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 :: AVANT DE COMMENCER :: Saison 3 :: Avril-Juin 1999 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

fallaces sunt rerum species | Alexander & Siméon

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Connor Sainclair
Archéomage
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Ven 6 Fév - 18:52

Connor & Alexander & Siméon
« Tout n’est qu’apparence, non ? »
- Alberto Giacometti





Connor était heureux. Oh, le terme était peut-être un peu exagéré, admettons, mais à comparer le point auquel il se sentait bien, en ce début d’après-midi, avec le pâle ordinaire, on pouvait se permettre de le dire épanoui, comme ranimé par la chaleur de l’été et le grand soleil qui baignait Londres de ses rayons. Tout n’était pas rose, bien évidemment, un état de fait que son pragmatisme avait bien voulu édulcorer au nom d’un optimisme qui osait enfin réellement pointer le bout de son nez. Allez savoir, Sainclair faisait sans doute partie de ses personnes qui souriaient avec les beaux jours, et pour qui l’absence de lumière lors des longs hivers équivalait à perdre cette bonne humeur dépendante de la météo comme un tournesol courrait après le bon-vouloir d’Hélios. Et pourquoi cette journée aurait-elle décidé de sombrer vers le désastre ? Le ciel avait revêtu son plus beau bleu, il n’aurait pas à reprendre le chemin de son bureau sous le coup d’un impératif prévu de longue date, et tout le temps libre que lui offrait cette journée serait en bonne partie passé avec Siméon… Que demander de plus ? Certes, ce ne serait pas vraiment Sim qui serait à ses côtés, mais son alias, dont le nom, les traits et presque jusqu’au son de la voix n’avait rien à voir avec la personne avec laquelle il avait vécu en pointillé depuis tant d’années, et leur rendez-vous n’aurait rien du tête-à-tête dans l’esprit de ce qui plaisait tant aux jeunes gens, qui en couple se retrouvaient au bord du fleuve pour profiter un peu de la fraîcheur au cœur de la métropole… C’était mieux que rien, cependant. L’espion venait à peine d’arriver au Ministère, et leurs départements, éloignés l’un de l’autre, ne leur avait jusqu’à lors pas encore permis de réellement être mis officiellement en contact, alors que MacFly prenait ses marques –ou du moins faisait comme si-, guidé par ses nouveaux collaborateurs à mille lieues de s’imaginer qu’ils accueillaient un loup dans la bergerie. Pour le coup, Connor et lui allaient légèrement transgresser le « protocole », puisque théoriquement, on ne se serait pas vraiment attendu à les voir tous deux sortir prendre l’air, vu que pour tous, leur lien ne s’apparentait même pas encore à celui de collègues. Une fois n’était pas coutume, le risque pris n’en était même pas vraiment un : ils se rendaient tous deux, tels deux citadins lambda, aux Jubilee Gardens, là où ils avaient rendez-vous avec Alexander Black. L’archéomage avait d’ailleurs été étonné que son compagnon lui demande si d’aventure cela le gênerait qu’il vienne avec lui pour faire la connaissance au pied du London Eye de cet ami dont il ignorait tout. L’Ecossais s’en souvenait pour deux raisons, la première étant que cette bonne surprise était survenue lors de ce qui serait sans nul doute une de leurs dernières discussions « normales », étant donné que plus le temps s’écoulerait et plus le métamorphomage serait happé par sa tâche, coupant peu à peu les ponts le retenant à son vrai lui au point vraisemblablement de ne plus repasser au Manoir ni à l’appartement de son amant, autant pour conserver intacte sa concentration que pour protéger de toute suspicion son personnage… Et la seconde que, ma foi, de mémoire d’homme, jamais l’Anarchiste n’avait émis semblable requête auparavant. Non pas que Connor ait jamais été contre une pareille idée, au contraire ; ç’avait été l’apparente indifférence de son amant pour ce genre de détails, pour ces petites choses banales qui constituaient sa vie au fond si classiquement plate, en comparaison de ce que représentait le rôle de mentor dédié à la réussite de Darren Hellson. Alors lui, bien sûr, avait conservé son quotidien par devers lui, comme on épargnerait à ses proches lors d’un dîner le récit particulièrement ennuyeux d’une existence qui ne passionnait que celui qui la vivait. Il était cependant vrai que bien des choses avaient changé entre eux ces temps derniers, et l’archéomage avait pris cet intérêt flambant neuf avec une certaine satisfaction, heureux de voir Sim se comporter un peu plus comme l’aurait fait un petit ami.

