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Only you can stop the pain

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Sam 23 Avr - 16:26
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❝ Quand les mots me manquent... ❞

Enlevant la cagoule des mangemorts pour la poser sur le rebord du canapé, je soupirai avant de me prendre la tête entre les mains. En me redressant, je regardai mes poignets en sachant que dans peu de temps la marque ferait parti de moi. Ce n’était plus qu’une question de temps et de fidélité, un choix qui m’appartenait et qui serait fait à sens unique. Je ne pourrais pas faire marche arrière mais qu’est-ce qui me retenait ? Je jetai un œil vers la photo sur la petite table du salon où était la photo animée de Maddy, d’Iris et de moi. Nous avions l’air heureux en tenant chacun la main de la petite pour la faire s’envoler dans les airs. Je me souviendrais toute ma vie de cette journée ensoleillée, loin des douleurs du présent.
Nous étions encore très loin de nous douter que nous arriverions à craquer l’un pour l’autre. L’innocence de ce bonheur était lisible sur nos trois visages encore bien jeune alors que le père d’Iris nous avait pris en photo en cette belle promenade.
Aujourd’hui, loin de ce bonheur, il ne me restait plus que mes souvenirs sans pour autant une once de regrets. Peut-être devrais-je m’en vouloir, pire ramper ou demander pardon mais j’avais cette putain de fierté qui m’empêchait. Mon arrogance me poussait même à croire qu’elle craquerait et reviendrait vers moi. J’étais trop fier pour faire le premier pas et pourtant combien de fois j’ai pensé à toquer chez ses parents et lui supplier de revenir. Je savais pourtant ce qu’elle attendrait de moi. Je ne pouvais pas… c’était trop tard. J’avais fait mon choix et je ne voulais revenir en arrière. Au péril de la perdre ? J’avais toujours été très doué pour faire fuir celles qui s’aventuraient à franchir un pas avec moi. Soit elles s’écartaient de moi, soit elles mourraient. Est-ce cela qui m’attendait ? Morgana me certifiait pouvoir trouver le bonheur chez les leurs mais je ne voulais pas d’une autre. Je l’aimais… et j’en saignais.
Prenant la photo entre mes mains, je me redressai. Voilà trois semaines qu’elle avait franchi le pas de la porte en me certifiant qu’elle ne pourrait vivre avec un homme qui prenait cette voie. Pouvait-elle comprendre la folie qui m’animait à ne pas la voir mourir ? Je craignais sa mort plus que son départ… Seul bourreau de ma situation, je l’aimais au point de nous imposer une situation qui me détruisait. J’ignorai comment elle vivait cette situation. Je ne l’avais pas revu depuis trois semaines… Est-ce qu’elle m’évitait ? Est-ce que je le faisais également ? Je me renfermai dans mes activités au point de tout laisser tomber. Combien de fois mon patron appela pour prendre des nouvelles. Je ne décrochais pas. Je n’allais plus à mon travail. Je laissais tout tomber, suivant l’avis de mes « proches », loin d’être ma véritable famille et pourtant ceux qui semblaient vouloir me comprendre le mieux. Je pouvais compter sur Bryan. Quittant ce monde moldu, me renfermant dans des idéaux qui n’étaient pas les miens, je tombais dans cette folie comme l’on chute d’une falaise où la seule issue finale serait certainement la même.
Mais de son ignorance j’en souffrais. Je ne voulais céder mais tout homme avait ses faiblesses. Je posai la photo sur la commode avant de faire un pas et de revenir en arrière pour passer violemment mes bras sur le meuble pour tout renverser de colère. J’attrapai alors ma cagoule pour claquer la porte de ma chambre. Je vis alors mon reflet dans le miroir. A quoi avais-je l’air dans cette tenue ? D’un traitre… J’allais certainement briser le miroir qui projetait mon reflet mais j’entendis la porte s’ouvrir dans le salon. Par réflexe, j’eus la conscience de faire disparaitre ma tenue pour arborer une tenue plus civile.
Je vis alors, sur le pas de la porte, Iris qui regardait vers le sol. Que dire de cela… Je ne m’attendais pas à la voir ici et c’était certainement réciproque alors que je devais être au travail. Je l’invitai à entrer.
« Je ne te ferai pas de mal » précisai-je comme si c’était nécessaire, comme si j’étais capable d’une telle alternative.
Je pouvais bien m’énerver de différentes façons, je ne pourrai jamais lever la main sur elle. Je le croyais… Je m’avançais alors en silence pour tendre ma baguette et faire disparaître le fracas de mon passage. Tout se remit en place comme s’il ne s’était rien passé. Je la laissais évoluer à sa guise en refermant la porte derrière elle.
La situation était délicate. Je ne lui avais pas vraiment parlé depuis trois semaines. J’avais vu Maddy bien plus souvent en comparaison et seulement parce que le père d’Iris m’avait laissé la voir de passage pour la saluer alors que je manquais terriblement à l’enfant. J’avais la sensation de vivre un cauchemar par rapport à cette situation. Maddy était comme ma fille. Je savais qu’Iris avait besoin de réfléchir ou du moins de me laisser me raisonner mais j’avais déjà pris ma décision depuis longtemps sans être au courant de tout ce qui pourrait bouleverser ma vie dans peu de temps… et qui pourrait me faire regretter mes choix.
Une fois revenue vers elle, après avoir fermé la porte, la tension était palpable. Est-ce à cause de nos sentiments ou de mes fautes ? Je ne disais rien, elle non plus mais mon regard croisait le sien. J’avais envie de parler, de lui demander de ne pas m’en vouloir mais comme toujours, je restai muet, incapable de faire face à la situation, peut-être trop faible pour l’affronter. A moins que ce ne soit la peur de dire un mot de trop… Je ne savais plus où nous en étions. Elle était partie sans annoncer une rupture officielle et pourtant sans vouloir me voir. Comment qualifier alors cette sensation de l’avoir à portée de main mais de ne pas pouvoir la saisir, l’embrasser et la prendre dans mes bras pour lui prouver à quel point elle me manquait. Au lieu de cela, je passai à côté d’elle en ouvrant la bouche pour laisser sortir quelques sons dits par pur instinct et sans aucunes réelles réflexions :
« Je suppose que tu es venue pour quelques affaires… »
Mon ton était sec. Je ne le voulais pas mais au vue de l’heure où elle était venue, je n’étais pas assez bête pour imaginer qu’elle n’était là que pour moi. La tension se renforçait peut-être malgré moi. De cette ambiance électrique, la foudre était sur le point de s’abattre et je l’alimentai sans le vouloir.
Mais quelle traitre, ce parfum qui emprisonna mes émotions au moment où je passai à côté d’elle. Une note, un souvenir, nos rires, nos passions, ses lèvres contre les miennes, sa peau sous mes doigts… Le flot d’image imprégnait mon esprit sans que je ne puisse le commander. Je m’arrêtai instinctivement à son niveau. Fermant les yeux… J’eus une boule au niveau de la gorge alors que je la désirai contre moi. Relevant mon regard vers elle, je cachai mes douleurs au fond de moi pour finalement avancer… Mon poing se serrait instinctivement. J’avais envie de le laisser s’abattre contre le mur pour évacuer toute cette pression que la situation imposait.
« Iris… »
Me connaissait-elle assez pour comprendre que mon état n’était que le reflet de l’intensité de mes sentiments qui me torturaient ?
« Je… »
… t’aime.
Ma fierté m’empêchait cependant de lui avouer le fond de ma pensée. Jamais je ne lui avais dis ces trois mots et l’ironie voulait que je m’en sente incapable. Le silence allait-il contre moi ? Est-ce que ces trois mots suffiraient à la faire douter et céder ? Je n’avais pas cette prétention et de toute façon pas suffisamment de courage pour les avouer et essuyer un revers qui pourrait faire plus mal encore.
« ...serai non loin si tu as besoin… » dis-je finalement plus doucement.
Alors… je m’écartai, parce que je savais que je ne pourrai rester raisonnable longtemps. Je me connaissais bien trop pour cela.
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Iris Prescott
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Jeu 28 Avr - 17:45
C’est assez fou de constater que l’on peut passer du bonheur absolu à un véritable cauchemar en un claquement de doits. C’est pourtant ce qu’il était arrivé à Iris. Après des mois à se voiler la face, elle avait accepté ses sentiments pour Alex et avait vécu deux mois merveilleux à l’aimer, à vivre avec l’espoir d’un avenir serein. Et puis il y a eu Noël, et cet après Noël compliqué. Alex lui avait avoué qu’il comptait devenir mangemort, un vrai mangemort, de prendre la marque parce qu’il voulait la protéger, elle et Maddy, et combattre les anarchistes. Il lui avait expliqué ses choix mais Iris ne l’avait pas accepté. Elle détestait les anarchistes presque autant qu’Alex : c’était Darren Hellson qui l’avait privé de sa fille pendant de longs mois, lors du huis clos de Poudlard. Elle lui en avait d’autant plus voulu qu’il l’avait laissé sortir l’espace d’une petite journée, pour la renvoyer ensuite cruellement au château. Néanmoins, même si elle souhaitait l’anéantissement de l’anarchie, elle n’était pas prête à rejoindre les mangemorts pour autant. C’était du pur suicide ! La Nuit Rouge, c’était eux. Elle n’était pas d’accord avec leur idée d’un sang supérieur, et encore moins de leur politique interne. Et elle ne comprenait pas comment Alex avait pu être séduit par leurs idéaux, sachant qu’il venait d’une famille réputé pour suivre le Ministère ou Dumbledore.

