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Soirée au coin du feu [Elsie]

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Sam 28 Fév - 18:55
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Soirée au coin du feu ×
ft. Elsie Raynes


Une semaine s’était déjà écoulée depuis le banquet de la rentrée. L’ambiance au château était la même que l’an passé. Aussi pesante, aussi sombre. Les élèves se regardaient de travers, tout le monde doutait de tout le monde. Certains même doutaient de leurs propres amis. Mais pas moi. Je savais à qui me fier parmi mes proches. C’était d’ailleurs à eux qu’allaient mon allégeance : je me fichais pour le moment de toutes ces histoires d’adultes et de guerre. Enfin, on était les victimes directes de cette guerre, et un jour où l’autre je devrais bien y prendre part, ou fuir, mais les raisons et les enjeux me passaient au-dessus de la tête. J’avais essayé de m’y intéresser, pourtant, après la mort de ma mère. Comme si je pouvais me rattacher à quelque chose, un espoir pour me venger. Mais j’avais vite compris que je ne pourrais jamais trouver ma place dans ces organismes, et que la vengeance ne servirait à rien. Tout ce qui comptait, c’était donc de protéger les personnes qui comptaient pour moi.

Je jetai un coup d’œil à ma montre : plus que quelques minutes avant l’heure du couvre-feu. Cette stupide règle qui stipulait que nous ne pouvions pas être hors de nos salles communes passé une certaine heure. Je poussai un soupir et me leva du rebord de fenêtre où j’étais assise. C’était un coin tranquille, où jamais personne ne venait. Il m’arrivait souvent de me retrouver là, quand mes pas m’y menaient lorsque j’étais perdue dans mes pensées. Mais aujourd’hui, c’était volontairement que j’étais venue ici : j’avais besoin d’un peu de calme et de solitude. J’avais pris mon cher harmonica, histoire de jouer quelques airs quand personne ne pouvait m’entendre. Et ça faisait déjà plus d’une heure que j’étais là, à observer le magnifique paysage qui s’étalait devant moi. Poudlard était un endroit magnifique, et c’était dommage que l’ambiance au château se soit dégradée ainsi. Je plaignais surtout Ada, ma petite sœur, qui n’avait jamais connu la bonne ambiance qui régnait ici (si l’on omet les éternelles rivalités entre les Lions et les Serpents évidemment).

Si ça ne tenait qu’à moi, je serai restée bien plus longtemps ici. J’étais loin d’être une couche-tôt étant enfant, mais depuis la disparition de mon père je peinais encore plus à trouver le sommeil. Ça m’exaspérait de me tourner et me retourner dans mon lit en attendant calmement le marchand de sable vienne me balancer sa fichue poussière dans les yeux pour m’endormir. Du coup, j’étais souvent l’une des dernières dans la salle commune. Tellement que j’avais presque mon fauteuil attitré, près de la cheminée. D’ailleurs, c’était dans ces moments-là que je lisais. Pas que je me cachais, mais je ne voulais simplement pas que toute ma maison soit au courant de mon intérêt pour les Animagi. J’avais eu tout l’été pour tenter de me transformer. Je touchais au but, maintenant ce n’était plus qu’une question de pratique et de temps. J’avais hâte d’y parvenir, pour enfin réussir quelque chose dans ma vie. Je consacrai tellement de temps à devenir Animagus que j’en avais délaissé les études depuis le début de l’année dernière déjà. J’avais bon espoir d’obtenir quelques ASPICs, même si j’étais persuadée de ne pas les réussir brillamment. De toute façon, ça ne m’intéressait pas. Les études, Poudlard, les examens… C’était juste un moyen de nous faire croire que tout allait bien dans le monde, que tout fonctionnait normalement.

Je rejoignis la salle commune au dernier moment, profitant du calme et de l’obscurité du château au maximum. Comme je m’y attendais, la salle commune était à moitié vide. Les premières et les deuxièmes années étaient déjà partis se coucher, tout comme certains élèves plus âgés. Mais même lorsque l’affluence était à son maximum, la salle me paraissait vide. Quand j’étais jeune et que je venais d’arriver, c’était à peine si on pouvait tous rentrer dans la salle. Il y avait tellement de monde, impossible de connaître tous les Lions. Mais maintenant… Avec les disparitions, la Nuit Rouge, la peur… Des élèves étaient morts, d’autres étaient blessés, et certains parents avaient refusé de renvoyer leurs enfants à l’école. C’était chez les Lions qu’on avait comptabilisé le plus de pertes : on n’aime pas l’injustice, et l’excès de confiance et de courage de certains leur a coûté la vie. Maintenant, on se connaissait presque tous. C’est pour ça que je peux retrouver mon fauteuil tous les soirs. Une tête brune sautilla vers moi. Charlotte, l’une des dernières Gryffondor de Septième année.

« Oh Heidi, t’étais où ? T’as raté un truc, Gabriel a tenté de teinter les cheveux de Sarah en blond. Mais maintenant elle a les cheveux verts ! Verts, tu te rends compte !
- Connaissant Sarah, elle a du faire toute une scène non ? Ça devait être marrant à voir, mais j’étais bien là où j’étais.
- Oui, elle lui a hurlé dessus et elle est partie s’enfermer dans son dortoir. En parlant de dortoir, je vais me coucher, le cours de Défense contre les Forces du Mal de tout à l’heure m’a épuisée ! »

Je lui adressai un signe de la main, pour lui souhaiter bonne nuit. Charlie ne m’attendit pas, elle savait que je me couchais bien plus tard toutes les nuits. D’ailleurs, elle ne comprenait pas comment j’arrivais à tenir la journée : je dormais presque deux fois moins qu’elle mais j’étais toujours en pleine forme le matin. Petit à petit, la salle se vida. Il ne restait plus que les habitués du soir, que je connaissais bien. Mais il y avait également une jeune fille que je n’avais jamais vu trainer aussi tard. Elsie il me semble, une cinquième année. Une lycanthrope. On ne l’avait pas beaucoup vue l’année dernière, à cause de son isolement forcé. Comme si isoler les loups-garous allait changer quelque chose… Elsie semblait perdue dans ses pensées, et ses yeux exprimaient une sorte d’inquiétude. J’avais souvent vu cette expression dans les yeux d’Ada. C’est d’ailleurs cette troublante ressemblance qui me poussa à délaisser mon fauteuil préféré pour aller m’installer à côté d’elle sur le canapé.

« Salut, Elsie. Contente de te revoir dans la salle commune cette année. »

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Elsie Raynes
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Lun 2 Mar - 17:47
Elsie n’était pas ravie de retourner à Poudlard. En même temps, elle se demandait bien qui pouvait l’être : avec Hikkins toujours directrice, l’année risquait fort de ressemblait à la précédente, aussi morose et sans saveurs. Elsie avait déconné une fois, lors de la soirée d’Halloween, et elle l’avait payé tout le reste de l’année, sa surveillante ne lui faisant plus confiance. Autant dire qu’elle savait que cette année serait aussi stricte, qu’elle serait toujours loin des dortoirs communs et qu’elle n’aurait sûrement aucun moment d’intimité avec ses amis. Elle se demandait comment elle ferait pour tenir encore trois ans comme ça : elle ne rentrait qu’en cinquième année. La fin de sa scolarité lui semblait loin, très loin. Et elle espérait fort qu’à l’Université, on la laisserait plus tranquille et qu’elle n’aurait pas l’exclusivité d’avoir une surveillante pour vérifier qu’elle sait se contrôler. Et les psys qui se demandaient encore pourquoi elle n’acceptait pas sa récente lycanthropie : comment pouvait-elle alors qu’elle était traitée comme une pestiférée ?

