas exactement pourquoi puisque c’était les vacances. Enfin, elle avait appris à ne plus trop se mêler des affaires de ses parents. Amanda avait donc juste voulu s’assurer qu’Ellen reçoive un accueil respectable, de peur que sa fille décide de la mettre dehors. Avant de partir, elle avait demandé à Stacy et Ariel, les petites sœurs d’Elsie, de rester tranquillement dans leur chambre, et ne pas faire trop de bruit – ses recommandations s’adressant surtout à Stacy, la plus turbulente.

Elsie finit par s’assoir dans la salle à manger, qui ferait office de lieu de rendez-vous, fixant sa surveillante, essayant d’être impassible. En vérité, elle avait envie de la fusiller du regard, mais elle avait promis à sa mère de rester polie. Elle attendait avec impatience l’arrivée de l’archéomage, afin de penser à autre chose qu’à la présence de sa surveillante dans SA maison. Cette dernière finit par s’assoir juste en face d’Elsie et feuilleta un livre qui se trouvait là. Parce qu’elle manquait de patience, Elsie finit par aller dans la cuisine – la pièce d’à-côté – pour aller préparer un peu de thé. Le café était fait et sa mère avait même acheté un peu de petits biscuits pour accompagner sauf qu’Elsie préférait le thé. Et il fallait bien faire quelque chose pour passer le temps. Alors qu’elle était en train de finir la préparation, on frappa à la porte. Les mains prises, Elsie dû terminer de verser le liquide bouillant dans la théière et ne put donc pas accueillir son invité, dans l’immédiat. Elle déposa le tout assez rapidement, mais alors qu’elle se dirigeait vers le hall d’entrée, elle put constater qu’Ellen l’avait dépassé et ouvrait la porte. L’invité – qu’Elsie reconnut pour l’avoir vu en photo dans un livre – demanda s’il était bien chez les Raynes, et la Gryffondor s’empressa de répondre. C’était chez elle, d’abord, c’était à elle d’accueillir les gens.

« Oui, vous êtes à la bonne porte » commença-t-elle avec un grand sourire, en se plaçant juste devant la surveillante, qui recula en soupirant. « Je suis Elsie, et voici ma … surveillante de Poudlard, Miss Caldwin. Elle est là pour l’après-midi, mes parents sont absents. Venez, entrez »

Elsie ouvrit la porte en plus grand, et invita l’homme à entrer dans le petit hall. La maison des Raynes était plutôt modeste, suffisante pour une famille de cinq personnes. Les trois filles avaient chacune leur propre chambre et la seule excentricité de la maison était la grande cave destiné au père, potionniste de métier, transformée en véritable laboratoire de potion. Il travaillait à la maison, mais à l’occasion d’une conférence, il n’avait pas pu rester aujourd’hui. Dans le jardin, se trouvait également une grande serre avec pleins de plantes intéressante à observer pour Elsie, et qui constituait les ingrédients principaux des potions du père d’Elsie. Après avoir proposé de prendre son manteau, Elsie dirigea son invité vers la salle à manger, sobre mais moderne, dans des tons blancs et gris : la pièce était divisé en deux parties, un coin salon, et un coin salle à manger, on ne peut plus classique. Sur la table rectangulaire se trouvait déjà les biscuits achetés par sa mère, Elsie n’avait plus qu’à rapporter le thé ou le café selon la préférence de l’archéomage. A la place d’Elsie, quelques morceaux de parchemins, une plume et un encrier étaient déposés afin qu’elle prenne des notes. La Gryffondor l’invita à prendre place en face d’elle.

« Voulez vous boire quelque chose avant qu’on commence ? J’ai fait du thé, et il y a aussi du café. »

Elsie essayait de répéter tout ce dont sa mère lui avait dit de faire pour accueillir l’archéomage : elle n’avait pas forcément l’habitude de devenir une hôte, mais elle avait suffisamment observé sa mère. Elle garda un grand sourire, qui disparu lorsqu’elle regarda avec insistance Ellen Caldwin pour lui signifier qu’elle n’avait pas besoin d’elle pour le moment. Elle la traitait peut être mal, mais sa présence la gênait et elle n’arrivait pas à passer au-dessus. Aux dernières nouvelles, l’archéomage avait l’air correct, et non pas prêt à lui sauter dessus. A même pas quinze ans, Elsie ne pensait pas encore à ces choses là et ne se considérait pas du tout comme attirante. De toute façon, avec sa lycanthropie, elle avait autre chose à penser. Toujours est-il que sa surveillante comprit le message.

« Si vous me cherchez, je suis dans la serre. Bon courage, Elsie. »

Son ton était un peu sec, et Elsie se dit qu’elle s’excuserait peut être plus tard. Mais dans l’immédiat, elle voulait un peu être seule avec son invité chargé de l’aider à travailler. Et elle n’arriverait pas à se concentrer si Ellen était là. Amanda Raynes avait dû le prévoir, et la docilité de la surveillante devait être dû à d’autres recommandations cachées de sa mère. Elle avait dû lui parler de la serre, et l’inviter à y faire un tour si elle considérait qu’il n’y avait aucun danger. La serre constituait un peu une attraction dans la maison, au même titre que le sous-sol, un peu plus personnel v qu’il était le lieu de travail du père. Mais la serre, tout le monde y avait accès, et Elsie adorait y passer toutes ses après midi d’été, à aider son père dans l’entretien de toutes ses plantes. Bien plus passionnant que l’Histoire de la Magie, c’était sûr.

Une fois Ellen partit, Elsie resta un instant auprès de l’archéomage.

« Désolée » marmonna-t-elle « Je ne l’aime pas beaucoup, et mes parents n’ont pas voulu me laisser seule avec vous. »

La Gryffondor se sentait obligé de s’excuser, parce qu’il n’est jamais très agréable pour quelqu’un de se retrouver au milieu d’une petite guerre qu’il ne comprend pas forcément. Elle ne voulait en aucun cas créer une certaine gêne, et plus Ellen serait loin, mieux cela serait de toute façon.
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Connor Sainclair
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Lun 6 Oct - 21:46


We are young, we are strong
What do they know about us ? Are they thinking of somebody else ? Are they wondering what we might be ? Are they thinking of you or of me ? We are young, we are strong. We're not looking for where we belong. We're not cool, we are free, and we're running with blood on our knees.




Connor avait toujours pu s’appuyer sur son intuition, qui plus qu’une simple petite voix au creux de sa tête, savait enjoindre son esprit à suivre telle ou telle inclination comme une indiscernable alizé le guidant sans mot dire, une amie le poussant délicatement de la paume de la main vers son destin. Pure construction de son imagination pour éventuellement se dédouaner d’actes le conduisant à sa perte, ou véritable sixième sens auquel se fier aussi aveuglément que son bon sens le lui permettait ; quoi qu’il en fût, et quand bien même se serait-il intéressé à la nature ainsi qu’au bienfondé de cette force, cette présence existait, tout simplement, sans possibilité de faire autre chose que de composer avec ses douces injonctions.

Premières impressions toujours erronées, vrai ou faux ? En tout cas, mille petites sensations émaillèrent son esprit, alors qu’il découvrait l’univers des Raynes pour la toute première fois. Enfant, puis adolescent, il avait été entraîné à collecter dès les premières secondes passées dans un nouvel environnement toute une collection d’informations aussi diverses les unes que les autres. L’erreur que beaucoup de gens commettaient consistait à brider la curiosité naturelle de leurs sens, soit par bonne éducation –cela allait sans dire-, soit tout simplement en cherchant dès le départ à faire un tri dans tout ce qui leur parvenait. Or, la simple idée de se dire « attend, mais ça, je m’en fiche, ça ne m’apprend rien » dissipait une précieuse concentration sans laquelle vous perdiez tant d'utiles renseignements, si sottement… Il suffisait d’ouvrir son subconscient comme on laisserait béante la porte de sa demeure, accueillante envers l’imprévu, les surprises, un nouveau monde qui vous ouvrait les bras. Un souci de classement viendrait après, bien sûr, en son temps, car une mémoire ne pouvait évidemment tout conserver en son sein, sauf capacités extraordinaires que le sorcier n’avait pas le luxe de posséder. Pour l’heure, son âme vagabondait, ravie d’avoir l’occasion de se délier de son train-train habituel : déjà tant d’idées s’entremêlaient à ce que son regard d’un bleu presque turquoise lui transmettait. La femme devant lui, qui aurait très bien pu être la maîtresse de maison, lui apparut d’entrée de jeu sèche, l’image-même qu’aurait pu avoir un enfant en entendant pour la première fois le conte de Cendrillon où la cruelle marâtre menait une vie d’enfer à la malheureuse héroïne. Oui, c’était cela : s’il avait eu à lui assigner sur le champ un stéréotype, ç’aurait été celui-ci, celui de la figure d’autorité toute de marbre, adepte des couleurs sombres, de la moue pincée ainsi que du regard de la désapprobation ultime. Le mage ne s’en sentit pas dans ses petits souliers pour autant ; certes, la première impression ne s’avérait pas des plus splendides, mais il avait déjà eu affaire à ce genre de personne, vous pensez bien. Que c’eût été avec ses propres gouvernantes, à une époque si lointaine qu’elle paraissait appartenir à une autre vie, ou bien ses professeurs à Durmstrang, il avait appris qu’il se révélait inutile de se sentir pris de cours face à pareilles murailles faites être humain. Leur côté glaçant ou impressionnant n’avait de consistance que parce que vous vouliez bien lui en conférer. Ôtez-lui ce pouvoir, et il ne restait plus qu’une figure grisâtre, guindée, contre laquelle user de tout type d’attaque frontale aurait été voué à l’échec. Non, le truc était enfantin, et résidait tout simplement en une comédie assez hypocrite il fallait bien l’avouer, où pour contourner ces défenses indestructibles, montrer patte blanche tout en ayant l’air d’abonder pleinement dans le sens du Cerbère vous assurait une confortable tranquillité. C’était le béaba du courtisan sachant comment manœuvrer son Roi, l’apanage du rusé renard prolifique en sourires en lesquels mieux valait ne pas se fier. Et puis après tout, ce ne serait pas à elle que l’archéomage aurait à faire la leçon, mais bien à une blondinette qui apparut presque comme enchantement dans le dos de la gargouille, en parfait contrepoint de la raideur affichée par cette dernière. Sa fraîcheur le frappa de plein fouet, et ce fut un sourire aussi chaleureux que le sien qui lui répondit, à peine entrecoupé d’un bref et cordial salut au chaperon de l’étudiante.

-Miss Caldwin… Enchanté de faire votre connaissance, mademoiselle Raynes, fit Connor avec une sincère bonhomie, lui serrant la main sans pour autant verser dans un formalisme protocolaire particulièrement pesant.

Son avis sur la demoiselle s’opposa profondément à celui que lui avait prodigué sa surveillante : son enthousiasme quant à leur rencontre laissait présager des cours peut-être quelque peu laborieux –eh oui, si la pauvre n’avait pas de bons résultats, c’était vraisemblablement à cause de difficultés-, mais au moins nullement plombés par une mauvaise volonté contre laquelle lutter n’aurait été d’aucun secours. Trouver en Elsie une demoiselle pétillante constituait une très agréable surprise, qui donnait vraiment envie de s’impliquer dans ces cours. Néanmoins, il l’avait tout de même vouvoyée, preuve de respect et de considération qui les plaçait dans une relation presque équivalente, la jeune Gryffondor se trouvant ainsi traitée comme une adulte, et non pas une petite fille guidée à la baguette. ëtre diplomé de Durmstrang avait au moins eu ce mérite : lui enseigner ce qu’il fallait –ou plus exactement ce qu’il ne fallait pas- faire lorsque l’on avait sous sa garde l’avenir scolaire, entier ou ne serait-ce que partiel, d’une jeune personne apparemment bien décidée à s’investir. Bien évidemment, cet état de considération n’existait que parce que la quatrième année, comme nous le disions à l’instant, renvoyait l’image d’une demoiselle sérieuse, en qui se fier ; dans le cas inverse, ou si cette idée au final apparaissait à la longue comme erronée… Il n’en demeurait pas moins vrai que si miss Raynes préférât qu’il la tutoyât et employât son prénom, elle n’aurait qu’à le signaler. Mais il s’agirait alors de son choix, et de personne d’autre, une liberté que souhaitait lui offrir son enseignant, en tant que marque de bonne volonté. Après tout, il n’y avait pas que la Gryffondor qui devait tenter de faire bonne impression lors de ce premier contact.

