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Alias & Mascarade

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Eden Swan
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Dim 19 Juil - 23:18
Enfermée dans les toilettes de l'Héritage, Eden soupira.

Deux fois qu'elle prenait cette fichue potion, deux fois qu'elle manquait de vomir partout.

Elle releva la tête et s'assura qu'elle avait bien repris l'apparence de son alias, la moldue plus âgée qu'elle aux longs cheveux lisses blond-roux, aux yeux ambrés et au visage anguleux. Darren lui avait confié une deuxième fiole de Polynectar juste avant que Bonnie et lui ne quittent le quartier général de l'Héritage. Le temps imparti grâce à la première fiole s'était écoulé, et Darren étant Darren, il avait fallut qu'il change ses plans à la dernière minute. Fort heureusement, il était également prévoyant, et il avait pris soin d'emporter avec lui des fioles de secours. Il en avait donné une à Bonnie pour qu'elle prenne l'apparence d'Alice Sullivan et qu'ils se permettent de visiter les lieux librement et en toute impunité, et une deuxième à Eden qui, désormais, se retrouvait seule pour la dernière partie de l'opération.

Cette idée la mettait plus mal à l'aise qu'elle ne voulait l'admettre. Darren avait le don de lui procurer ce sentiment, peut-être illusoire mais néanmoins efficace, que tout était sous contrôle. Un comble, quand on le connaissait un minimum, lui et ses plans à moitié improvisés. Maintenant qu'elle était seule pour mener la mission, elle ne se sentait plus autant en sécurité.

Elle releva le menton d'un air déterminé. Il n'était pas question de reculer. Elle allait mettre ses appréhensions de côté et se montrer à la hauteur de la tâche, un point c'est tout.

Et puis, ce n'était tout de même pas Alice Sullivan qui allait lui faire peur. Il n'y avait aucun raison pour que son ancienne camarade ne découvre la supercherie... Aucune raison pour que Darren ait foiré son sort d'Amnésie et qu'elle ne se remémore ce qu'il s'était passé... Bref, aucune raison de s'en faire.

Eden quitta les toilettes. Le couloir était toujours désert. Elle avança jusque la porte du bureau de la dirigeante et colla une oreille contre le battant : aucun bruit. Alice devait encore être dans les vapes. Ou alors, elle s'était réveillée et avait vidé les lieux... Si tel était le cas, il y avait peu de chances pour qu'elle se souvienne de quoi que ce soit, ou le QG de l'Héritage serait en branle-bas de combat à l'heure qu'il était. Il suffisait sous doute qu'Alice se rende compte qu'un seul de ses cheveux était de travers pour crier au scandale, alors une attaque de front...

Eden frappa quelques coups à la porte. Pas de réponse.

Il était temps de se mettre dans la peau de son personnage et de jouer son rôle à fond. Feignant un ton vaguement inquiet, elle insista :

- Mademoiselle Sullivan ?

Toujours pas de réponse.

Eden déverrouilla la porte d'un sortilège informulé avant d'entrer dans le bureau. Elle se figea sur le palier.

Alice était encore là, dans l'exacte position dans laquelle Darren l'avait laissée. Sa tête reposait sur le bureau. Elle avait l'air presque fragile et innocente, comme ça.

Eden l'appela encore par son nom, sans succès. Elle s'approche, lui secoua l'épaule, réitéra son appel. Rien. Alice ne bougeait pas. Si ce n'était pour la respiration lente et régulière qui soulevait sa cage thoracique, Eden l'aurait presque crue morte.

Finalement, elle laissa tomber le ton inquiet. Une expression carnassière venait de se peindre sur ses traits. Elle ne pouvait pas s'en empêcher... Alice était vulnérable. Elle la tenait au creux de sa paume. Elle pouvait lui faire n'importe quoi. Cette idée avait quelque chose de jubilatoire.

