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your first name is free, last name is dom | Lydwine

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Connor Sainclair
Archéomage
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Mer 11 Mai - 19:07

Connor & Lydwine
« Votre jeunesse et votre sincérité. C'est peu pour
s'en aller dans les méandres du monde. »
- Marie Lefranc




Le Pré-au-Lard devait certainement représenter tout un tas de choses pour les étudiants de Poudlard. Un lieu de vie, une bouffée d’air frais lors de longs week-ends de révision, l’endroit des virées entre amis et des premiers baisers, un lieu où faire des emplettes urgentes ou boire un verre, flâner, oublier les cours, rêver d’un monde plus grand. En déambulant dans les rues du village, où il n’était pas rare de croiser des élèves par grappes de deux à quatre, parés d’écharpes aux couleurs de leur Maison, Connor ne parvenait à s’empêcher de se demander quelles pensées pouvaient bien s’agiter derrière ces minois juvéniles. Quels étaient donc leurs aspirations, leurs soucis, leurs envies, leurs projets ? Côtoyer son neveu, Arthur, lui en donnait une vague idée, quoi que les confessions du Serdaigle aillent en priorité à son cher père, mais le sorcier gardait malgré tout l’impression agréable de pénétrer en terrain inconnu, sur des terres régies par des principes dont sa propre adolescence était demeurée vierge. Comme à plusieurs reprises déjà depuis l’école de magie écossaise était entrée dans sa vie, en tant que lieu de travail de deux amies et résidence de son neveu adoptif la plupart du temps, Sainclair se demanda ce qu’aurait pu être sa vie s’il avait été envoyé à Poudlard, et non dans le sinistre giron de Durmstrang. Avec des hypothèses entrelacées jusqu’à former une belle chimère, tout devenait possible, et bien des questions se posaient, sur ce à quoi aurait ressemblé sa carrière, son quotidien, son bonheur, son couple. Tout ceci se trouvait plus ou moins inextricablement lié à un carrefour de son existence qui avait été déterminant pour l’ensorceleur au-delà de toute expression : la disparition de ses parents, explosion silencieuse qui avait balayé son univers, et relancé les dés. Sans ce cataclysme personnel, des tas de choses, pour ne pas dire tout, auraient certainement pris une direction fort différente à celle qui l’avait mené ici, à cet endroit précis ce jour là ; en mieux ou en pire, sa trajectoire aurait été fondamentalement différente, il n’y avait aucun doute à nourrir à ce sujet. Néanmoins, cet exercice de « et si… » ayant le pouvoir de faire entrer Paris dans une bouteille l’amenait immanquablement à repenser à la tragique perte susnommée, si bien que de façon invariable, l’Ecossais repoussait ces rêveries avec le pragmatisme propre aux adultes, et surtout le protectionnisme intellectuel particulièrement saisissant qu’on lui connaissait dès que l’évocation de Saoirse et d’Eddard Sainclair s’invitait à la fête.

