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Mission : infiltration

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Darren O. Hellson
Leader de l'anarchie
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Dim 8 Mar - 22:04

Darren jeta un coup d’œil par la fenêtre du minuscule appartement, coincé au dernier étage d’un immeuble mitoyen grisâtre et presque délabré. Dehors, le ciel était gris, fade et triste, mais sans une goutte de pluie. Un parfait temps de septembre.

Affalé sur une chaise dont il avait appuyé le dossier contre le mur à force de se pencher en arrière, le leader anarchiste ne ressemblait présentement plus vraiment au leader anarchiste dont le visage était placardé sur des affiches en ville. À cet instant, il était plus grand, beaucoup plus grand, atteignant presque le mètre 90. Il était plus en muscles, également, et il soupçonnait le moldu dont il avait dérobé le cheveu, et de ce fait l’identité, d’être un footballeur ou quelque chose d’approchant. Son visage avait complètement changé, mais s’octroyait un autre charme. Il n’avait plus les yeux bleus, mais il avait encore les cheveux bruns, quoi que plus clairs. Il avait retroussé les manches de sa chemise blanche et il se trouva une certaine allure. Il se passa une main dans les cheveux, qu’il avait tirés en arrière et rasés sur le dessous, pour tenter de les décoiffer.

« Je suis plutôt beau gosse, non ? »

Il avait interpellé Bonnie, qui se trouvait avec lui dans la pièce principale du minuscule appartement. L’unique autre pièce était une chambre, de la taille d’un placard à balai, avec une vague salle de bains plus ou moins attenante. Eden Swan y était encore, en train de subir sa transformation et de se changer en conséquence. Jetant un coup d’œil au cadran de la montre élégante qu’il portait au poignet, Darren se mit soudain à gueuler de sa grosse voix de footballeur :

« EH, SWAN ! Toujours en train de gerber à cause de la potion ou on pourrait espérer commencer la mission bientôt, là ? »

Il adressa un sourire de gosse à Bonnie juste après ça. À chaque fois qu’il prenait du Polynectar, il avait l’impression de retourner en enfance, comme quand il s’amusait à Poudlard avec Carter et Victor. Il en oublierait presque qu’ils avaient tous les trois une mission, et qu’ils allaient s’introduire dans l’Héritage – là où il avait tué Aaron Kingfell – pour s’infiltrer et tenter de fouiller les lieux à la recherche de sombres secrets qui pourraient discréditer le parti.

« Au fait, vous avez entendu parler de cette chose, cet homme, cette femme, cet animal peut-être, qui se fait appeler L’Inquisition ? »

Question idiote. Il savait très bien que les deux miss avaient dû en entendre parler, comme à peu près tout le monde en ville. Cette question, qui n’attendait aucune réponse, ne servait en vérité qu’à introduire ce qu’il voulait vraiment annoncer. L’air de rien, jouant avec sa baguette magique entre ses mains, gardant les yeux rivés sur l’objet plutôt que d’affronter le regard certainement déjà soupçonneux de Bonnie, il se racla la gorge et tenta de prendre une voix innocente :

« Eh bien, je l’ai contacté. »

Il se prépara aux premières exclamations d’indignation, puis s’empressa d’ajouter sur le même ton :

« Pour qu’il, ou elle, nous aide avec les systèmes de sécurité de L’Héritage. Je veux dire, j’ai tenté d’envoyer un message pour simplement demander un petit coup de pouce. Pas pour tuer quelqu’un, non, juste pour euh… assassiner le système de sécurité du bâtiment, disons. Voilà le plan. »

Il savait d’ores et déjà que ce « plan » n’allait pas plaire à la blonde, et peut-être pas à la brune non plus d’ailleurs quand on savait qu’elle était née pour contredire tout le monde. Comme ce plan était d’ailleurs le seul, et qu’il n’avait pas pris le temps de se pencher concrètement sur une autre manière de venir à bout des contrôles de sécurité magique de L’Héritage, il savait que ça allait encore moins leur plaire. Surtout qu’il n’avait eu aucune réponse de la part de L’Inquisition, et qu’il n’avait pas osé leur avouer cette partie du plan jusque-là… Peut-être faudrait-il jouer un coup de poker, et tenter de passer les portes d’entrée de L’Héritage sans attendre de réponse ou de signal. Ou alors il faudrait improviser un autre plan sur le tas. Possible aussi.



darren
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Dim 8 Mar - 23:07
Bonnie faisait les cents pas dans la pièce, observant de temps à autre l’appartement : jamais elle ne pourrait vivre dans un endroit pareil. A force de vivre dans un certain confort, elle était habituée au minimum. Ce qui lui rappelait encore une fois qu’elle aurait bien dû mal à se faire d’une vie de fugitive, si elle devait enchaîner ce genre d’endroit pour se planquer. Enfin, elle se débrouillait toujours aussi bien pour cacher son allégeance à l’anarchie alors autant rester confiante encore pour le moment. Surtout aujourd’hui, alors qu’ils allaient infiltrer l’Héritage.

La jeune femme avait tout de suite été emballée par le plan, parce qu’elle en faisait partie, tout comme une nouvelle recrue prometteuse. Pour une fois, Darren ne se lançait pas dans un truc tout seul, pour une fois il écoutait ce qu’elle et les autres n’arrêtaient pas de lui dire. C’était une petite victoire pour Bonnie, qui espérait bien que cela dure. Elle avait rendez-vous avec la dirigeante de l’Héritage pour lui proposer l’idée d’écrire la biographie posthume de Kingfell et la naissance de l’Héritage. Evidemment, ce n’était pas du tout son genre de trucs, et encore moins de vanter les mérites d’un type à peine sorti de l’adolescence mais il lui fallait bien une excuse pour entrer dans les locaux et pour pouvoir en faire le tour tranquillement. Pour rendre ce prétexte plus crédible encore, elle en avait parlé à son éditeur sorcier, qui semblait intéressé par l’idée – elle le soupçonnait d’être très attiré par les idées du parti, et cela ne l’avait donc pas étonnée.

Bonnie avait tout son discours en tête, et essayait de n’oublier aucun détail. Elle s’était penchée un peu plus sur l’Héritage, sur ce qu’ils faisaient, pour être plus à l’aise sur le sujet. Elle espérait juste que la dirigeante refuse son offre, parce qu’elle se voyait très mal écrire réellement la biographie d’Aaron Kingfell , même si ce livre pourrait encore tromper le Ministère sur ses activités réelles. Enfin, elle s’était apprêtée pour l’occasion, en revêtant un tailleur qu’elle n’avait plus porté de puis un moment mais qui lui allait toujours. Tenue classique, mais ça fonctionnait. Au moins, elle n’avait pas besoin de Polynectar : rien que d’y penser, elle avait envie de vomir. Cette potion était absolument infecte, et elle était bien contente d’y échapper cette fois. Ce qui n’était pas le cas de Darren et de la nouvelle recrue. Darren était déjà près, et avait radicalement changé : il avait pris des allures de footballeur. Lorsqu’il lui adressa la parole, Bonnie s’arrêta et lui lança un grand sourire.

« Je dirais même que t’es mieux que d’habitude. T'es presque potable. »

Ce qui était faux : elle le préférait avec ses yeux bleus, et de loin. Il n’avait plus ce même air de gamin immature qui, bizarrement, manquait à Bonnie quand elle le regardait. Sauf qu’elle se gardait bien de le lui dire, il en serait trop heureux.

La blonde finit par s’asseoir dans un canapé un peu miteux, fatiguée elle-même de faire les cents pas. Elle fronça les sourcils lorsque Darren se mit à gueuler : avait-il conscience d’avoir une voix beaucoup plus grave, beaucoup plus forte ? Bonnie en douta l’espace d’une minute. D’ici à ce qu’il le fasse exprès aussi, pour emmerder Eden Swan, la fameuse nouvelle recrue. De ce qu’elle avait compris, ces deux là s’étaient croisés à plusieurs reprises et se lancer des piques étaient devenus une marque de fabrique, comme elle et Darren. Eden était jeune, pas de quoi rendre jalouse Bonnie, au contraire. Elle voyait en elle une alliée contre ce crétin et comptait bien en profiter si elle en avait l’occasion.

Bonnie se contenta d’un regard las vers Darren, laissant Eden réagir à sa guise. Grâce à des gens comme elle, l’anarchie avait l’espoir de renaître, de redevenir ce qu’elle était à ses débuts : un mouvement prometteur, annonciateur de changement, d’évolution dans le monde magique. C’était toujours risqué, d’intégrer des jeunes au mouvement, mais cela ne pouvait qu’être bénéfique : ce sont eux qui feront le monde, plus les vieux conservateurs adeptes du Ministère, ou de l’Héritage désormais. Il leur fallait de nouveaux membres fidèles, et Bonnie espérait qu’Eden, comme Zabini, ou d’autres le seraient.

La question suivante intrigua un peu plus Bonnie. L’Inquisition, ou encore un mouvement absurde qu’elle ne comprenait pas. Elle ne voyait pas l’intérêt, si ce n’est aggraver la situation, ou envenimer les relations entres les anarchistes, le Ministère, les mangemorts et l’Héritage. Elle se demandait s’ils n’allaient pas pousser les gens à la guerre civile pour doubler tout le monde ensuite. Légèrement paranoïaque, mais c’était son avis. Elle se tourna alors vers Darren et lui lança un regard interrogateur. Son expression changea rapidement quand il annonça le plus naturellement du monde qui les avait contactés. Bonnie se redressa, bouche ouverte, presque à l’engueuler pour avoir, de nouveau, fait une connerie. Mais il prit les devants, et se justifia, du mieux qu’il le pouvait. Bonnie l’écouta à moitié cette fois, fulminant intérieurement. Pourquoi ne lui avait-il pas dit ça, avant ? Elle connaissait évidemment la réponse : il ne voulait pas que quelqu’un cherche à l’en empêcher. Il essaya de présenter les choses comme s’il s’agissait de la meilleure des solutions, ce qu’elle n’était pas pour Bonnie, mais soit. Assassiner le système de sécurité de l’Héritage ? Et puis quoi encore !

Bonnie se leva d’un bond et se planta devant Darren. Elle était énervée parce qu’il avait encore une fois décidé d’en faire qu’à sa tête au final, faisant confiance à un inconnu dont on ne savait presque rien. Elle croisa les bras, retenant sa soudaine envie de le secouer.

« Mais t’es complètement fou ! On sait même pas qui sont ces gens ! Comment tu peux leur faire confiance ? Si ça se trouve, c’est un traquenard du Ministère, une histoire inventée pour trouver les traîtres comme nous. Et là, tout ce que tu auras gagné, c’est une armée de Chasseurs en comité d’accueil. Tu veux nous tuer, c’est ça ? Dis le tout de suite si cette mission, c’est pour te débarrasser de nous. »

Elle s’était promis d’arrêter de l’engueuler comme une mère avec son gosse, mais c’était plus fort qu’elle, sur le coup. Et si c’était la seule manière de le faire réagir, elle était obligée de passer par là.
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Eden Swan
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Lun 9 Mar - 22:38
Les mains toujours crispées sur le bord du lavabo, Eden contempla son reflet dans le miroir.

C'était une des expériences les plus étranges - et les plus désagréables - de toute sa vie. Sa nouvelle apparence en elle-même n'avait rien de repoussant - la moldue dont elle avait emprunté l'identité avait au contraire un visage très agréable à regarder. Non, ce qui était désagréable, c'était le goût infect du Polynectar et les sensations qui avaient parcouru son corps lorsqu'elle s'était transformée sous ses propres yeux.

Ses cheveux bruns et ondulés avaient disparu au profit d'une chevelure à mi-chemin entre le blond et le roux, parfaitement lisse. Comme elle quelques minutes plus tôt, la fille dans le miroir les avaient attachés en queue de cheval haute, prête à passer à l'action. Ses yeux soulignés de noir était toujours marrons, mais d'une nuance plus claire, presque ambrée. Son visage était désormais plus anguleux, et elle était aussi clairement plus âgée. Une vingtaine d'années, sans doute. La moldue dont elle avait désormais l'apparence travaillait comme vendeuse dans une petite boutique de vêtements gothiques sur Camden Street. Ils avaient bien retenu l'endroit, histoire de pouvoir lui subtiliser quelques cheveux supplémentaires, au cas où.

La voix de Darren, ou plutôt celle du moldu dont il avait volé l'apparence, s'éleva depuis la pièce voisine.

« EH, SWAN ! Toujours en train de gerber à cause de la potion ou on pourrait espérer commencer la mission bientôt, là ? »
- La ferme ! répondit Eden d'une voix forte.

Voilà qui avait le mérite d'être clair. Sa nouvelle voix la déstabilisa quelque peu, bien qu'elle ne fut pas beaucoup plus grave ou aiguë que la sienne. Heureusement, car elle n'aurait pas pu se supporter très longtemps si elle s'était mise à parler avec la voix d'une midinette. La voix de l'inconnue dans le miroir était tout simplement... différente. Pas familière.

Darren n'avait pas menti, toutefois. Eden s'était bel et bien mise à dégobiller après avoir bu la potion, ou du moins s'était-elle précipitée dans la minuscule salle de bains pour en recracher une bonne partie. C'était la première fois qu'elle prenait du Polynectar, et elle espérait vivement que ce soit la dernière. Sauf qu'il y avait peu de chances que ce soit le cas.

Finalement, elle se passa un peu d'eau froide sur le visage, se tamponna avec une serviette et sorti de la salle de bains et de la chambre pour rejoindre Darren et Bonnie dans le salon - qui était presque aussi miteux et minuscule que le reste de l'appartement.

- Je déteste ça, déclara-t-elle de but en blanc, juste pour la forme.

Sans émettre de plainte supplémentaire, elle se plaça près de la fenêtre pour jeter un coup d’œil dehors par réflexe. Parano ou pas, elle préférait être certaine qu'aucun individu louche ne surveillait l'endroit de l'extérieur. Darren était recherché par un bon nombre de personnes, après tout.

Elle reporta son attention sur ce dernier : présentement, il ne ressemblait plus à Darren. Il était d'ailleurs étrange d'avoir cet inconnu devant elle et de savoir que sous ces traits étrangers se cachait son mentor. Seuls certaines mimiques trahissait son identité - le fait qu'il se comporte comme un gosse en se balançant sur sa chaise, par exemple. Quoi qu'il en soit, il courait beaucoup moins de risques qu'on le reconnaisse et qu'on le suive, par exemple.

Eden soupira. Elle était beaucoup plus anxieuse qu'elle n'aurait dû l'être. Darren avait l'habitude. Certes, tout ça était nouveau pour elle, mais elle allait également devoir s'accoutumer à sa double vie et cesser de s'inquiéter pour rien ou presque.

« Au fait, vous avez entendu parler de cette chose, cet homme, cette femme, cet animal peut-être, qui se fait appeler L’Inquisition ? »

Toujours tournée vers la fenêtre, Eden jeta un regard vague en direction de Darren. Oui, elle en avait entendu parler, comme tout le monde. Mais encore ?

« Eh bien, je l’ai contacté. »

Cette fois-ci, elle se retourna pour lui faire face. Darren n'aurait aucun mal à reconnaître Eden avec l'expression qu'elle arborait en ce moment, Polynectar ou pas ; ça, c'était certain.

Avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, Darren enchaîna et leur exposa son plan. Il voulait contacter l'Inquisition pour qu'ils neutralisent le système de sécurité de l'Héritage. C'était ça, son fabuleux plan ?!

Bonnie prit la parole, la colère saturant chacun de ses mots. Eden ne la connaissait pas encore beaucoup, mais elle était plutôt d'accord avec ce qu'elle disait. Elle n'avait pas pensé aux théories qu'elle envoyait à la figure d'Hellson, d'ailleurs. L'Inquisition tenait plus du mythe que de l'organisation transparente, c'était le moins qu'on puisse dire. Eden ne s'était pas intéressée de près aux rumeurs qui courraient à leur sujet. Mais Bonnie avait raison. Peut-être que c'était une organisation factice, un piège du Ministère. Tout était possible.

- Pas étonnant que même les avis de recherche du Ministère précisent que les psychomages te jugent immature après ça, railla Eden.

Avis de recherche qui précisaient également que les gens comme elle était persona non grata, d'ailleurs.

- On va sérieusement faire confiance à des types qui se font appeler "L'Inquisition" ? Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça ne me dit rien qui vaille.

Dixit l'anarchiste. Bon, d'accord. Peut-être que le nom était sujet à de mauvaises interprétations. Mais tout de même, on ne savait rien de cette soit-disant Inquisition.