Le trajet depuis le portoloin le plus proche du parc s’était fait sans embuche mais sans proximité non plus : Sainclair prenait soin de conserver toute sa réserve, sensibles à ces cercles concentriques invisibles entourant chaque personne, et délimitant différentes zones où l’accès vous classait en des catégories de plus en plus intimes au fur et à mesure que vous vous rapprochiez de l’épicentre. Aucun geste ne devait les trahir, le globe-trotteur réalisant parfaitement qu’il représentait le plus grand danger pour l’infiltré, en tant que seul lien entre ce dernier et sa véritable identité, si bien qu’une certaine distance s’était installée entre eux, artificielle, obligatoire, les plaçant hors de tout soupçon. Le tour de force, détestable en soi, s’était réalisé assez aisément au final, compensé pour Connor par le plaisir innocent de présenter Alex à Siméon, et de passer un bon moment en compagnie de deux personnes lui étant chères. Ah, si l’ingénu avait su sur quelles fondations s’était réellement construite cette rencontre, le rêve aurait prestement avorté…

Dès que son regard repéra le jeune Black, dans le dos duquel se découpait l’élégante silhouette de la grande roue, un sourire franc éclaira son visage, accompagnant sa main qui se leva pour attirer son attention. Quelques pas supplémentaires suffirent à le rejoindre :

-Salut Alex, content de te voir, le salua le sorcier avec la tranquille gaieté qui lui allait si bien. Nous n’avons pas le plaisir d’avoir avec nous la charmante Madeleine aujourd’hui ?

La question tenait plus de la boutade rhétorique que de la remarque potentiellement apte à se voir confondue avec un discret reproche, ce sur quoi l’éclat malicieux de son regard ne laissait aucun doute. Poliment, il se plaça de biais, afin d’accomplir sans plus de délais son devoir d’intermédiaire :

-Alex, je te présente le collègue dont je t’ai parlé, nouvellement arrivé au Ministère…

Le bref échange de hiboux l’avait d’ailleurs conforté dans l’idée déjà bien ancré en lui que le jeune homme était un chic type, car ce dernier n’avait pas eu à se faire prier : dès que son ami lui avait demandé son feu vert pour amener avec lui un nouveau venu connaissant encore peu de monde –et se retrouvant ainsi tout seul cette après-midi-là-, Alexander s’était montré très ouvert, et avait accepté obligeamment qu’ils soient finalement trois pour profiter de cette météo idéale pour aller prendre un verre, marcher le long de la Tamise ou toute autre activité qui pourrait bien les tenter ; ce dont le mage le remercierait encore dès qu'il en aurait l'occasion. Comme quoi, chez Connor comme chez le fils de Sirius Black, la gentillesse serait définitivement quelque chose qui les perdrait…






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Siméon MacFly
Espion des anarchistes & mentor d'Hellson
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Mar 17 Fév - 19:16