Les fantômes du passé, malgré tout, s’avéraient tenaces, et c’était en quelque sorte l’un d’entre eux que rejoignait le magicien, et ce début de samedi après-midi, un énigmatique paquet sous le bras. Le retranchement buté et complètement réflexe que nous évoquions tantôt avait pleinement repris ses droits lorsqu’Archibald Macpherson, par hibou, s’était présenté à lui comme un lointain cousin désireux de faire la connaissance de ce parent nouvellement découvert, et aux prestigieux géniteurs. Si la curiosité du Norvégien concernant les éminents dragronologues avait bien failli rompre le fragile contact que quelques lettres avaient instauré, l’idée de rencontrer des membres d’une branche éloignée de sa famille n’avait pas autant refroidi Connor que cela. Il fallait bien reconnaître que l’exercice lui avait pesé, surtout au début, lorsque l’on n’a rien de plus à se dire que les banalités d’usage, vraisemblablement du fait d’un inconscient refusant obstinément de faire définitivement une distinction entre les Macpherson et ses parents. À l’inverse, Aliénor et Arthur, quoi que d’un sang totalement différent du sien, obtenaient de lui la plus complète des affections, là où en présence de Lydwine et de Kenneth, les deux enfants d’Archibald, l’archéomage percevait une sorte de blocage de sa part, discret, latent, mais bel et bien là. Les deux gosses étaient adorables, il n’y avait rien à redire là-dessus… Et pourtant, l’inhibition demeurait, l’empêchant de devenir la figure du tonton gâteau qui ne lui aurait pas si mal sis que cela. C’était l’une des raisons pour lesquelles Connor n’avait pas laisser les choses dériver jusqu’à se métamorphoser en une lointaine connaissance à qui l’on se contente d’envoyer une ou deux cartes de vœux par an : d’un, il n’était pas homme à choisir la solution de facilité –il suffisait de regarder sa vie amoureuse pour s’en convaincre-, de deux, les Macpherson n’avaient pas à pâtir de ses inhibitions s’ils désiraient le connaître et resserrer les liens familiaux, et de trois, les petits semblaient avoir drastiquement besoin de quelqu’un vers qui se tourner en cas d’avis de tempête.

Les problèmes des enfants du professeur de potions se révélaient paradoxaux, ni dramatiques, ni anecdotiques. En réalité, c’était plutôt ceux de leurs parents, cauchemardesques, qui les impactaient à la manière de victimes aussi collatérales qu’impuissantes. L’historien ne connaissait pas avec exactitude les ennuis dans lesquels Archibald se retrouvait embourbé jusqu’au cou, et ne souhaitait pas être mis au courant : sa position extérieure, son point de vue détaché et le fait d’être un parfait inconnu pour celles et ceux souhaitant du tort à la famille du Scandinave lui conférait un rôle pour le moins clé auprès de Kenneth, sur lequel il veillait durant les vacances, et de sa sœur aînée. Les petits avaient besoin de cela, un ancrage stable, un type de confiance nullement lié de près ou de loin à ses déboires et cela, Connor était en mesure de le devenir. À la décharge de l’ensorceleur, sur lequel les mauvaises langues auraient médit en persiflant qu’un tel arrangement ne lui était pas trop contraignant, et qu’il était aisé de se dédouaner de ses responsabilités en se cachant derrière un attachement familial ankylosé, rappelons que la situation actuelle de Connor n’était pas non plus toute rose : en gardant de relatives distance, il empêchait les complications de son propre cas atteindre les deux malheureux.

Un volume à l’épaisseur non négligeable, destiné à aider Lydwine à préparer son prochain examen d’astronomie et déniché chez Fleury et Bott, constituait la réponse au dernier pépin en date, à savoir des révisions laborieuses dans une matière peu appréciée. Le mage s’était chargé de faire les courses pour la demoiselle, qui n’avait pas l’opportunité de s’absenter afin de se rendre sur le Chemin de Traverse sur l’étroite fenêtre d’un week-end, et quand bien même ne fût-il pas un expert en étoiles, l’idée d’acheter un grimoire proposant des cartes commentées du ciel lui était apparue comme pas si mauvaise que cela. Dans le colis s’était glissé subrepticement un paquet de chocogrenouilles, élément indispensable à la survie en période de révisions, modeste cadeau de l’archéomage à la discrétion de la Cinquième année.

-Bien le bonjour, belle demoiselle, salua-t-il celle qu’il considérait comme sa nièce avant de lui claquer la bise, faisant ainsi fi de l’examen de leur arbre généalogique commun afin de déterminer quel lien de parenté compliqué les rassemblait. Comment vas-tu ?

Il se glissa en face d’elle tout en ôtant manteau et écharpe, à la table qu’elle leur avait choisie dans l’agréable grande salle des Trois Balais, lieu idéal pour un rendez-vous informel. Arthur et Kenneth étant pris par leurs devoirs, ils n’avaient pas eu la possibilité de passer voir leur oncle, et il s’agirait donc d’une entrevue en tête-à-tête, ce qui n’était pas plus mal, car Lydwine appréciait de pouvoir parfois s’ouvrir de ses tracas avec Sainclair, elle l’aînée qui mettait un point d’honneur à se montrer forte pour son cadet, et qui parfois avait besoin de se reposer sur lui, à l’instar de bien d’autres gens trouvant en l’Ecossais une oreille attentive à leurs malheurs.

