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Je crois que j'ai trouvé quelque chose ... • Connor

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Sam 1 Nov - 19:11
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Quelle belle trouvaille ! Elle n’aurait jamais cru qu’elle aurait trouvé cette bague si recherchait dans un simple vide grenier en plein Angleterre. Ca datait de quelques jours. Trois tout au plus quatre. La jeune métamorphomage s’était levée tôt ce matin-là, si elle arrivait trop tard elle prenait le risque que ce qui pouvait l’intéressé ne soit plus là. Bon, elle n’avait pas vraiment d’idées précises en tête à ce moment-là, Joyce marchait surtout aux coups de cœur pour ses achats. Alors, elle s’était levée tôt, faisant le moins de bruits possible pour ne réveiller personne dans la maison. Elle avait prévenu la veille au soir qu’elle serait absente au moins une bonne partie de la journée et que si on voulait la voir elle serait au village non loin de là. Elle avait pris un petit déjeuner copieux, de quoi bien tenir pour toute la matinée au moins. La sang pur avait pris son argent moldu, les gallions, mornilles et noises ne serviraient à rien, puis elle était partie après avoir fait sa vaisselle. C’était l’été et ça se sentait. Fini les cours. Fini Poudlard. Même si ça datait de peu, le château lui manquait déjà. Au lieu de transplaner, elle avait préféré y aller à pieds. Ça lui ferait du bien de marcher un peu. La Weather était arrivée une bonne demi-heure plus tard à destination et elle put constater avec joie qu’elle avait eue raison de partir si tôt, peu de personnes étaient actuellement présentes. Elle prit donc le temps de passer de table en table, observant les objets qui pouvaient potentiellement l’intéresser. Lors de ce premier tour, la belle rouquine avait repérer quelques objets. Elle fit le compte de l’argent qu’elle avait sur elle puis se lança dans ses achats. Premier achat, une écharpe. Oui, ce n’était ni l’automne, ni l’hiver mais tout de même, elle la trouvait très joli avec ses couleurs flashy. Second achat, cinq bracelets en cuivre. Allez savoir pourquoi, ils étaient plutôt banals mais elle avait eu un coup de cœur sur eux. Une boîte en bois qui lui avait fait de l’œil se retrouva tout aussi rapidement dans son sac. Une collection de vieux livres rejoignit le reste des objets, comment pouvait-on se débarrasser de ça ? Bah ! Au moins ça faisait son bonheur ! Puis, elle était tombée sur cette vieille bague avec des inscriptions dessus, c’était LE coup de cœur parmi les coups de cœurs qu’elle avait eu durant ce vide grenier. Ses yeux s’étaient illuminés en voyant cette bague parmi d’autres bagues. L’achat fut vite fait, le propriétaire souhaitant vite s’en débarrasser mais sur le coup, Joyce n’en prit pas réellement compte, trop fascinait par la bague qu’elle venait d’acquérir. L’ancienne Serdaigle resta encore un peu dans le village, allant même s’installer à un café pour feuilleter ses nouveaux livres, avant de prendre le chemin de retour pour rentrer chez elle.

Ça c’était la première partie, l’achat. Puis, il y avait eu les récents événements après l’acquisition de la bague. Le premier événement qui s’était passé c’était ce moment où elle avait cru être devenue invisible l’espace d’un moment. Elle l’était réellement devenue mais ne l’avait pas compris tout de suite. Même son chat Dagobert Léonard Walter Dominus Cataracte ne l’avait pas vu, il avait poussé un miaulement étonné quand, lorsqu’il avait décidé de s’installer sur la chaise de bureau de Joyce, il s’était retrouvé surélevé. Il avait fini par se dire que ça serait mieux d’aller se prélasser sur le lit de sa propriétaire. Le second fait, c’est qu’elle avait eu une vision d’un événement qui se passa durant une journée. Son père laissait tomber sans faire exprès un verre sur le sol de la cuisine. Alors qu’elle était en train de mettre la table pour le dîner avec lui, il laissa tomber le dit verre. Elle sursauta, surprise et resta là à l’observer ramasser les débris de verre. La jeune sorcière avait dû mal à réaliser ce qui se passait. A chaque fois ça alternait entre moment d’invisibilité et visions. Non, franchement, il y avait un problème, quelque chose de suspect. La jumelle de Duncan décida dans un premier temps d’enlever la bague qu’elle n’avait presque pas enlevé depuis le vide-grenier quelques jours auparavant. Rien ne se passa pendant tout le moment où la bague n’était plus à son doigt. Alors qu’elle la remettait, une vision la saisit, des éclairs dans le ciel. Le soir même, il y avait un orage. Bon, il fallait qu’elle se décide ! Demain, elle irait au Ministère de la Magie pour faire expertiser sa bague. Parce que là, ça n’allait vraiment pas ! C’était dommage si elle devait s’en séparer, elle l’aimait bien cette bague, elle l’a trouvé joli, magnifique même mais il fallait qu’elle sache ! Le lendemain, lorsqu’elle se leva, vers dix-heures et demie, la rouquine signala qu’elle partait pour Londres pour une partie de la journée, restant vague sur ce qu’elle allait y faire. Son père était déjà au Ministère, mais elle n’eut pas la joie de le croiser, il devait être en plein travail au Département des Mystères. Heureusement qu’il lui avait déjà expliqué des années auparavant comment se rendre au Ministère, elle trouvait ça plutôt drôle de passer par une vieille cabine téléphonique pour rejoindre le Ministère. C’était toujours mieux que la manière qu’utilisaient les employés pour s’y rendre. Les deux pieds dans les chiottes et tirer une chasse d’eau, très peu pour elle ! Et dire que Duncan devrait le faire. Elle ne put s’empêcher de pouffer de rire rien qu’à cette pensée.

La voilà donc au Ministère, il fallait l’avouer, elle était un peu beaucoup perdue, il y avait du monde, beaucoup de monde, trop de monde. On était que dans le hall et elle voyait des gens sortir de cheminées d’un pas assuré. Eux savaient où aller mais elle pas du tout. On la bouscula sans lui prêter plus d’attention que cela. Bon, il fallait qu’elle trouve quelqu’un à aborder, il y avait des gens autour d’elle mais à chaque fois qu’elle essayait d’ouvrir la bouche pour accoster quelqu’un cette personne était déjà loin. Mais comment faire pour trouver le bon endroit ? Allant vers le centre où une sculpture était présente, elle fit le tour d’elle-même, cherchant à s’y retrouver. Ah ! Deux sorcières discutaient entre eux. Elles au moins étaient immobiles ! La métamorphomage s’approcha du duo assez timidement, sa chevelure rougeâtre attira le regard de la sorcière, Joyce les salua et exposa son problème. Ah ! Bah voilà ! On daignait enfin l’aider à s’orienter ! En plus, ils étaient plutôt gentils. Bon, maintenant qu’elle savait où aller, il ne lui restait plus qu’à s’y rendre, elle prit un ascenseur au pif, se retrouvant avec quatre autres personnes. Voyant que les sorciers dans la boîte métallique s’accrochaient chacun à une poignée, elle fit de même. L’ancienne bleue et bronze fut surprise de se retrouver projeter en arrière. Puis balançait sur le côté avec brutalité, descendre, aller dans un autre côté et bam arrêt. Une personne descendit deux autres montèrent. Et c’était reparti pour un tour ! On monte, on va en arrière, on va sur le côté, on descend, en avant, à droite, arrière, gauche, elle en perdait le fil … puis soudain, elle entendit le nom de son département. Jouant des coudes, elle réussit à sortir tant bien que mal de l’ascenseur. D’un bon pas, elle se dirigea dans le couloir. Une femme était assise à un bureau en train de travailler. Joyce se planta devant elle, mais celle-ci ne sembla pas la remarquer. Elle toussote pour chercher à se faire voir mais rien. Elle lança un « Bonjour » mais toujours rien. Ils étaient sourds ou quoi ici ? Bon au grand mot les grands moyens, elle déposa brutalement la petite boîte dans laquelle elle avait mis la bague sur le bureau, sur la pile de feuilles de la sorcière. Elle était quelqu’un de très patient, mais elle en avait marre d’avoir l’impression d’être invisible ici ! Surtout qu’elle n’avait pas cette fichue bague à son doigt donc il n’y avait pas de raison à ce qu’on l’ignore :

« Bonjour ! Je souhaiterais faire expertiser cette bague ! Je crois avoir trouvé quelque chose. Si vous voulez bien daigner faire autre chose que rester coincer sur vos fichus feuilles et remarquer qu’il y a quelqu’un devant vous, ça serait sympa de réagir, merci ! » enchaîna-t-elle juste après avoir posé l’écrin

La femme l’observait incrédule, peu habituait à ce qu’on lui parle sur ce ton, ouvrant l’écrin, elle observa la bague, referma la boîte et dit à Joyce d’aller s’asseoir sur l’un des fauteuils, qu’elle allait appeler quelqu’un, lui tendant la boîte du bout des doigts. La prenant, elle acquiesça, sortit un bref merci de sa bouche et alla s’asseoir comme demandait, sortant le livre qu’elle avait pris avec elle, elle se plongea dans sa lecture, attendant que quelqu’un daigne venir expertiser la bague qu’elle avait dégoté.
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Connor Sainclair
Archéomage
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Mer 12 Nov - 15:07

Connor & Joyce
« Tous les trésors ne sont pas d'argent et d'or, l'ami... »
- Pirates des Caraïbes, la Malédiction du Black Pearl





Connor ne se fiait jamais aux bonnes journées. Cela pouvait sembler quelque peu paranoïaque de sa part, lui homme terre-à-terre ne se laissant gagner par le pessimisme que dans des cas extrêmes, mais en fin de compte, en y réfléchissant bien, il s’agissait d’une tactique plutôt habile. Voyez plus tôt : si tout se déroulait sans anicroche jusqu’à ce que ses paupières alourdies de sommeil ne le séparent du monde sensible jusqu’à ce que l’aube n’enflamme à nouveau le ciel enténébré de ses lueurs, le sorcier avouait sans mal qu’il s’était trompé, et que l’on pouvait effectivement affirmer qu’il s’était agi d’une bonne journée, de laquelle tirer un sentiment de satisfaction presque bourgeois. Mais dans le cas contraire, si un petit grain de sable ou un grand drame venait voiler de dépit son regard azuré pour une raison ou pour une autre, au moins lui restait-il la maigre consolation d’avoir eu raison de ne pas avoir vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Ainsi, jouant en même temps sur les deux tableaux, Sainclair s’assurait une victoire quoi qu’il advienne ; une maigre certitude en une période aussi troublée, certes, mais en même temps, il fallait bien profiter un peu des maigres plaisirs offerts bien volontiers par la vie, non ?

Force serait de constater que cette tactique porterait une nouvelle fois ses fruits, et pas plus tard que le jour-même. Comme toujours avant un évènement imprévu dont les retombées ne manquaient jamais de constituer des répliques dignes de celles d’un séisme d’ordre 4 sur l’échelle de Richter, la routine régnait en souveraine aussi intransigeante qu’indolente. Six heures, une pression impérieuse réduisant son réveil au silence. Sept heures, départ du manoir MacFly, non sans avoir laissé un petit mot à Arthur pour lui souhaiter une bonne journée et lui dire à ce soir, avant d’effectuer un bref crochet par son propre appartement où prendre quelques affaires et autres documents à l’utilité modeste que la bureaucratie espérait néanmoins obtenir de lui avec délectation de sa part, et ce pour à sept heures deux très précisément se retrouver dans le hall du Ministère, suite à un transplanage sans anicroche. Quant à ce qui advint à sept heures et quart, ce ne fut pas plus hors normes que le reste : Connor, fidèle à sa ponctualité, s’installait à son poste fort tranquillement, l’esprit déjà accaparé par ce qu’on attendait de lui. Il était assez stupéfiant de découvrir à quel point son absence avait laissé un vide pour le moins béant dans le système. Non pas que le sorcier fût un maillon de la chaîne particulièrement indispensable, mais son activité avait été si infime durant ces derniers mois passés au chevet de Siméon que le travail s’était accumulé avec l’apparente volonté de transformer sa table de travail en chaos non pas granitique mais de papiers et d’autres dossiers divers. Un an avait filé depuis la terrible Nuit Rouge, plus vite que ce qu’il s’était figuré, et force était de reconnaître qu’à une époque, l’archéomage avait mené énormément de dossiers de front, à présent en stand-by, ou à peine avancés par quelques collègues ayant bien voulu prêter main forte à l’administration durant son « congé ». En résultat un retard certain auquel s’attaquer pleinement dès l’ouverture des bureaux, ainsi que l’assez mélancolique impression de fouiller les décombres d’une existence à présent révolue, époque encore marquée d’une certaine normalité qui ne reviendrait plus jamais. Depuis que son amant avait reparu dans sa vie, avec sur ses traces le fantôme de Darren et l’ombre projetée par l’Anarchie, une lente dégradation de la morne banalité ayant marqué son quotidien s’était amorcée, avant de connaître un point d’orgue avec son enlèvement durant lequel Sainclair avait été incapable de seulement exister pour autre chose que souffrir le martyre en absence de toute nouvelle de sa part. À présent, que restait-il à sauver ? Suffisamment, espérait l’Ecossais, assez pour réussir à se convaincre que les habitudes bien installées et l’absence de tout drame d’ampleur parviendrait un jour à retrouver leur ancienne mainmise sur sa destinée. Naïve espérance que la sienne…

Alors qu’il se trouvait en pleine remise à flot d’un projet visant à instaurer une collaboration active entre les différents musées magiques ainsi que les archéomages disséminés aux quatre coins du monde, une petite porte métallique fort semblable à celle d’un monte-charge s’ouvrit avec un chuintement qui ne manquait jamais de faire sursauter celles et ceux encore peu habitués au système de correspondance intra-services mis en place par le Ministère des décennies auparavant. Plutôt que d’employer des hiboux, assez peu à l’aise il fallait l’avouer quand il s’agissait de voler à travers un même bâtiment –sans compter les risques encourus par quiconque se serait trouvé dans un couloir au passage à toute berzingue du messager à plumes-, de petits billets semblables à des beuglantes en bien plus aimable cependant faisait office de ce que les Moldus connaissait sous la forme du téléphone et de la boîte mail. Délaissant les parchemins qui avaient retenu son attention jusque-là, Connor fit glisser sa chaise à roulettes jusqu’à la cavité afin d’y attraper son courrier et d’en ouvrir l’enveloppe. Celle-ci s’anima et s’éleva dans les airs dès que son destinataire la lâcha, prête à délivrer son message d’une voix monocorde :

-De « accueil du Département des accidents et catastrophes magiques » à « Connor Sainclair, Département des accidents et catastrophes magiques »…

La mine pensive, l’intéressé expira doucement, conservant sa patience intacte malgré la lenteur avec laquelle la missive récitait son texte, à la manière d’un robot de standard automatique.

-… Nous vous informons du message suivant : « Bonjour Monsieur Sainclair, j’espère ne pas vous déranger…

Eh bien en fait si, un peu, songea l’archéomage en levant les yeux au plafond. Les formules de politesse avait leur intérêt ainsi que leur valeur, il n’en doutait pas ; c’était cependant vraiment dommage que se montrer aussi concis qu’efficace en s’exprimant sans ambages en devînt du coup pour le moins impossible.

-… Je me permets de vous contacter à propos d’une jeune personne qui s’est présentée à nous à l’instant, en possession d’un objet qu’elle désirerait faire examiner. Il s’agit d’une sorte de… De bague, ou d’anneau… »

À l’inflexion de la voix ensorcelée, qui ne témoignait que trop de l’incertitude éprouvée par la secrétaire lors de la dictée de ces mots à une plume animée, le voyageur fit immédiatement une croix sur les cinquante pourcents de chance qu’il avait eu d’arriver jusqu’au début de soirée sans embûche. Quittant son siège sans même attendre la fin du billet, qui se résumait en une timide demande de descendre jusqu’audit bureau d’accueil ainsi que par une question pré-formatée pour éventuellement envoyer une note en réponse à ce courrier, Connor sortit dans le couloir d’un pas preste, ne goûtant que trop l’ironie du nom du Département où il siégeait à titre purement honorifique. « Accidents et catastrophes magiques »… De quoi vendre du rêve, et ne laisser aucun doute quant à ce qui avait motivé le choix des décideurs ayant opté pour le rattachement des archéomages britanniques à pareil bureau. Restait à espérer que rien de grave n’était survenu à cause de ce mystérieux bijou… Le fait qu’une simple lettre l’ait averti, et non les hurlements d’une alarme ou une brigade d’Oubliators sur le point de partir sur le terrain réparer les dégâts constituait déjà un début pas si mauvais que cela, quoi qu’en définitive, cela ne préjuge de rien pour la suite. Le quarantenaire n’avait rien d’un pessimiste, nous le disions plus haut, mais la réception de la sonnait comme une ritournelle insidieuse lui répétant à l’envie Combien d’objets anciens en apparence anodins s’étaient révélés hautement dangereux une fois en contact avec un être humain doté ou non de pouvoirs… Tout en dévalant la longue volée de marches qui l’amèneraient jusqu’à s destination, les mots qu’avaient employé le mentor d’Hellson pour qualifier son métier lui revinrent en tête, et silencieusement, son aimé émit le souhait que de tels propos n’aient rien eu de prémonitoires. Ça n’était pas vraiment le bon moment pour finir à Sainte Mangouste, ou pire, six pieds sous terre…

Lorsqu’il parut à la réception du Département, la placidité de la scène qui s’offrit à lui ne le berna pas, lui à qui ses aventures à travers bon nombre de contrées du globe avaient enseigné à se tenir sur ses gardes et prêt à toute éventualité dès qu’une antiquité sorcière s’invitait dans l’équation. L’expression de soulagement qu’afficha l’employée du Ministère qui se leva pour l’accueillir se fana d’ailleurs assez devant le sérieux professionnel arboré par son messie en fin arrivé. Sainclair ne se voulait pas alarmiste, mais si elle s’était attendue à le voir débarquer avec une attitude débonnaire pour lui affirmer avec une bonne tape sur l’épaule qu’il n’y avait nullement matière à s’inquiéter, ça n’était pas son jour de chance.
Détournant son regard de celle-ci pour s’intéresser de plus près à la visiteuse, le globe-trotteur constata qu’apparemment, la demoiselle se portait bien, et ne réalisait pas complètement la valeur ainsi que la dangerosité de son précieux paquet.

-Bonjour mademoiselle, je m’appelle Connor Sainclair, et je serai en charge de votre bague. Puis-je la voir, je vous prie ?

Sa main droit fut poliment tendue dans sa direction afin d’y recevoir la boîte qu’il avait remarqué sur les genoux de la rouquine, tandis que l’autre tirait un mouchoir en tissu de la poche de son pantalon. À défaut d’avoir une paire de gants immaculés mis à disposition des conservateurs de musée, cela ferait l’affaire pour éviter tout contact entre sa peau et le métal ensorcelé…
Notons au passage que le strict minimum niveau banalités avait été échangé, au profit d’un productivisme poli quoi que besogneux particulièrement à propos, mais également assez inquiétant à sa manière, comme si une urgence sous-jacente menaçait de les convaincre, en fin de compte qu’un danger invisible planait sur eux. La secrétaire parut inconsciemment le comprendre, ce qui expliqua la pâleur qui vida ses traits d’une bonne partie de leurs couleurs.

