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home is behind, the world ahead | Riley

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Connor Sainclair
Archéomage
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Dim 14 Fév - 13:40

Connor & Riley
« Ne te demande pas où la route va te conduire. Concentre-toi
sur le premier pas. C’est le plus difficile à faire. »
- Elif Shafak






Tout était revenu à la normale. Certes, tout n’était pas rose, et le commun des mortels, la situation aurait semblé encore loin d’être rose, et le sorcier pas franchement tiré d’affaire ; néanmoins, quand bien même Connor se trouvait-il au bas de la pente, une légère amorce de remontée avait été entamée, il le sentait bien, ou du moins s’était résolu à s’en faire un nouveau but, un objectif pour une fois nullement hors de portée, du moins était-ce à espérer.

Les choses étaient loin d’être si catastrophiques, en vérité : il s’était presque fait peur, avec cette histoire de Conjugum détourné de ses fonctions premières, funambule un bref instant chancelant au-dessus d’un vide immense, mais le pire avait été évité, peut-être de justesse, en tout cas grâce à Siméon, à n’en point douter. Pour une fois, et sans doute pas de façon aussi rare qu’on eût pu le supputer instinctivement, ç’avait le plus instable des deux, celui que l’on voyait si aisément se reposer sur l’autre qui ne demandait jamais rien à personne, qui avait tendu à la main à sa moitié en péril : il s’agissait bien d’une seconde chance, au sens propre du terme, et Sainclair comptait bien se montrer plus prudent à l’avenir, moins tête brûlée. Assis là, dans cette pièce pour le moins spartiate qu’au nom d’un amour-propre désillusionné, le sorcier avait l’habitude d’appeler « bureau », toute la folie de son acte lui sautait au visage, nette, claire, indubitable. Ces semaines, vécues comme par un autre, avaient constitué un songe, un rêve éveillé périlleux qu’il aurait malgré tout réitéré sans hésiter, quand bien même les cendres encore chaudes de ces temps troublés devant ses yeux : papiers entassés, tasse de café sale abandonnée à son triste sort, et l’impression de se tenir dans l’ancien repère d’un fantôme. La lueur d’inquiétude difficilement contenue dans le regard de son agent de liaison au Ministère, jeune femme employée comme simple secrétaire et faisant la liaison entre l’administration et l’insaisissable archéomage, n’était qu’un signe parmi d’autres de ce qu’il n’avait remarqué, du fait de sa faiblesse. Le mouron que ses quelques collègues s’étaient fait, même en un climat aussi tendu que celui ayant suivi l’attaque du Musée, n’était même pas parvenu à faire tiquer le mage, piégé comme il avait été dans une spirale créée par son sens du devoir et du sacrifice. Et la dégringolade aurait pu se perpétrer jusque dans des abysses insondables, si l’amour de son compagnon ne l’avait pas sauvé in extremis. Cela pouvait sembler si niais, si invraisemblable, ce mélodrame à la Belle au Bois Dormant ramenée à la vie par le baiser de son prince charmant, mais ça s’avérait si vrai : Connor avait fait le choix insensé de mettre sa vie en danger, et seul celui pour qui il avait accepté pareil péril avait eu le pouvoir de le détourner de son funeste but.

Désormais, tout allait mieux. Le sortilège ayant si puissamment puisé dans les forces de Sainclair avait relâché son emprise vorace, et peu à peu, tout comme son amant avant lui, l’archéomage se remettait doucement, à grand renfort de bonnes nuits de sommeil et de repas complets, sous l’œil intraitable de MacFly. Margot n’était certes toujours pas à bonne distance, suffisamment du moins pour que le sorcier sente son couple parfaitement à l’abri suite à son mensonge, mais chaque chose en son temps… Et être épaulé par Sim, au fil de cette paisible convalescence, le rassurait, malgré le caractère encore incertain de leur avenir.

Encerclé par un océan de papiers et de livres en apparences soumis à un chaos qui en aurait découragé plus d’un, Connor se permit un léger sourire serein : avec un peu de rangement, il n’y paraîtrait plus, et sincèrement, si la quantité de désordre dans son bureau constituait son souci majeur, eh bien il n’y avait pas de quoi se plaindre : le sorcier savait que bien pire pouvait survenir.
Cependant, c’était bien connu, les accalmies n’étaient que de courte durée en ce bas monde, et ce fut en la personne d’une brune ténébreuse que s’incarna le vent du changement, incertain, perturbant, indomptable. Avec un sourire un brin fatigué quoi que sincère, l’Ecossais reconnut une des briseuses de sorts employée par la célèbre banque de Gringotts, avec laquelle il avait eu l’occasion de collaborer par le passé :

-Oh, miss Vongkham, quelle surprise, bonjour. Quel bon vent vous amène ?

Si dans le coin des yeux du magicien et dans le fond de sa voix, l’on pouvait déceler les traces d’un éreintement latent, la faible lueur bienveillante nichée dans le bleu de son regard semblait témoigner d’un mouvement ascendant amorcé sur la pente où l’archéomage avait inexorablement glissé, à une époque.






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Riley N. Vongkham
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Dim 20 Mar - 15:30
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Home is behind, the world ahead
Ft Connor Sainclair.



Être en mission commandée lui déplaisait souverainement. Riley n'était vraiment pas de ses humains lambda à accepter une soumission docile, juste pour éviter les problèmes. Elle était au contraire de ces êtres butés, imposant, qui ne souhaitait qu'une chose, atteindre le sommet, ou à défaut rester maitre de leur vie et de leurs décisions. Néanmoins, il fallait être raisonnable et accepter les ordres quand une autre option n'était pas envisageable. Ce qui était le cas, en seulement deux occasions. Tout d'abord, quand elle était demandée par son supérieur hiérarchique pour Gringotts, vu que fatalement c'était son métier et que mine de rien, elle l'appréciait énormément. C'était même un des piliers de sa vie. Puis de manière récente, elle avait dû rajouter un autre personnage à sa liste des concessions : Lord Voldemort. Au vu de la réputation du mage noir, c'était pratiquement une évidence que de ne pas aller contre ces exigences. Ce qui n'empêchait pas cette femelle alpha de broncher pour la forme. C'était tout simplement plus fort qu'elle, son caractère. La louve avait toujours eu du mal à plier l'échine, à se courber et à accepter une dominance totale. Par force de persuasion et de respect, elle était pourtant parvenu à se courber ainsi sous ses paroles, mais seulement et uniquement les siennes. Pour les autres, c'était une autre paire de manches et la louve ruait dans les brancards. Malheureusement pour elle, elle était une des dernières arrivées dans le mouvement, une simple probie insignifiante à leurs yeux. Ce qui était une grossière erreur d'appréciation qu'elle se mettait un point d'honneur à faire regretter à tous ces inconscients. À la moindre menace, aux moindres ordres secs, dès l'instant où on la prenait pour une insignifiante et fragile jeune femme, l'Allemande montrait les crocs. Littéralement parlant.

La louve faisait partie de sa vie, de son caractère, c'était elle. L'impulsion de l'animal, ces désirs trouvait toujours échos en son caractère et ses actes. Elles étaient deux, mais ne faisaient qu'un. Cependant, il arrivait souvent que ce soit aux sous-fifres de lui dicter ce qu'on attendait d'elle, pour qu'elle montre son dévouement au mangemort, qu'elle fasse ces preuves, ce qui l'irritait toujours. Seul Bellatrix Lestrange, la célèbre lieutenante, avait trouvé comment la prendre. Aussi surprenant et improbable que ce soit, elle l'avait comprise, avait deviné cette rébellion et arrivait à lui faire accepter les ordres avec un relativisme dont peu de personnes pouvaient se vanter. De ses lèvres, cela passait mieux, de ces lèvres, elle cédait aux caprices. C'était par elle, qu'elle avait appris sa mission quelques jours auparavant, une mission qu'elle allait mener à bien aujourd'hui. Il ne restait plus qu'à convaincre Connor Sainclair de bien vouloir l'accompagner. L'archéomage était depuis quelque temps déjà dans leurs collimateurs. Que ce soit pour sa décoration d'avoir déniché un artéfact puissant, que pour le fait que celui-ci leur avait échappé. Alors dans leurs esprits, le but avait été simple : En trouver un autre. Des rumeurs avaient très vite couru sur un potentiel souvenir magique dans la capitale Autrichienne et les mangemorts voulaient en avoir le cœur net. Puis tant qu'à faire, autant être le premier sur la cause. Riley avait donc convaincu Gringotts de lui laisser le champ libre pour aller fouiner là-bas, tout en réquisitionnant le mage. Requête qui avait été acceptée. Alors qu'elle comptait s'attaquer à la seconde partie de ce défis et donc d'aller parler à l'homme, ces souvenirs virevoltaient vers leur première rencontre. Comme d'habitude, elle avait été froide, glaciale, refusant son aide sur un coffre capricieux. Puis très vite, elle avait changé d'avis. Son intelligence, sa sagacité et sa dose de sang-froid l'avaient fait remonter dans son estime, jusqu'à avoir une discussion plutôt paisible autour d'un café. Autant dire qu'elle était ravie de devoir se contenter de lui tirer les vers du nez, plutôt que de faire quoique se soit d'autre.