Après les aveux d’Alex, elle n’avait pas eu d’autre choix que de s’en aller. D’abord, il lui avait menti, et elle détestait ça. Ensuite, il était hors de question de risquer la vie de Maddy avec un futur mangemort à la maison. Qui sait ce qu’il pouvait ramener avec lui ! De rage, elle avait pris un minimum d’affaire pour elle et pour Maddy et elle était partie. Evidemment, son seul foyer était la maison de ses parents qui l’accueillirent à bras ouvert sans trop comprendre. Ils ne la questionnèrent pas trop cependant, se contentant des mots de Maddy « grosse dispute » et des quelques vagues explications d’Iris leur disant qu’elle avait le sentiment que ça allait trop vite avec Alex et qu’elle voulait ralentir. Cela faisait maintenant trois semaines qu’Iris était retournée chez ses parents et n’avait plus donné de nouvelles au jeune Black. Nouvel An était passé. Trois semaines de réflexion, de doutes et de peur. Sa conclusion : elle l’aimait encore, et ça la tuait de le voir sombrer sans qu’elle ne puisse rien faire. Même son départ avait semblé vain : il n’avait pas été l’électrochoc attendu. Il fallait trouve une solution pour le faire revenir, pour l’éloigner des mangemorts. Sa seule peur : qu’il soit maintenant trop impliqué pour faire demi-tour. Quoique, n’était-il pas déjà trop tard avant ? Dès l’instant où il avait commencé à être mêlé à leurs affaires ? Encore une question en suspens et ces temps ci, il y en avait un peu trop.

Le pire dans cette histoire c’est qu’Alex lui manquait. Pas le Alex de Noël non, le Alex du début de leur colocation, le Alex dont elle était tombé amoureuse, encore une fois. Et puis, il manquait à Maddy également, qui ne cessait de le réclamer et de demander pourquoi elles étaient chez papy et mamie. Il était difficile d’expliquer la situation à une enfant de deux ans … Alors Iris se contentait de lui dire qu’Alex avait fait une grosse bêtise et qu’il fallait qu’il la répare. Ses parents essayaient d’en savoir toujours un peu plus, ne croyant plus vraiment à ses excuses d’il y a trois semaines. Mais, si jamais elle leur disait la vérité, elle pouvait dire adieu à Alex : ils appelleraient tout de suite les aurors pour le dénoncer. Ce serait la fin et Alex lui en voudrait sûrement à vie. Ce n’était pas ce qu’elle voulait : elle voulait simplement l’aider, même si elle était encore énervée qu’il choisisse cette solution de facilité quant à ses problèmes.

Ce jour là, après une après midi de cours, elle avait décidé de passer à l’appartement afin de récupérer quelques affaires supplémentaires : il lui fallait des cours, des jouets à Maddy, des vêtements et autres petites choses. Elle espérait ne pas croiser Alex, estimant qu’il était encore un peu tôt. Elle se demandait même si elle en avait envie : il lui manquait peut être, mais elle avait peur de découvrir ce qu’il était devenu en trois semaines. Elle s’en voudrait s’il avait pris la marque précipitamment à cause de son départ. Il était capable de tellement de choses stupides … Du coup, elle choisit exprès de passer alors qu’il devait être encore au travail. Sauf que visiblement, il n’y allait plus, puisque, quand Iris passa le pas de la porte, elle dû faire faire à Alex à l’autre bout du couloir. Elle se figea, par reflexe et détourna le regard. Il lui dit alors qu’il ne lui ferait pas de mal. Iris garda le silence, hésitant à transplaner ailleurs. Elle voulait cependant agir en adulte et faire preuve de maturité : elle ne prit donc pas la fuite. Alex continua de parler, sans qu’Iris l’écoute beaucoup. Il supposait bien de toute façon : Iris s’en alla vers sa chambre, passant donc tout près d’Alex.

Elle ne referma pas la porte derrière elle – vieux reflexe peut être – et embarqua un sac pour y mettre quelques vêtements, des livres de cours. Elle ferait de même dans la chambre de Maddy et s’en irait. Elle avait à peine remarqué qu’elle s’était mise à trembler. Alex lui manquait beaucoup plus que ce qu’elle ne pensait : ne pas se fondre dans ses bras alors qu’il était dans la pièce d’à côté était une vraie torture. Si elle se mettait à le supplier de quitter les mangemorts, cela fonctionnerait-il ? Elle en doutait franchement. Et si elle l’engueulait, encore, se rendrait-il compte que ce n’était pas fini pour elle ? Qu’elle espérait encore le sauver ? Surtout que, depuis ces trois semaines, elle avait apprit une nouvelle qui risquait de changer pas mal de chose mais, connaissant le raisonnement d’Alex, cela pourrait le pousser plus encore vers la magie noire pour protéger sa famille …
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Sam 30 Avr - 10:09
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❝ Est-ce un adieu ? ❞

