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Jusqu'à ce que la mort nous sépare

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Jeu 25 Fév - 14:39

Jusqu'à ce que la mort nous sépare
« Aime-moi ou déteste-moi, les deux sont en ma faveur. Si tu m'aime, je serai toujours dans ton coeur. Si tu me déteste, je serai toujours dans ta tête. » ••• Pas l’ombre d’un sourire sur le visage. Celui-ci l’avait abandonné depuis son retour, après avoir subi on-ne-sait-quoi de la part des Mangemorts. C’était difficile de ne pas savoir ce qu’ils lui avaient fait. C’était d’autant plus dur qu’il en venait à se demander, s’ils ne l’avaient pas fait parler d’une manière ou d’une autre. Avait-il trahi ses amis ? Même s’il a toujours dit qu’il préférait mourir plutôt qu’avoir à les trahir, parfois il se demandait pourquoi il était encore en vie. Et puis, au bureau tout était si bizarre. C’était un peu comme si personne ne lui faisait confiance. Les missions étaient distribuées lorsqu’il n’était pas présent, malgré que James s’en offusque sans le cacher. Pourtant la vie continuait et il devait faire comme si tout allait bien. Se forcer à sourire, faire parfois preuve d’humour même si cela sonnait faux et ne pas avoir l’air trop absent. Il aurait pu être un bon acteur.

L’ambiance trop désastreuse l’avait poussé à s’échapper du Ministère de la Magie en même temps que Remus, qui terminait un peu plus tôt. Le loup-garou du duo avait choisi de le trainer avec lui sur le Chemin de Traverse et dans divers endroits que Sirius ne connaissait même pas. Durant quelques heures, le sourire était peu à peu revenu sur ses lèvres, n’ayant cette fois rien de forcé. Il avait eu du mal à laisser tous ses soucis derrière lui, mais il y était parvenu grâce à son ami. Même s’il faut avouer que Remus ne vivait pas non plus de bons moments, les deux hommes s’étaient soutenus l’un et l’autre.

Ils avaient bu un verre ou deux au Chaudron Baveur, ressassant inlassablement de vieux souvenirs de l’époque où ils étaient encore à Poudlard. C’était loin maintenant, un peu comme s’il s’agissait d’une autre vie dans un monde qui était encore bien meilleur. Leur repas avait été pris sur le même lieu, passant ensuite l’après-midi à faire quelques petits achats sans grande importance. Sirius avait insisté pour faire un détour au coeur de Londres, passant par chez un fleuriste afin d’acheter un bouquet de roses pour sa femme. Il se savait d’une humeur exécrable en ce moment, tout comme il savait qu’il n’était pas vraiment d’une bonne compagnie. Et dans leurs nombreuses disputes, notamment celles durant les dernières fêtes, le Maraudeur avait aussi sa part de responsabilité. Il en était bien conscient et il voulait s’excuser pour tout cela.

De retour à Godric’s Hollow, il avait aidé Remus à ranger tous ses achats, avant de prendre congés pour rentrer chez lui. N’habitant qu’à quelques rues de chez son ami, c’est naturellement en marchant qu’il allait regagner sa maison. Dans une main le bouquet de fleurs, la seconde dans la poche de son blouson, il remontait la rue principale du village en se perdant dans ses pensées, sans vraiment faire attention aux personnes qu’il croisait. Ce n’était pas nouveau, dans le coin, les gens devaient le prendre pour un espèce de dingue échappé de l’asile et ce n’était pas les nombreuses disputes avec sa femme qui allaient faire penser le contraire à leurs voisins.

Poussant le petit portail, il s’engouffra dans l’allée menant à l’entrée de chez lui, attrapant par la même occasion la clé se trouvant au fond de sa poche. La porte déjà déverrouillée, lui fit penser que sa femme l’avait devancé. Un sourire plaqué sur le visage, il se dépêcha de se mettre au chaud.

« Chérie, je suis rentré. »

Il prit soin d’ôter son blouson pour l’accrocher dans le placard et n’entendant aucune réponse, il s’avança un peu plus, traversant même le salon à la recherche d’une âme qui vive.

« Kate ? Tu es là ? »

Peut-être était-elle endormie dans la chambre ou bien dans la salle de bain. Ne voulant pas la déranger, le Maraudeur déposa soigneusement les roses sur la table basse et s’installa dans son fauteuil, attrapant le courrier qui se trouvait devant devant lui. En découvrant les nombreuses factures, il était bien content d’avoir une femme aussi consciencieuse que la sienne. Sans quoi, s’il fallait compter sur lui pour être à jour dans les paiements, voilà longtemps qu’il n’y aurait plus l’eau courante, ni même d’électricité dans cette maison. Il en venait par se demander comment Remus faisait pour s’en sortir seul. C’est vrai qu’il a toujours été le plus sérieux des quatre amis d’enfance, mais tout de même.

Tout en continuant d’éplucher le courrier des derniers jours, sans vraiment y apporter un grand intérêt, il s’était rendu à la cuisine, pour attraper une bière dans le réfrigérateur. Le temps de décapsuler sa bouteille, il posa le tas de feuilles sur la table, quand son regard s'arrêta net sur un petit dessin au-dessus duquel il y avait l’inscription « avocat ». Il avala une gorgée, en fronçant les sourcils. Pourquoi auraient-ils besoin d’un avocat ? Du bout des doigts, il éparpilla au plus vite les autres lettres, ne gardant que celle qui l’intéressait sous les yeux. C’est sûrement au même moment que son regard capta le mot « divorce » et que son coeur loupa un battement. Sa gorgée, il l’avala de travers et il déposa sa bouteille plus brutalement qu’il ne l’aurait vraiment voulu à ses côtés, aspergeant de quelques gouttelettes le restant du courrier. Les yeux ne décollants pas de la feuille, il relisait chaque mot depuis le tout début, afin de comprendre de quoi il en retournait. L’une de ses mains glissait sur son visage, comme si ce simple geste pourrait l’empêcher de céder à la panique. Il délaissa le paquet de factures dans la cuisine, ne prenant que sa bière et la lettre de l’avocat pour retourner s’assoir dans son fauteuil, complètement dépité par ce qu'il venait de lire.

Les pieds sur la table basse, sa femme allait sûrement l’engueuler de ne pas avoir retiré ses chaussures, mais c’était le cadet de ses soucis. Il ne s’était pas imaginé un seul instant que leur couple était à ce point en danger. Ressentant un mélange de tristesse et de colère, cette fois, il avait bien reperdu toute envie de sourire, n’attendant que le retour de Kate pour qu’elle éclaire sa lanterne sur ce divorce qu’elle semble vouloir demander.

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Kate E. Black
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Ven 26 Fév - 22:51
Jusqu'à ce que la mort nous sépare
« Il n'y a pas de milieu entre l'amour et la haine d'une femme. »


Kate avait prévu de rentrer plus tôt du travail aujourd’hui. Il y avait un petit tas de factures qui attendaient d’être traitées depuis un moment, et il fallait vraiment qu’elle s’en occupe. Elle en profiterait pour passer à Gringotts, aussi, histoire de déposer des gallions sur les comptes de Sarah et Alexander, comme elle faisait tous les mois. Certes, ils étaient grands maintenant, chacun ayant son appartement, mais elle était leur mère et il était normal de les aider un peu financièrement. C’était une habitude qu’ils avaient instauré avec Sirius depuis qu’ils étaient petits, et comme ils gagnaient tous deux un bon salaire en travaillant au Ministère, rien ne les empêchait de donner un petit coup de pouce aux enfants.

C’était toujours elle qui s’occupait de tout ça, de la paperasse administrative, des factures, des placements d’argent, des papiers d’identité de chacun, jusqu’à leurs rappels de vaccins. Ça aussi c’était une habitude instaurée depuis longtemps. Depuis toujours en fait, quand elle y pensait. Déjà enfant, elle était du genre à prendre les choses en main. Et puis ça s’était accentué avec l’âge, comme Sirius n’était pas vraiment du genre à s’occuper de tout ça. Si elle était du genre carrée, à tout organiser et planifier, il était tout son contraire. C’est d’ailleurs probablement ces différences qui avaient dû les attirer au départ.

Elle transplana devant la maison après être passée chez Gringotts comme elle l’avait prévu. La maison était vide, bien sûr. Sirius travaillait et si Alexander était du genre à débarquer sans prévenir, comme sa sœur d’ailleurs, ce n’était visiblement pas le cas actuellement. Kate posa les clés sur le meuble de l’entrée, se débarrassa de son trench coat, fit claquer ses talons jusqu’à ce qu’elle soit arrivée dans la suite parentale à l’étage, puis les enleva pour les ranger avec les autres paires de chaussures du dressing. Toutes parfaitement alignées, bien sûr. Une fois, elle avait été prise de l’envie de ranger tous ses vêtements par catégorie, taille et couleur, mais elle s’était dit que ce serait peut-être un peu trop abusé. Alors elle s’était contentée de les ranger par catégories.