Après réflexion, elle décida de changer Alice de position. Darren l'avait installée à son bureau comme si elle y était tombée endormie, mais elle avait autre chose en tête. Alice aurait été capable de mal prendre le fait qu'on vienne la réveille en pleine sieste improvisée, de toute façon.

Eden contourna le bureau, tira le fauteuil où Alice était assise, le fit pivoter sur le côté et le bascula en avant. Alice s'écroula à terre sans même se réveiller.

Si elle n'aurait pas profité de la situation pour vraiment commettre quelque chose d'horrible, même s'il s'agissait d'Alice, elle estimait qu'elle pouvait bien se permettre ça. Alice pouvait bien se coltiner quelques bleus, et puis, il fallait bien rendre la scène crédible, non ? Le diable se cache dans les détails.

En revanche, si une chute ne réveillait pas Alice, elle voyait mal ce qui pourrait le faire. Eden fronça les sourcils : Darren y était peut-être allé un peu fort. Et elle ne connaissait pas le sort qu'il avait utilisé pour la mettre dans cet état-là, encore moins le contre-sort qui aurait pu permettre de la réveiller.

Jouant le tout pour le tout, elle sortit sa baguette et murmura :

- Enervatum.

C'était le contre-sort d'un sortilège de Supéfixion classique, elle n'avait que ça.

Par chance, Alice commença à remuer. Eden rangea sa baguette et reprit aussitôt son ton d'inquiétude factice :

- Mademoiselle Sullivan ? Vous allez bien ? Je crois que vous avez fait une mauvaise chute...

Eden Swan devrait dorénavant rester au placard.

C'était à Eva Winchester de jouer.
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Alice Sullivan
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Mar 21 Juil - 0:15
Une voix la tira du sommeil, sans qu’elle n’en saisisse tout de suite le sens. Elle cligna des yeux, un peu groggy, et fronça les sourcils en sentant une douleur se réveiller quelque part dans son corps et surtout, en sentant le plancher contre sa joue. Rêvait-elle ou se trouvait-elle parterre ? Non, c’était bien réel. Elle était étalée sur le sol comme si elle avait cherché à se transformer en tapis. C’était quoi ce bordel ?

Perplexe, Alice bascula de côté et se redressa en position assise. Les cheveux décoiffés, l’expression hagarde et le regard tournant de droite à gauche trop rapidement, elle avait presque l’air d’une folle, si ce n’est qu’elle était juste une fille qui avait eu un moment d’absence. Du moins, c’était forcément ce qui avait dû se passer, non ? Parce qu’elle ne se souvenait strictement pas pourquoi elle était tombée parterre, alors qu’elle aurait dû logiquement se trouver gentiment assise sur sa chaise de bureau qu’elle assimilait trop souvent à un trône. Son regard se posa enfin sur la jeune femme qui se trouvait dans son bureau, là, debout, à la regarder. Une rousse, un peu plus âgée qu’elle, qu’elle ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam. C’est elle qui avait dû parler, mais Alice n’avait même pas compris ce qu’elle avait dit. Peu importe : cette fille était là, alors c’est elle qui allait tout prendre dans la gueule.

Excédée de se trouver au sol et d’être découverte dans cette position, Alice prit un ton à la fois impérieux et contrarié pour poser la question qui relevait là, tout de suite, d’une importance capitale à ses yeux :

« Vous pouvez m’expliquer ce qu’il se passe ? »

Elle tendit naturellement la main pour que la rousse l’aide à se relever, parce qu’elle n’allait bien sûr pas le faire seule. Une fois debout sur ses pieds, elle eut un léger vertige mais qui passa bien vite. Bon sang, mais elle n’avait pas fait un malaise, quand même ? Elle n’était pourtant pas de ce genre. Les pertes de conscience, c’était pour les faibles. Non, sa conne de secrétaire avait sûrement du attenter à sa vie en empoisonnant son café. Oh oui, oui, ce serait beaucoup plus crédible. Bien sûr qu’elle devait vouloir sa mort, depuis le temps qu’elle lui parlait comme à un chien. En même temps, même un chien serait plus efficace dans son travail que cette abrutie.