Sainclair suivi son hôte à travers le corridor principal, laissant son regard s’attarder quelque peu sur les murs sans dépasser les limites de la bienséance : ça n’était pas son genre, et puis avec miss Caldwell sur ses talons qui fermait la marche, il aurait été assez imprudent de se montrer indiscret. Ses vieux réflexes d’apprenti espion n’avaient pas tant bien perduré que cela, au final… Auquel cas, l’Ecossais aurait tout simplement –et fort discrètement- passé au peigne fin les moindres recoins du couloir, à la recherche de photos de famille, de portes ou d’escaliers esquissés qui l’auraient renseigné sur un premier brouillon du plan de la maison. Redoutables travers dans lesquels, Dieu merci, il n’était pas tombé, peu à peu délesté des entraînements que lui avait prodigués M. MacFly père une fois quitté son ombre funeste.

D’un signe de tête, Connor la remercia de sa diligence, avant de s’asseoir, non pas sans avoir attendu qu’elle-même prenne une chaise, galanterie oblige. Le spectacle des parchemins vierges étalés çà et là renforça son apriori positif quant au potentiel de la blondinette : avec des gens sérieux et décidés à aller de l’avant, on ne pouvait que progresser, l’archéomage en demeurait persuadé, et ce malgré l’absence totale de facilités ou d’intérêt pour la matière en question. Au moins, elle essaierait, et il l’en féliciterait, même si elle n’obtenait pas une moyenne de dix-huit sur vingt au premier trimestre.

-Je vous remercie, c’est très aimable, répondit le voyageur quant à la proposition de partager une boisson chaude avant de se mettre au travail. Ça ira pour le moment, mais nous aurons bien sûr l’occasion de faire une pause dès que vous en ressentirez le besoin.

Pour sa part, thé ou café, peu importait. Globe-trotteur invétéré, ses voyages l’avaient guidé jusque dans des contrées où des luxes tels que l’électricité ou l’eau chaude n’avaient cours que chez les plus favorisés, si bien que le Britannique savait parfaitement se passer du petit plaisir de la vie quotidienne que constituait le fait de tenir une tasse brûlante entre les mains. Et puis n’avoir aucune prédilection permettait également de ne jamais être désappointé : certes, le désagrément de n’avoir par exemple que du café à disposition lorsque l’on préférait par-dessous le thé constituait un embarras minime, néanmoins inconnu de l’archéomage, qui en toute franchise n’en avait cure. Difficile de dire d’où lui venait cette absence de préférences assez étrange, de l’art savant de feu son tuteur ayant eu pour but de faire de lui faire un futur agent de renseignement digne de vivre sous son toit, ou de plus loin encore, au fil de cette enfance solitaire où le garçonnet qu’il avait été avait appris par lui-même à devenir transparent. Que ce fût pour la cuisson de la viande, la préparation des pâtes, ou même pour devenir végétarien le temps d’une mission, Connor ne se trouvait gêné par rien, peaufinant ses doubles identités jusqu’à définir de nouvelles inclinations pour chacun de ses alias. Un tel éclectisme pouvait faire sourire, il est vrai, car peu de monde y aurait accordé de l’importance. Pourtant, y réfléchir à deux fois soulevait des interrogations frappantes : le prix pour tant d’adaptabilité n’était-il pas en fin de compte le renoncement à avoir des goûts propres ? Le phénomène par chance chez Connor avait été circonscrit à des détails sans intérêt, mais il s’agissait tout de même d’un renoncement inconscient de son être, qui s’il avait été plus aigu aurait été réellement dramatique. Si tout lui avait convenu, de la couleur de sa chemise au modèle politique régissant le monde sorcier, ç’aurait été donc que tout aurait été placé à ses yeux sur un uniforme pied d’égalité, teinte de gris parfaitement à l’exact milieu de la distance séparant le blanc du noir. Aucune notion de prépondérance, de valeur, tout ou rien aurait été du pareil au même. Chaos ou paix, vie ou mort, aucune différence. Alors au fond, dans un pareil système, à quoi bon continuer ? Et sans même pousser le concept aussi loin que le possible suicide comme unique conclusion logiquement envisageable, il s’agissait tout de même d’un vote blanc de sa part, que d’ainsi laisser aux autres le loisir de choisir pour lui. Un abandon insignifiant dans le cas d’un café, bien évidemment. Heureusement qui ne s’agissait que de cela…

Le départ de miss Caldwell finit de parfaire ces premiers instants. Ce n’était pas que Connor ne l’appréciait pas, comme cela arrivait à certaines personnes qui, instinctivement, en détestaient une autre à la seconde-même où les présentations prenaient fin. Vous savez, une inimitié épidermique, impossible à expliquer… Par chance –ou par malchance, selon le cas de figure-, Sainclair avait très souvent la réponse à tout, et aurait donc été en mesure de vous répondre sur ce point : ce n’était pas que la surveillante lui était antipathique… Mais comme sa fonction l’indiquait, elle était là pour surveiller, et quand bien même le sorcier ne constituait-il pas l’objet de cette attention pointue, avoir comme contexte potentiel une ombre suivant dans son dos chaque seconde de son cours ne lui plaisait pas. Cette présence aurait attiré un petit millième de son attention, si bien qu’il n’aurait pas été totalement à ce qu’il aurait été en train de faire, une situation impensable lorsque l’on songeait qu’Elsie comptait sur lui. Avec un bref sourire cordial, il suivit la course de la porte qui se referma sur elle, avant de revenir à miss Raynes, délesté de l’ultime petit souci qui aurait pu gâcher le plaisir de cette première leçon. Enfin, en théorie, car les propos de la Gryffondor le surprirent, ce fut peu dire. Sourcils se haussèrent légèrement avant de se froncer tant il se trouvait un brin déconcerté, son expression témoignant de son étonnement. Voilà qui n’avait pas été prévu au programme, par Merlin ! Que la jeune fille ne portât pas dans son cœur sa gardienne, soit, mais de là à ce que ses parents insistent pour ne pas la laisser seul en sa compagnie, tout de même !

-Vous m’en trouvez désolé, mademoiselle. Si j’avais su, j'aurais apporté avec moi une copie de mon casier judiciaire, si ç’avait pu vous rassurer… répondit l’Ecossais, son incompréhension mêlant à ses excuses une touche d’ironie un peu involontaire –comprenez, la situation lui paraissait tout à coup si improbable. Malheureusement, je n’ai que ma parole, qui vaut ce qu’elle vaut j’en conviens ; en tout cas, je puis vous jurer en toute bonne foi que la psychopathie ne fait pas partie de mes hobbies.

Non, il n'y avait que le piano, le cinéma, et un Anarchiste notoire activement recherché par le Ministère et toute une armée d’Aurors sur les dents, à part ça, rien de bien exceptionnel…

Sincèrement, il faisait aussi peur que ça ? Il s’avérait tout à fait compréhensible de la part des Raynes de vouloir assurer la sécurité de leur fille, surtout lors d’un premier tête à tête avec un parfait inconnu ; leur imposer une duègne lui semblait pourtant vraiment disproportionné. Calliope avait forcément dû dresser de lui un portrait factuel aux parents de sa future élève, ne serait-ce que pour leur expliquer pourquoi elle avait pensé à lui comme dernier recours afin de sauver la moyenne d’Elsie, et l’Italienne ne leur aurait certainement pas raconté n’importe quoi, ça n’était pas son genre. D’ailleurs, si elle l’avait fait, on ne lui aurait même pas ouvert la porte d’entrée ! Alors non, franchement, Connor sur ce coup-là ne voyait pas trop le pourquoi du comment, un peu mal à l’aise à l’idée d’être considéré comme un danger potentiel, là où il n’y avait qu’un bénévole seulement animé de bonne volonté, et de rien d’autre.








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Mika - Kick Ass
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Elsie Raynes
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Lun 13 Oct - 20:04
Connor déclina sa proposition de boire quelque chose dans l’immédiat : ce serait l’occasion idéale pour faire une pause, se dit Elsie. Une bonne excuse, en outre. Elle espérait ne pas avoir en face d’elle un bourreau du travail, qui souhaite la pousser à dépasser ses limites sans arrêt. Elle démarrait déjà avec un sacré handicap : un désintérêt total pour la matière et des difficultés à retenir tout ce qui portait de près ou de loin à l’Histoire de la Magie. Mais si sa professeur avait conseillé Connor, c’est qu’il devait être un tant soit peu passionnant à écouter, ou alors qu’il soit tout à fait capable de s’occuper de cas désespéré comme Elsie. Cette dernière trouvait l’homme fort sympathique, il lui inspirait confiance en tout cas. Il semblait la considérer comme une adulte, c'est-à-dire comme son égal, et pas comme une personne limitée intellectuellement en Histoire de la Magie ou autre. Elsie se demanda s’il avait des aprioris sur elle, ou s’il faisait parti de cette catégorie de personnes qui ne jugent que par eux-mêmes. Cela expliquerait qu’il la considère ainsi. Ou peut être était-ce dû au fait qu’il ignore tout de sa lycanthropie ? Elsie avait senti que les professeurs de Poudlard agissaient différemment avec elle cette année : ils semblaient un peu plus indulgents, ils cherchaient sans cesse des compromis. Elle avait cette horrible impression de devenir une privilégié qu’on prend en pitié, qu’on cherche à la comprendre à tout prix, ou à ne pas la contrarier, au cas où. Alors, Miss Venezzio l’avait-il mis au courant ? Ce n’est pas le genre de chose qu’on souhaite avouer en pleine conversation, et ce n’est pas le genre de choses qu’Elsie s’amuse à raconter à chaque fois qu’elle rencontre une nouvelle personne. Néanmoins, elle ne cessait de se poser cette question : est-ce qu’un étranger la traiterait différemment s’il savait ce qu’elle était réellement, ou ce qu’il lui était arrivé pendant la Nuit Rouge ? Peut être que dans quelques années, elle se comporterait comme les sorciers amoureux de moldus, ne souhaitant pas avouer la vérité à leur dulcinée par peur de leur réaction, de faire fuir. Elle espérait ne pas arriver à ce stade là, mais elle savait qu’elle éviterait ce genre de confession dès le premier rendez-vous.