Avant de s’occuper des factures, elle prit le temps de prendre une douche, l’eau chaude ayant toujours le don de la détendre du stress de la journée. Elle sécha ses longs cheveux blonds, enfila un legging noir et un pull couleur crème, puis sortit de la chambre pieds nus pour redescendre.

Elle n’avait pas entendu Sirius rentrer, elle s’étonna de le voir assis dans son fauteuil préféré du salon.

- Déjà rentré ?

Elle ne s’attarda pas dans la pièce, préférant passer dans le côté cuisine pour elle aussi se prendre à boire. Si Sirius était plus bière, elle était davantage vin français. Elle avait bien aperçu l’air sombre de son mari mais elle pensait que ça avait un rapport avec son boulot d’auror. En ce moment, on lui demandait de rester au bureau plutôt que d’aller sur le terrain et Kate avait entendu dire que c’était à la fois pour le préserver mais aussi le temps de s’assurer qu’il n’avait rien révélé aux mangemorts. Ce qui était bien mal le connaître…

Elle sortit une bouteille de blanc, parce qu’il était trop tôt pour un rouge, et se servit un verre. Elle récupéra le tas de courrier que Sirius avait visiblement déplacé jusqu’à ici, puis revint dans le salon avec son verre et les enveloppes.

- Tes chaussures, se contenta-t-elle de faire remarquer en guise de remontrance, l’air agacé comme à chaque fois qu’il faisait le coup.

Elle n’avait même pas pris la peine de totalement relever les yeux, lisant distraitement l’adresse du destinataire de la première lettre. Elle les posa sur la table de la salle à manger, prête à s’installer pour travailler, mais quelque chose l’arrêta. Elle avait enfin levé les yeux sur Sirius et quelque chose n’allait pas, clairement. Alors même si elle était énervée les trois quart du temps contre lui, elle demanda quand même, sourcils un peu froncés :

- Qu’est-ce que tu as ?

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Dim 28 Fév - 12:37

Jusqu'à ce que la mort nous sépare
« Aime-moi ou déteste-moi, les deux sont en ma faveur. Si tu m'aime, je serai toujours dans ton coeur. Si tu me déteste, je serai toujours dans ta tête. » ••• Sirius avait encore du mal à comprendre où il avait merdé dans son couple. De son point de vue, il était resté le même qu’à l’époque de leur rapprochement. Peut-être était-ce là le soucis ? Il n’avait pas changé, alors que Kate avait muri. Lui, il était tout bonnement resté le Maraudeur aimant tout prendre à la rigolade malgré le sérieux que son métier lui demande. Il était souvent laxiste sur les punitions de ses enfants, affirmant qu’il faut que jeunesse se passe. Sauf que pour lui, son attitude de jeune con ne l’avait pas quitté malgré l’approche de la quarantaine. Peut-être que le problème se situait là.

Mais même en fouillant bien, Sirius ne parvenait pas à trouver, dans sa mémoire, le moment où sa femme a commencé à se désintéresser de lui, ou plutôt à se lasser de son comportement. Et pire encore… L’aime-t-elle toujours ? S’il le pensait, durant ces derniers temps tout du moins, c’était à présent difficile à imaginer. Ce courrier prouvait que les sentiments n’y étaient plus et c’est sans doute ce qui lui faisait le plus mal. L’impression de perdre tout à quoi il s’accrochait pour ne pas sombrer : sa femme.

Il n’avait pas été en mesure de détecter les choses avant d’avoir la lettre sous les yeux. Certes, il serait faux de dire que leurs nuits étaient aussi torrides qu’au début de leur mariage, même si ce n’était pas Sirius qui était contre tenter de remettre du piment dans leur couple. Mais parfois les disputes prenaient une telle ampleur, qu’il n’y avait pas de réconciliation possible sur l’oreiller. Il ne compte même plus les fois où Kate lui a balancé une couverture, pour lui faire comprendre, qu’il n’avait pas intérêt à se ramener dans la chambre. Mais quel homme n’a jamais fait les frais des nuits solitaires sur le canapé, expulsé comme un moins que rien de sa chambre à coucher ? Ils y passent tous. Ses amis l’avaient rassuré à ce sujet. James s’était retrouvé à dormir dans la chambre de son fils après une grosse dispute et Peter n’avait pas eu meilleur traitement. Même Remus, lui avait certifié avoir été obligé de trouver asile ailleurs, lors de périodes tumultueuses avec sa défunte épouse. C’est pour cela que Sirius ne s’inquiétait pas d’avoir à affronter les colères de sa femme. Pourtant, il aurait mieux fait de chercher à en savoir plus, avant de tomber sur une telle nouvelle dévastatrice.

Dans son fauteuil, il sirotait sa bière qui lui laissait un arrière gout bien amer dans la bouche et ce n’était pas le malt qu’il ressentait, mais l’odeur de la trahison. Par Merlin, qu’avait-il fait pour mériter un tel châtiment ? Enfin, comme il s’en était douté, celle qu’il prenait pour sa traitresse de femme était bien dans la maison. Tentant de garder un semblant de calme, même s’il faut le dire, il tirait la gueule comme jamais, il ne répondit pas à sa question. A quoi bon ? Il était plutôt visible dans le fauteuil, inutile donc qu’il lui réponde qu’il était déjà rentré. Ce serait d’autant plus ridicule, surtout qu’il n’a pas envie de rire. Disons que cette petite feuille entre ses doigts, lui calme tout envie de plaisanter. Et ce n’est pas la remontrance sur ses chaussures qui allaient le faire sortir de son sombre mutisme, ni même bouger d’un millimètre. Dans sa tête, il se disait toujours que si elle n’était pas contente, elle n’avait qu’à venir lui virer ses jambes de là…. Seulement dans sa tête, parce que s’il lui venait l’envie de lui dire une telle chose de vive voix, elle allait être capable de lui retourner une baffe. Il comprend bien pourquoi son fils tremble à l’idée de mettre Kate en colère, lui-même en a déjà fait les frais. Quoique… sûrement pas autant que Alexander.

Mais enfin, la femme de la maison semblait réellement s’intéresser à la situation, en se rendant compte que quelque chose clochait plus qu’à la normale. Cette fois, après avoir enlevé ses jambes de sur la table et but une gorgée de sa bière, il délaissa sa bouteille là où ses chaussures se trouvaient quelques instants avant. Puis se redressa en soupirant, alors que son regard se posait une nouvelle fois sur la lettre qu’il tenait du bout des doigts.

« Je ne sais pas Kate. A toi de me le dire. »

Sirius s’avança d’une démarche nonchalante dans sa direction. Arrivé près de la table, il déposa le courrier de l’avocat sur les factures que Kate était en train de traiter. Mais surtout, il ne la quitta pas du regard, attendant une quelconque réaction de sa part. Sauf que notre Blacki devait trouver qu’une demi-seconde était bien trop long, puisqu’il reprit instinctivement la parole sans même laisser le temps à sa femme, d’ouvrir la bouche :

« Tu comptais me le dire quand ? Et tu as prit ta décision avant ou après mon enlèvement ? »

Il pouvait lui poser toutes les questions qu’il voulait, il n’aurait pas beaucoup de réponses, puisqu’il avait beaucoup de mal à lui laisser l’occasion d’en placer une. Se penchant, il s’appuya sur ses avants-bras qu’il venait de déposer sur la table et lâcha sa femme du regard, pour poser les yeux sur le papier.

« A en juger par la date que ton avocat stipule, c’était avant… Jusqu’à ce que la mort nous sépare… Mon retour n’a pas dû te ravir donc. Tu aurais peut-être préféré que je ne sois pas retrouvé vivant ? »

Ce crétin de Maraudeur se faisait bien plus de mal à lui-même en disant ce genre de choses. C’est qu’il avait l’impression que son coeur venait de se transformer en une bombe à retardement. Si bien qu’un seul mot de Kate allant dans le sens de la rupture, serait capable de le faire exploser d’un coup.

« Quand as-tu cessé de m’aimer ? Avant le départ des enfants ? Après ? Tu as rencontré quelqu’un d’autre ? »

Il semblait très calme en apparence, mais à l’intérieur c’était un vrai volcan prêt à entrer en irruption. Si bien que si elle lui apprenait qu’il y avait bien quelqu’un osant déposer ses pattes sur elle, le malheureux apprendrait à voler sans balai depuis le sommet de l’Elizabeth Tower. Au moins, il lui offrira l’occasion de voir le Big Ben de très près…
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Kate E. Black
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Dim 28 Fév - 23:56
Jusqu'à ce que la mort nous sépare
« Il n'y a pas de milieu entre l'amour et la haine d'une femme. »


- Je ne sais pas Kate. A toi de me le dire.