- On parle de gens qui se font de la pub en prétendant pouvoir assassiner tranquillement quelqu'un, ajouta-t-elle. Comment ça se fait que tu ne puisses pas le faire toi-même ? Neutraliser la sécurité, je veux dire. Tu as bien réussi à te glisser entre les mailles du filet de Poudlard sous la barbe de Dumbledore...

Spoiler:
 
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Darren O. Hellson
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Ven 13 Mar - 15:09
Darren fit mine de se gratter l’oreille d’un air gêné, comme un enfant pris en faute. Son air faussement penaud ne cadrait pas vraiment avec ses 1m90 de muscles, mais il essayait vraiment d’avoir l’air sincèrement embêté. En vérité, il ne l’était pas tant que ça. Cette histoire d’Inquisition l’intriguait assez. En soi, l’idée de se faire justice soi-même ne le choquait pas, même si l’apparition de nouveaux extrémistes n’allait pas plaire aux autorités. Après, effectivement, il fallait voir comment ça allait évoluer. Il n’avait absolument pas songé à l’éventualité d’un piège, par ailleurs, et à l’idée que le Ministère lui-même puisse être à l’origine d’une telle création, si bien qu’il se redressa sur sa chaise lorsque Bonnie le fit, soudain plus attentif et plus inquiet, aussi. Bon d’accord, vu sous cet angle… Il voyait mal le Ministère faire une chose pareille, ceci dit, même si quelqu’un comme Levi Goldstein tenait les rênes. Et qu’arriverait-il aux honnêtes citoyens, à la vie détruite par l’assassinat d’un frère, d’une mère, d’un enfant, commis par les mangemorts, et qui voudraient se faire justice eux-mêmes ? Darren pouvait comprendre ces gens. Il était même sûr que quelque part, même le ministre lui-même devait le comprendre mais sans l’accepter pour autant. Alors organiser une telle mascarade au risque de provoquer de nouvelles tensions au sein de la population et risquer de piéger des gens qui ne sont ni mangemorts, ni anarchistes, ni criminels ? C’était possible, mais peut-être un peu trop incertain.

Darren voulut partager sa réflexion, mais une remarque d’Eden le coupa dans son élan. Indigné, il tourna la tête vers elle pour la toiser, sourcils arqués. Oui, il avait vaguement aperçu une affiche placardée en ville, avec son nom, sa belle gueule, et un descriptif insultant, mais ce n’était pas une raison pour se servir de ça contre lui, surtout quand on s’appelait Eden Swan et qu’on était une chieuse de nature.

« Je n’ai vu aucun psychomage de ma vie. Ces charlatans émettent un jugement totalement erroné sur ma personne sans même m’avoir rencontré, tu trouves ça normal toi ? »

Il jouait les indignés, certainement sans se rendre compte que s’intéresser en priorité à cette réflexion révélait d’une certaine façon son immaturité et son égocentrisme. Il avait arrêté de se balancer sur sa chaise, et il posa les coudes sur ses genoux pour réfléchir plus sérieusement.

« Je peux neutraliser une partie de leur sécurité, ça, ce n’est pas un problème. Mais Kingfell devait vraiment avoir la tête pleine d’idées tordues, parce qu’il a fait établir plusieurs systèmes pointus dont certains sont d’origine totalement moldue. La liaison complexe entre tous ces systèmes, magiques pour certains, informatiques pour d’autres, rend les choses plus compliquées. Pour le Polynectar, on n’aura aucun souci. Je me suis déjà occupé de leurs détecteurs avec Siméon. Mais il n’a pas pu lui-même évaluer en détails tous leurs programmes ou même garantir qu’on ne lui cachait pas des choses à ce sujet au Ministère. Ils semblent un peu trop aimer cultiver le secret, dans l’Héritage. »

Et il tenait vraiment à savoir pourquoi. Ce parti politique cachait des choses, c’était certain. Ils finiraient par couler.

« Bref, tout ça pour dire qu’il y a une certaine probabilité pour que quelque chose nous ai échappé et que du coup, je me suis dit qu’on ne serait pas contre un petit coup de pouce au cas-où. Au pire, on n’obtiendra juste aucune réponse. Ce n’est pas si terrible, non ? »

Il regarda Bonnie en disant ça, essayant de ne pas avoir l’air trop léger. Bien sûr que non, il ne voulait pas les tuer ou se débarrasser d’elles... Elle avait toujours le don pour s’énerver tout de suite de manière radicale. À force, ça le faisait rire. Mais si ça ne tenait qu’à lui, il aurait fait ça seul. Seulement, il prenait en compte les conseils de la blonde en matière d’esprit d’équipe, et c’est en grande partie pour ça qu’il lui avait demandé de faire partie de ce coup. Après, bien sûr, il y avait toujours ces moments où il préférait prendre une initiative seul, parce qu’il savait très bien qu’on allait l’en empêcher sinon.

« Ça va aller, ajouta-t-il plus sérieusement. Si jamais quelque chose ne va pas ou que quelque chose dérape, vous pourrez vous en sortir. Personne ne sait que tu es anarchistes, Bonnie, et personne ne reconnaîtra Swan sous polynectar. Quand bien même, personne ne sait non plus qu’elle fait partie du mouvement. C’est moi qui ai éliminé Kingfell, alors si quelque chose dérape, c’est sur moi qu’ils vont logiquement se concentrer. »

Il n’avait absolument pas l’âme d’un martyr mais cette idée le rendait serein. Il adorait particulièrement faire chier Bonnie et Eden, mais il les affectionnait suffisamment pour vouloir qu’elles s’en sortent absolument en cas de problème. Il y veillerait.

Puis comme pour dédramatiser, il bloqua un moment en considérant Eden et sa toute nouvelle apparence, et haussa les sourcils avec une espèce de moue moqueuse.

« Mais d’ailleurs, c’est que tu serais presque canon, comme ça, Swan. »



darren
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L'Inquisition
Se rendre justice soi-même
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Ven 13 Mar - 15:21


L'Inquisition arrive pour...
Darren O. Hellson, Bonnie Hepburn & Eden Swan
1
Il y a d'abord un chuintement soudain, puis un raclement de gorge. La gazinière s’est allumée toute seule, dans la pièce, du côté de la cuisine exiguë. Les contours d’un visage se dessinent dans les flammes basses, le visage d’un homme dont il est difficile de déterminer les traits avec précision. Un léger sourire se voit quand même au niveau de sa bouche : il savoure l’effet de surprise auprès des trois personnes présentes dans le minuscule appartement. Le visage se tourne, comme s’il essayait de trouver un meilleur angle pour les observer.

« Hellson. »

C’est une voix claire malgré les flammes, un ton tranquille qui ne laisse supposer aucune animosité.

« Mademoiselle Hepburn. »

Ses yeux, couleur de feu, se tournent.

« Mademoiselle Swan. »

Il laisse passer un temps, comme s’il s’agissait réellement de salutations polies et non d’une intrusion. Il aime l’effet de surprise.

« Infiltrer l’Héritage, qui est un parti étroitement lié avec le Ministère… Mission risquée. »

Sa voix est un peu pensive. En vérité, il le pense vraiment. Il sait qui est Hellson, et il se doute que les deux jeunes femmes sont également des anarchistes. Il sait aussi que le Ministère, et encore plus l’Héritage depuis l’assassinat de leur jeune fondateur, mettent tout en œuvre pour arrêter les membres de ce mouvement. Alors oui, cette idée qu’ils ont est risquée. Mais ça, ils doivent le savoir déjà.

« Un petit coup de pouce ne serait pas de refus, donc, si je comprends bien ? »
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Lun 16 Mar - 17:08
Bonnie fulminait toujours quand Eden prit la parole, partageant son scepticisme. Non mais franchement, demander de l’aide à quelqu’un dont on ne connaissait pas les motivations réelles, qui, comme le disait Eden, prétendait pouvoir venger n’importe qui en tuant des gens, c’était totalement absurde. Elle ne pensait pas que Darren aurait été capable de tant d’inconscience, pas à ce point en tout cas. C’était peut être de la curiosité, mais il aurait pu choisir un autre moment pour demander leur intervention, qui n’inclut pas sa présence et celle d’Eden de préférence. Elle restait sur son idée première, du danger que représentait un mouvement qui se cachait derrière un nom, une identité inconnue : cela ne pouvait qu’être un piège pour mieux attraper les traîtres.

Bonnie avait vu les affiches de recherches sur Darren également mais pour le coup, elle partageait son avis sur les psychomages : elle serait bien la dernière à aller les voir. Elle ne concevait pas qu’une personne puisse en analyser une autre rien qu’en discutant et l’aide à régler un problème : c’était trop abstrait pour la jeune femme. On pouvait raconter n’importe quoi lors de ce genre de séance, et le psychomage n’était pas à mène de déceler le vrai du faux. Après, pour le cas de Darren, son immaturité était – presque – de notoriété publique. Donc, c’était plutôt facile de le mettre en avant.

Darren s’expliqua encore une fois sur les raisons qui l’avaient poussé à prendre contact avec l’Inquisition. Certes, l’Héritage était un parti de tordus, mais il avait été fondé par un gosse : qu’est-ce qu’ils connaissaient en sortilèges de protection, en matière de sécurité magique ? Bonnie était persuadée que Darren se trompait à leur sujet, qu’ils n’étaient pas aussi performants là-dessus. Mais soit, il avait voulu jouer la carte de la sécurité, elle pouvait le comprendre. Si cela n’incluait pas l’Inquisition, ça aurait été une excellente chose, même. Toujours debout, elle plissa les yeux lorsque Darren la regarda. Aucune réponse, c’était ça le pire pour lui ? Elle, elle voyait autre chose : des Chasseurs, le Ministère, l’obligation de prendre la fuite avec Eden, de nouvelles affiches avec leurs deux noms et une description aussi mauvaise que celle de Darren. Il voulut certainement la rassurer, en lui affirmant qu’elles s’en sortiraient, que personne ne pourrait les reconnaître, mais la perspective qu’il se fasse prendre sur ce genre de mission ne l’apaisait pas. Elle finit par s’échouer de nouveau sur le canapé, en marmonnant.

« Ils n’hésiteront certainement pas à attraper deux anarchistes en plus s’ils le peuvent, ou si l’Inquisition nous dénonce. »

Le mal était fait de toute façon : il les avait contacté, il n’y avait plus moyen de faire marche arrière. Elle ne savait dire si c’était le fait qu’il ne leur en avait pas parlé ou qu’il faisait confiance à des étrangers qui l’énervait le plus. Bonnie finit par soupirer, alors que Darren provoquait de nouveau Eden, comme s’il voulait changer de sujet. Elle regarda alors la jeune femme : elle n’avait pas beaucoup vieilli, avec sa nouvelle apparence, mais avait un style différent. Elle essaya de mémoriser son nouveau visage, histoire de la reconnaître une fois dans les locaux de l’Héritage. Ce serait vraiment stupide si elle oubliait son visage, comme celui de Darren – mais sa carrure aidait à le reconnaître, ceci dit.

Un bruit fit sursauter Bonnie, alors qu’elle essayait de se calmer, enfoncée dans le canapé. Elle se redressa alors, quand la gazinière s’alluma toute seule. Ca, c’était étrange, comme phénomène. Mais pas étonnant quand on était sorcier. Elle se leva pour avoir une meilleure vision de la chose : les flammes formaient à présent une tête, ou du moins ça y ressemblait. La forme se mit à parler ensuite, les nommant tour à tour.

« Gé-nial » murmura alors Bonnie, parlant plus à elle-même qu’autre chose.

Elle lança alors un regard plein de sous-entendus à Darren. Si cette chose connaissait son identité, si elle la voyait en compagnie du leader de l’anarchie, combien de temps lui faudrait-il pour faire le rapprochement, pour deviner que les deux femmes font parties de l’anarchie ? Combien de temps lui faudrait-il pour les dénoncer ? Bonnie ne s’était jamais vraiment sentie en danger, avec sa couverture : elle n’avait jamais été exposée, et personne ne pouvait devenir qu’une personne comme elle pouvait appartenir à un mouvement aussi radical. Enfin, tous ceux qui ne la connaissaient pas personnellement. Quand on cherchait un peu, il était facile de faire le rapprochement : elle avait toujours été proche de Carter, Darren et Bonnie avaient fait leurs études à Poudlard au même moment, etc. … Elle jouait alors sur son indépendance et sur son détachement de la cause sorcière pour donner au change. Mais si maintenant quelqu’un se décidait à enquêter un peu sur elle, il ne serait pas compliqué de faire le rapprochement. C’était donc la première fois qu’elle craignait réellement qu’on ne découvre qui elle était, et cela remettait bien des choses en question. Non, vraiment, contacter l’Inquisition était la pire idée qui soit. Et il y avait bien pire que l’absence de réponse : une réponse concrète.

Il ne fallait pas être un génie pour deviner que c’était donc ça, l’Inquisition. Certes, il devait y avoir un sorcier derrière cette apparition. Mais ils étaient les seuls à connaître leur plan d’infiltrer l’Héritage, grâce à Darren. Cela ne pouvait être qu’eux. Bonnie l’écouta à peine parler, trop concentrée sur le fait qu’il connaisse son identité. C’était trop perturbant pour elle, trop dangereux. Comment faire confiance à cette chose ? Ils avaient besoin d’un peu d’aide, mais elle restait contre l’idée de faire appel à une chose pas capable de se montrer réellement. Enfin, l’Inquisition faisait de la concurrence à Darren, avec ce genre d’apparition : elle pensait encore à Halloween dernier, où ils avaient annoncé le retour de l’anarchie en pleine soirée au Dôme. Bonnie s’était attendue à quelque chose de spectaculaire, ce ne fut pas tellement le cas.

Bonnie s’adossa à un mur, laissant Darren se débrouillait avec ça : elle refusait de marchander quoi que ce soit avec l’Inquisition, c’était son problème, pas le sien. Elle se contenta de le regarder, avec toujours en travers de la gorge le fait qu’éventuellement, un étranger savait qui elle était.
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Eden Swan
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Lun 16 Mar - 21:52
« Je n’ai vu aucun psychomage de ma vie. Ces charlatans émettent un jugement totalement erroné sur ma personne sans même m’avoir rencontré, tu trouves ça normal toi ? »

Eden haussa un sourcil d'un air sceptique qui une fois de plus lui ressemblait bien, mais ne répondit pas. Elle aussi, se fichait totalement de l'avis de psychomages qui n'avaient jamais rencontré Hellson en chair et en os ; elle aussi, ne trouvait pas ça vraiment normal. À vrai dire elle avait lancé cette remarque au sujet de l'avis de recherche dans le but pur et simple de le faire chier. Et vu l'indignation de Darren, elle n'avait pas raté son coup. Elle n'était pas assez sereine pour profiter de son petit effet, cependant. Son annonce au sujet de l'Inquisition la perturbait encore trop.

Eden n'aimait pas l'idée de confier son destin à une entité dont elle ignorait tout, à des variables qu'elle ne maîtrisait pas. Certes, elle ne rechignait pas à vivre quelques aventures hasardeuses, mais elle aimait avoir un minimum de contrôle sur les choses, surtout à une échelle aussi grande. Ils ne s'apprêtaient pas à faire une balade dans la forêt interdite, après tout, mais bel et bien à s'introduire dans le siège de l'Héritage.

Mais voilà, comme Eden commençait à s'en apercevoir, Darren avait tendance à se lancer dans des projets de manière parfois pas tout à fait rationnelle, pour ne pas dire complètement loufoque et dangereuse.

- Il est toujours comme ça ? demanda-t-elle à Bonnie en levant les yeux au ciel.

C'était plus que question rhétorique qu'autre chose, mais Eden n'aurait pas refusé d'entendre ce que Bonnie avait à dire au sujet d'Hellson. Elle ignorait quelle était l'histoire commune de ces deux-là, mais elle pressentait qu'ils se connaissaient depuis un petit bout de temps. Bonnie avait peut-être même du dossier sur lui, tiens. Mais ce n'était peut-être pas le moment de le déterrer.

Hellson lui indiqua qu'il pouvait neutraliser une partie de la sécurité lui-même, mais que le système en question était un système hybride qui combinait magie et mécanismes moldus, ce qui posait problème.

Darren tenta ensuite de les rassurer en leur assurant que si quelqu'un courrait un risque, cela ne pourrait être que lui. Bonnie et elle seraient à l'abri des répercussions.

- Y'a plutôt intérêt, marmonna Eden.