Elsie mit un peu d’ordre dans ses parchemins, pour en faire un petit tas parfait. Connor lui avait répondu qu’il était désolé que ses parents n’aient pas eu suffisamment confiance pour la laisser seule, avec ses petites sœurs à l’étage, avec un inconnu. En fait, Elsie elle-même avait trouvé leur réaction démesurée, parce que Miss Venezzio leur avait quand même fortement recommandé l’homme : Elsie ne savait pas vraiment ce qu’elle leur avait dit, mais s’ils avaient accepté de le faire venir chez eux, c’est qu’elle leur avait dressé un bon portrait. Elsie doutait que son professeur ait rajouté « psychopathe ayant un penchant pour les jeunes filles blondes demandant des cours de soutien » sur son curriculum vitae. Après, elle savait que par les temps qui courraient, ses parents étaient de plus en plus méfiants. Ils avaient toujours été un peu surprotecteurs envers Elsie et ses sœurs, mais depuis la Nuit Rouge, c’était pire encore. Elle comprenait leur réaction, leur volonté de la protéger, seulement c’était un peu pesant à force. Elle avait envie d’un peu plus de liberté, comme tous les adolescents de son âge. Enfin, elle savait le cocon familial bien plus agréable que le monde dehors, et elle avait quand même bien plus de liberté chez elle qu’à Poudlard, où elle était constamment surveillée. Elsie se disait donc que ça pourrait être pire, que ça pouvait être comme au château. Et elle était donc bien heureuse d’être chez elle, malgré la surprotection de ses parents. Elle sourit alors à la dernière remarque de Connor, qui lui jura que la psychopathie ne faisait pas parti de ses passions. C’était pas elle à convaincre, mais plutôt ses parents : la dure loi d’être encore mineure.

« Si vous me faites avoir un Optimal, je suis sûre que mes parents auront toute confiance en vous après. » plaisanta Elsie, tout en étant quand même un peu sérieux : ses parents risquaient fort de l’aduler même s’il réussissait ce miracle avec leur fille. Elle voulait cependant expliquer la présence du chaperon, de peur qu’il garde une mauvaise image de ses parents, aussi elle continua : « Plus sérieusement, ils sont un peu inquiets avec les temps qui courent je crois. D’où le fait qu’ils n’ont pas voulu accueillir un inconnu chez eux sans un adulte. Au fait, vous êtes conscient d’avoir en face de vous un cas désespérée hein ? J’espère que Miss Venezzio vous a un peu briefé sur mes faibles … capacités dans votre matière. »

Et elle espérait fortement qu’il n’ait pas envie de se pendre en sortant de chez elle tout à l’heure, ou qu’il soit suffisamment passionné pour ne pas perdre espoir. Enfin, Elsie était motivée grâce à la Coupe du Monde qui approchait, et au fait qu’elle devait finir son devoir avant pour pouvoir s’y rendre avec sa famille. Mais, il serait peut être préférable de se garder de le dire à son professeur particulier, par politesse. Si elle montrait un intérêt à ce qu’il pourrait lui raconter, c’était seulement pour la récompense qu’il y aurait derrière. C’était triste à dire, même s’il s’agissait de la pure vérité. Néanmoins, Elsie était plus motivée par l’idée d’avoir des renseignements pour son devoir par un vrai archéomage, plutôt que de chercher dans un livre : et elle devait s’estimer chanceuse, et penser à tous les amoureux de la matière, qui mourrait sûrement d’envie d’être à sa place.

« Vous avez toujours voulu devenir archéomage ? Je veux dire, à Poudlard, vous avez toujours été passionné par l’Histoire de la Magie ? C’est pas courant comme matière préférée, alors … »

Elsie esquissa un sourire léger et haussa les épaules. Curieuse de nature, elle se demandait bien ce qui pouvait amener un sorcier à préférer une carrière d’archéomage à une carrière d’Auror, par exemple. Elle n’avait pas encore une idée très précise de ce qu’elle pourrait faire plus tard, même si elle suivrait certainement les traces de son père d’assez près. Elsie espérait qu’il ne soit pas gêné par ses questions, ou par le fait qu’elle cherche à en savoir plus sur son métier avant de parler de la pratique de la Magie à l’époque de l’Egypte Antique – le sujet imposé par Miss Venezzio. Elle avait cité Poudlard évidemment, qui pour elle était l’école de référence : elle ne s’attendait pas à ce que Connor ait effectué ses études ailleurs.
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Connor Sainclair
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Sam 25 Oct - 22:11


Nobody's perfect
Nos mauvais élèves (élèves réputés sans devenir) ne viennent jamais seuls à l'école. C'est un oignon qui entre dans la classe : quelques couches de chagrin, de peur, d'inquiétude, de rancœur, de colère, d'envies inassouvies, de renoncement furieux, accumulées sur fond de passé honteux, de présent menaçant, de futur condamné. Regardez, les voilà qui arrivent, leur corps en devenir et leur famille dans leur sac à dos. Le cours ne peut vraiment commencer qu'une fois le fardeau posé à terre et l'oignon épluché. Difficile d'expliquer cela, mais un seul regard suffit souvent, une parole bienveillante, un mot d'adulte confiant, clair et stable, pour dissoudre ces chagrins, alléger ces esprits, les installer dans un pré­sent rigoureusement indicatif.




Alors c’était donc bien cela, le mage avait vu juste. On ne pouvait réellement parler de douche froide, suite à l’accueil réellement agréable qui lui avait été offert, car rien n’avait changé, concrètement : Elsie était toujours aussi hospitalière et bienveillante, l’atmosphère demeurait bon enfant, et la demeure ne s’était pas brusquement transformée en un sinistre traquenard. Pourtant, et quoi que le spécialiste ne fût pas réputé pour être naïf ou ingénu au point de ne voir le mal nulle part, l’enthousiasme de jouer pour la première fois les précepteurs dans un cadre officiel l’avait fait quelque peu s’emporter, si bien que ce grain dans le sable dans la machinerie qui n’en était pas vraiment un avait à peine entamé son entrain, à l’image de la trajectoire d’un projectile légèrement décalée du fait d’une collision imprévue avec une particule sortie de nulle part. En y réfléchissant, cela tombait bien évidemment sous le sens : Mr. Et Mrs. Raynes avaient dû avoir la frayeur de leur vie lors de la Nuit Rouge –intuition d’autant plus vraie que leur fille avait été attaquée par un loup-garou, fait pourtant encore ignoré du sorcier-, il s’avérait complètement logique qu’autoriser un parfait étranger à pénétrer dans leur foyer ne se ferait pas sans peine, comme en temps de paix. La presse ne relatait que trop la montée d’une paranoïa sournoise grandissant derrière les portes closes, chacun suspectant son voisin d’appartenir à l’Anarchie, ou pire encore, d’être un Mangemort. Quant aux Miliciens formés par l’Héritage, du moins d’après Connor, ils n’inspiraient pas plus confiance, fantassins endoctrinés tout à fait apte à devenir une petite armée aux services de sombres aspirations sur un mot de leur meneuse, Alice Sullivan. Leurs allées et venues, dignes des plus sombres heures de l’Histoire de tout pays ayant un jour eu à subir une occupation ennemie, faisaient froid dans le dos… Quelque chose ne tournait définitivement pas rond dans le monde sorcier, c’était indéniable, et trop rares étaient les moments de complète harmonie où la confiance apaisaient les cœurs, reléguant au loin les ténèbres de la suspicion. Sainclair avait cru, alors que ses craintes d’avoir pris sous son aile un cancre notoire sans l’avoir encore découvert s’envolaient, que ce premier cours relèverait de cette catégorie, allant un peu trop vite en besogne. S’il avait eu des enfants, peut-être s’y serait-il attendu, après tout !

Avec un bref hochement de tête, il accepta cet état de faits, puisque de toute façon, les choses étaient telles qu’elles étaient, et que le seul moyen de rassurer un peu les parents de la demoiselle serait d’une part améliorer ses notes comme le prévoyait leur accord, mais également apaiser leur inquiétude en démontrant sa complète innocence.

-Je comprends, lui assura Connor avec obligeance. C’est normal, il n’y a pas de mal.

Qu’il ne commence pas sa longue et fructueuse –enfin nous l’espérions comme telle- carrière de professeur en mettant mal à l’aise a première étudiante ! Que celle-ci ne s’imagine pas avoir subitement le devoir de réparer un imaginaire faux-pas, là où lui seul aurait dû réfléchir un peu plus au lieu de s’étonner d’une mesure qui, après coup, n’avait rien de bien extraordinaire. Et encore, la miss avait bien du courage de supporter cette présence à toute heure du jour et éventuellement même de la nuit, si mademoiselle Caldwin non seulement veillait à ses fréquentations, mais également à la qualité de ses nuits, la privant de sorties aptes à la faire rentrer à pas d’heure tout en veillant scrupuleusement à ce qu’elle ne fasse pas le mur. Le bonheur, quoi, à l’aube de l’adolescence… Elsie avait bien du mérite, car à son âge, l’archéomage aurait été un peu moins complaisant… Du moins en cachette, quand il aurait été certain de ne pas se faire prendre, comme l’avait attesté ses maints écarts au règlement de Durmstrang, largement encouragés par son frère. Soit, on était en droit de parler d’hypocrisie, la véritable protestation contre un système oppressant passant par une franchise aussi clairement que fièrement affichée, mais enfin, soyez un peu réalistes : quiconque espérait durer dans le milieu des résistants, à quelque échelle que ce fût, n’avait d’autre option que de faire ses coups en douce, et de renoncer à la gloire publique d’être un héros reconnu. Une technique de « lâche »… Qui permettait de durer.

Sa petite touche d’auto-dévaluation lui tira un demi-sourire, qui souligna la certitude qui fit imperceptiblement pétiller ses iris, presque malicieusement :

-Je ne m’en fais pas pour ça, j’ai déjà eu l’occasion d’entendre pareil discours, et tout s’est toujours au final bien déroulé. Même si au début, ça ne sera pas forcément facile… Je crois, ingénument sans doute il est vrai, qu’avec de la patience et de la bonne volonté, on finit toujours par y arriver, ça n’est qu’une question de temps.

De temps et d’entêtement, aussi, surtout de la part du professeur concerné, au point que l’on soit tenté de parler de véritable foi. Très honnêtement, il n’existait aucun élève désespéré, quand on savait y faire, et que l’envie sincère d’apprendre existait bel et bien : tout venait de la pédagogie employée, et le miracle du déclic inespéré survenait parfois en changeant d’enseignant, tout simplement. Fort de ses capacités adaptatives, qui à vrai dire n’auraient pu être retrouvées que chez très peu de membres du commun des mortels, Connor avait été le coup de pouce salvateur de pas mal de camarades en déroute, si l’on comptait comme tels tous les devoirs rédigés en tant que nègre pour ces cancres de gros bras préférant la lutte à mains nues plutôt que les livres. Bien entendu, comme toujours lorsqu’on parlait de l’archéomage, Siméon se trouvait de la partie : MacFly avait en effet bénéficié des conseils avisés de son benjamin, du moins quand la sacrée tête de mûle qu'il savait devenir quand il le désirait avait daigné l’écouter. Evidemment, qu’il était plus amusant de projeter leur prochain escapade nocturne, ou un énième mauvais tour à jouer à leurs surveillants ! Ou même simplement parler de tout et de rien… Tout plutôt que les ennuyeux passages du livre de Bathilda Tourdesac, pourtant commentés avec passion par son meilleur ami. Retenir son attention plus de dix minutes avait relevé de la lutte de longue haleine, que dis-je, de l’exploit, réitéré à quelques reprises vu que Connor prenait à cœur de l’aider avec cette matière obscure pour le néophyte peu motivé ; ce dernier se souvenait encore de leurs débats à l’approche des partiels, Sim usant de tous les arguments attrayants qu’il pouvait imaginer pour couper court à toute référence à la guerre des géants ou autre épisode notoire de leur passé commun, et lui qui levait les yeux au ciel, ne comprenant pas comment il était possible d’aussi peu tenir en place… Une bien belle époque que celle où leurs tracas se résumaient à de pareilles broutilles.