Etre sous couverture. Il était de nouveau lui-même, à la limite de la schizophrénie et de la réalité. Le genre de sentiment qui vous prendre aux tripes pour ne plus vous lâcher et faire de vous un homme que la plupart des gens détesteraient. Pourtant, ils vous aiment, croient, boivent vos mensonges comme s'ils étaient assoiffés de ce genre de paroles. Savaient-ils seulement au combien il est dangereux de ne pas se méfier de ce joli minois ? Siméon était un prédateur élevé par un homme froid et sans réel sentiment. La vie avait fait de lui l'Homme qui l'est aujourd'hui. Celui qui marchait sous une autre identité au côté de celui que son cœur avait choisi depuis des années maintenant. L'été était bel et bien présent. Les enfants jouaient dans les fontaines et courraient sous le regard de leurs mères qui bavassent entre elles. Toutes ces abeilles qui bourdonnaient dès que le printemps arrivaient : insupportaient toujours autant le métamorphe. Pourtant aujourd'hui, il n'était pas différent de ces personnes. Siméon n'aurait jamais pris la peine de marcher ainsi sans avoir de but précis, juste pour le plaisir de prendre l'air. Non. Il aurait été dans une salle à s'entraîner encore et encore parce qu'il ne se pensait jamais prêt. C'est l'arrogance qui vous conduit à votre perte. S'il pouvait l'être parfois, jamais concernant ses capacités. Till, son personnage, oui. Tel un idiot, ce dernier aimait les ballades, les choses simples de la vie comme une simple tasse de thé pour quatre-heures avec quelques biscuits. So british certains diraient malgré l'origine Allemande de son personnage. Il se le devait. Que ne donnerait-il pas pour un bon verre de whisky et une bonne cigarette ! Néanmoins, il ne pouvait pas. Le moindre faux pas et ce n'était pas les lèvres de Connor qui allait l'embrasser, mais les détraqueurs. Connor semblait ravit. Siméon s'était proposé de l'accompagner pour rencontrer un de ses amis. Quelque chose dont il n'avait pas envie, mais Alexander Black pouvait avoir des informations. Le genre qui pourrait intéresser son poulain. Pour Darren, il n'y avait pas de limite. Même pas celle de la trahison. Quand bien même elle incluait une personne chère à son cœur. Si Connor n'apprenait jamais ce plan, alors il n'y avait pas de mal fait n'est-ce pas ? L'espion se répétait ces mots pour apaiser sa conscience. L'anarchiste, parfois sot, avait cru qu'il aurait la possibilité de voir plus son amant une fois infiltré même si son physique n'était pas celui habituel. Malheureusement, ce n'était pas le cas. Ils ne travaillaient pas dans le même département, il était donc impossible pour eux de se côtoyer sans que les sorciers colportent mille et une rumeur. Prenant son mal en patience, il attendait d'être dans la demeure familiale pour se montrer proche de son amour. Tout du moins, aussi proche que pouvait l'être un MacFly en mission.
Pourtant, et pourtant, il prenait le risque de faire bavasser les gens à leurs sujets en se montrant ouvertement dans un lieu public. Si Siméon ne parlait pas, c'était principalement parce qu'il cherchait une histoire plausible à faire avaler à quiconque serait trop curieux. De mémoire, cela faisait bien des années qu'il n'avait pas pris un risque pour Connor. Darren avait eu toute son attention ces dernières années : délaissant l'archeomage. Il n'y avait pas de retour possible pourtant. Malheureusement, Siméon avait dévoilé ses sentiments pour Sainclair et il était un homme de parole. Il ne reviendrait pas sur ces trois mots. Au loin, un homme. Taille moyenne, une chevelure qui valait toutes les cartes de visite : le fils de Sirius Black. Beaucoup pensaient que les Anarchistes étaient derrière cet enlèvement. Pensaient-ils réellement que Darren serait assez sot pour commencer à s'attaquer aux aurors ? S'il vous plaît ! Siméon considère son parti plus évolué que les autres ! Laissant Connor prendre les devants et montrer une nouvelle fois son talent pour créer une connexion avec son prochain, le metamorphe resta en retrait pour observer le jeune homme. Son amant cita une personne qui semblait absente. L'espion n'était pas réellement étonné. Il savait qu'avoir un joli minois comme Alexander et lui-même attiraient beaucoup de proies. Tant de commodité enquiquinait Siméon qui tentait de rester calme et de rester dans son personnage. Dans un cas contraire, il aurait rapidement tourné les talons pour faire autre chose de sa journée. Malgré tout, il resta sur place, immobile tandis qu'il était présenté.