Sa cargaison, enrobée de papier kraft, fut posée sur le bois de ta table avant d’être poussée dans la direction de la Serpentarde du bout des doigts.

-Ta commande. J’espère que ça pourra t’aider, le livre m’a paru pertinent. S’il y a besoin de le changer, n’hésite pas, la librairie propose un service après vente par correspondance, et le ticket est à l’intérieur.

Précis, net, efficace, désintéressé, peu prolixe mais sachant vous mettre à l’aise de façon indéfinissable : il était si aisé de voir en lui un bras auquel se raccrocher en cas de coup dur. Connor ne le cherchait pas, mais autrui le choisissait sans cesse pour cet office ; certaines personnes méritaient néanmoins qu’il accepte une telle forme de servitude.





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Lydwine Macpherson
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Lun 20 Juin - 9:31

Your first name is free, last name is dom

Connor Sainclair & Lydwine Macpherson

Etre issue d’une famille de sang-pur n’est pas de tout repos contrairement aux idées reçues. Il y a cette pression constante venant des autres lignées, désireuses de ne pas se mélanger aux Moldus ou à leurs descendances. Lydwine n’avait jamais vraiment réfléchi à tout ce que ça impliquait, avant que sa mère ne se fasse agresser. Pourtant, Arabella s’était mariée à un Sorcier de sang-pur également, concevant ainsi deux enfants l’étant aussi. Mais dans ce milieu étrange, les mariages d’amour sont quasiment aussi mal vus que les mélanges de sang. Et le fait de ne pas adhérer à leurs idées de meurtre vis-à-vis de la majeur partie de la population, est considéré comme un crime.

Les histoires d’adultes finissent toujours par impacter les plus jeunes. Même si les parents se donnent à deux cent pour-cent pour mettre leurs enfants à l’abri, il y a toujours un moment où tout leur éclate à la figure. L’adolescente était maintenant en âge de comprendre tout ceci, contrairement à son petit frère encore trop petit et innocent pour réaliser à quel point la société magique était pourrie. Mais Lydwine pédalait plus dans la semoule qu’autre chose. A l’âge où elle est trop grande pour être considérée comme une enfant et trop jeune pour être traitée en tant qu’adulte, elle s’enfonçait dans ses soucis. Problèmes d’adolescents, mais également des choses plus conséquentes. Aussi fort caractère peut-elle avoir, s’il y a bien quelque chose qui change à cet âge-là, c’est le regard porté sur les autres. Elle ne pouvait pas dire que ses hormones ne lui jouaient pas des tours, surtout lorsqu’un certain garçon se trouve dans les parages. Mais avec tous les problèmes de sa famille, il lui était difficile de trouver une oreille attentive à ses histoires d’ado. Avec tout ça, il ne fallait pas non plus oublié les cours et l’astronomie n’avait rien d’une matière bien passionnante. Déjà, elle a lieu la nuit, tenir éveillée et concentrée, devient quelque chose de trop difficile, surtout avec les BUSE en approchent. Les révisions intensives, les vengeances à planifier, que ce soit pour protéger les loups-garous, mais aussi pour faire payer à Todd son infraction. L’emploi du temps de la blondinette devenait de plus en plus difficile à mener à bien.

Les week-ends étaient donc attendus avec impatience. Se reposer, réviser ou juste flâner à Pré-Au-Lard, rien n’était négligeable. Et une fois n’est pas coutume, l’élève de Serpentard se promenait dans ce petit village. Elle avait rendez-vous avec Connor, le cousin de son père et certainement aussi le cousin le plus normal qu’elle possède. Lui, bien que de sang-pur également, ne nourrissait pas de haine sanguinaire à l’égard des Moldus, Nés-Moldus ou encore Sang-Mêlés. Il était tout à fait normal et c’était rassurant de le savoir toujours là en cas de besoin, bien que Lydwine ne voulait pas abuser de sa gentillesse non plus, même si elle aime le taquiner de temps en temps.