Dans le feu de l’action, et parce qu’elle avait toujours aimé le mélodrame et en rajouter des couches, Alice se fit grave alors qu’elle faisait la première supposition logique qui lui venait à l’esprit :

« Je crois qu’on a essayé d’attenter à ma vie. »

En fait, elle ne se souvenait strictement de rien, si ce n’est qu’elle avait eu une journée particulièrement chiante et deux ou trois rendez-vous tout aussi chiants. Mais si elle se trouvait parterre, ce n’est pas parce qu’elle était tombée, c’était sûrement parce que quelqu’un lui voulait du mal. Forcément : elle était tellement belle et talentueuse. Trop de jaloux en ce monde.



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Eden Swan
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Jeu 6 Aoû - 2:33
Alice ouvrit les yeux et se redressa lentement en position assise. Il y avait quelque chose d'hilarant à la voir ainsi, complètement paumée, et loin d'être sur son trente-et-un comme elle en avait l'habitude. Mais pas besoin d'être un génie pour deviner qu'éclater de rire était la dernière chose à faire pour se mettre Alice dans la poche.

Le regard de la dirigeante parut enfin faire le point sur elle. Eden se prépara mentalement.

Impact dans trois, deux, un...

« Vous pouvez m’expliquer ce qu’il se passe ? »

Alice lui tendit la main pour qu'elle l'aide à se relever. Il n'y avait qu'elle pour rendre ce geste aussi péremptoire. Eden la saisit et se redressa en même temps qu'elle. Elle avait encore du mal à se faire à la peau d'Eva. Le simple contact de la main d'Alice lui paraissait surréaliste... Si elle savait qui se cachait sous les traits de cette jeune femme rousse...

« Je cherchais les toilettes et j'ai entendu un bruit sourd en passant devant ce couloir... »

Des phrases courtes, simples. Le moins alambiqué possible pour voir clair dans les mensonges qu'elle allait raconter à la pelle dans les instants à suivre, et rendre ses intentions le plus crédible possible. Elle gardait les détails au chaud dans un coin de sa tête au cas où Alice se montrait suspicieuse et exigeait des justifications à sa présence dans ce couloir, par exemple. Elle avait toujours son dossier de recrutement à la main cependant, et d'un geste apparemment anodin, elle prit soin de le mettre en avant pour montrer qu'elle était nouvelle, et donc qu'il était plus que plausible qu'elle se soit égarée dans les locaux. Et puis, Alice était quelqu'un qui aimait être le centre de la conversation (et de l'univers), il était donc inutile de s'épancher sur elle-même.

« Je crois qu’on a essayé d’attenter à ma vie. »

Eden dut se faire violence pour ne pas lever les yeux au ciel. Quelle drama queen, celle-là. Dire qu'elle avait presque oublié à quel point Alice pouvait passer son temps à tout exagérer... presque. Il fallait avouer que le comportement de son ancienne camarade n'aurait pas dû l'étonner à ce point.

La réplique d'Eva fut bien différente des pensées d'Eden, toutefois :

« C'est bien possible, vous savez. Vous êtes la dirigeante d'un grand parti, après tout. Honorée de vous rencontrer, d'ailleurs, malgré les circonstances... »

Voilà, une bonne dose de flatterie... Jouer les flagorneuses de base pour le bon plaisir d'Alice lui arrachait la langue, mais Eden s'étonnait de son propre aplomb. Se glisser dans la peau d'un personnage complètement différent de ce qu'elle était réellement était une expérience intéressante, et elle s'y adaptait plus vite qu'elle ne l'aurait imaginé, finalement.

« Vous voulez que j'appelle quelqu'un ? »

Elle se souvint brusquement d'un détail. La baguette. La baguette d'Alice, que Bonnie lui avait confisqué avant de partir pour s'assurer de pouvoir jouer son rôle à la perfection. Bonnie l'avait confiée à Eden avant de quitter les lieux avec Darren, et elle l'avait toujours sur elle.