« Till Kieser, ambassadeur des Anges d'Allemagne. » Son accent à couper au couteau était parfait, ses heures d'entraînements payaient et le sorcier n'était pas peu fier de son travail sur ses cordes vocales. « Je suis honoré de rencontrer le fils de Sirius Black. Votre père est un grand homme. »

Si Till disait cette phrase sans arrière-pensée, Siméon au contraire espérait en savoir plus sur l'enquête et sur l'état d'âme de ce fiston dont le père a disparu. Il passa sa main dans ses cheveux blonds avant de suivre les contours de sa mâchoire avec sa main caressant une barbe de quelques jours. Ses yeux vert émeraude étaient posés sur l'ami de Connor. Pas de dédain dans ces dernier ou bien d'air supérieur qui caractérise tant MacFly, mais une simplicité et de la bienveillance.
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Sam 28 Fév - 15:18
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Arrivant sur les lieux, je cherchais mon ami. J’avais été heureux de savoir sa proposition à sortir un peu. Connor et moi nous entendions magnifiquement bien malgré nos âges différents. C’était assez étrange d’ailleurs. Nous ne vivions pas du tout dans les mêmes contextes et pourtant une amitié nous liait indiciblement. Quand on était ensemble, on pouvait sentir une confiance aveugle entre nous. C’était instinctif. On se comprenait et on se soutenait sans avoir besoin de le demander. Connor était un homme qui ne se formalisait pour un rien. Depuis notre rencontre et avec le temps, j’avais alors appris à lui faire confiance sans ne me poser aucune question. C’était une complicité qu’on ne pouvait inventer et qui pouvait faire jalouser plus d’un sur la liaison d’esprit qui nous unissait. C’est ainsi que quand il m’avait présenté les faits – un ami depuis peu dans la région en quête d’occupation – j’avais accepté sa proposition de le rencontrer et passer une bonne après-midi ensemble à trois. Une sortie entre hommes n’était pas plus mal. Je regrettais presque l’absence de Bryan. J’aurai pu présenter cet ami à mon tour à Connor. Après tout j’étais presque sûr que Connor et Bryan pouvaient s’entendre. On aurait alors pu apprendre se connaitre tous les quatre et former un quatror qui pourrait sortir assez souvent. Me doutais-je du lien entre mon ami et cet homme ? Aucunement. Je m’entendais merveilleusement bien avec Connor mais j’étais loin de me douter de tout. Connor n’était pas très éloquent sur ses affaires privées. De toute façon nous n’avions pas besoin de savoir les détails de la vie privée de chacun pour s’entendre. On s’accordait dans notre simplicité et notre gentillesse et c’était tout ce qui importait à mes yeux.

Un homme se dessinait alors face à moi. Son âge semblait être aussi avancé que celui de Connor sans pour autant le juger trop vieux. Quarante ans ? Peu m’importait du moment qu’il ne faisait pas partie de ces sales vermines d’anarchistes. En soit je n’étais pas très compliqué. Si ? Je ne connaissais donc rien de cet homme mais j’avais confiance en Connor pour ne pas m’inquiéter outre mesure sans imaginer que l’homme qu’il allait me présenter faisait partie selon moi du groupe responsable de la disparition de mon père. Je vouais une haine puissante pour les anarchistes. N’étant cependant pas au courant du double jeu – et il ne valait mieux pas si Till ne voulait pas finir par passer un mauvais et sal quart d’heure –, je ne risquais ni de m’offusquer, ni de poser problème à cette rencontre…

« Salut Alex, content de te voir. Nous n’avons pas le plaisir d’avoir avec nous la charmante Madeleine aujourd’hui ? »

« Salut ! Non, Maddy est avec sa maman. » lui répondis-je tout sourire.