Plus récemment, bien sûr, il y avait Arthur, et il semblait encore une fois impossible de totalement chasser l’ombre de l’Anarchiste quel que soit le sujet abordé concernant le voyageur. Le Serdaigle, travailleur assidu, avait lui aussi tout le loisir de bailler discrètement alors que son oncle tentait comme naguère avec le père du jeune homme de faire naître une flamme d’intérêt en lui pour ce qui le passionnait. Autour dire que l’expression « prêcher dans le désert », l’Ecossais la connaissait bien… Etonnamment cependant, il ne manquait jamais ni de persévérer, ni de retenter l’expérience quand l’occasion se présentait. Masochisme ou héroïsme, seul l’avenir trancherait.

-Oh, je n’étais pas à Poudlard, rectifia Sainclair. J’ai effectué mes études à Durmstrang.

C’était assez amusant, au fond, que tout le monde parte plus ou moins du principe que le Choixpeau avait eu l’insigne honneur de vous assigner une maison parmi les quatre potentielles, l’année de vos onze ans… En même temps, à la décharge de la blondinette, Connor n’avait vraiment pas l’air d’avoir eu son diplôme après sept ans dans la forteresse la plus austère du monde magique. Plutôt fin de stature, souriant et vif d’esprit, il ne ressemblait vraiment pas à la version adulte d’un Viktor Krum, ou bien la copie édulcorée d’un Gellert Grindewald. Grâce au ciel, me direz-vous : cette école pourvoyait assez l’univers en gars bas du front comme ça, quand cela pouvait s’éviter, autant savourer le résultat. Il n’empêchait que se demander comment Connor avait réussi à sortir du lot de la sorte, sans se laisser retourner l’esprit par l’endoctrinement du corps enseignant ni la brutalité de ses camarades de classe, constituait immuablement la question silencieuse suivant la découverte de cette portion de son passé, surprise plus ou moins bien camouflée que l’intéressé, avec l’habitude d'être plus ou moins difficilement cru à ce sujet, désamorçait toujours avec doigté : simplement dans sa façon de prononcer le nom de son pensionnat, on parvenait à sentir que ça n’avait pas été le grand amour entre lui et l’ambiance qu’il y avait connue, loin de là. L’esprit rebelle dépeint par nos soins tantôt se trouvait ainsi à peine esquissé… Ne serait-ce que dans le refus d’encenser cet enfer sur terre, ainsi que dans sa résistance envers la dénaturation programmée de tant de jeunes gens au sang pur depuis des décennies.

-Mais pour revenir à votre question, disons que je me suis laissé porter par le courant. Les autres matières ne m’interpellaient pas plus que cela, et il s’avérait que j’avais certaines facilités, alors je me suis dit : pourquoi pas ? Et puis je ne passe pas mon temps le nez plongé dans un grimoire, je suis souvent amené à voyager un peu partout, ce qui est un plus non négligeable, je l’admets. Jusqu’à présent, je n’ai jamais perdu mon goût pour cette discipline, j’imagine que cela signifie que je ne me suis pas trompé de voie.


Et avec un beau sourire, il conclut cette extrêmement bref extrait d’autobiographie en toute simplicité, ne mentionnant pas le fait que l’Histoire de la Magie lui avait permis de garder la tête hors de l’eau, aussi bien métaphoriquement que littéralement, étant donné la rancune tenace de certains condisciples, particulièrement peu heureux d’avoir à dépendre d’un freluquet dans son genre pour sauver leurs ASPICS…

-C’est vrai que peu de gens ressentent la vocation. C’est dommage je trouve, il y a des tas de choses très intéressantes à découvrir, quand on dépasse l’aspect assez rebutant des listes de dates à retenir de mémoire, même à l’échelle d’un cursus scolaire… Ou d’un devoir à rendre.

Léger clin d’œil à ce qui les avait réunis autour de cette table, pas forcément comme un rappel à l’ordre ou à une demande de se mettre à l’ouvrage ; rien ne pressait. Il était plaisant d’ainsi converser un brin avant de se plonger dans le nœud du problème, cela permettait de se découvrir un peu plus, d’installer les bases d’une relation de confiance qui sur le plan professionnel se révèlerait assurément prolifique. Et quoi qu’Elsie ne fût encore qu’en quatrième année, Connor décida de lui retourner la question :

-Et vous-même, mademoiselle ? Avez-vous déjà commencé à réfléchir aux options qui vous tenteraient pour la suite ? À part de la passionnante dissertation qui nous attend, s’entend.

Au-delà de la gentille ironie ceignant l’évocation du sujet concocté par Calliope, il sous-entendait par « options » aussi bien les cours optionnels dispensés à Poudlard qu’éventuellement une spécialité à l’Université Magique, ou pourquoi pas un métier, si la demoiselle avait déjà une idée depuis toujours de ce à quoi elle désirait dédier sa future carrière. La question demeurait néanmoins sur le ton du badinage sans conséquence, ne la mettant pas au pied du mur : la manie qu’avaient certains adultes de mettre le couteau sous la gorge des plus jeunes avec cette interrogation à double tranchant qu’était le traditionnel « et toi, que veux-tu faire plus tard ? »… Comment voulait-il qu’on leur réponde, à un âge pareil ? Malheureusement, des tas de choix cruciaux devaient être faits avant l’âge de raison, comme autant de dés lancés plus ou moins au hasard, au petit bonheur la chance, le tout compliqué par un contexte familial pas toujours très ouvert, ainsi que tout ce qui constitue une vie, myriade de détails et de traits de caractère forgeant, sans qu’on le remarque pleinement, une destinée tracée d’avance.








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Elsie Raynes
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Mar 11 Nov - 20:09
Spoiler:
 

Elsie espérait vivement qu’il ne tienne pas rigueur du manque de confiance de ses parents par la suite : il s’agissait juste d’une simple précaution au final. Il disait comprendre : à sa place elle l’aurait sûrement mal pris. Connor la rassura ensuite concernant ses difficultés dans la matière. Patience et bonne volonté ? Elsie eut une moue septique. Elle pensait en avoir fait preuve cette année, mais cela n’avait pas suffit visiblement. En même temps, elle avait passé son temps à travailler seule en général, manquant sûrement de motivation liée à cette solitude. Elsie était une adepte de ce qu’on pourrait appeler « apprendre en s’amusant ». Depuis sa première année, elle adorait réviser avec ses amis et retenait plus facilement rien qu’en discutant du cours avec eux. Alors oui, cette méthode posait quelques problèmes avec des gens un peu dissipés, peu concentrés, mais Elsie préférait passer des heures à essayer de retenir quelque chose en galérant avec ses amis que passer des heures seule à essayer d’apprendre un cours dont elle ne comprenait pas forcément la base. Ses amis avaient sauvé ses notes à plusieurs reprises. Sauf que cette année, ces séances de révision de groupe, souvent improvisées, avaient lieu dans la salle commune de Gryffondor, le soir, alors qu’elle était tenue de rester dans sa chambre de lycanthrope privatisée. Enfin, Elsie décida de faire confiance à l’œil professionnel de Connor, qui ne s’inquiétait pas de ses faiblesses. Après tout, il n’était pas là pour rien, et constituerait peut être le déclic que cherchait Elsie pour apprécier l’Histoire de la Magie à sa juste valeur. Elle finit donc par hocher la tête.

La discussion continua, et Elsie apprit alors que Connor n’avait pas fait ses études à Poudlard, mais à Durmstrang. Elle en fut étonnée, parce qu’il n’avait pas vraiment le profil type d’un ancien élève de Durmstrang – ah ces stéréotypes ! – ni des racines étrangères. La jeune Gryffondor ne savait pas trop ce qui poussait les parents d’élèves anglais à les placer dans des écoles étrangères, surtout lorsque les autres écoles ne jouissait pas d’une réputation exceptionnelle. Elsie voyait Durmstrang comme une école froide, sévère, aux idéaux étroits : si ses parents avaient eu l’idée de l’envoyer là bas, nulle doute qu’elle se serait révoltée. Poudlard lui convenait, malgré le manque de sécurité de l’année dernière, malgré l’horrible directrice et toutes ses nouvelles règles. Le château restait sa deuxième maison et elle était fière de porter les couleurs de Gryffondor. Alors peut être que sa scolarité aurait été différente si elle avait été à Durmstrang, peut être qu’elle-même serait différente, mais elle n’échangerait en rien sa place – au moins, durant trois ans, elle avait été dans une école merveilleuse, presque parfaite. Sa dernière année l’était moins, la suivante s’annonçait tout aussi maussade, mais elle s’estimait heureuse de ne pas être à Durmstrang, ou parmi les pimbêches snobs de Beauxbâtons.

Le métier d’archéomage fut donc un choix plutôt logique pour Connor, parce qu’il était doué dans la matière. Elsie se doutait qu’il devait voyager beaucoup, et c’est bien ce qui la charmait le plus dans ce métier : il voyait du pays et découvrait sans cesse de nouvelles choses. Son quotidien ne devait pas être monotone, même si elle ne savait pas trop s’il était tout le temps en mission, ou non. Peut être était-il en congé en ce moment ? Le fait de ne pas avoir d’attache dérangerait quand même la jeune fille, qui avait toujours vécu dans un cadre familial équilibré : elle aurait bien du mal à se séparer de ses proches trop longtemps. Elle avait ce côté un peu trop famille, un côté qui l’empêcherait certainement de déménager dans un autre pays où elle ne verrait pas régulièrement ses parents, où elle ne pourrait pas garder un œil protecteur sur ses sœurs. Peut être penserait-elle différemment dans quelques années, lorsque la blessure de la Nuit Rouge serait réellement refermée, mais pas dans l’immédiat.

Elsie était d’accord : reconnaître sa vocation, ce pour quoi on était fait, cela n’était pas donné à tout le monde. Nombre de ses amis pensaient tenter de devenir Auror par défaut, parce que ce métier les faisait rêver, parce qu’il fallait bien trouver un moyen de stopper cette guerre qui semblait sans fin. Rare étaient ceux qui savaient ce qu’ils allaient faire après Poudlard : à quinze ans, c’était le genre de question qui allaient se poser à la fin de l’année prochaine, alors qu’il faudrait choisir les matières décisives à présenter en ASPIC pour une poursuite d’études. Mais comme disait Connor, les élèves attachaient peut être trop d’importance à l’aspect théorique de leur matière, à travailler pour obtenir une bonne note – Elsie sourit d’ailleurs au rappel de son devoir – et ne cherchaient pas à réfléchir sur ce qui leur plaisaient vraiment. La question suivante, elle la vit plus ou moins arriver : qu’est ce qu’elle envisageait pour la suite, après Poudlard ?

La jeune fille faisait partie de cette minorité d’élèves qui avait déjà trouvé sa voie. En vérité, cela n’était pas difficile : elle avait été élevée dans un environnement particulier, sur le lieu même du travail de potionniste de son père. Depuis son plus jeune âge, elle avait toujours été fascinée par les différentes couleurs des mixtures qu’il préparait, et encore plus par l’immense serre du jardin. Combien de fois s’était-elle perdue à l’intérieur, ses parents la cherchant dans toute la maison ! A Poudlard, c’était bien évidemment en Botanique et en Potion qu’elle excellait, ayant toujours baigné dedans. Et ces matières lui plaisaient vraiment, elle avait toujours envie d’en savoir plus, d’en apprendre plus. D’abord, elle avait pris comme défi personnel d’être la meilleure de sa classe en potions, pour faire la fierté de son père et pour le représenter dignement à l’école. Alors la décision la plus difficile pour elle serait sûrement de choisir entre suivre ses traces, ou se destiner plutôt à la botanique. Elle avait bien envie de partager sa vie entre les deux parce qu’elle savait ces deux domaines fortement liés. Elle avait encore trois ans pour y réfléchir, et elle s’estimait déjà chanceuse de pouvoir dire ce qu’elle voulait faire plus tard, ou plutôt dans quelle voie elle voulait se tourner. Ce n’était pas donné à tous les adolescents de même pas quinze ans.