Comment expliquer la situation dans laquelle je me trouvais alors qu’elle était dans sa chambre certainement en clôturant notre relation. J’avais la sensation d’un déjà vu alors que je perdais encore une fois celle que j’aimais. Peut-être étais-je en train de me voiler la face en croyant pouvoir les protéger toutes les deux en m’alliant aux mangemorts mais comme expliquer à quel point, si j’étais capable de maturité, j’étais aussi encore jeune face au diable habile dans ses mots. Je voulais les protéger. J’en avais fait mon devoir. Je savais que des mots ne suffisaient pas. Je voulais traiter les flammes par le feu sans comprendre que là non plus n’était pas la solution. Borné, aveuglé par mes sentiments, je me laissai sombrer. Si alors mes choix ne semblaient pas être les meilleurs, j’étais si borné, si amoureux, que je ne réalisai pas les dangers de mes choix pour l’ensemble du reste de ma famille : mes parents… ma sœur… mes tantes et oncles… mes cousins… Parce qu’encore une fois mon cerveau obéissait plus à mon cœur qu’à ma raison, je tanguais vers la voix de la trahison. Je ne réalisai pas mes actes, aveuglé par la haine et la peur. Je me laissai même séduire par certains idéaux qui ne me semblaient pas totalement stupides.
J’aurai alors pu peut-être revenir en arrière plus facilement il y avait quelques mois quand encore je semblais hésiter sur mes choix, quand encore j’étais fragile dans mes convictions. Aujourd’hui, certaines d’entre elles étaient en train de s’ancrer en moi. Je les laissais trouver leur place, se mêlant à mon propre vécu et balayant peu à peu toutes les valeurs de mon éducation. Aujourd’hui je n’étais cependant pas encore extrémiste. Que pourrait-on dire cependant dans un an ou même peut-être un mois ? La haine s’infiltre bien plus facilement dans les cœurs que le pardon ou la raison. Jeune et idéaliste, touché par une guerre qui me blessait du plus profond depuis la Nuit Rouge, je trouvais en les mangemorts, des personnes qui me comprenaient aujourd’hui bien plus que ma propre famille qui me jugerait certainement plus. La réaction d’Iris à ma révélation en était la preuve. Elle n’avait su accepter mes choix. Mon amoureux pour elle avait aussi rapidement grandit que mes convictions mais la déception et le sentiment d’abandon n’avait fait que les agrandir.
Aujourd’hui, face à cette situation, entre le désir de la retrouver et le savoir qu’elle n’accepterait jamais ma condition, je me sentais totalement prisonnier et démuni. J’aurai certainement peut-être réfléchi et changé d’avis quatre mois plus tôt avec un coup de pouce de mon père. Aujourd’hui, c’était différent. J’avais fait une chose qui me poussait à ne pouvoir aussi facilement reculer. J’étais plus impliqué que dans le passé et je ne pouvais changer d’avis en simplement m’excuser sur mes actes même si ce n’était qu’un accident. Une part de moi ne pouvait agir ainsi par moral sous peine de voir cet accident finalement plus comme un dommage collatéral qu’un acte qui a servi une cause importante à mes yeux. J’avais lutté dans le passé contre les dommages collatéraux de la guerre en voulant sauver le maximum de vie, ce qui a coûté la vie de Joanne. Je ne pouvais donc pas décemment changer aussi facilement d’avis. Ce n’était pas un jeu et j’avais au moins cette conscience morale. Mais au quel prix ? De faire plus de dégâts encore ?
Je n’étais cependant pas un homme parfait et même si mes convictions étaient plus qu’importantes pour moi et pouvaient valoir le sacrifice que j’étais en train de faire avec Iris, mon cœur lui, avait toujours su trouver le moyen de prendre parfois le dessus au risque de souffrir. Alors donc que je savais devoir la laisser partir, j’avais beaucoup de mal à m’y résigner une fois dans le même environ qu’elle.
J’étais dans le salon, assis sur le canapé, me prenant de nouveau la tête entre les mains en la sachant faisant un sac, peut-être le dernier avant la fin de notre liaison. Je regardai alors le cadre que j’avais reposé sur la table du salon. Est-ce que mes convictions valaient à ce point la peine ? J’avais refusé d’y penser. Je me croyais même capable d’un tel sacrifice.
Seulement Iris n’était pas un amour de jeunesse comme ce que j’avais ressenti dans le passé, aussi fort avaient-ils été. Cette relation n’avait pas de nom. Elle n’était pas plus importante mais tellement différente. Plus je regardai la photo s’animer, plus je repensais au fait qu’elle était dans sa chambre, si près de moi et pourtant si loin, et plus je sentais cette boule caractéristique au fond de la gorge de faire une énorme bêtise de la laisser si facilement partir sans lutter. Je disais l’aimer à un point inimaginable et je restai là, assis, sans rien faire. Quelle figure donnai-je de mes sentiments en agissant ainsi ? Etais-je simplement en train de lui prouver qu’elle n’était peut-être finalement qu’une relation de plus alors que ce n’était vraiment pas le cas. Je m’étais déjà battu un jour pour retrouver celle que j’aimais. Ça avait été un échec total. M’aimait-elle encore ? Avait-elle encore des sentiments pour moi ou était-elle simplement trop dégoûtée par mes choix pour ressentir encore quoi que ce soit ? Est-ce que le combat n’était-il pas perdu d’avance ?
Je regardai encore une fois la photo. D’un côté, j’avais Iris, qui ne pouvait accepter mes convictions mais que j’aimais plus que tout et de l’autre, les mangemorts qui eux, ne me fermeraient plus jamais la porte maintenant que je commençai à être des leurs. En soit j’étais confronté entre choisir la facilité ou le risque de tout perdre. J’avais déjà pris ce risque dans le passé et j’en avais vu le résultat. Ma raison – fallait-il pour une fois qu’elle se manifeste au mauvais moment ? – me poussait à la laisser donc faire son sac et partir.
Je me levai alors, ne supportant plus de rester assis à attendre. Je vins en direction de sa chambre pour parler sérieusement de notre rupture. Cela ne servait à rien de tourner autour du pot. Elle ne voudrait jamais de moi ainsi. Autant alors clarifier les choses entre nous plutôt que de laisser des non-dits en suspens qui devait la faire souffrir autant que moi. C’était un adieu.
Arrivé à l’encadrement de la porte, je la vis alors sur le côté, en train de ranger ses affaires. C’est en approchant tout en disant « Iris… » que je vis ses mains trembler. J’eus une drôle de sensation qui me freina. Elle ne se redressa pas vers moi. M’ignorait-elle simplement ou luttait-elle ? Je m’approchai encore pour poser ma main sur la sienne alors qu’elle était en train de mettre un haut dans son sac. Je le pris en douceur de ses mains alors que je la sentais tremblante. A partir de là, je ne réfléchissais plus, agissant par instinct. Tout ça était strictement ridicule. Je sentais qu’elle ne faisait pas cela parce qu’elle ne m’aimait plus mais parce que la situation devait l’effrayer autant pour Maddy que pour elle. N’était-ce pas à moi de la convaincre que c’était sans danger, que je l’aimais et qu’il était ridicule de se séparer alors qu’on avait tout pour être heureux tous les deux ? Quand je la voyais aussi fragile devant moi, je me détestai de la mettre dans un tel état. Je savais que la situation était de ma faute. Je ne voulais pas voir ces tremblements, simplement son sourire et sa confiance que j’avais peut-être perdue. Mais comment m’y prendre alors que même il y a moins d’une minute, je n’y croyais plus moi-même ?
Si je le pouvais, je voulais être là quand elle dormait ou encore quand elle se mettait à rêver. Je veux la voir encore grandir. Je veux la voir encore mûrir. Je veux être là pour Madeleine. Je voulais effacer les traces de ses craintes au fond d’elle. Je voulais être là chaque moment de sa vie. Je voulais qu’elle me regarde de la même façon que dans nos débuts avant mes errances. Je voulais que nous formions une famille à trois. Comment lui faire comprendre mes souhaits ? J’avais peur que les mots ne suffisent pas face à ce qui nous éloignait de nous.
Je posai son haut sur le lit en silence en gardant de mon autre main la sienne. Alors délicatement, comme si un geste brusque pourrait mettre un terme à nous, je la rapprochai de moi. Je la sentais cependant baisser les yeux. Ma main tenant la sienne glissa alors dans une douce caresse le long de son bras jusqu’à son menton que je relevai en douceur pour capter son regard dans le mien.
Je savais que là était notre faiblesse mutuelle. Elle me rappelait le premier jour et tous les suivants. Mon regard dans le sien, ma main se posa en douceur sur sa joue. Mon pouce la caressa délicatement.
De cet instant délicat, je savais que notre relation pourrait en dépendre. Le moindre mot pourrait faire pencher la balance un instant. Le moindre acte pourrait bouleverser notre histoire. En tremblais-je moi-même ? Je ne pourrai même pas dire si ma main avait cette légère vibration caractéristique de l’adrénaline que la situation nous imposait. Un mot… Lequel ? Que dire ? J’avais la sensation qu’un « je t’aime » ne suffirait pas, bien trop cliché dans cette situation. Parler était une chose mais quelle était la preuve que je pouvais lui fournir ? Quelle est la seule chose qui pourrait la faire douter ? La faire reculer dans ses retranchements et nous laisser une chance de ne pas en souffrir encore plus… J’aimerai tant lui dire de choses sans pour autant savoir que dire. Elle me manquait. Sans elle je me sentais perdu. Je ne supportai pas son départ. Mes lèvres tremblèrent légèrement. Je posai finalement mon front contre le sien en fermant les yeux. Mon pouce ne cessait de caresser sa joue.
Notre éloignement devenait un véritablement cauchemar. Parfois je regrettai de ressentir autant de haine qui me poussait à la perdre. Comme j’aimerai parfois user d’un simple sort d’oubliette pour lui faire tout oublier mais je ne pouvais lui mentir. A elle, je ne pouvais faire une telle chose. Elle était la seule avec qui je m’en sentirai totalement incapable.
Poussé alors par l’incapacité de savoir quoi lui dire en premier, je finis par caresser doucement son nez du mien. Restait-il un espoir ? Suffisamment de sentiments ? Je savais qu’Iris ne pourrait me mentir face à ce que j’allais faire.
Ma main sur sa joue, mon nez caressant le sien, je laissai mon cœur parler en approchant mes lèvres des siennes… pour me stopper au dernier moment. Est-ce un remord, un doute, un raison encore stupide qui m’empêcha d’aller jusqu’au bout de mes pensées ? J’avais presque la sensation que ce geste n’était plus de mon droit. Je ne voulais pas la corrompre de cette façon. Je ne voulais pas lui manquer de respect en tant de la faire revenir par un baiser. Elle devait choisir seule. J’eus alors un léger sourire, si proche d’elle :
« Te souviens-tu de la glace que nous avions mangé ensemble avec Maddy… Cela même qu’elle m’avait mis sur le nez ? »
Pourquoi, à un tel moment aussi crucial, je venais à parler du passé au lieu de lui faire milles promesses (que je ne pourrais peut-être même pas tenir) sur l’avenir ? A cet instant de notre vie, nous commencions à nous rapprocher et nous étions heureux. C’est à l’un de ces moments notamment que j’ai commencé à vraiment tomber amoureux d’elle. Notre histoire d’adolescence n’avait strictement plus rien avoir. Si dans le passé, je n’avais ressenti qu’une légère attirance mais surtout une amitié indestructible, ce jour, les choses étaient en train de basculer. Ce n’était qu’une simple balade dans les rues de Londres par un beau temps. Nous étions trois. Nous avions chacun notre glace et alors que la mienne était terminée, j’avais voulu embêter la petite en faisant mine de vouloir lui manger sa glace. Tout enfant aurait peut-être fait une crise ou aurait simplement pleuré. Maddy m’avait mis la sienne violemment dans le nez pour partager. La petite ne l’avait pas fait exprès mais qu’est-ce qu’on avait ri tous les trois !
Aujourd’hui j’aspirai à ces moments. J’en rêvai chaque nuit. Je voulais retrouver ce que j’avais perdu. Je ne voulais pas d’une autre histoire. Je voulais la nôtre avec ses hauts et ses bas. Je voulais alors croire que ce n’était pas terminé et que nous étions seulement en train de vivre une très mauvaise passe. Est-ce que cette relation y survivra-t-elle ? Nos sentiments étaient-ils assez forts ? Arriverons-nous à le surmonter ? Je ne pouvais malheureusement pas lutter seul mais je pouvais lui tendre la main et espérer qu’elle la prenne.
« Prend une glace avec moi ce soir… » lui demandai-je alors.
C’était de la pure folie. Nous étions après tout au mois de Janvier mais ça me ressemblait tellement. Je ne voulais cependant pas revivre le passer. Simplement créer un nouveau souvenir avec elle, celui qui peut-être, nous permettrait de surmonter ensemble le mur qui semblait se dresser entre nous.
Je déposai alors un long baiser sur son front avant de me reculer :
« Je ne veux te forcer. Si tu estimes que ce sac doit être rempli maintenant alors je ne discuterai pas et te laisserai partir. Mais… tu peux aussi le faire plus tard… lui proposai-je. … ce soir… demain… dans une semaine… dans un mois… dans un ans… dans dis ans… le jour où nous choisirons de partir en voyage en famille… le jour où nous déménagerons pour plus grand… le jour où tu devras te rendre à Sainte-Mangouste pour notre deuxième enfant… notre troisième… qui sait, peut-être même le quatrième ! dis-je en souriant légèrement.
Ce que je lui proposai n’était pas de faire de cet acte, soit de faire sa valise, un acte négatif mais plutôt positif tout au long de notre vie. J’avais conscience de mes mots. Je ne les disais pas à la légère. Je ne les formulai pas simplement pour qu’elle ne me quitte pas. Je les pensais réellement.
Ce que j’avais ressenti depuis trois semaines n’avait rien à voir avec ce que j’avais déjà ressenti. La douleur s’estompe normalement avec le temps. On se fait une raison. La mienne n’était qu’un fer laissé à blanc, une plaie qui ne pouvait cicatriser. Je la sentais s’infecter jour après jour loin d’elle. Mes rancœurs grandissaient. Combien de temps avait que je ne tienne pour responsable Hellson de cela aussi ? Après tout, sans son existence, je ne le haïrai pas. Je n’aurai donc pas perdu Iris. Quelle ironie… Sans lui, alors que je ne m’en rendais même pas compte, je n’aurai finalement peut-être jamais connu cet amour. Mais comment voir le positif quand tout semblait mal tourner ? Comment se rendre compte de la manipulation des autres quand le cœur saignait de haine ?
Je n’avais jamais autant réalisé la chance que j’avais avant le départ d’Iris. Ce que j’avais construit avec elle était unique. Nous prenions notre temps. J’avais comme la sensation que ce n’était que la continuité logique de notre première relation. Nous étions cependant trop jeunes encore pour cela.
Je ne lui demandai alors pas dans mes mots d’avoir des enfants maintenant. Là n’était pas mes propos. Je lui exprimai simplement la place qu’elle avait à mes yeux. Elle n’était pas importante, elle m’était indispensable. Ma famille, aujourd’hui, c’était elle. Ma maison était son cœur. Je ne voulais rien bousculer. Nous avions tout le temps et toute notre vie mais là, devant moi, si je lui exprimai de tel propos, c’était pour lui faire comprendre qu’elle devait s’accrocher et ne pas abandonner.
« Ce que j’essaie de te dire c’est que… je veux juste être avec toi et faire de ce sac un symbole de bonheur et non celui qu’il semble prendre. Alors laisse ce sac… laisse tout. Rejoins-moi pour cette après-midi. Passons du temps ensemble juste toi et moi et ce soir, si tu veux toujours partir, tu partiras. »
Je savais que la partie n’était pas gagnée et qu’elle n’allait pas se jeter dans mes bras comme ça mais j’espérai au moins qu’elle saisisse la main que je lui tendais pour donner une chance à notre avenir ensemble…
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Iris Prescott
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Mar 3 Mai - 20:38
Ignorer Alex était encore la solution la plus simple pour Iris, en théorie du moins. Il fallait pourtant qu’elle se construise une armure, un bouclier suffisamment efficace pour ne pas céder à ses sentiments, à cette envie de le prendre dans ses bras. Elle était là pour embarquer des affaires, non pas pour revenir pour de bon. Elle gardait en tête le fait qu’elle ne pouvait plus fréquenter Alex tant qu’il serait du côté des mangemorts et ce pour son propre bien et pour celui de sa fille. Elle devait agir en tant que mère et mettre ses sentiments pour Alex de côté : sa priorité était sa fille et son avenir. Alors, quand Alex entra dans sa chambre, elle ne releva pas la tête vers lui et continua de plier ses vêtements pour les ranger soigneusement. Elle savait que c’était lui : elle connaissait encore par cœur le bruit de ses pas. Résister n’était pas aussi simple, elle se surprit même à trembler légèrement. Ce fut seulement lorsqu’il se rapprocha et qu’il l’amena vers lui qu’elle fut forcée de le regarder. Elle essaya pourtant de mettre un voile sur ses yeux pour ne plus le voir comme le Alex qu’elle aimait mais comme un mangemort à fuir à tout prix. Elle n’y arriva pas, encore moins lorsqu’il se rapprocha encore un peu plus pour l’embrasser. Il s’arrêta néanmoins et Iris ne pouvait que l’en remercier : ça lui évitait la lourde tâche de le repousser.