« Tenez... »

Encore une fois, elle s'abstint de livrer la moindre précision sur la manière dont la baguette avait atterrit dans sa poche. Mais cela ne l'empêcha pas de se creuser les méninges à toute vitesse à la recherche d'une explication plausible. Oui, voilà. Elle en tenait une. Alice avait entraîné sa baguette dans sa chute, elle l'avait ramassée et empochée par réflexe. Il aurait été dommage de marcher sur la baguette d'Alice Sullivan par mégarde dans ce moment de panique et de confusion.

Simple, efficace.
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Alice Sullivan
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Jeu 24 Sep - 15:04
Une fois debout et bien campée sur ses pieds, Alice fit mine d’épousseter ses vêtements et d'ajuster son chemisier. On aurait dit qu’elle se réveillait d’une sieste, mais elle ne se souvenait pourtant pas de s’être endormie. Et puis, très franchement, ce n’était absolument pas son genre de dormir parterre, hein. La fille qui l’avait aidée à se relever lui parlait d’un bruit sourd qu’elle aurait entendu en passant dans le couloir et Alice fronça les sourcils. Bizarre. Est-ce que quelqu’un l’aurait assommée ? Ça pourrait justifier le bruit. Encore une fois, tous les soupçons de la blonde se portaient sur sa secrétaire. Elle l’imaginait sans mal se glisser jusqu’à son bureau, silencieuse, et l’assommer avec un chandelier ou une clé anglaise. Connasse de frustrée, va.

Jusque-là, Alice ne s’était pas intéressée à la jeune femme qui lui faisait face, mais lorsque celle-ci approuva sa théorie en précisant qu’elle était après tout la dirigeante d’un grand parti et qu’elle était d’ailleurs honorée de la rencontrer, la blonde releva la tête d’un air intéressé. Elle la détailla, avec sa grande taille et ses longs cheveux roux, et se demanda si elle l’avait déjà croisée dans les couloirs de l’Héritage. Elle lui disait vaguement quelque chose, mais en même temps, elle ne retenait pas les trois quart des visages qui travaillaient soit disant pour elle, alors…

Pompeuse, Alice lui serra la main comme si elle lui faisait ainsi un grand honneur. Puis elle passa une main dans ses cheveux pour les remettre en ordre et se retourna pour observer son bureau. Hm, tout avait l’air plus ou moins en ordre, si ce n’est quelques feuilles en bordel. Aucune trace du crime. La jeune femme l’interpella encore, et Alice tourna distraitement la tête avant que son visage ne s’éclaire.

« Ah, ma baguette ! »

Elle s’en saisit, sans un mot de remerciement ni même quoi que ce soit qui pourrait ressembler à une demande d’explications. Cette jeune femme rousse détenait sa baguette mais Alice ne songea même pas à la possibilité que ce soit là quelque chose de bizarre, hein. Elle était trop centrée sur elle-même pour ça. Elle fit néanmoins un effort et remarqua le dossier que l’inconnue tenait en main.

« Oh, vous êtes nouvelle ? »

Elle n’avait jamais dû la croiser, alors. Bizarre. Alice rangea sa baguette puis contourna son bureau pour s’approcher du téléphone moldu qui se trouvait là. Elle avait toujours détesté cette machine, mais Aaron en avait investi tous les bureaux de son vivant. Elle avait ensuite compris qu’il ne fallait pas qu’elle commence trop vite à changer tout ce qu’il avait fait, même si elle en avait bien envie. La blonde s’agaça un moment en appuyant brutalement sur toutes les touches de l’appareil, puis s’estima satisfaite lorsque l’appel déboucha chez sa fameuse secrétaire.

« Oui, mademoiselle Sullivan ? »
« Gladys, venez tout de suite dans mon bureau, exigea-t-elle d’une voix péremptoire. J’ai à vous parler d’une affaire très urgente. »
« Mais vous… »
« Très URGENTE, j’ai dit. »

Elle appuya à nouveau brutalement sur un bouton, qui coupa la communication. Satisfaite, elle posa les mains sur ses hanches et rapporta son attention sur la rousse.