Si Elsie le pouvait, elle aurait repris la suite d’Eden et sa bande : elle savait qu’ils étaient à l’origine de toutes les farces envers Hikkins l’année précédente, parce qu’elle lui avait dit. Elle lui avait avoué qu’ils essayaient de pousser la directrice dehors, ou à défaut la faire changer d’avis sur toutes les règles aussi strictes. La blonde aurait adoré récupéré le flambeau, mener une vendetta contre Hikkins : Eden aurait pu être fière d’elle. Sa présence allait lui manquer cette année. Elle avait été un véritable soutien, une oreille attentive à chaque fois qu’Elsie en avait ressenti le besoin, ne pouvant pas tout dire à ses petites sœurs, qu’elle cherchait à préserver de ses histoires de lycanthropie. Elles ne devaient pas être dupes, mais Elsie faisait tout pour paraître forte devant elles. Avec Eden, c’était différent : elle était plus âgée et même si elles n’étaient que cousines, elles avaient passé pas mal de temps ensemble avant Poudlard. Après, ce fut quelque peu différent, jusqu’au huis clos. Eden était à Serpentard, avait ses propres amis, et Elsie comprit tout à fait que sa présence n’était pas forcément requise à toute heure de la journée. Elles avaient presque quatre ans d’écart, autant dire presque une génération. Et puis, Elsie avait dû se faire sa propre bande, Eden n’étant pas à Poudlard pour l’éternité. Pendant le huis clos, Eden s’était fait expulsée de sa propre salle commune et Elsie s’était inquiétée pour elle : la situation n’avait pas dû être facile. Et puis, elle faisait partie de sa famille : aller la voir régulièrement avait été une manière comme une autre de combler le manque de nouvelle de ses parents. Alors, même si Elsie s’était préparée à ce moment depuis son entrée à Poudlard, le fait de ne plus pouvoir se confier à Eden quand elle le voulait aller être compliqué. Elle s’était peut être trop reposée sur elle, l’an dernier. Ses sœurs avaient la chance d’être jumelles : quand elle serait partie de Poudlard, elles seraient encore toutes les deux. Elle saurait les préparer à ça, pour ne pas qu’elles en souffrent autant qu’Elsie pour Eden, mais elle savait que ce serait plus facile à vivre pour elles.

En attendant, Elsie avait eu l’heureuse surprise de s’être vu attribué un autre surveillant. Un jeune homme plutôt mignon et carrément plus sympa que la surveillante de l’année dernière, Ellen. Il s’appelait Aiden et dès le début, dans le Poudlard Express, il mit les choses au clair avec elle : tant qu’elle restait raisonnable et qu’elle respectait les règles mis en place pour eux, il ne serait pas chiant. Il resterait à l’écart quand elle serait avec ses amis, et il lui laisserait même rejoindre la salle commune de Gryffondor si elle le souhaitait. Ce qui était un grand changement depuis l’an passé : Ellen ne la laissait pratiquement jamais y aller, parce que le couvre-feu était tôt et imposait qu’elle soit rapidement dans son dortoir personnel après les repas. Elle n’avait pas envie de passer la moitié de la soirée dans la salle commune : une fois Elsie dans sa chambre, Ellen était débarrassée de sa journée. Aiden lui avait confié qu’il l’aurait très mal vécu s’il n’avait pas pu passer un peu de temps dans la salle commune des Poufsouffle, maison dans laquelle il avait été, quand il était à Poudlard. Aussi, il n’avait pas envie de la brider. Il lui imposa juste les règles d’Hikkins : le couvre-feu, le suivi tout le temps et pas d’essai de fuite. Ce pacte entre eux permis à Elsie de moins appréhender ce début d’année, et elle apprécia tout de suite sa démarche : elle avait l’impression d’être un peu plus comprise que par Ellen, ou alors était-ce dû au fait qu’elle acceptait la situation, petit à petit.

Cette première semaine de cours se passa relativement bien, malgré la pression des professeurs sur les BUSEs : c’était une grande année pour Elsie, qui espérait bien étonner Hikkins en obtenant un maximum de BUSE. Elle voulait lui montrer qu’elle n’était pas brisée malgré ce qu’elle avait vécu et ce qu’elle lui faisait subir. Elle voulait montrer qu’on avait beau être lycanthrope, on était quand même capable de faire de grandes choses. Ces objectifs étaient d’obtenir les meilleures notes en botanique et potions : c’était deux impératifs non négligeables pour que son père, potioniste de métier, soit fier d’elle. Et puis elle comptait bien suivre son exemple, en se destinant aux potions ou à la botanique plus tard. Pourquoi pas les deux ? Cela restait à voir encore.

Chaque soir, Elsie avait le plaisir de retrouver ses amis dans la salle commune des Gryffondor qui lui avait tant manqué. Aiden restait à l’écart, surveillant par la même occasion la salle : tant qu’à faire, autant se montrer utile. Elle l’avait quand même vu une fois faire une partie de bataille explosive avec des élèves : son comportement laxiste l’inquiétait un peu, elle n’avait pas envie qu’il se fasse virer, lui. Enfin, il était rare qu’elle le surveille – ce serait bien un comble – et essayait de profiter du moment présent, de peur que cela ne dure qu’un temps. Ce soir là, Elsie et sa bande revenaient d’un match de Quidditch improvisé assez éreintant. Du coup, tous partirent se coucher assez rapidement. Sauf Elsie qui se retrouva coincée dans la salle commune, sans que ça ne la dérange évidemment. Aiden avait dû s’absenter pour une mystérieuse raison, et il lui avait demandé de l’attendre avant de rejoindre son dortoir. Elsie était donc sur le canapé où ils avaient pris place à la fin du dîner, un livre sur les genoux – il appartenait à on ne sait qui, elle l’avait trouvé sur la table mais il n’était pas passionnant. Seule, elle repensait à l’été passé avec Eden et ses sœurs à la Coupe du Monde, à cette nouvelle attaque des mangemorts, la nuit au Musée, et à tout ce qu’elle avait traversé. Elle était fatiguée, elle avait envie de retrouver son lit mais ne pouvait pas monter dans le dortoir qu’elle avait partagé pendant trois ans avec ses amies. Non, elle était condamnée à attendre Aiden.

Elsie ne s’était pas attendue à ce qu’une septième année qu’elle connaissait peu vienne la voir. Heidi Collins. La seule chose qu’elle savait sur elle, c’était qu’elle avait une sœur jumelle – chose qu’elle avait remarqué parce que Stacy et Ariel, ses deux jeunes sœurs, étaient elle-même jumelles. Elle lui sourit quand même, lorsqu’elle s’assit à côté d’elle, quoiqu’un peu perdue dans ses pensées encore.