S'extirpant de ses pensées, pour éviter une rouquine qui ne regardait pas devant elle, la brune la contourna avant de continuer son trajet dans le musée de Londres. Ses pas étaient rapides, assurés, elle ne laisserait personne la détourner de son but, ni de l'endroit où elle voulait aller. Paré d'un jean, d'un t-shirt et d'un pull noir, sa queue-de-cheval haut perchée battant au vent, elle avait tout de la femme fatale, bien décidée à avancer. C'était exactement cela. Après avoir parcouru des dizaines de couloirs, Riley touchait au but, elle était face à son bureau. Quelques coups portés à sa porte, elle rentrait à l'intérieur. Debout, droite, fière comme l'était l'animal, la lycane fixait Connor d'un regard profond, intense. Heureusement, le magicien eut le bon gout de la reconnaître, ce qui imprima sur son visage un sourire furtif pratiquement amusé. Voilà qui allait lui éviter de devoir resituer leurs rencontres et lui permettre d'aller directement dans le vif du sujet. Ce n'était de toute façon pas sa manière de faire que tourner pendant des heures autour du pot. Au plus rapide et au plus efficace, c'était une de ces modes de vie. Cependant, l'Allemande cru déceler de la fatigue et de la lassitude sous le couvert de son ton enjoué. Serait-ce un vestige de ses actions passées? Le résultat des nombreux problèmes qui étaient apparu sur sa route? Possible, probable. Quoi qu'il en soit, elle posa une main sur ses hanches avant de prendre la parole. "C'est un plaisir que de voir revoir, Connor." Répondit-elle. Un véritable exploit que d'user des formules de circonstance, car la louve n'avait pas été élevée dans ces conditions. Oh que non, son éducation se basait uniquement sur une meute hiérarchisée, où le mâle dominant avait absolument tous les droits. Alors autant dire que la politesse, c'était parfois le cadet de ses soucis. Riley avait toujours eu ce problème, trop direct, trop froide et franche dans ses paroles. Ce qui n'enlevait rien à l'attraction magnétique de cette aura animale, qui vibrait littéralement autour d'elle. Mais elle pouvait également se montrer prévenante et charmante, c'était d'ailleurs ce côté plus paisible de sa personnalité qu'elle comptait mettre en valeur.

"A vrai dire, je viens vous soumettre une requête, émanant de mes supérieurs hiérarchiques. Vous leur avez fait forte impression lors de notre première collaboration, et les actualités récentes, montrant vos trouvailles exceptionnelles, ont grandement contribué à accroitre votre renommée. Du coup, ils aimeraient vous réquisitionner pour une nouvelle mission, en ma compagnie." Sa voix était sortie tranquille, calme, parfaitement maitrisé. Le ton avait pourtant été donné sur ce qu'elle attendait de lui. Intarissable, elle avait fait quelques pas en avant, s'approchant de sa position. Elle avait attendu quelques secondes avant de reprendre, lui laissant ainsi le temps d'accepter et de digérer le flot d'informations qu'elle venait de débiter "Je sais que les dernières semaines n'ont pas été de tout repos pour vous, vous en semblez d'ailleurs encore fatigué. Mais c'est important. Plusieurs sorciers ont senti une piste magique à Vienne, en Autriche. D'après nos sources, cela serait le résultat d'une ancienne magie venue tout droit des comptes moldus. Cependant, les preuves sont suffisantes et ils pensent avoir découvert la cache en question. Vos connaissances magiques et historiques seraient appréciables." Ce n'était vraiment pas faux, c'était même à peu près cela. Bien évidemment, elle se retint d'ajouter que s'il pouvait partir dans les plus brefs délais, cela serait merveilleux. Elle se disait que de toute façon l'idée allait faire son petite bout de chemin sous son crâne avant d'arriver aux conclusions, qui s'imposeraient d'elles-mêmes Oh, Riley ne serait pas de celle à accepter un refus, croyez bien! S'il fallait le bousculer, elle le ferait sans l'ombre d'un doute, mais elle comptait beaucoup sur l'attraction irrésistible du mystère pour qu'il accepte, sans rechigner. Elle était d'ailleurs restée vague pour justement piquer sa curiosité et laisser une foule de possibilités alléchantes.

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Connor Sainclair
Archéomage
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Lun 4 Avr - 19:16


Business is business
Le trop d’attention qu’on a pour le danger fait le plus souvent qu’on y tombe.



C’était étrange, comme certains fantômes se mettaient en tête de refaire surface dans votre vie, sans crier gare. N’y voyez aucun jugement de valeur, Riley ne constituait pas une visite désagréable, au contraire –un point de vue qui aurait radicalement changé s’il avait su pour son appartenance aux Mangemorts, à n’en point douter. Il s’agissait juste d’une propension plutôt surprenante du destin à remettre sur votre chemin des personnes que vous n’auriez pas forcément pensé revoir, ou même qui vous étaient sorties de l’esprit, à la manière d’un parieur lançant au hasard une poignée de pièces. Pile, vos routes ne se croisaient pas. Face, préparez-vous à l’impact.

Connor avait rarement l’occasion de travailler avec Gringotts, c’était vrai. Il fallait dire que la vénérable institution et lui-même ne côtoyaient pas exactement le même type de public : seuls les sorciers avaient accès aux coffres des gobelins, alors que l’archéomage, par définition, passait le plus clair de son temps en sous-marin parmi les Moldus, inconscients des trésors qu’ils détenaient, comme autant de bombes à retardement. Il n’était pas exclu, cependant, que celles et ceux dans le sang desquels la magie coulait se retrouvassent en présence d’objets qu’ils n’auraient jamais dû approcher, mais généralement, dans le cas où les effets des reliques ensorcelées ne s’avéraient pas trop agréables –qui a envie de rendre des gants changeant toute matière en or ?-, les gens venaient d’eux-mêmes au Muséum chercher des réponses, ou se débarrasser de leur bien, devenu trop encombrant. Les cas d’urgence, c’était triste à dire, émaillaient également le lot quotidien de Sainclair, quoi que les cas graves impliquant un aller simple à Saint Mangouste, ou pire, soient de plus en plus rares, grâce aux travaux assidus de types comme lui, bien décidés à retrouver le plus de trésors ensorcelés possibles avant même que leurs propriétaires, sorciers ou moldus, n’aient eu à affronter leurs propriétés mystérieuses.

Si Gringotts se déplaçait, en la personne de la jeune femme, il n’y avait pas de doutes à avoir quant au sérieux de la situation. D’un signe de tête, il remercia sa visiteuse pour son entrée en matière des plus flatteuses : inutile de faire durer plus que de raison le chapitre des politesses d’usage et des boniments en tout genre. En la matière, l’Ecossais constituait presque l’antithèse parfaite de Gilderoy Lockhart, en ne recherchant pas plus que cela les feux de la rampe, ni les éloges à foison. Dans son métier plus encore, Connor trouvait que toute tentative de lui passer de la pommade constituait une perte de temps patente, voire même agaçante, puisqu’il était clair que s’il avait voulu devenir célèbre, il n’aurait pas choisi de mener une telle carrière, cruellement dépourvue d’honneurs. Les codes les plus usuels en ce qui concernait la gestion du personnel ne lui étaient pas non plus inconnus, comme celui posant qu’un employé, flatté quant à ses qualités et à l’exemplarité de son travail, recevrait sous de meilleurs auspices les nouvelles tâches que vous lui assigneriez, quand bien même seraient-elles infaisables, chronophages, ou dévalorisantes. C’était sans doute pour cela que le duo que le mage avait formé avec la lycane avait si bien fonctionné à l’époque : tous deux se passaient fort bien des fioritures et autres ronds de jambe dispensables, pour mieux se concentrer sur l’essentiel, avec un professionnalisme redoutable d’efficacité.

Riley ne s’était pas trompée, en un sens. Silencieusement, son hôte l’avait laissée finir son exposé introductif, et quoi que son attention soit demeurée entièrement focalisée sur la briseuse de sorts, il n’était pas très ardu de déjà deviner que la machine se mettait en branle, à l’intérieur de son crâne. Les idées défilaient, presque décelables dans le bleu limpide de son regard, alors que Sainclair laissait l’archiviste vivant dans son esprit ouvrir les tiroirs adéquats de sa mémoire. Tout était bien rangé, pas forcément souvent examiné mais apte à être retrouvé en cas de besoin, avec un minimum d’effort. Les boîtes s’ouvraient, les unes après les autres, d’où des éléments étaient tirés, éparses dans un premier temps, mais qui au fur et à mesure de la conversation ne manqueraient pas de se mettre en ordre et de former un raisonnement cohérent, un premier avis à partir duquel bâtir leur opération… Et seulement la bâtir, n’en déplaise à son interlocutrice.