« Eh bien, je n’ai pas encore vraiment décidé ce qui me plairait le plus, mais j’aimerais suivre les traces de mon père et devenir potionniste. Il a son laboratoire en sous-sol, et cela me dérangerait pas de travailler avec lui. Mais j’aime presque autant passer mon temps dans la serre dehors, ce qui me fait hésiter : les Potions et la Botanique sont deux matières que j’aime, c’est compliqué de choisir. C’est dans cette voie que je souhaite me tourner, en tout cas, deux matières que je passerais à coup sûr en ASPIC. »

Elsie esquissa un sourire. Elle avait toujours été proche de son père, leur passion commune les rassemblant plus facilement. Du coup, elle n’éprouvait aucune gêne à dire – avec fierté qui plus est – qu’elle voulait faire le même métier que lui. Elle n’avait aucune obligation : il ne lui en voudrait pas si elle choisissait une autre voie. Mais Elsie ne se voyait nulle part ailleurs. Elle ne voulait pas jouer les héros en devenant auror et n’avait pas non plus la prétention de vouloir révolutionner le monde en se lançant dans une carrière de politique. Tout ce qu’elle aspirait, c’était pouvoir faire quelque chose qui lui plaisait vraiment.

« En fait, c’est un peu comme vous. Je vais continuer à étudier les deux matières qui m’intéressent le plus, là où je me projette le plus, même si je suis encore jeune pour savoir avec précision tout ça. »

Bien que dans le cas présent, il faudrait un cataclysme pour changer ses passions pour les deux matières. Elle avait naturellement la main verte en plus, ce qui la poussait à penser qu’elle était faite pour ça. Mais en attendant, si elle n’avait pas une bonne note à son devoir, la Coupe du Monde serait compromise pour elle, aussi décida qu’il était temps de commencer à travailler. Retarder ce moment ne servait à rien, et Elsie s’en voudrait si ses parents pensaient qu’ils n’avaient pas travaillé par manque de sérieux, développant une mauvaise image de Connor : elle l’appréciait pour le peu qu’ils avaient discuté, et avait une bonne impression.

« J’espère que vous avez déjà eu l’occasion de travailler sur mon sujet pendant un voyage : les formes de magie ancienne en Egypte. Je ne sais pas trop comment construire ma dissertation encore, alors je voudrais recueillir un maximum de renseignements d’abord »

Et voir après pour mettre tout ça en forme sans que le tout ne fasse trop énumérations, listes ou autres fouillis. Il faudrait aussi qu’elle trouve un angle, une façon d’aborder le sujet. Elle avait feuilleté pas mal de livres, mais lorsqu’elle avait appris qu’elle aurait un cours particulier sur les traces de magie ancienne, elle avait un peu abandonné ses recherches qui la passionnaient si peu. Connor constituait sa dernière chance pour son devoir, mais elle essayait de ne pas trop le montrer, de peur de lui mettre une pression inutile.
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Connor Sainclair
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Dim 30 Nov - 22:08


Tu feras des prouesses
Si moi je tiens mes promesses, toi tu feras des prouesses. Répète toi sans cesse que tu es une princesse. Mets tes pas dans les miens, un par un, tu vois tu fais ça très bien. Et si tu prends sur toi, tu t'en sortiras. Dis-toi que c'est facile, du tout cuit, tu pourras le faire aussi.




Si Connor avait l’air de savoir ce qu’il faisait, c’était donc qu’il faisait partie du cercle très fermé des meilleurs menteurs ayant jamais foulé le sol de cette planète. Il s’avérait éventuellement cruel et même injuste de considérer les choses sous un pareil angle, mais les faits étaient là : ces cours particuliers dispensés à la Gryffondor constitueraient sa toute première expérience en matière d’enseignement stricto sensu, l’archéomage ne considérant pas les coups de pouce réguliers qu’il donnait à son neveu comme de véritables leçons de la trempe de celles dispensées par un précepteur. Comment avait-il donc préparé la présente séance, et quelle ligne directrice avait été choisie quant à l’orientation à donner à leurs futures rencontres, à présent que l’Ecossais cernait mieux à la fois son élève et les besoins de celle-ci ? Un mot : l’improvisation. Ce qui pouvait bien se passer dans l’esprit d’une gamine de quatorze ans n’avait jusque-là jamais été une question sur laquelle le globe-trotteur s’était particulièrement penché, nouveau terrain de jeu encore ourlé de mystère et des faibles lueurs de la nouveauté qu’il devrait s’approprier sans trop perdre de temps. Aucunement doté d’un bagage en termes de pédagogie digne des adultes plein de sagesse à qui Elsie était confrontée chaque jour de l’année à Poudlard, Sainclair se plaisait à croire qu’un élève ne se résumait pas simplement à ses notes, ses capacités, ou même ses goûts en matière de cours. Si un étudiant laissait son regard sombrer dans un vide lointain, absorbé non pas par le tableau noir et le contenu l’en scarifiant à la craie blanche mais par la vue offerte par la fenêtre la plus proche, c’était parce qu’un milliard –au bas mots- d’éléments extérieurs constituaient en tant qu’infimes notes de couleurs un tableau que les professeurs de métier, ayant vu un sacré paquet d’élèves défiler leur bureau, finissaient sans doute par ne plus remarquer. Comprenez ce que vous pouvez, ayez de bonnes notes, obtenez vos examens finaux, et bon courage ! À chaque nouveau mois de septembre le scénario recommençait, et ce des années durant : peut-être était-ce au final un peu logique que certains comme Severus Rogue finissent par ne plus paraître éprouver le moindre plaisir à exercer leur art, et surtout avoir autant de considération pour sa classe qu’un éleveur pour ses oies promises après gavage à l’abattoir. S’intéresser à ce qui passait par habitude au second plan dès quelques années de métier accumulées revêtait l’apparence d’une recette quasi miracle pour le néophyte qu’était le sorcier en matière de transmission du savoir, comme ça l’était lorsqu’à l’autre bout du monde, il mentait un beau sourire aux lèvres à un richissime collectionneur dont le petit trésor sous haute surveillance se verrait bientôt amputé d’une pièce des plus rares, remplacée par une copie conforme qui ne lui ferait voir que du feu. Si Elsie se tenait là, assise et prête à recevoir son aide comme une aventurière perdue dans le désert et attendant un signe divin lui promettant un salut proche, c’était que le jeu pour elle en valait la chandelle : une place à la Coupe du Monde, rien de moins. Son exposé devrait donc se montrer à la hauteur, au moins aussi captivant que toutes les rêveries qui pourraient bien tenter pendant cette heure de détourner la Gryffondor de ses parchemins, happée par l’excitation du voyage et l’amusement sans bornes qui l’attendait en France. Et puis il y avait ses amis également, ses camarades qui eux avaient échappé à la réclusion en apparences à perpétuité pour mieux promettre à sa cinquième année d’être une réussite, du moins en Histoire de la Magie, et auxquels songer constituerait également une agréable alternative à tout ce qui avait bien pu arriver tant de siècles en arrière. Autant de facettes de son quotidien immédiat et de sa personnalité que son précepteur absorberait à distance, comme recevant une lumière ayant été modifiée par la traversée d’un prisme, et qu’il devrait changer en or plutôt que de la laisser se perdre bêtement dans le néant.

Difficile de dire si cette empathie se voyait innée ou acquise chez Sainclair. Assurément, sans une étincelle première, feu M. MacFly n’aurait rien pu faire de lui, mais c’en était presque parfois à croire que confusément, quelque part dans l’arbre généalogique de sa famille dont Connor constituait l’unique descendant encore en vie, se cachaient un ou deux Legilimens dont le don, demeuré silencieux à travers les générations, avait désespérément tenté de percer en la personne du dernier maillon de l’ultime branche de ladite lignée. Malheureusement, d’après toute vraisemblance, le mage ne possédait pas cette caractéristique si exceptionnelle, équivalente d’une clé ouvrant tous les esprits trop faibles pour se défendre d’une telle intrusion ; au lieu de cela, comme en ce qui concernait la maigre base de ce à quoi devait à ses yeux ressembler un tutorat efficace, le quarantenaire n’avait d’autre option que de se débrouiller avec le peu à sa disposition, un départ pourtant correct compte-tenu des micro-expressions de la blondinette à ses côtés qui comme autant de pièces de monnaie tombant dans une bourse ne lui échappaient aucunement, sans pour autant que son attention parût particulièrement aigue ou son regard appuyé. Pour lui, il ne s’agissait que de petits détails se remarquant sans mal, à l’image de sa surprise à l’évocation de Durmstrang, dont il ne se formalisa pas. Il était au fond toujours un peu revigorant de redécouvrir qu’aux yeux d’autrui, l’on n’était pas forcément aussi banal qu’on pouvait parfois se l’imaginer… Pour son métier, Connor avait besoin d’être aussi lisse que la surface d’un lac par beau temps, ce qui demandait talent et concentration, une vérité qui ne l’empêchait pas d’être heureux de recevoir de temps à autres la preuve que non, il n’était pas aussi transparent et stéréotypé qu’une plaque de verre. Quelle tristesse néanmoins que bien des traits le rendant uniques tiennent leurs racines en d’inavouables et pénibles secrets…

D’un bref hochement de tête, l’historien magique salua la lucidité de sa pupille d’un été, content pour elle, car après tout, il y avait sans doute peu de choses en ce monde pires qu’un avenir incertain, fécond en autant de chimères que de pics en apparence infranchissables :

-C’est déjà un bon début, remarqua-t-il en notant mentalement plus machinalement qu’autre chose la profession d’un des époux Raynes. Que je vous souhaite d’être prometteur…

Oui, sincèrement, et la plus pure démonstration de ce souhait consisterait en la résolution de ce fameux problème la retenant en Angleterre alors que la planète entière avait les yeux rivés sur sa voisine la France, à savoir le devoir de miss Venezzio. Lorsqu’Elsie lui apprit le sujet exact sur lequel sa plume aurait à remplir maints et maints parchemins si le terrible croquemitaine incarné par le syndrome de la page blanche ne venait pas mettre son nez dans leurs affaires, un sourire entendu ourla ses lèvres, comme si mentalement, il saluait le choix de l’Italienne avec une connivence à peine voilée. Ah, sacrée Calliope… Un thème classique que celui donné à la Gryffondor, et en même temps pas si aisé que cela à traiter, l’évocation bien entendu de ce que même les Moldus connaissaient des Egyptiens de l’Antiquité constituant une solution de facilité qui lui vaudrait à peine la moyenne, si elle ne cherchait pas plus loin.

-C’est une période très intéressante, ne put s’empêcher de commenter l’archéomage, dont les prunelles, légèrement pétillantes, ne témoignaient que trop de l’engouement qu’il éprouvait déjà à se pencher sur cette rédaction. Et vous prenez les choses par le bon bout. Néanmoins, j’aimerai savoir comment, en dehors de cette synthèse, vous avez habitude de travailler cette matière ? J’entends par là que la plus grosse difficulté, ou du moins la partie la plus rébarbative de l’Histoire de la Magie, est constituée pour beaucoup de gens par la frise chronologique. Pour simplifier les choses, on en vient souvent à réduire l'énumération de dates à retenir, encore et encore, jusqu’à n’avoir plus que celles jugées les plus importantes à apprendre… Je ne sais pas comment vous procédez, mais pour moi, ça n’est pas la bonne technique. Il ne reste plus qu’une suite d’évènements très éloignés les uns des autres, et en apparence sans aucun lien d'interdépendance…

Perdant leur immobilité de naguère, ses mains s’étaient posément mises en mouvement, rythmant son propos comme pour lui donner une profondeur supplémentaire, ou appuyer plus encore l’amour sans bornes que le sorcier éprouvait pour la science mal aimée par ses pairs, tant les gestes avaient tendance à remplacer les mots n’existant pas pour dépeindre avec précision tout ce qu’il aurait voulu lui faire passer.