« Inutile d’aller me chercher de l’aide, je préfère que vous restiez ici et que vous m’apportiez vous-même votre aide. Je m’explique : je suis persuadée que c’est ma secrétaire qui a fait le coup. Elle ne m’aime pas, voyez-vous, et elle le cache très mal. Parfois, le matin, je la croise en venant au bureau et il y a tellement une envie de tuer dans son regard que j’en ai toujours un frisson d’horreur. »

Elle fit mine de frissonner pour illustrer ses propos mais ce fut complètement loupé. A vrai dire, elle cachait plutôt mal le fait qu’elle se sentait très bien à l’idée de passer ses nerfs sur quelqu’un.

« Bref, je vais la cuisiner, là, tout de suite, et vous allez me dire ce que vous en pensez. Elle ne jouera peut-être pas si bien la comédie en présence de quelqu’un qu’elle ne connaît pas. »

S’impatientant déjà de voir la secrétaire arriver, Alice tapa du bout des doigts sur le bord de son bureau et rapporta son attention sur le dossier que la rousse tenait. Se rendant compte qu’elle avait (comme toujours) monopolisé la parole, elle interrogea son interlocutrice du regard.

« Alors, vous disiez ? Nouvelle, c’est ça ? »



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Eden Swan
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Lun 18 Jan - 4:34
À la façon dont Alice releva la tête suite à ses basses flatteries, Eden sut qu'elle avait mordu à l'hameçon. Le simple fait de regarder quelque chose d'autre que son propre nombril pouvait être considéré comme un signe d'intérêt, chez Alice, bien que relatif et à durée très limitée. Elle lui serra la main avec l'air de quelqu'un qui vient d'être élu Ministre de la Magie, remit un peu d'ordre dans ses cheveux puis examina son bureau comme pour s'assurer que rien n'avait disparu. Avait-elle quelque chose à cacher ici ? Eden scruta attentivement le visage d'Alice (ce qu'elle pouvait plus ou moins faire sans discrétion, étant donné qu'Alice ne le regardait pas). Elle n'avait pas l'air très inquiète. Alice était bonne comédienne, mais elle n'aurait sans doute pas pu dissimuler sa panique à son réveil s'il y avait vraiment eu lieu de paniquer. Elle ne cachait sans doute rien de très important ici.

Lorsqu'elle récupéra sa baguette, elle ne sembla pas suspecter Eva de quoi que ce soit. Bien.

Finalement, à force d'exposer son dossier de recrutement, Eden finit par attirer à nouveau l’œil d'Alice, qui lui demanda si elle était nouvelle.

« Oui, c'est exact. Je viens tout juste de rejoindre le parti. »

Alice ne l'écoutait déjà plus. Elle se débattit avec un objet moldu et une conversation s'ensuivit avec une certaine Gladys, qu'elle convoqua dans son bureau. Alice lui annonça qu'elle suspectait sa secrétaire d'avoir fait le coup. D'après elle, sa secrétaire – Gladys donc, probablement – ne l'aimait pas.

Voilà qui était TRÈS surprenant, dis donc.

Alice lui indiqua qu'elle allait cuisiner sa secrétaire en sa présence, et qu'elle comptait sur son avis ensuite. Eden dut réprimer un haussement de sourcils. Alice voulait de son aide ? Darren avait-il forcé la dose sur le sort qu'il lui avait lancé ? Mais en observant son air impatient, presque jubilatoire, Eden comprit qu'Alice avait surtout envie de se passer les nerfs sur un bouc-émissaire. Et elle comprit également qu'elle n'aurait d'autre choix que d'aller dans son sens et accabler cette pauvre Gladys en l'accusant également de tous les maux, si elle voulait se glisser dans les bonnes grâces d'Alice.

Désolée, Gladys. Ton destin est scellé, songea Eden.