-J’aurais également quelques questions à vous poser… Outre les circonstances de l’acquisition de cet objet, j’aimerais savoir si des Moldus ont été en son contact ? L’avez-vous vous-même touchée ? Si oui, des maux de tête, des malaises à signaler ?

La paranoïa marqua des points supplémentaires auprès de sa collègue, qui toujours derrière son bureau ne put s’empêcher de leur rappeler qu’elle existait toujours.

-Je… Je l’ai à peine effleurée… !

Ciel, les choses allaient être un peu plus dures à gérer que prévu, et pas forcément à cause des pouvoirs de l’anneau…

-Ce ne sont que des questions de routine, assura Sainclair en tournant à peine le visage dans la direction de celle qui n’allait pas tarder à le considérer comme un sauveur quasi divin, au rythme auquel elle perdait son calme. Si des symptômes se font ressentir, il est important de le savoir afin d’alerter les autorités sanitaires ainsi qu’éventuellement dépêcher des Oubliators afin d’éviter tout remous chez les Moldus. Mais compte-tenu du bref temps d’exposition que vous avez subi, vous survivrez sans mal.

La jeune femme aux cheveux de feu, par contre… Tout dépendait de la nature de l’artéfact fait encore inconnu, ainsi que du temps qu’elle avait mis à se décider à venir les trouver. Evidemment, Connor ne pouvait jurer pour le moment qu’ils s’en sortiraient tous les trois sans mal : après tout, le risque zéro n’existait pas, ce qui sous-entendait qu’ils avaient une chance d’être déjà tous condamnés à une mort aussi lente que douloureuse. Néanmoins, il ne serait pas dit qu’en ses derniers instants, l’archéomage n’aurait pas fait montre d’un sang-froid aussi exemplaire que méticuleux.






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Jeu 13 Nov - 23:58
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Lire. C’était l’une de ses passions, un bon moyen de passer le temps et de pouvoir attendre comme elle le faisait. Elle aimait lire depuis qu’elle avait appris à lire. A Poudlard, elle avait toujours un livre dans son sac qui n’était pas en rapport avec ses cours de la journée. Quand elle avait besoin d’une pause entre deux devoirs, deux leçons à apprendre ou à réviser Joyce lisait. Elle était vraiment une férue de lecture. N’importe quel livre pouvait la passionner. En sept ans à Poudlard elle n’avait pas pu lire tous les livres de la bibliothèque et la jeune métamorphomage trouvait ça bien dommage. Elle qui aurait tellement voulu lire les bouquins déposés sur toutes les étagères et tous les rayons. Elle aurait bien pu devenir bibliothécaire, comme madame Pince, mais non, c’était une autre passion qui l’animée, la passion du Quidditch. Cette passion dont elle voulait en faire son métier. La célébrité ce n’était pas ce qui l’attirait dans le fait d’être joueuse professionnelle, ce qui l’attirait c’était de pouvoir voler, sentir le vent sur sa peau, l’adrénaline coulait à flot dans ses veines, avoir cette impression de liberté et avoir ce but d’attraper le vif d’or. Ça lui suffisait amplement. Le balai était aussi utilisé comme moyen de transport, bien plus pratique et moins polluant qu’une voiture, il n’avait pas besoin d’essence ou de quoi que ce soit pour le recharger car il n’avait tout simplement pas besoin de recharge. Mais revenons sur le sujet qui nous intéresse, l’ancienne bleue et bronze était entrain de lire quand elle entendit une voix s’élevait non loin d’elle. Oh ! On s’adressait à elle ! Son regard couleur émeraude alla de son livre à la personne qui venait de lui adresser la parole, un sourire fleurissant sur ses lèvres elle mit le marque-page d’un simple geste là où elle s’était arrêtée. Le posa sur le côté, prit l’écrin et se leva :

« Bonjour monsieur, je m’appelle Joyce Weather. Ravie de faire votre connaissance. Tenez voici la bague en question. »

La rouquine lui donna la petite boîte, sans prononcer un mot de plus, préférant observer et écouter l’homme en face d’elle. Il avait pris un mouchoir, faute de gants en latex qui aurait pu le protéger. La sang-pur avait croisé ses bras contre elle, attendant qu’il lui dise quoi que ce soit. Ne s’attendant pas bien sûr une réponse tout de suite lui disant ce qu’était réellement cet objet qu’elle avait découvert. Des questions ? Bien sûr, c’était même tout à fait logique aux yeux de la jeune fille, un simple petit sourire réapparut sur ses lèvres. Tiens, elle souriait un peu plus depuis quelques temps ! Elle ne savait pas trop pourquoi ça lui arrivait mais elle souriait, ce n’était pas un mal loin de là ! Ça faisait même plutôt du bien de sourire au fond, ça lui avait manqué. Après le drame de l’an passé, elle n’avait presque plus sourit, plus vraiment utilisé son don de métamorphomage alors qu’auparavant elle adorait arboré des couleurs plutôt vives. Même son style vestimentaire s’était terni malgré le fait qu’elle ait dû porter la tenue de Serdaigle le reste était plus dans des couleurs sombres alors qu’avant la Nuit Rouge elle appréciait de porter des vêtements de couleurs flashy, des colliers, des bracelets, pas des trucs clinquants, ce n’était vraiment pas son truc. Elle n’avait jamais mis de maquillage, ça aussi ce n’était pas son truc. Même pas du rouge à lèvres. La femme qui l’avait accueilli semblé être prise de paranoïa, ça en devenait comique en sachant qu’elle était affectée dans ce service qui pouvait accueillir des objets plus ou moins dangereux. Joyce ne put retenir un sourire amusée quand elle l’entendit s’égosiller qu’elle l’avait à peine effleuré, pourtant, comme son vis-à-vis, elle ne lui jeta même pas un regard, l’ignorant ainsi à moitié. Bien, maintenant l’ancienne Serdaigle allait pouvoir reprendre la parole :

« Eh bien, je l'ai acquise il y a quelques jours dans un vide grenier dans un village pas loin de chez moi … le propriétaire semblait vraiment vouloir se débarrasser de cette bague. Donc au moins un moldu l’a touché, mais ce n’est pas en la touchant qu’on en ressent des symptômes. » elle marqua une pause, ayant une mine penseuse, puis reprit « C’est en la mettant à son doigt, en tout cas pour ma part ça s’est passé comme ça. Je n’ai eu ni maux de têtes, ni malaise ou quoi que ce soit d’autres de ce genre. J’ai juste pu remarquer deux choses quand je l’avais à l’un de mes doigts. » à présent, elle avec mit son pouce et son index droits en l’air, formant ainsi un L « L’un, a été que je suis devenue invisible et ce n’est pas un effet de mon imagination, mon chat ne m’avait pas vu et a voulu s’allonger sur ma chaise de bureau où j’étais assise et il a été étonné de se retrouver en l’air et non sur la chaise. » elle avait rabattu son pouce, il ne restait plus qu’à présent son index « Puis, j’ai eu droit à des … » elle marqua un moment d’hésitation « J’ai eu des prémonitions et ça ne vient pas de moi, je n’ai pas la faculté de voyance, je suis métamorphomage pas voyante et avant l’acquisition de cette bague je n’avais eu aucune prémonition. Donc à mes yeux, mais c’est vous le professionnel, cette bague a un problème, enfin problème est un mauvais terme, elle a … quelque chose quoi ! »

Voilà, la jeune fille à la chevelure couleur des flammes avait tout dit, ou plutôt avait répondu aux questions que lui avait posées l’archéomage le plus explicitement possible, essayant de n’omettre aucun détail qui pourrait être important à l’expertise de cet objet. La femme qui l’avait accueilli à son arrivée, enfin, si on pouvait appeler ça un accueil, émettait un silence qu’on pouvait comparaître à un silence religieux. Mais si celle-ci reprenait la parole, la miss Weather ne doutait pas un seul instant qu’elle n’hésiterait pas à lui répliquer quelque chose pour qu’elle continue à se taire. Elle était là pour avoir une expertise, pas pour avoir droit à des commentaires inutiles comme ceux d’un commentateur de match de Quidditch qui, parfois, mise à part décrire le match, savait particulièrement bien s’égarer dans des propos totalement inadaptés et inutiles.
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Connor Sainclair
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Mar 2 Déc - 20:02


One ring to rule them all
Three Rings for the Elven-kings under the sky, seven for the Dwarf-lords in their halls of stone, nine for Mortal Men doomed to die, one for the Dark Lord on his dark throne in the Land of Mordor where the Shadows lie. One Ring to rule them all, One Ring to find them, One Ring to bring them all and in the darkness bind them in the Land of Mordor where the Shadows lie.




Son regard couleur topaze s’arracha à la contemplation de l’anneau pour se reposer sur la jeune femme, vecteur d’une attention soutenue dont on n’aurait pu douter. Visiblement, la sorcière n’avait pas l’air plus paniquée ou mal en point que cela, et ce même en évoquant les désagréments qu’elle avait éprouvé jusque-là du fait de son relatif manque de chance. Relatif, oui, car Connor avait en mémoire un nombre non négligeable de personnes ayant vécu une expérience semblable, et qui à l’époque auraient donné cher pour pouvoir arborer un aussi beau sourire que la demoiselle en face de lui. Sa carrière comptait peu de situations extrêmes ayant malheureusement eu pour regrettables fruits le décès de mages et magiciennes avant que les autorités compétentes ne parviennent à enrayer le processus, une proportion qui malgré tout demeurait déjà trop élevée à son goût. Bien évidemment, la visiteuse ne pouvait imaginer qu’elle venait d’échapper à un hypothétique drame aux accents gravissimes, ou du moins aurait-elle pu au moins songer que pareille chose ne survenait qu’aux autres, en un tellement positif état d’esprit flirtant avec ce que les esprits les plus pragmatiques nommaient de l’inconscience pure et simple. Ainsi donc, Sainclair avait-il commencé de glisser le long de la pente raide, en direction du mauvais côté de la force ? Tout n’était en fin de compte qu’une question de statistiques auprès de cet esprit résolument mathématique en ce qui concernait bien des aspects techniques et pratiques de sa vie : les problèmes et autres complications d’importance survenaient certes à une fréquence plus faible que leurs contraires, mais se voyaient cependant pourvue d’un poids bien plus important, ce qui mettait en place un équilibre précaire concernant ce qui concrètement aidait une âme terre-à-terre à trancher entre l’idée qu’il restait encore une chance de redresser la barre, et celle qu’il valait mieux se laisser couler, quitte à économiser ses forces au sein d’une situation irrémédiablement compromise.

Un double « merci » devrait donc se voir décerné à la dénommée Joyce, non seulement pour avoir eu la présence d’esprit de ne pas attendre plus longtemps avant d’aller quérir conseil auprès du Ministère, mais également pour, de par sa bonne humeur irradiant presque autour de sa personne –au point qu’on aurait été tenté de la voir concrètement-, apporter un exemple de plus en faveur des situations de « crise » capables d’être réglées sans heurts ni larmes. Si seulement cela pouvait constituer un premier pas vers un état de fait particulièrement souhaitable au sein duquel toute complication parviendrait à être réglée en un tour de main…

-Vous souvenez-vous du nom du village en question ? demanda Sainclair, son esprit tournant déjà à son rendement optimal afin de lier entre eux tous les détails que lui rapportait la demoiselle, afin d’y trouver des points communs, une trame en filigrane qui le guiderait tel un fil d’Ariane vers la clé du mystère –et pourquoi pas déjà donner à ses collègues Oubliators une destination où faire une petite visite de routine, histoire de tâter le terrain dans un premier temps.

Il ajouta cependant dans la foulée, avec le ton à la fois organisé et directif des gens savant ce qu’ils faisaient, et où ils voulaient aller :

-Mademoiselle Stampott, veuillez prendre des notes je vous prie. Et envoyez dès que possible un rapport de situation à qui de droit. Niveau de priorité : jugé modéré, et en cours d’évaluation. Je leur fournirai un premier compte-rendu d’analyse sous peu.

-Ou… Oui, tout de suite, balbutia la secrétaire, avant de fébrilement chercher sur son bureau de quoi écrire, tâche à la fois facilitée par la profusion de parchemins s’y trouvant ainsi que de la plume trempant dans son encrier à portée de main, mais complexifiée par ses mains parfaitement manucurées qui tremblaient un peu.

Lui donner de quoi s’occuper l’esprit constituait le meilleur biais qu’avait trouvé le sorcier dans l’immédiat pour l’apaiser un brin, et surtout tirer profit de sa présence. C’était peut-être affreusement matérialiste, voire même dénué de toute empathie, que de chercher à la rendre utile, mais une paie de bras en plus ne faisait jamais de mal.


Prenant précautionneusement le bijou entre le pouce et l’index, sa peau précairement protégée de tout contact d’avec le métal ensorcelé grâce au tissu de son mouchoir, il leva l’objet de toutes les attentions au niveau de ses yeux, l’observant à la lueur d’un des deux globes lumineux décorant le bureau d’accueil du Département.
La matière ne renvoya qu’un discret éclat, comme l’aurait n’importe quelle bague banale ; à première vue, la relique ne régissait pas aux formes d’énergie autres que celle encore méconnue émanant de tout être humain, simple mortel comme magicien. D’ores et déjà, Connor se sentait irrémédiablement attiré par l’énigme que représentait ce trésor oublié, comme il l’avait été à chaque nouvelle découverte, et presque à l’image d’un marin prisonnier du chant des sirènes. La petite merveille, aussi pernicieuse puisse-t-elle être, promettait de l’accaparer durant de longues heures de recherches, jusqu’à ce qu’elle ne recèle plus aucun secret pour lui. De la même façon qu’une peinture fascinait un esthète au point de lui faire oublier la fuite des heures, ou qu’un livre absorbait Joyce jusqu’à faire du reste de l’Univers une lointaine rumeur à peine perceptible, chaque antiquité le séduisait comme aurait pu le faire une première rencontre d’avec une personne fascinante, brève et platonique romance se terminant sur un sentiment agréable de travail accompli digne d’une rupture à l’amiable une fois l’objet étiqueté, décrit sur toutes ses coutures et remisé dans un musée.

Mais l’alchimie ne parvint pas à lui faire de suite et puissamment tourner la tête, une révélation en apparence anodine de la jeune rouquine ayant rappelé à sa mémoire le souvenir d’un autre amour, bien moins métaphorique. Ainsi, cette demoiselle se trouvait elle aussi capable de changer d’apparence ? Quelle coïncidence… Maître de lui-même jusque dans les plus infimes expressions de son visage, Connor ne parut même pas remarquer la particularité que venait de dévoiler son interlocutrice, là où une personne lambda aurait sûrement haussé les sourcils en signe de surprise modérée, un brin admirative. Officiellement, l’archéomage avait donc l’allure de quelqu’un de concentré ne s’éparpillant pas quand il se trouvait à l’ouvrage… Alors qu’officieusement, ses pensées dérivèrent une microseconde vers un autre métamorphomage de sa connaissance, simplement pour trouver que le monde parfois paraissait étrangement petit.

-Allons dans mon bureau, mademoiselle, lui enjoignit Connor en se remettant en mouvement, sur le point d’effectuer en sens inverse le trajet qu’il venait à peine de terminer sans avoir l’air de juger que promener un objet possiblement maléfique dans les couloirs de la plus importante institution magique fût une mauvaise idée. Nous y serons plus au calme pour discuter. Vous aurez tout le temps de remplir les formalités d’usage avant de repartir. Mais attendez-vous néanmoins à ce qu’on vous demande de rester à la disposition du Ministère si nécessaire… À première vue, compte-tenu de la nature des manifestations paranormales dont vous avez été l’objet, on ne devrait pas trop vous causer de tracas, mais peut-être aurai-je besoin d’approfondir certains points avec votre aide.

Un joli formulaire que miss Stampott prendrait certainement plaisir à remplir sous sa dictée : nom, prénom, adresse, plus une ribambelle d’informations dont l’utilité ne semblait évidente qu’aux yeux des bureaucrates de métier. Plongé dans ses réflexions, revenir sur ses pas eut l’air de durer moins longtemps que la première moitié de cet aller-retour, en un autre bel exemple de ce que pouvait concrètement être la relativité du temps. Pourtant, oh pourtant, comme l’Ecossais au lieu de chercher en son for intérieur ce que lui rappelait la bague aurait mieux fait de céder aux charmes d’une autre idée, bien plus pernicieuse, bien plus malsaine. Un anneau permettant de prédire l’avenir… Quelle plus belle aubaine que celle-ci ? Oh, bien sûr, Sainclair ne l’aurait pas utilisé à des fins répréhensibles, quoi qu’elles eussent été personnelles ; il ne se serait agi que de bien peu de chose en vérité, simplement s’assurer que Siméon sortirait indemne de sa nouvelle mission, et pourquoi pas voir à quoi ressemblerait leur relation dans cinq ou dix ans… Il n’y avait bien nous, vils observateurs impuissants de la scène, qui avions l’occasion de nous payer le luxe de nourrir pareil projet, car si le voyageur avait trouvé quelques secondes à accorder à autre chose qu’à son travail, il aurait certainement repoussé cette éventualité à l’image d’un homme empreint de probité se refusant à ne serait-ce que voler une seule pièce du trésor de Gringotts si on lui en avait laissé les clés. Quant à découvrir quelle serait l’issue du climat politique particulièrement chaotique, option qui, elle, aurait revêtu le prestige des œuvres héroïques… Ma foi, c’était également perdu d’avance, vu que Connor ne se considérait nullement comme un éventuel sauveur du monde magique, rien que ça. De pareilles lubies n’étaient bonnes que pour les enfants ou les grands timides se rêvant un jour métamorphosés du jour au lendemain en élu digne de prouesses dont personne auparavant ne les aurait cru capables ! Et ce serait donc par excès de droiture que Connor passerait à côté d’une opportunité qui ne se représenterait sans doute plus, et dont il risquait peut-être d’un jour s’en mordre les doigts ; ce ne serait pas faute d’avoir essayé de le convaincre…

-Prenez donc un siège, lui intima poliment notre désespérant chevalier blanc une fois arrivés à bon port.

Précautionneusement, l’écrin dans lequel le bijou avait voyagé de l’entrée du Département jusqu’à ce petit sanctuaire du savoir fut déposé sur son bureau et résistant à l’envie de l’examiner de suite –ce qui aurait équivalu à ignorer la jeune femme d’une façon plutôt grossière il était vrai-, l’historien reporta son attention sur la miss à la flamboyante chevelure après s’être assis derrière le meuble de bois où chaque chose se trouvait à sa place, y compris très symboliquement la discrète petite boîte : au centre de tout, et ceinte d’un isolement potentiellement de mauvais augure, quoi que la mettant paradoxalement en valeur.

-Bien… Pourriez-vous reprendre votre récit du début, s’il vous plaît ? Prenez tout votre temps : le but est de n’omettre aucun détail. Dépeignez-moi tout ce dont vous vous rappelez, même ce qui peut vous paraître insignifiant sur le coup. Tout m’intéresse.

De Sherlock Holmes ou d’Indiana Jones, difficile de dire de qui tenait le plus Connor… Peut-être un peu des deux, le mélange de ces deux figures mythiques constituant en fin de compte la meilleure définition d’un archéomage ?