Si elle était pensive, un air perdu plaqué sur le visage, un large sourire s’était installé aussitôt la voix de Connor s’était faite entendre. Elle était toujours ravie de le voir et ne pouvait que lui être forte reconnaissante de tout ce qu’il faisait pour Kenneth.

« Connor, je suis contente de te voir. »

Toute sourire, elle lui claqua également la bise, bien heureuse de pouvoir se sortir des sombres pensées qui entourent Poudlard à présent.

« Epuisée, les révisions pour les BUSE plus les cours, ça devient vite difficile à suivre. Et toi, tu vas bien ? »

A la Taverne des Trois Balais, c’était l’un des endroits les plus appréciés par les élèves, bien que Honeyduke et Zonko se trouvaient en tête devant. Confiseries et farces, sont des lieux incontournables du petit village Sorcier. C’est encore la seule chose qui n’a pas changé après la Nuit Rouge, qui reste malheureusement encore dans tous les esprits.

La blondinette de quinze ans, posa sa main sur le paquet que Connor fit glisser vers elle. Sans lui, elle ne sait vraiment pas comment elle s’en serait sortie. L’air totalement soulagé s’empara d’elle.

« Merci beaucoup, tu me sauve la vie. Mon père est un Prof de Potions génial, mais qu’est-ce qu’il peut être nul en Astronomie. »

Personne ne peut être bon en tout et Archibald, comme tout le monde, avait ses limites. Et puis c’était un très bon moyen pour voir Connor également. La salle était quasiment remplie, par ce froid, les élèves de l’école se faufilaient ici après leurs achats, pour se mettre au chaud. Heureusement, ils avaient trouvé de la place dans un coin assez au calme.

« Kenneth ne t’embête pas de trop ? Je sais que des fois, il peut être taquin et faire des blagues, pas toujours très drôles. »

Le petit blondinet aime faire des farces et Lydwine se doutait bien qu’il ne devait pas épargner Connor, même si elle était confiante là-dessus. Le cousin de son père n’a vraiment rien d’un homme méchant et encore moins violent, il devait peut-être même s’amuser de ces farces lorsque le petit garçon n’était plus dans le coin.

© HELLOPAINFUL
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Connor Sainclair
Archéomage
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Mer 29 Juin - 19:20


You can count on me like 1, 2, 3
Une famille, c'est cela : quelques personnes qui s'aiment bien et se le répètent,
à chaque instant, par de petites attentions, des taquineries, une voix tendre...



Comme il était agréable, de voir les gens sourire. Il s’agissait d’une force qui ne cessait d’étonner, alors que même au plus noir de situations désespérées, certains trouvaient encore l’énergie nécessaire pour se montrer un brin positif, juste assez pour arborer semblable expression, si communicative, si rafraîchissante et rassurante. Lydwine ne se connaissait pas un quotidien tout rose, et pourtant, elle souriait. Des tas de ses collaborateurs, au Muséum, ne savaient pas comment se dépêtrer du marasme difficilement résorbable qu’avaient causé les fauteurs de trouble de tout bord le soir où il était devenu chevalier ; pourtant, malgré la fatigue et le découragement, ils souriaient encore, lors de brèves pauses autour d’un café au goût discutable. Des tas et des tas de personnes, du fait de la crise actuelle, multipliaient les raisons de baisser les bras sans plus chercher à garder la tête hors de l’eau, ce qui ne leur ôtait pas pour autant l’envie de se dérider, de temps à autre, à la seule force de la volonté. Tous ne possédaient pareille combattivité, si bien que parfois, pour ne pas tomber, il n’existait d’autre échappatoire que de se raccrocher à une main tendue, à une présence bienveillante capable de vous faire à nouveau croire en un monde qui ne serait pas uniquement constitué de solitude et de désespérance. La Serpentarde avait suffisamment de trippes pour relever seule la tête, Connor n’en doutait pas une seconde ; il était cependant heureux de pouvoir l’aider quand ça n’allait pas très fort, ou d’au contraire partager avec elle les bons moments s’grenant sur sa route, à la manière de trouée lumineuse dans le ciel grisâtre de ses jours. Lui-même n’avait que trop peu eu l’occasion de se voir soutenu de la sorte, ne pouvant compter que sur un Siméon à l’époque fuyant, puis absent durant leur brouille, ce qui avait amené le sorcier à se débrouiller seul, doté d’une carapace au fond née le jour où ses parents s’étaient mystérieusement évaporés dans les bois. Un tel mécanisme de défense n’avait pas grand-chose de joyeux, malgré son utilité indéniable : Lydwine était une jeune personne bien trop sympathique et prometteuse pour que le lointain cousin de son père ne tâche de lui en éviter le fardeau.