En réalité, elle songeait plutôt que cela ne les avancerait beaucoup plus si quelque chose arrivait à Darren. Et elle ne voulait pas que quelque chose lui arrive, même si ça, il aurait fallu le lui arracher avec du Veritaserum pour qu'elle le dise à haute voix. Au fond, Eden en arrivait à considérer Hellson comme un deuxième grand frère. En beaucoup plus chiant que Sam, son véritable grand frère. Mais aussi en beaucoup plus présent, depuis un certain temps, il fallait l'avouer. Même s'ils n'étaient pas vraiment proches, Eden se sentait désormais plus proche de Darren que de Sam.

« Ils n’hésiteront certainement pas à attraper deux anarchistes en plus s’ils le peuvent, ou si l’Inquisition nous dénonce. »

Bonnie n'avait pas tort. En fait, elle avait même plus que raison. Qu'est-ce qui empêchait l'Inquisition de jouer un double jeu  et de les dénoncer au Ministère ?

« Mais d’ailleurs, c’est que tu serais presque canon, comme ça, Swan. »

La remarque de Darren coupa court à sa réflexion.

- Merci, répondit Eden au tac-o-tac. J'aimerais pouvoir te retourner le compliment, mais de toute évidence même le Polynectar ne peut pas t'aider pour ce genre de chose.

Encore une réplique de mauvaise foi. En vérité, la nouvelle apparence de Darren n'était pas désagréable non plus – mais pour tout dire, elle préférait celle du vrai Darren. Sauf que là encore, une bonne dose de Veritaserum aurait été impérative pour qu'elle le dise à haute voix. Manquerait plus que les chevilles d'Hellson n'enflent jusqu'à atteindre le double du volume de sa tête pourtant déjà bien grosse, tiens.

- Et pour info, je suis toujours canon.

À ce moment-là, la gazinière s'alluma toute seule. À l'instar de Bonnie, Eden sursauta, incapable de s'en empêcher. Les contours d'un visage se dessinaient dans les flammes. Le visage d'un homme, aux traits imprécis. Un à un, le visage énonça leurs noms. Eden entendit Bonnie marmonner quelque chose et décida de formuler explicitement ce qu'elles pensaient sans doute toutes les deux.

- Tu leur as dit comment on s’appelait ? siffla Eden entre ses dents.

Elle ignorait si oui ou non la tête dans les flammes pouvait les entendre, aussi s'était-elle exprimé d'un ton le plus bas possible, sans pour autant réprimer les accents de colère – et d'inquiétude – qui perçaient dans sa voix.

Un mauvais pressentiment s'était emparé d'elle. Elle songea à ce que Bonnie avait dit quelques secondes plus tôt au sujet de la duplicité possible de l'Inquisition. Non, décidément, cette situation ne lui plaisait guère. Eden ne voulait pas jouer un jeu dont elle ignorait les règles.

Mais avait-elle vraiment le choix ? Car de toute évidence, il était trop tard pour faire marche arrière.

Le visage dans les flammes reprit la parole, s'assurant qu'ils avaient bel et bien besoin d'un coup de main. Eden avait sa réponse : oui, il pouvait les entendre, s'il leur posait des questions. Elle se tourna vers Darren, devinant qu'il était plus à même d'y répondre.
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Darren O. Hellson
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Dim 22 Mar - 19:45
Darren sursauta en entendant une voix et faillit en tomber de sa chaise, comme il était toujours en train de se balancer. Il se rattrapa d’une main au mur et de l’autre, il s’empara de sa baguette qu’il avait posée sur la table à côté de lui. Il balaya la pièce du regard et s’arrêta sur la gazinière, où le feu s’était allumé tout seul. Les contours d’un visage se dessinaient dans les flammes. Après avoir jeté un rapide coup d’œil aux deux filles, Darren se leva pour s’approcher de la gazinière et tenter de mieux distinguer le visage qui leur parlait à travers les flammes. C’était un homme, mais dont les traits ne lui disaient rien. Fronçant légèrement les sourcils, Darren l’écouta parler jusqu’au bout et tourna immédiatement la tête vers Eden lorsqu’elle lui demanda s’il avait communiqué leurs noms à L’Inquisition. Comment pouvait-elle seulement penser ça ? Il leva une main, comme pour l’apaiser.

« Eh, bien sûr que non. »

Jamais il n’aurait pris le risque de communiquer leurs noms, à elles deux, auprès de qui que ce soit. Il était peut-être immature et égoïste, mais il ne se permettrait jamais ce genre de choses. Quand il avait fait porter un message à L’Inquisition, à vrai dire, il n’avait même pas communiqué son propre nom. Il ne s’était pas attendu à une telle intervention. Comment cet homme avait-il su qu’ils se trouvaient là à ce moment précis, tous les trois ? Pire, comment pouvait-il connaître le nom de Bonnie et Eden ? La méfiance s’imposait maintenant en lui. Peut-être trop tard, c’est vrai, il s’en fit la réflexion. Mais le mal était fait : il faudrait bien faire avec.

Il laissa passer un silence, puis se rapprocha encore de la gazinière pour pouvoir toiser le visage en haussant les sourcils. Qui était-il ? Un simple gars sorti de nulle part, prônant la justice par la vengeance ? Ou alors un enfoiré d’auror ou employé du Ministère, comme le soupçonnait Bonnie, qui jouait la comédie ? Si c’était vraiment ça, il se le promettait, il lui ferait la peau. À lui et à tous les autres dans le coup.

« Vous comprenez bien, se contenta-il de répondre d’abord, prudemment. C’est bien pour un coup de pouce que je vous ai contacté, pas vraiment pour taper la discute autour d’un café – même si vous auriez du mal à boire un café, là, tout de suite. »

Il s’interrompit, en se demandant si c’était vraiment le moment de faire de l’humour, comme à son habitude. Puis il décida que oui, parce qu’après tout, c’était sa marque de fabrique.

« Après, tout ça est un peu obscur. Vous promettez de l’aide à quiconque vous la demandera, mais comment vous faire confiance ? Personne ne sait qui vous êtes. Alors qu’à l’inverse, vous avez l’air de bien connaître vos interlocuteurs. Moi, à la limite, je peux comprendre, mais elles deux ? Non. Si vous êtes vraiment là pour nous aider, alors prouvez-le. »

S’il se sentait méfiant, maintenant que Bonnie et Eden lui avaient fait part de leur avis, il éprouvait aussi une grande curiosité vis-à-vis de cet inconnu qui venait de prendre contact avec eux. Qui était vraiment L’Inquisition ?



darren
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L'Inquisition
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Dim 22 Mar - 23:52


L'Inquisition arrive pour...
Darren O. Hellson, Bonnie Hepburn & Eden Swan
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Il a un léger sourire à la remarque d’Hellson qu’il juge amusante, puis il écoute et il garde le silence le temps de réfléchir à une réponse. Oui, leur inquiétude est plus que légitime. Mais en même temps, pourquoi le contacter dans ce cas ?

« Je comprends vos doutes et votre inquiétude. Pour vos identités, sachez juste que je ne suis pas seul et que l’un d’entre nous est suffisamment bien placé pour savoir beaucoup de choses. »

Il n’ose pas en dire plus : cette personne, il la protégera quoi qu’il arrive. Il préfère changer de sujet.

« Dans cette guerre des camps qui a commencé, nous avons nos propres idéaux mais nous respectons ceux de l’anarchie. Si nous avons décidé de répondre à votre appel, si nous avons décidé de vous aider, c’est parce que ce que vous comptez faire est dans notre intérêt. »

Il lève les yeux sur Hellon, qui s’est approché de la gazinière, et l’observe un moment en silence.

« Vous voulez une preuve ? Très bien. Allez au quartier général de l’Héritage, allez faire ce que vous comptiez faire là-bas. Vous verrez que vous passerez sans aucun problème les systèmes de sécurité, parce que nous avons veillé à ce que ce soit le cas. Bien sûr, c’est à vous de faire en sorte de ne pas éveiller les soupçons une fois à l’intérieur, mais pour ce qui est d’entrer et de sortir, vous pourrez le faire sans déclencher un seul dispositif. »

Il a failli ajouter qu’il le promettait, mais il ne voit pas l’intérêt de se justifier ou de tenter d’obtenir leur confiance. Après tout, c’est à eux de voir.

« Croyez-moi ou non, faites-le ou non, ça vous regarde. Je viens seulement vous porter ce message, en réponse au vôtre. Faites-en ce que vous voulez. Pour le reste… ça dépend de vous. »

Il a un signe de tête dans les flammes, comme un salut, et ferme les yeux. La seconde d’après, le feu de la gazinière s’éteint subitement, faisant disparaître avec lui le visage de l’Inquisition.
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Sam 28 Mar - 15:24
Bonnie aurait préféré que Darren ait donné leurs noms, quelque part, même s’il aurait fait preuve d’une extrême inconscience et qu’elle lui en aurait voulu pendant longtemps. Là, quelqu’un savait qui elle était vraiment et qui elle soutenait. Ce ne serait que le début, elle en était persuadée, et ce n’était en rien rassurant : combien de temps faudrait-il pour que d’autres personnes seraient au courant pour elle, et pour Eden ? Comment pouvait-on faire confiance en L’Inquisition qui semblait prête à travailler pour n’importe quel camp en servant leurs propres intérêts ? Tout ça ne plaisait pas à Bonnie, vraiment pas.

La jeune femme resta silencieuse, et observa l’échange entre Darren et la représentation de l’Inquisition. Elle fut rassurée quand il commença à partager ses doutes – il n’était donc pas aussi fou que ça. Mais l’inquiétude revint rapidement quand la flamme les informa qu’il n’était pas seul et que quelqu’un de haut placé avait beaucoup d’information sur leurs identités et leurs activités. Bonnie savait qu’un jour où l’autre, elle ferait une erreur qui la conduirait à partir en cavale, comme de nombreux anarchistes. Mais à l’heure actuelle, elle se pensait encore loin de tous soupçons, elle pensait pouvoir être tranquille pendant un long moment. Alors, elle se demandait bien qui pouvait être ce mystérieux informateur : une taupe chez les anarchistes ? Ce ne serait pas le premier. Quelqu’un qui jouerait sur plusieurs fronts ? Tout semblait probable, et rappelait à Bonnie de redoubler de vigilance : personne n’était à l’abri, personne n’était intouchable. Si elle avait toujours eu une crainte en entrant dans l’anarchie, c’était bien de perdre sa couverture. Elle se sentait plus utile comme ça et ne savait pas à quoi elle pourrait bien servir si elle devait se cacher aux quatre coins du pays. Encore une perspective à laquelle elle avait longtemps évité de penser, mais qu’il faudrait envisager de plus en plus.

Leur mission semblait se transformer en mission suicide : l’Inquisition ne leur apporta pas de preuve tangible de leur aide. Ils devaient leur faire confiance les yeux fermés, aller voir directement s’ils avaient bien désactivé tous les systèmes de sécurité de l’Héritage. D’abord, Bonnie était septique sur leur champ d’action possible : comment pouvaient-ils réussir à faire ça ? Ils avaient des alliés haut placés partout ? C’était insensé. Puis, elle n’avait pas envie de foncer tête baissé dans ce qui ressemblait à un piège. Alors oui, elle ne craignait pas grand-chose, elle, sauf si l’Inquisition avait révélé qu’elle était une anarchiste et qu’on l’attendait à l’entrée du siège de l’Héritage. Alors qu’elle avait pensé que cette mission serait plutôt simple, c’était tout l’inverse : il s’agissait de faire confiance à des inconnus.

La flamme partie alors, en leur balançant clairement leur dilemme : foncer en prenant le risque de le croire ou reculer pour plus de sécurité. Cela dépendait d’eux, uniquement d’eux, c’était vrai. Bonnie se tourna alors vers Darren, puis Eden, pour sonder leurs réactions. Etaient-ils prêts à se lancer malgré les doutes ? Bonnie, elle, n’était plus très sûre. Elle refusait de faire confiance en l’Inquisition, elle ne le répéterait pas. Mais enquêter sur l’Héritage était crucial pour l’Anarchie : il fallait trouver le moyen d’innocenter Darren et trouver leur faiblesse.

« Je ne leur fais toujours pas confiance. » finit-elle par lâcher, se détachant du mur pour avancer dans la pièce « J’ai dû mal à imaginer que notre mission soit dans leur intérêt, mais bon. Je suppose qu’on n’a pas tellement de choix maintenant ? »

Elle s’adressait autant à Darren qu’à Eden. La jeune recrue prenait beaucoup de risques pour sa première mission, qui allait durer sur le long terme, alors Eden avait sûrement plus à dire qu’elle, qui ne ferait qu’entrer pour soi-disant écrire un livre sur Kingfell. Ce qui lui fit rappeler qu’elle était censé entrée la première et que les deux autres suivraient quelques minutes après. Si elle remarquait quelque chose de suspect, elle devrait les en informer par n’importe quel moyen. Mais si les systèmes de sécurité étaient invisibles à l’œil nu, comment pourrait-elle vérifier qu’ils étaient bien désactivés ? Encore une fois, elle se trouvait face à la question de faire confiance ou non en l’Inquisition : elle détestait ça.

Mais elle faisait confiance en Darren – à ses risques et périls – alors s’il souhaitait tester le pouvoir de l’Inquisition en allant vérifier qu’ils avaient bien désactivé les systèmes de sécurité de l’Héritage, elle le suivrait quand même et serait à ses côtés si ça tournait mal. Elle s'était engagée dans cette mission, et n'était pas du genre à revenir sur sa parole.
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Eden Swan
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Mer 29 Avr - 21:26
Hellson lui assura qu'il n'avait pas divulgué leurs noms. Eden fronça les sourcils quelques secondes avant de se radoucir, décidée à le croire sur parole. Darren avait rarement l'air aussi sérieux, méfiant, presque inquiet même. La tournure des événements et les révélations de l'Inquisition ne semblaient guère lui plaire. Peut-être même commençait-il à regretter d'avoir fait appel à l'Inquisition, alors que ce choix avait pu lui paraître audacieux encore quelques minutes plus tôt.

Lorsqu'il s'exprima, ce fut d'un ton prudent, mais il trouva tout de même le temps de faire de l'humour, ce qui amena Eden à lever discrètement les yeux au ciel, un peu en retrait. Il demanda à l'incarnation flambante de l'Inquisition de leur prouver qu'elle était là pour les aider. La flamme (Eden semblait incapable de se résoudre à l'appeler autrement, même si elle avait conscience que tout ceci était particulièrement stupide) lui répondit qu'un des membres de l'anarchie était suffisamment bien placé pour connaître leurs identités respectives. Eden dut se faire violence pour ne pas rétorquer que cette information n'avait absolument pas vocation à la rassurer : QUI donc pouvait savoir qu'elle faisait partie de l'anarchie alors que même le Ministère n'était pas censé être au courant ? Il n'avait même pas pu simplement la reconnaître, sous cette apparence !

La flamme ajouta ensuite que bien qu'ayant ses propres idéaux, l'Inquisition respectait ceux de l'anarchie et avait accepté de les aider car ce qu'ils comptaient faire était également dans leur intérêt. Là encore, Eden dut se mordre la lèvre pour ne pas intervenir. Quels étaient ces fameux idéaux ? Est-ce qu'ils s'opposaient à l'Héritage ? Et si tel était le cas, profitaient-ils de l'occasion pour laisser l'anarchie faire leur sale boulot histoire de ne pas se mouiller et de rester sagement à l'abri d'éventuelles conséquences désastreuses ? Tant de questions qui risquaient de demeurer sans réponse...

La preuve que la flamme voulut bien leur accorder fut une simple proposition : foncer au quartier général de l'Héritage et voir que tout allait se passer selon le plan. Là, Eden fut tentée d'éclater d'un rire cynique. Ce n'était pas exactement ce qu'elle appelait une preuve. La flamme leur laissa le choix de tenter leur chance ou non avant de disparaître. La voix de Bonnie s'éleva alors dans la pièce :

« Je ne leur fais toujours pas confiance. J’ai dû mal à imaginer que notre mission soit dans leur intérêt, mais bon. Je suppose qu’on n’a pas tellement de choix maintenant ? »

« Eh bien, je n'ai certainement pas avalé cette potion répugnante pour rien », répondit Eden.

C'était sa manière à elle d'indiquer que sa décision était prise.

« Je ne leur fais toujours pas confiance non plus, mais c'est peut-être une occasion unique d'infiltrer efficacement l'Héritage. Bien sûr, c'est peut-être aussi un énorme piège. Mais c'est un risque que je suis prête à prendre. Quitte ou double, n'est-ce pas... »


Elle n'avait pas rejoint l'anarchie pour changer d'avis et se planquer au premier danger. Elle avait quelque chose à prouver.