-Je vous en prie, prenez un siège, proposa Connor avec civilité, puisqu’à l’évidence, ils en auraient pour un relativement long petit bout de temps.

Avec l’attaque qu’avait subi le Muséum de Londres et le lot de chambardements qui étaient aller avec, pas mal de monde passait dans le modeste bureau de Sainclair –que ce dernier, d’ailleurs, n’y avait jamais autant séjourné-, ce qui avait motivé l’installation de deux chaises rembourrées, de l’autre côté de son bureau, à destination des gens de passage à la recherche d’un renseignement, ou venus faire un point sur l’un des multiples dossiers que l’archéomage chapeautait. Dans leur malheur, ses services avaient au moins gagné ça, un chef de file plutôt disponible, et surtout capable de les accueillir un peu mieux que très spartiatement.

Pour sa part, l’archéomage saisit un stylo, autrement plus pratique qu’une plume lorsqu’il était question de rédiger des mémos ou de prendre des notes, qui d’un clic sur son bouton-poussoir dévoila sa mine. Face à lui, un bloc-notes, ayant visiblement fait de l’usage et, au vu de sa localisation sur son bureau, servant très régulièrement, serait à l’expert ce qu’un carnet d’ordonnances était à un médicomage.

-Comme vous l’avez fait remarquer, mes nouvelles obligations sont très gourmandes en temps, je n’aurai donc malheureusement pas la possibilité de vous accompagner sur place moi-même. Je puis néanmoins vous donner les coordonnées d’une de mes collaboratrices, attachée de nos services au près du musée moldu de Berlin, qui pourra vous assister.

Nom qui, d’ailleurs, fut inscrit d’une écriture à la preste, précise et nette sur la première page vierge du bloc, sans même attendre l’aval de Riley. Le projet mené par cette dernière était bien avancé, selon ses dires, il n’y avait donc pas besoin qu’une pointure en matière d’archéomagie lui prête main forte, et c’avait été sans réel regret que Connor avait décidé de passer son tour, et de déléguer. Ne pensez pas que le cas lui paraissait inintéressant, au contraire ; cependant, il savait mettre sur pied une liste de priorités, et surtout s’y tenir, liste au sein de laquelle la requête de la demoiselle n’arrivait pas dans les premières places, fâcheusement pour elle.

-Elle vous dira certainement la même chose, mais au cas où : si j’étais vous, je chercherais d’une part du côté du Führermuseum, et de l’autre de celui d’Heinrich Himmler, pour avoir des informations complémentaires, et déminer le terrain. Ce sont les deux pistes les plus classiques lorsque l’on approche des pays d’Europe centrale.

Plusieurs fois au cours de ses années de bons et loyaux services, Sainclair avait eu à s’aventurer sur les traces des nazis, un des pires courants idéologiques dont l’Humanité ait jamais réussi à accoucher, notamment du fait du grand nombre d’amateurs d’art ayant peuplé les rangs des hauts gradés de ce Reich censé durer mille ans. Sans parler du Führer, qui s’était mis en tête de bâtir un muséum à la hauteur de ses ambitions, et où engranger toutes les trouvailles volées aux quatre coins de son immense empire…

Le chef de la SS, pour sa part, s’était en son temps révélé bien plus problématique pour les prédécesseurs de Connor, ayant été un collectionneur pour le moins acharné, et surtout un grand amateur d’ésotérisme. Inutile de s’alarmer, le nombre de pièces réellement magiques ayant réussi à échapper aux archéomages, et n’ayant donc pu être récupérées qu’après-guerre, avait été faible. Les opérations d’infiltrations menées par les sorciers et sorcières n’avaient cependant nullement été sans danger… Le contexte politiquement tendu, ainsi que le risque constant de finir devant un peloton d’exécution pour espionnage, ne leur avait pas facilité la tâche, alors que dans le plus grand secret, Himmler avait disséminé les précieux supports de ses recherches dans ses diverses résidences, avec l’appui des services secrets toujours prolixes en matière de nouveaux artefacts à apporter au Reichsführer à la manière de chiens rapportant un os.

Dans les archives officieuses du Führermuseum aussi bien que dans les notes d’Himmler récupérées par les équipes du Muséum Magique de Londres après la reddition de l’Allemagne, Riley avait de bonnes chances de trouver des indices concernant l’objet qu’elle traquait, vu qu’environ quatre-vingt pourcents de ses semblables étaient passés entre les mains des nazis entre 1940 et 1945, avant de rester en Europe ou d’au contraire débuter un périple international, passant de petits-enfants de nazis réfugiés à l’étranger en milliardaires éclairés. Pour le coup, il ne s’agissait pas d’un travail de recherche à proprement parler, mais plus d’identification de la rareté magique, afin de savoir précisément à quoi les agents de la banque sorcière auraient affaire. Ceci confortait Sainclair dans l’idée qu’une « subalterne » se trouvait toute indiquée pour accomplir cette mission, à savoir monter un descriptif le plus précis possibles des propriétés dudit objet, et éventuellement accompagner miss Vongkham jusqu’à Vienne pour le manipuler. Un chercheur aurait eu la même attitude envers un échantillonnage à réaliser in situ, dont il se serait déchargé auprès d’un assistant de laboratoire.

D’un geste sûr, l’archéomage détacha le feuillet de son calepin, après y avoir ajouté à l’identité de la future interlocutrice de Riley les deux éléments qu’il venait de citer, et tendit à celle-ci le morceau de papier plié en deux, entre l’index et le majeur. Il lui avait fallu moins de cinq minutes pour traiter le problème qui lui avait été présenté, dans la limite de ses moyens ; l’efficacité avant tout, et dans la concision, vu qu’une légion d’autres casse-têtes, similaires ou plus complexes, l’attendaient.

-J’ignorais que les prérogatives de Gringotts s’étendaient jusqu’à l’Autriche, remarqua l’ensorceleur avec un léger sourire.

Non pas que cela lui paraisse suspect, c’était juste pour faire un brin de conversation, et qu’il ne s’était jamais donné la peine de tenter d’imaginer à quel degré exact s’arrêtait l’influence de la banque des gobelins, basée à Londres, mais visiblement capable de regarder bien au-delà des frontières du Royaume-Uni, de par l’influence de ses actionnaires, ou encore la multiplicité de nationalités portées par ses clients.






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Citation : Jean de la Fontaine, Le Renard et les Poulets d'Inde
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Riley N. Vongkham
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Sam 16 Avr - 10:55



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Ft Connor Sainclair.



Certaines personnes avaient un véritable talent pour manier les mots. Une aisance oratoire qui faisait d'eux d'excellent manipulateur enivrant les foules, les privant d'une réflexion saine avant de les forcer à s'incliner, face à la leur. Autant dire que c'était des personnes qui produisait une réaction négative épidermique chez la jeune femme. Elle avait toujours refusé de s'abaisser face à n'importe qui. Elle était l'animal dominant, le prédateur ultime, l'alpha. Une pensée qui se trouvait souvent en porte à faux, quand on voyait son caractère typiquement asocial. Les beaux discours, c'était loin d'être sa tasse de thé. Bien sur, comme la majorité des gens, elle savait user de belles phrases, bien tourné, pour obtenir ses désirs, mais elle n'en prenait que peu souvent le plis. Il fallait reconnaitre que Riley se complaisait dans sa solitude. Un recul et une exclusion sociale qu'elle maintenait à de nombreuses reprises, volontairement. Car si la brune était d'une adresse déconcertante avec les coffres retord et d'une agilité sans pareils pour gérer les créatures magiques, elle n'avait aucun tact avec les humains, pourtant ses congénères. Ses défauts principaux étant tout simplement une franchise sans égal et un je m'en foustisme immodéré pour tous les règles de ce bas monde. Être une lycanthrope assumée, l'avait totalement libérée. Autant dans son caractère, dans sa féminité et ses envies, qu'au niveau des prérequis sociaux. Elle se moquait bien de savoir si son comportement collait aux normes, si ces actes ne choquaient personne. Soit on l'appréciait, soit on la détestait mais personne ne pouvait lui enlever son talent d'arithmancie ou son métier qu'elle faisait à la perfection. C'était pourtant en essayant de se fondre dans la masse, en rentrant dans ce moule qui lui déplaisait qu'elle arriva au musée Londonien.