Est-ce qu'Alice irait jusqu'à la renvoyer ? Ce n'était peut-être pas si mal. La débarrasser d'Alice pourrait même être considéré comme une sorte de faveur.

« Alors, vous disiez ? Nouvelle, c’est ça ? »

« Oui. Je m'appelle Eva Winchester. »

Une idée lui traversa soudain l'esprit. Et si Alice renvoyait vraiment Gladys ?

Et si Eva Winchester, au bon moment et au bon endroit, devenait toute indiquée pour la remplacer ?

« Si je peux me permettre... il me semble qu'étant donné votre statut, vous méritez un peu plus qu'une simple secrétaire à vos côtés. Surtout une secrétaire qui cherche à vous nuire. Ce qu'il vous faudrait, c'est quelqu'un qui puisse à la fois assurer les fonctions administratives d'une secrétaire, et également quelqu'un d'assez doué en magie pour assurer vos arrières. Vous ne pouvez pas être partout à la fois, après tout, et vous avez autre chose à faire que surveiller les gens qui complotent dans votre dos. D'ailleurs, si vous chercher quelqu'un de cette trempe... je ne vous cache pas que je serais ravie de proposer ma candidature. »

Eden lui adressa un sourire. En effet, le but n'était pas de cacher son ambition. Eva Winchester était venue jusqu'ici pour trouver refuge, ce qui impliquait de s'installer ici, de trouver un travail. Si elle pouvait lécher les bottes d'Alice sans pour autant se faire laisser prendre pour un paillasson, elle parviendrait peut-être à gagner son respect. Certes, c'était un coup un peu audacieux, peut-être un peu trop même à ce stade de la conversation. Mais on n'a rien sans rien.

Eden était douée en magie. Elle n'aurait aucun mal à prouver qu'elle pouvait assurer ses arrières. En revanche, elle espérait qu'elle ne lui demanderait pas de prouver sa valeur au niveau administratif, car non seulement Eden détestait ça, mais en plus, en ignorait totalement si elle serait capable de remplir le rôle d'une secrétaire. Il lui faudrait improviser, ce qui risquait de ne pas être de la tarte.
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Alice Sullivan
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Lun 25 Jan - 15:39
Eva Winchester, donc. Généralement, Alice ne retenait pas les noms qu’on lui donnait avant plusieurs jours ou plusieurs semaines, voire jamais en fonction des gens qu’elle appréciait et ceux qu’elle appréciait clairement moins, mais elle hocha quand même la tête comme si elle enregistrait très bien l’identité de la jeune femme. En fait, elle était surtout très intéressée à l’idée d’avoir enfin un prétexte pour cracher sur sa secrétaire, qu’elle n’avait jamais pu encadrer. Elle avait croisé les bras, impatiente, et elle pianotait du bout des doigts sur son bras lorsque la rouquine reprit la parole, réussissant l’exploit d’attirer à nouveau l’attention de mademoiselle-je-me-prends-pour-le-centre-du-monde.

Le fait d’employer cette expression, « vous méritez plus que », était un parfait appât pour remonter l’intérêt d’Alice à la surface. En effet, elle posa les yeux sur son interlocutrice et l’écouta très attentivement, la tête légèrement inclinée de côté. Oui, il est vrai qu’en vue de son statut, elle méritait clairement mieux qu’une secrétaire qui cherchait à attenter à sa vie sans se cacher. Oui, voilà, c’est ça, il lui fallait une secrétaire, d’accord, mais une secrétaire qui ait aussi les fonctions d’un garde du corps. Pourquoi n’y avait-elle pas pensé plus tôt ? Ça devait être très simple à trouver. Lorsqu’Eva fit très justement remarquer qu’elle ne pouvait pas être partout à la fois, qu’elle ne pouvait pas être chef d’un parti et surveiller en même temps les gens malhonnêtes et les assassins, parce que oui Gladys était très certainement une tueuse en série dans le fond, Alice hocha la tête d’un air qui laissait clairement comprendre qu’Eva Winchester venait d’acheter sa sympathie et son respect. Enfin quelqu’un d’intelligent…

Si bien que lorsqu’elle proposa sa candidature, Alice s’approcha d’elle pour lui prendre les mains de façon faussement solennelle et les tapoter d’un air de conspiratrice.