« On pourra toujours essayer d'improviser en cas de problème. », ajouta-t-elle sans grande conviction. « Ou balancer Darren et se barrer si on se fait prendre. »

Elle adressa un petit sourire à Bonnie. C'était purement sarcastique, bien sûr. Elle ne risquait pas de trahir Darren si elle se faisait attraper. Elle était là pour l'aider à laver son nom, après tout, pas pour l'enfoncer encore plus.
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Darren O. Hellson
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Jeu 30 Avr - 19:41
Darren se passa les mains sur le visage et retint un soupir. Que penser de cet instant surréaliste qu’ils venaient de vivre ? D’accord, il voulait bien comprendre que quelqu’un puisse trouver amusant l’idée de parler à travers le feu d’une gazinière : ça changeait du feu de cheminée, c’était un peu plus moderne et un peu plus fun. Mais quelqu’un qui les trouvait si facilement ? Qui connaissait chacune de leur identité et qui ne s’en cachait pas ? Qui se disait plus ou moins de leur côté sans apporter une seule preuve de ce qu’il avançait ? Qui leur disait de foncer à l’aveuglette dans la mission qu’ils s’étaient fixée ? Oui, là, ça devenait juste surréaliste. Qui se cachait exactement derrière L’Inquisition ? Il avait de plus en plus envie de le savoir. Comme tout le monde en ville, probablement. Mais comment démasquer quelqu’un qui se cachait si bien ? C’était probablement difficile, mais pas impossible. Ceci dit, chaque chose en son temps.

Il se tourna vers ses deux coéquipières et attendit qu’elles s’expriment en premières. Question de galanterie. En fait, c’est juste qu’il avait envie d’entendre leur avis, là, tout de suite, à chaud. Pour savoir si cette intervention surprise avait achevé de les convaincre que toute cette entreprise était stupide, et qu’il avalait mieux abandonner pour le moment. Mais il n’en fut rien. Bonnie fut la première à réagir, en disant qu’elle ne leur faisait toujours pas confiance. Elle doutait, visiblement, mais pour elle, ce n’est plus comme s’ils avaient vraiment le choix. Elle leur posa la question, d’ailleurs, et Eden répondit immédiatement, à sa façon, qu’elle était partante pour continuer malgré tout. Darren eut du mal à retenir un sourire. Il l’avait senti, dès le départ, qu’Eden Swan serait une recrue prometteuse. Probablement sa préférée, même s’il ne l’avouerait jamais. Parfois, bizarrement, sous certains aspects, elle lui faisait penser à lui. Quitte ou double : voilà exactement ce qu’il pensait. Certes, c’était risqué, mais toute l’anarchie en elle-même n’était-elle pas un énorme risque ? Et pourtant, ils étaient là. Alors oui, il fallait foncer.

Il fit craquer ses doigts et colla une tape derrière la tête d’Eden qui soulevait l’idée de le balancer si jamais ça tournait mal. La voilà qui faisait de l’humour. En même temps, si ça devait vraiment arriver, ça ne le dérangerait même pas. Sauf qu’il savait parfaitement que ni Bonnie, ni elle, ne le balanceraient si la situation devait se présenter.

« Bon, eh bien… Vos désirs sont des ordres, mesdemoiselles. On y va. »

***

Hellson passa la tête hors de la ruelle pour observer le bâtiment de l’Héritage, plus loin dans la rue principale. Il y avait du monde qui allaient et venaient sur les trottoirs, malgré le temps grisâtre qui ne donnait pas spécialement envie de mettre le nez dehors. Il y avait quelques personnes qui gravissaient les marches menant aux portes d’entrée du quartier général, ou qui en sortaient. Ils le faisaient tous sans esclandre, sans déclencher la moindre alarme. Il y avait bien deux membres de la milice plantés de chaque côté des portes d’entrée, mais ils n’effectuaient aucun contrôle sur les personnes qui entraient et sortaient. Ils devaient donc être armés, et prêts à intervenir si jamais un quelconque signale se déclenchait des systèmes de contrôle invisibles…

Darren se redressa. Ils se trouvaient tous les trois dans l’entrée d’une ruelle adjacente. Aucun passant ne faisait attention à eux, les bennes à ordures devaient de toute façon les dissimuler. Ils n’allaient pas rester là bien longtemps, de toute façon : il était temps de se lancer, et d’entrer dans le quartier général de l’Héritage. Bonnie avait rendez-vous avec la dirigeante pour parler du livre qu’elle était soi-disant censée écrire sur Aaron Kingfell, et Eden devait aller voir les personnes appropriées pour leur faire part de son souhait d’intégrer l’Héritage. Lui ? Si quelqu’un lui demandait la raison de sa présence en ces lieux, il improviserait sur le moment. Il aimait fonctionner sous la pression. Il n’aurait qu’à dire qu’il était le mec de l’une ou l’autre, tiens. Non seulement ce serait drôle, mais en plus, ça pourrait justifier le fait qu’on puisse les voir ensemble à un moment ou à un autre. Dans tous les cas, s’ils arrivaient à entrer comme prévu, ils auraient alors tout le loisir d’explorer les locaux le plus discrètement possible.

« Bon. On est d’accord ? On fait chacun de notre côté un petit repérage des lieux pour commencer. Puis vous allez à vos rendez-vous respectifs, et on se rejoint discrètement ensuite pour explorer discrètement des parties privées. Ça marche ? »

Ils pourraient adapter le plan sur le moment, bien sûr : si jamais il leur était impossible de se rejoindre, ou qu’ils estimeraient que ça ne serait pas assez discret, ils pourraient toujours décider de continuer à explorer séparément. C’était ça, l’infiltration.

Darren, qui avec cette apparence dépassait les filles d’une bonne tête au moins, regarda la montre qu’il avait au poignet.

« Bonnie, je sais qu’on avait convenu que tu irais en première pour faire un premier tour des lieux, mais je vais plutôt y aller moi. Attendez une dizaine de minutes peut-être au cas-où avant de venir aussi, mais inutile d’attendre plus. »

Finalement, avec tout ça, il préférait se rendre sur les lieux en premier à la place de Bonnie. Juste au cas-où l’Inquisition se serait foutue de leur gueule, et que tous les systèmes de sécurité se déclencheraient dès que l’un d’eux franchirait la porte d’entrée. Puisqu’un sérieux doute subsistait, il n’avait pas envie d’envoyer la blonde sans savoir et prendre un risque qu’il n’avait pas envie de prendre.



darren
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Mar 5 Mai - 19:44
Entendre Eden dire qu’elle souhaitait poursuivre leur mission malgré le risque ne surprenait pas tant que ça Bonnie. Darren lui en avait fait une description assez fidèle au final. Peut être qu’elle voulait faire ses preuves aussi, prouver qu’elle valait quelque chose au sein de l’anarchie. Bonnie ne pouvait que le comprendre : elle détestait se sentir inutile et mise de côté. Elle-même ne se voyait pas tout plaquer maintenant, alors qu’il s’agissait de sa première mission d’infiltration depuis longtemps. Elle voulait faire quelque chose de concret pour Darren, et cette mission là avait pour but de l’innocenter du meurtre de Kingfell (ou plutôt en expliquer les raisons) : c’était capital. Balancer Darren si ça tournait mal ? C’était plutôt une bonne idée. Elle lui rendit son sourire : elle faisait de l’humour en plus, la petite, malgré le côté légèrement inquiétant de la situation.

« J’approuve, ça nous fera des vacances. »

Bonnie ne put s’empêcher d’en rajouter : quand elle trouvait enfin un partenaire pour emmerder Darren, c’était impossible pour elle d’en faire autrement. Bien évidemment, jamais elle ne balancerait Darren et elle savait qu’Eden non plus – même si elle la connaissait peu, elle aurait trop à perdre – et elle ferait tout pour que ce ne soit pas le cas. Il était hors de question que cette mission foire et si l’Inquisition leur avait menti, Bonnie se promit de se venger, quelles qu’en soient les conséquences.

Darren intervint en dernier, confirmant le maintien de la mission. Il fallait se décider vite, de toute façon, pour ne pas perdre de temps. Darren et Eden étaient sous Polynectar et même si la potion allait encore agir un moment, il ne fallait pas trop tarder non plus.

***

Tous trois finirent par plier bagages, pour se retrouver quelques instants plus tard dans une rue adjacente au bâtiment de l’Héritage. Alors que Darren surveillait la rue, Bonnie sortit un miroir de son sac afin de vérifier qu’elle était présentable – bien qu’elle le soit toujours, ce geste était surtout pour s’occuper. Elle n’était pas vraiment emballée à l’idée de rencontrer la dirigeante de l’Héritage, une fille opportuniste, immature et manquant cruellement de charisme pour être leader d’un quelconque parti. Mais elle allait le faire pour Darren et pour l’anarchie. Qui sait, elle serait peut être enclin à cracher sur son ancien leader, si elle arrivait à tourner la conversation autour. Dans tous les cas, elle essaierait d’en récolter un maximum et si ce n’était pas concluant, elle négocierait pour interroger divers employés et autres membres, en profitant pour parcourir les locaux d’Héritage au passage et essayer de retrouver Eden et Darren. Elle avait plus ou moins retenu quelques détails vestimentaires de leur nouveau look, ainsi que quelques détails physiques : même s’ils avaient une nouvelle apparence depuis un moment maintenant, elle n’était pas sûre d’arriver à les reconnaître au milieu d’une foule. Retenir leurs tenues était sûrement le moyen le plus fiable de les retrouver.

Darren revint vers elles deux et Bonnie rangea son miroir. Il répéta à nouveau le plan, comme pour mettre les choses au clair – une piqûre de rappel ne faisait cependant pas de mal. La blonde acquiesça, tout simplement : elle n’avait rien à redire, de toute façon. Elle espérait juste que son rendez-vous avec la dirigeante ne dure pas une éternité, qu’elle puisse passer à des choses plus sérieuses rapidement. La deuxième partie du plan, celle de s’infiltrer dans les parties privées du bâtiment, était beaucoup plus palpitante, beaucoup plus intéressante, à condition de passer inaperçu.

Bonnie était prête à se mettre en route, rajustant son sac à main sur son bras, quand Darren reprit la parole, décidant de changer un aspect du plan. Elle leva la tête vers lui, un brin inquiète : elle ne craignait pas grand-chose, en entrant en première. Lui, au contraire … Et d’un autre côté, elle aurait dû mal à déclencher des alarmes puisqu’elle avait sa véritable apparence. Elle fronça les sourcils, comprenant les motivations de Darren, qui voulait sûrement lui montrer qu’il était prêt à assumer les conséquences d’avoir fait plus ou moins confiance en l’Inquisition. Mais elle n’était pas très convaincue par son choix.

« T’es sûr ? »

Question inutile, elle voyait parfaitement qu’il ne reviendrait pas sur sa décision. Elle n’était pas en retard à son rendez-vous et elle était persuadée que la dirigeante la ferait attendre. Elle pouvait se permettre d’attendre encore dix minutes et, si jamais l’Inquisition les avait trompé, les filles le sauraient bien assez tôt : il y aurait sûrement du mouvement dans la rue, devant le bâtiment et peut être même qu’elles entendraient des alarmes. Et si c’était le cas, elles seraient obligées de fuir. Bonnie n’était pas certaine d’en être capable, sachant le risque que courait Darren s’il était attrapé. Elle espérait fortement que l’Inquisition les avait réellement aidés, et qu’ils ne demanderaient rien en retour. Bonnie finit par hocher la tête, signe qu’elle acceptait ce changement de plan.
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Eden Swan
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Mar 2 Juin - 1:08
Ils finirent par lever le camp, direction le quartier général de l'Héritage. Eden n'y était jamais entrée, ne l'avait même jamais approché ou simplement vu.

Ils observèrent les gardes devant les portes depuis une rue adjacente, dissimulés derrière une bonne à ordures.

- Bien moins glamour qu'on pourrait l'imaginer, cette histoire d'infiltration, murmura-t-elle, le nez froncé à cause de l'odeur.

Quelques instants plus tard, Darren leur rappela le plan qui, à l'instar des dissertations qu'elle rédigeait pour ses professeurs, se scindait en trois parties : primo, effectuer un petit repérage des lieux, histoire de ne pas foncer droit dans le mur (dans tous les sens du terme) au cas où prendre la fuite deviendrait nécessaire. Deuzio, se rendre au rendez-vous fixé avec l'un des recruteurs de l'Héritage. Eden n'aurait pas le droit à la crème de la crème pour cette fois - non pas qu'elle qualifierait Sullivan de "crème". Non, aujourd'hui, il lui faudrait se contenter du bas de la hiérarchie. Bonnie était celle qui s'occuperait de Sullivan. Ce n'était peut-être pas plus mal. Eden n'avait pas revu Alice depuis plus d'un an, et s'il aurait été plus qu'amusant de se faire passer pour une autre à son insu, il était également probable qu'elle fasse une gaffe en sa présence. Malgré son apparence actuelle, Eden était toujours Eden. Or, un sarcasme est si vite parti... Certes, si tertio - retrouver Bonnie et Darren pour effectuer une petite exploration des lieux ensemble - se déroulait sans heurt mais également sans résultats probants, il était prévu que l'infiltration se poursuive du côté d'Eden, qui reviendrait sous cette apparence pour se faire passer pour une nouvelle recrue de l'Héritage. Là, alors, risquerait-elle de croiser la route de Sullivan pour de bon... Mais au moins, elle aurait eu le temps de s'habituer au personnage.

Son personnage, d'ailleurs. Eden s'était concocté une identité fabriquée de toutes pièces, avec l'aide de Darren pour les points techniques (ce qui signifiait: pour s'assurer qu'en cas de vérification, l'Héritage trouve des preuves de sa fausse existence sortis de presque nulle part) et avec l'aide de Bonnie, qui en sa qualité d'écrivain lui avait permis d'assurer une certaine consistance logique.

Ainsi donc était née Eva Winchester.

Eden avait choisi le prénom. Eva. Eve. Eden. Bref. Au moins, elle n'aurait aucune difficulté à s'en souvenir. Certes, elle avait possédé une grenouille appelée Eve pendant presque toute sa scolarité, mais ça, Darren et Bonnie ne pouvaient pas le savoir, et étaient donc incapables de se foutre de sa gueule parce qu'elle s'était donné le nom de son ex-grenouille, à une voyelle près.

Elle avait aussi choisi le nom. Winchester était un patronyme assez commun, qu'elle avait trouvé dans un bouquin d'histoire. Winchester était le nom d'une famille de chasseurs de mauvais sorciers qui avait sévi à l'ère puritaine, dans les colonies américaines.

C'était Bonnie qui avait eu l'idée de faire d'elle une des alumni de l'Institut des Sorcières de Salem, une école de magie américaine. Ils auraient pu glisser son nom dans les archives de Poudlard sans difficulté, mais plusieurs générations de sorciers ayant étudiés en Grande-Bretagne devait se trouver au sein de l'Héritage, et quelqu'un aurait pu s'étonner de ne jamais avoir entendu parler d'elle. Autant ne pas prendre de risque. Puisqu'Eden ne savait parler aucune autre langue que l'anglais, si ce n'était pour balbutier quelques mots en italien et en gallois, Bonnie avait songé qu'il était mieux pour elle de faire d'elle une britannique native, ayant passé son enfance en Angleterre – ce qui expliquerait son accent – née d'une mère anglaise et d'un père américain, qui aurait finalement déménagé pour les États-Unis où elle aurait suivi sa scolarité. Pour le reste, il s'agissait surtout de bachotage sur les us et coutumes de l'Institut de Salem grâce à des informations glanées ici et là dans quelques bouquins. Elle s'était inventé un arbre généalogique restreint, de sang-mêlé. Passe-partout. Darren avait fait glisser le nom d'Eva Winchester dans les archives de l'Institut et avait contrefait divers documents pour les mettre à leur tour dans le circuit administratif – acte de naissance, ce genre de menus détails.

Darren modifia légèrement son plan et se dévoua à entrer en premier en lieu et place de Bonnie. Si l'Inquisition les avait trompés et que les alarmes se déclenchaient, il serait le seul à se faire prendre. Cela ne rassurait pas particulièrement Eden.

Bonnie lui demanda s'il était sûr de lui, puis hocha la tête en signe d'assentiment. Eden hésita à souhaiter bonne chance à Darren, avant de se raviser. La chance ne servirait strictement à rien, de toute évidence.

Ou ça passe, ou ça casse, songea-t-elle.