À partir du moment, ou la mission donnée était de convaincre quelqu'un, il était de notoriété publique de ne pas le braquer. Alors quoi de mieux, dans ce cas, que d'aller un petit peu dans le sens du poil. Ce fut pourquoi après une réplique sincère sur son contentement de croiser sa route qu'elle avait enchainé sur les ronds de jambes d'usage. Lancer des fleurs à tout va pour mettre le baume aux cœurs et laisser à votre vis-à-vis plus de volonté à céder à vos caprices. Une technique dont elle avait souvent usé à contrecœurs mais obligé par la banque sorcières. Très sincèrement, elle se fichait bien de savoir que l'archéomage était douée ou une pointure. Elle ne s'était pas encombré de cela à leur première rencontre et lui non plus. Ils s'étaient directement confronté sur le problème avec une rapidité extrême. C'était sans doute pour cela, pour ne pas surjouer un caractère dont il avait eu vent, qu'elle était rentrée directement dans le vif du sujet. En même temps devoir attendre des heures pour arriver au but, la minait complètement. La louve était impulsive, impatiente. Les impulsions pulsaient dans ses veines sans distinctions de leurs appartenances et l'Allemande y accédait. Depuis longtemps, elle ne le luttait plus contre elle-même, vivant comme bon lui semblait. Cela lui avait réussi jusqu'alors. Une réussite qui semblait prompt et sens bavure quand il lui proposa de s'installer. La louve s'était redressée comme contente et fière que se voile de mystère exerce autant d'attrait sur lui. Après tout dans le métier qui était le sien, le leur presque, l'aventure, le gout de l'inconnu et de l'interdit étaient des vices plaisants. Droite, fière, elle accéda à la demande. Féline, animal, ses pas se déplacèrent avant de s'assoir galamment sur la chaise, croisant les jambes.

Seulement sa chance fut de courte durée vu que Sainclair spécifia qu'il n'avait pas le temps de s'en occuper et la renvoyait à une collègue de Berlin. L'animal à l'intérieur d'elle semblait baisser les oreilles, mécontente. Était-il vraiment sérieux, là? Il la recommandait à une personne, à Berlin?! Avait-il conscience d'avoir face à lui une originaire d'Allemagne. Une personne qui y avait vécu pendant des dizaines d'années. Qui avait parcouru ce pays de long en larges, pour le compte de Gringotts. Visiblement, il semblait l’omettre. De plus, Riley n'était absolument pas convaincu et son haussement de sourcils en était une preuve. Elle voulait qu'il vienne avec elle et elle ne comptait pas se laisser démonter par un simple empêchement. C'était bien mal la connaitre. Une détermination farouche, vestige d'un animal têtue, rusé et butté était apparu sur son visage. Elle n'avait même pas pris la peine de tendre la main pour enserrer le papier, refusant cette facilité qu'il se décrétait. Sa tête se pencha légèrement sur le côté, signe visible qu'elle n'en avait pas finit avec lui. "Gringotts est un empire financier qui s'étend bien au-delà de vos frontières Britanniques. Je travaillais déjà pour eux en Allemagne et certains déplacements m'ont conduit jusqu'en Amérique." Son ton de voix était sorti beaucoup plus dur. Non pas pour une envie de la jeune femme de lui signaler que sa volonté, lui déplaisait. Mais simplement parce que son accent y était ressorti. Si Riley parlait Anglais avec une facilité déconcertante, elle pouvait sans problème, revenir au guttural de sa langue natal. Une manière de lui faire comprendre qu'il jouait là la mauvaise carte pour refuser la requête des gobelins.

Son regard intense restait posé vers lui avant de dévier vers le papier, tombé sur le bureau en face. Cherchant les mots, les pesant avec soin, elle aligna une nouvelle défense. "La banque sorcière a réclamé la présence et les compétences d'un expert, alors ne me renvoyez pas à un sous-fifre, dont je n'ai que faire. Puis sans vouloir vous vexer, Connor, je n'ai besoin de personne pour faire un rappel historique d'Hitler. J'ai arpenté l'Allemagne plus que votre collaboratrice" Ce dernier terme résonnait avec froideur, frigidité. La demoiselle reprenait un mode et un tempérament qu'elle avait eu à son encontre, dès leur rencontre. Elle détestait partager ses compétences. Son ego ainsi que la louve en elle ne le supportait pas. Elle avait toléré la présence de l'archéomage parce que sa malice et sa sagacité avaient fait mouche, seulement pour ça. Autant dire que si la gamine voulait lui étaler sa science, elle allait montrer les crocs et grogner. Or en étant mise en avant par ces compères, le risque était grand qu'elle ne prenne la grosse tête. Elle n'avait pas besoin de ça. Vu que c'était typiquement le genre de personne qui mettait l'Allemande à fleur de peau et lui donnait envie d'être acerbe. Comme elle savait si bien le faire. "Les attraits du Führer et d'Himmler sont effectivement un point de vue classique, que je vous concèdes. Mais je pensais plus à un vestige Russe. Pour être plus précise, je pencherais même vers la dernière famille impériale de Russie : Les Romanov." C'était un nom qui résonnait en échos pour beaucoup de curieux. Une fin sanglante, un gout de mystère parfaitement tangible. Une richesse inégalée au vu du long règne qu'ils avaient menés.

Bien évidemment, elle avait parlé d'une trouvaille à Vienne, ce qui géographiquement était un point assez éloigné et peu crédible, quant à ce lien qu'elle souhaitait faire. Ou pas. Elle avait sa petite idée qu'elle comptait bien lui exposer, avant qu'il ne la démonte. "Corrigez-moi si je me trompe, mais lors de la seconde guerre mondiale, la Russie a envoyé plus d'un convoi d'or en direction des troupes allemandes. Eh en connaissant l'attrait du Reich allemande, les amas de cette famille ont put faire partie du paquetage. Surtout qu'à présent, les deux pays sont alliés, prônant les mêmes idées." Des idéaux qui rejoignaient ceux de Lord Voldemort. Néanmoins, elle n'était pas là pour ouvrir le débat sur un quelconque choix, elle n'était pas complètement suicidaire. Elle voulait une fois de plus lui faire comprendre que l'intervention était vaste, les pays nombreux et les possibilités intrigantes. Si ça ne marchait alors il faudrait y aller de manière un peu plus brusque. Elle se redressa féline, prédatrice, avant de poser ses coudes sur le bureau, se rapprochant de lui. "Ne me dite pas que vous n'avez pas envie de venir? Que vous n'avez pas envie de voir les secrets réputés des Romanov?" Son regard perçant restait rivé vers ses iris en attendant ses réactions. Elle jurerait pourtant revoir la même malice, la même réflexion, qui agitait ses prunelles quelque temps auparavant. Elle ne quitterait pas ce bureau sans son accord !

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Connor Sainclair
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Jeu 2 Juin - 21:25


Nouvelle donne
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s'était assise.



Connor ne comprenait pas grand-chose aux femmes, nous devions bien le reconnaître. Si certains aspects de leur personnalité pouvaient se voir décryptés, ou au moins compris après coup une fois que les belles avaient concrétisé leur impénétrable pensée, pas mal de chemin restait à faire. Oh, ne soyez pas si déçus, pas si surpris de voir un homme tel que Sainclair parfois peiner avec le sexe faible ; il possédait certes un sens de la déduction qui, allié à une sensibilité instinctive, formait un heureux mélange l’ayant servi à de nombreuses reprises quelles qu’aient été les circonstances, mais à l’impossible, nul n’était tenu. Cela s’expliquait sans doute par le fait que le sorcier perçait les secrets de la logique humaine, mais non féminine : ne nous mentons pas, les demoiselles, quels que soit leur âge, leur grâce, leur beauté, leur histoire ou leurs intentions, nourrissait un système de pensée propre, la plupart du temps différent de celui de leurs consœurs, et qui ne savait que rester trop abscons pour les pauvres hères qu’étaient les hommes, le soi-disant « sexe fort ». Sans entrer dans le débat relatif à la fierté que cela parvenait à prodiguer à ces énigmatiques créatures, ni à l’intérêt de pareille particularité dans une société ma foi patriarcale, il fallait tout de même avouer qu’il y avait matière à en perdre son latin. Ce qui était simple devenait compliqué, ce qui frôlait l’impossibilité relevait de la plus simple des évidences à leurs yeux de biche… Même la meilleure des volontés risquait de vous n’être d’aucune aide… Et Merlin savait pourtant à quel point Sainclair y mettait du sien ; cependant, rien n’y faisait. Aliénor n’avait d’yeux que pour lui sans qu’il s’en doute le moins du monde, en un quiproquo qui finirait immanquablement par mal finir, tandis qu’à l’instant présent, la conversation qu’il partageait avec Riley Vongkham semblait prendre peu à peu une tournure. Qu’y avait-il donc d’obscur ou d’incompréhensible dans la réponse qui avait été celle de l’archéomage ? Que ne comprenait-elle pas dans la notion de ne pas être en mesure de répondre positivement à sa requête ?