« Salut, Heidi. Je suis contente aussi de pouvoir revenir un peu ici, j’espère juste que ça va durer. »

Elle haussa légèrement les épaules : elle aimait se réjouir de son nouveau surveillant, mais elle restait défaitiste en se disant qu’au vu de son comportement, il ne risquait pas de rester longtemps un surveillant en charge d’un lycanthrope.

« C’est vide, quand même. » dit-elle, en regardant autour d’elle. « A croire que tous les Gryffondor ont perdu leur côté fêtard. C’était pareil l’an dernier ? »

C’était pas faux d’un côté : Elsie l’avait remarqué depuis qu’elle avait pu revenir ici. Elle espérait juste que cela ne soit pas dû à la présence de son surveillant, elle s’en voudrait d’imposer ça à tous les Gryffondor, sa deuxième famille, et de les brider.
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Jeu 5 Mar - 21:48
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Je ramenais mes genoux contre ma poitrine et les enserrait avec mes mains. J’aimais bien me mettre dans cette position, un peu comme un fœtus. J’avais le visage tourné vers Elsie, et je la fixais. Peut-être un peu trop intensément, c’était pour ça que je détournai rapidement le regard, balayant rapidement la salle commune. J’étais pas le genre de personne qui dévisageait les autres, en général. Mais j’avouais que je cherchais peut-être une marque, un signe chez Elsie montrant sa lycanthropie. C’était un peu ridicule, parce que je savais très bien que tant que la pleine lune n’était pas là, ils étaient des sorciers normaux. Mais je pouvais pas m’en empêcher, j’étais un peu trop curieuse. Enfin, je ne voulais pas mettre la cinquième année mal à l’aise, déjà que ça devait lui paraître bizarre que je vienne vers elle pour lui parler. D’ailleurs, j’avais remarqué cette sorte d’étincelle d’étonnement dans son regard quand elle avait tourné la tête vers moi après que je lui eus adressé la parole.

« Ca à du te manquer pendant un an de ne pas pouvoir passer du temps dans la salle commune. D’ailleurs, comment ça se fait que tu puisses y passer du temps maintenant ? »

Je trouvais ce système d’isolement et de surveillant pour les lycanthropes complètement ridicule. Bon, ça devait rassurer les parents de savoir que leurs enfants ne pouvaient pas se faire mordre par accident. Mais quelle était le pourcentage de chance que ça arrive ? Après tout, il me semblait bien qu’il y avait une potion pour les rendre moins agressifs pendant leur transformation, Mort-du-loup ou quelque chose comme ça. Les potions ça a jamais été mon truc de toute façon. En plus, je pense que ça devait être super difficile à vivre pour ceux qui avaient été mordus. Déjà, ils devaient affronter le regard des autres, et ça n’est pas une chose facile la plupart du temps. Ensuite, ils devaient supporter leur transformation forcée, ce qui doit être quelque chose d’assez horrible à vivre. Moi, je souhaitais devenir Animagus, alors l’idée de ma transformation en animal avait fait un sacré bout de chemin dans ma tête et je m’y étais préparé et surtout, je l’avais choisi. C’est ça qui doit être le plus dur à vivre pour eux, subir quelque chose sur laquelle ils n’ont aucune emprise, qu’ils ne peuvent arrêter.

Quand Elsie balaya des yeux la salle commune en soulignant à quel point elle était vide, je ne pus m’empêcher de soupirer. Elle avait raison, bien sûr. Il y a deux ans, l’ambiance était tellement différente. A cette heure-là, les lions étaient beaucoup plus nombreux, ne serait-ce que pour discuter entre amis, finir leurs devoirs ou s’adonner au jeu préféré de l’époque, la bataille explosive. J’adorais ce jeu, c’était toujours un plaisir de voir ces mini-explosions lorsque l’on perdait la bataille. Pour peu que plusieurs personnes jouent en même temps, on se retrouvait avec la salle commune noyée dans la fumée. Ça nous faisait bien rire à l’époque ! Mais maintenant, l’ambiance n’était plus au rire, la plupart des élèves étaient méfiants, voire même tristes et déprimés puisqu’on était beaucoup à avoir perdu des proches, des membres de notre famille, des amis…

« Et c’est comme ça tous les soirs maintenant. Et encore, l’année dernière c’était pire ! Des fiers lions on est passés à des sortes de chats de gouttière dépressifs. Entre ceux qui passaient leur temps les yeux dans le vide et ceux qui n’adressaient la parole à personne par méfiance, l’ambiance était… Sinistre. Heureusement, les gens recommencent à se parler et à oublier un peu les souvenirs de la Nuit Rouge. »

Je m’étais interrompue. Sur le coup, je n’avais pas pensé que la Nuit Rouge pouvait rappeler de mauvais souvenirs à Elsie. Bien sûr, on voulait tous oublier cet événement. Enfin, personnellement, je ne voulais pas oublier l’événement en lui-même mais ce qui s’était passé pour moi. J’aurai préféré que ça n’arrive pas, mais oublier ce qui s’était passé, c’était oublier nos morts, et oublier qu’une menace planait au-dessus de nous. Mais j’avais tendance à ne pas me rappeler que tout le monde ne partageait pas mon point de vue. Enfin, j’évitais d’évoquer ça généralement, surtout quand j’étais avec Ada et ses amies, qui étaient encore jeune quand c’est arrivé. La cinquième année en face de moi l’était aussi, puisqu’elle était en troisième année à l’époque. J’espérais seulement qu’Elsie ne faisait pas partie de ces gens qui se fermaient et se repliaient sur eux-mêmes dès que l’on évoquait la Nuit Rouge.

Vite, détourner l’attention. Il ne fallait pas que je laisse le temps à Elsie de se rappeler de ce qu’elle avait vécu cette nuit-là. Mais de quoi pouvais-je parler ? Je ne la connaissais pas, et c’était difficile de lancer une conversation avec quelqu’un dont on ne peut même pas citer un centre d’intérêt. Il me semblait qu’elle faisait du Quidditch, mais je n’en étais pas sûre à cent pourcents. Du coup, je me centrais sur la seule certitude que j’avais : Elsie était en cinquième année.

« Ça va la reprise des cours, pas trop dur ? Les profs vous mettent quand même pas la pression pour les BUSEs dès la première semaine, non ? »

C’était plus que bateau comme question, mais dans le contexte actuel, c’étaient aux choses banales qu’on pouvait se raccrocher. Parler de la pluie et du beau temps, ça nous rendait insouciants. Et puis bon, on trouverait probablement de quoi parler avec Elsie. Enfin, je ne pourrais pas lui raconter comment s’étaient passées mes BUSEs pour la simple et bonne raison que je ne les avais même pas passées. Suite au huis clos et à la Nuit Rouge, on avait été dispensé de cet examen, qu’on nous a donné d’office. Ça m’a pas mal arrangé, premièrement parce que j’avais consacré mon année surtout à ma petite sœur, pour qu’elle n’accumule pas trop de retard et qu’elle soit bonne élève, contrairement à moi. Certes, j’avais pris un peu de temps pour travailler mes cours de cinquième année, mais comment dire que sans professeur, je n’ai étudié que ce qui me plaisait : au diable la divination, l’histoire de la magie et l’astronomie. Bon, si j’avais passé mes BUSEs dans ces matières, il est certain que je les aurai ratés, récoltant au mieux un piètre. Ça m’aurait d’ailleurs permis d’abandonner ces matières dès la sixième année, mais non, je dois encore me les coltiner une année.