-Je compatis… lui assura le magicien à l’évocation de la pile astronomique –c’était le cas de le dire- de parchemins qui devait à l’heure actuelle recouvrir le bureau de l’étudiante. Tu vas t’en sortir. Je dirais même t’en tirer à merveille, ce qui me vaudrait sans doute de me faire taxer de partialité, mais je suis prêt à encaisser.

Quel étrange réflexe, que de croire que tout compliment ou preuve de foi en vos capacités venant d’une personne vous appréciant devait forcément se voir considéré avec précautions, tel une affirmation biaisée du fait de sentiments à la fois tendres et protecteurs à votre égard. Au contraire, qui mieux que les membres de votre famille, vos amis ou l’élu de votre cœur pouvait nourrir un avis éclairé sur votre compte ? Ces êtres occupaient une place privilégiée à vos côtés, parfaite pour jouir d’un portrait complet de vous, que ce fût de vos défauts comme de vos qualités, de vos actes de bravoure comme de vos secrets et de vos doutes, matière essentiel à partir de laquelle concevoir un jugement. Le commun des mortels ne s’avérait néanmoins pas toujours aussi logique que Sainclair savait l’être, parfois au point de paraître cynique ou snob, en une source quasi perpétuel de menues stupéfactions.

-ça va, merci, répondit par la suite l’archéomage. Nous faisons aller au Muséum, et même si parfois, nous avons l’impression d’être loin du bout du tunnel, le travail avance à petits pas… C’est déjà ça de pris.

Oh, Connor pouvait s’étonner des chemins sinueux empruntés par les raisonnements de ses semblables, le fonctionnement de sa propre pensée n’était pas moins critiquable, vue sous un certain angle, quoi que plus rigoureuse. Lydwine lui avait demandé comment il allait, et c’avait été directement vers son métier, vers d’autres personnes que lui et vers un domaine neutre parfaitement balisé que Sainclair avait orienté sa réponse, en éludant donc, d’une certaine manière. Il avait beau énormément apprécier l’adolescente, il n’avait jamais été du genre à s’épancher, en une pudeur proche de la pruderie émotionnelle que de nombreux secrets venaient cadenasser plus encore. Ce trait de caractère expliquait sans doute pourquoi tellement de monde se plaisait à se confier à lui : vous ne risquiez pas de crouler sous les jérémiades venant de sa part… Si le sorcier avait voulu être tout à fait honnête avec Lydwine, il lui aurait expliqué que les choses, depuis toujours, avaient connu des hauts et des bas pour lui, que récemment tout avait viré au cauchemar et qu’à présent, tout revenait à la normale, et même tendait vers un mieux significatif par rapport à tout ce qu’il avait jamais pu connaître. Et bien évidemment, il aurait conclu par ses fiançailles récemment scellées, ainsi que par son mariage futur, si tout continuait sur la même lancée. Un jour prochain, la grande sœur de Kenneth aurait droit à de plus sincères –ou plutôt de plus complètes- confidences, pour le moment encore tues dans l’attente de ce que le futur proche leur réserverait à tous.