L’Ecossais n’avait pas réellement été dupe lors de leur première rencontre quant à la réelle teneur de l’amabilité de la miss, loin de là, même. Il aurait fallu être aveugle et sourd pour manquer à quel point le prix à payer pour posséder autant de force de caractère que la jeune femme ne se révélait pas négligeable : la brune avait nettement tendance à croire que tout lui état dû… Un postulat qui, s’il n’était pas respecté, la plongeait dans une hargne n’ayant rien à envier aux caprices des jeunes enfants aussi têtus qu’obtus. D’aucun auraient possiblement eu le courage de lui tenir tête indéfiniment –qui sait, une telle folie aurait peut-être valu à ces bougres le véritable respect de la belle ?-, mais le sorcier préférait tâcher d’exceller dans l’art subtil et malheureusement mésestimé de la diplomatie. Bien des têtes brûlées y voyaient de la faiblesse, voire pire, de la lâcheté, là où résidait au final un moyen respectable d’éviter l’altercation. Pour une fois que c’était une femme qui agissait tel un butor, forçant son interlocuteur masculin à user de finesse pour s’éviter les foudres de la caractérielle gente dame… Connor avait pour ainsi dire de la bouteille en la matière, ayant eu à composer avec un père adoptif aux idées pour le moins arrêtées en matière d’éducation –bel euphémisme-, avec des professeurs à l’idéologie tout aussi nocive, et enfin avec un petit ami qui, aussi parfait puisse-t-il être par bien des aspects, savait également jouer les fortes têtes lorsqu’il refusait tout compromis. Des années de pratique avaient rendu l’archéomage nécessairement souple quant à la défense de ses propres idées, quitte à être taxé de manipulateur par ceux y voyant une certaine forme de rouerie, de démagogie. Qui cependant aspirait à perdre des heures et des quintaux d’énergie en une prise de bec dont l’issue se définirait par une stérilité criante ?

Se lancer dans une croisade plus proche d’un bras de faire que d’un débat, à vrai dire, attirait encore moins Sainclair qu’à l’ordinaire. Si les symptômes liés au sortilège qu’il avait juxtaposé au Conjugum s’étaient considérablement amoindris en comparaison de ce qu’avait subi jour après jour le magicien lors de son martyr délibéré, un restant de fatigue tardait à se dissiper, ultime relique de temps obscurs à présent bel et bien derrière lui. Sa motivation à mener une sorte de poker menteur avec Riley ne s’en trouvait que plus effritée, vu que les chances de parvenir à un accord à l’amiable avec sa visiteuse frôlait le zéro, une quasi certitude qu’il fondait sur sa précédente collaboration avec cette dernière. À l’époque, leur tandem avait fait des merveilles parce qu’ils avançaient tous deux dans la même direction, une condition sine qua none pour que l’Allemande se montre relativement vivable, voire même un brin sympathique. Dans le cas présent, le problème s’avérait purement binaire, et aux deux solutions qui n’auraient su être conjuguées en un terrain d’entente, car selon toute vraisemblance, soit l’archéomage partait pour l’Autriche, soit il demeurait à Londres, vu que malgré toutes ses qualités, l’intéressé n’avait pas encore le pouvoir d’ubiquité. Autrement dit, ils couraient droit à la prise de bec… Et l’historien ne s’en sentait que plus éreinté d’avance, lassé avant l’heure par les potentielles tractations se terminant en impasse qui se profilaient à l’horizon.

Le pire dans tout cela ? Son interlocutrice avait plus que certainement d’autres choses à faire, énergique et volontaire comme elle était, de même qu’au titre d’excellent élément au service de Gringotts. De son côté, les dossiers en cours n’avançaient pas non plus, alors pourquoi s’acharner de la sorte quand tous deux avaient tellement mieux à faire ? Là encore, il aurait été malhabile d’en faire la remarque : la briseuse de sorts aurait alors eu tout le loisir de lui répliquer qu’elle utilisait son temps comme bon lui semblait, et que s’il désirait en finir et retourner à ses occupations –sous-entendue autrement moins importantes et intéressantes que ce voyage qu’elle lui offrait sur un plateau-, il n’avait qu’à arrêter de jouer les timorés et à accepter de marcher dans la combine.

-Je ne voulais pas vous vexer, rétorqua Connor sur un ton placide, en réplique à l’orgueil visiblement blessé de la brune sur le sujet de ses chers employeurs, et de son pays natal.

Cette formule de politesse, pas si creuse que cela, lui permit de remettre un peu de distance entre elle et lui au sein de ce début d’échange pour le moins malaisé. Il ne s’agissait pas de reculer pour mieux sauter, mais pour se dégager une nouvelle marge de manœuvre, hors d’atteinte des griffes de la louve qui ne manquerait pas, dans un mouvement d’humeur, de l’écharper. À vrai dire, l’archéomage éprouvait une indifférence toute philosophe à l’encontre des sentiments froissés de la belle brune : une des meilleures attitudes qu’il n’ait jamais adoptées dans sa vie était d’arrêter de se soucier de ce que des personnes ne comptant pas fondamentalement à ses yeux pouvaient bien penser. L’existence se trouvait bien trop courte pour tenter de satisfaire tout le monde en s’oubliant soi-même, et une nouvelle page s’était ouverte, un chapitre que Connor espérait voir filer jusqu’à l’ultime épilogue de ses jours, dans lequel il se montrait résolument prêt à être heureux, sans laisser quiconque le juger ou se mettre en tête de l’en détourner. Beaucoup de gens s’étaient habitués à s’adresser à un Sainclair toujours à l’écoute, toujours bienveillant et disposé à les épauler ; sans changer radicalement de registre, la nouvelle politique de l’ensorceleur risquait d’en perturber certains.

Par une telle parade, aussi classique qu’inoffensive, l’Ecossais s’accaparait subrepticement une petite part du rôle du « gentil », la première, stratégie qui officiellement ne donnerait aucun droit à Riley, sinon celui de la mauvaise foi, de le condamner pour excès d’entêtement irritant. Avant de reprendre, il adressa une pensée muette à Greta Hamsmarck, sa collègue berlinoise, soixante-huit ans au compteur et toujours autant de bonne humeur et d’entrain à se mettre à l’ouvrage, véritable mine d’informations et de débrouillardise si injustement méprisé par une néophyte à l’avis bien trop tranché pour ne pas la desservir.

-Je ne dis pas que le sujet est indigne d’intérêt, au contraire. Le trafic d’œuvres d’art, comme vous le soulignez, était à l’époque monnaie courante, et ce y compris en sens inverse, lorsque l’URSS a changé de camp et percé jusqu’à la capitale du Reich.

Les trésors généreusement offerts à Hitler ou bien volés par les nazis avaient alors changé de main, pour repartir à l’envoyeur, direction le Kremlin… Il était affligeant de voir à quel point l’Histoire se résumait à un perpétuel recommencement, en une pièce de théâtre se jouant en boucle, et dont seule la distribution des rôles variait de temps à autres.

La Mangemorte ne s’était pas trompée, néanmoins : l’énigme le charmait, Connor ne le niait pas, et ne cherchait pas à le dissimuler. À une époque, il n’aurait pas eu à se le faire répéter deux fois : un sac de voyage l’attendait alors dans un de ses tiroirs, dont l’archéomage se serait saisi avant d’emboîter le pas à Vongkham, et de ne laisser à sa suite qu’un laconique mot d’absence, lancé de vive voix à sa secrétaire avant de quitter sur un coup de tête le Muséum. Oh, ç’aurait même été la seule réponse possible de sa part alors que fraîchement sorti de la faculté, il n’avait aspiré qu’à une chose, mettre le plus de distance possible entre lui et l’Angleterre, entre lui et l’idylle tissée entre Siméon et Adèle. Même il y a quelques années, Connor n’aurait pas été si difficile que cela à embarquer dans une telle entreprise, si ses neveux et nièce s’étaient trouvés à Poudlard, et donc sans que personne n’ait besoin de lui. Seulement le sorcier n’était plus l’esclave de sa passion, si tant était qu’il l’eût jamais été. Riley ne se fourvoyait pas en décelant dans ses yeux l’éclat né d’une confrontation à un challenge palpitant, mais le nouveau millénaire avait définitivement changé la donne, redéfinissant profondément ses priorités. Désormais, rester au Royaume-Uni constituait sa seule aspiration : après tout, sous peu, Connor serait un homme marié.

-Les choses n’en sont pas moins bloquées : je ne suis plus libre de mes mouvements depuis l’incident de la cérémonie d’investiture, nous dépendons entièrement du cabinet du Ministre quant à nos déplacements, et jusqu’aux dossiers que nous sommes amenés à traiter.

Le système, étonnamment, tournait plutôt rapidement malgré l’obligation de se référer sans cesse à l’entourage de Levi Goldstein dès qu’il fallait rédiger le moindre mémo, du fait de l’organisation rodée à laquelle appartenait Sainclair et ses pairs, et de la confiance en leur professionnalisme que leur témoignaient les bureaucrates –à moins qu’ils ne donnassent leur aval par principe, ne comprenant rien à ce qu’ils se devaient de passer à la loupe. Il n’empêchait que si Riley ne respectait pas la procédure en passant non pas par le bas de la pyramide hiérarchique, mais par les nouveaux gardes-chiourmes des archéomages, elle n’obtiendrait jamais rien, et de la part de personne.