-… En conséquence, il est à mes yeux plus difficile de les garder en tête. Ce qu’il faut comprendre avec l’Histoire de la Magie, et ce pour quoi je l’apprécie énormément si je puis me permettre, c’est que rien n’arrive par hasard. Les guerres, les traités, les inventions, les découvertes, tout naît d’un contexte bien particulier et aux facettes plurielles qui a fait qu’à un moment précis, un changement s’est produit, et a marqué les mémoires.

Et, telle une série de dominos se renversant dès le premier élément la composant ayant chu, les siècles s’enchaînaient les uns après les autres, si rassurants du fait qu’ils se tenaient derrière eux. Parler du passé de l’Humanité n’avait rien d’inquiétant comparé à l’évocation du futur, au contraire ! Tout se trouvait sagement et presque aseptiquement couché sur le papier de livres très épais, sans possibilité que les mots ne décident de changer de place et d’ainsi modifier que ce qui trouvait désormais révolu. Des tas de chercheurs particulièrement doués avaient fait en sorte que le niveau de détail fût optimal, et tout le monde tenait ces récits pour acquis, le besoin de les surveiller du coin de l’œil n’existant pas. C’était peut-être également pour cela que Connor appréciait tant l’HDLM : dans un présent chaotique dont les prolongements plongeaient dans les profondeurs de l’incertain, revenir au temps des antiques pharaons ou des conflits entre gobelins et sorciers donnait l’impression confortable de rentrer à la maison, en un tendre et accueillant foyer. Si du déni ne se terrait pas quelque part là-dedans, franchement…

-Tout ça pour vous dire que pour comprendre tous les tenants et les aboutissants d’une période, il faut s’intéresser également à ce qu'il est advenu autour. Du coup c’est vrai, je l’admets, cela accroit la quantité de données à apprendre, et au départ, ça peut paraître très fastidieux, mais plus vous avancerez, et moins il restera de zones dans l’ombre, si bien que ce sera de plus en plus facile. Sans compter que l’Histoire va de pair avec les avancées des sciences, comme par exemple les évolutions des conceptions en botanique, en zoologie, etc…

Les deux exemples précités avaient été assez orientés, c’est vrai, admettons-le, au moins pour le premier. Le second lui était venu plus pour constituer un pendant à la discipline chérie par Elsie que plus par un vœu de son inconscient de mettre sur le tapis, ne serait-ce qu’infiniment discrètement, ses parents, dont le nom –son nom- figurait encore parmi les patronymes parlant aux connaisseurs. Sans tiquer par rapport à la traitrise de son esprit ayant parlé trop vite et ravivé l’espace d’une seconde de pénibles pensées, Connor remarqua néanmoins qu’il avait failli s’emballer un peu trop, épris comme il était de son domaine d’expertise, au point éventuellement d’être un peu effrayant, surtout à l’heure de sa première entrée en matière véritable. Prenant un ton plus mesuré, l’archéomage reprit, conscient de s’être presque laissé entrainer dans une tirade sans fin :

-Je pourrais vous procurer une liste d’ouvrages qui seraient susceptibles de vous aider… Je dois moi-même en avoir certains exemplaires. En un ou deux voyages par hibou, vous les prêter serait tout à fait faisable.








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Anastasia - L'apprentissage (Les Prouesses)
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Elsie Raynes
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Jeu 8 Jan - 15:40
Elsie sourit lorsque Connor commenta son choix d’avenir, pour le remercier. Elle espérait bien que cela soit prometteur ! En tout cas, elle mettait déjà toutes ses chances de son côté en se donnant même du travail supplémentaire en botanique et en potions, au détriment d’autres matières, il fallait se rendre à l’évidence. Enfin, il était encore temps de rattraper tout ça, voilà pourquoi il était temps de se mettre au travail : sa dissertation ne s’écrirait pas toute seule de toute façon, et elle ne pouvait pas non plus demander à Connor de la lui faire à sa place … Elsie aimait réussir par elle-même, jamais elle n’oserait faire un truc pareil. Bon, il lui était arrivé déjà de copier sur des amis, quand elle était en retard sur un devoir à rendre, mais c’était plutôt rare, et qui ne l’avait pas fait, franchement ? Certains professeurs à Poudlard avait l’impression que les élèves n’avaient que leur matière à travailler, et donnaient une quantité de travail assez démesuré … Un peu d’entre-aide de temps en temps de faisait pas de mal.

Comment Elsie travaillait-elle d’ordinaire ? Avec un esprit assez logique et rationnel, elle avait tendance à être plutôt méthodique dans tout ce qu’elle faisait, et avait donc bien dû mal à sortir des consignes des professeurs, à aller plus loin, ou à étoffer. C’était peut être ce qu’il lui manquait pour être une excellente élève : elle s’appropriait rarement les exercices et elle était persuadée qu’on n’arrive à rien si on ne respecte pas les consignes. Cela lui venait peut être de son éducation et de son potionniste de père : si on ne suit pas à l’ingrédient près une potion, il y avait de fortes chances pour que le résultat final ne soit pas celui attendu. Du coup, pour tous les exercices plus abstrait, comme les dissertations, elle rencontrait plus de difficultés : à partir d’un simple sujet et non des questions, il était bien difficile pour elle de construire quelque chose. Paradoxalement, les potions nécessitaient parfois d’une dose d’invention, si l’on voulait améliorer quelque chose mais Elsie n’avait pas encore le talent ni le niveau pour : toujours par une peur, peut être irrationnelle, d’échouer, ou parce qu’elle n’avait pas l’impression que c’était ce qu’on lui demandait. A la rentrée, elle commencerait sa cinquième année, année des BUSES : peut être qu’on lui en demanderait plus. Mais elle savait d’avance qu’elle connaîtrait quelques difficultés. Concernant l’Histoire de la Magie, elle s’en tenait à une méthode simple et efficace de dissertations, en utilisant la chronologie que Connor décriait. Elsie en grimaça d’ailleurs, espérant qu’il n’allait pas lui tenir compte de cette faiblesse de méthode. Après tout, c’était toujours ainsi qu’elle avait abordé l’Histoire de la Magie : il allait lui être une grande aide dans l’explication de sa propre méthode qui, peut être, lui accorderait une bonne note et serait une révélation pour Elsie. Avec une nouvelle approche de la matière, elle la verrait sûrement différemment. Connor allait-il être le miracle qu’Elsie attendait en Histoire de la Magie ? Peut être bien

En tout cas, l’archéomage avait piqué sa curiosité, et la Gryffondor se redressa instinctivement pour l’écouter plus attentivement. On lui avait toujours appris qu’une seule méthode, rébarbative, elle avait hâte d’en connaître une autre. Elle retint une phrase : « rien n’arrive par hasard ». Depuis sa lycanthropie, Elsie ne savait pas trop quoi penser du hasard. N'était-ce un hasard si elle s’était rendue aux serres ce soir là ? N'était-ce un hasard si Greyback avait décidé de la transformer ? Tout ceci serait une suite logique d’évènement, tout compte fait ? Elle fronça les sourcils, perplexe. Sa transformation était-elle écrite ? Elle n’y croyait pas vraiment, pouvait-on parler de quelque chose d’inéluctable, ou était-ce du au hasard ? Evidemment, Connor voulait parler de l’Histoire de la Magie en général, mais Elsie ne pouvait pas faire autrement que ramener cette explication à elle, quand on abordait ces sujets là et pour elle. C’était sa propre histoire, non ? Et la Nuit Rouge, d’une manière générale, n’avait-elle pas marqué l’Histoire sorcière en général ? Pour elle, sa transformation ne devait être qu’un hasard. Elle n’arrivait pas à se dire que c’était sa destinée, d’une manière ou d’une autre, que c’était écrit à sa naissance ou que c’était dû à une suite logique d’évènement. C’était un pur hasard. C’était beaucoup plus réconfortant de le penser ainsi, en tout cas.

Préférant penser à autre chose, elle essaya de comprendre ce que lui expliquait Connor. La chronologie n’était pas utile, selon lui, il fallait voir l’ensemble de la situation et non pas se contenter d’énumérer des faits comme s’ils n’avaient aucun lien entre eux. Un fait en entraînait forcément un autre, puis un autre. Ca se tenait. Un évènement de l’Histoire ne pouvait pas être compris si on n’en connaissait pas le contexte autour. Ca se tenait aussi : pour comprendre la Nuit Rouge, il fallait bien connaître toutes les histoires de clans autour, bien que tout ceci soit encore compliqué pour Elsie. Connor expliqua alors que les avancées dans toutes sortes de domaines dont ceux touchant de près la Gryffondor étaient également liés à l’Histoire. C’était affolant de constater que l’Histoire de la Magie pouvait avoir tant d’importance, alors que c’était une matière assez décriée chez les élèves et très peu passionnante pour Elsie. Peut être comprendrait-elle mieux le monde si elle considérait l’Histoire autrement ?

Connor finit par lui proposer de lui prêter des livres, et de lui en conseiller d’autres. Même si elle ne comptait pas passer la moitié de ses vacances dans les bouquins, être aiguillée sur ses lectures lui permettra de gagner du temps, comme le fait d’en recevoir directement par hibou : elle n’aurait pas à traîner ses parents, sa cousine ou pire, sa surveillante, dans une bibliothèque. Aussi, en essayant de cacher ses réserves à l’idée de passer une grande partie de son temps libre des prochains jours dans les livres d’histoire, Elsie sourit et acquiesça.

« Je vous remercie, ce serait super ! Par contre je dois vous avouer que j’ai toujours travaillé en Histoire de la Magie en suivant une chronologie. C’est la seule méthode qu’on nous a apprise et puis c’est assez simple. » Elsie fit une pause, et haussa les épaules « Mais je ne suis pas contre d’utiliser la vôtre, pour une fois. Qui sait, ça sera peut être plus intéressant, du moins ça a l’air comme vous la décriviez. »

Elsie avait toujours aimé les défis, même si depuis sa lycanthropie, elle était beaucoup plus passive. Elle essayait peu à peu de redevenir celle qu’elle était, alors pourquoi ne pas aborder un devoir barbant en un défi avec une belle récompense à la clé ? Il fallait néanmoins qu’elle éclaircie un point.

« Je sais qu’on devrait aborder mon sujet, mais j’ai quand même une autre question. Par rapport à ce que vous avez dit avant, rien n’arrive par hasard … Vous ne croyez pas du tout au hasard ? Pour vous, tout a forcément une explication, un ensemble de faits qui font que ce qui arrive est logique ? Y’a-t-il une part de destin possible dans l’Histoire ? »

Ce n’était peut être pas le moment d’en parler, mais Elsie y tenait quand même, parce que toutes les opinions étaient bonnes à prendre.
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Connor Sainclair
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Jeu 29 Oct - 15:20


God only knows
I don’t think that anything happens by coincidence. No one is here by accident. Everyone who crosses our path has a message for us. Otherwise they would have taken another path, or left earlier or later. The fact that these people are here means that they are here for some reason.