« Eva, je m’estime chanceuse d’avoir croisé votre chemin aujourd’hui. »

Ҫa toqua à la porte, et le visage d’Alice s’éclaira. La perspective de se défouler sur quelqu’un avait de quoi la faire rayonner. Elle ordonna à la secrétaire d’entrer, et la fameuse Gladys s’exécuta. La lassitude sur son visage laissait comprendre qu’elle savait parfaitement qu’elle n’était pas dans les bonnes grâces de la patronne et qu’elle était fatiguée d’avance à l’idée de cette confrontation. Alice lui fit un signe péremptoire en direction d’une chaise, face à son bureau.

« Asseyez-vous, Gladys. »

Elle attendit que la jeune femme se soit exécutée avant de se planter devant elle et de se pencher en avant, bras croisés et yeux plissés d’un air menaçant.

« Gladys, une personne mal intentionnée vient d’essayer d’attenter à ma vie. Et l’absence de surprise sur votre visage risque de vous porter préjudice… »

En même temps, on ne pouvait pas dire qu’elle laissait le temps à la pauvre secrétaire d’être surprise. A vrai dire, celle-ci semblait avoir abandonné l’idée d’afficher une autre expression que celle de la lassitude la plus totale. Elle tenta néanmoins de prendre la parole pour se défendre calmement :

« Mais mademoiselle, personne n’est entré dans votre bureau de toute l’après-midi. Vous m’avez-vous-mêmes ordonné d’annuler tous vos rendez-vous et de ne laisser entrer personne sous aucun prétexte, ni-même de vous appeler. Vous… »

Alice se redressa d’un air impérieux.

« Ah oui, vraiment ? Et comment expliquez-vous le fait que je n’ai aucun souvenir d’avoir dit ça ?
- Eh bien, je…
- Je vais vous le dire, moi, Gladys. Vous êtes en train de tout inventer. Vous êtes entrée dans mon bureau en douce et vous m’avez assommée, soit avec un sort soit à la manière moldue qui caractérise la barbarie des gens comme vous. Et vous m’avez laissée pour morte, là, parterre, en pensant avoir réussi votre coup. Sauf que vous m’avez loupée, Gladys, et j’ai eu la chance que mademoiselle Winchester ici présente décide de passer par là. Sinon, qui sait ce qu’il serait advenu de moi… »

Certes, elle se faisait littéralement un film dans sa tête puisqu’il ne serait strictement rien arrivé à part le fait qu’elle finisse par se réveiller toute seule comme une conne, mais comme rien ne pouvait l’arrêter dans ce genre de cas, elle croisa à nouveau les bras et prit un air méprisant en relevant le menton.

« Bref, vous êtes virée Gladys. »

La secrétaire ne répondit pas, peut-être parce qu’elle n’avait strictement rien compris à ce qui venait de se passer. Alice rejeta ses cheveux en arrière comme si elle se croyait dans une pub pour shampoing moldu, puis fit signe à Eva.

« Je vous laisse vous occuper de la mettre dehors. Prenez ça comme une occasion de commencer à faire vos preuves pour ce poste que vous convoitez tant. Puis revenez dans mon bureau une fois cette vermine mise à la rue. »

Eva Winchester n’avait jamais dit qu’elle convoitait absolument ce poste, mais soit… Bienvenue dans le royaume d’Alice Sullivan.



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Eden Swan
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Dim 28 Fév - 3:31
Avoir fréquenté Alice pendant toutes ces années était définitivement un atout indéniable. Eden pouvait presque prévoir ses réactions à la moindre de ses remarques. Elle ne manqua pas de relever l'intérêt que celles-ci suscitèrent chez Alice. Pour l'instant, Eden jouait plutôt bien ses cartes. Alice hocha la tête en accord avec ses propositions et prit même ses mains dans les siennes.