Cet état de fait avait été rappelé avec beaucoup de patience, presque avec pédagogie, car il n’était pas de ceux à s’énerver et à mettre les gens à la porte de son bureau lorsque ces derniers dépassaient les bornes ; la vie lui avait enseigné qu’il n’était jamais trop tard pour une première fois,

-Et quand bien même le serais-je, cela fait plus d’un an que je ne suis pas parti en mission. C’est un pan de ma carrière que je compte laisser derrière moi, ayant d’autres projets.

La briseuse de sorts ne s’était très probablement pas attendue à se trouver face à un ex-collaborateur en pleine crise de la quarantaine –ou assimilé-, ce qui avait de grandes chances de ne pas améliorer son humeur, au détriment du malheureux ensorceleur.






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Riley N. Vongkham
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Sam 6 Aoû - 20:50



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Ft Connor Sainclair.



Poursuivre sa route, avancer vers un but avec l'intime conviction d'y arriver était le propre de l'homme. Pour se donner une raison d'errer sur terre, cette espèce n'avait souvent d'autre choix que de se donner une mission, des points de passage, un mantra à suivre. Malheureusement, la réussite n'était pas toujours au rendez-vous, forçant l'humain à s'habituer à l'échec et au refus. Une notion pour le moins déplaisante, à laquelle était confronté la belle Riley, aujourd'hui. Malgré une entrée en matière des plus appréciables et une invitation à prendre place dans son bureau, elle avait cru trop rapidement gagner la bataille. Un point pour lequel elle était sévèrement corrigée, alors que Connor Sainclair rependait dans l'air une excuse désuète, accompagnée d'un papier griffonnée en toute hâte. Deux preuves, deux petits points censé prouver qu'il mettait un quelconque intérêt à son égard, ou plutôt à celui de Gringott's. Ce n'était clairement pas assez. La lycanthrope avait déjà dû faire preuve de patience, de tactique et de prouesses oratoires pour arriver à conduire cet empire financier à prendre part dans ses recherches, ce n'était pas pour abandonner si proche du but. Oh que non, elle allait devoir réitérer l'exploit avec l'archéomage. Alors ainsi donc le simple fait de faire miroiter une découverte magique importante, des reliques insoupçonnées couronnées de mystère ne suffisaient plus? Elle avait beaucoup de mal à le croire. Mais elle ne partirait pas en retraite, elle ne fléchirait pas. Telle l'animal avec qui elle partageait le corps, le côté téméraire, butté et obstiné faisait partie de ses défauts. Quand elle avait une idée visée dans le creux de sa tête, elle n'en démordait pas. Lord Voldemort voulait du jeune homme à ses côtés, il en sera ainsi. Pourtant, l'Allemande était loin d'obéir au doigt et à l'œil, tels un chien qu'on siffle pour qu'il accours aux pieds, mais venant de lui, elle avait accepté une chaine et une liberté. Un laisser couler qui avait un prix, il passait par celui-là. Puis, mettre la demoiselle en porte à faux, était une très mauvaise idée.

Riley n'était pas habituée à être contrariée, pas du tout même. Jouant avec ce rôle de femelle dominante, d'alpha à défaut d'être un mâle, elle était de celle à faire des lois, mais à ne surtout pas les suivre. Alors voir cet homme la renvoyer en arrière, la laissant sans la moindre miette servant de faire valoir face à ses futurs interlocuteurs, étaient inconcevables. Un sentiment qui se sentit rapidement. La brune, tout comme la louve, n'était pas de ceux à faire semblant, à se parer de masque, à jouer la comédie pour faire plaisir. Si cela ne lui convenait pas, vous le saviez, vous le sentez. Son déplaisir était tangible dans ces traits, dans le ton de sa voix et par son inaction. Bras replié contre son corps, tête penchée, il était clair qu'elle allait se lancer dans un nouveau plaidoyer, servant à torpiller son excuse peu valable. Le premier point touché fut cette pauvre femme, collègue, dont elle ignorait tout, mais qu'elle imaginait comme une pauvre petite cruche, insignifiante, tremblante, terrassée d'un coup de griffe par la sauvageonne qui lui ferait face. Comment pouvait-elle savoir que la vieille dame aurait put avoir l'âge de sa mère et mériterait le respect? Aucunement, mais elle ne s'était pas posé la moindre question. Elle pouvait être tacticienne, observatrice, stratège, élaborer des plans sans failles pour piéger sa proie, mais pour le coup, elle avait avancé trop vite, se croyant en terrain conquis. Force était de constater qu'il avait été miné. Mais sa froide logique avait repris le dessus, alignant ses répliques, alors qu'il s'exprimât enfin ne souhaitant pas la vexer. Il fallait bien reconnaitre que le Russe n'avait rien d'une langue tendre. À l'oreille, c'était rugueux, râpeux, une langue de chat qui venait vous pourlécher. Très peu agréable, d'où sa bonne déduction sur son déplaisir. Animosité aurait été un terme beaucoup trop ardu et catégorique, parce que malgré son côté décidé, elle avait apprécié l'esprit de cet homme.

La capacité de résolution et d'adaptation dont il avait pu faire preuve et qu'il avait mélangé avec un calme serein. Un exploit ambitieux dont étaient souvent dépourvus les nouveaux briseurs de sort, ce qui les conduisait irrévocablement à une mort prématurée. Pour son plus grand plaisir, même si malsain, car il lui permettait de garder une place de choix dans cette hiérarchie de groupe. D'avoir un talent salutaire, qui lui était plus gérable qu'une bande de morveux en plein crise d'adolescence, noyé dans leurs fantasmes débordants. Quoi qu'il en soit, après avoir soigneusement discrédité l'aide possiblement apportée en Allemagne, pays natal, elle avait fait une nouvelle fois jouer la corde sensible. Cette pulsion pratiquement vivace, cette lueur d'intérêt qui brulait dans son regard, qui animait les être comme lui, comme eux. Véritablement une passion naissante pour un métier connaissant peu d'amateurs. Des mystères, des richesses et de la peur. Un ensemble parfait si on choisissait d'évoquer la famille Romanov. L'experte en créature magique ne comptaient pas les tonnes de livres qu'elle avait pu scruter, parlant de cette famille Russe, ou de la seconde guerre mondiale avec le Reich allemand. Un argument qui, de son point de vue, semblait lui faire gagner du terrain, mais c'était une impression seulement. Parce que rapidement, il en vient à son impossibilité de voyager, incluant cette fois ces supérieurs hiérarchiques. Son dos bien collé au dossier de la chaise, son regard s'était fait plus perçant, la louve bougerait volontiers comme cherchant à l'impressionner. Le félin, mettons cela, voulait continuer à s'imposer et surtout à ne pas écouter. Elle avait voulu jouer en douceur, par diplomatie, ou du moins autant qu'elle en était capable avec son côté tranché et direct, cela ne marchait pas. Alors elle allait user d'autre option qui allait certainement moins lui plaire. Bien qu'elle se demandait comment un voyageur intrépide, un aventurier de l'extrême, pouvait devenir un vulgaire casanier ne souhaitant plus s'extirper de ces mures froids et vide.

Un sourire mi-ironique, mi-moqueur était parvenu à ce visage pouvant se démontrer si charmant. Ses bras s'étaient posés contre les accoudoirs, les jambes toujours croisées, son attitude sauvage n'en était pas moins apaisée. Ce n'était même pas une attitude, juste une espèce d'aura, un ressenti qui parfois touchait les gens, tandis que d'autres en était dépourvus. Un peu comme l'instinct de survie. "Il fut un temps ou l'homme qui est assit devant moi aurait fait des pieds et des mains pour me suivre sur une enquête, se moquant bien de sa hiérarchie". Évidemment, quand elle parlait d'une quelconque assiduité à accéder à ces demandes, cela ne prenait pas en compte sa personne, au sens propre. Parce qu'elle avait beau avoir une sacrée dose d'ego, elle ne se prenait pas pour autant pour le centre du monde. Non ce qui tenait lieu de carotte devant l'âne, c'était la relique, l'élément magique caché derrière toute demande, intervenant par son biais. On ne pouvait pas non plus ignorer le ton ampli de doute et de rancœur avec lequel elle imprimait ce dernier mot. Plongé dans sa lancée, Riley enchaina. "Mais croyez-vous vraiment que je serais assise, ici, si Gringott's n'avait pas déjà tout réglé avec le ministère? Certes, la banque sorcière n'a pas de compte à rendre à ce cher ministre, mais s'il faut user de ces employées, un accord est toujours trouvé. La rémunération suffit généralement à pousser au compromis" Était-ce là, la vérité? Est-ce que le ministère avait donné son aval pour réaliser une mission d'investigation, en sa compagnie, en Autriche? C'était certainement la question qui passait dans la tête de son vis-à-vis et elle ne ferait absolument rien pour l'aider au diagnostic.