Alex évoqua alors un vieux souvenir de l’été dernier, où Maddy avait voulu partager sa glace avec son parrain mais, ne mesurant pas suffisamment la force de ses mouvements, elle avait envoyé la glace dans le visage d’Alex. Ils avaient tant ri ce jour là … Ils n’étaient pas encore ensembles, Alex ne s’était pas mis en tête qu’il fallait qu’il protège sa famille. Iris essaya d’effacer cette vision le plus rapidement possible : elle devait rester forte. Elle comprenait ce qu’Alex essayait de faire : il voulait la faire revenir, jouant sur leurs souvenirs passés. Dans un sens, cela prouvait qu’il ne voulait pas la laisser partir. Il n’acceptait pas leur rupture – si on devait appeler ça ainsi – et il voulait la garder auprès de lui. Il lui proposa de prendre une glace avec lui. Iris baissa les yeux : elle ne pouvait pas prendre une glace innocemment avec un futur mangemort. Elle ne pouvait pas faire comme si de rien était. Les faits étaient là : Alex n’était pas prêt à quitter les mangemorts pour elle. Elle admettait volontiers que ça ne serait pas facile : ils étaient sans pitié et peu réputés pour laisser partir ses membres. Mais Alex était entouré d’une famille forte et puissante, capable de le protéger de tout ça. Un seul détail néanmoins : il risquait de se prendre une bonne gifle dans la figure à la minute où son père l’apprendrait. Mais ce n’était qu’un détail en soit.