Je me rendis compte que j’avais le regard perdu dans le vide depuis un peu trop longtemps. Mes yeux se tournèrent alors vers Elsie. J’espérais juste ne pas la déranger avec mes questions, elle avait peut-être besoin d’être seule. Enfin, si elle voulait vraiment être seule, elle serait dans sa chambre. Peut-être qu’il faisait juste plus chaud ici ? En effet, j’avais le regard perdu dans la cheminée, observant les arabesques aux reflets rouge et orange des flammes, qui venaient lécher les buches de bois. Je sentais la douce chaleur du feu sur mes bras. J’avais toujours aimé le feu, me reconnaissant à travers cet élément, aussi essentiel que destructeur. Heureusement, je n’étais pas destructrice, j’essayais d’utiliser cette énergie en moi pour en faire un atout.
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Elsie Raynes
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Dim 8 Mar - 18:44
Elsie s’était toujours demandée comment les autres élèves, ceux qui n’étaient pas proches d’elle – amis, famille -, percevaient les élèves lycanthropes et leur surveillance. Etaient-ils outrés comme ses proches, ou approuvaient-ils ces mesures ? Il était facile de lui faire croire quelque chose, et de penser l’inverse derrière. C’était quelque chose de courant, surtout entre adolescents. Aussi, même si les mesures venaient du Ministère en réaction des craintes des parents, cela avait forcément dû dépeindre sur certains enfants. Elsie avait vu une ou de fois des premières années la regarder avec un léger recul, comme si elle allait leur sauter dessus. Pourtant, quiconque connaissait un tant soit peu Elsie savait qu’elle était incapable de faire du mal à quelqu’un, surtout plus jeune. Elle était tellement habituée à s’occuper de ses petites sœurs qu’elle ne pouvait pas faire autrement avec les autres. Les élèves restaient courtois et compréhensif en apparence, mais n’était-ce pas une manière de cacher leurs peurs de la voir les attaquer ? C’était peut être ça, le plus difficile, au fond : le regard des autres. Et les conditions de surveillance à Poudlard ne faisaient que les mettre en avant. Une chambre particulière, un surveillant derrière toute la journée … Autant qu’elle se balade avec une pancarte « Je suis lycanthrope » accrochée au cou, en guise de collier. Ca aurait tout à fait le même effet. Et pourquoi pas rajouter en prime « Chien méchant, attention », ou quelque chose du genre. Ca serait peut être même plus percutant.

Fort heureusement, Heidi ne semblait pas faire parti de ces élèves méfiants. Elsie pouvait le voir dans son regard : elle s’intéressait réellement à elle. Et puis, c’était une Gryffondor : pourquoi la trahir alors qu’elles faisaient toutes deux partis de la même seconde famille ? Peut être qu’Elsie voyait encore que le bon côté des gens, ou essayait-elle d’être optimiste, mais elle ne voyait pas pourquoi les attentions de la rousse seraient mauvaises.

« J’ai changé de surveillant. Il est … Carrément plus cool, en fait. La preuve, il est même pas là en ce moment, je l’attends. C’est le monde à l’envers, comparé à l’année dernière. Mais je ne m’en plains pas : pouvoir passer du temps ici m’a cruellement manqué, c’est vrai. »

Et ce, même si ce qu’elle retrouvait aujourd’hui était complètement différent de ce qu’elle avait vécu avant. La salle commune avait certes perdu de son ambiance chaleureuse et festive, mais ses amis étaient toujours là, et passer un peu de temps avec eux était quelque chose de sacré, qui lui avait manqué l’année dernière pour vraiment repartir de bon pieds, accepter ce qu’elle était. Avec le couvre feu, impossible de traîner longtemps à la bibliothèque, ou dans un autre endroit du château : elle n’avait eu que sa chambre personnelle, qui lui sortait carrément par les yeux, aujourd’hui.

La Nuit Rouge était un sujet que tous les élèves aimeraient éviter, mais qui revenait souvent : preuve que le deuil n’était pas totalement acquis chez tout le monde. Mais cette nuit avait été tellement marquante ! Même pour Elsie, qui n’avait pourtant rien vu : elle avait cru mourir, tout simplement, jusqu’à ce qu’on la trouve et qu’on la rapatrie d’urgence à Sainte Mangouste. Elle n’avait assisté à la mort de personne, elle n’avait tenté de sauver personne, elle n’avait pas vu sa petite sœur sous impero. Malgré elle, elle fut préservée de ses horreurs pour quelque chose de pire encore. Même s’il était difficile de juger le degré d’horreur de tout ce que les élèves de Poudlard avait pu vivre et voir ce jour là. Elsie comprit rapidement qu’Heidi n’avait pas voulu amené le sujet de la Nuit Rouge, vu comme elle s’empressait de changer de sujets pour lui parler des BUSE. Elle ne lui en tint pas rigueur : cela faisait partie de leur vie, il fallait l’accepter. Même si Elsie était devenue un miroir de l’évènement, rappelant à tous qu’à chaque pleine lune, elle subissait les conséquences de cette nuit-là. Peut être que c’était pour ça que les gens venaient moins vers elle, aussi. Outre le surveillant attitré et la lycanthropie, Elsie, comme tous les élèves devenus loup-garous, incarnaient une espèce de symbole qui rappelait la Nuit Rouge, des mauvais souvenirs, quelque chose que l’on aimerait effacer de sa mémoire. C’était compréhensible, au fond, qu’on cherche à l’éviter.

« Au contraire, on dirait qu’ils ont que ça à la bouche : les BUSE et encore les BUSE. J’ai l’impression que c’est la chose la plus importante du monde à leurs yeux. Pour moi, ça reste des examens, comme les années précédentes. Ca s’était bien passé pour toi ? »

Elsie n’avait jamais été quelqu’un de stressée aux examens : elle y allait souvent sans trop se poser de question, avec pour objectif de faire de son mieux. Evidemment, en ayant passée une année à ne rien faire d’autres de ses soirées qu’étudier, elle avait fini sa quatrième année avec brio. Mais son objectif pour les BUSE était d’avoir un optimal en potion et botanique. Le reste, peu lui importait : elle irait sans se faire de soucis, sans se mettre de pression. Ce qui ne serait pas le cas de deux matières là, voulant rendre son père fier.

Sa dernière question fut totalement innocente : elle n’avait pas calculée qu’Heidi était en cinquième année lors de la Nuit Rouge et qu’automatiquement, elle n’avait pas passé de BUSE à proprement parlé. Cela ne lui venait pas à l’esprit, dans l’immédiat, avec le discours des professeurs en tête : très important, détermine votre avenir, les cours que vous pourrez suivre ensuite et blablabla. Elsie avait arrêté de les écouter au bout du troisième cours, alors que son professeur de Sortilèges lui sortait le même discours que ceux d’Astromonie et de Botanique.

Elsie remarqua un instant l’air perdu d’Hedi, et s’en interogea : à quoi était-ce dû ? Sa présence la gênait-elle ? Absurde, vu que c’était elle-même qui s’était installée à côté d’elle. Non, il devait forcément y avoir quelque chose. Et elle avait le même regard qu’Elsie elle-même avait bien souvent, quand elle se regardait dans le miroir.