Il se leva et Kate le suivit du regard, à la fois agacée et perplexe. Elle était censée comprendre quoi par-là ? C’était une référence à sa perte de mémoire ? Non, il ne l’aurait pas formulé de cette façon. Alors c’était son boulot, peut-être ? Dans tous les cas, la blonde ne risquait pas de deviner toute seule, du moins le ferait-elle si elle en avait envie, mais il faut dire qu’elle n’avait pas trop de patience en ce moment. Alors elle s’apprêta à lui répondre qu’elle n’avait pas le temps de jouer, elle, mais elle suivit du regard l’enveloppe que Sirius lâcha sur le tas de factures et son cœur loupa un battement lorsqu’elle la reconnu.

Merde. Cette putain de lettre.

Pendant une seconde, son assurance naturelle vola en éclats. Une vague de panique la submergea et elle posa la main sur le dossier de la chaise devant elle, gardant son regard rivé sur cette lettre qu’elle avait reçu de l’avocat qu’elle avait cru vouloir engager. Cette lettre qu’elle avait complètement oublié de jeter, alors que c’est pourtant ce qu’elle aurait dû faire en priorité. Quelle idiote ! Ce n’était pourtant pas son genre de faire preuve de négligence.

Elle entendit les mots de Sirius, mais sans vraiment les écouter. Elle gardait son regard obstinément fixé sur la lettre, comme si ça allait suffire pour arrêter le temps et arranger ça. Qu’allait-elle pouvoir dire ? Comment allait-elle lui expliquer ça ? Ils étaient constamment sous tension, tous les deux, depuis des mois maintenant, et cette lettre risquait d’être une nouvelle étincelle particulièrement inflammable dans l’histoire de leur couple. Pourtant, ce n’était pas ce qu’elle avait voulu. Du moins, plus maintenant. Peut-être qu’elle avait été vraiment déterminée, oui, le jour où elle avait été voir cet avocat. Peut-être. Mais elle ne l’était plus aujourd’hui, bien que la situation reste incroyablement compliquée malgré tout.

Sirius reprit la parole, les avant-bras appuyés sur la table, et Kate refit surface. Plus particulièrement, ce fut le fait qu’il puisse penser qu’elle aurait préféré qu’il ne soit pas retrouvé vivant, qui eut le don d’agir comme un électrochoc. Ҫa la fit réagir spontanément, avec violence.

- Tu es con ou quoi ?

Ses mots avaient claqué avec indignation, et sa main avait failli suivre. Mais elle se retint, comme souvent, parce qu’elle savait pertinemment que ce n’était pas ça qui allait faire broncher Sirius vu sa carrure et aussi parce qu’elle n’avait pas envie de passer pour une femme qui battait son mari. Elle était sûre que des mauvaises langues racontaient déjà ça au Ministère…

Elle garda plutôt la main serrée sur le dossier de la chaise, au point d’en avoir les phalanges blanches, comme si ça pouvait l’aider à trouver la force et surtout les idées pour affronter cette conversation. Comment pouvait-il seulement croire qu’elle ait pu souhaiter sa mort un jour ? Comment croyait-il qu’elle avait réagi en apprenant sa disparition, hein ? Il pensait peut-être qu’elle s’en était réjouie, qu’elle avait profité du fait d’être seule à la maison ? Remus ne lui avait-il pas dit qu’elle avait passé quasiment tout son temps chez lui, au Ministère, chez les Potter, chez Peter, chez Alexander et chez Sarah, toujours pour tenter d’avoir désespérément des nouvelles ? Qu’elle n’avait pas dormi une nuit complète pendant cette période ? Mais qu’est-ce qu’il croyait ?

Lorsqu’il demanda si elle avait rencontré quelqu’un d’autre, elle ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel. Comme si elle était simplement agacée d’un de ses éternels enfantillages. Alors qu’objectivement, ce n’était clairement pas un enfantillage de sa part, cette histoire.

- Oh, je t’en prie. Ça n’a rien à voir.

Elle lâcha le dossier de la chaise pour pouvoir tourner le dos et s’éloigner de quelques pas, croisant les bras. Elle avait conscience de se dérober à la moitié de ses questions mais elle était comme ça, toujours à vouloir mener la danse elle-même.

- C’est juste…

Elle s’interrompit, cherchant ses mots.

- J’ai été voir cet avocat, juste une fois. Je pensais être décidée. C’était avant que tu ne sois enlevé. Je n’y suis jamais retournée. Et je n’ai pas envie de le faire.

C’est vrai, elle n’avait plus envie de remettre les pieds dans ce cabinet d’avocat. Pourtant, au fond d’elle, sa conscience, son insupportable conscience, se demandait s’il ne serait pas mieux pour eux deux qu’elle le fasse quand même. Forcément, puisque rien ne semblait aller entre eux sans qu’ils n’arrivent à savoir quoi exactement. Mais est-ce que ça allait jusqu’à ne plus s’aimer ? Non. Non, forcément. Sinon, elle n’aurait pas aussi mal vécu son enlèvement, non ? Mais elle savait que l’amour, comme la haine, était bien plus complexe qu’un simple oui ou qu’un simple non…

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Mer 2 Mar - 12:02

Jusqu'à ce que la mort nous sépare
« Aime-moi ou déteste-moi, les deux sont en ma faveur. Si tu m'aime, je serai toujours dans ton coeur. Si tu me déteste, je serai toujours dans ta tête. » ••• S’il s’était douté que sa réaction ferait mouche, il n’avait pas imaginé que sa femme serait à ce point bouleversée devant cette lettre. Mais bien trop en colère pour chercher le pourquoi du comment, il préférait ne pas tenter de lui trouver des excuses. De toute façon, à l’inverse, quand c’est elle qui l’engueule, elle ne lui cherche pas de circonstances atténuantes à ses bêtises. Il n’y a donc pas de raison, qu’il se montre un tantinet compréhensif à son égard. Alors évidemment, devant le peu de réactions de Kate, Sirius enchaina, ne s’attendant certainement pas à ce qu’elle finisse par le traiter de con. Ce qui eut pour résultat de le faire décoller les yeux du papier, pour les poser sur elle, tout en haussant les sourcils. Elle vient de l’insulter de con, alors que c’est elle qui demande le divorce dés qu’il a le dos tourné ? Là, il n’en revenait pas du tout et n’attendait qu’à ce qu’elle lui donne une explication ou lui présente des excuses.

Mais ça n’arriva pas de suite et au lieu de répondre à sa question insultante, Sirius enchaina en lui demandant si elle avait rencontré quelqu’un d’autre. C’était bien la chose la plus logique, même si destructrice, qui expliquerait qu’elle veuille divorcer. Non pas qu’il se croit tellement bien qu’il ne puisse y avoir d’autres raisons, mais sur l’instant, c’était bien la plus douloureuse des possibilités qui lui venait en premier à l’idée.

« C’est juste quoi Kate ? »

Elle se mit enfin à lui avouer qu’elle y avait pensé mais que c’était une vieille histoire. Sauf que cette histoire, bien qu’ancienne, ne risquait pas d’être un lointain souvenir pour Sirius, tombant fraichement sur le cul de la nouvelle. Déjà, il n’avait rien vu venir et le fait de savoir que sa femme voulait le quitter, c’était encore plus blessant que d’avoir perdu la mémoire. Il avait même eu du mal à avaler sa salive en l’écoutant. Pourtant, la lettre parlait d’elle-même, mais l’entendre de la bouche de la principale intéressée, c’était encore pire que ce qu’il s’était imaginé juste avant.

« Alors quoi ? Je dois me réjouir que tu n’y aies pensé qu’une seule fois ? Je ne dois surtout pas craindre que tu y retourne ? Tu veux quoi exactement ? Et arrête de me tourner le dos quand je t'engueule. »

Il venait de briser la distance qui les séparait, attrapant sa femme par le bras, pour la forcer à le regarder. Bien sûr, il n’y mettait pas toute sa force, ne voulant pas lui faire mal. On pourrait reprocher bien des choses à Sirius Black, mais sûrement pas d’avoir été violent avec son épouse, ni même avec ses enfants. Il a toujours tout encaissé sans broncher, sauf que là, ça devenait difficile de ne rien dire face à la réalité.