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J.R.R Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, tome 1 : La Communauté de l'Anneau
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Lun 15 Déc - 5:42
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Elle était déjà venue au Ministère auparavant, pour voir son père qui y travaillait dans le département des Mystères. Bien sûr, elle n'y avait jamais mit les pieds même si elle aurait bien aimé, bien évidemment ! Non, elle l'avait attendu par exemple pour aller déjeuner avec lui ou juste lui dire bonjour. Oui, c'était bien stupide de déranger l'un de ses parents pour juste lui dire bonjour mais bon, passons. Ainsi donc, elle connaissait le Ministère de la Magie pour y être déjà allée à plusieurs reprises, pourtant, le Ministère était grand voir même gigantesque et elle ne connaissait pas tout. Et dire que Duncan allait y travailler … à vrai dire, elle n'était pas rassurée face au fait qu'il se lançait dans une carrière d'auror. Être auror était une cause louable, elle admirait ceux qui l'étaient, elle admirait son père d'avoir été pendant de longues années auror. Mais Duncan … hors de question que la rouquine perde son frère ! Un était déjà trop alors pas le second ! Est-ce que c'était égoïste de sa part ? Pas vraiment, elle était surtout très protectrice envers son jumeau et encore plus depuis la mort de leur petit-frère, Zaccary, un an auparavant. Franchement, il aurait tout de même pu se trouver une autre orientation professionnel, nom d'un crabe de feu ! Peut-être n'aurait-elle pas réagit de cette manière face à l'envie de son frère de s'investir activement dans la protection du monde magique si les choses n'avaient pas été ce qu'elles étaient aujourd'hui. Peut-être … à vrai dire, aujourd'hui elle ne voulait pas y penser. Elle ne voulait pas penser à la mort de Zac, à l'envie de Duncan de devenir auror. Non si elle devait penser à quelque chose, ça serait quelque chose de positif, tel que le fait que d'ici quelques jours la famille Weather serait en Bretagne pour la Coupe du Monde de Quidditch. Ça, ça avait de quoi vous mettre le sourire aux lèvres ! Oui, pendant ces vacances elle allait en profiter un maximum et la rouquin avait déjà commencé en allant à ce vide-grenier quelques jours auparavant. Le nom du village ? Facile ! Ayant grandit dans la même maison, elle connaissait par cœur les environs et les villages avoisinants. L'ancienne bleue et bronze adorait le coin où elle vivait, c'était loin de tout, loin de Londres, mais qu'est-ce que c'était agréable ce calme, loin du vacarme des villes et de leurs pollutions. La jeune métamorphomage espérait que plus tard elle trouverait un endroit aussi bien et tranquille que la maison dans laquelle elle vivait actuellement avec sa famille. A vrai dire, ce n'était pas tous les jours facile de vivre avec sa famille. Surtout lorsqu'on en avait tué l'un de ses membres. C'était dur. Dur de cohabiter après ça. Surtout avec sa mère. Elle ne l'a blâmé pas, elle comprenait qu'elle puisse lui en vouloir. Mais était-ce dans sa tête ou est-ce que c'était bien la réalité ? La communication entre les deux sorcières était limitée et mouvementée depuis cette terrible nuit :

 « Oui, il s'appelle Hayle. Il est loin … il ne faut pas se tromper avec Gayle qui est plutôt proche ... »

Elle avait cru intelligent de préciser qu'il y avait un autre village non loin de celui-ci qui portait presque le même nom, juste la première lettre du début qui changeait. Évitons de se tromper non ? Hayle comme Gayle étaient deux villages cent pour cent moldus. Les moldus, c'était un sujet intéressant, même très intéressant ! Joyce était fascinée par eux. Comment pouvaient-ils réussir à vivre sans magie ? Comment faisait-ils en sorte pour faire marcher leurs … engins ? Leurs vies paraissaient si simple, si désuète … ils ne devaient même pas savoir qu'en même temps qu'ils vivaient leurs petites vies bien tranquilles, un puissant mage noir rêvait de les tuer. La suprématie du sorcier. C'était con. Joyce était une sang-pur, le seul membre moldu de la famille était la femme de son oncle Barthelemius. Seule « tâche » dans la lignée de sang-pur de la famille était Tobby ou plutôt Tobias. Leur fils. Mais personne dans la famille Weather considérait que le fait que Barthelemius soit avec une moldue soit une trahison à leur sang. Personne ne pensait que Tobias était un horrible mélange. Sérieux ? C'était quoi cette mentalité à deux balles de se dire que si on copulait avec une ou un moldu on salissait le fait d'être sorcier ? Pour la jeune métamorphomage c'était totalement incompréhensible. Et puis, elle adorait Tobby, elle revoyait un peu en lui son petit-frère quand il était encore qu'un bébé. Car Tobias n'était pas bien âgé. Certes Tobias n'était pas roux comme avait été Zaccary et comme était Joyce ainsi que Duncan – les trois exceptions – mais il n'en restait pas moins particulier aux yeux de la jeune sorcière, qui, dès qu'elle l'avait vu été tombée sous son charme. C'était tellement mignon un bébé … un nourrisson est l'innocence incarnée. Contrairement à l'adulte ou l'adolescent qui peut se montrer tortionnaire à ces deux stades de la vie. En qualité de tortionnaire, les mangemorts se découvraient être sans surprise, les number one dans cette catégorie qu'on ne vante pas.

L'ancienne Serdaigle avait son regard braqué sur ce que faisait l'homme en face d'elle, à vrai dire, elle se disait que cette bague était bien inoffensive malgré les deux particularités qu'elle avait pu noter. Au final, devenir invisible et voir l'avenir ce n'était pas si mal que ça ? Mais le dénommé Connor était un professionnel et il lui dirait si son point de vue était erroné. Quand la rouquine l'avait vu dans ce vide-grenier, elle pensait réellement que c'était une bague tout ce qu'il y a de plus banale avec un certain charme à ses yeux, la métamorphomage était loin de penser que quelques jours après, elle se retrouverait au Ministère pour faire expertiser la bague et peut-être bien devoir s'en séparer … oui, elle envisageait cette dure possibilité de devoir se séparer de l'anneau qui avait sût attirer son regard. En même temps, c'était peut-être mieux ainsi ? Mieux qu'un moldu n'est pas – ou plus – cet objet en sa possession. La jeune fille venait de lui répondre en lui décrivant comment elle l'avait acquit mais aussi les symptômes qu'elle avait pu ressentir au contact de l'anneau. Soulevant le fait qu'elle était métamorphomage et non doté du don du troisième œil. Ce n'était pas pour se vanter qu'elle avait dit ça, à vrai dire, la miss Weather n'était pas du genre à se vanter, loin de là ! C'était juste pour bien faire comprendre à l'archéomage que ce don de voyance provenait de la bague et non d'elle. Oui, parce qu'on aurait pu le croire ! Le suivre dans son bureau ? Bonne idée! Au moins ils seraient au calme et loin de cette secrétaire un peu trop bruyante au goût de Joyce. Un fin sourire apparut sur les lèvres de la belle rouquine alors qu'elle écoutait Connor lui parler, elle enchaîna rapidement après qu'il eu finit. Ne laissant que quelques minuscules secondes passaient entre le moment où il ferma la bouche sur le dernier mot et le moment où elle fit entendre à son tour sa voix dans l'accueil du département, pas trop fort bien sûr sans être trop bas, un ton parfait, un ton maîtrisé, un ton calme et détendu :

 « Je vous suit. Bien sûr, je suis à la totale disponibilité du Ministère et je tenterais de répondre le plus précisément possible à vos questions monsieur. »

Aaaah! Les formulaires ! Qu'est-ce que c'était chiant à remplir … mais il fallait bien y passer. Elle espérait que ça ne lui prendrait pas une éternité tout de même. Pas qu'elle avait quelque chose de prévu dans la journée, loin de là ! Mais franchement, elle n'avait pas envie d'y passer trois milles ans. Espérons qu'il n'en aurait pas beaucoup … la sorcière suivit donc docilement l'archéomage jusqu'à son bureau, son regard couleur émeraude traînant de-ci de-là avant de finir par revenir sur le dos de l'homme lorsqu'il ouvrit la porte de ce qui devait être son bureau. Un petit sourire fleurit sur ses lèvres alors qu'il lui proposait de s'asseoir, ce qu'elle fit sans tarder. Ses yeux revinrent rapidement sur le sorcier qui prenait de nouveau la parole. Raconter de nouveau son récit en omettant aucun détail ? Elle se sentait de le faire et puis les événements étaient encore frais dans sa tête alors elle était sûre de ne rien oublier. Se calant un peu mieux dans son siège, ne croisant pas ses jambes comme la majorité des personnes auraient fait mais en mettant à l'oblique les deux, collées l'une à l'autre, comme on le lui avait apprit, car beaucoup de personnes pensent qu'il est bien de les croiser alors que non, posant ses bras de par et d'autre de son siège la jeune fille à la chevelure couleurs des flammes prit la parole :

 « D'accord. Eh bien c'était il y a trois, non, quatre jours, je suis partie tôt de chez moi car je savais qu'il y avait un vide-grenier à Hayle. Ça ne m'a pas prit trop de temps pour y arriver. Il n'y avait pas grand monde quand je suis arrivée. J'ai décidé de faire un tour pour voir ce qu'il y avait à vendre avant de commencer à acheter. A vrai dire, je n'ai pas tout de suite remarquée la bague, j'étais plus concentrée sur les objets que j'avais repéré dans un premier temps, mais alors que je passais à un autre stand je suis tombée sur la bague qui était entourée d'autres bagues plutôt simple par rapport à celle-ci. Je ne sais pas trop ce qui m'a attiré chez elle mais ça a été un coup de cœur. C'est un vieil homme qui me l'a vendu, il s'appelle Henry Wilson, il est très gentil. Je ne sais pas s'il a de la famille ou pas, j'espère qu'il en a ... » dit-elle en soupirant avant de finir par se reprendre  « Je suis partie après cela du vide-grenier car ce fut mon dernier achat, je me suis tout de même attardée un peu au village pour me poser dans le café avant de repartir. Le premier fait c'est passé durant la journée, j'avais mit la bague et j'étais à mon bureau quand mon chat a voulu se mettre sur le siège et qu'il a semblé étonné de se retrouver en suspension et non sur le siège en lui-même. Il n'a pas tardé à partir sur mon lit. Le second fait, je dirais qu'il s'est passé le lendemain, j'ai enlevé la bague un peu après le premier et quand je l'ai remise ça ne s'est pas passé tout de suite. C'est arrivé comme ça … j'ai eu une vision et comme je vous l'ai dit un peu plus tôt, je ne suis pas dotée de ce don … j'ai vu que mon père allait casser un verre et dans la même journée ça c'est réalisé. En faites, ça alternait entre invisibilité et flash prémonitoire qui ne durait que quelques secondes maximum deux trois minutes je dirais. J'ai donc décidé d'enlever la bague pour voir ce qui se passait et pendant toute la journée où je ne l'ai pas porté rien ne s'est passé, mais le lendemain, quand je l'ai remise, j'ai eu de nouveau une vision et j'ai vu qu'il y allait avoir un orage. Il ne faisait pas si lourd que ça … et le soir même il y a eu cet orage qui a débarquait. En faites, ça c'est passé hier. Et j'ai donc décidé de venir au Ministère ... » elle marqua une pause avant de reprendre  « Eumh … est-ce que je peux vous demander de l'eau s'il vous plait ? »

Ce n'était pas que, mais parler autant asséché la bouche et la gorge et elle avait besoin d'eau pour se désaltérer et ne plus ressentir ce sentiment d'avoir une sorte de désert dans sa bouche. Elle avait prononcé cette question un peu timidement, ne sachant pas vraiment si c'était bien ou non de demander cela alors qu'elle était en pleinement entretien ou quelque chose de ce genre pour parler de cette bague qu'elle avait trouvé dans ce village et qui était doté à n'en pas douter de pouvoirs. Elle espérait ne pas avoir à faire à de la magie noire ! On pourrait croire qu'elle était une partisane de Voldemort alors que pas du tout ! Bon, elle se montait la tête pour rien, elle avait été honnête et elle été tout à fait d'accord et prête à ce qu'on lui donne du Veritaserum s'il le fallait pour vérifier ses dires.



HS - S'il y a des incohérences par rapport au récit de Joyce n'hésites pas à me le faire savoir, je suis trop claquée pour voir s'il y en a ou pas ^^'
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Connor Sainclair
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Mar 23 Déc - 14:40


Keep your eyes open
Ce qu'il y a de beau dans un mystère, c'est le secret qu'il contient et non la vérité qu'il cache.




Hayle. Le nom ne lui évoquait rien de particulier, ce qui au fond n’avait rien de très étonnant : l’Angleterre au même titre que les cent quatre-vingt-six autres pays du globe comptait bon nombre de petites bourgades peinant souvent à gagner le nom de ville à part entière, restant à jamais aux yeux du monde l’égal de petits villages oubliés au cour d’une campagne bucolique. Le seul intérêt que revêtait dans leur cas le fait que pareil incident se soit produit en une localité parfaitement inconnue était que cet anonymat justement impliquait une ville de petite taille, à l’abri de la curiosité vorace du monde moderne, au sein duquel les nouvelles circulaient ite, plus vite que ce à quoi les sorciers étaient habitués. Au moins, si des Moldus devaient subir le sort d’Oubliettes, ils ne seraient pas nombreux, et surtout localisés au même endroit ; une dimension du problème qui au final ne concernait que fort peu l’archéomage. Pour cette partie, ce serait aux Oubliators de jouer, et de tirer profit de cette étrange habitude qu’avaient les sujets de Sa Majesté d’installer des caméras de surveillance à tous les coins de rue ; une difficulté pour les mages comme Connor qui avaient pour contrainte de passer d’un « monde » à l’autre assez régulièrement, quoi qu’un formidable avantage pour retrouver des Moldus à gentiment remettre sur le droit chemin, voire même des hors-la-loi voulant échapper aux aurors et se faisant prendre au piège d’une technologie qu’ils ne maîtrisaient pas. Le brave brocanteur à qui miss Weather avait eu affaire serait bien gentiment identifié sur les images du vide-grenier, avant d’être filé numériquement sur les bandes datant de cette fameuse journée jusqu’à chez lui… Et dans quelques heures, un ou deux jours tout au plus, il recevrait une charmante visite impromptue de personnes véritablement charmantes, qui sous leurs manières exquises évalueraient à quel point sa mémoire ainsi que celle de ses proches devrait être effacée. Une technique cruelle certes pour préserver leur secret, il est vrai, dont l’abolition grâce à une dénonciation planétaire de l’existence des sorciers aurait pu d’ailleurs constituer un argument plutôt défendable pour Hellson et ses Anarchistes, sans pour autant tout à fait convaincre Connor : la fin justifiait rarement les moyens… Sauf dans un cas comme celui-là.

Cependant, le parti le plus extrémiste du monde magique se trouvait loin, bien loin de cette pièce aux allures de modeste cabinet médical où les ouvrages relatant les divers maux capables d’affecter le corps humains auraient été remplacés par les reliés les plus indispensables en matière d’Histoire de la Magie, de reliques et autres objets anciens relevant du mythe ou de la découverte archéomagique. Sainclair n’avait jamais escompté se constituer un petit pied-à-terre professionnel au Département des accidents et catastrophes magiques, pour la simple et bonne raison que le théâtre des opérations à son échelle se trouvait partout et nulle part, sur les cinq continents et entre deux mensonges, et pour tout dire, passer au Ministère constituait plus une forme d’astreinte qu’autre chose, puisque comme le savait déjà Joyce et toutes celles et ceux ayant jamais eu de leur vie à traiter avec l’administration, on ne pouvait échapper au fichage de ses moindres faits et gestes sur des parchemins pré-remplis, a fortiori lorsqu’au cours de sa carrière, on se trouvait amené à avoir entre les mains de quoi causer de graves troubles. Néanmoins, force était de reconnaître que lorsque quelqu’un avait besoin de ses services, que ce fût en urgence ou non, l’immense complexe chapeauté par le Ministre de la Magie faisait office de phare dans la nuit noire, rassurante entité attirant à elle les quidams en mal de réponses. Tout ce qu’avait espéré Connor à une époque, ç’avait été que personne ne songe à créer une sorte de permanence où toute la sainte journée, un archéomage doive se tenir à la disposition du public pour toute requête, un poste qui aurait rendu immensément palpitant le pourtant ennuyeux à mourir métier de bibliothécaire ou de gardien de musée de campagne. Le genre de métier où les heures s’étiraient en longueur jusqu’à l’infini, alors qu’enivré d’ennui, vous rêviez à votre quotidien dont la banalité, en comparaison, parvenait malgré tout à vous apporter l’entrain nécessaire pour continuer à respirer… Oh, à la sortie de l’université, l’Ecossais aurait préféré abandonner toute sa fortune plutôt que de se retrouver en une telle situation, bien trop semblable à une prison aux barreaux invisibles pour être supportable, et jusqu’à l’année dernière, accepter une telle mise au placard l’aurait fait sourire, tant cela lui aurait paru impensable. Et puis il y avait eu la Nuit Rouge, et bien des choses avaient changé. À présent, qui pourrait dire ce que choisirait l’archéomage…

Lorsque Joyce débuta son récit, ses premiers mots furent ponctués par un léger coup de baguette que le mage appliqua à une plume d’un gros anthracite ne payant pas de mine de prime abord, mais qui à peine effleurée par le bois ensorcelé prit vie, à l’image de ces objets qui dont les contes de fée venaient prêter main forte au personnage principal en assurant de leur propre chef leurs tâches, grâce à une conscience propre permettant audit héros de s’occuper à autre chose. Il ne s’agissait ni plus ni moins que d’une variante d’une plume à papote, autrement plus objective que son homologue fort prisée par une certaine Rita Skeeter, reportrice infatigable pour la Gazette du Sorcier, une sorte de sténographe duveteuse évitant ainsi au Ministère de payer le salaire d’une secrétaire à l’emploi du temps passablement biscornu, et attachée au service de Connor. Celui-ci néanmoins saisit prestement un porte-mine ainsi que d’un coin de page arraché sans état d’âme à un petit bloc-notes traînant là, et qui avait de fortes chances d’avoir lui aussi vu du pays : en effet, un élément aussi important que le nom du Moldu ayant naguère possédé la bague accélèrerait puissamment les recherches des Oubliators ; il était un peu dommage que la jeune femme n’ait pas jugé bon de les en informer à l’accueil… Mais bon, il avait l’habitude et ne se formalisa pas de cette omission malheureuse, qu’il allait réparer séance tenante. Les témoignages recueillis étaient rarement exhaustifs, ce qui relevait de la notoriété publique, tout autant que les oublis qui malheureusement, même en les priant de raconter tout ce qui leur passait par la tête en repensant au fameux souvenir en question, survenaient malgré tout. Peut-être était-ce tout simplement l’esprit humain qui parfois ne parvenait à réaliser que telle ou telle information ne tombait pas sous le sens, ou bien était-ce tout simplement pour donner raison à tous les romans et films policiers jamais produits dans l’histoire de l’art, où les témoins oculaires se trouvaient réputés pour leur mémoire hautement sélective. C’était par la suite à l’enquêteur de jouer, un rôle qui au final se rapprochait assez du travail que menait en amont un archéomage, avant que la facette du chasseur de trésors doublé de l’espion en infiltration et du cambrioleur de haut vol ne doive entrer en scène. Ce qu’était en train de rédiger la plume ne constituerait au final que les minutes de cet entretien, un résumé complet des propos de la demoiselle dont la lecture éventuelle qui se ferait la suite n’aurait pour but que de vérifier un ou deux points précis parmi les éléments-clés que Connor enregistrait mentalement. Il allait bien sûr sans dire qu’un tri non négligeable était à faire dans ce que lui apprenait son interlocutrice, un moindre mal comparé aux heures de recherche ou aux accidents qui pouvaient survenir s’il n’avait pas toutes les cartes en main dès le départ.