Le cœur d’Iris rata un battement lorsqu’il parla de futurs enfants, de leurs futurs enfants. S’il savait … Mais elle ne pouvait pas le lui dire. Pas maintenant, pas comme ça. Ce serait égoïste, d’autant plus qu’elle ne savait pas ce qu’elle allait faire : elle n’avait pas prévu d’avoir un autre enfant aussi tôt, elle voulait d’abord profiter de ce qu’il lui restait de sa jeunesse, elle voulait se créer une situation stable et un futur prometteur avant. Elle n’avait pas non plus envie de se servir de cet enfant comme une monnaie d’échange pour faire revenir Alex du bon côté. Il était inutile de lui en parler aujourd’hui, d’autant que le but de cette fin de journée avait été de prendre ses affaires et retrouver sa fille chez ses parents. Avec Alex qui insistait cependant pour qu’elle reste un petit moment avec lui, elle décida de lui répondre, le ton montant d’un cran. Histoire de ne pas se défouler sur lui non plus, Iris s’acharner pour faire rentrer ses dernières affaires dans son sac.

« Tu es chiant Alex. Ce n’est pas comme si c’était facile pour moi de faire mes affaires et tu viens me parler d’enfants, de maisons, d’avenir ! Tu n’as pas le droit de me dire tout ça, de me faire culpabiliser en me rappelant l’avenir qu’on aurait pu avoir tous les deux. C’est de ta faute si on en est là. C’est toi qui a décidé de rejoindre les mangemorts en sachant pertinemment ce que j’en penserais, ce que tout le monde en penserait. Ce sac, si je le fais, c’est à cause de toi. »

C’était tellement plus facile de l’accuser de tous les maux … Au moins, ça lui évitait de penser qu’elle l’aimait encore beaucoup trop. Elle balança d’ailleurs le sac sur son lit, celui ci rebondissant à l’impact. Elle croisa les bras, reculant d’un pas afin de le regarder et de ne pas céder à la proximité.

« Je voudrais bien passer cette journée avec toi. Mais, j’ai peur de me rendre compte que tu as trop changé pour que je revienne, pour qu’on continue comme avant. »

Elle baissa alors la tête, attrapa le sac qu’elle avait posé sur le lit et sortit de sa chambre pour passer dans celle de Maddy. La proposition d’Alex était tentante mais était-ce vraiment raisonnable ? Cela pourrait toujours être sa dernière chance de le convaincre de faire marche arrière … Et si là, elle n’y arrivait pas toute seule, elle irait chercher de l’aide.
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Mer 4 Mai - 19:13
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❝ Une culpabilité ancrée dans le coeur ❞