-Il n’y a pas de quoi, n’hésite pas si tu as besoin d’autre chose, ou à m’envoyer un hibou en cas de question. Je n’y connais pas grand-chose en matière d’étoiles ou de potions, mais concernant l’histoire, je pourrais éventuellement te prêter main forte, si c’est dans mes cordes.

Et bien évidemment, que ce serait dans ses cordes : Connor n’avait pas reçu la Légion du Mérite Magique pour rien. Ça n’avait pas été que la découverte de la bague de Salomon qu’avait ainsi récompensée le Ministre, mais bien l’ensemble de sa carrière, une preuve tout de même notable de l’étendue de ses savoir-faire, eux aussi modestement minimisés. Avoir pour « oncle » une sommité en la matière revêtait un double avantage : celui de dépanner en cas de révisions particulièrement mal engagées, et celui d’occuper pendant des heures un garçonnet aussi jovial que curieux. En repensant à Kenneth, le visage du mage se fendit en un délicat et songeur sourire.

-Du tout, c’est un brave gosse. Touchons du bois : il ne s’est pas encore lassé de toutes mes histoires de chercheur de trésors, et n’a pas encore commencé à remettre en doute leur véracité. C’est très agréable de l’avoir à la maison.

Officiellement, pour les Macpherson, l’archéomage vivait dans la maison londonienne équivalente à sa garçonnière personnelle, où il recevait ses amis, ainsi qu’Arthur lorsque ce lui-ci avait du temps. C’était donc là que Lydwine et Kenneth posait leurs valises quand ils venaient passer la nuit, ou bien un ou deux jours en sa compagnie. Le Manoir MacFly, véritable demeure de Sainclair, se trouvait habitée par beaucoup plus de vie : il y avait Siméon, bien sûr, mais également Aliénor, les elfes de maison, ainsi qu’Arthur dont il s’agissait, tout de même, du foyer. Aucun des enfants d’Archibald n’avait encore posé le pied sur cette imposante propriété, sempiternellement au nom du secret dont Connor nimbait cette moitié de son existence, d’où un discours digne de paraître bien étrange aux rares personnes connaissant toute la vérité à son sujet.

-C’est en quelque sorte un bon exercice de ce à quoi peut ressembler la paternité… ! plaisanta-t-il, lui qui, avec ses neveux et nièce au sens large, se retrouvait tout de même à veiller sur trois jeunes gens avec une assiduité certes relative, mais non négligeable.

Connor n’avait jamais aspiré plus que cela à fonder sa propre famille, et de ce fait à avoir des enfants, et pour cause, compte-tenu de l’être possédant son cœur depuis l’adolescence, et avec lequel il escomptait bien passer le restant de ses jours. S’occuper de la progéniture lui permettait de goûter aux joies qu’une telle activité procurait sans pâtir des inconvénients de celle-ci, une situation dont l’Ecossais se satisfaisait amplement.

-Tu veux quelque chose à boire, ou à grignoter ? demanda Connor en indiquant du menton l’espace vide sur la table devant Lydwine, qu’un verre aurait dû occuper, avant de tourner la tête, à la recherche d’un potentiel chemin vers le comptoir.

Quoi qu’il soit déjà venu à quelques reprises, Sainclair ne désespérait pas qu’un jour, la tenancière de l’établissement, Madame Rosmerta, embauche des serveurs, immense avancée destinée à désengorger les abords du long bar en bois contre lequel se serraient tous les étudiants venus chercher de quoi se désaltérer. Les pauvres employés auraient été forcé de composer avec l’affluence parfois monstrueuse, un défi à la hauteur de leur sens de l’équilibre un plateau à la main, mais remarquez que cela aurait constitué un excellent test de recrutement. Le fait que la propriétaire des Trois Balais soit une femme absolument ravissante pour laquelle certains pensionnaires de Poudlard fondaient comme neige au soleil ne paraissait pas avoir effleuré le magicien.






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Citation : Jacqueline Dupuy, Dure est ma joie
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