Elle espérait vivement que ça passe. Ne serait-ce pour ne pas avoir bu cette potion dégueulasse pour rien.

- Ne te fais pas choper, lança-t-elle en guise d'avertissement ultime à la place. Je sais à quel point la discrétion n'est pas ton fort, mais ce n'est pas le moment de jouer les m'as-tu-vu.

Elle ponctua sa remarque en levant les yeux au ciel. Darren n'avait pas besoin de ce genre de conseil, elle le savait - ce type s'était quand caché dans les couloirs de Poudlard à l'insu de tout le monde pendant des mois, on pouvait difficilement mieux faire niveau discrétion - c'était plus pour se rassurer qu'autre chose.
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Darren O. Hellson
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Lun 8 Juin - 16:40
Darren leur adressa un grand sourire avec sa nouvelle apparence.

« Vous êtes absolument trop mignonnes à vous inquiéter pour moi. »

Elles se ressemblaient beaucoup, en fait, toutes les deux. Elles avaient beau jouer aux dures, à l’insulter ou le critiquer constamment, il n’empêche qu’elles devaient probablement tenir à lui plus que d’autres. En fait, peut-être même qu’elles avaient chacune des photos de lui tapissées sur le mur de leur chambre. Ou alors juste une petite, discrète, dans leur porte-monnaie. Elles priaient peut-être pour lui tous les soirs. Ou alors, peut-être même qu’elles comptaient se battre farouchement pour obtenir ne serait-ce qu’un cheveu de sa part. Elles devaient l’idolâtrer en fait, mais sans arriver à se l’avouer. Totalement dans le déni, ces filles. Darren adorait l’idée.

Il fut tenté de leur faire part de sa réflexion, mais la prudence le poussa à se taire. Ce n’était pas vraiment le moment de se faire remarquer si elles décidaient de régir violemment, de lui gueuler dessus, de le frapper ou de le faire valdinguer dans la rue. Il ne manquerait plus que ça, tiens. C’est sûr que l’anarchie ferait très pro, après ça.

Il se força donc à être raisonnable, et sortit de la ruelle pour déboucher dans la rue principale sans rien ajouter d’autre. Il aurait bien l’occasion de les emmerder une autre fois, va… Peut-être même à l’intérieur du quartier général de l’Héritage, si tout se passait bien. Darren observa le bâtiment en marchant dans sa direction. Il n’avait pas de difficulté à prendre une démarche tranquille, mais un minimum assurée quand même pour ne pas passer pour un touriste. Il devait probablement ressembler à tous ces gens qui allaient et venaient dans le bâtiment chaque jour. D’ailleurs, il y avait quand même pas mal d’activité, visiblement, chez l’Héritage. Ils rencontraient tant de succès que ça ? Ou alors c’était la curiosité morbide qui attirait les gens ici, après la mort de Kingfell… Possible aussi.

Il monta les marches et jeta un furtif coup d’œil aux gardes. Ceux-ci ne faisaient absolument pas attention à lui, ni vraiment à quiconque d’autre à vrai dire. Ils n’arrêtaient pas les gens pour les contrôler, puisque des systèmes de sécurité avaient été installés pour ça. À se demander à quoi ils servaient, alors, ces deux gars… Darren se força à être sûr de lui, et n’hésita pas une seconde en poussant la porte vitrée pour entrer. Il retint quand même sa respiration, sans même le remarquer, au moment précis où son pied foula le sol de l’Héritage. Son esprit imaginait déjà le bruit d’alarmes stridentes, tellement fort que pendant une fraction de seconde, il se demanda si ce n’était pas réel. Mais il fit encore quatre pas, et rien ne se passa. L’air de rien, il se passa la main sur le visage, comme s’il était fatigué, alors que c’était juste pour vérifier qu’il n’avait pas récupéré ses traits naturels. De toute évidence, non. Rassuré, il continua de marcher et regarda autour de lui. Une vitre lui renvoya le reflet d’un homme charmant d’un mètre quatre-vingt-dix. Pas de doute, c’était lui. Oui, il avait vraiment fait un bon choix d’apparence, pour ce coup-là.

Les mains dans les poches de son jeans, il traversa le grand hall et se dirigea vers une jeune femme qui tenait visiblement l’accueil. Il lui sourit et lui demanda poliment s’il était possible de simplement visiter les lieux un petit moment ou s’il fallait forcément un rendez-vous pour ça. Visiblement habituée, la jeune femme qui répondit que oui, il pouvait, et qu’il était même invité à aller à la rencontre des personnes qui se trouvaient ici, car la plupart étaient probablement des membres de l’Héritage même ou de futurs membres. Elle lui fit un petit topo sur l’importance de l’échange et de la découverte, que Darren n’écouta absolument pas. Elle précisa que les bureaux aux étages étaient privés, et que seul le rez-de-chaussée était visitable. Forcément. Il prit les documents qu’elle lui tendait, il la remercia avec un clin d’œil et il s’éloigna pour se diriger vers une autre salle. Elle était très grande, avec des fauteuils disposés ça et là, des rayonnages de livres contre les murs, quelques tables, même un bar tout au fond où quelqu’un se servait un verre de limonade lui-même. Il y avait des groupes de deux ou trois personnes qui discutaient, d’autres qui ne faisaient que passer.

Darren fit mine de savoir parfaitement où aller, histoire de ne pas se faire épingler par un gosse qui déciderait de se la jouer vendeur ou gourou. Non merci, mais il n’avait pas envie de rejoindre leur secte. Il fureta d’abord du côté de la bibliothèque, puis sortit pour rejoindre un couloir qui desservait d’autres pièces, qui ressemblaient certaines à des bureaux, d’autres à des salles de réunion. Ce fut quand il commença à s’éloigner de tout ça qu’une femme en tailleur lui tomba dessus pour lui demander s’il avait besoin d’aide. Est-ce qu’il avait seulement demandé de l’aide, hein ? Sauf qu’il ne dit rien, se contentant d’un sourire et de répondre qu’il était ici parce que sa copine avait rendez-vous avec un recruteur pour rejoindre officiellement l’Héritage. Quant-à lui, l’idée commençait à l’effleurer, alors il en profitait d’être ici pour voir les lieux, les gens, etc. Extrêmement facile, comme mensonge. La femme commença son speech, forcément, gourou de secte aussi, et Darren ne l’écouta qu’à moitié, déambulant avec elle et observant parfois discrètement les portes d’entrée lorsqu’ils furent assez près. Les filles n’allaient probablement pas tarder à entrer en scène. Tout se passait pour le moment comme prévu.



darren
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Lun 15 Juin - 21:14
Bonnie haussa un sourcil : elles étaient mignonnes c’est ça ? Elle aurait plutôt dit stupides mais soit. Darren était incapable de ne pas jouer avec le feu. Il allait forcément faire quelque chose de risqué, à un moment ou un autre. Alors certes, il le fallait sûrement pour avancer, mais elle avait l’impression qu’il prenait toujours le risque le plus inconsidéré. Elle espérait juste que le fait que leur présence le pousse à réfléchir un peu plus, cette fois, et qu’il soit un peu plus raisonnable. Il était impératif de trouver une preuve de la mascarade. Une fois fait, Bonnie espérait que l’anarchie changerait d’image et passerait de terroriste à victime d’une machination ignoble. Ce ne serait pas le meilleur des statuts, mais au moins ils commenceraient à s’attirer à nouveau la sympathie des gens. Peut être même que certains reconsidèreraient leur rôle pendant la Nuit Rouge avec le temps. C’était évidemment la meilleure des conclusions, la plus utopiste. Bonnie n’était pas une grande optimiste alors elle n’espérait pas trop : elle souhaitait juste qu’on abandonne les charges contre les anarchistes poursuivis – Darren, Carter et tous les autres.

Darren finit par les laisser sans un mot, comme s’il était déjà dans son personnage, prêt à l’action. Il faudrait attendre avant qu'Eden et elle puissent le suivre. Elle croisa les bras et s’adossa au mur, essayant elle-même de se concentrer avant d’entrer. Eden avait raison à propos du glamour de la mission : l’odeur de la ruelle devenait carrément insupportable. Entre ça et l’appartement miteux, ils avaient fait mieux quand même. Enfin, ce n’était l’affaire que de quelques minutes encore. Bonnie tendit l’oreille, pour essayer de capter le moindre bruit, la moindre alarme provenant du bâtiment de l’Héritage. Elle était inquiète, elle ne pouvait pas le nier et difficilement le cacher. Si l’Inquisition les avait piégé, ils étaient foutus. Ils n’auraient pas de seconde chance. Elle soupira alors, et tourna la tête vers Eden, pour penser à autre chose.

« J’espère que ton amie Sullivan a mûri, quand même. Darren a le bon rôle au final, il est pas obligé de se coltiner quelqu’un de l’Héritage. »

A croire qu’il l’avait fait exprès. Elle avait questionné Eden sur Alice, avant, et elle avait lu pas mal d’articles sur elle. Elle savait qu’Eden ne la portait pas dans son cœur non plus. Honnêtement, Bonnie ne savait pas pourquoi elle se trouvait à la tête du parti, alors qu’elle n’avait absolument pas les compétences ni les épaules pour. Elle était juste une gamine qui essayait de jouer les divas. Elle savait d’avance que l’entretien serait dur, parce qu’elle était sûr de ne pas supporter ses airs supérieurs. C’était typiquement le genre de fille qu’elle ne pouvait pas apprécier : elle était trop jeune, trop immature, trop superficielle. A une autre époque, peut être que Bonnie et elle auraient pu s’entendre. Quand elle était encore mannequin, elle avait été obligée de supporter ce genre de fille. Elle n’avait pas eu beaucoup d’amies, à cette période, d’ailleurs. Elle n’en avait jamais vraiment eu, préférant la compagnie masculine, mais elle avait réussi à se faire des alliées dans le mannequinat. Dans tous les cas, elle était rôdée pour l’hypocrisie : elle saurait sourire et rester aimable face à Alice Sullivan, tout en espérant qu’elle refuse l’idée d’écrire sur Kingfell et l’Héritage. Parce que ça, ce serait vraiment un travail merdique.

Bonnie regarda sa montre à son poignet. Cela faisait moins de dix minutes que Darren était entré : c’était largement suffisant. L’Inquisition semblait avoir tenu sa promesse : pas d’alarmes, rien. Darren n’était pas revenu en catastrophe en leur disant d’abandonner le plan. Il était donc temps d’y aller à leur tour. Bonnie sortit alors un flacon de parfum de son sac à main, histoire de s’assurer de ne pas sentir la même odeur que les ordures.

« Je vais y aller, ça doit être bon. Bonne chance. »

Bonnie lui adressa un dernier signe de tête, puis quitta la ruelle à son tour. Elle espérait que les discours de l’Héritage n’auraient aucun effet sur Eden. Elle était encore jeune, et libre de changer totalement d’avis. Bonnie se chassa rapidement cette idée de la tête, faisant confiance à Darren sur son jugement : il avait dû voir qu’elle ne les trahirait pas. Ils avaient fait bien plus attention avec les nouvelles recrues qu’avec les autres après la trahison d’un de leur membre. Il y avait bien trop d’espions partout, même eux s’y mettaient alors la prudence était de mise.

Elle gravit les marches du bâtiment avec assurance et entra sans hésitation : elle était attendue de toute façon, elle n’avait rien à craindre. Personne ne s’agitait à l’intérieur, tout était calme. Elle chercha Darren – ou plutôt sa nouvelle apparence – du regard, mais ne le trouva pas. Il devait déjà être en action. Elle se présenta à l’accueil et la jeune femme lui demanda de patienter un instant. Bonnie savait qu’elle était parfaitement à l’heure et elle espérait qu’on ne la fasse pas attendre des heures – dans ce cas, elle aurait la preuve du manque évident de professionnalisme et de sérieux de l’Héritage. On revint la chercher alors, et un homme l’accompagna jusqu’au bureau de la dirigeante. Elle passa plusieurs portes et finit par traverser un couloir beaucoup moins bondé que le hall d’entrée. Ils avaient dû croiser une ou deux personnes, pas plus. L’endroit serait-il privé ? Impossible d’accès pour de simples visiteurs ? Possible. Elle essaya de retenir un maximum de choses, les sorts utilisés pour passer, les noms sur les portes, les indications que l’homme lui donnait sur cet endroit plus privé. Et puis, elle arriva à destination. On lui ouvrit une dernière porte, celle du bureau de la dirigeante. Cette fois, c’était à elle de jouer. Elle devait rester crédible mais elle avait un avantage : elle jouait son propre rôle.
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Eden Swan
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Jeu 2 Juil - 22:19
Mignonnes. Il les avait appelées « mignonnes ». Non mais ça n'allait pas la tête ? Personne ne connaissant un minimum Eden n'aurait eu l'idée de la qualifier de « mignonne ». Personne, sauf Hellson bien sûr.

Eden choisit de ne pas relever la remarque, préférant une fois de plus lever les yeux au ciel.

Puis Darren traversa la rue et s'approcha du quartier général de l'Héritage. Sans savoir qu'elle était en train de l'imiter, Eden retint sa respiration au moment où il passa devant les gardes pour franchir les portes.

Rien.

Ou du moins, rien en apparence. Eden craignait moins les alarmes stridentes qui auraient éventuellement pu avertir Darren en même temps que les gardes qu'un indésirable se trouvait dans les lieux qu'elle ne craignait les alarmes discrètes. Peut-être que dans les hautes sphères, on prévenait des responsables, échangeait des directives, s'apprêtait à appréhender un suspect en toute subtilité.

Eden lança un regard aux gardes dans l'entrée. Aucun des deux ne semblait plus agité qu'avant. Ils paraissaient plutôt s'ennuyer comme des rats morts à leur poste. Si un message silencieux leur avait été destiné, ils auraient sans été un peu plus sur le qui-vive, ce qui poussa Eden à croire que Darren avait réussi son coup, et que l'Inquisition ne les avait pas roulés dans la poudre de cheminette.

Bonnie lui fit remarquer qu'elle espérait que son amie Sullivan avait mûri. Eden laissa échapper un rire ironique. « Sullivan », « amie » et « mûri » n'étaient définitivement pas des termes destinés à se trouver dans la même phrase. Bien sûr, Bonnie savait très bien qu'Alice n'était pas son amie ; Eden lui avait suffisamment parlé d'elle pour ça.

— Je ne compterais pas sur ce genre de miracle. En fait, je craindrais plutôt qu'elle ait pris la grosse tête, avoir après été parachutée à la tête d'une organisation.

Franchement, à quoi pensait Kingfell en la prenant pour bras droit ?

Quoique, elle avait une petite idée sur la question. Kingfell ne l'avait peut-être pas uniquement choisie pour ses qualités de meneuse (indéniables, certes) et son esprit tordu (tout aussi indéniable... non ?) Là-dessus, ils se ressemblaient pas mal tous les deux. Peut-être que leurs relations étaient sorties du cadre professionnel du bureau pour entrer dans celui, plus personnel, de la chambre à un moment donné.

Quelle mesquinerie, songea Eden avec un sourire ironique.

Elle ne parvenait décidément pas à s'en empêcher. Elle cessa bien vite de penser à Alice et Aaron ensemble, néanmoins (elle n'avait pas besoin d'avoir envie de vomir en plus du stress de la situation).

Dix minutes après le départ de Darren, Bonnie entra à son tour dans le bâtiment. Eden la regarda disparaître à l'intérieur et poussa un petit soupir, seule près de sa benne à ordures. Elle patienta ainsi quelques minutes, puis décida d'écourter le délai. Elle ne tenait plus en place, et elle détestait attendre seule. Une fois dans l'action, elle savait que son stress s'amenuiserait.

Elle traversa la rue d'un pas décidé et pénétra dans le bâtiment. Ni Bonnie, ni Darren n'étaient visibles. Elle observa attentivement les lieux pour en graver les détails dans sa mémoire, puis s'avança près d'un comptoir derrière lequel se trouvait une jeune femme. La moyenne d'âge des lieux ne semblaient pas excéder la trentaine, pour le moment. L'Héritage était en effet un jeune parti, mais Eden devait avouer qu'elle n'avait pas vu beaucoup de personnes âgées non plus au sein de l'Anarchie.

— Bonjour, je suis ici pour un entretien, annonça-t-elle d'une voix aux accents plus polis qu'à l'ordinaire.
— Vous avez rendez-vous ?
— Oui, Eva Winchester.

La jeune femme consulta un parchemin.

— Parfait, prenez la deuxième porte de gauche dans ce couloir.