-Continuez, je vous écoute, l’enjoignit Sainclair tout en se levant prestement, avant d’aller glisser dans le système de transfert de messages ce qu’il venait de griffonner à la va-vite, un mémo immensément bref et à peine signé de ses initiales :

Nom du brocanteur moldu à Hayle : Henry Wilson
– CS.


Ne restait plus qu’à espérer que sa diligente collaboratrice ne se soit pas déjà élancée vers le département des aurors… Auquel cas, cette dernière serait contrainte de refaire l’aller-retour, un petit exercice physique qui au moins l’aiderait à extérioriser pour de bon tout le stress que l’anneau avait suscité en elle. Une nouvelle fois, ce pan de l’affaire ne le concernait plus, et ce serait à d’autres gérer au mieux les renseignements nouvellement dénichés.

Cependant, son siège fut délaissé sans compassion aucune, Connor ne réintégrant pas sa place initiale derrière son bureau, visiblement moitié perdu dans ses réflexions et moitié abîmé dans la liste mentale aux articulations obscures résumant les propos de Joyce. Il se dirigea au contraire vers les étagères ne payant pas de mine dont nous parlons tantôt, début de pâle tentative d’imitation de ce que pouvait être l’impressionnante collection du manoir MacFly que Siméon et lui-même s’employaient à compléter de temps à autres, dans la lignée de tous les anciens propriétaires de la noble demeure depuis des générations et des générations. Il était quasi certain que le soir-même, le sorcier en parcourrait une bonne part, connaissant si bien les titres ainsi que le contenu des ouvrages religieusement conservés là qu’un gain de temps serait assurément dégagé par un choix aussi assuré que preste parmi les centaines de reliés en leur possession, autant de gagné pour les approfondissements majeurs qu’il escomptait entreprendre une fois en présence de la ressource bibliographique adéquate. Pour le moment, il s’agirait surtout de débroussailler un peu le terrain, et d’avec un peu de chance ne pas taper trop loin du mille, tout en tombant éventuellement sur des indices qui, soumis à sa vis-à-vis, éveilleraient d’autres réminiscences de cette fameuse journée ainsi que des perturbations en ayant découlé.

De l’index, en un geste qu’il avait déjà répété des milliards de fois au bas mot, Connor tira à lui un premier opuscule, puis un second qui rejoignit son comparse en équilibre dans le creux de son coude, sans que ce dernier ne semblât plus que cela réfléchir à ce qu’il était en train de faire : contrairement aux idées reçues, les hommes savaient exécuter plusieurs tâches en même temps, lorsqu’ils s’en donnaient aussi bien la peine que les moyens. Joyce pouvait être assurée de son attention, ce qui visiblement n’avait été l’objet d’aucun doute de sa part puisque ni son ton ni son débit ne s’altérèrent au cours de son discours-fleuve. Ce fut d’ailleurs de dos que la timide question de l’étudiante en Quidditch lui fit décrocher sa première phrase depuis de longues minutes déjà, lui qui en professionnel n’avait pas interrompu son histoire, sans pour autant ne pas être prêt à lui livrer ses premières conclusions si d’aventure la rouquine désirait les entendre :

-Hmm bien sûr, répondit-il sans se détourner de l’examen de ses précieux acolytes de papier. Vous trouverez les toilettes au fond du couloir.

C’en était presque à croire le Ministère se souciait comme de son premier édit des archéomages ainsi que de leur travail aux vues du budget quasiment misérable ne permettant même pas à Sainclair d’offrir un verre d’eau en bonne et due forme à sa visiteuse. Ça n’était qu’une apparence, bien sûr, car il fallait bien des fonds –et en quantité non négligeable- pour permettre à des mages solidement formés de se fondre dans le monde Moldu aux quatre coins du monde, entre fausses identités, vêtements, véhicules, objets du quotidien, domiciles temporaires et surtout appui technique à distance afin que les simples humains, armés de leurs technologies de moins en faillibles comme nous le soulignions tantôt ainsi que d’une méfiance toujours plus exacerbée ne mettent pas leur nez dans leurs affaires. Une réalité à laquelle pour le coup l’hospitalité que l’Ecossais se trouvait concrètement en mesure d’offrir à la jeune femme ne rendait pas justice.

-Veuillez excuser cet accueil spartiate, lui glissa Connor avec une ombre de sourire quinaud, cette fois en se retournant vers elle, ses fouilles documentaires apparemment achevées pour le moment. Je ne suis pas souvent au siège du Département, et je n’ai jamais vraiment pris la peine d’aménager cette pièce comme un véritable bureau.

Un aveu plus ou moins inconscient réaffirmant que la place d’un archéomage était loin de se trouver entre quatre murs, caractéristique naguère chérie par le quarantenaire, et à présent devenue épée de Damoclès attendant patiemment de voir quel parti ce dernier choisirait, entre amour pour son métier et amour tout court pour son compagnon. Mais le problème actuel demeurait l’énigmatique bijou posé entre eux sur le bois de la table, ne prenons pas le risque de nous disperser vers des dilemmes étant, eux, pour l’heure impossible à résoudre…








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Citation : Éric-Emmanuel Schmitt
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Sam 27 Déc - 5:53
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Hayle, c'était un petit patelin comme un autre, pommé en plein milieu du Royaume-Uni avec d'autres petits villages avoisinants. Même s'il n'avait pas autant de choses à faire pour animer une journée ou une après-midi qu'en ville – voir même rien du tout à certaines longues périodes de l'année – ça revêtait tout de même un certain charme qui lui était propre et que Joyce appréciait. Ces sept dernières années, la belle métamorphomage n'avait pas eu à passer toute l'année dans la maison où elle avait grandit et donc, ne pas à « subir » ces moments de trop grand calme dans les environs avoisinants. Mais là, elle allait passer le temps chez elle en compagnie de son frère jumeau mais aussi de ses parents, enfin, elle y dormirait surtout car la Weather avait bien prévu de ne pas rester là à rien faire et attendre que tout lui tombe dans le bec. Non non ! Ça n'arriverait pas comme ça ! L'ancienne Serdaigle avait décidé de continuer ses études, elle appréciait étudier et elle appréciait le Quidditch ce qui faisait qu'elle avait prévu – et espérait – pouvoir participer à la formation de Quidditch de haut niveau. Étudier, réviser dans un lieu calme ne pourrait que lui faire du bien. Et puis, Hayle lui avait rapporté une belle découverte, cette bague ! Certes, elle en était rendue à aller au Ministère, mais pourtant, même si elle avait une certaine tristesse de devoir s'en séparer – elle ne se faisait pas d'illusion sur ce point – elle était plutôt contente de l'avoir déniché. La jeune fille s'était donc lancée dans son récit après l'invitation de son vis-à-vis à lui reparler plus clairement des événements qui l'avaient amenés à dégoter cette bague. Sous les yeux de Joyce, elle vit une sorte de réplique de plume à papote se mettre en activité après que l'archéomage eut usé de sa baguette magique, mais cela ne perturba pas le moins du monde la demoiselle qui continue pour autant de dire comment elle avait pu obtenir la bague. Et l'ancienne bleue et bronze ne fut pas non plus perturbée quand Connor l'enjoignit de continuer son récit alors qu'il se levait et qu'après avoir envoyé un bout de papier qui tenta d'elle de deviner devait avoir à présent le prénom et le nom du moldu qui lui avait vendu l'objet, ne rejoignit par son siège et alla vers des étagères où étaient posés des livres. Ooh ! Les livres qu'est-ce qu'elle aimait ça ! C'était tellement enrichissant, même les simples histoires tiraient de l'imagination de l'auteur captivée Joyce, tout comme les livres de la bibliothèque de Poudlard où on pouvait trouver des renseignement pour un devoir comme sur le monde magique, la création de Poudlard. Et puis, elle y plongeait tellement facilement qu'elle ne voyait pas le temps passer quand ses yeux se baladaient de lignes en lignes, avalant les mots. Dès qu'elle avait apprit à lire Joyce avait toujours eu un livre auprès d'elle, de quoi s'occuper à n'importe quel moment et aussi un bon moyen d'éviter des conflits qui pouvaient l'entourer mais qui ne l'affectait pas, ainsi, on ne pouvait pas l'accuser d'y avoir fait part car elle se plongeait automatiquement dans la lecture de son bouquin du moment. Au bout de quelques minutes, la belle rousse prononça un dernier mot qui signifier qu'elle avait fini. Mais parler autant asséchait la bouche et forcément avec cette asséchement la soif était arrivée au grand galop. Ainsi donc, la jumelle de Duncan avait demandé si elle pouvait avoir de l'eau, ne prononçant pas pour autant la raison qui était tout ce qu'il y a de plus évidente. Elle ne se voyait pas continuer à parler ou répondre à des questions, qui au final revenait à la même chose, avec sa gorge qui ressemblait approximativement au Sahara. La réponse que lui donna l'archéomage la satisfit amplement car elle se leva de son siège :

 « Je reviens. » signala-t-elle

C'était une phrase inutile mais qui était tout de même bon de prononcer pour informer à l'autre personne qui était dans la pièce ce qu'elle allait faire et parce que c'était tout de même la moindre des choses de répondre. La miss Weather sortit donc du bureau et d'un pas rapide se dirigea vers les dites toilettes. Elle aurait bien tenter de faire apparaître un verre mais elle préféra opter pour une manière plus simple de s'abreuver en joignant le bord de ses mains l'une contre l'autre, y recueillant aux creux de ses paumes l'eau tant convoitée. Plusieurs aller-retour entre le ruisseau d'eau qui sortait du robinet à sa bouche, elle finit par le fermer, s'essuya rapidement les lèvres et repartit en direction du bureau, totalement désaltéré. Elle espérait tout de même ne pas avoir à y revenir pendant l'entretien qu'elle avait avec cet homme, ça serait à ses yeux tout à fait malpoli. Mais bon, elle verrait en temps et en heure si ça devait de nouveau se reproduire. C'était tout de même bien dommage qu'il ne puisse pas lui offrir un verre d'eau mais bon, elle ne lui en voulait pas, si elle avait un bureau elle n'envisagerait peut-être pas non plus d'installer de quoi désaltérer quelques visiteurs qui pourraient venir la voir. Mais plutôt avantager le lieu par des bibliothèques, peut-être si elle en avait la possibilité une baie vitrée, la sang pur appréciait la luminosité quand elle pouvait en avoir. C'était toujours mieux que d'être plongé dans une semi-obscurité qui parfois pouvait devenir oppressante. Mais en devenant attrapeuse professionnelle, elle n'aurait nullement l'utilité d'une telle pièce. Elle ne se voyait pas avoir un autre boulot que celui de joueuse professionnelle. Elle avait au moins le soutien de son frère jumeau qui, elle soupçonnait grandement de ne pas avoir un avis très objectif, était persuadé qu'elle ferait une grande joueuse. Mais elle avait aussi bien entendu le soutien des quelques amis qu'elle avait pu garder durant cette dernière à Poudlard, son père la soutenait. Mais est-ce que sa mère l'a soutenait ? A vrai dire, Joyce n'en savait trop rien. La relation entre l'une et l'autre avait nettement changé depuis la Nuit Rouge et leurs conversations n'étaient plus comme auparavant et encore, il fallait déjà qu'il y ait une conversation ! Joyce se sentait toujours très mal à l'aise en sa présence, son sentiment de culpabilité revenant avec une certaine puissance. Mais revenons au moment présent ! L'ancienne Serdaigle avait fini par revenir dans le bureau, son absence n'ayant duré qu'une minute ou deux, elle s'était assise de nouveau sur son siège et son regard couleur émeraude s'était braqué sur le sorcier qui ne tarda pas à se retourner et lui parler. Oh ! Il s'excusait de ne pas avoir sût lui offrir de quoi boire ! C'était un geste louable de sa part qui fit fleurir un doux sourire sur les lèvres de la rouquine :

 « Oh ! Ne vous inquiétez pas, je ne vous en veux pas le moins du monde. J'ai pu me désaltérer c'est le point le plus important, la manière n'est pas très importante. Sinon, vous avez trouvé quelque chose ? Avez-vous d'autres questions à me poser monsieur ? » dit-elle lorsqu'il eu finit de lui parler

Son sourire était toujours à ses lèvres, c'était vrai que la manière qui lui avait permit de boire n'était pas si importante, tant qu'elle avait pu atteindre son but de juste boire c'était l’essentiel. La métamorphomage était tout à fait disposer à répondre à d'autres questions que Connor pourrait lui poser, elle était tout de même là pour ça, ainsi que pour savoir ce qu'était cette mystérieuse bague et son avenir prochain. Elle espérait tout de même qu'ils allaient ou plutôt qu'il allait finir par trouver d'où provenait à la base celle-ci. Mais nous sommes qu'au début de ce qu'on peut appeler un entretien et ce n'était pas comme si elle était là depuis des heures et qu'elle finissait par avoir juste une seule et unique envie, sortir de cet endroit. Non, elle avait du temps et de la patience et puis, elle avait surtout de la curiosité qu'elle voulait pouvoir assouvir avant de partir du Ministère. Enfin, si aujourd'hui le mystère de la bague finissait par être percé.
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Connor Sainclair
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Jeu 29 Jan - 11:23


L'archéologie est la recherche des faits, pas de la vérité.
Nous ne déchiffrons pas de cartes pour exhumer un trésor, et un X n'a jamais, jamais marqué son emplacement.




Comme il était à la fois étrange et agréable de travailler avec quelqu’un auprès de soi. Mine de rien, il s’agissait d’une première pour Connor, qui jusqu’alors n’avait eu pour seuls compagnons une fois abîmé dans l’étude des vieux fantômes de leur passé commun que le silence et l’écho de ses propres pensées. Certains de ses collègues, une part croissante même pour être honnête compte-tenu de l’arrivée de jeunes diplômés dans la branche, choisissaient de former des équipes de deux voire trois afin d’arpenter le vaste monde, avec la bénédiction du Ministère qui y voyait un bon moyen d’assurer à ces sorciers lancés sur les route une sécurité relative quoi que déjà supérieure à celle des missions en solo. Il ne faisait pas toujours bon circuler dans certaines régions reculées où, privés d’une magie qu’ils n’avaient pas le droit d’utiliser devant des Moldus, les sorciers se retrouvaient comme n’importe quel quidam livrés à eux-mêmes ainsi qu’aux multiples dangers de mort planant sur le commun des mortels… Pour sa part, Sainclair se contentait de quelques murmures échangés avec ses grimoires ou les précieuses raretés venant à être examinées par ses soins, ce qui avait d’ailleurs fait de ses quelques rencontres fortuites avec d’autres mages d’excellentes surprises, celle d’avec Alexander Black en tête. L’archéomage ne comprenait que trop bien ce qui pouvait pousser une poignée de ses pairs à préférer avoir un peu de compagnie : à l’aspect pratique des choses, à savoir ne pas avoir à être sur le qui-vive constamment, s’ajoutait le plaisir simple de demeurer auprès de personnes connaissant votre plus grand secret, à savoir votre nature de magicien. Et que dire du goût pour les voyages, l’inconnu, le grisant parfum de l’aventure qui, au moins au début de votre carrière, vous donnait l’impression d’être un Indiana Jones en herbe… Cet appel d’une vie sans attaches, entre coupée de vols au long cours et de destinations exotiques, l’Ecossais s’en souvenait encore, comme on garderait en mémoire le goût typique d’un met de son enfance. Pourtant, quand il avait choisi cette voie si particulière à la sortie de l’Université, un autre élan s’était joint à celui-ci, plus impérieux encore, et qui demeurait étranger à ses confrères avides d’une présence à leurs côtés : l’aspiration à la solitude. À une certaine période de sa vie, il avait trouvé en ce métier une porte de sortie, digne de le couper d’un passé douloureux doublé d’un présent morose, et s’y était dédié à corps perdu, faisant d’un éloignement physique le remède contre tout ce qui le hantait. À l’image d’un médecin qui pratiquerait l’ablation d’un membre gangréné afin de sauver le reste du corps de son patient, quitter l’Angleterre en laissant tout ou presque derrière lui était apparu comme la seule option possible pour réapprendre à respirer, et aujourd’hui encore, il aurait été malaisé pour le voyageur de dire s’il avait fait le bon choix. Être archéomage constituait tout ce qu’il saurait jamais faire de sa vie, ça au moins serait considéré comme certain. L’adversité par la suite lui avait enseigné qu’on ne pouvait fuir certaines choses, qui toujours demeuraient capables de vous rattraper, même à l’autre bout du globe : les souvenirs, l’amour… La destinée, en quelque sorte.

L’assistance offerte de bon cœur par miss Weather se révélait rafraîchissante à vrai dire, et peut-être la naissance d’une possibilité, celle de peut-être, un de ces jours, songer à une collaboration avec un autre archéomage, ne serait-ce qu’un étudiant en Histoire de la Magie qui aurait voulu voir un peu à quoi ressemblait une des principales applications de sa discipline. Oh, comme il paraissait loin, le temps où mettre le plus de distance possible entre lui et le reste de l’Humanité l’apaisait tel un puissant narcoleptique…
Un léger sourire répondit à la politesse de la demoiselle, qui s’estompa à peine alors que Connor abaissait de nouveau les yeux vers ses livres. On ne pouvait dire, c’était vraiment plus agréable lorsque ses visiteurs ne traînaient pas les pieds à l’idée de rester pour quelques instants encore entre ces quatre murs, à le regarder tenter de faire parler ce qui à leur yeux relevait de la vieillerie inintéressante, ou pire encore, du bien monnayable dont la somme en gallions qu’on leur en donnerait constituait la seule valeur. Certes, Joyce finirait sans doute par se lasser du peu de rocambolesque que revêtaient invariablement toutes les premières séances d’analyse ; à moins que ce ne fût que par pure politesse que la jeune femme ait demandé à entendre ses premières conclusions. Dans un sens, mieux valait laisser libre cours à l’illusion, quitte à ce qu’elle soit en réalité parfaitement vraie, et profiter d’avoir une interlocutrice ne chair et en os à portée de main ; au moins, tant que cela durerait, inspecter la bague n’en serait que plus attrayant.

-Plus ou moins, répondit l’archéomage en ménageant un petit suspense, ponctué par le bruit sourd de la pile de livres qu’il posa sur son bureau. Ce sont des prémisses de pistes plus qu’autre chose.

S’il y avait bien une chose apprise de MacFly père qui lui servait quotidiennement, c’était son intuition. Plus que son sens de l’observation ou ses facultés de déduction, ce qui par moments devenait aussi tangible qu’une petite voix au fond de sa conscience mettait d’ores et déjà en lumière pour lui une quantité non négligeable de détails utiles, reliés les uns aux autres par un schéma qu’avait tracé cette même entité, bien avant que sa raison elle-même, lente et procédurière, ne valide le tout après avoir pesé le pour et le contre de façon pragmatique. À partir de petits riens, des directions se dessinaient, renvoyant dans l’ombre leurs comparses jugées non pertinentes pour ne conserver qu’une arborescence de possibles à explorer. Sa petite drogue inavouée n’était ni plus ni moins que cela, la grisante sensation de se trouver à la croisée des chemins, et de détenir en son for intérieur de quoi éclairer le chemin jusqu’à la clé de l’énigme. Une pointe d’orgueil se cachait certainement là-dedans, comme dans toute entreprise humaine, pour mieux se mêler à la soif de connaissances nouvelles qui, au fond, attirait bien plus les aventuriers véritables que toute idée de trésor ou de pouvoir mystique…

D’un tiroir encastré dans la table, il tira un cercle de métal enserrant un morceau de verre d’une épaisseur n’excédant pas le celle d’un livre pour enfant, et tel un prestidigitateur en ajusta le diamètre comme on aurait réglé le diaphragme d’un appareil photo, la surface translucide s’agrandissant souplement comme si elle n’avait jamais été plus solide qu’une bulle de savon. La loupe magique était un des premiers instruments que tout archéomage n’ayant rien contre l’idée de se faciliter la vie, et Connor gardait toujours au fond de son sac un petit modèle portatif, pas plus gros qu’une loupe moldue classique, à la fois comme un gri-gri et comme un outil au moins aussi utile qu’un couteau-suisse.