Maddy était mon petit rayon de soleil. Parler de la petite était le meilleur moyen de me redonner le sourire. Son innocence était une douce pommade à toutes mes idées noires. Elle n’était peut-être pas ma fille mais je la considérais comme ma filleule. C’est quand je regardais Maddy que je trouvais le courage d’avancer. Beaucoup aurait pu penser que je puisse consoler mon deuil dans les bras d’une femme. Je le faisais dans le regard d’une enfant. Elle me donnait envie de me relever, de me battre de nouveau et un jour d’avoir ma propre fille, la miniature de sa mère avec laquelle je partagerais un amour – certainement compliqué me connaissant – mais des plus passionnés et doux. Je retrouvais le goût à la vie grâce à Maddy et doucement, sans oublier Joanne, j’apprenais à avancer de nouveau… Connor se plaça alors de façon à pouvoir me présenter son ami :

« Alex, je te présente le collègue dont je t’ai parlé, nouvellement arrivé au Ministère… »

« Till Kieser, ambassadeur des Anges d'Allemagne. » dit-il avec un accent bien allemand. « Je suis honoré de rencontrer le fils de Sirius Black. Votre père est un grand homme. »

« Enchanté de même Till. » dis-je sans m’attarder sur les paroles concernant mon père.

Je ne voulais pas en parler. Mon père avait disparu depuis plusieurs mois et je traquerais le responsable inlassablement. Pour moi, c’était maintenant devenu une certitude. Les anarchistes étaient responsables. Il ne me restait plus qu’à retrouver mon père et faire justice moi-même si je ne revoyais jamais mon père en vie. J’étais prêt à détruire ma vie pour venger mon père et la tête d’Hellson y passerait comme toutes celles qui l’auront aidé dans la manœuvre. Je ne trouverai repos sans avoir vengé mon père et pour ça j’étais capable de la plus belle des bêtises, celle de m’allier aux mangemorts pour arriver à mes fins puisque l’ordre était trop incapable pour y arriver. Seulement nous n’en étions pas encore là et je finis par ouvrir la conversation, oubliant mes douleurs et rancunes :

« Et bien, que dites-vous de se poser à une terrasse tranquillement ? » dis-je dans un sourire enjoué en direction de Connor avant de me tourner vers Till. « Je connais un bar sympa à vous faire découvrir puisque vous êtes nouveau en ville. » dis-je d’un ton encourageant.

Je les invitais alors à me suivre, prenant malgré tout inconsciemment ma place aux côtés de Connor, les mains dans mes poches de jean pour flâner comme je le faisais souvent. J’avais ce naturel déconcertant pour me balader tranquillement pour ne pas dire « pavaner » pour reprendre les mots de mon ancien professeur de potion. Quoi qu’il en fut, nous arrivions devant le bar et j’invitais ma nouvelle petite trouve à s’installer. La serveuse arriva pour prendre nos commandes. Le bar étant moldu, il fallut s’adapter sur le nom des boissons mais l’accueil était chaleureux. Je commandais pour ma part une simple bière. Une fois la serveuse partie, assis à côté de Connor, je m’appuyais sur le rebord de ma chaise du même côté pour dire à mon ami :

« Tu sais que la petite a développé un goût pour le chocolat ? » dis-je presque fier. Pour comprendre, il fallait savoir mon goût immense pour le chocolat. Je ne dirais pas vendre ma mère pour du chocolat mais... j'aimais avec ardeur cette sucrerie et malheureusement j'avais refilé ma maladie à la petite qui entrait dans une phase où elle cherchait à faire tout comme moi. J'allais poursuivre mais pensant à Till qui ne devait pas tout comprendre, je me repris en sa direction : « Madeleine, dont parlait Connor précédemment, est en fait la fille de ma colocataire et amie. Elle a deux ans et c’est une enfant qui aurait la capacité de redonner le sourire à n’importe quel être sur cette terre. » dis-je pour lui expliquer. « Vous avez d’ailleurs des enfants Till ? » demandais-je finalement sur le fil de la conversation.