« Malgré toutes nos disputes et nos longs silences destructeurs, moi je n’ai jamais envisagé un seul instant de te quitter. Je t’aime et je ne peux pas envisager de vivre sans toi… Je pensais que c’était réciproque. »

Ses doigts se détachaient lentement du poignet de son épouse et ce fut à lui de faire quelques pas pour s’éloigner à présent. Elle n’avait même pas besoin de répondre à ses précédentes questions, puisque ça ne changeait rien au fait qu’elle ait un jour désiré le quitter. Pour lui, il y a un monde entre le dire sous le coup de la colère et finir dans le bureau d’un avocat. Sauf qu’il y avait une interrogation qui n’avait de cesse de tourner dans son esprit. Il se retourna une fois à côté du fauteuil, l’observant un court instant avant de reprendre la parole :

« Tu ne m’as pas répondu. Quand as-tu cessé de m’aimer ? On n’envisage pas de quitter quelqu’un qu’on aime. Ca j’y crois pas. Et tu sais ce qui me blesse le plus ? C’est que malgré ton caractère parfois terrible, j’ai toujours tout fait pour que ça se passe le mieux. J’ai toujours tout mis en oeuvre pour que tu sois heureuse. »

Généralement, c’est le moment où elle se met à démolir tous ses dires et Sirius ne voulait pas lui en laisser l’occasion. Cette fois, il voulait qu’elle entende ce qu’il avait à dire et non qu’elle fasse la sourde-oreille, comme si son avis ne comptait pas. Alors il s’empressa de reprendre la parole une nouvelle fois, avant qu’elle n’ait le temps d’intervenir :

« Je ne suis pas infaillible et je m’en excuse, mais j’ai essayé, toujours en remettant ce que moi je voulais au second plan, juste pour te faire plaisir. Tu voulais deux enfants, je t’ai donné deux gamins…malgré que tu n’aies jamais prise en considération le fait que moi, j’en voulais un troisième. Tu voulais te sentir utile et reprendre une activité professionnelle… Là où beaucoup d’hommes auraient tout fait pour t’en dissuader par peur d’avoir parfois à gérer les gamins seuls, moi je t’ai toujours soutenu, te remplaçant comme je le pouvais. C’est vrai que des fois, les enfants ont mangé de la bouffe carbonisée ou je les emmenais dans un fast-food sans que tu ne le sache, mais c’était pour éviter que tu n’abandonne tes rêves. Et, une simple maison ne te convenait pas, je me suis saigné pour qu’on ait ce manoir, enchainant des réparations sur des voitures Moldus, après mon boulot d’Auror, pour avoir les moyens de te faire plaisir. Alors que tu t’imaginais sûrement que je tenais nos ressources de la fortune des Black ? Ma mère m’a coupé les vivres et rayé de son testament lorsque j’avais seize. Des Black, je n’en ai que le nom, rien de plus. »

Il s’adossa au derrière du dossier du fauteuil, croisant les bras sur son torse. L’espace d’un instant, il avait fixé le sol à ses pieds, avant de finir par soupirer.

« Je sais que je ne suis pas toujours sérieux, mais c’est pour ne pas ramener les problèmes du boulot à la maison. Je sais que parfois je t’embête, mais tu m’as toujours connu comme ça. Je pige pas à quel moment, j’ai foiré et je t’ai donné envie de partir. »

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Kate E. Black
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Dim 13 Mar - 15:16
Jusqu'à ce que la mort nous sépare
« Il n'y a pas de milieu entre l'amour et la haine d'une femme. »


Lorsque Sirius lui attrapa le bras pour la forcer à se retourner, Kate fut tentée de se dégager et de rétorquer qu’elle lui tournait le dos si elle voulait. Parce qu’elle était toujours du genre à répondre ce genre de choses, pendant une dispute. Je fais ce que je veux, de toute façon c’est moi qui ai raison… Mais Sirius, à force, la connaissait bien. C’est pourquoi sûrement il ne lui laissa pas le temps d’en caser une. Plus d’une fois, Kate ouvrit la bouche, prête à répliquer, ses arguments prenant forme instantanément dans son esprit à chaque parole de son mari. Mais à chaque fois il reprenait la parole, et elle était obligée d’attendre son tour. C’est probablement pourquoi elle se retrouva énervée au moment de répondre, alors que lui se retrouvait près du fauteuil du salon et qu’elle restait près de la table.

- Oh donc forcément tu ne piges pas, puisqu’à t’entendre tu as tout fait, tout donné, pour répondre à mes caprices c’est ça ? Je ne savais pas que tu avais l’impression de t’être tant sacrifié pour notre couple, on en apprend tous les jours.

Elle était sarcastique, ça se sentait parfaitement, surtout sur sa dernière phrase. Même si dans le fond, elle savait qu’elle faisait un peu preuve de mauvaise foi. Certes, elle prenait mal ce que Sirius venait de lui dire, parce qu’elle était de nature susceptible et qu’elle avait tendance à faire une montagne d’un rien pendant une dispute, mais dans le fond il avait raison. Elle savait qu’il avait voulu un troisième enfant mais c’était elle qui avait refusé, et quand elle avait voulu reprendre le travail pour faire carrière au Ministère, il est vrai qu’il n’avait omis aucune objection. De même, il n’avait jamais rechigné à lui acheter quelque chose, ou à faire en sorte qu’ils obtiennent ce manoir qu’elle avait repéré. Elle ne pouvait pas lui reprocher ça. Mais elle refusait d’avoir tous les torts, même si la lettre de l’avocat était adressée à son nom. Alors elle tendit un doigt accusateur vers lui.

- Ce manoir, tu le voulais aussi je te signale, ne me dis pas que tu n’en voulais pas du tout. Et il faudrait peut-être que je te remercie de m’avoir laissée travailler et de ne pas m’avoir obligée à rester avec les enfants ? C’est ça ? Tu crois qu’on est ce genre de couple, où ma carrière dépend de ton bon-vouloir ?

Sirius n’était absolument pas comme ça, elle le savait bien. C’est juste qu’elle tournait toujours les choses à son avantage pendant une dispute. Elle évita d’aborder le sujet des enfants, par contre, parce qu’il est vrai que Sirius ne lui avait jamais caché son désir d’en avoir un troisième. C’est elle qui n’en avait pas éprouvé l’envie. Repartir pour neuf mois de grossesse, arrêter de travailler alors qu’à l’époque elle traçait son petit bout de chemin au Ministère… Elle ne s’était pas sentie prête pour ça.

Elle attrapa le verre de vin qu’elle avait laissé sur la table et en but une gorgée. Comme si ça allait lui donner de l’aplomb, ou alors l’aider à retrouver son calme pour affronter cette conversation.

Quand avait-elle cessé de l’aimer ? La question revenait. Si seulement c’était aussi simple que ça d’y répondre… Elle n’avait pas cessé de l’aimer, du moins l’avait-elle cru à un moment. Mais elle faisait partie de ces femmes qui estimaient que l’amour était complexe, bien plus complexe qu’un simple oui ou qu’un simple non. Parce qu’elle ne pouvait pas répondre qu’elle avait cessé de l’aimer, mais si elle répondait qu’elle l’avait toujours aimé, ça ne réglerait pas pour autant tous leurs problèmes.

- Tu crois que c’est aussi simple que ça ? Aimer ou ne plus aimer ? Tu as toujours eu tendance à voir tout en blanc ou en noir, mais ça ne fonctionne pas comme ça…

Elle reposa le verre sur la table et croisa les bras. Fronçant un peu les sourcils, elle ne regarda pas tout de suite Sirius, faisant du tri dans ses pensées, réfléchissant aux dernières paroles qu’il avait prononcé. Le fait qu’il sache qu’il n’était pas toujours sérieux, qu’il l’embêtait, d’accord, elle ne lui reprochait pas sa nature profonde. Après tout, quand elle s’était mariée avec lui, elle savait dans quoi elle s’engageait… Et il lui plaisait comme ça. Mais c’est vrai qu’avec le temps, elle aurait aimé qu’il soit un peu plus sérieux qu’il ne l’était réellement, du moins suffisamment pour pouvoir se reposer sur lui parfois dans la vie de tous les jours. Mais comment l’expliquer sans donner l’impression de ne plus accepter sa nature, justement ?

- Bien sûr que tu n’es pas toujours sérieux… Tu ne l’es jamais, en fait. Du moins, j’ai souvent cette impression. Ne pas ramener les problèmes du boulot à la maison, d’accord, je fais exactement la même chose, mais être sérieux ne veut pas forcément dire que ça tu sais ?

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Mar 29 Mar - 14:28

Jusqu'à ce que la mort nous sépare
« Aime-moi ou déteste-moi, les deux sont en ma faveur. Si tu m'aime, je serai toujours dans ton coeur. Si tu me déteste, je serai toujours dans ta tête. » ••• Mais le pire, c’est qu’il se marrait bien à l’intérieur, en voyant sa femme ouvrir et fermer la bouche, sans avoir l’occasion d’en placer une. Un Maraudeur ne change jamais et il savait qu’il l’énervait. Petite vengeance ? Elle l’avait blessé et il l’énervait en retour. Puéril sans doute, mais cela vaut bien mieux que les couples qui se tapent dessus. Et puis quand fut venu son tour de répondre, Madame se la jouait de mauvaise foi. Sirius le savait que sa femme avait un mauvais caractère et qu’elle se vexait pour un rien. Surtout quand le rien venait de lui. Alors quelque part, il n’était pas trop étonné d’entendre ce qu’elle venait de dire. Se retournant toutefois dans sa direction, l’air totalement dépité parce qu’elle lui balançait. Cette nana-là sera responsable de son premier cheveu blanc, il en est persuadé.