Tout en dépliant du bout des doigts l’appareil, il commença son bref exposé :

-Concernant les pouvoirs détenus par la bague, ils semblent pour le moins limités, vraisemblablement parce que vous n’avez pas consciemment désiré les utiliser. La possibilité qu’il ne s’agisse que d’un objet ensorcelé mineur reste envisageable, mais je n’y crois pas trop : l’anneau est trop travaillé, ne serait-ce qu’au niveau des inscriptions qu’il porte. Et à vue de nez, il est en or pur : pour un « simple » bijou servant de simili-cape d’invisibilité et ne permettant de voir le futur qu’à quelques heures d’intervalle, se donner tant de mal à ouvrager le métal de la sorte serait bien étrange.

Néanmoins, personne au Ministère ne serait autorisé à pousser l’expérience jusqu’à volontairement activer la magie contenue dans la bague, qui se verrait d’ailleurs scrupuleusement garder sous clé : l’être humain, qu’il soit simple coursier ou même Ministre de la Magie, ne serait jamais tout à fait capable de supporter la vision de l’avenir. La tentation d’utiliser ces visions, qu’elle soit réelle ou supposée, créerait bien plus de problèmes qu’elle n’en résoudrait, ne serait-ce que sur le point éthique ; les détracteurs du Ministre n’auraient pas hésité à l’accuser de vouloir truquer les prochaines nominations à son poste de prestige, pour conserver son siège le plus longtemps possible… Et encore, il ne s’agissait-là que d’un exemple parmi tant d’autres de la mesquinerie que pouvait déployer tout à chacun lorsqu’un formidable privilège se trouvait offert à autrui de façon purement arbitraire.

-Ce ne sont pas les capacités qu’il confère qui nous mettront sur la voie, posa Sainclair, son discours flirtant entre les explications proposées à une néophyte et la réflexion à haute voix. Pas plus que l’endroit où vous l’avez trouvé. Cette relique est loin, bien loin de chez elle.

Relique qui, délicatement tirée de sa boîte, fut lâchée au-dessus du disque parfaitement dessiné de la loupe ; une brève chute s’en suivit, d’à peine quelques centimètres, imperceptiblement freinée par une force invisible qui la stoppa mollement avant qu’elle n’entre en contact avec le verre. Un cône de lumière, fort semblable à ce à quoi pouvait ressembler les rayons du soleil jouant avec de la poussière en suspension, se forma alors, né des bordes métalliques de l’instrument, et au cœur duquel naquit bientôt une image grossie de leur trésor, dans l’esprit de ce que la science-fiction désirait depuis toujours voir se concrétiser grâce à quelque technologie futuriste. La projection, en trois dimensions, permettait de prendre conscience de la complexité de l’entrelacs d’inscriptions que le sens du toucher n’aurait pu déceler, et celui de la vue difficilement apercevoir. Oui, il n’y avait pas à dire, Connor avait des jouets sympathiques. Et rien qu’à voir l’ombre de sourire épanoui qui flottait sur le visage de l’archéomage, on ne sentait que trop à quel point le jeu le passionnait déjà.

-La langue des gravures ressemble à une forme ancienne d’Hébreu. Le pentacle à six branches qu’on peut apercevoir ici –du bout de l’index, l’Ecossais indiqua une zone sur la face intérieur de la bague- abonde en ce sens : ce que nous appelons l’étoile de David était considéré à une époque comme un symbole de magie protectrice, avant de devenir l’emblème de la religion juive. Il s’agit d’une des quelques légendes moldues dont les racines sont effectivement en lien avec le monde sorcier.

Etrange époque que celle où mages et simples humains s’étaient côtoyés, les seconds s’émerveillant des prouesses des premiers au point de forger des figures de Messie, de Dieux et autres Merlin l’Enchanteur… Et puis quelqu’un avait décidé qu’il valait mieux scinder leur univers en deux, séparant les deux « races » par un mur invisible dont la Plateforme 9¾ constituait un des points de contact les plus connus. Malgré tout, les récits oraux avaient perduré, et aujourd’hui encore, certains moldus se plaisaient à rêver de dragons et de licornes, ignorant totalement que ces créatures mythiques existaient bel et bien, tout près d’eux. Un fragile équilibre que remettait en cause l’Anarchie, sans forcément imaginer toutes les conséquences qu’un tel bouleversement provoquerait.

-Décrypter ce message constitue le moyen le plus efficace de découvrir ce à quoi nous avons affaire. Nous pourrons alors précisément dater votre bien, définir sa provenance, et remonter jusqu’à la source de son histoire.

Quel plus beau projet que celui-ci, quelle plus noble et trépidante entreprise ? Les élèves des quatre coins du monde qui, dans leur école de magie, mourraient d’ennui au point de se demander pourquoi leurs professeurs leur infligeaient la torture de l’Histoire de la Magie auraient sans nul doute révisé leur jugement devant pareil spectacle. Sainclair lui ne semblait jamais avoir douté de la beauté de cet art méconnu, lui qui contemplait l’hologramme comme il aurait posé les yeux sur la plus belles des madones, avec la même conviction proche de la foi qu’avait dû ressentir Lancelot en quête du Graal.

Ses yeux couleur d’opale se reposèrent finalement sur Joyce, leur expression avenante l’enjoignant à s’approcher si elle d’aventure elle désirait examiner de plus près la projection.

-Vous vous intéressez à l’Histoire de la Magie, mademoiselle Weather ? lui demanda-t-il en lisant quelque peu entre les lignes. C’est plutôt rare, chez les jeunes gens de nos jours.

De quoi se sentir immensément vieux, en y réfléchissant un peu… Et plutôt ravi de croiser une exception à la règle de temps à autres.








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Citation : Indiana Jones et la Dernière Croisade
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Mer 18 Fév - 4:54
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Archéomage. C'était un métier qui l'avait tenté pendant un temps, appréciant l'Histoire de la Magie plus que certaines autres matières, elle s'était dit que lorsqu'elle aurait fini ses études à Poudlard elle aurait pu enchaîner sur des études ou une formation pour devenir archéomage. Mais sa passion pour le Quidditch avait prit le dessus et la voilà donc à vouloir devenir joueuse professionnelle en tant qu'attrapeuse, avec cet espoir que tous devaient nourrir dans le Quidditch, d'un jour pouvoir remporter la Coupe du Monde de Quidditch. Ça ne serait pas pour ce coup-ci ! Mais sait-on jamais, peut-être qu'à la prochaine Coupe du Monde, elle ferait partie des équipes en liste et volerait à la poursuite du vif d'or dans un stade spécialement érigé pour la célèbre Coupe tant convoitée. Oooh que ça serait bien ! Elle espérait que durant sa formation l'un des recruteurs d'une équipe la remarquerait et lui proposerait d'intégrer l'équipe. Mais elle n'accepterait pas n'importe lesquelles ! Elle avait des équipes en tête, les célèbres Pies de Montrose, mais il fallait savoir être réaliste et la belle rousse savait pertinemment qu'il lui faudrait du temps pour peut-être un jour intégrer cette superbe équipe qui avait sût intégrer l'histoire grâce aux victoires qu'elles avaient remporté. Dans sa liste des équipes qu'elle souhaitait pouvoir intégrer, il y en avait deux qui se tiraient du lot, les Flèches d'Appleby qui s'était notamment sortit du lot grâce à un match sous la pluie qui avait duré seize jours dont l'équipe en était sortie victorieuse. Il y avait aussi les Harpies de Holyhead qui était simplement composée de filles et qui elle aussi, avait eu un magnifique match qui avait duré plusieurs jours. Sept jours en tout ! Et l'on s'accordait pour dire que c'était l'une des plus belles rencontres jamais vu. Mais déjà, il faudrait qu'on accepte sa candidature pour la formation de Quidditch et après elle verrait. Chaque chose en son temps ! Mais hors de question qu'elle intègre un jour les Canons de Chudley. Sérieusement, comment faisaient-ils pour garder espoir en sachant pertinemment qu'ils avaient tendance à perdre ?! Ils avaient bien quelques bonnes victoires à leur actif, ayant remporté vingt et une fois la Ligue, mais après ça ? Eh bien il n'y avait pas grand-chose … franchement, elle méritait bien mieux qu'intégrer une telle équipe ! Pour une fois qu'elle avait une bonne estime d'elle et de ses capacités !

La jeune fille à la chevelure couleur des flammes était finalement revenue des toilettes où elle avait pu se désaltérer, n'ayant pas les moins dans le bureau de pouvoir avoir de l'eau qui aurait suffit à étancher sa soif. Elle avait espéré qu'il ait déjà de premières conclusions sur la bague ou au moins son origine. L'origine pourrait certainement aider à identifier l'anneau qu'elle avait trouvé dans un vide-grenier dans un village pommé non loin de chez elle. Et puis, il y avait les « symptômes » qu'elle avait décrit qui, selon elle, pouvait aussi offrir une aide pour la découverte de l'identité de la bague. Il n'y avait pas vraiment besoin d'être un bleu et bronze pour avoir recours à cette logique. L'origine et les dons que semblait avoir la bague pouvait mener à la réponse tant recherchée. Oui, elle aurait pu être archéomage si sa passion du Quidditch n'avait pas prit le dessus. Ça lui aurait bien pu. Ça semblait être un bon boulot … la paye, le fric, elle s'en fichait, ce n'était pas ce qui primait pour elle. Quand on faisait un travail il fallait aimer ce qu'on faisait car sinon on pouvait rapidement s'en lasser et c'était bien dommage. Même si le Sainclair tentait de percer le mystère de l'anneau qu'elle avait apporté, cela n'empêchait pas pour autant que la jeune métamorphomage cherche aussi dans sa tête ce que pouvait bien être cette fichue bague et ainsi essayer d'en développer quelques théories qui, si elle les trouvait assez plausibles, ne se gênerait pas pour les soumettre à l'avis de Connor. Son attention était tout de même braquée sur cet homme qui répondait à ses questions en lui disant qu'il avait des prémices de pistes. C'était toujours ça. La sorcière se contenta simplement de faire un hochement de tête affirmatif, trouvant qu'il était inutile de répondre à ce qu'il venait de lui dire. Son regard couleur émeraude était resté planté quelques instants de plus sur lui avant d'observer la pièce, sans prononcer pour autant un mot, attendant juste qu'il reprenne la parole. En même temps, elle n'avait pas grand-chose d'autre à dire, c'était lui le professionnel et non elle ! Ses yeux se posèrent sur quelques objets présent dans la pièce sans avoir pourtant une quelconque curiosité, ce n'était pas qu'elle s'ennuyait, même pas du tout, mais il fallait bien savoir faire passer le temps en attendant que Connor daigne prendre de nouveau la parole. Les gestes que fit l'archéomage attira l'attention de la Weather qui posa ses yeux sur lui et sur ce qu'il faisait. Il venait de sortir un objet d'un tiroir et Joyce tenta de savoir ce que c'était. Oooh ! Elle en avait entendu vaguement parlé durant l'un de ses cours d'Histoire de la Magie, cela devait donc être une loupe magique. Enfin, elle espérait ne pas se tromper. Rapidement, elle eut la confirmation qu'elle avait raison. Elle sourit intérieurement face à cette petite victoire, c'était toujours appréciable de ne pas avoir tord. Joyce écoutait consciencieusement les paroles que prononçait le Sinclair, de toute manière, ce qui touchait à l'histoire, que ça soit de la magie ou des moldus avait toujours intéressé la belle rousse. Joyce gardait une sorte de silence religieux alors qu'il continuait à lui parler. Oh ! Alors elle s'était trompée dans sa théorie que les dons qu'avait la bague ne pourrait les aider dans leur quête de savoir. Bon, l'autre partie de la phrase que prononça Connor, Joyce s'en doutait déjà. L'endroit où elle avait trouvé l'anneau n'était pas le lieu d'origine de celle-ci. C'était tout ce qu'il y a de plus logique. Une question lui vint à l'esprit, une question personnelle qu'elle se garderait bien de poser au sorcier. Comment le vieil homme à qui elle l'avait acheté avait pu l'acquérir ? Peut-être faudrait-il lui demander ? Peut-être que les personnes qui devaient allés le voir lui demanderait ? Il faudrait qu'elle en parle à son père ce soir, lui, il travaillait au Ministère donc forcément il serait ou au moins se renseignerait auprès de ses collègues s'il n'avait pas l'information qu'elle souhaitait avoir :

« Si je puis me permettre, » elle marqua un instant d'hésitation « Il ne doit pas y avoir tant de bague que ça qui ont ce genre de propriétés, non ? »

Son regard couleur émeraude s'était planté dans l'individu qui était avec elle dans la pièce jusqu'à ce qu'il enclenche le dispositif de la loupe en laissant tomber la bague, là, ses yeux furent totalement braqués sur l'objet puis sur la projection en trois dimensions. Qu'est-ce qu'elle aimait la magie ! Parfois, la rousse se demandait comment les moldus pouvaient vivre sans la magie. C'était étonnant, surprenant. On voyait bien ainsi qu'ils avaient chacun leurs propres mondes. Mais ça aurait été bien agréable si les sorciers étaient connus des moldus, pas par les histoires et légendes, mais en réalité. Qu'ils puissent ne plus avoir à se cacher. D'un autre côté, on ne pouvait pas non plus prévoir quelle serait la réaction des moldus en apprenant l'existence de sorciers qui cohabitaient avec eux depuis des générations et des générations ! Peut-être les accueilleraient-ils bien mais elle se disait qu'il était tout de même plus probable que malgré l'évolution des moldus, ils en auraient peur et peut-être qu'il y aurait de nouveau une chasse à la sorcières comme par le passé … c'était un risque à prendre. La peur les prendraient et alors, peut-être bien que les sorciers ne seraient plus en sécurité. Mais euh, ils pouvaient se défendre. Mais chacun des deux groupes avaient ses propres moyens de défenses et d'attaques. Bref, revenons au moment présent … on pouvait voir à présent l'objet en gros plan, en trois dimensions, les yeux de Joyce s'étaient mis à briller légèrement et un petit sourire avait fleuri sur ses lèvres, émerveillée par ce qu'elle avait sous ses yeux. On pouvait à présent voir des détails qu'à l’œil nu on aurait pas pu apercevoir. Mais elle releva le regard vers Connor tout en l'écoutant parler, ses yeux firent de nouveau un mouvement lorsqu'elle alla regarder ce qu'il montrait du doigt. De l'ancien hébreu … ça lui semblait tout aussi évident au vu du signe qu'il lui avait montré et des écritures sur la bague, c'était une logique implacable. Et puis, il devait savoir ce qu'il faisait, disait, non ? Joyce le suivait dans son raisonnement. Après de l'ancien hébreu … il ne faudrait pas lui demander de décrypter le dit message car elle n'en parlait pas un traite mot même si cette langue ne devait plus être parlée depuis un bon bout de temps … ou peut-être par quelques personnes sur cette planète. La belle rousse se permit donc finalement de prendre la parole :

« Et vous connaissez ce dialecte ? Ou au moins quelqu'un dans ce département parle cette forme d'ancien Hébreu ? »

Oh espoir, doux espoir. Peut-être bien qu'ils allaient pouvoir un peu plus avancer grâce au décryptage des gravures sur l'anneau, mais déjà, il fallait réussir à déchiffrer les mots – où ce qui semblait l'être – sur l'anneau pour tenter d'avancer. Chose qui serait plutôt difficile si personne ne savait le parler. La miss Weather n'était nullement pressée, elle était en vacances et avait donc toute la journée devant elle même si, elle avait une préférence de ne pas rester le derrière vissé à cette chaise tout le restant de cette journée, elle allait finir par ankylosée si elle y restait des heures. Si elle s'intéressait à l'Histoire de la Magie ? C'était l'une de ses matières préférées lorsqu'elle étudiait encore à Poudlard. C'était triste de se dire que ces sept années d'études là-bas étaient finies, elle n'y retournerait plus. Malgré ce qui c'était passé à Poudlard plus ou moins un an auparavant, elle appréciait toujours le château et ses environs. C'était tout un monde, Poudlard ! Beaucoup disaient que c'était une seconde maison et Joyce les rejoignait sur ce point. On s'y sentait tellement bien, comme chez soi. A vrai dire, lorsqu'elle avait fait sa rentrée pour sa septième année, elle avait eu un peu du mal, ce qui était compréhensible au vu des récents événements du moment. Mais elle avait tout de même réussi à retrouver le plaisir qu'elle avait entre ces murs même si elle avait dû réussir à remonter la pente durant toute cette année qui venait de s'écouler. Un beau sourire fleurit sur les lèvres de la jeune fille à la chevelure couleur des flammes alors qu'elle se rapprochait un peu plus pour mieux voir l'objet :

« C'est même l'une de mes matières préférées quand j'étais à Poudlard. Pourquoi cette question, monsieur ? Je suis sûre que vous êtes bien plus amène d'identifier cette bague que moi. »

Était-ce un manque de confiance en soi ? Peut-être. Mais c'était vrai qu'il était bien plus en capacité qu'elle de découvrir l'identité de l'objet. Joyce avait apprécié la richesse que pouvait lui offrir la bibliothèque et avait tenté de lire un maximum d'ouvrages durant les années qu'elle y avait passé, elle essayait tout de même à présent de tenter de se souvenir d'un ouvrage qui aurait pu mentionner une telle bague. Sait-on jamais, elle avait peut-être lu quelque part ce qu'était la bague qu'elle avait acheté sans même le savoir et aujourd'hui, elle pourrait faire surgir ses connaissances qui prêteraient peut-être main forte à l'archéomage ?!
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Connor Sainclair
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Mer 4 Nov - 21:50


Stand and face the unknown
Il est des mystères que l'on peut à peine imaginer, et que l'on ne résoudra qu’en partie.