Il était dur de ne pas me voir parler de Maddy constamment et je pourrais tergiverser des heures sur le sujet. Cette petite était tout simplement exceptionnelle. Elle grandissait aussi à une vitesse inimaginable. Rassurez-vous cependant, je n’allais pas parler de Maddy toute la sainte journée. En effet, j’attendais un peu mais j’avais une très bonne nouvelle à annoncer à Connor…
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Connor Sainclair
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Sam 25 Juil - 23:12


Le monde est un grand bal où chacun est masqué
What if I told you who I really was, what if I let you in on my charade ?
What if I told you what was really going on ; no more masks and no more parts to play.




Connor n’avait aucune certitude que cela allait bien se passer. Après tout, tout le monde n’était pas fait pour s’entendre, et il existait un risque que Siméon n’apprécie pas son ami, comme il s’avérait également possible que son amant abhorre toutes les personnes dont il était proche à l’exception de leur sœur, mais le mage avait bon espoir. Le fait de désirer qu’une chose advienne suffisait rarement pour qu’elle se réalise, certes, mais enfin, si l’on ne tentait jamais l’impossible, comment avoir la certitude qu’il se révélait effectivement inatteignable ? Une certaine philosophie quelque peu benoîte –on pouvait même parler d’hippisme à ce point-là- voulait qu’en pensant et agissant positivement, l’Univers dans son immense mansuétude vous renverrait des signes bienveillants en récompense, et inversement si par malheur vous cédiez aux sirènes du défaitisme. Certes, croire à ce genre de choses à quarante ans paraissait bien étrange, voire même inquiétant de la part d’un homme mûr à la fois savant et éduqué, mais enfin, on se raccrochait à ce qu’on pouvait, dans la vie. Ils étaient bien des êtres capables d’user de magie –de magie, vous pensez !-, alors pourquoi ne pas tabler de temps en temps sur un léger coup de pouce du destin ? Et puis pour se reposer sur quelque chose de plus terre-à-terre, on pouvait toujours se dire que Connor n’était pas sincèrement amis avec certaines personnes par hasard ; il possédait forcément avec ces dernières au moins un point commun, et puisque Siméon l’aimait pour la personne qu’il était, par voie de conséquence il n’avait pour autre solution que de trouver ses amis au minimum tolérables, non ? En tout cas, l’archéomage savait qu’il pouvait compter sur Alexander pour être égal à lui-même, soit un jeune homme plein de vie au rayonnant sourire, un atout certain pour s’attirer les bonnes grâces de son amant.

L’égoïsme avait également la part belle du côté de Sainclair en cette splendide journée, ne laissant pas le monopole à MacFly et sa petite cabale personnelle : le sorcier n’aspirait qu’à une seule chose, avec l’espoir chatoyant des malchanceux qui après bien des trébuchements entrapercevaient le bout du tunnel, de vivre ne serait-ce qu’une poignée d’heures d’une journée normale avec son compagnon, sans Anarchie, sans explosions, sans disputes ni séparation donnant naissance à une absence indéterminée. Pour un instant, juste un instant, il voulait oublier les mensonges qu’ils allaient raconter à Alex, le personnage que jouait Sim, et le fait qu’une fois cette entrevue terminée, l’espion reprendrait sa mission momentanément laissée en stand-by –du moins était-ce que l’innocent croyait. La modeste joie qui en serait retirée se verrait savourée de bout en bout, à l’image d’une promesse, celle d’un jour voir ce moment s’étirer à l’infini et gagner tant de nouvelles facettes qu’il en deviendrait, en définitive, une nouvelle vie, leur nouvelle vie, rien qu’eux deux et leur félicité flambant neuve. Ce désir vibrant aux accents de caprice, tant de personnes l’avaient déjà goûté, que ce soient les mères de famille de banlieues pavillonnaires chics le jour de la fête d’anniversaire organisé par leurs soins, les gamines aussi sur-maquillées que bouffies d’orgueil qui participaient aux concours de mini miss, ou tout simplement les êtres qui avaient mis tout leur talent et toutes leurs tripes dans un projet dont l’issue ne leur appartenait plus, scrutée avec une impatience mêlée de certitudes très tranchées par celles et ceux qui avaient tout fait pour s’assurer un succès total. Et Connor briguait avec tant de force ce microscopique morceau de bonheur… Quinze ans qu’il attendait un moment comme ça, une étincelle dans le noir, une amarre à laquelle se raccrocher en disant que oui, enfin, ils touchaient enfin au début d’un chemin tranquille grâce auquel remonter la pente. S’il avait fallu qu’il s’arrachât un bout d’âme pour toucher cet idéal, il l’aurait fait de bon cœur, alors imaginez-vous bien qu’aucun grain de sable dans la parfaite machine bien huilée que Sainclair avait lancée ne serait toléré… Oh, pauvre Siméon, pauvre petit menteur qui n’imaginait pas vraiment jusqu’où pouvaient aller les conséquences de ses actes…