« Tu déforme mes paroles comme toujours…. »

Boucle-la Sirius, c’était un peu ce que sa femme aurait pu lui dire. Et c’est ce qu’elle venait de faire en lui coupant la parole pour revenir sur le manoir dans lequel ils habitaient. C’était donc au tour du Maraudeur que de se prendre pour un poisson rouge qui ouvre et ferme la bouche, sans pouvoir en placer une.

« On ne montre pas les gens du doigt. C’était bien ce que tu répétais aux enfants quand ils étaient petits non ? Ou alors, je ne suis pas assez bien pour faire partie des gens à ne pas montrer du doigt ? Sait-on jamais, puisque TU veux divorcer et TU essaye de tout me mettre sur le dos… Ce manoir je le voulais comme tu dis, mais uniquement pour te faire plaisir. Ce que tu n’as jamais compris, c’est que tant que j’étais à tes côtés, j’aurais pu me contenter d’une vieille cabane en bois. Tout ce qui m’a toujours importé, c’était TON bonheur, même si t’en as jamais rien eu à carrer du mien. Et je n’ai jamais dit que ta carrière dépendait de mon bon-vouloir. Arrête un peu de me faire passer pour le grand méchant de l’histoire. Je t’ai toujours soutenu. J’aurais fait n’importe quoi pour toi et c’est ce que j’ai fait. »

Ce qu’elle pouvait parfois l’agacer quand elle retournait toutes ses phrases contre lui. Pourtant, il se doutait qu’elle le faisait uniquement lorsqu'elle se retrouvait au pied du mur, mais c’était quand même une attitude qui l’emmerdait profondément durant leurs disputes. Mais cependant, il remarquait qu’elle ne parlait jamais du troisième enfant. Elle ne devait rien trouver à redire certainement et c’était ce qui le blessait le plus au fond, qu’elle ne daigne même pas s'excuser. Sauf qu’il est têtu également et que si elle trouvait refuge dans le vin, lui c’était dans la bière. Bande d’alcooliques qu'ils sont. Pourtant, en reposant sa bouteille sur la table basse, il n’était pas du tout satisfait de la réponse de sa femme, parce que ce n’était pas une réponse pour lui.

« Ah non non non, celle-là tu ne me la fais pas à l’envers. Si, c’est simple d’aimer ou de ne plus aimer quelqu’un. L’amour disparait justement au moment où tu raisonne comme tu le fais. Moi, je n’ai jamais eu aucun doute sur mes sentiments pour toi. Ils sont toujours restés inchangés depuis tout ce temps ensemble. »

Il s’était remis dos contre le derrière du dossier du fauteuil, observant sa femme les bras aussi croisés sur son torse. Qu’est-ce elle allait bien pouvoir lui répondre à cela cette fois ? Il se demandait comment elle pourrait retourner ses dernières paroles contre lui. Mais plus redoutable qu’une meute de molosses, elle y était parvenue, ce qui n’était pas sans l’étonner, même s’il le cachait bien.

« Parce que c’est sérieux de balancer du fric dans les poches d’un crétin d’avocat juste pour me punir ? Tu lui as donné combien hein ? Bien sûr, cet argent, Sarah et Alex n’en auraient pas eu besoin peut-être ? Et c’est moi qui ne suis pas sérieux-là ? Tu sais ce qui détruit notre couple, ainsi que notre famille ? C’est justement le fait que tu ramène ton boulot à la maison. Tu n’en parle pas, mais tu t’écarte de moi. Pas seulement de moi, il en est de même des enfants. Tu te mure dans tes secrets et tu oublie ta vie. Pourtant, je ne te l’ai jamais reproché. Je t’ai vu t’écarter de moi, j’ai tout fait pour briser la distance que tu mettais, mais rien n’y fait. Tu connais des choses à venir sur nous ? Parfait, si c’est si dérangeant, tu n’as qu’à me les confier et je m’efforcerai de faire en sorte que ça n’arrive pas. »

Fermant un instant les yeux, il se décala du fauteuil. Puis après les avoir rouvert, Sirius entreprit de faire quelques pas dans la pièce, passant l’une de ses mains sur son visage, comme pour tenter de remettre ses idées au clair. Il attrapa ensuite le courrier venant de l’avocat, ainsi qu’un stylo et le signa à la bonne place.

« Tiens, je l’ai signé. Fais-en ce que tu veux maintenant. Notre destin est entre tes mains, comme tu l’as toujours voulu. Libre à toi de détruire notre vie ou tenter de la reconstruire. »

Si elle voulait partir, il ne pouvait pas l’en empêcher. Non, Sirius n’a jamais eu un mauvais fond. Il est même plutôt gentil, bien sûr parfois il fait les mauvais choix, mais ce n’est pas un mauvais gars pour autant. Il ne séquestra pas sa femme si elle voulait le quitter. Tout ce qu’il veut c’est être aimé pour ce qu’il est et non la forcer à l’aimer.
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Kate E. Black
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Lun 25 Avr - 0:52
Jusqu'à ce que la mort nous sépare
« Il n'y a pas de milieu entre l'amour et la haine d'une femme. »


On ne montre pas les gens du doigt, on ne montre pas les gens du doigt… Bla, bla, bla. Sirius avait quand même ce don pour balancer des gamineries en pleine dispute, ou plutôt des remontrances comme s’il s’adressait à un enfant, et de façon à la fois si sérieuse et si énervante... Kate avait envie de lui en coller une juste pour qu’il ait vraiment de quoi se plaindre. Elle l’aurait probablement fait si leur dispute n’était pas si sérieuse, s’ils se chamaillaient juste pour pouvoir mieux se réconcilier – généralement sur l’oreiller. Mais là, c’était différent.

Où cette dispute allait-elle les mener ? Kate avait croisé les bras, comme elle le faisait à chaque fois qu’ils se disputaient, et elle réfléchissait à un nouvel angle d’attaque lorsque Sirius s’avança pour s’emparer d’un stylo et du courrier de l’avocat. Elle ne l’avait pas vu venir, et ne sut comment réagir lorsqu’il eut apposé sa signature sur le papier de divorce. En premier lieu, elle fut tentée de s’énerver – encore. Donc c’était à elle de décider toute seule ? Il ne prenait aucune responsabilité dans ce choix ? Bon… En même temps, il est vrai que c’est elle qui était censée vouloir divorcer, puisque c’est elle qui avait consulté un avocat. Sirius lui avait dit clairement qu’il l’aimait toujours, et il la coinçait maintenant en lui donnant exactement ce qu’elle voulait. Enfin… Ce qu’elle avait cru vouloir. Il avait ce don de toujours retourner la situation, au final.

Elle fixa le papier un moment, ne sachant quoi en faire, puis s’empara finalement de son verre de vin qu’elle vida d’un trait avant de le reposer. Poussant un soupir, elle se massa les tempes en fermant les yeux et en fronçant les sourcils.

« Je ne peux pas te raconter ce que je vois au travail. A personne, en fait. Tu comprends ? »

Elle choisissait de revenir sur le sujet qu’il avait abordé avant de signer les papiers. Il est vrai que ce poste de Directrice du Département des Mystères avait contribué à la mésentente dans leur couple. Elle était comme une gardienne des secrets, et elle avait suffisamment de conscience professionnelle pour comprendre qu’elle ne devait rien divulguer à personne, pas même à son propre mari. Pour autant, elle avait toujours résisté à la tentation de consulter volontairement une prophétie dans la salle du Futur pendant son temps de travail, pour son compte personnel. Elle avait trop peur d’apprendre quelque chose d’horrible sur Sarah ou sur Alexander, le pire étant leur mort, et également sur Sirius. Lorsque celui-ci avait disparu, enlevé par les mangemorts, Kate avait été à deux doigts d’enfreindre les règles au Département pour forcer les choses et connaître son futur. Mais une peur tenaille s’était emparée d’elle au dernier moment, et de crainte d’apprendre la mort imminente de Sirius, Kate avait préféré ne rien savoir et garder espoir. Elle ne le regrettait pas aujourd’hui mais cette tentation constante de profiter de sa place pour savoir des choses concernant sa famille était dangereuse, elle le savait.