Eden la remercia et suivit la direction indiquée. Les portes du couloir dans lequel elle venait de mettre les pieds affichaient toutes une plaque de cuivre sur laquelle était gravé un nom et l'inscription « Bureau de recrutement » suivi d'un numéro.

Ils pouvaient se payer le luxe d'une administration rodée. Rien n'était aussi officiel chez les anarchistes, rien d'étonnant à cela lorsqu'on devait vivre dans l'ombre. L'Anarchie était considérée comme criminelle alors qu'elle n'avait (pas officiellement, malheureusement) jamais tué personne pendant que l'Héritage avait tous les droits alors que son créateur avait commis des actes d'une barbarie sans nom.

Plus pour longtemps, songea Eden avec conviction, les mâchoires serrées.

Elle frappa au numéro 2. La porte s'ouvrit toute seule et un homme d'une trentaine d'années installé derrière un bureau l'accueillit avec alacrité :

— Bonjour, mademoiselle Winchester. Je vous en prie, entrez, asseyez-vous.

Eden s'exécuta.

— Alors, mademoiselle, qu'est-ce qui vous a attirée chez nous ? demanda l'homme en se renfonçant dans son fauteuil, sourire aux lèvres, l'air parfaitement détendu.

À peine avait-il commencé à parlé qu'une plume s'était mise à écrire toute seule sur un parchemin. L'entretien avait commencé. Eden ne laissa aucune place à l'hésitation. Dans le rôle d'Eva Winchester, elle répondit :

— Eh bien, un peu comme tout le monde j'imagine, je suis là pour ce que vous dites offrir. La sécurité.
— « Ce que vous dites offrir ? » répéta l'homme d'un ton vaguement amusé.
— Eh bien... pour être franche, je me demande comment vous comptez vous y prendre. Je veux dire, c'est le chaos, dans le monde des sorciers, personne n'est à l'abri d'une horreur dehors... Si vous me certifier que je peux être en sécurité parmi vous, alors je ne vois pas ce qui m'empêcherai de vous rejoindre, mais quelles sont les mesures concrètes que vous mettez en place ?
— Cela dépend surtout de vos besoins. Si vous le voulez, nous pouvons par exemple vous offrir une place dans l'une de nos résidences protégées par notre milice sans interruption, moyennant un loyer raisonnable. Si vous cherchez un emploi, cette même milice recrute. Ou alors pourquoi pas un poste dans les locaux mêmes de l'organisation, si votre dossier est accepté. J'ai cru comprendre que vous veniez des États-Unis ? Pourquoi avoir quitté le pays, sans indiscrétion ?

Sans indiscrétion. Eden retint un sourire ironique : ils s'étaient bel et bien renseignés sur Eva Winchester.

— Notre pays n'est pas à l'abri des Mangemorts, répondit-elle. Ils recrutent là-bas aussi, et on entend rarement à nouveau parler de ceux qui refusent leur "offre"... Je ne vois pas pourquoi ils viendraient me trouver moi, mais on ne sait jamais... Bien sûr, c'est la même chose ici, mais justement, si je suis ici, c'est pour vous trouver.

L'homme eut un sourire.

Eden avait fait d'Eva une jeune femme qui ne désavouait pas son naturel couard, une jeune femme qui faisait passait la survie avant tout et qui considérait que la témérité et le courage n'étaient surtout bons qu'à se faire tuer. Elle avait fait d'elle une jeune femme déterminée, prête à tout pour survivre, y compris passer pour une pleutre. Pour cela, elle s'était inspirée de certains Serpentards qu'elle avait pu avoir comme camarades. Sans citer de nom (ahem) elle pensait notamment à Alice. Ce n'était pas tout à fait anodin : si jamais elles venaient à se rencontrer, Eva risquait fort bien d'être sur la même longueur d'onde que Sullivan, et pourquoi pas s'entendre avec elle, voire même finir dans ses petits papiers.

— C'est parfaitement compréhensible, répondit le recruteur.
— Je vis déjà avec les membres de ma famille anglaise, répondit Eden. Votre proposition de résidence me tente, mais je préférerais d'abord y réfléchir.
— Aucun problème. Beaucoup de nos membres vivent en dehors de nos propriétés. Vous pouvez tout à fait faire partie de l'Héritage sans avoir à souscrire à quoi que ce soit. Dès que vous en avez besoin, cependant, n'hésitez pas à reprendre rendez-vous. Voici un dossier administratif qu'il faudra nous retourner pour votre inscription sur notre liste de membres.

L'homme lui confia les documents puis se leva.

— Bienvenue dans l'Héritage, mademoiselle Winchester.

Ils échangèrent quelques politesses de convenance, puis Eden prit congé du recruteur. Une fois dehors, elle laissa libre court à son étonnement : cela avait été simple et rapide, en fin de compte. Pas de questions pièges, pas de suspicion particulière. Expédié comme une lettre par hibou postal.

Elle prit la direction de la sortie, avant de faire violence. Les deux premières étapes était terminées. Elle devait maintenant passer à la troisième. Sans compter que son exploration avait été limitée ; elle avait préféré se diriger droit vers le comptoir pour ne pas attirer les soupçons. Maintenant que l'entretien était terminé, elle pouvait toujours explorer un peu les lieux et prétendre qu'elle cherchait les toilettes au cas où on lui poserait des questions. Il fallait qu'elle retrouve Darren et Bonnie, de toute façon. Bonnie serait sans doute encore avec Sullivan. Eden se mit donc en quête de Darren, son dossier à la main. Dans une salle près du hall, elle croisa le regard d'un homme grand, familier...

Elle jura intérieurement.

C'était Darren. Elle avait tout simplement déjà oublié à quoi il ressemblait. Elle se demandait même si elle ne l'avait pas croisé, quand elle était entrée dans le hall...

Elle s'approcha de lui et lui glissa en agitant son dossier :

- L'Héritage a une nouvelle membre.
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Darren O. Hellson
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Lun 6 Juil - 14:34
Darren réussit à se débarrasser du pot-de-colle qui avait décidé de lui présenter un historique détaillé des actions de l’Héritage, puis quand il vit une rousse se diriger vers lui, il mit deux secondes avant de reconnaître Eden. Quand elle agita un dossier sous son nez et lui annonça que le parti avait une nouvelle membre, il sourit.

« Bien joué, la jeune. »

Il passa un bras autour de son épaule pour l’entraîner avec lui dans un large couloir passant. Personne ne faisait attention à eux dans cette partie du bâtiment, puisqu’elle était ouverte au public. Ça deviendrait tout de suite un peu plus compliqué quand ils iraient s’aventurer dans les parties privées. Ceci dit, grâce au fait qu’Eden soit en phase d’entrer dans les papiers de l’Héritage et que Bonnie soit ici en rendez-vous, il y aurait toujours de quoi trouver une excuse s’ils étaient trouvés là où ils ne devraient pas être : une erreur de sortie, pardon mais je cherchais quelqu’un… Ça devrait aller. Ils improviseraient.

Tout en continuant de marcher avec Eden, Darren observa les pièces et les bureaux dont les portes étaient ouvertes et dont ils pouvaient voir l’intérieur. Il baissa un peu le ton, mais se mit à parler quand même à sa jeune recrue pour renvoyer une impression de normalité la plus banale à quiconque pourrait les voir.

« T’imagines, un jour, si on avait aussi des bureaux comme ça ? Et que l’anarchie deviendrait une administration ? Ce serait assez… bizarre. Mais marrant. On aurait une infirmerie avec Katlyna (et bizarrement beaucoup de malades qui iraient la voir), Bonnie qui gueulerait dans les couloirs dès qu’il y aurait trop de bruit, moi j’aurais évidemment un bureau de big boss d’entreprise et toi… eh bien, on aurait besoin de personnes comme toi pour faire le ménage. »

D’avance, il s’écarta d’elle pour éviter un coup qui, en toute logique et selon ses prévisions, devait tomber. Il fit mine d’observer un tableau sur un mur, glissa les mains dans les poches de son jeans, puis revint marcher près d’Eden. Il continua de promener son regard tout autour d’eux et repéra les escaliers qui menaient aux étages interdits au public. Là où devait se trouver Bonnie, notamment, dans le bureau de la dirigeante. Ça valait sûrement le coup de commencer par faire un tour par là-haut. Darren fit donc signe à Eden de passer devant, puis la suivit dans les escaliers. Comme il s’en doutait, à peine arrivés en haut, un homme vint vers eux pour leur demander ce qu’ils voulaient. Dans le dos d’Eden, Darren eut le temps de sortir sa baguette et de lancer un sortilège très pratique que Siméon lui avait appris, mais qui devait nécessairement être lancé dans les cinq secondes où une personne avait posé les yeux sur soi : ce sort détournait totalement l’attention de la personne, qui en éclipsait leur présence et qui la poussait à s’occuper immédiatement d’une autre tâche à laquelle il avait pensé plus tôt dans la journée. Un savant mélange de diversion et d’amnésie dont la durée était malheureusement aléatoire. Le garde sembla avoir l’idée d’aller aux toilettes, puisqu’il poussa une porte estampillée d’un logo un peu plus loin, alors Darren prit Eden par le bras pour l’entraîner dans la direction opposée. Au pire, si ce type revenait sur eux, il recommencerait et puis c’est tout…

« Je t’apprendrais ce genre de sorts, lança-t-il distraitement à Eden en avançant dans un nouveau couloir, cette fois désert. Dès qu’on aura un peu de temps pour des cours personnels. »

Il sentait un potentiel chez l’ex-Serpentard qui lui donnait envie d’en faire une sorte d’apprentie, à qui il pourrait enseigner quelques sortilèges dont il avait le secret grâce à Siméon et sa famille ancestrale. Après tout, il fallait bien perpétuer ce genre de choses pour que l’anarchie ait un avenir…

Ils purent traverser le couloir sans croiser personne. Les portes étaient fermées, dissimulant certainement des bureaux privés. Darren doutait que les sombres secrets de l’Héritage soient facilement trouvables sous forme de tables d’opération ou cadavres abandonnés derrière la porte d’un bureau… Non, ils devraient probablement trouver des traces plus subtiles, certainement dissimulées dans des endroits plus discrets… Un bâtiment annexe peut-être ? Un étage condamné ? Darren se rappelait qu’Aaron Kingfell l’avait entraîné dans les sous-sols, pour lui montrer toutes ces horreurs dont il avait encore le souvenir en tête. Est-ce qu’il restait quelque chose, là en bas ? Ou est-ce que tout avait été nettoyé ? Fort possible, mais peut-être que ça valait le coup quand même d’aller vérifier…

Une porte s’ouvrit soudain juste à côté d’eux et Darren faillit en sortir violemment sa baguette de la ceinture de son jeans. Mais il reconnut Bonnie, et il lut sur son visage qu’elle venait immédiatement de les reconnaître, Eden et lui. Elle en restait visiblement figée sur le seuil, et il vit une petite blonde arriver derrière elle.

« …plus en détails si vous le souhaitez. C’est que je suis terriblement occupée en ce moment et malheureusement, mon temps est… »

Elle s’immobilisa elle aussi en les voyant et haussa les sourcils. Décidant de ne pas lui laisser le temps de poser une seule question, et se doutant être en face de la dirigeante de l’Héritage, Darren s’avança avec un sourire pour lui serrer la main.

« Alice Sullivan, n’est-ce pas ? Peter Calaugney, enchanté. Je viens de rejoindre vos rangs et je vous avoue que j’étais très pressé de vous rencontrer. »

Son attitude et ses mots semblèrent avoir l’effet escompté : il vit la gamine se rengorger, relevant le menton comme pour se donner inutilement une attitude de souveraine alors qu’elle se trouvait dans un bureau et pas dans un château. Elle était bien apprêtée, elle avait l’air sûre d’elle et elle rejeta inutilement ses cheveux en arrière : si elle était aussi superficielle qu’elle en avait l’air, elle devrait rester concentrée sur lui et probablement ne même pas remarquer Eden, ou à peine. C’était pas plus mal. Une esquisse de plan d’urgence commençait à se dessiner dans sa tête. C’était jouable. Il devait juste ajuster quelques détails.

« Oh, mais enchantée également, lui répondit la blonde pompeusement en clignant des cils. Peter comment, vous dites ?
- Calaugney.
- Ah voilà, Calloway. Eh bien, monsieur, je vous présente Bonnie Hepburn, écrivain en vogue venue pour rédiger les mémoires de notre défunt fondateur, le pauvre et généreux Aaron Kingfell. Je serais naturellement ravie de vous accorder du temps, mais comme je le disais à miss Hepburn, j’en manque cruellement en ce moment. Vous savez ce que c’est, les galas, les rendez-vous, la presse, les cérémonies, les réunions, les décisions, les conciliations, les… »

Darren arrêta de l’écouter, et serra distraitement la main de Bonnie comme s’il ne la connaissait pas et qu’il se présentait à elle. Il profita du fait que la blonde continue de jacasser toute seule pour adresser un regard entendu à Bonnie, histoire de lui faire comprendre qu’il n’y avait rien à craindre et qu’il gérait la situation. Enfin, rien à craindre… Il posa la main sur l’épaule de la dirigeante, en douceur, ce qui eut au moins le mérite de la faire taire, puis il sortit sa baguette pour lui lancer un stupéfix quasiment à bout portant. Il y eut un flash de lumière et il retint son corps d’une main ferme, pour éviter qu’il n’aille s’écraser trop loin en arrière, et la sentit s’effondrer dans ses bras, inerte et enfin silencieuse. Bien. C’était incroyablement facile, finalement. Sans un mot, il fit un signe de tête à ses deux acolytes pour qu’elles entrent dans le bureau de la dirigeante. Il laissa une des deux fermer la porte derrière eux, alors qu’il portait le corps d’Alice Sullivan jusqu’au bureau pour la poser sur son fauteuil.

« Bon, changement de plan. »

Le corps de la blonde s’effondra en avant sur le bureau dans un bruit sourd et il plaça ses bras, comme s’il manipulait une poupée barbie, de sorte à donner l’impression qu’elle s’était endormie la tête sur ses bras croisés. Il fit tomber ses cheveux devant son visage et une fois que le tableau lui convint, il s’écarta en croisant les bras pour observer une seconde la dirigeante puis lever les yeux sur Bonnie et Eden.

« Vue la proximité à laquelle j’ai pu lancer le sort, elle devrait rester inconsciente un bon moment. Voilà ce qu’on va faire. »

Il glissa la main dans la poche de son jeans et en sortit une petite fiole qui contenait une substance à la couleur douteuse. Si les systèmes de sécurité n’avaient pas été désactivés, en bas, il aurait sûrement déclenché l’alarme pour entrer ici avec du Polynectar. Mais comme ça n’avait pas été le cas… Il s’approcha de la gamine qui servait de dirigeante à ce parti politique de nazes et lui arracha un cheveu sans se gêner pour la glisser dans la fiole. Il mélangea le tout avant de s’approcher de Bonnie pour la lui tendre.

« Tu vas te faire passer pour elle. Essaye de reproduire au maximum toutes les attitudes que tu as pu voir pendant ton entretien avec elle. Dès que tu seras transformée, appelle la secrétaire pour exiger de rester tranquille dans ton bureau cette après-midi et d’annuler tous tes rendez-vous. Quelque chose me dit que ça n’étonnera personne… On fermera le bureau à clé derrière nous mais au cas-où, ça limitera les visites gênantes. Puis on sortira tous les trois, comme si tu nous guidais à travers les lieux, ce qui devrait nous faciliter l’accès aux zones qu’on cherche. »

Finalement, il ne le trouvait pas bête, ce plan improvisé. Il laissa la fiole à Bonnie pour qu’elle boive la potion, qu’il avait pris de base au cas-où pour Eden et lui si jamais ils traînaient trop longtemps dans les locaux, mais qui aurait finalement une autre utilité, et se tourna vers la jeune recrue.