« Il y a quelque chose qui ne va pas ? »

Heidi n’était pas forcée de répondre, au fond. Mais Elsie préférait être prévenante, plutôt que de passer pour l’élève égoïste qui ne pense qu’à ses problèmes personnels.
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Sam 14 Mar - 22:57
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La situation des loups-garous depuis la Nuit Rouge m’avait toujours intriguée. Enfin, le reste des élèves que certains appellent « normaux » n’avait pas été mis au courant. Ce terme de « normal » me mettait réellement mal à l’aise, parce qu’encore une fois ce n’était qu’une manière de mettre les lycanthropes à l’écart. Toujours est-il qu’on n’a su qu’à la rentrée qu’ils seraient mis à l’écart et surveillés en permanence. Et c’est d’ailleurs à cause de cette surveillance qu’une distance a été instaurée malgré nous entre les lycanthropes et nous. J’étais donc contente de pouvoir discuter un peu avec Elsie, ne serait-ce que pour me renseigner un peu sur leur vie à Poudlard. La cinquième année semblait à l’aise avec ça, ce qui me rassura un peu. En effet, j’avais conscience d’être parfois trop brusque, ou trop indiscrète, ce qui causait parfois des problèmes avec les gens que je côtoyais. Fort heureusement, ça ne semblait pas être le cas d’Elsie.

« C’est génial si tu es un peu plus libre. Ça doit être vachement contraignant quand même d’être surveillée vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Enfin j’sais pas, c’est pas comme si tu pouvais te transformer à n’importe quel moment, nan ? Et puis même, vous faire subir ça… Enfin moi je suis pas d’accord. C’est pas à vous de subir les conséquences de ce qui s’est passé, comme si vous aviez déjà pas assez de répercussion sur votre vie de tous les jours. Si des parents se plaignent, ils n’ont qu’à garder leurs enfants chez eux. ‘Fin bref, sache en tout cas que tu seras toujours à ta place chez les Lions. D’ailleurs, beaucoup sont d’accord avec moi, même si on parle pas trop parce qu’il y a toujours des oreilles qui trainent, si tu vois ce que je veux dire. »

La quasi-dictature qui avait été instaurée à Poudlard avait beaucoup de détracteurs, certains silencieux et d’autres plus actifs, mais également quelques adeptes. Même chez les Gryffondors, on avait des élèves qui se faisaient une joie de dénoncer nos tentatives de perturbation du système bien huilé de la directrice. Enfin, je n’étais plus à ça près maintenant. Après tout, j’avais lâché à peu près toute ma motivation pour les cours, et je ne venais à Poudlard que pour rassurer mes grands-parents, qui nous pensaient en sécurité ici. Du coup, comme je suis un peu forcée de rester ici, je fais souvent partie de ces groupes qui tentent de semer la zizanie à Poudlard. Mais une zizanie intelligente hein, parce que jeter des bombabouses dans une salle de cours, très peu pour nous. Surtout que ça ennuie les profs et que ce sont les elfes qui nettoient, et j’ai trop de respect pour ces gentilles créatures surexploités pour les forcer à nettoyer nos bêtises. Non, on cherche à atteindre le cœur de Poudlard, son fonctionnement même. Bon, on a commencé par boycotter la soirée d’Halloween en organisant la nôtre dans la Salle sur Demande, mais on s’est fait chopper en beauté. Du coup, on est devenus plus discrets après, en organisant des petites expéditions. C’était facile, il suffisait de quelques sortilèges de confusion lancés aux surveillants, qui avaient remplacés les préfets, pour perturber les tours de garde. Je me rappellerai toujours cette fois où on avait réussi à subtiliser les clés de Rusard en utilisant un Serpentard connu pour son nombre impressionnant de dénonciation de « rebelles ». Sans utiliser d’Impero, bien sûr, parce qu’on s’est interdit d’utiliser les méthodes prohibées. Enfin, j’espérais qu’on pourrait continuer cette année, parce que, tout compte fait, ça avait rythmé mon année dernière.

Enfin, si j’avais à l’idée toutes les prochaines perturbations qu’on pourrait créer cette année, c’était probablement loin d’être le cas d’Elsie. La pauvre était dans l’année de ses BUSEs, qui s’avérait rude tant les professeurs seraient exigeants avec eux. Enfin, la cinquième année ne semblait pas plus inquiète que ça par rapport à cet examen. Tant mieux, parce qu’être stressé des mois à l’avance, ça ne procurait rien de bon. Sur ce point-là, Elsie me ressemblait clairement.

« T’as raison de pas te mettre la pression dès le début de l’année. Ce qui diffère des autres examens, c’est juste que ce sont des notes qu’on va retenir pour plus tard. Mais je pense qu’il y a pas forcément besoin de plus travailler que les autres années. Enfin, du coup, je peux pas trop t’aider et te conseiller sur ce point, parce que j’aurais dû passer mes BUSEs pendant l’année du huis clos et de la Nuit Rouge. L’ensemble des profs s’est mis d’accord pour nous donner notre examen sans qu’on ait à le passer. » Je marquai une pause, en voyant le regard ébahi d’Elsie. Ouais, les plus jeunes n’étaient pas trop au courant qu’on nous avait presque offert notre examen. Les profs avaient préféré ne pas trop l’ébruiter, de peur que ça fasse polémique et que tous les plus jeunes demandent à ce qu’on fasse pareil pour eux, parce que, quand même, les temps étaient durs. « Franchement, j’aurai préféré les passer. Là, j’ai juste l’impression qu’on nous a fait un traitement de faveur, même si c’est clair qu’on avait des circonstances atténuantes. Si j’avais passé mes BUSEs ça m’aurait sûrement permis de me débarrasser de certaines matières. Maintenant, je me traine l’Astronomie et la Divination alors que je n’en ai strictement rien à faire de ce qu’on apprend dans ces matières. Mais je comprends qu’on puisse les aimer hein ! Enfin, c’est quoi tes matières préférées à toi ? »

Je priais pour que les matières préférées d’Elsie ne soient ni la Divination ni l’Astronomie. Vu la demoiselle, ça m’étonnerai un peu que ce soit le cas. Après tout, la divination, c’était pour les filles rêveuses, un peu fragiles et qui croyaient au destin et au prince charmant. Moi, ça faisait longtemps que j’avais arrêté de croire à tout ça. Et l’Astronomie… Il fallait vraiment ne rien avoir à faire de ses journées (ou plutôt de ses nuits), pour regarder… Des étoiles. Ah, et des planètes aussi. Voilà à quoi se résumait l’Astronomie. Sept années à étudier le mouvement des étoiles et à apprendre des noms de constellation, c’était beaucoup trop. Enfin, c’est vrai, c’est pas comme si tu pouvais sortir que Beta Monocerotis était l’étoile la plus brillante de la constellation de la Licorne dans une conversation normale.