« Je ne suis pas en connaissance de choses à venir sur nous, non… Parce que si c’était le cas, je ne pourrais pas rester sans rien faire, sans rien dire, et je ne pourrais plus prétendre au titre de responsable du département. »

Même si elle était d’un naturel froid, méthodique et ambitieux, Kate restait avant tout une femme, une mère. Pour protéger sa famille, s’il le fallait, elle sacrifierait tout. Mais elle savait aussi que Sirius avait raison, lorsqu’il disait qu’elle mettait de la distance entre eux et aussi avec les enfants à cause de ce travail. Elle ne s’en rendait pas souvent compte, juste parfois. Mais en même temps, c’était tellement compliqué… Comment pouvait-elle faire autrement ? Elle lui en voulait d’insinuer que son travail et son attitude contribuaient à détruire leur couple, et pire leur famille. Même si au fond d’elle, elle savait qu’il avait raison. Alors elle lui jeta quand même un regard noir.

« Franchement, insinuer que tout est de la faute de mon choix professionnel… Et surtout que je m’écarte de Sarah et Alexander… C’est dégueulasse, Sirius. Je n’ai pas des secrets par choix, c’est juste que mon travail l’exige. Il serait peut-être temps que tu comprennes. »

Elle s’empara du courrier de l’avocat que venait de signer Sirius, et vu la contrariété sur son visage, on pourrait croire qu’elle s’apprêtait à les signer à son tour sans perdre un instant. Mais à la place, elle plia le courrier en deux et tourna les talons pour aller jusqu’à la cuisine. Elle déchira le papier, puis le jeta à la poubelle. Ça faisait probablement partie de ses contradictions légendaires. Elle avait beau être énervée, elle n’avait pourtant pas envie de signer ce papier. C’est bien pour ça qu’elle n’avait été voir cet avocat qu’une fois, et qu’elle avait complètement oublié cette visite jusqu’à recevoir le courrier. Non, même s’ils avaient des problèmes, même si à ses yeux tout était beaucoup plus compliqué que simplement aimer ou ne plus aimer, elle n’avait pas envie de divorcer.

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Lun 25 Avr - 17:48

Jusqu'à ce que la mort nous sépare
« Aime-moi ou déteste-moi, les deux sont en ma faveur. Si tu m'aime, je serai toujours dans ton coeur. Si tu me déteste, je serai toujours dans ta tête. » ••• Quand il se disputait avec sa femme, Sirius s’arrangeait toujours pour l’énerver plus qu’elle ne l’était. C’était comme un jeu pour lui, même si parfois il a été pris à son propre piège en se retrouvant avec la marque de la main de Kate sur la joue. Et malgré son petit gabarit, cette femme-là a une force surhumaine, ce n’est sûrement pas Alexander qui dira le contraire, ses joues et ses fesses ont été rougies plus d’une fois par sa mère. Mais elle aussi, avait ce don de mettre les gens en pétard plus que de raison. Sirius était pire qu’une bombe sur le point d’exploser à l’intérieur. Il venait de signer ce foutu papier de divorce et voilà que sa chère et tendre ne trouvait rien de mieux que de lui parler de son boulot. Là ? Maintenant ? Elle ne pouvait pas juste déchirer ou signer cette feuille ?

« Je comprend que tu ne puisse rien me dire, mais je ne comprend pas que tu laisse ces secrets détruire notre vie. Le plus important pour toi, c’est ta carrière ou notre famille ? Parfois je me le demande. Et ne retourne pas encore les choses contre moi. Je te connais, tu vas dire que je t’incite à quitter le Ministère de la Magie et ce n’est pas le cas. »

Non bien sûr que ce n’est pas le cas. Il y a peu d’hommes qui voudraient avoir leurs femmes sur le dos vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il n’est pas masochiste et aime particulièrement passer ses jours de congés à boire de la bière en réparant sa moto, pendant que Kate travaille. Si elle était à la maison, elle serait sans arrêt en train de balayer derrière ses fesses, même dans le garage sans doute. Et elle lui reprocherait de faire passer sa moto avant elle. Mais Sirius s’imaginait que si sa femme se montrait si distante avec lui, c’était parce qu’elle avait vu des choses sur leur couple. Il ne voyait pas d’autre raison plausible et pourtant, Kate lui affirmait que ce n’était pas le cas. Cette simple phrase finissait à le perdre un peu plus, déposant machinalement sa main sur la table et observant sa femme.

« Si tu n’as pas d’amant, si tu ne connais pas de détails sur notre futur, je présume que le problème vient de moi…. En ce moment nous avons plus de mauvais moments que de bons, tu ne peux pas dire le contraire. Tu n’es même plus certaine de m’aimer. Je suppose donc que le temps est venu de mettre un terme à notre vie commune. »

Cette déduction ne le faisait pas sauter de joie, mais finalement il s’était sûrement enflammé pour rien et sa femme avait raison avec les papiers du divorce. Pourtant, même si cela coulait de source et que cela semblait être la solution la plus sage, Sirius en crèverait si elle allait en son sens. Peu importe leurs disputes continuelles, il l’aimait toujours. Peut-être avaient-ils juste besoin d’un peu de temps chacun de leur côté. Et rien que cette pensée suffisait à l’achever même s’il prenait sur lui de ne rien montrer. En plus, il ne pouvait rien dire puisque sa femme lui gueulait encore dessus.

« C’est dégueulasse mais pourtant c’est le cas Kate. Ouvre les yeux, regarde notre famille. Tu trouve que nous sommes tous sur un petit nuage ? Tu peux dire que j’ai été trop laxiste, mais je l’étais parce que toi, tu te montrais bien trop dur avec les enfants, certainement à cause de tout ce qui te rongeait en rapport avec le Département des Mystères. Si je m’étais montré aussi strict que toi, nos gamins n’auraient jamais eu d’épaule sur laquelle se reposer et parler de leurs problèmes. Parce que leurs histoires de coeur, c’était à moi qu’ils se confiaient, pas à toi. Tu n’étais jamais disponible pour eux. Je faisais cramer la bouffe, mais au moins j’étais là moi pour faire le dîner. Quand Alex s’est coincé le kiki dans la fermeture de son pantalon, c’est moi qu’il a appelé à l’aide, même s’il craignait qu’on ne l’ampute du moineau. Pourtant, ces fois-là, tu étais présente dans la maison, mais tu ne l’étais que physiquement. »

Il ignorait si elle comprendrait ce qu’il voulait dire par-là ou si elle tenterait encore de retourner la situation contre lui. Avec Kate, tout était possible et elle le prouvait en saisissant le papier pour s’en aller. Sirius n’était pas resté sur place comme un idiot et il ne l’avait pas pour autant suivi non plus, même s’il tournait non loin de la cuisine pour voir ce qu’elle faisait du courrier. A un moment, il avait bien cru qu’elle allait y apporter sa griffe, mais au lieu de cela, elle le déchira. Soulagé, le Maraudeur finit enfin par la rejoindre, arrivant derrière elle et la saisissant par la taille. Il déposa son menton sur l’épaule de sa femme et resta silencieux juste les premières minutes.

« Si tu as besoin de faire une pause, qu’à cela ne tienne, je partirai aussi longtemps que tu le voudras. »

Il était prêt à s’en aller. Parfois la distance créait le manque et c’est de cette façon que les sentiments se font plus clairs. Soit c’est négatif et il faut rompre. Soit finalement, c’est positif et une vie commune peut revoir le jour sur de meilleures bases.
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Kate E. Black
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Lun 6 Juin - 1:18
Jusqu'à ce que la mort nous sépare
« Il n'y a pas de milieu entre l'amour et la haine d'une femme. »


Les dernières paroles de Sirius la blessèrent au moins autant qu’elles l’énervèrent. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Qu’elle n’avait jamais été là pour les enfants ? D’accord, elle avait toujours accordé une grande importance à son travail, et peut-être qu’elle n’était pas la plus douce des mères existant en ce monde, il n’y avait qu’à voir Lily, mais de là à sous-entendre qu’elle s’est toujours montrée trop dure ? Sur le coup, elle en avait envie de jeter son verre de vin au sol pour le casser, et libérer ainsi son énervement et sa frustration. Frustration, colère, et culpabilité aussi, parce qu’elle avait assez de recul pour se connaître elle-même et savoir que son caractère n’entrait parfois pas en adéquation avec son rôle de mère. Il n’y avait qu’à voir les autres enfants des maraudeurs, elle se souviendrait toujours du jour où elle avait vu que l’épouvantard de Tom Lupin prenait sa forme alors qu’elle avait toujours trouvé que c’était avec lui qu’elle avait été la plus gentille. Elle était restée bien conne, ce jour-là.