« Je vais lancer un sort d’Oubliette à ta copine dirigeante pour qu’elle oublie cet incident. Elle se souviendra juste avoir quitté Bonnie, puis le trou noir. C’est là que tu entreras en scène : dès qu’on aura fini notre fouille à trois, ou dès qu’on sentira que ça devient trop compliqué, on partira avec Bonnie et toi, tu pourras en profiter pour venir ici et réveiller cette petite idiote. Tu n’auras qu’à, je sais pas, lui dire que tu l’as trouvée inconsciente dans son bureau et qu’elle a sûrement fait un malaise. Exagère les choses, si ça se trouve elle va croire que tu lui as sauvé la vie et tu entreras directement dans ses petits papiers. Et si une secrétaire vient faire chier le monde en assurant que mademoiselle la patronne a expressément demandé à ce qu’on la laisse tranquille, et que c’est bizarre si elle ne s’en souvient pas, tu n’auras qu’à engueuler la dite secrétaire en disant que dans des cas de malaise ou d’accident cérébral c’est tout à fait normal, et qu’elle est juste conne de ne pas avoir remarqué les symptômes plutôt. Ta copine a l’air de gober les mouches, non, elle pourrait y croire ? Bref, goupiller quelque chose comme ça, quoi. Tu la connais mieux que nous, de toute façon. »

Il se frotta les mains et jeta un coup d’œil à Bonnie qui buvait la potion. Sarcastique, il ne put s’empêcher de lui lancer :

« Et évite de vomir partout dans le bureau, hein… »



darren
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Mar 14 Juil - 16:15
Eden ne s’était pas trompée au final : cette Alice Sullivan avait pris la grosse tête. Elle avait quoi ? A Dix-sept ans ? C’était aberrant de se retrouver à la tête d’un parti alors qu’on était à peine majeur. Comment les fidèles de l’Héritage pouvaient trouver une once de crédibilité au parti ? Déjà à l’époque de Kingfell … Enfin, lui il avait eu l’argent et le charisme. Alice Sullivan n’avait pas tout à fait tout ça. Elle avait juste été là au bon moment, c’est tout. Bonnie dû se faire violence pour rester attentive à tout ce que lui racontait Alice, à garder un large sourire, à se montrer intéressée, à poser les bonnes questions. Une plume magique prenait des notes pour elle, notes qu’elle pourrait ensuite envoyer à son éditeur puisque officiellement elle travaillait pour lui et l’avait même tenu informé de son projet. Elle devrait lui rendre des comptes d’une manière ou d’une autre, même si elle n’écrirait pas le bouquin au final : si leur plan marchait, s’ils apportaient des preuves du monstre qu’était Aaron Kingfell, son éditeur refuserait de publier quoi que ce soit sur l’Héritage, c’était une certitude.

Bonnie ne savait pas vraiment combien de temps l’entretien avait duré, mais cela lui paru une éternité. Elle avait eu l’impression d’avoir en face d’elle une reine capricieuse sur son trône et ce fut un soulagement lorsqu’elle décida de couper court à l’entretien. Bonnie essaya alors de glisser une demande exceptionnelle de s’entretenir avec d’autres membres importants du parti, se trouvant dans les bureaux à côté sous prétexte qu’elle voulait vraiment en savoir plus maintenant pour mieux convaincre son éditeur. Alice la raccompagna jusque dans la porte – au moins, elle était capable de faire preuve d’un peu de professionnalisme sur certains points – sans pour autant lui donner une réponse claire. Non, elle lui répéta juste qu’elle n’avait pas forcément le temps pour le moment. Bonnie essaya de se montrer compréhensive, étant prête à réitérer sa demande, quand la porte s’ouvrit sur deux personnes. En reconnaissant Darren et Eden, Bonnie en fut d’abord surprise : qu’est-ce qu’ils foutaient là ? Ils prenaient des risques inutilement, maintenant ? Elle fronça les sourcils ensuite, comme si elle désapprouvait leur présence devant le bureau de la dirigeante. Ils l’avaient pris de court : aussi resta-t-elle sur le pas de la porte, ne trouvant pas quoi faire d’autre. Elle en oublia totalement Alice Sullivan, bloquée par leur apparition. Heureusement, celle-ci ne sembla pas le remarquer mais s’arrêta également de parler. Darren prit alors la parole, sauvant la situation, en quelque sorte – il avait intérêt de toute façon, puisqu’il avait failli tout faire foirer.

La dirigeante finit par concentrer toute son attention sur le faux Darren, visiblement flattée que quelqu’un soit pressé de la rencontrer. Bonnie se retint de lever les yeux au ciel, exaspérée, avant de serrer la main de Darren, vu que la gamine venait de la présenter. Elle croisa alors son regard et comprit qu’il avait une idée très précise de ce qu’il avait à faire. Bonnie resta impassible, essayant d’écouter les paroles d’Alice. Et puis, Darren finit par lancer un stupefix, comme ça, sans prévenir, sur la dirigeante. Sous le choc, Bonnie ouvrit la bouche : il était sérieux ? Il savait à qui il venait de s’en prendre ? Elle eut l’intelligence de ne pas lui crier dessus, pas ici, pas dans le couloir alors qu’il y avait sûrement un tas d’autres bureaux avec des gens importants de l’Héritage. Darren entraîna le corps de Sullivan dans la pièce, en leur faisant signe à elle et Eden de le suivre. Elle échangea un regard avec Eden, légèrement blasée par ces décisions de dernières minutes, et la laissa entrer en première pour refermer la porte derrière eux. Elle s’avança alors d’un pas rapide vers le bureau, où Darren avait déposé le corps de la dirigeante avec quelques précautions. Changement de plan, disait-il ? Elle avait à peine remarqué.

« T’es fou, ça aurait pu se remarquer un sort pareil ! J’étais sur le point de négocier un accès aux autres couloirs, ça marchait très bien je te signale. »

Ou pas, mais elle tenait quand même à le préciser. Elle détestait les changements de dernières minutes, surtout quand ils venaient de Darren : elle s’attendait à tout et surtout au pire. Elle était prête à l’écouter, cependant, à moitié assise sur le bureau, juste par curiosité.

Quand il sortit une fiole de la poche de son jeans, Bonnie crut d’abord qu’il comptait reprendre une dose de Polynectar. Sauf qu’il arracha des cheveux à la dirigeante et mélangea la potion. Sur le coup, elle ne voyait pas où il voulait en venir, jusqu’à ce qu’il s’approche d’elle et lui tende la fiole. Elle le regarda, scandalisée.

« Tu es sérieux ? »

Elle cligna les paupières, espérant délirer ou que Darren lui fasse juste une mauvaise blague. Elle n’avait pas signé pour ça ! Elle devait jouer son propre rôle dans la mission. Pas boire cette infâme potion et prendre l’apparence de quelqu’un d’autre. Sullivan, en plus, une gamine à la grosse tête … Il fallait l’admettre cependant : son plan tenait plutôt bien la route. La dirigeante pouvait aller là où elle le voulait, et à défaut de l’avoir elle … Ils auraient un double. Bonnie attrapa la fiole, en laissant un regard froid à Darren : elle le haïssait en cet instant. Elle détestait le Polynectar et elle détestait encore plus l’idée de devoir se mettre dans la peau d’une gamine. Elle valait mieux que ça, merde ! Ok, c’était leur seule possibilité. Mais il aurait pu trouver mieux. Autrement dit, quelque chose qui ne la force pas à prendre du Polynectar.

Darren se tourna vers Eden et Bonnie ouvrit la fiole, ne pouvant retenir une grimace à l’odeur. Elle fut tentée un instant de lâcher la fiole, maladroitement, et faire croire à un accident, mais se rappelant qu’ils n’étaient pas là pour des vacances. C’était pour l’anarchie, pour innocenter Darren. Il fallait donc qu’elle le fasse. Elle écouta le reste du plan, qui concernait plus Eden, afin de trouver le courage supplémentaire de boire cette fichue potion. Elle inspira un grand coup et porta la fiole à ses lèvres pour en boire le contenu cul-sec.

C’était totalement infect, comme prévu, mais suite à la remarque de Darren, Bonnie essaya de ne rien montrer de son dégoût. Comme si elle allait se rabaisser à vomir partout dans le bureau ! Elle en aurait bien envie, certes.

« T’inquiète pas, je suis pas une mauviette, moi... »

Elle eut du mal à finir sa phrase : sa transformation avait commencé. C’était douloureux et elle se retourna pour s’agripper au bureau. Elle sentait ses os rapetisser, ses cheveux pousser de quelques centimètres. Elle glissa dans ses talons, un brin trop grands et ferma les yeux, attendant que les changements finissent d’opérer. Elle était plus petite et un peu plus menue également. Elle se détestait d’avance dans ce nouveau corps : ce n’était pas elle et elle méprisait la personne à qui elle avait emprunté l’apparence, même si elle venait de la rencontrer. Ses esprits retrouvés et l’arrière-goût de la potion parti, Bonnie sortit sa baguette pour ajuster ses vêtements : c’était un sort qu’elle avait appris à utiliser pendant ses années de mannequinat et qui était bien utile. Elle se voyait mal voler les vêtements de la gamine, en plus de ça, bien qu’elle se demandait si elle n’avait pas des vêtements planqués quelque part dans le bureau. Enfin, la voilà prête.

Bonnie contourna le bureau, refilant avec mépris la fiole vide à Darren en passant à côté de lui. Elle attrapa ensuite ce qui ressemblait à un téléphone moldu : elle avait vu Alice Sullivan l’utilisait pendant leur rendez-vous, pour signaler à sa secrétaire qu’elle était en entretien. Bonnie réfléchit un instant avant d’appuyer sur un bouton : la voix d’une femme retentit, demandant ce qu’elle pouvait faire. C’était la même que tout à l’heure, elle ne s’était donc pas trompée. Elle prit alors un ton autoritaire.

« Annulez tous mes rendez vous de l’après midi. Oui, oui, tous, c’était pas clair ? J’ai des choses essentielles à préparer qui ne peuvent pas attendre. Annulez tout. Et je ne veux voir personne de l’après-midi, c’est compris ? Même vous. Le moindre appel, la moindre intrusion dans mon bureau et vous pouvez dire adieu à votre poste. »

Ce rôle lui plaisait bien tout compte fait. Elle avait tout un parti à ses pieds, sous cette apparence. Et elle pouvait jouer les princesses, et ridiculiser la dirigeante tout en étant crédible. Mais, elle retenait quand même Darren avec ses idées de dernières minutes : si quelqu’un arrivait dans le bureau malgré ces directives, ce serait une véritable catastrophe. Enfin, ils n’en étaient pas encore là. Bonnie leva alors la tête, rejeta ses cheveux en arrière, imitant les attitudes de Sullivan du mieux qu’elle le pouvait et regarda tour à tour Darren et Eden.

« Suis-je suffisamment crédible pour qu’on s’aventure dans le château de la princesse ? »

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Eden Swan
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Mer 15 Juil - 0:14
« Bien joué, la jeune. »

Eden tâcha de ne pas avoir l'air trop surprise lorsque Darren lui passa familièrement un bras autour des épaules. Il l'entraîna dans un couloir autorisé au public tout en jetant des coups d’œil un peu partout dans les pièces qui s'ouvraient autour d'eux et en devisant à voix basse. Ses propos étaient beaucoup moins anodins que ne devaient le penser les sorciers qu'ils croisaient. Il imagina que le l'anarchie comme une machine administrative aussi bien huilée que celle de l'Héritage, attribuant divers rôles à certains membres (dont lui-même dans le rôle du big boss, bien entendu) et poussa l'audace jusqu'à suggérer qu'Eden ferait sans doute une très bonne femme de ménage. N'osant guère répliquer quelque chose à haute voix de crainte d'attirer l'attention sur eux en parlant trop fort, elle tenta de lui flanquer un coup de coude bien placé dans les côtes, mais Darren anticipa son geste et s'écarta d'elle à temps. Si bien qu'elle perdit momentanément l'équilibre et trébucha.

Elle lui jeta un regard noir. Darren commençait à la connaître un peu trop bien. Elle avait devoir commencer à changer quelques unes de ses habitudes avec lui si elle ne voulait pas devenir trop prévisible.

Darren revint vers elle pour poursuivre ses déambulations. Déambulations qui revêtaient un but plus précis qu'elles n'en donnaient l'air. Il s'arrêta bientôt auprès d'un escalier réservé à certains membres du personnel. Il lui fit signe de passer devant, ce qu'elle fit avec plus ou moins bonne grâce.

Au sommet de la volée de marches, un homme vint à leur encontre. N'osant se retourner pour concerter Darren du regard, elle ouvrit la bouche et se lança :

— Euh... ce n'est pas par ici, les toilettes ?



Les toilettes, vraiment ?

Eden n'eut pas le temps de se maudire plus que ça pour son manque d'originalité. En lieu et place d'interrogatoire plus poussé ou d'ordres péremptoires visant à les renvoyer là d'où ils venaient, l'homme tourna les talons sans mot dire et se dirigea vers... les toilettes. Plongée dans la confusion et la stupeur la plus totale, Eden écarquilla les yeux.

« Je t’apprendrais ce genre de sorts. »

Darren venait de la dépasser dans le couloir en s'adressant à elle d'un air distrait.

Voilà qui expliquait tout. Elle savait comment jeter un sortilège de Confusion, mais cela n'y ressemblait pas tout à fait. Elle avait dans l'idée que ce sort-là était nettement plus complexe.

« Dès qu’on aura un peu de temps pour des cours personnels. »

L'irritation qu'elle avait ressentie plus tôt à son égard s'était volatilisée, balayée par la surprise et par – il fallait l'avouer – un certain sentiment de fierté à l'idée que Darren la trouvait digne de son enseignement.

Ils poursuivirent leur progression dans les couloirs interdits sans rencontrer personne. Tant mieux, où les toilettes de l'étage auraient fini par connaître une fréquentation relativement alarmante.

Eden se demanda ce que cherchait Darren, exactement. Elle doutait que les informations les plus sensibles de l'Héritage ne traînent n'importe où, encore moins sans surveillance. Peut-être que tout était préservé dans le bureau de la dirigeante ? Ou dans un endroit à l'écart, plus secret ?

Elle se demanda alors ce qu'Alice savait des manigances d'Aaron. Trempait-elle dans le même chaudron que lui ? Alice n'avait jamais été quelqu'un de recommandable à ses yeux, mais Eden ne lui avait jamais prêté l'âme d'une criminelle perverse. Les expérimentations, les morts... Eden n'avait pas le sentiment qu'Alice avait participé à tout ça. Elle n'était pas assez naïve pour la croire blanche comme chouette des neiges, cependant. Quelqu'un avait bien dû faire le ménage après l'opération martyr de Kingfell, et Alice était déjà bien placée dans la hiérarchie à l'époque. Si elle n'y avait pas participé directement, elle devait forcément avoir eu vent de l'affaire. Et si c'était le cas, elle avait fait un travail remarquable pour tout dissimuler.

Une porte s'ouvrit dans le couloir, coupant court à ses pensées qui se révélèrent fort à propos. Alice venait en effet d'apparaître, accompagnée de Bonnie.

Bonnie les remarqua tout de suite. Lorsqu'Alice les observa à son tour, Eden se figea. Elle s'attendait presque à la voir afficher une moue méprisante et lui demander ce qu'elle fichait là. Il lui fallut s'emparer d'une mèche de cheveux et l'enrouler autour de son doigt d'un geste plus ou moins naturel pour s'assurer que c'était toujours ceux d'Eva Winchester – ou du moins ceux de la vendeuse moldue.

Alice ne s'intéressa pas à elle, toutefois, et Darren prit les devants en se présentant sous un alias qu'Alice ne prit même pas la peine de retenir correctement alors qu'elle venait juste de l'entendre. Eden se fit violence pour ne pas lever les yeux au ciel. Elle la reconnaissait bien, là. Elle la soupçonnait même de l'avoir faire exprès, histoire de surjouer son rôle de femme-d'affaire-trop-occupée-pour-se-soucier-de-la-populace. Elle entama d'ailleurs un soliloque à ce sujet.

Eden se désintéressa de son discours pour observer Bonnie : elle aussi semblait avoir du mal à contenir son exaspération, ce qui força Eden à réprimer un sourire en regardant ailleurs, bien qu'Alice soit beaucoup trop absorbée par le fait d'être elle-même pour lui accorder une once d'attention. Puis quelque chose d'autre passa dans le regard de Bonnie, comme un éclair de compréhension. Un peu en retrait derrière Darren, Eden ne put voir ce qu'elle voyait, mais elle ne resta pas plongée dans l'ombre bien longtemps. Darren venait d’assommer Alice.

Enfin, assommer. À l'aide de la magie, bien sûr, mais Alice s'écroula tout de même dans les bras de Darren comme une poupée de chiffon. Il eut la délicatesse d'accompagner sa chute, ce qu'Eden n'était pas certaine d'avoir fait eût-elle été à sa place.

Sous l'air ahuri de Bonnie et Eden, Darren leur fit signe d'entrer dans le bureau d'Alice, entra à leur suite en portant le corps inanimé d'Alice puis referma la porte derrière eux.

« Bon, changement de plan. »

— Sans déconner, ne put-elle s'empêcher de lâcher.

Cela faisait bien trop longtemps qu'elle se retenait d'être sarcastique.