Le visage des gens pouvait être si expressif. C’était en particulier le cas avec les enfants, souvent incapables de mentir de façon très convaincante, ainsi que les jeunes gens encore épargnés par un terrible mal, celui du passage à l’âge adulte qui à jamais les amputait d’une partie d’eux-mêmes, au profit de masques et de faux-semblants mystifiants. Ils savaient conserver une certaine innocence que beaucoup prenaient à tort pour de la candeur juste bonne à mépriser, avant que la vie ne leur inflige un dur apprentissage, rayant petit à petit de leur cœur une sincérité ma foi touchante. Connor avait rarement l’occasion de rencontrer de telles créatures, que certains auraient décrites comme encore « pures » : il semblait évident que jamais Durmstrang ne lui demanderait de venir donner à ses recrues le moindre cours –offre que d’ailleurs le sorcier aurait refusée sans hésiter- ; quant à Poudlard, le hardi projet de son amie Calliope Venezzio n’avait pas encore concrètement vu le jour, et compte-tenu du tempérament peu commode de la nouvelle directrice, à la faible compatibilité avec celui de l’archéomage, le projet risquait fort de traîner en longueur, si ce n’était pas par finir définitivement aux oubliettes. Quelque part, Elsie représentait une nouveauté non négligeable, assurément car la compagnie de la jeune fille se révélait rafraîchissante, mais également parce qu’une telle occasion lui permettait de tester la plastique de sa capacité à s’adapter au tempérament encore malléable d’une jeune personne, bien moins « guindé » que celui d’un adulte déjà pétri de certitudes, et dont le caractère, au fond, ne changeait plus vraiment. Une éducation d’espion, bien que n’ayant pas abouti complètement, ça vous collait à la peau malgré tout…

-Faîtes bien évidemment de la manière qui vous semblera la plus confortable pour vous, lui assura Sainclair. Si l’objectif est atteint, et que par la suite, vous éprouvez un peu plus de facilités, qu’importe au fond la stratégie adoptée.

Adaptation, évaluation instinctive d’une situation en évolution latente… Autant de qualités que l’expérience prodiguait, assez cruellement d’ailleurs puisqu’il vous fallait avancer d’échec en échec avant de réussir, au bout du compte, à atteindre un niveau de réactivité digne de ce nom, quand au final, l’existence n’aurait plus grand-chose en réserve pour vous surprendre. À l’inverse, comme vous vous trouviez démuni à la sortie de l’école, quand la vie réelle peu à peu vous happait, d’abord à l’université, puis dans la vie active, où plus aucun garde-fou ne vous tenait à l’écart des périls environnants. Cela dit, compte-tenu du chaos qui s’était emparé du vénérable Poudlard lors de la Nuit Rouge, il n’était même plus permis de penser que les jeunes innocents conservaient un peu de temps devant eux avant le grand saut. Finalement, Lord MacFly père, pour aussi tyrannique et paranoïaque avait-il semblé à l’époque, n’avait au fond peut-être pas été si excessif que cela, en enseignant à ses enfants les arcanes de l’art du mensonge…

La question d’Elsie, qui aurait fait tiquer bien des gens –encore du hors sujet, auraient-ils déploré, ça ne faisait pas beaucoup avancer le fameux devoir pour lequel ils étaient tous deux assis là-, ne surprit pas vraiment l’Ecossais, du moins pas dans le sens où ce dernier se serait demandé ce qui pouvait bien passer par la tête d’une jeune demoiselle pour avoir envie de disserter sur des concepts pareils. Cette curiosité pouvait tout à fait relever du bavardage le plus anodin, juste bon à repousser autant que possible leur mise au travail… Ou constituer un signal inconscient, du genre à vous laisser sous-entendre que des interrogations plus profondes, et surtout plus privées, rampaient sous la surface. Miss Raynes se connaissait selon toute logique des amies à qui s’ouvrir à propos de ses soucis, ou encore ses parents auraient-ils pu assurer le rôle de confidents, mais pour le coup, ç’avait été auprès de son professeur improvisé d’Histoire de la Magie que la blondinette avait choisi d’aborder le thème de la destinée, à la fois abstrait et personnel. Il n’y avait sans doute aucune raison de s’imaginer un quelconque scénario de série B, où à demi-mots, l’innocente héroïne tentait d’attirer suffisamment l’attention pour qu’on l’aide sans s’en rendre compte, ou qu’on lui demande avec la plus infinie des douceurs ce qui provoquait chez elle tant de mouron ; néanmoins, rester raisonnablement sur le qui-vive ne mangeait pas de pain, prêt à déceler un éventuel signe, et de là juger si l’inciter à confesser ce qui la taraudait serait adéquat venant d’un quasi étranger comme lui.

-Vaste question, répondit un peu songeusement Connor, son regard balayant pendant quelques secondes la pièce.

Une réponse aussi plate que maintes et maintes fois entendues, au point d’en devenir aussi vide d’intérêt que même quelque peu irritante. Heureusement, le magicien n’en demeura pas là :

-Plus la science avance, et plus nous gagnons en certitudes. Nous explorons toujours plus avant vers l’infiniment petit ainsi que vers l’infiniment grand, que ce soit en décortiquant la composition-même de la matière, ou en repoussant notre connaissance des frontières de l’Univers… ça ne date pas d’hier : l’espèce humaine a depuis ses origines voulu contrôler autant que possible son environnement, et donc son devenir, d’abord par les religions pour mieux calmer ses craintes, puis par le progrès afin de gagner en maîtrise. J’imagine que pléthore de psychanalystes vous expliqueraient bien mieux que moi que cela s’apparente également à une façon comme une autre de repousser aussi que possible notre peur de mourir. Tout cela pour vous dire que les travaux très pointus en mathématiques et en probabilités rompent un peu le charme que peut avoir l’idée d’une vie dirigée par le hasard. Nous sommes la somme de nombreuses choses, et vraisemblablement au point où les valeurs transmises par nos parents, notre éducation, le savoir obtenu lors de nos études ainsi que le milieu dans lequel nous évoluons forgent pour nous les réponses que nous donnerons aux choix que nous rencontrerons. Statistiquement, vous avez de grandes chances d’épouser quelqu’un de votre classe sociale, appartenant au monde sorcier, que vous rencontrerez vraisemblablement dans votre sphère professionnelle, et avec qui vous partagerez une certaine quantité de points communs. Il serait peut-être exagéré de parler de « pré-formatage », car il existe des contre-exemples à cette théorie ; néanmoins, les chiffres restent éloquents. Je ne pense pas que ce que l’on a l’occasion de croiser dans la fiction soit si déraisonnable : que certaines personnes soient capables de prédire rien qu’en nous regardant comment nous serions susceptibles de réagir face à telle ou telle situations, « simplement » parce que notre passé, nos gènes et le calcul probabiliste poussé à l’extrême pour mieux décortiquer chaque micro-faits dont la combinaison produit un évènement le prédisent.

De cela, Sainclair avait presque une conscience aigüe : décrypter les micro-expressions arborées par les personnes avec qui il pouvait être amené à converser, les comprendre plus qu’elles-mêmes ne se comprenaient : il ne s’agissait pas d’un jeu qui lui plaisait, trop intrusif, trop amoral. Il n’était cependant pas moins vrai qu’il possédait un réel talent pour ces choses-là, un don qu’il avait préféré laisser à un état relativement embryonnaire, et ce pour l’employer au service du Ministère et de l’Histoire sorcière. Malgré tout, cette racine demeurait en lui, insensible et plutôt performante, attendant tranquillement son heure de gloire. Un tel pragmatisme se voyait, heureusement, adouci par un certain regret de cette ignorance qu’avait un jour eu l’espèce humaine, encore emprunte d’un certain romantisme ingénu tout à fait disposé à essayer de vivre sans tout savoir, ni tout contrôler.
Ce fut donc sur une note un peu plus positive que le mage décida de finir, aux accents un peu rêveurs, un peu passifs, puisque rien, en définitive, n’aurait su s’opposer à l’irrépressible course dans laquelle ses semblables s’étaient lancés, des siècles auparavant, alors qu’un léger haussement d’épaules acheva de saper l’aspect sombrement prophétique de son discours.

-Je vous avoue qu’un peu d’incertain reste séduisant, c’est indéniable. Notre technologie et nos sciences deviennent certes plus pointues, mais de nouvelles questions en émergent chaque jour, si bien que nous n’arriverons visiblement jamais totalement au bout du voyage, un peu à l’image de l’ultime décimale de Pi qui nous échappera toujours. En cela demeure une poésie qu’il serait peut-être bon de réapprendre à apprécier à sa juste valeur. Même si lâcher prise est effrayant, continuer éperdument à aseptiser son univers constitue un combat épuisant.

Et pour aboutir à quoi, en fin de compte ? À une vie tracée de bout en bout, sans magie, fade et grise, totalement sûre néanmoins, ce qui devait bien constituer son seul atout. Même l’Amour n’aurait su survivre bien longtemps en un tel monde, là où tout avait une raison, et où tout s’expliquait pour peu que l’on se penche sur les causes profondes de quoi que ce fût. Et quelle horreur, quelle tristesse de réaliser qu’en vérité, tout attachement constituait le fruit de paramètres, de circonstances figées, de rencontres inévitables.

-Mais dîtes-moi, miss Raynes, remarqua Connor avec un petit sourire un brin taquin, un brin amusé, que voilà un sujet bien sérieux, pour une jeune personne aussi pétillante que vous ; un sujet si philosophique vous intéresse-t-il ?

La balle se trouvait à nouveau dans le camp de la Gryffondor, quoi que de façon bien plus prévenante que si l’archéomage lui avait demandé de but en blanc ce qu’elle cherchait, à partir sur une digression de cette nature, comme cela, presque de but en blanc et en compagnie d’un parfait inconnu.








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Elsie Raynes
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Sam 16 Jan - 0:16
Elsie écouta attentivement les paroles de Connor, fronçant parfois les sourcils pour se forcer à se concentrer davantage. On pouvait contrôler de nombreuses choses dans la vie, mais peut être pas toutes les catastrophes pouvant arriver. Si non, si qulequ’un avait pu prédire la Nuit Rouge, cette personne n’aurait-elle pas tout fait pour prévenir un maximum de monde ? Ou, sur un champ plus vaste, tous les malheurs que pouvait produire le monde ne pourraient-ils pas être stoppés à l’avance si quelqu’un avait le pouvoir de les prédire ? En soit, beaucoup de choses changeraient. Mais, est-ce que ça serait vraiment bon pour l’humanité ? C’était encore une autre question. D’un autre côté, Elsie se serait bien passé de ce destin qui l’attendait. Dans l’immédiat, elle n’arrivait pas à en voir un quelconque avantage. Devenir lycanthrope l’avait fait grandir, murir, c’était indéniable. Sauf qu’elle avait perdu tout un tas de choses qu’elle ne retrouverait peut être jamais : sa joie de vivre naturelle, son envie d’avancer, de faire des projets. La lycanthropie avait même fait naître en elle des sentiments qu’elle ne connaissait pas, comme la peur de blesser quelqu’un physiquement ou la crainte du regard des autres. Si devenir lycanthrope avait été écrit quelque part pour elle, elle aurait préféré qu’on la prévienne pour essayer de s’en préparer. Elle se trompait peut être, mais elle était persuadée que si elle était née comme ça, elle aurait pu s’adapter. Un peu comme Nina Lupin, qu’elle avait connu à Poudlard. Malheureusement cette malédiction lui était tombée dessus et elle devait prendre son mal en patience. Peut être qu’elle s’y ferait un jour : honnêtement, ce n’était pas prêt d’arriver. Alors, elle vivait avec l’espoir que les sciences bougent un peu plus et qu’on trouve enfin un remède contre la lycanthropie.