Dans la cuisine, elle déchira le papier du divorce dans un geste sec, qui n’eut pourtant pas le mérite d’apaiser sa colère. Pendant une seconde, elle fixa l’évier et se demanda si elle ne ferait pas mieux de vider le lave-vaisselle sale pour laver toute la vaisselle à la main. Ça pourrait sûrement la calmer. Pourquoi est-ce qu’elle avait toujours envie de laver ou de ranger un truc quand elle était énervée, d’ailleurs ? Ce n’était pas un TOC ça ? Ou alors c’était simplement révélateur du fait qu’elle était maniaque. Dans tous les cas, elle se posa sérieusement la question de la vaisselle jusqu’à ce que Sirius arrive derrière elle pour poser les mains sur sa taille et poser son menton sur son épaule. Malgré elle, elle se détendit. Il avait toujours été celui qui réussissait le mieux à la calmer finalement.

Il proposa de partir, si elle avait envie d’une pause. Elle hésita. Est-ce qu’elle avait envie de ça ? D’une pause, de se séparer un temps pour clarifier les choses ? Le point positif serait qu’ils finiraient sûrement par se manquer. Le manque, généralement, ça leur réussissait. Mais elle n’avait pas envie de le chasser de cette maison qui était la sienne à lui aussi, et puis de quoi elle aurait l’air si jamais il venait à lui manquer au bout de deux jours ? Vive la crédibilité. Et puis elle pensa à Alexander et à Sarah, et à la tête qu’ils feraient si jamais ils venaient à apprendre que leur père était parti et qu’ils faisaient une « pause ». Ils avaient beau être grands, ils restaient encore quelque part des enfants accrochés à l’image du couple uni de leurs parents.

Elle finit par pousser un soupir et poser ses mains sur celles de Sirius.

« Non… Non, je n’ai pas envie que tu partes. »

La conclusion était là. Même si elle était énervée pour certaines choses, elle n’avait pas envie de le voir partir pour autant.

« Je suis désolée. Du moins, pour ça,
précisa-t-elle en faisant un signe du menton vers la poubelle où elle avait jeté le courrier de l’avocat. Non parce qu’elle n’était pas désolée pour tout non plus, forcément, sinon elle ne s’appellerait plus Kate Eileen Black. C’est compliqué, mais… Je ne sais pas, tu sais comment je peux être radicale parfois. »

Quand elle était énervée, ou quand ça n’allait pas, elle pouvait l’être facilement, oui. Elle l’avait été, ce jour-là, en rendant visite à cet avocat, mais aujourd’hui, elle n’avait pas envie de signer ce papier. Elle n’avait pas non plus envie de voir Sirius partir. Au moins, ça, c’était clair. Et quelque part, c’était le plus important, même s’il restait toujours des problèmes entre eux.

Elle hésita un instant avant de finalement poser la question.

« Tu trouves vraiment que j’ai été trop dure avec les enfants ? »

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Ven 10 Juin - 10:45

Jusqu'à ce que la mort nous sépare
« Aime-moi ou déteste-moi, les deux sont en ma faveur. Si tu m'aime, je serai toujours dans ton coeur. Si tu me déteste, je serai toujours dans ta tête. » ••• Loin de Sirius l’envie de blesser son épouse, mais lui-même salement amoché par cette lettre, il vivait cette situation comme une trahison. Comment Kate pouvait avoir envisagée de le quitter ? Il y a toujours eu quelques sujets délicats entre eux, que cela soit l’éducation des enfants, le boulot de madame et le caractère de monsieur, mais jamais il ne s’était imaginé que leur mariage pourrait cesser à cause de cela. Restant persuadé qu’ils se complètent sur beaucoup de points, Black ne pensait pas vivre une telle situation un jour. Kate est trop sérieuse où lui ne l’est pas assez. Elle est très mature, ce qui tombe bien puisque lui ne l’est pas suffisamment. C’est de cette façon qu’il voit leur mariage et pas autrement.

Dans la cuisine, le soulagement s’était fait ressentir de son côté, lorsque la lettre termina déchirée dans la poubelle. Pourtant, pouvait-il vraiment s’imaginer qu’il n’y aurait pas de récidive ? Sa vie va tellement de travers, que c’était probablement inévitable, mais Sirius ne voulait pas penser à cela. Il a beaucoup subi durant son existence, mais perdre sa femme le tuerait. Kate est absolument tout pour lui. Il venait même de lui proposer de partir quelques temps, si elle avait envie d’une pause. Parfois, c’est le genre de choses qui réussie plutôt bien, alors qu’à d’autres reprises cela ne fait que confirmer que deux êtres ne sont pas fait l’un pour l’autre. C’est à double tranchant, mais au moins, ils étaient capables de se toucher, sans en venir à se hurler dessus, ce qui est sûrement un très bon signe.

Rassuré de ne pas avoir à plier bagages pour partir vivre chez Remus, il releva un instant la tête pour déposer ses lèvres contre la joue de sa femme, qui s’excusa pour la lettre. Bien sûr, pour quoi d’autre ? Elle n’allait pas s’excuser pour être une horrible emmerdeuse non plus, il ne faut pas rêver.

« Tu n’as jamais pensé à faire du yoga ? Tu es si radicale, que j’en viens à craindre de finir devant le juge pour une procédure de divorce, juste parce que j’aurais oublié de rabaisser la cuvette des toilettes. »

Son sourire amusé s’était effacé en même temps que la question de sa femme tombait. Etait-ce un piège pour l’engueuler à nouveau ? Il avait le droit de répondre réellement à cette question ou il devait mentir pour éviter qu’elle ne le tape ? Elle a ses mains sur les siennes et Kate a de sacrés grands ongles. Il la retourna doucement, plongeant son regard dans le sien. Après tout ce n’était que la stricte vérité, mais il n’avait pas toutes les raisons non plus dans leur couple. Sirius a merdé plus d’une fois et plus souvent qu’à son tour.

« Tu m’as interdit d’apprendre à Alex a fait pipi debout, avant qu’il n’ait reçu sa lettre pour Poudlard. Et tu lui hurlais à travers la maison de mettre son zizi correctement dans le trou dés qu’il allait aux toilettes. »

Lorsque le restant de la bande était présent, Sirius a plusieurs fois manqué de mourir dans son verre, alors que tous les regards interloqués se posaient sur lui. Sarah était bien plus sage que son frère et ne faisait pas souvent pipi à côté des toilettes, elle avait la chance de ne pas être menacée dés qu’elle avait besoin de se rendre dans les sanitaires.

« Mais tu étais bien obligée de l’être, quand moi je ne l’étais pas assez. »

Et ce n’est pas rien de le dire, Sirius n’a jamais voulu être sur le dos de ses enfants, voulant les laisser grandir tranquillement, en faisant des erreurs, comme tous les gosses disait-il. Sauf qu’il a totalement refilé son boulot de père à sa femme, qui devait souvent avoir les deux étiquettes. Il s’en rend bien compte à présent et c’est déjà trop tard pour remettre les choses à leurs places. Les enfants ont grandi et ont quitté le nid, laissant leurs parents seuls avec leurs problèmes. C’est malheureusement le triste sort de beaucoup de parents.

« Mais c’est comme ça que je t’aime Kate. »

Il déposa ses lèvres contre les siennes comme pour donner plus de vérité à ses paroles. Et pourtant, là-dessus, il a toujours été honnête envers elle. Depuis qu’ils sont mariés, il n’a jamais rien fait pouvant laisser penser le contraire. D’une fidélité à toutes épreuves, malgré ses nombreux défauts. Jamais il n’a pensé à une autre femme et peut-être que c’était ce qui les rendaient si différents l’un de l’autre.

« Avec tout ce qui s’est passé dernièrement, on devrait prendre du recul et partir en vacances, rien que toi et moi. Qu’en dis-tu ? Tu peux sûrement laisser ton département à Cesare et à Remus pendant quelques jours. C’est bientôt notre anniversaire de mariage, c’est une bonne occasion. »

Le monde ne risque pas de tourner mieux ni pire en quelques jours. Et Sirius est persuadé que se retrouver ailleurs, dans un endroit qu’ils ne connaissent pas, rien que tous les deux, pourrait les rapprocher. Ils pourraient se redécouvrir et également se souvenir de pourquoi, ils se sont dit oui, il y a maintenant pas mal d’années.
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Kate E. Black
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Lun 18 Juil - 15:59
Jusqu'à ce que la mort nous sépare
« Il n'y a pas de milieu entre l'amour et la haine d'une femme. »


Alors que Sirius lui proposait de faire du yoga pour calmer ses tendances à se montrer trop radicale, Kate n’osa pas avouer que la fois où elle avait glissé dans les toilettes parce que la cuvette n’avait pas été remise en place, elle avait effectivement songé au divorce. Mais elle n’avait pas pensé au meurtre, donc c’est qu’elle n’était peut-être pas si radicale que ça en fin de compte, non ? Il est vrai qu’elle avait tendance à s’énerver très vite, souvent pour des choses que les gens jugeraient sans importance. Et elle avait la rancune assez facile. Donc peut-être qu’effectivement, si elle se mettait au yoga disons au moins une ou deux heures par semaine, ça l’aiderait à calmer cet aspect de sa personnalité. Enfin… Se connaissant, il y avait surtout de grandes chances qu’elle s’énerve et qu’elle décide de prendre la place du professeur de yoga pour lui montrer comment faire bien les choses. On lui avait déjà dit plus d’une fois qu’elle faisait probablement une petite obsession du contrôle (petite…)