Bonnie en profita également pour ajouter son grain de sel. Darren venait encore de leur faire un plan tordu à l'improviste, sa grande spécialité. C'était à se demander comment il avait pu s'en sortir sans se faire prendre toutes ces années. Quoique... c'était peut-être grâce à ces plans tordus improvisés, justement.

Il installa Alice à son bureau comme on installe un mannequin dans une vitrine, se reculant même pour admirer son chef d’œuvre. Il leur indiqua ensuite qu'elle devrait rester dans cet état un bon moment vu son tir à bout portant, et sortit une fiole de Polynectar de sa poche. Puis il arracha un cheveu à Alice, le fit tomber dans la fiole et tendit cette dernière à Bonnie en lui exposant son plan. Bonnie se ferait passer pour Alice, et ils pourraient se promener comme bon leur semble dans les locaux. Elle eut l'air proprement scandalisée, mais finit par accepter la fiole non sans lui jeter une œillade funeste. Eden hésitait encore entre laisser sa mâchoire de décrocher et éclater de rire devant la tournure des événements lorsque Darren se tourna vers elle pour lui annoncer qu'elle reviendrait ici après leur périple réveiller Alice et se faire passer pour un bon samaritain auprès d'elle. Elle ne se souviendrait de rien de ce qu'il venait de se dérouler après qu'il lui ait lancé un sort d'Amnésie.

Si Alice gobait les mouches ? Peut-être. N'empêche que tout cela prenait un tournant très désarçonnant.

« Et évite de vomir partout dans le bureau, hein… » lança Darren à Bonnie lorsqu'elle avala la potion.
« T’inquiète pas, je suis pas une mauviette, moi... »
— Eh ! protesta Eden.

Elle n'eut pas le courage de se défendre plus que ça, trop fascinée par la transformation qui s'opérait sous ses yeux médusés. Il était étrange – non, plus qu'étrange, perturbant – de voir Bonnie se transformer en Alice, et carrément flippant de se trouver avec deux exemplaires d'Alice Sullivan dans la même pièce.

— Deux Alice... la fin du monde est proche, commenta-t-elle.

Bonnie s'empara du téléphone (étrange manie de l'Héritage que d'avoir recours à un équipement moldu, songea-t-elle), et annula le programme d'Alice en imitant parfaitement son ton et ses manières autoritaires. Puis elle raccrocha et rejeta ses cheveux en arrière.

« Suis-je suffisamment crédible pour qu’on s’aventure dans le château de la princesse ? »

Eden sourit.

— Définitivement. En fait, tout ça commence à beaucoup m'amuser...
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Darren O. Hellson
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Mer 29 Juil - 0:30
Darren se frotta les mains avec un sourire. En vérité, lui aussi commençait à s’amuser. Pourtant, cette mission était des plus sérieuses, il ne l’oubliait pas : mais il n’y avait rien de mal à décompresser une minute en s’amusant de certains aspects de la mission en question, non ? Surtout que voir Bonnie jouer à la petite gamine écervelée avait quelque chose de particulièrement comique quand on voyait à quel point elle était crédible. Ça devait être dans ses gènes…

« Bon sinon les filles, quand vous aurez fini de vous amuser, on pourra peut-être s’y remettre ? »

Il avait usé d’un ton volontairement blasé et autoritaire à la fois pour jouer au rabat-joie, alors qu’en vérité, il partageait totalement l’avis d’Eden. Il y avait des missions bien moins funs que celle-là… Mais il aimait jouer au chef. Il jeta un dernier coup d’œil à Alice Sullivan, la vraie, toujours inconsciente sur son bureau, pour vérifier que tout allait bien. Elle avait toujours les yeux clos et ne bougeait pas d’un cil. Parfait. Baguette toujours en main, il s’approcha d’elle et lui écarta quelques mèches de cheveux pour pouvoir viser sa tempe. Un léger sortilège d’Oubliette, dosé comme il fallait, suffirait largement pour lui faire oublier les quelques dernières minutes de son existence. Quand elle se réveillerait, Eden serait là pour la manipuler d’un bon mensonge aussi bien dosé que le sortilège d’Oubliette. Oui, tout devrait fonctionner comme sur des roulettes… Même si c’était improvisé dans l’instant. C’était ça, le talent des vrais artistes.

Darren se redressa et rangea sa baguette.

« Plus sérieusement, je serais d’avis d’aller fureter du côté des sous-sols. À mon avis, il devrait y avoir pas mal de contrôles à passer si on a visé juste, mais puisque nous avons Alice Sullivan avec nous… »

Darren revint sur ses pas et vérifia que tout était en place dans le bureau. Puis il considéra Bonnie, désormais plus petite, et mima une courbette en lui faisant signe en direction de la porte.

« Sa Majesté d’abord. »

Il était temps d’entrer en scène, pour de vrai cette fois. Jusqu’ici, ça n’avait été qu’un échauffement. Mais maintenant, il était temps pour chacun d’eux de jouer les comédiens à la perfection. Darren laissa Bonnie ouvrir la porte de ce qui était censé être son bureau, puis joua à l’homme galant en laissant Eden passer devant lui. Il referma la porte derrière eux et observa le couloir. Ils étaient seuls. Parfait. Il fit un signe du menton pour montrer la direction aux filles, puis leur emboîta le pas. Il posa la main sur l’épaule de Bonnie et se pencha en avant pour lui parler à voix basse :

« Parle-nous de tout et n’importe quoi, comme si tu faisais une visite privée à de nouvelles recrues dont tu te charges personnellement, peut-être. Comme ça, si on croise quelqu’un… »

Ils auraient l’air plus crédibles qu’à marcher en silence, à l’affût de la moindre entrée et du moindre passage. Darren se redressa du haut de son mètre 90 et prit une démarche nonchalante. Il avait toujours été doué pour improviser et mentir. Probablement qu’il aurait fait un bon acteur, s’il n’avait pas choisi de devenir leader de l’anarchie.

Ils descendirent au rez-de-chaussée et croisèrent une première personne, qui se contenta de saluer la fausse Alice d’un hochement de tête. Et plus ils avancèrent, plus ils eurent le loisir de constater qu’en prenant l’apparence du dirigeant d’un parti, il était tout de suite beaucoup plus facile de faire ce que l’on avait envie de faire. Les trois anarchistes s’aventurèrent ainsi dans une aile privée du bâtiment, toujours au rez-de-chaussée, sans que personne ne fasse la moindre remarque. Darren observait tout autour de lui, comme s’il découvrait les lieux, alors qu’en vérité, il ne cherchait qu’un accès aux sous-sols du bâtiment. Il espérait que les lieux n’aient pas été réaménagés en débarras pour masquer ce que Kingfell lui avait laissé voir le soir de sa mort… Sinon, ils devraient chercher ailleurs, et ils ne disposaient pas non plus d’un temps illimité avec ces fioles de Polynectar.



darren
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Mer 5 Aoû - 19:53
Jamais elle n’aurait cru devoir jouer ce genre de rôle un jour alors autant le prendre à la rigolade – tout en restant suffisamment sérieux, ils étaient en mission. Eden l’approuva dans ce rôle, confiant qu’elle aussi, ça l’amusait : Bonnie lui adressa alors un sourire, ravie. Darren choisit ce moment pour jouer les rabat-joies – ou les chefs responsable, selon le point de vue. Bonnie leva alors légèrement le menton et serra les bras contre sa poitrine, restant dans son rôle le plus possible.

« Je suis la grande chef, aux dernières nouvelles, c’est moi qui décide quand on s’y remet. »

Non, c’était pas ça ? L’Héritage n’était pas le parti qui se disait être tout puissant, surpassant tous les autres ? Bonnie fit quelques pas, essayant de marcher de la même manière que Sullivan, pour le peu qu’elle l’avait vu. Elle s’arrêta ensuite pour regarder Darren user du sortilège d’Oubliettes. Ce genre de sort lui faisait toujours peur à Bonnie, un peu comme les sorts de guérisons avec lesquels elle n’était pas douée. Un dérapage avec l’Oubliette, et toute la vie d’une personne pouvait être effacée. Mais elle avait confiance en Darren : il savait ce qu’il faisait et, même si c’était chiant de l’admettre, il faisait un bien meilleur sorcier qu’elle. Et au pire, s’il se loupait, Sullivan ne serait pas une terrible perte – ça libérerait même le monde sorcier d’un sacré fardeau.

Alors que Darren suggérait l’idée d’aller fureter vers les sous-sols, Bonnie pensa à un dernier détail qui risquerait de les trahir lors de leur petite escapade. Elle contourna le bureau pour arriver à côté d’Alice, et fouilla ses tiroirs puis ses poches pour dénicher la baguette magique de la petite blonde. La baguette d’un sorcier faisait office de pièce d’identité et, il était rare de voir un sorcier sans la sienne. Déjà qu’elle ne portait pas les mêmes habits que Sullivan, il fallait au moins ça pour s’assurer d’un peu plus de réalisme encore. Une fois sa baguette glissée dans sa veste de tailleur, Bonnie rejoint Darren et Eden à la porte. Darren lui fit une courbette et la laissa passer en première, Bonnie se redressa alors, mimant un faux air fier sur son visage, comme si un tel geste était normal. Une fois tous les trois dans le couloir, ils se mirent en marche, Bonnie légèrement en avant. Darren lui posa alors une main sur l’épaule et lui demanda de raconter tout ce qui lui passait par la tête pour donner le change. Elle s’exécuta rapidement, essayant d’imiter au mieux les intonations employées par Sullivan. Mais, prendre les gens de haut était quelque chose de facile, de même que se vanter de tout un tas de trucs. Le mieux, c’était de tourner la dirigeante en ridicule le plus possible.

« Comme je vous le disais tout à l’heure, c’est un énorme privilège que je vous accorde là. On ne pourra plus me reprocher de ne pas faire attention à nos nouvelles recrues. Des mauvaises langues, je vous jure, il y en a partout. Enfin, je les comprends, quand on est aussi talentueuse que moi, il est difficile de ne pas être jaloux. Je ne leur en veux pas, mais il faudrait qu’ils se mettent à ma place deux secondes aussi. C’est extrêmement fatiguant d’être la dirigeante d’un parti. Tout le monde ne pourrait pas faire ce que je fais et réussir partout, je tiens à le préciser. Notre défunt Aaron Kingfell devait le savoir, il a su reconnaître mon talent. »

La diversion fonctionnait : la première personne qu’ils rencontrèrent ne s’arrêta pas et se contenta d’un signe de tête vers Bonnie-Alice. Bien : elle ne prit pas la peine de lui répondre, comme si elle avait mieux à faire que saluer tous les gens qui passaient dans le couloir. Elle était accompagnée, voyons ! Alors, elle continua à parler, se surprenant elle-même de ce qu’elle pouvait raconter, alors qu’elle haïssait l’Héritage au plus au point et ne les trouvait absolument pas crédible dans toutes leurs actions.

« L’Héritage tient à ce que tout le monde se sente chez soi, ici. Le bâtiment est entièrement remis à neuf et étroitement surveillé. Voyez-vous, nous voulons éviter qu’il m’arrive quelque chose, je suis la dernière personne capable de maintenir un équilibre au sein de l’Héritage. Sans moi, tout risque de s’écrouler alors, nous mettons un point d’honneur sur la sécurité du bâtiment. La moindre faille, et la Milice intervient. »

Ils arrivèrent dans une aile un peu plus privée et Bonnie enchaîna.

« Oh, la Milice, je ne vous en ai pas parlé ! C’est ma plus brillante idée, adoptée par le conseil immédiatement. Quoi de mieux qu’allier technologies moldus et l’intelligence sorcière ? Soyons honnêtes, les moldus se servent de leurs armements comme des enfants. Nous, nous sommes suffisamment intelligents pour l’utiliser à bon escient. Ah là là, je ne comprends vraiment pas l’obsession de l’Anarchie à vouloir partager notre secret avec ces gens là. Ce serait une véritable catastrophe ! Fort heureusement, nous n’en sommes pas là. Alors, certains vous affirmeront que l’idée vient de notre cher Aaron, mais en vérité, elle est de moi. D’ailleurs, Monsieur … euh, Colloway, je pense que vous trouveriez parfaitement votre place au sein de notre Milice. »

Elle fit une pause, adressant un grand sourire à Eva Winchester et Peter Calaugney. Sous cette apparence, Darren avait des allures de gardes du corps alors elle n’était pas vraiment dans le faux en assurant qu’il pourrait faire partie d’une équipe d’intervention d’urgence magique. Ils s’aventurèrent encore un peu dans un nouveau couloir, rencontrant à nouveau quelques personnes, certains évitant le regard de Bonnie, d’autres adressant un signe solennel. Au bout du couloir, ils arrivèrent au niveau d’une sorte d’ascenseur : peut être pour descendre encore ? La porte ne s’ouvrit pas, mais, Bonnie eut l’idée de sortir la baguette d’Alice : peut être qu’il fallait une sorte de pass, quelque chose dans le genre. Elle fit un geste avec la baguette et la double-porte s’ouvrit doucement. Bonnie essaya de ne pas se laisser impressionner, et commenta tout ce qu’il y avait à commenter, en entrant dans la cage d’ascenseur.

« Nos ascenseurs sont très différents de ceux du Ministère, comme vous pouvez le constater. Ils sont beaucoup plus modernes, moins bruyants, plus confortables. Vous voyez, vous n’avez pas les poignets au plafond, par exemple. Il était hors de question pour quelqu’un aussi important que moi de se retrouver secoué à l’intérieur d’une cage. C’était impensable. Oh, tiens, nous ne pouvons que descendre ici. »

Effectivement, il n’y avait aucune commande pour monter où que ce soit. Elle interrogea alors Darren et Eden du regard, ne sachant pas vraiment s’ils souhaitaient poursuivre, ou essayer de trouver un autre couloir. Il n’y avait plus personne de toute façon, alors ils pouvaient faire une pause dans leur petit jeu.
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Eden Swan
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Sam 16 Jan - 4:59
Darren s'approcha d'Alice et lui appliqua sa baguette contre sa tempe, probablement pour utiliser un sort d'Amnésie comme il l'avait prévu à la dernière minute. La mère d'Eden était Oubliator au Ministère, elle était donc une spécialiste de ce sort, mais Eden ne l'avait jamais vue à l’œuvre. Elle savait néanmoins à quel point cet exercice était délicat et dangereux. Elle le regarda faire avec une certaine fascination. Secrètement, elle avait hâte d'apprendre ce genre de chose sous la houlette de Darren.

Son méfait accomplit, ce dernier se redressa puis partagea son envie d'aller fureter dans les sous-sols. Bonnie récupéra la baguette d'Alice avant de passer devant Darren qui la laissa sortir la première avec une courbette moqueuse. Il laissa ensuite Eden passer devant lui puis ferma la marche.

Eden dut faire un effort colossal pour ne pas éclater de rire tandis que Bonnie déclamait son monologue sur la suggestion de Darren, imitant si bien Alice que c'en devenait presque inquiétant. Ils parcoururent les couloirs de l'Héritage comme si l'endroit leur appartenait, ou du moins comme s'ils y avaient tout à fait leur place. Leurs manigances semblaient porter leur fruit, car personne ne trouva quoi que ce soit à leur redire.

"La moindre faille, et la Milice intervient."

Si Bonnie cherchait en plus à se montrer ironique, Eden allait bel et bien finir par se marrer. Ils avaient un peu dépassé le stade de la moindre faille. Or, la fameuse Milice ne semblait guère prompte à intervenir, pour le moment.

"C’est ma plus brillante idée, adoptée par le conseil immédiatement."

Et le plus génial dans tout ça était que même si l'idée ne venait pas d'Alice, de tels propos n’éveilleraient jamais les soupçons des membres de l'Héritage, puisque c'était tout à fait le genre d'Alice de s'approprier les mérites d'autrui sans le moindre scrupule.

S'équiper de la baguette d'Alice se révéla être une excellente idée, car l'ascenseur qu'ils atteignirent sembla n'ouvrir ses portes que lorsque Bonnie l'utilisa. Imperturbable, elle poursuivit son discours en le tournant cette fois sur le sujet de l'ascenseur, qui semblait ne pouvoir que descendre. Exactement là où ils voulaient aller.

Pendant que Bonnie continuait son monologue, ils entrèrent dans un ascenseur. Bonnie interrogea Darren et Eden du regard. Ils ne pouvaient que descendre. Eden haussa les épaules et, en silence, appuya sur le bouton de l'étage le plus bas, dans les négatifs. Darren avait bien dit qu'il voulait jeter un œil au sous-sol, non ?

L'ascenseur se mit en branle.
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