J’avais toujours eu un don pour convaincre assez facilement ceux que je voulais. Combien de baratin pour pouvoir embrasser une fille avais-je fait dans le passé ? Je ne lésinais pas sur mes mots pour obtenir ce que je voulais. J’étais le pro pour raconter des histoires. Je mentais même assez facilement à ceux que je voulais aujourd’hui. Et pourtant quand je regardai Iris dans les yeux, je me sentais complètement démuni. Elle avait ce pouvoir sur moi que je ne pouvais contrôler. Amoureux de cette femme, je la regardai et je voyais le passé heureux qu’on ait quitté autant de ma faute que de la sienne. Mon erreur avait été de croire qu’elle accepterait… Son erreur avait été de me quitter. Notre erreur était de nous aimer. Tout serait certainement plus simple sans sentiments mais que serait la vie sans ce qui fait battre un cœur et rend sa raison invalide ?
Je regardai Iris et j’avais la sensation de voir un avenir qui me filait entre les doigts. Tout cela pour quoi ? Un monde meilleur ? Une vengeance ? Un simple besoin de laisser la rancune parler ? L’amour contre la haine, je laissai ce dernier dicter mes actes au risque de moi-même devenir ce que je combattais. J’étais déjà en train de changer…
Je revoyais encore ce moment où elle me regardait dans les yeux avant de prendre Maddy et partir. Je voulais faire comme si je ne ressentais rien. Je voulais faire comme si ça ne m’atteignait pas mais à chaque fois que je regardai une photo, à chaque fois que je rêvai, mes sentiments me renvoyaient mon erreur en pleine figure. Je ne cessais de penser à elle, je pensais à elle, je la voyais partout. Il me suffisait d’un rien pour laisser mon esprit revenir à ce passé joyeux.
Depuis son départ, je m’écroulai. Je voulais oublier. Je me laissai aller et je sombrai. J’avais alors essayé de me faire une raison sans me battre. J’avais essayé de m’évader dans des missions qui ne me ressemblaient pas. J’avais noyé la douleur dans des convictions qui ne m’avaient jamais appartenu. Je trouvais tous les tords à un seul homme. Je me servais de ma haine et des raisons que je me trouvais pour justifier mes actes. Cet homme avait tous les défauts ou du moins il m’offrait de quoi changer. La haine pouvait perdre un homme. Je voulais débarrasser le monde de cet homme. Je commençais à haïr les personnes qui le suivaient. Je voyais même les sangs moldus comme un danger. Je commençais à croire en la pureté du sang. Je perdais pied. Sans Iris et Maddy pour me rappeler que la vie n’était pas que haine, je me sentais seul et perdu. Je recevais chaque conviction des mangemorts. Je les adoptai peu à peu. Combien de temps avant de tenir le discours qu’il était normal qu’un sang moldu meurt parce qu’il refuse de se plier à la suprématie du sang ? Combien de temps avant de n’être plus que le monstre que je voulais combattre ?
Quelle ironie de dire que son départ m’avait fait plonger. Qu’en serait-il cependant si elle revenait ? Changerais-je d’avis ? Est-ce que cela serait si simple ? Une haine longtemps entretenue ne s’efface pas si facilement. Elle allait plus loin qu’Iris ne pouvait l’imaginer.
Et pourtant j’avais des moments où je n’étais pas aussi perdu. Loin d’être la cause perdu que pourrait l’être en comparaison mon cousin Harry en amour, j’avais encore des réflexes, des actes instincts qui laissaient un espoir. Je commençais à être capable de tromper et trahir ma famille. J’avais même tué par accident. Mais serais-je capable de trahir le seul être sur cette Terre qui avait rallumé cette étincelle qui avait permis ensuite à des sentiments de naître pour sa mère ?
C’était comme se retrouver dans les ténèbres, le noir complet et d’un seul coup, en un sourire innocent, apercevoir une lueur au loin. Suivant la lumière, combien de fois la lueur de cette petite bougie fut éteinte par ceux qui ne veulent pas me permettre de retrouver la lumière ? Et de cette petite bougie, j’avais découvert une lumière plus grande en Iris. Loin de moi, comment retrouver cependant mon chemin ? Je devais simplement fou dans mon coin, seul et devant garder à l’esprit cette haine qui était la seule à me faire avancer.
Alors quand, si proche d’elle, à côté de ce lit et de cette valise, je lui demandai ce moment entre nous c’était comme un appel à l’aide inconscient de retrouver cette lumière. Je gardai alors sur moi la douleur. Je refoulai la hantise d’un refus. Je ne pensais même pas aux larmes qu’elle pourrait provoquer par son départ sans un regard. Cette dernière larme avant de me refermer sur moi-même et de commettre un acte de trop : le tatouage qui marquerait un tournant de ma vie.
Ne disait-on pas que tant qu’il y avait de l’espoir, il y avait de la vie ? Le mien était lisible dans mes yeux et se rallumant à ses premiers mots pourtant négatif. Je la connaissais. Le fait de me traiter de « chiant » était la preuve même que je venais de toucher un point sensible et dès cet instant je retrouver d’une petite étincelle au loin qui me soufflait de ne pas lâcher pour la faire grandir de nouveau.
« Ce n’est pas comme si c’était facile pour moi de faire mes affaires et tu viens me parler d’enfants, de maisons, d’avenir ! Tu n’as pas le droit de me dire tout ça, de me faire culpabiliser en me rappelant l’avenir qu’on aurait pu avoir tous les deux. »
Et qu’on pourrait avoir ensemble encore… Si seulement elle me laissait le temps de parler, de lui expliquer, de la convaincre de revenir. Je voulais cependant croire qu’il était encore temps. Si elle n’y croyait plus elle-même, elle se serait simplement écartée d’un « non » avant de partir de cette pièce. Je la connaissais. Je sentais une faiblesse de sa part mais aussi une infime ouverte. J’espère alors pouvoir la saisir au vol pour lui dire à quel point elle était importante pour moi.
« C’est de ta faute si on en est là. C’est toi qui a décidé de rejoindre les mangemorts en sachant pertinemment ce que j’en penserais, ce que tout le monde en penserait. Ce sac, si je le fais, c’est à cause de toi. »
Je savais pertinemment la raison de son départ. Ce qui la gênait, ce qui lui faisait peur étaient mes choix. Comment alors la convaincre que c’était sans danger pour elle ou pour Maddy. Je ne permettrais jamais personne les toucher d’un seul cheveu. Elles étaient tout pour moi et le Lord n’était pas assez fou pour faire une telle chose alors que je jouais le jeu depuis le début. Ma fidélité ne dépendait que de l’assurance de savoir les filles en sécurité. Je ne pouvais rien demander pour mes parents étant donné leur propre lutte contre les mangemorts mais Iris et Maddy n’étaient pas des personnes gênantes dans l’ascension du Lord. Iris était même de sang pur et je connaissais des sangs mêlés dans ses rangs. J’avais la naïveté donc de croire pouvoir les protéger aussi facilement sans comprendre que la véritable protection la plus importante n’était pas celle physique mais bien morale…
Iris balança alors le sac sur son lit. Je ne fis pas attention au rebond. Je la regardais uniquement. Elle croisa les bras, recula d’un pas et me regarda. Je ne prenais pas cet éloignement pour du dégoût mais comme un sentiment d’avoir peur de céder. Je commençais à reconnaître les émotions de son regard et ses façons de réagir. Je ne prétendais pas la connaître par cœur mais je pouvais avoir la chance d’arriver à quelques bonnes déductions. M’aimait-elle encore ? Je voulais croire que c’était le cas mais je savais que l’amour, pour Iris, ne suffirait pas à la convaincre. Sa fille était sa priorité. A moi de lui faire comprendre que nous étions deux sur cet avis.
« Je voudrais bien passer cette journée avec toi. »
Si une part de moi avait envie de faire la danse du singe fou, celui que mon père m’avait appris un jour pour symboliser la danse de la victoire ou simplement remuer de la queue en animagus (encore une connerie apprise avec mon père). Je me retenais de tout débordement. Je notai bien ce putain de conditionnel « voudrais » oui… « voudrais » a, i, s… saleté de « s » qui sans sa maudite présence très clairement évoquée par le ton qu’utilisa Iris pour s’exprimer ses mots, me ferait potentiellement partir victorieux. Mais non… ce « s » qui me les cassait joyeusement, insinuait bien trop un « mais » qui allait me faire péter un câble.
« Mais, »
Et voilà ! Qu’est-ce que je disais ! Le « Mais » qui veut très clairement dire : Je t’aime, tu me manque MAIS tu as fait une grosse boulette et je ne cèderai pas. J’avais cette sensation d’être à deux doigts d’obtenir ce que je voulais sans y arriver. C’est comme voir votre père vous tendre une chocogrenouille pour vous faire saliver, vous laisser la toucher des doigts avant de la manger sous vos yeux non sans hilarité ! J’avais cette affreuse sensation d’être là, face à ce que je désirai le plus et pourtant ne pouvoir l’obtenir juste parce que j’avais été trop con non pas pour avoir choisi d’être mangemort mais de simplement lui avoir dit. Pourquoi suis-je trop faible avec celle que j’aime ?! Pourquoi ne puis-je pas tenir ma langue ? Pourquoi ne puis-je pas simplement me contenter de mentir ?!
« j’ai peur de me rendre compte que tu as trop changé pour que je revienne, pour qu’on continue comme avant. »
Face à sa révélation, je ne fus un instant bloqué sur place. J’avais cette peur de la décevoir une deuxième fois qui naissait au fond de moi. La raison en était mon erreur lors de cette nuit de mission où j’avais tué cet homme sans le vouloir. Je n’avais voulu encore y penser. Je n’avais même pas voulu me le reprocher. J’avais agi comme si ce n’était pas de ma faute, comme si j’étais incapable de faire une telle chose. Mais les faits étaient là. J’avais voulu accomplir une mission et au nom du Lord j’avais fait ce pour quoi je m’étais battu durant un an et pour quoi Joanne était morte : j’avais moi-même fait un mort par dommage collatérale simplement. Avais-je changé ? J’avais refusé d’y penser mais depuis je ne pouvais plus me regarder dans un miroir. Pire, j’avais la sensation d’avoir franchi une étape sans retour. Comment réagirait-elle si elle apprenait cela ? Elle ne voudrait certainement plus me voir et cette idée m’était totalement insupportable.