Après lui avoir expliqué son point de vue, Connor lui demanda pourquoi elle lu posait une telle question. C’est vrai que de la part d’une jeune fille de quinze ans, on pouvait s’attendre à bien d’autres préoccupations beaucoup plus futiles. Et même si Elsie n’avait pas encore dépassé ce stade où elle s’acceptait pour ce qu’elle était physiquement ou moralement – sans compter son problème lycanthropique évidemment -, il existait des questions qui perturbaient un peu plus la jeune Gryffondor. Pour toute réponse à la question de Connor, Elsie haussa les épaules.

« Je me disais juste si l’Histoire était écrit d’avance et que si quelqu’un était en mesure d’en connaître l’intégralité, de mauvaises choses auraient pu être évité : la Nuit Rouge, celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, Hellson, ces choses là vous voyez … »

Elsie baissa légèrement la tête, décidant de s’arrêter là. Elle ne connaissait pas du tout l’homme en face d’elle. Elle ne savait pas non plus ce qu’il savait d’elle. Elle n’avait pas non plus envie de l’embêter plus que ça avec ses tourments intérieurs, même si étrangement, ça paraissait plus simple qu’avec tous ces psychologues magiques qu’on lui attribuait. Alors, était-ce dû au fait que Connor lui inspirait confiance, ou parce qu’elle ressentait l’envie d’en parler maintenant ? Quoique, si elle avait eu un psychomage en face d’elle, elle n’aurait toujours pas envie de se confier. Cela devait être l’aura naturel de Connor : une aura bienveillante, une oreille attentive. L’avantage ici, c’est qu’elle n’avait pas l’impression d’être étudiée comme si elle était une expérimentation. Enfin là n’était pas le but de la journée non plus : il fallait avancer sur ce devoir qui lui ouvrirait les portes de la Coupe du Monde de Quidditch, soit quelque chose de plus joyeux que de ressasser les problèmes causés par un prétendu destin. Elle se redressa sur sa chaise, effaça son air morose – en surface – et regarda à nouveau Connor.

« Bref, je crois que si on continue les digressions, je suis pas prête de terminer ce devoir » commença-t-elle avec une grimace, désespérée par cette idée « Donc, que pouvez-vous me dire sur la magie à l’époque égyptienne ? Avez-vous eu l’occasion de travailler vous-même sur le sujet, en vous déplaçant en Egypte ? »

Elsie n’avait jamais beaucoup voyagé. En fait, elle n’avait jamais connu autre chose que le Royaume Uni. Sa campagne anglaise lui avait toujours convenu et depuis qu’elle était à Poudlard, elle ne demandait que des vacances en famille : tant qu’elle restait avec ses proches, ça lui allait. Plus elle grandissait cependant, plus elle avait envie de voir le monde. En allant en France pour la Coupe du Monde de Quidditch, ce serait la première fois qu’elle partirait aussi loin. Aller voir les pyramides d’Egypte ne la dérangerait pas : ces anciens lieux avaient ce petit côté mystérieux qui rendait une expédition intéressante. Un voyage en Amazonie pourrait être également palpitant pour une passionnée de botanique comme elle, avec toute la flore à voir là bas. Il faudrait qu’elle en touche deux mots à son père, qui devrait être intéressé également. Voir du pays l’aiderait peut être à relativiser sur sa propre condition, qui sait. En tant qu’archeomage, Connor avait dû en voir du pays ! Elsie aurait bien des questions à lui poser, encore, mais ce ne serait pas raisonnable au vu du travail qui l’attendait pour l’instant.
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Connor Sainclair
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Mar 22 Mar - 21:29


The past is gone, it went by like dusk to dawn
Every time I look in the mirror, all these lines on my face getting clearer. The past is gone. It went by, like dusk to dawn. Isn't that the way everybody's got their dues in life to pay ? Yeah, I know nobody knows, where it comes and where it goes. I know it's everybody's sin. You got to lose to know how to win. Half my life's in books' written pages, lived and learned from fools and from sages, you know it's true.




Le cerveau de Connor n’aurait pas dû retenir d’informations accessoires. Dans la vie courante, tout à chacun se trouvait confronté à tout un tas de détails qu’il ou elle n’aurait su se souvenir, tant l’esprit humain, à l’heure de la modernité, se trouvait ennoyé en un flux continuel de messages à la nature diverse. Pourtant, Connor, lui, enregistrait, sans même chercher à le faire. Il se trouvait ici pour donner un cours à une adolescente, qu’il e reverrait sans doute plus une fois ces cessions d’aide aux devoirs terminées, et pourtant, la machinerie ne s’était pas débranchée, et n’aurait pas accepté de l’être, pour tant est que son possesseur eût tenté de la freiner. Il n’avait pas affaire à une Moldue richissime auprès de laquelle récupérer un objet d’art de grande valeur dont elle ignorait la véritable nature, ou bien d’une agente des forces de l’ordre vérifiant ses papiers d’identité à la frontière. Rien à faire, malgré son bon sens : son attention captait de-ci-delà des petits riens, automatiquement métabolisés en donnée, et ce sans l’ombre de la moindre volonté de s’en servir par la suite. Bien entendu, Sainclair désirait fournir la prestation la plus adéquate aux besoins d’Elsie : il devait donc comprendre ce qui la bloquait en tant qu’élève, pour reformater le contenu de ce qu’elle devait maîtriser afin de le rendre plus digeste. Pourquoi alors remarquait-il la manière qu’avait eu son regard de se baisser, et ses épaules de s’alourdir, alors qu’elle évoquait ce qu’il aurait été bon d’effacer de leur histoire ? La demoiselle avait de plus choisi des exemples de tragédies qui avaient affecté l’ensemble de la communauté sorcière, et non des tracas plus personnels, comme des occasions manquées ou des choix à refaire ; cela pouvait ne rien vouloir dire, ou bien constituer un signal à détecter comme une référence à un traumatisme, dû justement à un fléau de l’ordre de ceux venant d’être cités. Vous auriez pu l’accuser d’excès d’imagination, mais le raisonnement se tenait tout de même : cela collait avec l’attitude relativement effacée de sa vis-à-vis, sans parler de la présence d’un garde du corps –appelons un chat un chat, je vous prie-, y compris alors qu’elle se trouvait chez elle, dans sa propre maison. De même, l’apparition de Darren Hellson dans son énumération laissait sous-entendre que si la blondinette avait un choisir un camp dans la bérézina politique actuelle, ce ne serait certainement pas celui de l’Anarchie. Bon, en déduire que le fameux incident avait été causé par le mouvement rebelle aurait peut-être été un peu trop tiré par les cheveux, du moins à l’heure actuelle, sous réserve que de nouveaux éléments ne viennent étayer cette thèse. Cette dernière demeurerait malgré tout dans un coin de sa tête, à l’image d’un nouveau tiroir encastré dans une vaste étagère, attendant patiemment que de nouveaux dossiers y soient ajoutés, ou que quelqu’un décide de consulter son contenu. Des tiroirs comme celui-là, la conscience de l’archéomage en possédait des tas et des tas, pas aussi facile d’accès que dans le cas d’une personne douée d’une mémoire photographique ou d’un QI crevant le plafond, mais suffisamment pour faire de lui un agent de terrain performant, très performant.

Il ne s’agissait cependant pas de ses prérogatives, et pire, cela violait presque l’intimité de son élève, si bien que l’Ecossais, avec la maîtrise qui était la sienne, ne donna aucun signe d’une déduction particulière, pas même un petit signe de tête en guise de marque d’assentiment. La petite mécanique sous son crâne pouvait certes n’en faire qu’à sa guise, elle n’en aurait pour autant pas le droit de dépasser les bornes.

-Mais qu’est-ce qui empêcherait alors cette personne de s’opposer à ce que de bonnes choses adviennent ? Ou bien de causer des dégâts en considérant cela comme un mal nécessaire, afin d’atteindre un but qui pour elle, et elle seule, représente une forme de Bien ?

Ah, voilà de quoi provoquer bien des crises d’angoisse chez bon nombre de philosophes et autres penseurs… Heureusement pour Elsie et Connor, le fait d’appartenir au commun des mortels les sauvaient de telles errances métaphysiques. Un grand merci pouvait également être décerné à Calliope Venezzio pour son devoir de rattrapage, excellente diversion, et échappatoire non moins idéale aux affres d’une réflexion aussi infructueuse qu’angoissante.
L’exercice restait plaisant, assez proche de ce à quoi pouvait s’amuser el sorcier en la compagnie de son neveu ou de son amant. Sitôt que l’on tournait cela sous la forme d’un débat ou d’un jeu rhétorique, la fragilité et la misérabilité de la vie humaine devenaient de suite plus supportables.

Posément, avec une ombre de sourire que certains auraient eu l’audace de dire d’une douceur légèrement paternelle, Connor laissa l’étudiante reprendre les rennes de la séance, se calant à son rythme au lieu d’imposer une marche forcée. Et à vrai dire, sa question suivante appuya un peu plus son fameux sourire, cette fois avec les accents de l’amusement. Ah ça, l’Egypte, pour l’avoir traversée de long en large…

-Effectivement. J’ai eu l’occasion de cambrioler le musée du Caire à quelques reprises. Son conservateur moldu est un homme fort accueillant, au demeurant.

Le brave homme ignorait complètement que le si agréable personnage qu’il avait eu le plaisir de croiser à plusieurs reprises –sous un faux nom- se révélait être un mage se présentant à lui uniquement pour obtenir des renseignements, ou dérober certains objets exposés pour mieux les remplacer par des copies magiquement conçues et donc indétectable, quoi que dépourvues de tout enchantement.
L’Ecossais avait précisé ce détail le plus naturellement du monde, sans honte ni même désir de faire de cette « révélation » un pavé dans la mare : il s’agissait de son métier, et depuis le temps qu’il enfreignait les lois moldues, les considérations éthiques qu’il aurait pu nourrir se serait dissolus, si le sorcier en avait seulement eu au début de sa carrière. Le poste d’archéomage se révélait par certains aspects méconnus bien loin du gagne-pain ennuyeux à mourir que les élèves s’imaginaient lorsqu’ils « subissaient » les cours d’Histoire de la Magie. Ainsi, Sainclair savait percer les systèmes de sécurité les plus avancées, mais également piloter à moto à pleine vitesse avec un certain brio, et manier les armes à feu moldues sans trop de peine. De cela, il ne parlait pas, et pour la meilleure raison du monde : personne ne lui avait jamais posé la question.

-L’animisme et la nécromancie sont les deux principaux courants de la magie de l’époque, bâtis sur le souhait de plier la nature à la volonté de l’Homme, et de mieux appréhender –sinon tâcher de contrôler- le passage de la vie vers la mort. La mythologie moldue des peuples ayant vécu à cette ère en a d’ailleurs été largement inspirée. Il s’agit d’une des premières civilisations sorcières dûment installées, avec une architecture de Gouvernement et d’autogestion en parallèle de la société non magique, à avoir tenté de réanimer ses morts par le biais d’expérimentations présentées comme des rituels.

Il était certain que de parler de zombies et de momies aurait intéressé les étudiants de Poudlard autrement plus que les révoltes de gobelins… Certes, ce n’était pas les termes qu’avait employés Sainclair, mais ne nous voilons pas la face : les visages de son public se seraient illuminés, dans l’attente fiévreuse de détails supplémentaires, alors qu’imagination et goût pour le macabre auraient fait le reste. En tout cas, au-delà de l’aspect sensationnel de ces premiers éléments, Elsie avait au moins deux mots-clés avec lesquels commencer ses recherches bibliographiques.

-Sont-ce des notions qui vous ont déjà été présentées en cours ?








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Aerosmith - Dream On
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