Il y avait bien longtemps que Connor n’avait pas vu son amant interagir avec un enfant, à présent qu’Arthur n’avait d’autre choix que d’être considéré comme un adolescent, et quelque part, la présence de Madeleine aurait vraiment été un plus. Tenter de déceler une once d’intérêt de sa part, un peu de tendresse, ne serait-ce qu’une imperceptible réaction que lui seul parviendrait à remarquer, même une pince de mélancolie flottant un bref instant dans son regard en contemplant la jeune demoiselle… Oh, mes très chers, permettons-nous le temps de quelques lignes de devenir des êtres sans cœur capables d’oublier à quel point l’Ecossais aimait et respectait son promis : voyons-le plutôt comme un scientifique, un médecin qui depuis leur adolescence commune avait débuté un long travail de psychanalyse au cours duquel il avait mis à l’épreuve tous les biais imaginables pour que l’humanité du premier-né MacFly ne meurt point. Sa rigueur avait apporté à sa dévotion envers son frère adoptif une dimension terre-à-terre, tellement rationnelle qu’elle en devenait atroce, puisqu’elle faisait de son meilleur ami un cobaye. Le but se révélait louable, n’en doutons pas, mais avait-il le droit de tester en secret divers biais comme le ferait un biologiste appliquant de minimes décharges électriques au cœur d’une grenouille, prêt à noter dans son calepin les observations qu’il pourrait bien faire ? Qui était-il, pour jouer les apprentis sorciers de la sorte avec l’âme de son bien-aimé ? Le fait que l’infiltré puisse se montrer sincèrement touché par la candeur d’un enfant, de façon totalement indépendante du personnage qu’il incarnait, signifiait qu’il avait changement, mais pas forcément amélioration. Siméon avait le droit de se sentir bien sans jouir d’un bonheur classique, cette invention de la société aussi estimable qu’un mirage préfabriqué qu’on vous collait dans le crâne comme étant le seul but à atteindre, et ce avec un tempérament renfermé à la limite du froid polaire. Parfois, Connor oubliait quelque peu qu’entre un monstre assoiffé de chaos et un homme bien dans sa peau aussi solaire qu’Alexander et lui parvenaient parfois à l’être, il existait une myriade d’intermédiaires, notamment du côté « sombre » de la moyenne. Pas de test donc ce jour-là pour notre apprenti Carl Jung, qui sauverait –ou du moins tenterait de sauver, selon des critères purement personnels sur lesquels il y aurait eu à redire- une autre fois son prince charmant.