J’eu un léger soubresaut quand Elsie m’adressa la parole alors que j’avais le regard perdu dans les flammes qui consumaient lentement les bûches de bois. C’est vrai que je ne m’attendais pas à ce qu’elle remarque mon regard perdu dans le vague et légèrement anxieux. C’était gentil de la part de la cinquième année de s’inquiéter pour moi. En effet, ça n’arrivait pas souvent : d’habitude, c’était moi qui m’inquiétais pour les autres…

« Hein ? Oh, euh… Non, rien de spécial. Enfin, si, rien ne va. On vit dans un monde de fous, à une époque de fous. Dire qu’on devrait être en train de vivre les plus belles années de notre vie, à ne penser qu’à nous amuser avec nos amis et à grandir avec notre famille… Mais non, on ne peut pas. On peut pas être serein, enfin on s’inquiète toujours pour quelqu’un. Ma petite sœur est en troisième année et je peux pas envisager de la laisser seule ici l’année prochaine, quand je sais pertinemment qu’on est pas plus à l’abri ici qu’ailleurs. Enfin… »

Je laissais mon mot trainer, en suspens. En quelques paroles, je m’étais plus confiée à Elsie que je ne l’avais fait avec quiconque depuis de nombreux mois. Faut croire que le fait qu’elle soit plus jeune que moi me mettait en confiance, comme si elle ne me jugerai pas. Ce qui était idiot, parce que même les plus jeunes pouvaient avoir un avis.

« Et toi, ça va ? »

C’est fou quand même. En général, tout début de conversation commence par ces simples mots. Et là, ils arrivaient bien après le début de notre conversation. Enfin, après tout, n’était-ce pas ce que j’étais venue cherchée en venant m’asseoir à côté de la rouge sur le canapé ?
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Elsie Raynes
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Sam 28 Mar - 16:41
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Les paroles d’Heidi sur la surveillance dont faisait l’objet Elsie la rassurèrent un peu : encore quelqu’un qui pensait que c’était aberrant. Certes, la jeune adolescente savait que beaucoup d’élèves le pensaient également mais elle avait l’impression qu’ils restaient dans le cercle d’amis ou de connaissances. D’autres continuait à la regarder du coin de l’œil dans les couloirs de l’école, se posant sûrement des tas de questions sur elle, se demandant si ce système de surveillance et mise à l’écart était fondé ou pas. Certains élèves, sous l’influence de leurs parents, pensaient les surveillants nécessaires : Elsie n’avait pas trop de mal à les reconnaître. Ils changeaient de place quand elle s’approchait trop, ils l’évitaient dans les couloirs, à la bibliothèque etc … Elle essayait de ne pas trop y faire attention, mais ça continuait à la blesser, même un an après. Elle voulait se voir comme une fille normale, avec un léger fardeau à porter – en minimisant la chose évidemment – sauf que ça lui était impossible avec ce traitement particulier et tous ces regards, mélangeant peur et curiosité. Alors, quand de temps en temps, un élève comme Heidi, qu’elle connaissait pourtant très peu, lui tenait se genre de discours, ça l’aidait à avancer et à toujours considérer comme injuste ce qu’elle devait supporter à Poudlard.

« Merci » lui répondit-elle, un demi-sourire sur le visage « Mais je crois qu’en tant qu’élève, on peut pas faire grand chose. L’avis des parents compte beaucoup plus visiblement et si je ne me plie pas à ça, je n’aurais pas le droit de continuer mes études à Poudlard. C’est un mal pour un bien, si on veut … »

Si elle voulait un jour suivre les traces de son père, elle était obligée de finir ses études. Et puis, si elle ne continuait pas, que ferait-elle à seulement quinze ans ? Pas grand-chose. Heureusement, même si l’école n’était plus la même, il restait ses amis, ses sœurs, des gens comme Heidi prêts à la soutenir. Alors, pour essayer de profiter encore de son adolescence, elle supportait la situation. Et puis, avec ce nouveau surveillant, l’année s’annonçait quand même un peu plus cool que la précédente.

Heidi lui avoua ensuite qu’elle n’avait jamais passé ses BUSE : Elsie ouvrit grand les yeux, un peu surprise qu’on se décide à donner des BUSE comme ça, alors qu’on en faisait toute une histoire pour eux. Mais après les explications d’Heidi, c’était plutôt logique. Organiser une session d’examen du niveau des BUSE après la Nuit Rouge aurait été compliqué et délicat : demander à des élèves de travailler sur des sujets aurait pu paraître totalement déplacé après tout ce qui s’était passé. Les examens n’avaient clairement pas été à l’ordre du jour, et Elsie se souvenait même ne pas avoir passé ceux de sa troisième année. Elle avait pensé cependant qu’il en avait été autrement pour les cinquièmes et septièmes années, mais visiblement non. Elsie pouvait comprendre la frustration d’Heidi, qui ne pouvait pas se concentrer sur les matières qui lui plaisaient réellement parce qu’elle devait continuer les autres : elle lui parla de l’Astronomie et de la Divination, matière qu’Elsie n’affectionnait pas plus que ça. Elle n’avait même pas pris divination en option, préférant les soins aux créatures magiques. C’était un peu plus concret. Après, les cours d’Astronomie ne lui déplaisait pas non plus : elle aimait bien observer les étoiles, et pouvoir en nommer certaines étaient toujours intéressant pour sa culture générale. Elle saurait s’en passer, néanmoins, si elle n’obtenait pas la moyenne en fin d’année. Ses matières préférées ? Elsie ne prit même pas le temps de réfléchir bien longtemps, c’était un choix logique pour elle.

« Les Potions et la Botanique. J’ai grandi là-dedans, avec mon père qui est potionniste, et ça m’a toujours fasciné. »

Elsie haussa les épaules : ce n’était pas toujours les matières préférés des élèves, demandant un certain intérêt et une certaine rigueur. Elle se débrouillait bien en sortilèges à côté, mais ça ne la passionnait pas autant.

Un léger silence s’installa entre les jeunes filles, silence qu’Elsie prit l’initiative de briser. Heidi se confia alors et elle ne put qu’approuver ses propos en hochant doucement la tête. Depuis l’attaque, Elsie avait perdu cette insouciance et ce côté tête brûlée qui l’avait pourtant collé un temps. Elle était devenue passive, et non pas par choix, et un brin solitaire. Elle essayait de reprendre le goût de vivre, de profiter de son adolescence mais elle avait l’impression que tout été gâché, qu’elle ne pourrait rien rattraper. Elle entrait dans l’âge d’or de l’adolescence, celui où on n’avait pas encore des responsabilités, celui où on pouvait profiter, faire ses premières expériences. Sauf qu’elle avait le sentiment que tout ceci lui était inaccessible. Quand Heidi lui demanda en retour comment elle allait elle, Elsie décida de jouer la franchise et secoua la tête.