Le geste était tellement surréaliste qu'Eden faillit la retirer comme si ce contact l'avait brûlée, mais un réflexe de survie réprima ce réflexe. Elle avait quand même tressailli, mais cela pouvait facilement passer pour de la surprise. Si elle avait laissé ses instincts au sujet d'Alice prendre le dessus, cela aurait pu tout gâcher. Alice n'aimerait sans doute pas percevoir du dégoût chez son interlocutrice. Or il en allait effectivement de la survie de sa mission.

Alice lui déclara qu'elle s'estimait chanceuse d'avoir croisé sa route aujourd'hui, et Eva esquissa un sourire.

On frappa à la porte. Alice jubilait littéralement lorsqu'elle ordonna à une jeune femme au visage las d'entrer. Elle la fit ensuite s'assoir puis commença à lui reprocher tout ce qui venait de lui arriver, lui laissant à peine le temps d'en placer une. La pauvre secrétaire semblait ne même plus essayer de se défendre contre ses accusations, préférant sans doute par habitude laisser l'orage passer sans broncher et attendre le retour d'un calme relatif. Cerise sur le gâteau, la maigre défense qu'elle osa faire valoir ne put paraître crédible aux yeux d'Alice, qui n'avait aucune idée que quelqu'un avait donné des ordres à sa place.

Finalement, au bout d'une longue diatribe pendant laquelle Alice exposa une théorie du complot farfelue, Gladys se fit virer.

Eden était un peu étonnée de constater que son plan avait marché au delà de ses espérances. Quand elle raconterait à Darren...

Elle s'en voulait un peu pour Gladys, mais elle préférait s'en tenir à la version qu'elle préférait : franchement, elle lui rendait un grand service en la débarrassant d'Alice.

Cette dernière ne perdit pas de temps pour donner ses premières directives à Eva : elle lui ordonna de se charger de mettre Gladys à la porte, puis de revenir dans son bureau.

Que le spectacle commence... songea Eden.

Il ne fallait pas y aller de main morte. Se répétant qu'elle ne faisait que jouer un rôle crucial pour l'avenir de l'anarchie, elle sortit sa baguette et en profita pour faire une petite démonstration de force. A l'aide d'un sort informulé, elle fit apparaître des cordes qui lièrent les poignets de Gladys. C'était carrément disproportionné pour la situation, mais Alice ne rechignait jamais à assister à un petit numéro despotique ordonné par ses soins ; sans compter que plus vite Eva prouverait ses capacités en magie et son caractère impitoyable, plus vite Alice l'approuverait.

Sans laisser à Gladys le temps de s'indigner d'être traitée comme une criminelle, Eva l'empoigna par le coude et la fit avancer en direction de la sortie. Elle traversa les couloirs puis le hall en restant sourde aux protestations de Gladys et aveugle aux regards qu'elle sentait se tourner sur son passage. Enfin, parvenue à l'extérieur, elle libéra Gladys du sort qu'elle lui avait jeté et indiqua aux gardes qu'elle n'était plus la bienvenue, ordre d'Alice Sullivan.

En parcourant le chemin en sens inverse, Eden éprouva une drôle de sensation. D'un côté, elle se sentait encore un peu coupable et aurait au moins aimé indiquer d'une quelconque manière à Gladys que cela n'avait rien de personnel et qu'elle méritait mieux. De l'autre, elle savait que c'était une prise de risque inutile : cela aurait compromis sa couverture si ce détail était remonté jusqu'aux oreilles d'Alice, et par ailleurs...

Une partie d'elle ne pouvait s'empêcher de trouver tout cela très grisant. Alors c'était ça qu'on ressentait, quand on était totalement dénué de conscience altruiste ? Quand on exerçait son pouvoir ?

Eden frappa à la porte du bureau d'Alice.

Une fois entrée, elle déclara :

- Voilà qui est fait.
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