Il n’existait pas de problème, seulement des solutions. André Gide, pour aussi génial avait-il pu être en tant que penseur et écrivain, avait de nombreuses fois par ces simples mots irrité plus d’un simple mortel en proie à des difficultés insurmontables. Rageant, n’est-ce pas, de se faire entendre citer pareil mantra, lorsque vous galériez –pour employer le terme populaire- au-delà du raisonnable ? Pourtant, il demeurait un peu de vrai là-dedans, Connor le reconnaissait de bonne guerre. Le succès ne vous confortait que trop dans une idée de facilité artificielle, voire pire, illusoire : un peu de difficulté rajoutait du piment, si l’on parvenait à le voir de façon positive, selon le même principe que le stress à transformer en énergie plutôt que de le laisser vous saper vos forces. Avant d’échouer, bien évidemment, ou même de peiner dans la mise en place d’une supposée solution, il existait un abime tout aussi désarmant, celui de l’absence absolue d’idée. Là encore, beaucoup suaient sang et eau pour s’en extirper, là où certains se noyaient carrément, et alors qu’une infinie poignée, des plus irritantes, s’en tiraient en brillant comme jamais, trouvant même l’épreuve simple comme bonjour. Pour le coup, face à l’anneau, Connor se trouvait dans l’impasse, du moins pour l’instant. Il était vrai que pour lui, faire chou blanc ne constituait pas vraiment quelque chose d’ordinaire, compte-tenu de ses nombreuses années d’expérience, doublées d’un goût personnel prononcé pour l’apprentissage par lui-même, au milieu de livres et autres manuels sur des sujets encore inconnus. Rencontrer un obstacle aux allures de mur insurmontable le motivait plutôt : selon lui, la vie n’était qu’un long apprentissage, où la véritable défaite relevait avant tout de la certitude d’être arrivé au nec plus ultra de l’expertise, sans possibilité de progresser plus avant dans leur domaine. Face à écueil, pour s’en sortir, il ne vous restait plus qu’à vous montrer inventif, et à repousser les frontières de votre imagination…

-Vous seriez étonnée du nombre de reliques ayant des pouvoirs analogues… lui répondit Sainclair, avec l’air du vieux routard en ayant vu des vertes et des pas mûres, en face d’une néophyte particulièrement motivée, quoi qu’encore inconsciente du point auquel la réalité du terrain différait des croyances communes. Toutes les religions humaines se fondent peu ou prou sur des mythes similaires : immortalité, prémonitions, force titanesque, communion avec les éléments… Les diverses formules inventées par les sorciers au cours de l’Histoire ont permis aux nôtres de faire basculer dans le réel ce qui resterait à jamais des mythes pour les Moldus. Seulement toutes les ambitions ne sont pas aussi aisément inscriptibles dans le Verbe… L’utilisation d’un vecteur matériel permet la plupart du temps de concentrer assez de magie pour s’assurer les effets de plusieurs sortilèges autrement très ardus à mêler, en plus d’en assurer une rémanence, parfois sur des décennies, voir des siècles, comme ici.

Quelque part, il semblait bien triste de ce dire que les grands courants spirituels ayant depuis toujours structuré les civilisations moldues reposaient sur les aspirations peu honorables de certains mages prêts à tout pour gagner en puissance… Qui avait donc forgé cette bague, sinon un « grand prêtre » désireux de plaire à son Roi et d’obtenir plus encore de privilèges, de respect de la part de ses fidèles mystifiés ? Ou encore d’un mégalomane désireux de mettre le monde à genoux, mais dont les travaux auraient mal tournés, le séparant à jamais de sa création ? Le vertige devenait plus vertigineux encore lorsqu’on émettait l’hypothèse que derrière chaque Dieu, héros ou saint se cachait en réalité un sorcier consumé par la soif de pouvoir…
Tout comme en réponse à l’idée de la mort qui était capable de nous faucher à chaque seconde de chaque jour, le déni constituait la meilleure parade afin de laisser notre conscience en paix, et ne pas chercher à y réfléchir de trop près. Après tout, si la société magique avait été séparée de celle moldue en une dichotomie à l’épreuve de tout, même du temps et de l’Anarchie –du moins pour le moment-, ça n’était pas pour rien…

-Malheureusement non, admit Connor sans honte, car après tout, l’Hébreu ancien n’était pas franchement une langue vivante communément enseignée. J’ai néanmoins un ou deux noms en tête de collègues basés en Syrie et au Liban, qui sont susceptibles d’avoir déjà croisé pareille idiome. Je ne suis sûr de rien concernant leur temps de réponse, ni de ce qu’ils pourraient nous apprendre… En attendant, des recherches bibliographiques poussées s’imposent.

Ce qui, dans le vocabulaire du commun des mortels, se traduisait par d’interminables journées passées cloîtré entre quatre murs, à potasser des tas et des tas de livres, pour la plupart poussiéreux, certains particulièrement ardus, d’autres totalement inutiles, ce que vous ne remarquiez qu’à la dernière page. Vous rappeliez-vous ces tristes heures de votre scolarité où vous vous étiez escrimés à réviser, suant sang et eau sur vos manuels jusqu’à l’aube ? Eh bien vous voici arrivés au summum du cauchemar : l’épreuve s’étirait en longueur sans jamais prendre fin. Dernière étage, bienvenue au purgatoire, usage du nœud coulant et pilule de cyanure laissé à la discrétion de la clientèle.

L’Ecossais, pour sa part, ne voyait pas vraiment cela comme un calvaire, ni même une corvée, en vérité, ce que nous ne pouvions que saluer, puisque ce serait lui qui s’y collerait. Seul le caractère un peu longuet et solitaire de la tâche amoindrissait un brin sa motivation, comme tout à chacun l’autre éprouvé face à une besogne répétitive dont l’issue victorieuse ne se trouvait en rien assurée. En même temps, ça n’était pas comme si son emploi du temps relevait du parcours du combattant… Ni que son temps libre ait trouvé preneur. Avec Ali débordée et Arthur sur les bancs de l’école, le Manoir était bien calme… Restait bien évidemment Siméon, encore convalescent, dont prendre soin aurait pu l’accaparer énormément, et ce sans que la dévotion de son amant ne faiblisse ; cependant, la nature indépendante du métamorphomage, que n’avait fait qu’accentuer leur désaccord quant au retour de l’espion auprès d’Hellson, faisait qu’au final, Connor n’avait pas tant que ça l’occasion de se dédier comme il l’aurait souhaité à son bien-aimé. La collection impressionnante de grimoires jalousement gardé dans leur bibliothèque aurait donc tout le loisir de consummer ses soirées… À moins qu’un délicieux changeur de forme ne vienne l’arracher à son bureau, comme il savait si bien le faire.

Tout à ses réflexions, Connor tira à lui une nouvelle feuille de parchemin, y inscrivant sans vraiment soigner son écriture ni totalement lâcher la bague des yeux les noms de ses collaborateurs qui, à l’autre bout du continent européen, recevraient sous peu un hibou dont ils se souviendraient longtemps.
Lorsqu’il répondit à la dernière question de Joyce, ce fut sur un ton moins sérieux, signe que sa remarque n’avait que peu de valeur, simple sujet subsidiaire, terriblement secondaire par rapport au casse-tête les tenant présentement en haleine.


-Simple curiosité. Jusqu’à présent, je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer en masse des sorciers et sorcières intéressés par cette spécialité. Je dirai même qu’au contraire, la question semble assez sensible pour pas mal de gens ; à croire que les cours d’Histoire de la Magie ont été pour eux un calvaire dont les stigmates ne s’oublient pas. Les réactions sont parfois assez épidermiques… Difficile de ce fait d’en faire un sujet de conversation anodin.

En vérité, il lui était plus simple de partager ses souvenirs de voyage, récits aux allures de carte postale ou bien anecdotes croustillantes de petits incidents sans gravité, surmontés sous des latitudes laissant songeur. Ça n’était bien qu’avec celles et ceux mordus comme lui par la même marotte, telle que son amie Calliope, que de longs échanges enjoués pouvaient voir le jour, sans craindre de croiser un sourire gêné, ou une tentative plus ou moins habile de changer de sujet à peine l’HDLM abordée.

-Il semblerait que vous seriez une exception, miss Weather, nota Sainclair avec une pointe d’esprit, sa plume émettant un crissement un peu plus marqué alors qu’un nom se voyait entouré d’un geste aussi net que précis. Dommage que vous n’ayez pas persévéré dans cette voie, bien que je conçoive tout à fait que vous ayez préféré suivre votre passion.

L’Ecossais avait encore beau se situer dans la force de l’âge, un beau jour la retraite deviendrait une option tout à fait envisageable, voire même tentante si enfin sa vie sentimentale parvenait à se stabiliser pour ressembler à un plus à une vie de couple classique. L’envie de se pencher sur des cas intriguant ne le lâcherait jamais vraiment, mais il s’agirait alors d’un hobby, rien de plus, et non une part dévorante de son quotidien, communément appelée « carrière ».








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Mar 1 Déc - 17:37
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Le début de la réponse de Connor étonna Joyce, elle qui pensait qu'il ne devait pas y avoir beaucoup d'anneaux ayant de telles capacités, il venait de lui révéler quelque chose. Ainsi donc, elle comprenait mieux pourquoi les recherches étaient plutôt ardues, mais bonnes, l'archéomage finirait bien tôt ou tard par lever le mystère sur cette bague qu'elle avait apportée, qu'elle soit là ou non. Après, elle se doutait bien que leurs deux univers étaient mêlés plus d'une fois par plus d'une façon et elle s'était toujours doutée que les objets ayant des pouvoirs avaient un lien direct avec les sorciers. Il fallait bien de la magie pour donner des capacités à un objet même aussi petit qu'une bague. Ainsi donc la mythologie moldue avait des liens avec l'histoire des sorciers, comme quoi, à un moment de l'existence humaine les deux groupes avaient pu vivre en harmonie, ou presque. C'était dommage qu'à présent ils doivent se cacher. Mais en même temps il était facile de se rappeler de l'époque où l'on avait peur des sorciers et qu'on les croyait être lié à des démons, au Mal et qu'on voulait les chasser, les brûler. Mais le monde avait évolué, peut-être qu'à présent les moldus seraient plus aptes à accepter les sorciers ? En même temps, ils cohabitaient ensemble depuis des siècles et plus encore ! Ce n'était que des idées, des spéculations, rien de plus. Ses deux parents étaient des sorciers mais son oncle avait épousé une moldue et celle-ci était encore avec lui malgré le fait qu'elle sache qui il était vraiment, ce qui prouvait tout de même un peu plus à la métamorphomage qu'il y avait des chances d'acceptations. Après, il y avait débat sur la normalité, qui était le plus « normal » le moldu ou le sorcier. L'être n'ayant aucune capacité magie ou celui qui pouvait faire ce qu'il voulait – ou presque – d'un geste du poignet avec sa baguette ? Pouvait-on mettre chacun sur un pied d'égalité ? Beaucoup de sorciers méprisaient les moldus, Joyce n'en faisait pas partie. Elle trouvait cet univers dans lequel vivaient les moldus tout à fait intriguant et passionnant et pendant sa scolarité à Poudlard la belle rousse n'avait pas hésité à prendre l'étude des moldus comme option parmi tant d'autres. De toute manière, elle aimait apprendre, se cultiver et forcément l'une de ses matières préférées était l'Histoire de la Magie. Matière peu appréciée par la plupart des élèves :

 « A ce point ? Je me doutais bien que les mythes et légendes des moldus étaient tirés des faits des sorciers – en tout cas pour la plupart – mais je ne pensais pas qu'il puisse y avoir autant de bagues dans le monde ayant les mêmes propriétés que cet anneau dans le monde. »

Oui, elle était sincèrement étonnée, elle qui pensait qui devait y en avoir tout simplement quelques-uns de ce type, là elle s'imaginait-il y en avoir plus d'une cinquantaine quelque chose dans le genre. Elle venait à peine de sortir de Poudlard elle ne savait pas vraiment si elle pouvait être utile à l'archéomage et l'ancienne bleue et bronze avait surtout la crainte de poser des questions totalement stupides qui puissent la ridiculiser. Elle qui était du genre à poser des questions dites « pertinentes » durant les cours, là, elle avait surtout peur de dire quelque chose de bête ou bien pire, de se répéter ! Croisant les doigts, elle se cala un peu mieux, elle avait l'impression qu'elle ne partirait pas de sitôt mais cela ne dérangeait pas le moins du monde Joyce qui n'était pas pressé de partir. Elle avait bien quelques questions en tête mais elle hésitait à les poser, que penserait cet homme si sa question était des plus stupides . Car là était bien la hantise de Joyce, se faire passer pour bête alors qu'elle était loin de l'être. Certes, elle n'avait pas autant d'expérience ni de culture que le Connor, excusez là ! Elle venait à peine de finir sa scolarité dans la prestigieuse école de magie ! Mais elle avait tout de même un peu de culture et ce n'était pas pour rien que le Choixpeau l'avait envoyé à Serdaigle, elle était censée être intelligente, une érudite. Il ne connaissait pas ce dialecte d'hébreu, bah ce n'était pas bien grave, comme il le disait il avait des collègues qui eux connaissaient peut-être. De toute manière, ce genre de langage n'était pas parlé ou très peu parlé à cette époque, on privilégiait à présent les langues courantes, vraiment parlées à travers le monde. L'anglais, le français, l'espagnol ce genre de langage. C'était vrai que le latin pouvait rencontrer un certain succès auprès d'une partie d'écoliers qui aimaient apprendre ce genre de langage, mais entre l'hébreu et le latin, la seconde langue était la plus populaire :

« Excusez-moi si ce que je vais dire est stupide mais … même s'il y en a beaucoup dans le monde, combien pensez-vous qu'il y en a dans le monde hébraïque ? et si vous deviez la dater, à quelle époque la métreriez-vous ? »

Il fallait être vraiment passionné par l'histoire de la magie pour faire un tel métier, certes cette matière était devenue une passion pour Joyce mais assez grande pas assez puissante pour surpasser celle du Quidditch. Le Quidditch avait su dépasser toutes les autres passions de la jeune métamorphomage, en même temps lorsqu'elle était sur un balai elle se sentait tout simplement bien et c'est ce qu'elle voulait. Car lorsqu'elle volait ses ennuis disparaissait le temps qu'elle était dans les airs et même si c'était plusieurs éléments et surtout la présence de certaines personnes qui l'avaient aidé à remonter la pente, le Quidditch l'avait aussi aidé cette année. Alors autant continuer sur cette voie. Pendant un instant la miss Weather tenta de lire ce que l'homme écrivait mais bien vite elle détourna son attention pour reporter son regard sur le reste de la pièce, attendant juste que Connor reprenne la parole, de toute manière c'était lui l'expert et non elle ! C'était vrai que l'Histoire de la Magie n'attiraient pas énormément de gens, il y avait même des Serdaigles qui n'appréciaient guère cette matière contrairement à Joyce. Ça dépendait des points de vue, des affinités, des accroches, elle, elle était avide d'apprendre, de découvrir alors quoi de meilleur que l'Histoire de la Magie pour découvrir – le passé – et apprendre. Quoique, l'humain répété ses erreurs paraît-il ! L'enseignant jouait aussi en faveur ou en défaveur de sa matière que ça soit pour celle-ci ou pour une autre, un professeur qui n'arrivait pas à rendre sa matière passionnante avait du mal à accrocher les élèves et surtout ceux qui n'étaient pas particulièrement fan de ce qu'il enseignait :

« Peut-être n'ont-ils pas eu un bon professeur ? L'histoire peut rapidement devenir soporifique, ennuyante lorsqu'on a un mauvais narrateur qui ne sait pas la rendre passionnante. Vous aviez un bon professeur ou vous appréciez déjà cette matière avant même d'en avoir des cours ? »

Simple question de curiosité mais aussi un moyen de tenir la conversation même si régulièrement le silence venait la parsemer. Lui, il disait qu'elle était une exception mais Joyce ne trouvait pas, lorsqu'elle était à Poudlard elle avait eu des amis qui appréciaient cette matière, peut-être pas autant qu'elle mais ils ne la trouvaient pas ennuyantes ou tout du moins ils arrivaient à y trouver un attrait même quelconque. L'ancienne bleue et bronze se souvenait d'avoir eu quelques conversations avec certains de ses amis par rapport à l'histoire :

 « Oh une exception je ne pense pas, dans mon entourage j'ai plusieurs amis qui apprécient aussi l'Histoire de la Magie. Mais hélas, bon nombre de personnes ne semblent s'y intéresser. Vous savez, j'ai envisagé pendant un temps d'avoir un métier en rapport avec l'Histoire, mais bon … certaines passions sont plus fortes que d'autres. »
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Connor Sainclair
Archéomage
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Lun 21 Mar - 19:17


It's like throwing a switch on the hands of time
Ancient minds, ancient lives
Got a way of coming around.




Le mensonge était une chose absolument merveilleuse. Plus qu’un simple tour de passe-passe digne de divertir les cœurs les plus pervertis, il pouvait prendre les atours d’un outil véritablement utile, si ce n’était essentiel. Ainsi, peut-être plus par omission que réel souhait de donner dans la rouerie, les Moldus depuis des siècles avaient en leur possession des biens qui à leurs yeux paraissaient aussi inoffensifs que familiers : si l’existence de la magie leur avait été connue, sans nul doute auraient-ils regardé d’un autre œil les vieux livres récupérés au fond d’un grenier, ou la coupe de cristal héritée d’une lointaine grande tante. Leur ignorance, née de la vaste fumisterie camouflant le monde sorcier aux yeux du commun des mortels, avait tout de même réussi à sauver bien des vies, au final : se désintéresser d’un vieux bibelot vous évitait de jouer avec afin de percer les mystères que vous saviez qu’il renfermait, ou au contraire de paniquer. Autant dire que cette sécurité s’avérait bien pensée également dans le cas de magiciens inconscients de la puissance qu’ils tenaient négligemment entre les mains… Les chasses au trésor intempestives et autres trafics d’œuvres d’art s’avéraient déjà suffisamment pénibles comme ça sans que le grand public en son entier s’en mêle. Il y avait là-dedans de quoi prêcher le culte des secrets et des non-dits, de quoi pencher du côté des travers des grands services d’espionnage à travers le monde, ou même des manières de Levi Goldstein, de quoi faire grimper aux rideaux les libres penseurs de l’Anarchie… Mais en même temps, fallait-il être un brin naïf pour croire qu’une population demeurait gérable lorsqu’aucune information d’aucune sorte ne lui était cachée. Cette question, souvent débattue avec son amant, ancraient ses positions à chaque fois plus profondément, avec presque une froide détermination. Connor avait toujours été un homme très pragmatique, trop peut-être, en une facette de son caractère qui, si elle n’était pas prépondérante, se discernait néanmoins à certaines occasions, et de façon assez glaçante, il fallait bien l’avouer.

-Question de sécurité, expliqua laconiquement l’archéomage, et un sens, un agent de la CIA n’aurait pas répliqué différemment, autant sur le fond que sur la forme. Personne ne veut –ni ne peut- prendre le risque que de tels artefacts tombent entre de mauvaises mains. L’Anneau de Salomon est loin d’avoir les effets les plus pernicieux connus à ce jour, et encore, tous les objets ensorcelés n’ont pas été retrouvés, ou clairement étudiés.

Il ne s’agissait pas au final que de dépoussiérer quelques vieux bibelots, les étiqueter avec soins pour ensuite l’étiqueter avec amour et les ranger, bien ordonnés, sur une étagère… Certes, ce n’était ni l’essentiel de ce que faisait Sainclair lorsqu’il se trouvait sur le terrain, et tous ses collègues ne trouvaient pas logés à la même enseigne : on aurait difficilement imaginé la délicate Calliope Venezzio ou encore le soporifique Cuthbert Binns se lancer à la poursuite de trésors oubliés. Mais il s’agissait tout de même d’une part du boulot, une sorte de revers de la médaille pas si déplaisant que cela, même si l’Ecossais n’avait jamais été particulièrement accro aux pics d’adrénaline inhérents à de pareilles prises de risque. Ça n’était pas que mettre sa vie en jeu lui était désagréable, au contraire ; il n’en tirait en fait aucun plaisir, simplement un ennui patent, qui démontrait peut-être que sa place se trouvait plus dans une salle de cours, en tant que professeur, que dans les bottes d’un aventurier. Mettre au placard définitivement ses faux passeports et son sac de voyage pour travailler au Muséum ou donner des cours à l’Université constituait une option qui progressivement s’était faite de plus en plus tentante, depuis l’enlèvement de Siméon par les Mangemorts lors de la Nuit Rouge. L’historien s’était déjà essayé à quelques reprises à ces tâches annexes, et en ayant retiré une plutôt bonne première expérience, il ne s’interdisait pas d’un jour mettre un terme à sa carrière d’archéomage pour officiellement se construire un quotidien plus posé, au fil duquel profiter de son couple désormais plus stable. Joyce l’ignorait, mais elle n’avait pas à s’en faire : Connor savait faire montre d’une grande patience avec celles et ceux amenés un jour à prendre une posture d’élève auprès de lui, quel que soit leur âge ou l’avancée de leurs connaissances. La jeune femme n’avait nullement à craindre le moindre geste d’exaspération, soupir d’agacement ou regard tourné vers le plafond en une expression de profond ennui, ça n’était pas le style du mage.