« Non. Je n’arrive pas à profiter, j’ai l’impression de m’inquiéter tout le temps pour rien et de perdre mon temps à ça. Je me demande ce qu’il va se passer cette année. Si on aura encore le droit à une attaque, que ce soit ici ou dehors. Je peux même pas essayer de te convaincre que tout ira bien, que le Ministère fait tout son possible pour nous protéger, qu’on est entre de bonnes mains à Poudlard, que rien ne peut nous atteindre … J’y crois même pas moi-même et je n’aime pas mentir. Comme toi, je m’inquiète pour mes deux petites sœurs qui sont en troisième année aussi. Même si je finis Poudlard dans deux ans seulement, j’ai l’impression de ne plus les voir souvent à cause des surveillants, du manque de temps libre. Ma famille me manque, ma cousine surtout. Eden Swan, tu la connais peut être : elle était en septième année à Serpentard l’an dernier. Bref, c’est le bordel dans ma tête, et je ne veux ennuyer personne avec ça, parce que je n’arrive pas moi-même à mettre des mots clairs sur tout ça. »

Elsie baissa la tête : elle en parlait un peu à ses amis, mais elle préférait éviter. Elle avait pris l’habitude de ne plus se confier autant, parce qu’elle voulait essayer de profiter du peu de temps qu’elle avait avec eux – habitude prise l’an passée – et n’avait pas envie qu’ils passent une heure à l’écouter. Elle avait pris l’habitude de se confier à Eden l’an dernier, parce qu’elle avait été présente à ses côtés depuis le début de sa transformation et qu’elle la connaissait bien. Elle n’avait pas ce sentiment de la déranger, contrairement à ses amis : elle faisait partie de sa famille et savait qu’elle l’aidait volontairement. Elle n’avait pas pensé que son absence la marquerait autant : c’était pourtant le cas. Elle n’arrivait pas à se confier à ses petites sœurs : elle préférait leur dire que tout allait bien. Peut être qu’elles n’étaient plus aussi dupes qu’avant, mais Elsie voulait les protéger avant tout. Quant à se croire en sécurité à Poudlard … Comme Heidi, elle n’y arrivait plus. Elle ne pouvait même pas essayer de contredire ses propos pour la rassurer, pour chercher une solution pour qu’elle puisse profiter quand même de sa dernière année : elle n’était même pas sûre qu’il y en ai une.
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Dim 12 Avr - 0:27
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Pendant qu’Elsie parlait, j’étais en train de tripoter avec mes doigts un élastique. C’était comme un tic chez moi, je ne pouvais rester les mains vides et inactives. J’avais donc toujours un élastique autour du poignet, non pas pour m’accrocher les cheveux (attacher mes cheveux revenait à me faire une queue de rat, absolument ridicule) mais pour occuper mes mains. Enfin, au lieu de me déconcentrer, ça m’aide à me focaliser sur la conversation, ou même le professeur lors d’un cours. Enfin, je voyais bien que la situation des lycanthropes à Poudlard était loin de réjouir Elsie, comme le témoignait son demi-sourire. Cependant, la jeune fille semblait accepter le sort qu’on lui réservait. Enfin, accepter était un bien grand mot. Disons qu’elle y était plutôt obligée. Encore une fois, c’étaient les adultes qui décidaient de leur vie à Poudlard.

« Ouais, c’est vrai que t’as pas vraiment le choix. Mais même, les adultes doivent toujours se mêler de nos vies, comme si ce qu’ils préféraient c’était de nous mettre des bâtons dans les roues. Enfin, pas tous, heureusement. Mais quand même, que les parents se mêlent de leurs affaires, ils vivent plus à Poudlard à ce que je sache. S’inquiéter pour leurs enfants, okay. Mais pourrir la vie des autres, nan. Mais comme tu le dis, on peut rien faire… Contre les parents du moins. »

Enfin, dans la théorie, on ne pouvait rien faire contre les adultes en général. Après tout, nous n’étions que des « enfants » n’ayant pas encore une expérience de la « vie » assez développée pour avoir un « avis » et pouvoir faire des « choix ». Apparemment. Ce genre de pensées m’exaspérait. Après tout, on avait vécu tellement de choses ces derniers temps qu’on avait le DROIT de s’exprimer, autant qu’on avait le DROIT d’être heureux et de grandir de la manière la plus normale possible dans ce monde de fous. On était certainement plus matures qu’eux-mêmes l’étaient au même âge. En fait, j’étais intimement persuadée qu’on avait ces droits, et c’était pour ça que j’étais engagée dans le réseau interne de mini-rébellion chez les étudiants. Après tout, les adultes disaient vouloir nous protéger, mais une fois sorti de l’école, tous se retrouvent à affronter le monde extérieur sans y avoir été préparés. On avait beau essayé de nous faire croire le contraire, le monde n’était pas sûr. A mon échelle, j’essayais de changer ça. Avec le Club de Duel par exemple, dont j’étais la présidente cette année. A mon humble avis, ceux qui s’inscrivaient au Club avaient de meilleures chances de s’en sortir en cas d’attaque hors de Poudlard.

On enchaina ensuite sur le sujet de nos cours préférés, sujet bien plus léger. Après tout, l’école était notre quotidien, ça faisait du bien d’en parler aussi. Histoire de se dire que dans tout ça, certaines choses ne changeaient pas, qu’on avait un semblant d’adolescence normale. D’ailleurs, la jeune fille lui répondit du tac au tac que ses matières préférées étaient les potions et la botanique. Plutôt original, pour une Gryffondor. En effet, dans l’inconscient collectif, on associait les potions aux cachots, et les cachots aux Serpentards. Et les plantes, les serres, la terre, tout ça, c’étaient pour les Poufsouffle. Mais… Je devais bien reconnaître que ça allait plutôt bien à Elsie. En fait, il suffisait de voir les étoiles dans ses yeux quand elle disait qu’elle avait grandi dedans pour comprendre que ces deux matières étaient un héritage familial. Un peu comme moi et la Défense Contre les Forces du Mal, surtout au niveau du Duel, grâce à mon père. Mon père… Rien que de me remémorer son visage me fit un coup au cœur. Après plus de deux ans et demi, son souvenir était toujours douloureux. Mais je me devais de ne pas y penser tant que j’étais à Poudlard. Alors vite, parler, parler pour oublier.

« Potionniste, hein ? C’est original comme métier, et plutôt sympa. Enfin, c’est pas le genre de truc que j’aimerai faire, mais c’est utile, et ça c’est bien ! Tu voudrais suivre les traces de ton père et devenir potionniste aussi ? Ou tu aimerais te démarquer et faire autre chose ? »

Après un léger silence, Elsie avait relancé la discussion sur une question plutôt banale mais qui m’avait permis de me confier. Ce que j’avais probablement besoin de faire, n’ayant parlé à personne de toutes les vacances. Et apparemment, je n’étais pas la seule à vouloir parler, puisqu’Elsie en fit de même lorsque je lui avais retourné la question. Sa confidence me toucha, parce que, dans le fond, on était pareilles. On voulait protéger nos petites sœurs de ce qui les attendaient, même si au final on ne pouvait pas faire grand-chose. Mais ça avait l’air d’être encore plus dur pour Elsie, à cause de l’isolement forcé. Mais la cinquième année semblait perturbée et anxieuse, ce que je comprenais aisément : on n’était plus en sécurité nulle part, désormais.