L’évocation de Sirius Blake, elle, provoqua une onde bien plus perceptible que l’absence de Maddy, qui elle n’était au fond même pas un vrai désagrément. Le manque de tact, quoi que léger, fut perçu par l’archéomage, qui ne s’en formalisa pas autant qu’on aurait été en mesure de le supputer : il y avait clairement plus fin que de parler d’entrée de jeu du père disparu de celui qu’il devait apprendre à connaître , mais Sim n’était pas vraiment Sim ici, et Till jouissait une relative marge de manœuvre en matière de « mauvaise impression » à laisser au fils d’Auror. Nul doute que l’Anarchiste n’aurait pas commis un tel impair à moins de l’avoir clairement cherché, et donc d’accepter la désapprobation de son adoré.
Heureusement, le fils du disparu ne s’en formalisa pas, ce qui lui valut un remerciement silencieux de la part de son vieil ami. Oui, il n’y avait pas à dire, Alex était vraiment quelqu’un de bien… Quelqu’un que Connor aimerait voir apprécier son amant autant que l’inverse, en un ironique parallèle de ce qu’Alexander rêvait pour lui et Bryan Levinson. Des êtres chers en parfaite harmonie autour de lui, que demander de plus…

-Très bonne idée, approuva Connor avec toujours autant de tranquille entrain, dont la douceur métamorphosait ce qui chez d’autres aurait été exubérance en une douce bonne humeur.

Sur le trajet, le sorcier tâcha une nouvelle de subrepticement œuvrer pour sa cause : placé entre les deux hommes, Sainclair choisit de se décaler légèrement, d’à peine quelques centimètres pour tout dire, afin que Siméon demeurât toujours dans le champ de vision du mécanicien. Ainsi, telle une image subliminale, le jeune homme inconsciemment n’oublierait pas sa présence, et peu à peu l’assimilerait à son monde. Néanmoins, la conversation qui s’engagea entre le parc et le bar ne fut partagée que par l’archéomage et Black, laissant l’Anarchiste quelque peu sur la touche, alors que le visage de son compagnon demeurait tourné vers celui de l’héritier de Sirius, tout sourire et tout au plaisir de converser de tout et de rien.
Une fois arrivés à bon port, le schéma commença presque à se répéter tandis qu’ils s’installaient en terrasse, à une table ronde à la mode des cafés parisien et qu’à nouveau, l’indéniable entente entre l’historien et le jeune magicien reprenait le pas :

-Je n’en ai jamais douté, lui confia Connor avec le ton de l’expérience, sans pour autant se départir de la lueur malicieuse qui chatoyait dans son regard. Dès que je l’ai vue, j’ai su que cette demoiselle avait du potentiel.

Le grand verre de Sprite qui avait été placé devant lui, paré d’une belle tranche de citron et d’une petite spatule en plastique pour mieux asticoter les glaçons flottant à la surface de la boisson gazeuse, devint le nouveau centre de son attention alors que la question d’Alex, elle, attendait une réponse. Elle était d’ailleurs loin d’être la seule… Les yeux songeusement posés sur les bulles qui s’enroulaient autour de l’ustensile qu’il tenait entre le pouce, l’index et le majeur, Sainclair n’écoutait pourtant pas sans attention ce que Till Kieser allait dire. Après tout, pour faire un excellent mensonge, la recette consistait en un savant mélange de vérité et de fable… Alors qui sait, peut-être allait-il prendre le risque de dire que oui, il était père d’un grand garçon de quinze ans ? ça n’aurait pas mis en péril sa couverture, après tout. Et quelque part, au fond de lui, la seule personne à cette table à connaître toute l’histoire à son sujet aurait souri, heureuse de sentir que sur cette voie aussi, l’espion s’engageait, celle d’une paternité assumée sur le tard à laquelle Sim avait eu bien du mal à se faire, loin de l’image de père débordant d’affection que vantait certains magazines où en première page figurait immanquablement un cliché de famille idéale. Accepter Arthur avait été un autre pas en avant, de même que tisser leur complicité ; à tant d’autres espoirs en Connor se mêlait également celui de le voir devenir réellement proche de son héritier, loin, si loin de ce que MacFly avait pu vivre avec son propre paternel. Un tel miracle demanderait bien du temps, mais comme le reste, son amant gardait la foi, voyant chaque première tentative telle une petite victoire de laquelle se réjouir. Et ce rendez-vous n’était-il pas justement placé sous le signe des premiers pas ?








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