Cela faisait néanmoins beaucoup de questions en peu de temps, alors que Sainclair examinait toujours l’anneau, à la recherche du moindre élément que son sens de l’analyse repèrerait comme potentiellement informatif. Il parvenait cependant à « séparer » son cerveau en deux, en une dichotomie qui lui permettait de concevoir des réponses globalement argumentées aux attentes dont il faisait l’objet, sans pour autant avoir à arrêter ce que ses mains entreprenaient. L’habitude, autant d’être interrogé en tant qu’expert que de justement l’être alors qu’il était occupé, permettait même à sa voix de ne pas sonner si pensivement que cela, en une réflexion déconnectée du monde réel.

-Les seules questions idiotes sont celles que l’on garde pour soi, corrigea Connor, conscient de répéter un poncif du genre, mais également de la véracité de ce dernier, ainsi que des effets positifs qu’il pouvait revêtir.

Son regard aussi lipide qu’affuté continuait de scruter le métal, et avec un peu de chance, peut-être le sorcier trouverait-il à l’œil nu, avant des examens plus poussés dont il recevrait seulement les résultats, quelque fibre ou trace de substance, prise dans les gravures, qui permettrait de connaître une portion du voyage qu’avait fait la bague avant de leur faire l’honneur d’une visite. Le vide-grenier de Hayle n’était un maillon de la chaîne… Et pour cette modeste bourgade comme pour les autres lieux où avait transité le bijou –une fois que leur localisation aurait été élucidée-, ce serait à l’archéomage de décider quels moyens le Ministère devrait déployer afin de sécuriser au mieux la situation, et notamment s’il fallait ou non envoyer des Oubliators faire el ménage. L’éternelle question de la sécurité nationale… À la connaissance de l’Histoire de la Magie et à l’expertise en antiquités ainsi qu’en objets d’art s’ajoutait une dimension de gestion de crise que là encore, peu associait au métier qu’exerçait Connor et ses pairs.

-Les Temps Bibliques vous évoquent-ils quelque chose ? Salomon a régné de moins 970 à moins 931 avant notre ère, mais les légendes qui l’entourent nimbent de flou les quelques attaches qui le lient au monde magique. Il est tout à fait possible que cette bague ait été forgée après sa mort, et que par hommage, elle lui ait été attribuée alors que le Roi ne l’avait jamais portée ni vue de son vivant. À l’inverse, un orfèvre âgé, adepte d’un dialecte ancien, a très bien pu en faire cadeau à son souverain, sans que l’objet soit aussi vieux que le style d’écriture employé.

Lorsque l’on considérait des évènements ayant eu lieu près d’un millénaire avant la naissance du Christ, démêler le vrai du faux n’avait rien d’un exercice commode, et quand en plus la religion et son cortège de mythes se joignaient à la fête, le casse-tête s’intensifiait.

-Je suis loin d’être un expert en linguistique. D’après ce que je sais, il y a en tout quatre types d’hébreu ancien, identifiées à l’heure actuelle par les Moldus, sur les travaux archéologiques desquels nous nous appuyons fortement. Mais l’idiome pourrait très bien être mélangé avec des runes sorcières, ou des incantations diverses et variées, ce qui créerait presque une nouvelle langue à elle toute seule.

Soustraire ce type de trouvaille aux Moldus ne leur sauvait pas seulement la vie : un tel escamotage évitait également que ne s’embrouillent leurs conclusions quant à leur propre histoire, et que n’apparaissent dans leurs archives l’évocation de civilisations à peine connues qui, en réalité, n’étaient rien de plus que des points de contact entre leur monde et celui des ensorceleurs. Eviter de refaire les mêmes travaux que les historiens classiques menaient faisait gagner du temps aux personnes comme Connor, qui ainsi avaient la possibilité de rectifier le tir et de remettre le commun des mortels sur les bons rails, toujours selon le souci du secret protégeant la société sorcière. Là encore, la manipulation des masses prenaient place sur l’échiquier, tandis que des questions d’éthique, par sens pratique, demeuraient sous silence pour mieux faciliter les missions de personnes comme Sainclair.

En tout cas, discuter un peu d’autre chose que de leur affaire en cours s’avérait rafraîchissant : son esprit jonglait plus facilement avec deux registres pour le moins diamétralement opposés. Un bref instant, le sorcier détourna les yeux de l’anneau pour regarder Joyce et lui sourire brièvement, juste avant qu’une énième question n‘émane de celle-ci, une question qui fit doucement disparaître cette expression posément enjouée au profit de quelque chose de vide, d’impénétrable. Ça n’était pas véritablement perceptible, lorsqu’on se trouvait en face de quarantenaire : les observateurs les plus attentifs auraient seulement pu noter que ses traits se détendaient, comme si un rideau de fer venait d’être abaissé, juste sous sa peau, le plaçant sans qu’autrui s’en rende compte en posture défensive, sur une réserve censée le protéger autant de ses mauvais souvenirs que du monde extérieur. Oh, Connor ne se braquait pas, et ne se fermait pas comme une huître, selon l’expression consacrée ; il s’agissait de quelque chose de plus subtil, un glissement imperceptible vers une posture d’évitement, toute en réponses laconiques factuelles, ainsi qu’en une adaptabilité lui permettant de se garder hors de portée. D’une personne tangible et chaleureuse, Connor passait à un écoulement d’eau, transparent, vif, froid, malléable.
Repenser à Durmstrang n’avait jamais constitué une activité plaisante, tant cette période de sa vie avait été proche d’un Purgatoire, du fait de ses camarades, de leurs enseignants, ainsi que de l’idéologie globale véhiculée par cette institution glaciale.

-Pas vraiment. L’Histoire de la Magie n’était pas considérée comme une matière noble, là-bas. Je ne pense pas que ça ait changé depuis.

Mais comme ses parents étaient morts, comme il n’était pas appelé à devenir l’héritier d’une puissante famille, et comme personne n’accordait réellement d’importance à son avenir au-delà de la simple réussite que l’on espère tirer d’un bon élève, ses professeurs l’avaient laissé en paix. L’adolescent à l’époque ne s’y était pas laissé tromper : il ne s’agissait nullement d’un passe-droit obtenu du fait de ce qui lui était arrivé, non, ça n’avait été que le reflet du désintérêt patent que tous à l’école avaient éprouvé à son endroit. Il n’avait pas valu la peine qu’on tente de l’orienter vers autre chose. Ce qu’il faisait de sa vie, en fin de compte, et si cela demeurait dans l’éventail des carrières globalement acceptables, ne préoccupait personne, parce que personne n’avait fondé de grands espoirs en lui, pas même un seul espoir. Seul Siméon l’avait épaulé et encouragé, conscient de son potentiel, et présent à ses côtés pour lui redonner le sourire tout en lui conseillant de suivre la voie qui lui plaisait le plus, avant que leurs chemins ne se séparent.

L’image de son aimé ranima une flamme chaleureuse sur les traits de l’Ecossais, qui haussa les épaules afin de donner un aspect inconséquent au sujet –une superbe démonstration de dérobade, comme il en avait le secret quand on approchait de sujets trop sensibles.

-J’ai toujours eu quelques facilités pour retenir les choses de mémoire. Et comme cette matière demande essentiellement d’emmagasiner des informations, je m’y suis investi et ai fini par y prendre goût.

Une trajectoire classique, tellement banale même qu’on n’en aurait même pas eu envie de creuser plus. Car si Connor avait une si bonne mémoire, pourquoi ne pas se lancer dans la médecine, ou dans toute autre discipline scientifique requérant un bagage intellectuel de taille ? Parce que l’Histoire de la Magie pouvait se résumer à la maîtrise du passé, aussi bien matériellement qu’intellectuellement. Vous passiez votre temps sur les faits et gestes de morts illustres mais de morts quand même, avant de récupérer leurs biens ensorcelés et de vous assurer qu’en aucun cas, ils ne viendraient troubler la tranquille petite vie de vos contemporains. Sainclair s’appliquait à contrôler et policer l’histoire commune, alors qu’il se refusait à évaluer son propre passé, à seulement parler de ses parents. Un psychanalyste aurait su bien mieux que nous vous parler de ce déni, que l’intéressé lui-même avait maintes fois pris le temps d’examiner, comme on manipulerait un ustensile inconnu afin d’en appréhender la forme ; ce n’était cependant pas l’objet de notre récit.

L’archéomage avait pensé à son amant, donc. MacFly avait été professeur d’Histoire de la Magie à Poudlard, ainsi qu’à Durmstrang, humble hommage à celui avec qui le métamorphe pensait ne jamais devoir partager ses nuits, et sur le coup, l’objet de ses désirs les plus secrets se demanda s’il avait été considéré comme un bon professeur, à l’époque. Il faudrait qu’il lui demande, un de ces jours, de lui faire profiter d’une leçon, juste pour voir, pourquoi pas en compagnie d’Arthur… Même si l’auror infiltré n’avait su enflammer la passion de ses élèves pour les guerres de géants, son physique des plus avantageux aurait au moins permis de faire passer les heures de cours plus vite, notamment pour ces demoiselles. Pauvre ignorant, à qui échappait le fait que ce fameux corps avait fait plus que faire rêver des midinettes, comme en témoignait l’aventure qu’avait eu Siméon avec l’une de ses anciennes étudiantes, au sang de vélane…

Reposant de guerre lasse la Bague de Salomon, Sainclair entreprit de réfléchir aux détails logistiques qui cadreraient les examens plus poussés de l’objet, ainsi qu’à l’organisation à mettre en place pour en parallèle joindre ses collègues au Moyen-Orient, avec une liste précise de questions, doublée de ses premières observations, clairement énoncées, étayées, et conclues par des hypothèses réalistes. Rien que le type de container qui permettrait au bijou d’être transporté jusqu’au Musée, ainsi que la nature du transporteur employé, devait relever d’une réflexion mûre, eu égard à la rareté dont il était question.

-Ce ne sont pas vraiment les échos que j’ai de Poudlard… Mais si vous dîtes vrai, voir de nouvelles têtes dans quelques années, lorsque ces jeunes gens auront fini leurs études, nous fera le plus grand bien.

Il fut même à deux doigts de formuler un deuxième lieu commun –qu’il fallait toujours suivre ses passions et son intuition, quoi que puisse en dire ou en penser les autres-, mais se ravisa : cette pensée en avait amenée une autre, lui rappelant que miss Weather n’appartenait pas au monde de l’archéomagie, et que malgré son intérêt pour l’objet qu’elle avait découvert par hasard, elle avait peut-être d’autres obligations ailleurs.

-Je ne voudrais cependant pas vous retenir, si vous êtes attendue ailleurs… Dans le cas où cela vous intéresserait, je peux vous tenir au courant de nos futures avancées, dans la mesure du possible. Je ne peux pas encore vous promettre une exposition en grande pompe dont votre trouvaille serait le point d’orgue… Mais celle-ci suscitera un vif intérêt de la part de la communauté universitaire, je peux vous le garantir.

Resterait à voir quelles limites le taux de confidentialité qu’imposerait le Ministère à cette affaire, proportionnellement à l’importance du trésor qu’ils détenaient à présent, infligerait à cette proposition… Dans le plus pur respect du bien-être commun, cela allait sans dire.








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Lun 4 Avr - 16:59
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Joyce n'aurait pas cru qu'il y a tant de bagues de par le monde qui avaient des propriétés magiques. Imaginez si quelqu'un les avait toutes ! Il aurait accumulé ainsi beaucoup de pouvoirs, un pouvoir qui pouvait être dangereux entre de mauvaises mains. Est-ce que son père étudiait les propriétés magiques de tels objets au sein de son département ? C'était vrai que le département des Mystères était comme son nom l'indiquait, remplis de mystères. Joyce aimerait tant savoir en quoi consisté le travail de son père, que faisait-il durant ses journées, elle savait qu'il était directeur adjoint de ce département très réputé au sein du Ministère, mais est-ce que cela voulait dire qu'il passait ses journées à remplir de la paperasse alors que ses collègues faisaient tout le boulot manuel et vraiment intéressant. La belle rousse aurait aimé être dans le corps de Cesare l'espace d'une journée pour voir ce qu'il y faisait, car travaillant dans ce département il était obligé de n'en parler à personnes dans son entourage. Lorsqu'il était devenu directeur adjoint alors que les jumeaux étaient en seconde année, Joyce lui avait posé beaucoup de questions, très curieuse d'en apprendre sur le métier de son père, mais sa curiosité n'avait jamais été assouvie jusqu'ici. Tiens, peut-être qu'elle pourrait poser des questions à cet homme, peut-être savait-il quelque chose sur ce département qui attisait la curiosité de bien des personnes. Elle ne pensait pas à mal en voulant poser des questions sur l'endroit où travaillait l'ancien auror, elle n'était pas de ce genre de personne qui souhaitait en tirer de mauvaises choses, non, elle s'était par simple curiosité. Parce que voyez-vous, elle connaissait bien le travail de sa mère, celle-ci était une botaniste réputée, ayant publié plusieurs livres et tenant une boutique sur le Chemin de Traverse, mais pour son père, la seule chose qu'elle connaissait c'était son ancien métier qui était un travail tout aussi réputé que l'actuel. Auror, auror un métier apprécié et convoité par bien des personnes, mais surtout dangereux. Duncan souhaitait devenir auror et il allait entamer à la rentrée une formation pour le devenir alors que la miss Weather voulait quant à elle s'engager dans une formation en rapport direct avec le Quidditch, souhaitant dans un avenir plus ou moins proche devenir attrapeuse professionnelle.

« Et vous avez trouvé beaucoup de ces bagues ? Vous travaillez en relation avec le département des Mystères ? »

Il lui semblait qu'elle était bien ignorante par rapport à ce sorcier, mais en même temps il avait fait de l'Histoire de la Magie sa spécialité, son travail alors qu'elle, elle sortait à peine de Poudlard. L'ancienne bleue et bronze avait trouvé rapidement cette matière passionnante, aimant en apprendre davantage sur leur monde et la relation qu'il pouvait entretenir avec celui des moldus. Elle avait fureté bien des fois dans la bibliothèque du château, étant capable d'y rester des heures à lire des livres sur divers sujets, même sur la botanique même si ce n'était pas l'une de ses matières fétiches. Elle n'était clairement pas aussi douée que sa mère, mais que voulez-vous ! On ne pouvait pas être doué partout ! Hélène n'avait aucune capacité dites « spéciale », elle n'avait pas hérité du don de métamorphomage de sa propre mère et s'était seulement qui en avait hérité contrairement à Duncan qui étrangement ne l'avait pas eu. Mais il y avait bien quelque chose où on pouvait dire que la sorcière avait un don, c'était avec les plantes. Joyce ne comprenait pas comment elle y arrivait, la belle rousse se souvenait que durant l'année qui venait de passer elle avait été agressé par un snargalouf, pourtant elle avait fait tout ce qu'avait dit de faire le professeur et ça à la lettre car Joyce savait que cette plante pouvait se montrer dangereuse. Et pourtant, sans avoir à le demander, elle savait au fond d'elle-même que sa mère n'avait pas eu de problème avec cette plante. Joyce lui enviait un peu ce don que sa mère avait car même avec toute la bonne volonté du monde ce n'était pas la première fois que Joyce n'avait pas réussie à avoir le résultat attendu avec une plante. Elle se méfiait même de la boutique de sa mère se disant qu'avec le feeling qu'elle avait avec les plantes si elle passait seulement dans une allée, l'une des plantes qu'entretenait Hélène pourrait se décider à l'attaquer sans que Joyce lui ait fait quoi que ce soit.

« Ce n'est pas le sujet que je connais le mieux, mais oui ça m'évoque quelque chose. » elle attendit que Sainclair eût fini de parler avant de reprendre « Croyez-vous que Salomon a été un être magique ? »

Sa question était saugrenue et peut-être déplacée, mais elle était sortie toute seule, tout naturellement. Elle ne connaissait pas grand-chose du roi Salomon, en fait, elle se souvenait de quelques bribes de son histoire mais il faudrait qu'elle relise certains livres pour bien s'en souvenir, les informations étant rangées quelque part dans sa tête mais pas prêtes à ressortir comme ça. C'était comme si elles étaient enfermées dans un carton enseveli sous d'autres cartons. Il y avait bien des créatures magiques dans leur monde, pas seulement des sorciers, il y avait des vampires, des loup-garous, des vélanes et bien d'autres encore ! Il fallait bien quelque chose pour avoir donné de telles propriétés à cette année et les écrits gravés dessus en étaient peut-être la cause. Si l'une d'entre elles s'avérait à disparaître alors la bague n'aurait plus aucun pouvoir. En tout cas, quelque chose avait bien dû l'ensorceler et les sortilèges ne pouvaient pas durer tant de temps ou en tout cas il fallait un puissant sorcier. Les pensées de Joyce s'égarèrent sur un souvenir, celui de quand elle était petite et que sa mère racontait à son frère et elle l'histoire des trois frères. Il y avait la pierre de résurrection, la cape d'invisibilité et la baguette de sureau. Peut-être qu'un ancien détenteur de la baguette de sureau – si elle existait – avait ensorcelé cette bague, parce que la belle rousse ne voyait que cette baguette capable d'une telle chose. Le sorcier pouvait être faible mais en détenant la baguette de sureau il devenait puissant, très puissant.

« Vous croyez aux histoires ? et si le conte des trois frères n'était pas qu'un conte mais une réalité, si les trois artefacts existaient. Peut-être qu'un ancien détenteur de la baguette aurait pu ensorceler cette bague ? Peut-être que ce qu'il y a marqué sur l'anneau ne sont que des écrits, peut-être quelques runes ou un langage oublié et que c'est des sorts qui font qu'elle a de tels pouvoirs ? »

Joyce était bien contente d'avoir étudié à Poudlard, elle se voyait mal à Durmstrang ou à Beauxbâtons, peut-être qu'elle aurait été bien dans cette école japonaise . Ils avaient un excellent niveau de Quidditch. Mais elle ne pouvait penser toujours qu'au Quidditch et c'était ce qu'elle faisait. La miss Weather avait bien d'autres centres d'intérêt, bien d'autres passions et l'Histoire de la Magie en faisait partie. Il n'y avait pas que le sport dans sa vie même si le Quidditch en prenait une grande partie. Elle ne comprenait pas comment l'Histoire de la Magie ne pouvait pas être bien enseignée, c'était une matière importante selon la jeune fille, il était important de connaître son passé et d'en tirer les leçons que l'on devait en tirer. Mais Durmstrang était réputée pour d'autres choses, comme ses liens avec la magie noire. On ne devait pas y avoir les meilleures fréquentations là-bas. Pourtant d'après ce qu'elle savait, il y avait un excellent attrapeur ou plutôt il y avait eu un excellent attrapeur qui jouait dans l'équipe de son pays, Viktor Krum. Et puis, il n'était pas trop déplaisant à regarder. La métamorphomage espérait un jour concourir contre lui, il avait un haut niveau et elle se disait que si un jour elle devait être contre lui c'était qu'elle aussi aurait un haut niveau. Écoutant les paroles de Connor, elle se contenta d'un bref et petit hochement de tête ne cherchant pas à dire quelque chose car au fond il n'y avait rien à dire. C'était dommage qu'à Durmstrang il n'y est pas un aussi bon enseignement qu'à Poudlard.