« Oui c’est pas faux, on vit dans un monde tellement instable que je te comprends de t’inquiéter continuellement. Ça nous bouffe notre adolescence, ça. Mais j’arrive même pas à me dire qu’un jour ça pourrait se finir, qu’on profitera tranquillement de notre vie sans avoir à craindre une attaque. Il faut vivre au jour le jour, et se battre pour ce qu’on croit important. Enfin, c’est ce que je pense. A vrai dire, c’est la seule chose qui m’aide à tenir. Avec ma sœur, évidemment. Ça doit être dur pour toi de moins voir tes sœurs, et ta cousine. Eden Swan, oui je crois voir de qui il s’agit. Elle était peut-être au club de Duel, ou alors c’était peut-être une amie de ma sœur. »

J’avais prononcé ces deux derniers mots avec un ton un peu plus dédaigneux que ce que j’avais voulu. Après tout, j’aimais Louisa, même si son comportement au sein de sa maison et avec ses amis m’exaspérait. J’en étais venue à ne plus supporter les Serpentards, les associant tous à la prétention et au mépris, même si je savais que tous n’étaient pas comme ça. D’ailleurs, j’espérais que la cousine d’Elsie ne faisait pas partie de ces vipères au sang chaud, prêtes à démarrer au quart de tour. Enfin, je ne voulais pas montrer ce léger ressentiment envers les verts à Elsie, surtout si Eden en avait fait partie.

« On a tous un peu une vie chaotique en ce moment. Enfin, si jamais t’as besoin de parler à quelqu’un, ou quelque chose comme ça, tu sais où me trouver ! Et si c’est moi qui te le propose, c’est que ça me dérange pas, hein. Après tout, l’une des qualités principales des Gryffondor c’est la loyauté, non ? »

J’adressais un clin d’œil léger à la cinquième année, pour amener une touche un peu plus légère à la conversation. J’espérais qu’elle oserait venir me parler en cas de problème. Après tout, on ne se connaissait pas plus que ça, et j’avais peur de l’intimider, notamment parce que j’étais de deux ans son aînée. Mais, quand même, j’avais envie de l’aider. J’étais comme ça, quand je voyais des gens souffrir ou être perdus, j’avais envie de les aider. Sûrement parce qu’ils me rappelaient trop moi et que moi-même j’aurai aimé une aide à cette époque…

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Elsie Raynes
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Lun 27 Avr - 23:37
Il arrivait à Elsie de comparer sa situation de lycanthrope et aux idées reçues de sa condition à l’étroite vision d’ancienne famille de sangs purs sur les sangs mêlés et les nés moldus. Si certains Serpentard aujourd’hui – et parfois d’autres enfants d’autres maisons - étaient encore persuadés qu’il existait un rang supérieur lié au sang, c’était bien à cause de leurs parents, de leurs éducations. Et très peu changeaient d’avis sur la question. Alors, comment changer la vision de ces élèves qui craignent les lycanthropes à cause des discours de leurs parents ? Ces deux sujets revenaient au même, avec le problème de l’influence des parents. Et le pire pour Elsie, c’était que le Ministère approuvait les peurs des parents, en leur donnant raison et en prenant des mesures « adéquates » selon eux. Alors, si on ne réglait pas le problème à la source, c'est-à-dire au niveau des parents, il y avait peu de chance pour arriver à faire changer quoi que ce soit. Elsie partait très défaitiste sur ses conditions de liberté à Poudlard et préférait se persuader qu’il en serait ainsi jusqu’à la fin de ses études plutôt que d’espérer un quelconque changement.

Heidi avait vu juste, en supposant qu’Elsie voulait suivre les traces de son père. Elle espérait juste en être digne, et c’est pour ça qu’elle pouvait passer des heures à lire des bouquins sur les potions, quitte à passer pour une folle. Peu de d’élèves se passionnaient pour les potions et la botanique, en même temps, et Elsie avait très peu d’amis dans ce cas : tous – ou presque - dénigraient ces deux matières et venaient souvent lui demander de l’aide. En échange, elle leur faisait faire ses dissertations de métamorphose et tout le monde était gagnant. En y repensant, c’était quand même un comble d’être si mauvaise en métamorphose, alors que la professeur était la directrice de sa maison ! Et d’être douée en potions, alors que le professeur était directeur de la maison dite rivale de la sienne. Elsie le vivait bien cependant : ça lui conférait un peu d’originalité – plus encore que d’être une pauvre petite lycanthrope victime de la Nuit Rouge. Elle hocha alors la tête en souriant.

« Je souhaite devenir potioniste, oui, comme mon père. Après, pour ce qui est de me démarquer … Je sais pas trop encore, mais j’ai déjà un premier objectif. J’aviserais sur le moment. Tu as une idée, toi, de ce que tu veux faire après Poudlard ? »

Pour Heidi, cela devait être un peu plus urgent que pour Elsie. Elle était contente de ne pas avoir ce problème, d’avoir un objectif clair, et ainsi éviter de multiples questionnements sur soi, sur son avenir. C’était quelque chose en moins à penser et, depuis la Nuit Rouge, c’était vraiment quelque chose de positif.

Vivre au jour le jour … C’était plutôt difficile à appliquer. Même si Elsie avait appris à profiter des rares moments entre amis l’an passé, elle avait toujours du mal à ne pas passer une journée sans pensées négatives. Immédiatement, quand elle fermait les yeux, quand elle se regardait dans le miroir, elle voyait sa lycanthropie, ne serait-ce que par des cernes difficiles à dissimuler, ou à une potion à prendre pour atténuer les effets de la pleine lune. Se battre en une cause importante ? Si elle le pouvait, elle participerait volontiers aux attaques contre Hikkins, histoire de retrouver le Poudlard d’autrefois. Prendre part au conflit dehors ? Elle était trop jeune. Et puis, quel camp choisir ? Les anarchistes et les mangemorts étaient des terroristes responsables de ce qu’il lui arrivait. Elle ne prenait pas au sérieux l’Héritage, pour avoir connu Kingfell puis Sullivan. Le Ministère ? Vu l’influence à Poudlard, et leurs mesures ingrates, Elsie n’avait plus vraiment envie de les suivre. Elle était bien contente d’être trop jeune pour ça, des fois.

Elsie s’interrogea sur le ton étrange employé par Heidi en parlant de sa sœur : avait-elle des problèmes ? S’il y avait bien quelque chose qu’Elsie ignorait, c’était les grosses disputes entre sœurs. Alors oui, il y avait pas mal de querelles, mais rien de méchant. L’entente n’était pas toujours parfaite, mais Elsie aimait ses sœurs et refusait l’idée qu’il leur arrive quelque chose, encore plus depuis la Nuit Rouge. Elle se souvenait alors que la sœur d’Heidi était à Serpentard : était-ce là, le problème ? Parfois, les maisons séparaient pas mal de choses. Elsie avait eu la chance d’être épargnée, avec Eden, qu’elle n’avait jamais considéré comme une Serpentard vile et mesquine.

Et puis, Heidi proposa à Elsie de venir lui parler, de temps en temps, quand elle en avait besoin. La blonde lui sourit alors, ravie de sa proposition. Cela faisait du bien, de rencontrer des gens comme ça. Et elle avait raison : les lions étaient loyaux, et il fallait se soutenir. Si les maisons servaient bien à une chose, c’était à aider à la cohésion entre élèves.

« Merci, je le ferais. Ca m’a fait du bien déjà, ce soir. »

Elsie n’avait pas eu l’impression d’avoir accumulé autant de choses, pourtant. Et elle essaierait de ne plus recommencer mais c’était moins sûr encore.

« Je sais que je suis plus jeune, mais ça vaut aussi pour moi, si jamais tu veux parler de tout ça, Poudlard, ta sœur … »

Elle lui adressa un léger sourire, une dernière perche tendue. Mais elle était aussi sincère qu’elle-même si Heidi serait sûrement plus capable de la conseiller que l’inverse.
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