Était-ce un fait avérer? C'était probable. Parce que comme tout système en place, il restait avide, prompt à s'enrichir, à souhaiter porter la lumière ailleurs que sur ses défaites et ces problèmes. Mais après tout, cela ne pouvait être aussi qu'un coup de poker menteur de la lycanne. Un coup de maitre qui pouvait semer le doute dans son esprit et lui profiter. Loin d'en démordre, il arbora par la suite sa nouvelle in-habitude des déplacements et son envie de raccrocher la conquête. Là, s'en était vraiment trop pour la louve. Car si ces phrases précédentes avaient été dite sur un ton relativement maitrisé, implacable et sans sous-entendu distinct, celle qui suivit sorti de la norme. "Allons-bon, serait-ce trop déplacé que de vous demander ce qui vous retiens, en Angleterre? Ce qui a fait de cet intrépide voyageur, un homme casanier, enfermé en prison, entre ces quatre murs. Ne me dite pas que c'est de la peur. Où est donc passé votre gout du mystère et de la découverte? Je ne vous demande pas des mois de votre vie, Monsieur Sainclair, juste quelques jours". Des répliques un peu plus hargneuses. L'Allemande ne comprenait pas ce revirement, ce changement de comportement dont il faisait preuve. Elle avait espéré trouver le même homme avec qui elle avait collaboré par le passé, ce n'était plus vraiment le cas. Mais elle refusait toujours l'échec et sa décision était prise. À son plus grand malheur, il allait venir avec elle et c'était tout. "Puis sans vouloir vous offusquer, ce n'était que de la pure courtoisie, de ma part, de vous prévenir et de passer par ces charmantes discussions, mais un sac de voyage attend dehors et un portoloin est à notre disposition, jusqu'à ce soir. Accès direct à Vienne. " Là encore, toute la question était mensonge ou vérité? La brune était en tout cas bien décidée à corser ce jeu. Elle ne s'était pas attendue à des réticences de sa part, mais elle ne lui laisserait pas la main. Elle était le dominant, pas le dominé..

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Connor Sainclair
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Jeu 3 Nov - 21:37


Like a bird set free
Quand on ne peut revenir en arrière, on ne doit se
préoccuper que de la meilleure façon d'aller de l'avant.



Certaines personnes ne comprenaient pas le sens du mot « non ». Il n’y avait pourtant dans ce simple petit mot au nombre de lettres dérisoire nulle théorie d’une complexité déconcertante, pas même le moindre principe scientifico-philosophique d’une importance quelconque. Selon la légende, certaines femmes, adeptes de la minauderie, se plaisaient à sous-entendre le contraire de cette réponse minimaliste, pour mieux perdre leurs soupirants, tactique relativement séduisante ayant malheureusement conduit ces messieurs à se croire quoi qu’il arrive en présence d’une demoiselle percevant favorablement leurs avances parfois grossières. Un tel mythe se trouvait encore des adeptes, même à l’approche de l’an 2000, à notre plus grand désespoir… Mais enfin, soyons réalistes, Connor ne se situait absolument pas dans cette optique, pas besoin d’être un génie du comportementalisme pour écarter cette hypothèse sans un regret. De même, il aurait été difficilement défendable de juger Riley suffisamment bas du front pour accorder du crédit dans la situation présente à l’axiome susnommé. Bref, en conclusion : la jeune femme était butée, tout simplement butée, et là résidait tout le problème. En soi, Sainclair considérait l’opiniâtreté comme une qualité –après tout, dans la vie, rien ne se révélait gratuit ou aisé à obtenir, soyons francs. Seulement… L’aspect pénible de sa démarche résidait dans le fait qu’elle s’entêtait, sans voir que la partie se trouvait déjà perdue. À un moment ou à un autre, aussi courageux et plein d’abnégation étiez-vous, il s’avérait tout simplement inutile de persévérer plus avant dans une voie visiblement sans issue. Le sorcier était bien placé pour pouvoir lui assurer que tel était le cas : il se savait aussi inébranlable que la plus insolente des falaises, insensible aux assauts de la houle en contrebas. La magicienne avait tout d’une femme brillante, il n’en doutait pas : alors pourquoi ne parvenait-elle pas à voir qu’aucun espoir ne subsistait pour elle et son projet du côté de l’archéomage ? La fierté semblait prendre le pas sur sa logique, une bien triste réalité si ce constat se trouvait vérifié. Un tel potentiel, gâché par un égo surdimensionné… Un mal récurrent, comme si le talent ne parvenait à subsister seul, nécessitant de se recouvrir orgueil, ainsi que de la certitude que le reste du monde se devait de combler vos moindres caprices. À l’image d’une fleur en train de se faner, ou d’un été s’étiolant en un automne grisâtre, Connor observait avec le flegme vaguement déçu son opinion de la demoiselle chuter doucement mais sûrement. Travailler avec elle n’avait pas été une sinécure, certes, mais ils avaient tout de même formé une équipe plus que correcte, et l’impétuosité du caractère de la belle lui avait paru plutôt noble, avant cette regrettable mésaventure.

À moins qu’autre chose ne la poussât à ne pas abandonner un pouce de terrain ? Après tout, peut-être Riley s’était-elle empêtrée dans une situation aussi compliquée qu’inextricable, au sein de laquelle renoncer à compter l’historien dans son camp revenait à endurer bien plus qu’une blessure infligée à sa fierté. À l’image d’un chantage, de menaces, d’une rançon, de ce qui poussait généralement les personnages principaux de films policiers à ne pas appeler la police alors que la logique la plus élémentaire aurait hurlé de faire exactement le contraire... Qui savait, la vie était étrangement faite, parfois. Cependant, cette supposition, qui l’espace de quelques secondes avait été examinée par l’esprit de l’Ecossais tout en suivant le fil de leur conversation, se trouva bien vite reléguée au rang de supputation mineure : rien, dans les yeux bruns de son interlocutrice, ne laissait soupçonner un lourd fardeau à masquer coûte que coûte, bien que l’envie de se confier l’eût étreinte. À nouveau, un contre-argument s’imposait, celui d’un jeu d’actrice particulièrement bon, mais enfin, inutile de conjecturer d’une manière aussi osée, cela devenait de moins en moins plausible. Ce qui poussait Riley à perdre toute grâce en s’escrimant de la sorte risquait fort d’être autrement plus capital qu’une infatuation pour laquelle il aurait été de bon ton que l’univers réponde positivement : ça ne disait rien qui vaille à l’objet de ses tractations, pas franchement du moins, au fur et à mesure que les secondes s’égrenaient… Connor n’avait rien d’un paranoïaque, mais pour n’importe qui, au bout d’un certain point, les assauts portés à l’encontre de votre jugement finissaient immanquablement par paraître suspects, dans une relative mesure. La Mangemorte, habile négociatrice, s’en rendrait certainement rapidement, à moins que son désir de réussir n’obscurcisse de trop son jugement, en une seconde fatale d’emportement.

Heureusement pour l’archéomage, la sécurité avait été drastiquement augmentée autour de lui-même ainsi que l’ensemble de ses confrères depuis le vol de la Bague de Salomon ; auquel cas, peut-être qu’une partie de lui aurait été tentée, comme on s’autorise à prendre un dernier chocogrenouille pour la route, après avoir déjà englouti les trois quarts du paquet. La tentation tant espérée par Riley aurait été réelle, assurément, mais temporaire, l’espace d’une ou deux secondes, avant que s’accomplisse dans l’esprit de Sainclair le petit miracle qui avait mis tant de temps à se produire dans l’esprit de Siméon : rien ne pouvait être plus important que de passer du temps avec l’être vous étant le plus cher. Et nous ne parlions pas ici d’un simple week-end en amoureux que l’Ecossais aurait dû annuler pour le boulot ; il s’agissait de leur mariage, que diable ! Quel piètre fiancé aurait-il été, s’il avait seulement songé à décaler la cérémonie pour pouvoir partir, ou même, lors du choix de la date, à inclure un délai raisonnable permettant d’englober cet impromptu séjour à Vienne. Son métier ne passait tout simplement plus avant son promis ; ça n’avait jamais vraiment été le cas, même lorsque MacFly disparaissait des écrans radar, au service de Darren. À présent que l’homme de sa vie s’intéressait enfin à leur couple, il aurait été pure folie de ne pas encourager le métamorphomage sur cette voie salutaire, en lui accordant un maximum de temps. Fi de son indépendance, de son devoir de chercheur qui l’aurait enjoint à ne pas laisser une collaboratrice dans le besoin et face à un mystère irrésolu, du respect qu’il aurait dû nourrir envers son propre talent, mis au placard. S’il franchissait un jour à nouveau le pont Charles, ce serait main dans la main avec son cher et tendre, en retournant à leur hôtel après avoir dîné, ou en solitaire, mais au moins avec la bague au doigt.