La remarque de Sirius sur les épisodes d’ « Alex aux sanitaires » lui arracha un sourire en coin. C’est vrai que vu comme ça… Peut-être qu’elle s’était montrée un peu dure avec lui, à l’époque. Mais en même temps, c’était tellement agaçant quand un enfant ne savait pas viser aux toilettes. Et puis, elle n’allait quand même pas l’encourager quand il pissait à côté ?! Non, autant le traumatiser un bon coup pour qu’il comprenne et qu’il retienne. Au moins, ça avait fonctionné. Mais bon, quand elle essayait d’expliquer ses méthodes d’éducation, beaucoup ne comprenaient pas. Elle ne ferait sûrement pas carrière en écrivant un roman sur le sujet. Ni même en écrivant un roman sur les relations de couple. Pour certains, ça avait l’air tellement simple… Alors que pour eux, c’était parfois si compliqué. Peut-être parce qu’ils avaient tous les deux un fort caractère. En même temps, c’est ça qui leur plaît à chacun aussi. Ou alors peut-être que les relations de couple, c’est compliqué pour tout le monde, mais qu’il y a de gros menteurs qui essayent de faire croire que c’est un long fleuve tranquille.

Sirius avait toujours été plus démonstratif qu’elle en matière de sentiments. Il était capable de lui dire qu’il l’aimait dans n’importe quelle situation, même en étant énervé par exemple. Elle avait conscience de le dire beaucoup moins souvent que lui, mais ça ne voulait pas dire qu’elle n’en pensait pas moins, même si elle avait eu une grosse période de doutes. Ils ne fonctionnaient pas de la même façon, et si parfois (souvent) c’était là source de discordes, c’était aussi paradoxalement une force.

Il proposa de partir. Juste tous les deux, en vacances. Kate hésita. Juste tous les deux, quelque part ? Elle les imagina dans un igloo, en Antarctique, coupés du monde. Ouais, non, ils finiraient par s’entretuer dès le deuxième jour, Kate ne supportant pas le froid et Sirius ayant sûrement des idées lumineuses comme allumer un feu dans un igloo pour se réchauffer. De même s’ils partaient dans une jungle ou un autre endroit original du genre. Il valait mieux pour eux partir dans un endroit civilisé, avec du monde et des choses normales à faire, pour avoir des distractions et s’éviter de s’acharner sur l’autre. Enfin ça, c’était surtout son genre à elle. Elle ne savait pas si c’était une bonne idée, de partir en voyage juste tous les deux après ce qu’il venait de se passer, mais ça la tentait. Elle avait envie d’essayer quelque chose, voir si ça allait marcher. Prendre du recul, comme il disait. Peut-être que c’était ça qui leur fallait, du temps juste pour eux, ailleurs. Et puis, surtout si c’était pour leur anniversaire de mariage…

« D’accord, finit-elle par abdiquer. On peut essayer. Au moins pour voir si on ne va pas s’entretuer… Si par exemple tu oublies de rabaisser la cuvette des toilettes. »

Elle voulait tenter un trait d’humour pour apaiser les tensions, mais dans le fond, elle savait que ça pouvait se transformer en troisième guerre mondiale, une histoire de cuvette.

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Ven 12 Aoû - 21:47

Jusqu'à ce que la mort nous sépare
« Aime-moi ou déteste-moi, les deux sont en ma faveur. Si tu m'aime, je serai toujours dans ton coeur. Si tu me déteste, je serai toujours dans ta tête. » •••
Une famille se compose tout d’abord de deux personnes, qui fondent leur petit nid, ainsi que leur descendance. Mais le plus difficile n’est pas d’élever des enfants, de gérer les disputes et vols de jouets, ni même les repas. Le plus compliqué, c’est de se retrouver deux après avoir été quatre. Il faut apprendre à se retrouver sans les enfants, autour de qui la vie n’a fait que tourner pendant bien des années. Penser à nouveau duo, réaliser que la petite flamme des débuts n’est peut-être plus qu’une infime étincelle, n’est pas simple. C’est le commencement de la routine, de la vieillesse et s’il y a une chose qui unie Kate et Sirius, c’est bien la peur de vieillir. Mais l’un comme l’autre, ils semblent incapables de se dire les choses telles qu’elles le sont réellement, s’agaçant quotidiennement du comportement de leur moitié. Si Sirius n’est pas l’homme le plus rancunier qui existe et qu’il ne se braque pas souvent pour une broutille, sa femme le fait pour deux. Il a souvent l’impression d’avoir une mère et non une épouse. Même s’il l’a bien cherché, à toujours se comporter comme un adolescent intenable. Mais pourtant, il l’aime sinon il ne serait plus là.

Mais se retrouver à deux lorsqu’ils ont été quatre, c’est stressant et sans une bonne base, tout éclate en morceaux. Sirius n’avait pas envie de voir son mariage terminé de cette façon. Il connait le moindre défaut de sa femme et il arrive à aimer son mauvais caractère, son impulsivité et même son petit côté maniaque, alors qu’il est un grand bordélique. Partir rien qu’entre eux ne pourra que leur faire le plus grand bien. Ils ont besoin de se retrouver loin de chez eux, loin de leur famille, mais aussi loin de leurs amis. Juste elle et lui. C’était sur de bonnes bases que le Maraudeur voulait repartir. Pour une fois, il avait mâché ses mots et même tourné sa proposition dans sa tête, pour ne pas laisser la moindre faille, dans laquelle Kate pourrait s’infiltrer pour refuser son offre. Passer à côté du divorce n’est pas quelque chose d’anodin. Il était pourtant prêt à faire table rase de toute cette histoire, pour ne pas ruiner ce qu’ils ont construit durant ces longues années de mariage. Et honnêtement, depuis le temps qu’ils se supportent l’un et l’autre, que serait Sirius sans Kate ? Il serait bien incapable de refaire sa vie avec une autre femme, alors qu’il ne désire que la sienne.

La proposition lancée, il trouvait que la réponse tardait à venir. Il ne s’était pas imaginé qu’elle allait sauter de joie, sachant qu’elle ne montre que très rarement ce qu’elle ressent. Mais la peur du refus finit tout de même par gagner le quarantenaire. Un silence court, mais les minutes lui semblaient être une éternité, se demandant si elle n’allait pas encore trouver à l’engueuler. Mais enfin, il eut la satisfaction d’entendre une phrase positive, non sans une petite once d’humour, en revenant sur l’histoire de la cuvette des toilettes. S’il ne la connaissait pas si bien, il serait étonné qu’elle n’en ait toujours pas fini avec cette affaire-là. Mais Kate est si rancunière, que dans dix ans, elle lui en parlera encore sûrement. Cette fois, il tenta de ne pas faire d’impaire et se contenta de sourire. S’il venait à dire quelque chose qu’elle prendrait de travers, ils repartiraient dans une dispute tout à fait stupide et elle serait bien capable de sortir la colle pour recoller les morceaux de la lettre fraichement déchirée. Pour une fois, il vaut mieux tourner sa langue sept fois dans sa bouche, au lieu de prendre un risque qu’il regretterait de toute façon par la suite.

« Je tâcherais de choisir un hôtel avec des toilettes à cuvettes automatiques. Je pense que cela doit exister. Il fit mine de réfléchir, se rapprochant doucement de Kate pour lui voler un baiser et ensuite chuchoter contre ses lèvres : Merci de me laisser une chance de te prouver que nous ne sommes pas finis tous les deux. »

Il n’a aucune idée du lieu, peut-être au soleil, mais sûrement pas seuls tous les deux. Avec des gens qu’ils ne connaissent pas autour, c'est mieux. Des boutiques, de quoi passer le temps et ne surtout pas être l’un sur l’autre à longueur de journée. Sirius sait bien que parfois sa femme a besoin de s’écarter de lui. Leurs caractères sont à l’opposé l’un de l’autre et c’est trop souvent, qu’il y a des étincelles.

« On peut monter, je te donnerais un petit avant-gout de notre voyage. Chuchota-t-il à son oreille. Là-dessus, je ne suis pas rouillé. »

Les disputes sont faites pour s’oublier sur l’oreiller, c’est le secret d’un couple qui dure, comme le leur. C’est toujours mieux que de se déchirer à longueur de journée. Et puis, quand ils se retrouvent dans les bras l’un de l’autre, Kate ne pense pas à l’engueuler. C’est même les seuls moments où elle ne parle pas. Et Sirius ne s'a jamais caché que parfois, il lui sautait seulement dessus pour avoir la paix.
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