Elle baissa alors la tête et démuni face à cette remarque, je la regardai prendre son sac et sortir de la chambre, me laissant là. Je comprenais alors avoir commis une erreur de trop qui m’éloignait plus d’elle encore sans qu’elle ne sache. Je tournai alors le visage vers la fenêtre où la neige tombait de son manteau blanc sur l’extérieur. Le temps était simplement gris et le brouillard était lisible à certains endroits. J’avais la sensation que le temps reflétait l’échec de ma vie sentimentale avec Iris. Comment repartir sur de bons pieds avec elle en sachant ce que je savais ? Je tournai en rond dans mon esprit. Je cherchai une solution mais à chaque fois que je lui disais je la voyais partir définitivement. J’en tremblai intérieurement.
Je ressentais mon premier remord par amour, me laissant un goût amer et une boule au fond de la gorge. L’amour m’apportait des émotions que je m’étais interdit jusqu’à maintenant me rendant plus humain.
Je quittai alors la chambre sachant pertinemment qu’elle devait être dans celle de Maddy. Allais-je alors être adulte et raisonnable ou faire encore le con ? J’étais prisonnier entre ma haine et mon cœur. Perdu, je ne savais plus quoi faire. Lui promettre que tout ira bien et fuir la réalité ? Me conduire comme un enfant et laisser mes passions, bonnes comme mauvaises, nous détruire ? Je ne voulais pas la perdre. Que devais-je faire ? Tout arrêter ? Je ne le pouvais. Pas après ce que j’avais fait. C’était impardonnable. J’allais la perdre…
Arrivant à la porte de la chambre de Maddy, je restai au niveau de l’encadrement. Elle était en train de prendre des affaires à Maddy. Je passai alors ma main dans mes cheveux d’un air désemparé face à la situation. Comment me sortir de cette impasse ? C’était comme choisir entre la haine et l’amour et je ne me sentais pas capable d’un tel choix… J’avais la sensation que c’était au-dessus de mes forces. J’avalai alors difficilement ma salive avant de lui dire :
« J’ai tué un homme… »
Que dire de plus ? J’avais la gorge nouée. Ma voix avait été tremblante. Je n’avais jamais été dans un tel état. C’était un accident ? Ça n’excusait pas cet acte. J’avais tué un homme et si j’avais refusé d’y penser jusque-là, face à Iris, je me rendais compte à quel point je ne pouvais plus reculer, je ne pouvais pas simplement renoncer. Est-ce comme ça que j’avais décidé de la récupérer et la convaincre ? Si j’avais voulu précédemment la retrouver, ses mots m’avaient fait prendre conscience que ce rêve était tout bonnement impossible. Comment pourrait-elle accepter un assassin pour petit ami pour elle et parrain pour sa fille ? Je ne pouvais pas lui mentir. Je l’aimais bien trop pour cela. Je refusai de me jouer d’elle. Je savais qu’en lui disant la vérité, je lui laissais son libre-arbitre en sachant que j’avais foutu en l’air notre histoire à peine commencée.
Cette idée me faisait rager. J’avais les mains tremblantes. Elles se resserraient dans un poing pour le cacher alors que je détournai finalement le regard pour fuir le sien. Je ne voulais pas voir la déception dans son regard. Je ne voulais même pas y lire le dégoût. Ma mâchoire se resserrait. Je la fermai si fort pour retenir ce que je gardai tout au fond de moi. La culpabilité était là et j’étais face à mes actes sans avoir su le retenir au plus profond de moi en entendant ses mots.
Tant d’épreuves gardées au fond de moi. Jamais je ne lui avais parlé ouvertement de ce qui me détruisait de l’intérieur. Je n’avais été que rancœur et détermination mais jamais au grand jamais je n’avais parlé à personne de ce qui m’assassinait de l’intérieur soit toutes ces culpabilités face à mes différents échecs. Je n’avais su protéger Joanne… Je n’avais su éviter le pire pour ce membre de l’ordre… Je n’avais pas été assez fort pour sauver à temps mon père pour lui éviter ces défauts de mémoire. Je n’avais pas été à la hauteur. Je ne le serrai jamais. J’avais trouvé un bouc émissaire mais le seul coupable n’était que moi et mon incapacité à protéger mon entourage ou lui éviter le pire.
Tout n’avait que commencé par un deuil que je n’avais jamais fait. La seule chose que j’avais su dire sur la tombe de Joanne était un simple « je te vengerai ». Ses parents m’ont certifié ne pas m’en vouloir mais je n’avais su faire face à cette culpabilité. Puis je suis parti aux States pour m’écarter de tout cela sous les conseils de mon père. En revenant, si je commençais à trouver un moyen d’avancer et me pardonner, la disparition de mon père n’avait fait qu’amplifier ma culpabilité mois après mois de ne pas avoir été là pour l’aider. Je n’arrivai pas à me pardonner… Je n’y arrivai pas. Alors je laissai la haine me ronger, me dévorer de l’intérieur et dicter mes actes pour me pousser à la faute et alourdir la peine que je m’infligeai moi-même.
Je sentais mes yeux humides. Je n’avais jamais pleuré. Pas une seule fois. Je m’étais fait la promesse de ne pas être aussi faible. La gorge serrée, je relevai alors le regard vers Iris. J’aurai tellement rêvé pouvoir lui offrir la vie mais je savais que je ne lui apporterai que la mort.
J’aurai alors aimé en cet instant blâmer Hellson mais je n’y arrivai même pas. Je savais que l’unique coupable n’était que moi et ce foutu sort que je n’avais pu retenir. Je me dégoûtai… J’avais cru pouvoir rêver d’une simple glace mais je ne pouvais revenir en arrière. J’avais la sensation qu’il était trop tard, même si une part de moi aurait pu peut-être le vouloir. Qui me pardonnerait de toute façon d’un tel acte ? Ne me restait plus que ma rancœur. Je devais aller jusqu’au bout pour ne pas faire que la mort de Joanne ou de ce membre de l’ordre du phénix ait été vain. Je n’avais pas le droit de leur manquer autant de respect…
J’avais ce cruel problème de ne pas arriver à me tourner vers l’avenir mais regarder vers le passé. J’avais cru un instant peut-être réussir à me sortir de ce cercle infernal mais Iris était partie et aujourd’hui je savais, après ce que je lui avais dit, qu’elle ne reviendrait jamais. Je n’avais rien à quoi me raccrocher vers l’avenir et me pardonner de choses qui n’étaient finalement que des accidents mais qui me rongeaient complètement de l’intérieur et que je ne pouvais extérioriser. Je m’interdisais de sortir ce que je retenais sur le cœur depuis si longtemps et qui me poussait à haïr et commettre des gestes qui ne me permettront jamais un retour. Je me sentais responsable des morts de la Nuit Rouge qui étaient avec moi. Je me sentais responsable de ceux que j’avais vu mourir entre mes bras lors de mes missions pour protéger mon prochain. Je me sentais responsable de la mort de Joanne. Je me sentais responsable du long kidnapping de mon père. Je me sentais responsable de la mort de ce membre de l’ordre du phénix. Et je portai tous ces maux sans ne l’avoir jamais confié à personne au risque d’imploser. Et tout cela parce que contrairement à ce qu’on pourrait croire ces derniers temps, j’avais trop à cœur les autres encore. Mais combien de temps avant que ce sentiment de culpabilité soit bien trop insupportable pour que je ne finisse simplement par commettre l’irréparable, le seul acte pour lequel jamais je ne reviendrai ?
« Alors prend les affaires de Maddy et toi et disparaît avant que je ne sois aussi responsable de votre mort… »
Ce n’était pas une menace, mon ton était celui d’un homme qui avait la sensation de perdre le contrôle sur toute sa vie et qui ne savait pas comment s’en sortir. J’étais sur le point d’imploser. Je ne voulais pas craquer devant elle, qu’elle voit dans quel état j’étais intérieurement. Ça me rongeait de l’intérieur. J’avais cette haine qui me dépassait et que je n’arrivais pas à m’en débarrasser. Ça me pourrissait de l’intérieur et je ne voulais pas céder devant elle. Et pourtant Merlin savait que c’était peut-être la seule chose qui pourrait me sauver… Je sortais alors de la pièce, les mains tremblantes pour me diriger vers la chambre. Le mieux était de ne pas la voir partir. Cela me détruirait.
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Iris Prescott
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Dim 19 Juin - 21:57
Iris pliait quelques vêtements de Maddy, essayant de ne pas céder à la tentation de rester pour la journée. Ce n’était pas raisonnable et ça n’arrangerait pas les choses : Alex pourrait penser que le fait qu’il soit mangemort était acceptable tout compte fait. Ce n’était pas le but. Il fallait qu’elle tienne bon. Alors, elle passait un peu ses nerfs sur les affaires de Maddy, jetant à la hâte les dernières affaires qu’elle voulait prendre. Et puis Alex lui avoua une chose horrible. Quelque chose dont elle ne le croyait pas capable. Elle s’arrêta dans son mouvement, comme si elle venait de geler sur place. Avait-elle réellement entendu ? Pourquoi lui disait-il ça maintenant ? Ce n’était vraiment pas le genre de chose qui la convaincrait de rester, il devait le savoir. Elle n’arrivait même pas à se retourner vers lui, cette annonce la dégoûtait. Si cet aveu semblait douloureux, c’était sûrement parce qu’il avait tué un innocent et pas un mangemort qui l’aurait peut être mérité d’une manière ou d’une autre. Alex avait franchi un cap et Iris ne se sentait plus capable de l’aider. Du moins, pas toute seule. Il lui faudrait du soutien, des personnes de confiance prête à ramener Alex du bon côté, à lui faire oublier ses idées loufoques, ses envies de protéger tout le monde et détruire les anarchistes à n’importe quel prix. Elle avait déjà quelques noms en tête : Alex serait certainement contre. Il lui avait demandé de garder sa situation secrète. Elle en était tout bonnement incapable. Elle n’arrivait pas à gérer ça toute seule, il était déjà allé trop loin en tuant cet homme. Qui sait ce qu’il serait amené à faire d’autres … Il faudrait agir, et vite. Tant pis si au final, il lui en voudrait. Mais Iris comptait bien ne pas rester les bras croisés, à le regarder sombrer encore un peu plus.