Ses chefs, désormais procéduriers, ainsi que son fiancé, lui sauvaient au final la vie sans en avoir conscience, quoi que Siméon eût déjà par le passé, à maintes reprises et avec la plus admirable des bravoures discrètes, apporté un tel secours à son cher Connor.

-Il fut un temps où je n’avais tout bonnement pas de hiérarchie, rappela-t-il à la jeune femme, non sans un brin d’une certaine ironie. Toutes les meilleures choses ont une fin, vous m’en voyez aussi désolé que vous.

Celles-ci se mouraient comme le soleil au crépuscule… Ce qui ne signifiait pas forcément que ce qui leur survivait, ou ce qui les remplaceraient à l’avenir se révélerait décevant. Franchement, entre des soirées en tête-à-tête avec Siméon, en amoureux autour d’un dîner aux chandelles ou lovés dans le canapé, et une virée avec Riley, le choix était vite fait. Franchement, qui aurait renoncé aux délices de la vie de couple pour passer des journées entière à trimer sous les piques parfois assassines d’une demoiselle au caractère difficile, et avec pour seule « récompense » le fait de répondre à l’injonction d’une banque qui ne lui avait même pas demandé son avis avant de l’inclure à la liste des participants à la mission ? Quiconque aurait argué que Riley ne se montrait pas si insupportable que cela, et que de de maigres bons moments pouvaient être éventuellement espérés de ce voyage, n’avait clairement jamais partagé une nuit d’amour avec Lord MacFly –auquel cas, la question n’aurait aucunement été soulevée, car le choix ne se posait même pas. Que les dieux de l’archéomagie lui pardonnent, leur fidèle disciple avait fini par céder aux sirènes de la concupiscence, au détriment de l’abnégation, et du simple attrait pour le travail bien fait. Si le voir passer à autre chose vous attristait à ce point, dîtes-vous donc que Connor avait déjà donné, et largement, encore.

-Intéressant, d’ailleurs, que vous évoquiez le Ministère. Vous devez certainement avoir entendu parler des nouvelles procédures désormais en vigueur… Et de l’ordre de mission nominatif portant le paraphe du Ministre.

Le sous-entendu, sans se vouloir offensif, ne manquait pas d’un certain petit côté joueur, nuancé par l’attention que portait l’archéomage à la réponse que lui apporterait la belle brune. Cette dernière pouvait très bien avoir oublié de tirer de sa poche ce fameux sésame dont les termes, rédigés au cas par cas, n’autorisait que ce qui avait été couché noir sur blanc sur le papier –peu professionnel de sa part, certes, mais cela arrivait à tous, même aux meilleurs-… À moins que la lycanthrope n’ait pas le fameux document. Si ce dernier cas se révélait avéré, de sérieuses questions risquaient de se poser, compte-tenu de l’empressement dont elle avait fait preuve depuis son entrée dans le bureau, autant que par l’assurance qu’elle affichait d’avoir reçu le feu vert de Goldstein. En soi, il ne s’agissait pas d’une difficulté majeure : le sorcier n’aurait pas été en mesure de faire la différence entre un faux et un véritable sauf-conduit. Dégainer le fameux parchemin miracle ne serait pas non plus suspect, quoi qu’un brin étonnant venu d’une femme telle que Riley, si implacable à l’encontre de l’à peu près et des erreurs de débutant… La trouver les mains vides, à l’inverse, aurait été riche en informations. Ne rêvez pas : Connor n’avait rien d’un détective expert, ou encore d’un médium, il n’aurait été en capacité de lire dans le jeu de la Mangemorte sur la base de ce simple impair. Le brin de suspicion se muerait tout simplement en un autre brin, plus épais, plus tangible, voilà tout… L’union de petits ruisseaux formaient néanmoins de grandes rivières.

Conscient que ce léger tacle n’aiderait pas l’Allemande à retrouver le sourire –si semblable miracle se trouvait possible-, Sainclair décida de lâcher du lest, en preuve de bonne volonté, et ce pour apaiser des tensions entre eux qui semblaient ne demander qu’à s’envenimer, compte-tenu de son refus toujours assumé avec autant de tranquille fermeté.

-Pour tout vous avouer, ce sont pour des raisons personnelles que je ne souhaite pas quitter le pays. Je me mets en ménage, voyez-vous : je compte bien privilégier ma vie privée, et mettre mes fonctions entre parenthèses. Temporairement, ou définitivement.

La nonchalance de son ton paraissait terminer de filer son idée à sa place : « vous devriez essayer un de ces jours, ça vous fera du bien, et qui sait, ça pourrait bien vous plaire ». Traiter quasiment d’asociale son hôte n’étant nullement poli, si bien qu’évidemment, le magicien n’en dit mot, laissant la demoiselle libre de prendre la mouche ou non. Il ne s’était cependant pas dévoilé tant que cela, en y réfléchissant un instant : cela signifiait qu’il avait quelqu’un dans sa vie, certes, mais sans précisions autres que ce vague état de fait. Avait-il une petite amie, une fiancée ? Etait-ce du solide, ou une simple amourette destinée à se consumer en quelques semaines, faisant ainsi de son refus de partir à Vienne un bête caprice de joli cœur ? Tromper les Moldus à longueur de temps tout en ayant été en partie élevés par une des meilleures familles d’espions de Grande Bretagne vous laissait des réflexes tenaces, comme celui de demeurer flou sur ce qui vous concernait personnellement, via des réponses qui n’en étaient pas vraiment. Ne se dévoiler que partiellement ne relevait pas du crime, n’est-ce pas, à l’inverse d’un silence complet ou d’une dérobade ; chercher à creuser plus avant dans ses secrets en devenait par ailleurs une pure marque de curiosité déplacée, une limite que, pour préserver les apparences, certains interlocuteurs se refusaient à franchir.

De même, seul l’éclat brièvement amusé dans le regard du magicien suggéra que l’impératif de Vongkham aurait pu lui tirer une certaine hilarité, s’il avait été moins bien élevé, et surtout s’il avait porté moins de soin à masquer son jeu. Sérieusement, Gringotts donnait dans le kidnapping, maintenant ? Oh, bien sûr, de la part d’une servante de Voldemort, un sort d’Impérium ne représentait nullement une extrémité à laquelle il était impossible de se résoudre, au contraire, une once de crainte n’aurait donc pas été de trop. Seulement voilà, la louve demeurait encore une briseuse de sorts à la solde de Gringotts pour l’archéomage, certes au tempérament difficilement supportable épisodiquement, et apparemment capable de manœuvrer à un certain degré dans les sphères politiques, ce qui n’en faisait pas une Mangemorte –pas encore, du moins. Connor se sentait encore pleinement en sécurité, peut-être à tort.

-Fort bien, nous pourrons donc nous retrouver au Portoloin dans la soirée. Je vous sais gré d’avoir pris l’initiative de boucler à ma place ma valise, il ne devrait pas y manquer grand-chose.

Serait-ce une pointe d’ironie critique, relative à l’ingérence criante de la sorcière ? Riley n’avait rien d’une femme maternelle, s’occuper de préparer son sac pour lui tenait plus du fusil pointé dans le dos –gentil, mais tout de même chargé- que de l’attention bienveillante. La curiosité de Sainclair lui donnait presque envie de découvrir ce qu’elle avait bien pu choisir d’emporter sans le consulter, manière ma foi distrayante de se rendre compte de la manière dont elle le voyait, et plus précisément ce qu’elle estimait pouvoir lui être nécessaire à l’étranger. Malgré l’aspect ludique de la chose, la manœuvre employée par le mage restait relativement subtile, et à dessein, car comme nous le disions, Connor ne se sentait aucunement pris au piège. Oui, que la lycanthrope l’attende donc… Il y avait de bonnes chances, que dis-je, toutes les chances du monde que l’archéomage n’honore pas le rendez-vous, lui posant ainsi un sublime lapin, ironiquement couronné d’un hibou qui viendrait lui porter un mot d’excuse aussi générique que motivé par un prétexte factice. Elle désirait réellement jouer à ce petit jeu ? L’Ecossais n’y trouvait rien à redire, puisque visiblement, un « non » parfaitement clair ne parvenait à se faire comprendre. Employer pareilles bassesses ne lui faisait ni chaud ni froid, à la vérité, si cela était l’unique moyen d’avoir la paix. Evidemment, que cette dernière phrase jurait avec la position précédemment défendue par l’ensorceleur. La demoiselle avancerait-elle ses pions de manière à l’accuser d’hypocrisie, au risque de le « vexer » ?






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Sia - Like a bird set free
Citation : Paulo Coelho
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