Si on laissait de côté la Nuit Rouge, la mort de Zaccary et le fait que Duncan était à présent un loup-garou, la scolarité de Joyce à Poudlard lui avait plu, beaucoup même. À Serdaigle elle ne s'était jamais sentie exclue, elle s'y était fait rapidement des amis et pour compléter le tout son jumeau avait été dans la même maison qu'elle, comme Zaccary. Elle n'avait pas rejeté les autres maisons, cette guerre entre maisons où il ne valait pas mieux sympathiser avec les Serpentards elle l'avait trouvé stupide dès le départ. Et puis, elle y avait des amis à Serpentard, les jumeaux Rogue et ils étaient sympas, pas méchants et elle doutait qu'un jour ils soient intéressés de devenir des mangemorts. Mais Joyce ne pouvait pas plaire à tout le monde et forcément il y avait bien eu quelques personnes qui l'avaient pris en grippe mais la miss Weather avait fait avec sans vraiment s'en soucier, préférant se concentrer sur ses amis et ses études que sur ceux qui ne l'aimaient pas. On ne pouvait pas plaire à tout le monde. Même si elle n'avait rien de spécial de prévu pour cette après-midi et que la conversation était intéressante, Joyce se dit qu'il serait préférable que oui, elle s'en aille, ainsi elle ne distrairait plus l'homme qui pourrait étudier en profondeur la bague qu'elle avait apporté ou d'autres dossiers. Une exposition ? La belle rousse n'en demandait pas tant, elle voulait juste savoir pour la bague, si celle-ci était exposée tant mieux, mais Joyce s'en fichait, elle s'en fichait de la renommée – de toute manière si elle rentrait dans une équipe professionnelle elle en aurait une – se levant, un petit sourire sur ses lèvres elle reprit la parole.

« Si vous voulez qu'elle soit exposée, allez-y, mais je ne suis pas venue pour ça. Je m'en fiche qu'elle soit exposée ou non, je veux juste … savoir ce qu'elle est, hormis un anneau magique. Et pour vous répondre, oui j'aimerais bien être tenue des avancées de vos recherches. Je vais donc vous souhaiter une bonne après-midi et bon courage pour vos recherches. »

Elle ne s'était pas exprimée sur si oui ou non elle était attendue autre part, restant discrète sur ce point, préférant faire bref que s'étendre alors qu'elle n'avait pas à le faire. Elle finit donc par sortir, cherchant à retrouver un ascenseur qui l'emmènerait à l'entrée où elle pourrait sortir du Ministère.
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Connor Sainclair
Archéomage
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Mer 27 Avr - 18:58


Destination Darkness
J’ai toujours préféré la mythologie à l’histoire parce que l’histoire est faite de vérités
qui deviennent à la longue des mensonges et que la mythologie est faite de
mensonges qui deviennent à la longue des vérités.




Ah, le Département des Mystères… Voilà de quoi vendre du rêves aux petits et grands, de sept à soixante-dix sept ans, et ce depuis la première année d’étude jusqu’à bien après l’âge de la retraite. Tout ce qui était inconnu fascinait, forcément, et le fameux sanctuaire de l’épouse du célèbre Sirius Black comptait parmi les plus illustres exemples de cette logique. Tout et rien pouvait en devenir l’objet : une portion de forêt par laquelle vous n’étiez encore jamais passé, une fleur intrigante au fond d’un fossé, un message énigmatique vous fixant un étrange rendez-vous… Il n’y avait pas besoin de beaucoup pour piquer la curiosité humaine, ce qui tombait bien, puisque dans la majorité des cas, c’était justement l’absence de toute information qui mettait au monde les secrets les plus palpitants. C’est sûr qu’à côté, l’archéomagie paraissait encore plus rasoir qu’elle ne l’était déjà… Mais bon, il en fallait bien pour tous les goûts, non ? Tous les petits Moldus rêvaient de devenir pompiers, policiers ou astronautes quand ils étaient enfants ; d’autres faisaient mentir la généralité, au fur et à mesure de leur scolarité, ou même dès le départ, car magiciens ou non, nous ne sommes pas tous faits du même bois, et qu’avec une bonne dose de chance, nous finirons tous par trouver notre place dans ce vaste monde.

-Certaines d’entre elles, admit Sainclair, avec modestie, non sans se demander quel chiffre aurait réussi à impressionner les jeunes gens de l’âge de Joyce, grands amateurs d’exploits devant l’Eternel, comme ils l’auraient été d’un bien de consommation. Pas toutes, loin de là. Il paraîtrait bien fat de prétendre atteindre un tel but : nombre d’entre elles, à l’instar de tant d’autres objets ensorcelés, resteront à jamais hors d’atteinte, avalées par l’oubli, ou tout simplement inatteignables par manque de données fiables.

Et ça n’était pas grave, Connor en aurait même presque haussé les épaules si une telle attitude n’avait pas eu l’air si insolemment désinvolte. Quel charme y aurait-il eu à mener des quêtes à l’issue toute tracée, quasiment servies sur un plateau ? Autant vraisemblablement que de mener un match de Quidditch contre une équipe léthargique, refusant de faire autre chose que du sur-place. Bien des choses devenaient fades quand la facilité s’invitait à la fête. À ce titre, le challenge constituait une drogue aussi puissante et enivrante que le mystère susnommé.

-Quant au Département des Mystères, nous ne sommes que rarement en contact avec eux, uniquement lorsque l’objet de nos recherches peut représenter un danger pour la sécurité de la population, de par des propriétés incontrôlables et dangereuses. Sinon, le Département des accidents et catastrophes magiques est notre service référent auprès du Ministère, ce que je trouve très approprié. Ce que mes collègues et moi-même est destiné à profiter au plus grand monde, et non à finir dans un tiroir uniquement connu par le Directeur du Département. Il s’agit d’un savoir auquel chaque citoyen a le droit d’avoir accès dans un musée.

Une philosophie que le service du Ministère où travaillait le père de miss Weather n’aurait pas vraiment pu conjuguer à son ADN propre : rien que le nom de cette section, ou encore le titre des agents y œuvrant, laissaient sous-entendre que le grand public n’avait rien à faire dans ses affaires, et encore moins connaître les résultats de ses entreprises. La transparence n’apparaissait pas dans le cahier des charges, ce qui d’ailleurs posait une double question : si les citoyens n’avaient pas accès à ce qui pouvait bien se tramer derrière les murs du Département, qu’en était-il précisément des personnes censées assurer en interne la surveillance de ce dernier ? Kate Black aurait-elle pu jurer que toutes les initiatives prises par ses agents respectaient scrupuleusement les lois, même dans des cas extrêmes où transgresser les règlements devenaient, sinon tentant, quasiment une nécessité ? Et quid du Ministre Goldstein ? Connor n’était pas plus au fait que cela du fonctionnement de ce corps, mais d’instinct, il avait choisi une position légèrement critique vis-à-vis de lui, car toute organisation de l’ombre échappait en un sens à un contrôle plein et entier, la porte ouverte donc à bien des dérives, sans que quiconque remarquât quoi que ce fût. L’Histoire fourmillait d’exemples, lors desquels des choix moraux avaient été faits par légions ; une réalité que connaissait bien l’archéomage, sans cesse confronté aux remous du passé. Quant à savoir si ces fameuses actions potentiellement critiquables méritaient d’être condamnées par tous… Le sorcier laissait sans mal la société en décider toute seule, en se contentant de prêcher pour une vigilance que ma foi, tout à chacun aurait normalement dû prôner envers le Gouvernement, sans aller jusqu’à sombrer dans la paranoïa ou l’extrémisme de l’Anarchie.

Sur la Bague, à deux ou trois endroits, des inscriptions semblaient se répéter, sublimées par l’éclat dansant des bougies, seule source de lumière dans ce bureau sans fenêtre que l’administration avait octroyé à ce collaborateur de passage, dans son immense mansuétude. Lorsqu’il avait tenu le bijou entre le pouce et l’index, le magicien n’y avait pas fait attention, mais le hasard avait fait que la manière dont il avait posé l’anneau sur le meuble augmentait le contraste de certains glyphes gravés dans le métal, dont certains groupes paraissaient fort semblables. L’Ecossais pensait y reconnaître le nom hébreu pour Yahweh, un des rares mots qu’il connaissait dans cette langue compte-tenu du nombre de fois où il l’avait croisé au cours de ses années d’expérience ; pourtant, il n’aurait pu en jurer, pas en se fiant uniquement à un coup d’œil aussi bref que fortuit. Etait-ce le nom de leur Dieu, celui de Salomon, de l’artisan signant son œuvre à plusieurs reprises ? Etait-ce une prière, une formule destinée à n’agir que lorsque celui ou celle portant la pièce d’orfèvrerie prononcerait certains mots, le désirerait ardemment, ou lancerait certains sortilèges bien particuliers ? Rien n’assurait que les analyses à venir fourniraient des réponses, ou seulement des éléments de réponse, à cette énigme comme aux autres. Le chercheur n’y voyait pas un mal, tant que la sécurité des personnes qui auraient à la côtoyer, au laboratoire comme bien après, dans les allées du Muséum, en tant que simples visiteurs curieux d’apprendre. L’étape d’après était visiblement d’apprendre à laisser le mystère intact, pour que justement, il ne perde pas de son charme…

Décidément, Joyce ne tarissait jamais de questions, et cela amusait presque Sainclair, sous cape, plutôt que d’à la longue lui faire perdre patience. Elle lui rappelait presque, Aliénor, sa sœur cadette, lorsque celle-ci était petite : une grande amatrice du « et pourquoi… ? », comme bon nombre d’enfants de son âge, pour qui chaque explication générait une nouvelle interrogation. Compte-tenu de la relative liberté qui avait été celle de son frère adoptif, à qui Lord MacFly avait épargné les longs et pénibles entraînements auxquels Siméon n’avait pu échapper, la petite l’avait donc repéré comme étant une source disponible et inépuisable de renseignements, pour régulièrement le soumettre à un feu ininterrompu de demandes diverses et variées. Si d’aucuns auraient fini par s’irriter, car bien des fois confrontés à leur inculture ainsi qu’à leur méconnaissance du monde, le magicien avait préféré y voir un défi, une perpétuelle remise en cause d’un savoir que beaucoup déjà auraient jugé largement suffisant pour un homme de son âge, voire sacrément impressionnant.

-Force est de reconnaître que ne serait-ce que du côté moldu, bon nombre de contes et légendes sont nés à cause d’une confrontation à la magie, consciente ou non. Par exemple, le personnage de la sorcière, qui apparaît dans de nombreuses histoires pour enfants, vient selon une hypothèse communément admise de disfonctionnements des sortilèges de repousse-moldus, à l’époque non encore pleinement opérationnels, qui auraient donné l’occasion à certains d’entrapercevoir la vie quotidienne de nos semblables, alors nullement protégés par une frontière aussi imperméable qu’aujourd’hui, et surtout au monde de vie encore relativement solitaire. La peur de l’inconnu, l’imaginaire collectif ainsi que la transmission orale ont fait de ces brefs « moments de contact » des allégories heureusement sans conséquences, si ce n’est culturelles.

L’évocation du conte des Trois Frères laissa songeuse une partie de lui-même, alimentée par une mémoire qui rarement faillait, prolixe en détails aisément qualifiables d’anecdotiques. Lady MacFly racontait parfois à ses deux garçons, et plus tard à ses trois bambins, cette histoire de Beedle le Barde selon laquelle les fils Peverell auraient réussi à extorquer à la Mort elle-même trois objets connus sou le nom funeste de Reliques de la Mort ; un récit qui ne manquait jamais de les faire rêver autant que frissonner. L’idée de pouvoir rencontrer l’incarnation du trépas n’avait jamais manqué de suscité une sorte de fascination morbide chez le jeune Sainclair, dont il s’était bien gardé de parler, même à Siméon, afin de ne pas sembler bizarre, voire légèrement fêlé. Peut-être était-ce dû à un souhait inconscient, celui de voir le trépas personnifié tenter de le tromper, en lui demandant s’il désirait revoir ses parents disparus ; ce à quoi le jeune homme aurait répondu par un refus, arguant qu’il avait tourné depuis longtemps la page, et que le sort de ses géniteurs ne l’importait plus. S’il en avait eu l’occasion, aurait-il réellement réussi à se montrer aussi détaché, à conserver une voix forte et claire, dénuée de chagrin et de doute ? Ma foi, le Connor de cette époque en aurait mis sa main à couper, mais son double plus âgé, lui, dépréciait avec la tendresse de la « vieillesse » cette affirmation bravache, conscient que certaines plaies secrètes continuaient d’exister, quand bien même on désirât de toutes ses forces qu’elles disparaissent.

La réminiscence qu’avait involontairement provoquée la joueuse de Quidditch avait été fort brève, petit rayon de soleil ayant duré à peine plus qu’un battement de cils, et l’archéomage n’avait qu’à peine semblé songeur, possiblement même de façon quasiment indétectable.

-Peut-être. Ou bien est-ce un faux fabriqué de toute pièce il y a à peine six mois, et destiné à monter une escroquerie sur le marché noir se chiffrant à plusieurs milliers de gallions. Nous n’avons qu’un moyen de le savoir, ou du moins d’essayer d’en avoir le cœur net : procéder à des investigations plus poussées. Il est bon de laisser libre cours à son imagination, afin de tenter de ne rater aucune piste potentielle, mais cela reste un jeu dangereux, qui peut mener se perdre dans d’infinies conjectures, ou pire, chercher désespérément à faire coller à tout prix le peu de preuves que l’on ait à l’hypothèse que l’on désire ardemment être la bonne. Confronter ses idées aux indices concrets que nous avons entre les mains constitue un exercice qu’il faut se forcer à réaliser régulièrement, pour se garder sur les bons rails, et ne rien affirmer sans un taux satisfaisant de certitude.

Il s’agissait en définitive d’une approche déductive que l’on aurait pu retrouver dans un roman de Sherlock Holmes, ou encore dans la bouche d’un scientifique se rattachant à une science dite « dure » -l’archéomagie, malheureusement, n’ayant pas le droit de se vêtir d’un adjectif aussi prestigieux-, et qui parlait à tout le monde… Mais plus difficilement lorsqu’il était question de la mettre en œuvre. Qui n’aurait pas voulu, consciemment ou non, que la vieillerie qu’il venait de trouver soit en réalité un vestige oublié après lequel des générations d’explorateurs avaient couru ! Malheureusement, une telle fougue menait bien souvent à commettre des erreurs grossières, ce dont le comportement terre-à-terre et presque flegmatique de Sainclair le préservait en général. Il avait émis l’hypothèse qu’il s’agissait de la Bague de Salomon, et c’était son option numéro un dans l’ordre des probabilités ; si cependant, au fur et à mesure, des résultats tendaient à remettre en cause ce postulat de départ, il les accueillerait avec impartialité, modifiant son raisonnement en conséquence sans regrets. Allez savoir, si miss Weather était tombée sur un de ses collègues plutôt que lui, d’autres conclusions initiales, diamétralement différentes, auraient pu être tirées ! Connor trouvait dommage, en un sens, que si peu de matières à l’école forment les jeunes sorciers et sorcières à s’imposer semblable rigueur, en support d’une plasticité intellectuelle utilisée à bon usage : au final, seule la Botanique et les Soins aux créatures magiques paraissaient offrir un tant soit peu cette opportunité.

En tout cas, si l’historien se fiait à son instinct, son interlocutrice était parfaitement capable de comprendre ce principe, et plus encore de l’appliquer d’elle-même, quand bien même son esprit semblât bouillonner de mille et unes perspectives, comme autant de feux d’artifice enflammant de leurs étincelles une nuit d’été. Ce bel élan de liberté, si naturel venant de la jeunesse, devrait néanmoins composer avec un cadre rigide propre au monde des adultes, et a fortiori des adultes travaillant pour l’administration et le Gouvernement. Au désintéressement prôné par l’ancienne Serdaigle, que beaucoup auraient jugé noble de sa part, Connor répondit par un léger haussements d’épaules, signe non pas d’indifférence, mais bien d’impuissance.

-J’en prends bonnes notes, mademoiselle, mais je crois que ce ne sera pas vraiment de mon ressort, voire même pas du tout. C’est au conservateur du Muséum magique de décider de l’ampleur de la communication à déployer autour des nouvelles pièces que moi et mes confrères plaçons sous sa garde… Et si nous sommes bel et bien en présence de la Bague de Salomon, ce sera même à Levi Goldstein de décider de ce qui adviendra. Selon le degré de caractère légendaire de votre acquisition, on en parlera plus ou moins, et vous serez plus ou moins sollicitée.

Quant à son propre sort, il paraissait scellé : ce cher Phinéas n’allait certainement pas rater l’occasion de demander des réunions de travail à intervalle très régulier afin de se tenir au courant des dernières avancées, et un entretien avec le Ministre paraissait même probable, ne serait-ce que pour traiter des aspects sécurité de l’affaire. Au moins Sainclair savait-il à peu près à quelle sauce il serait mangé –encore que, il n’aurait sans doute pas imaginé que la médaille du Mérite magique s’inviterait à la fête-, ce qui ne l’effrayait guère, vu le nombre de réceptions et de séminaires qu’il avait dû endurer depuis sa sortie de la fac. Poliment, le mage se leva pour raccompagner sa visiteuse jusqu’à la porte.

-Ce sera fait, s’engagea-t-il concernant les hiboux qui seraient envoyés de sa part à destination de la demoiselle, un sourire aimable aux lèvres. À bientôt donc, mademoiselle Weather.

Le globe-trotter sortit à sa suite, pour tourner directement sur leur droite, en direction d’un couloir qui le mènerait au bureau d’un de ses collègues, le premier d’une longue liste à être informé de la fabuleuse découverte de Joyce. Du coin de l’œil, il vit la rouquine hésiter, et lui lança donc en passant, presque par-dessus son épaule :

-Quatrième porte à gauche, pour l’ascenseur. Une fois au niveau zéro, suivez le mur sur votre droite, vous retomberez sur l’accueil. Bonne fin de journée...!

La sienne ne faisait vraisemblablement que commencer ; que dis-je, tout un pan de leur destin commun venait de s’ébranler, dynamique invisible et pour le moment imperceptible, à l’instar des premiers instants d’un glissement de terrain. Aucun d’eux ne soupçonnait que cet anneau maudit les emmènerait jusqu’à une soirée de gala, au Musée de la Magie de Londres, au terme de laquelle les trois groupuscules politiques illégaux de leurs siècle s’affronteraient et mettraient leur vie en péril, au milieu de collections devenues champ de ruines ; une conséquence qui en enfanterait à son tour, à la manière d’une horrible et inarrêtable réaction en chaîne…








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The Rasmus - No fear
Citation : Jean Cocteau
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