Pour le moment, il fallait qu’elle s’éloigne. Elle ne pouvait pas se permettre de rester. C’était en partie à cause d’elle qu’il avait été tenté de rejoindre les mangemorts, pour la protéger. Si elle lui montrait que ce n’était pas ce qu’elle lui demandait, peut être qu’il finirait par comprendre de lui-même qu’il avait fait une réelle bêtise. Ou pas : la réflexion et Alex, ça faisait pas bon ménage visiblement. Iris ferma le sac, bien rempli d’affaires pour elle et Maddy. Sa décision était prise : elle ne passerait pas cette journée avec Alex. Il reprit d’ailleurs la parole, avec des mots plus exaspérants les uns que les autres. Comme s’il pouvait être responsable de leur mort … C’était le mot de trop et Iris suivit Alex en sortant de la chambre. Pour qu’il l’écoute, et parce qu’elle avait besoin de passer ses nerfs sur quelque chose, elle lui donna un coup de sac sur l’épaule.

« Je pars parce que je refuse d’avoir un quelconque lien avec les mangemorts. De même pour Maddy. Je t’interdis de la voir tant que tu n’as pas retrouver un raisonnement correct. J’espère que tu auras au moins assez de respect pour moi et pour elle pour accepter ça et t’y soumettre. Je déteste ce que tu deviens, sache le. Si j’avais su qu’on en serait là aujourd’hui, que ton amour pour moi te conduirais à rejoindre les mangemorts, jamais je n’aurai accepté cette collocation. »

Elle maintenait une distance entre elle et lui, afin qu’il ne la touche plus. Elle ne voulait pas revenir sur ses mots ou céder à une pulsion. Elle soupira, passa une main contre son front et continua, même si ça faisait mal.

« Je ne veux pas de ta protection si ça veut dire que tu dois devenir mangemort et tuer des hommes innocents. C’est mal, Alex, et je ne comprends pas pourquoi tu ne le vois pas. Je ne peux pas passer cette journée avec toi et je n’en passerais aucune autre tant que tu seras chez les mangemorts. J’ai pris ma décision et je ne reviendrais pas dessus. Tu parles de nous protéger Maddy et moi, mais tu fais tout le contraire. »

Sur ce, elle tourna les talons. Il ne fallait pas qu’elle le regarde, même pas une dernière fois. Ni qu’elle attende qu’il se justifie encore. Il serait bien capable de trouver les mots pour la faire céder. Quant à cette autre histoire qui risquait de tout compliquer encore, Iris décida de garder ça pour elle. Il valait mieux pour le moment.

« Adieu, Alex. »

Iris finit par transplaner, emportant avec elle ses affaires et la conviction qu’elle ne pourrait pas aider Alex toute seule.
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