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Blinded in chains

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Edwin Rogue
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Sam 25 Juin - 9:07
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La vie semblait partir sur une note un peu moins morose ou bien était-ce le nouveau millénaire qui se décidait à faire une fleur aux jumeaux Rogue et à leurs amis ? Si tout foutait le camp dans l’esprit de sa mère, qui semblait avoir l’impression de ramer et de détester ce sentiment probablement, Edwin lui, se sentait bien. Même mieux que bien. Le nouvel an avait été un véritable fiasco, mais la suite s’annonçait meilleure pour lui. Son chemin avait croisé à nouveau celui de Laverne, la seule fille qu’il ait éperdument aimé et qu’il aime encore plus que sa propre personne. Très fébrile à l’idée de rencontrer son fils de bientôt cinq ans, il ne regrettait pourtant rien. En quelques minutes, le lien s’était aussitôt construit, faisant de lui, le papa le plus heureux du monde. Et à présent, il était en plein aménagement du magasin d’instruments de musique dont il avait toujours rêvé. Mais cela, il le devait uniquement à son frère jumeau. Sans Calvin, jamais le groupe n’aurait trouvé cette boutique et s’y serait installé. Il ne pouvait que le remercier, encore et encore. Pourtant, durant tout ce temps, Edwin n’était pas retourné chez sa mère. Ce n’était pas là un sentiment de colère vis-à-vis de l’Auror, mais de la honte sans doute. Durant tout ce temps, il lui avait caché qu’il était papa d’un petit garçon. Durant tout ce temps encore, il avait souffert dans son coin, sans jamais rien dire à personne. Un secret qui l’a détruit, parce qu’il n’en est pas ressorti indemne, parce qu’il a loupé bien des années. Même si frère et soeur lui ont répété, qu’il n’était pas le fautif de l’histoire, pour avoir été trop naïf car trop jeune, en se confiant à la mauvaise personne. Mais le mal est fait et n’est pas réparable à ses yeux. Personne ne lui rendra les premiers instants de son fils. Personne. La blessure sera toujours présente dans son coeur. Comment oublier ? Comment tourner la page ? Et surtout, comment pardonner ? C’est inconcevable, Edwin ne le pourra jamais. Et au jour d’aujourd’hui, voilà plus d’un mois qu’il n’a pas vu ses parents, qu’il ne leur a pas écris non plus. La dernière fois où ils se sont côtoyés, c’était lors de la fête entre Noël et Nouvel An, en fin de mois de Décembre de l’an mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf. Mère et fils se sont pourtant croisés à Sainte Mangouste, lors de l’accident de l’Oncle Doyle, mais le Médicomage en formation avait prétexté avoir beaucoup de boulot pour à peine la saluer et disparaitre.

S’il ne ressentait pas un manque, ce serait un monstre et Edwin n’a jamais été un être dénué de sentiment. Il a mal évidemment, mais beaucoup moins que lorsqu’il était séparé de son fils. Les ponts sont coupés, une bonne fois pour toute sans doute. Mettre sa mère dans le même panier que son père, n’était pas quelque chose de très agréable pour Alicia, mais une fois encore, son fils aîné se voilait la face. A chaque fois qu’il y avait eu consternation vis-à-vis de son père, sa mère volait aussitôt au secours de Severus, tentant de lui trouver mille et une excuses, sans jamais vraiment se mettre à la place de ses enfants, mais en leur disant qu’elle supportait la même chose. Hors, il y avait une grande différence aux yeux de Edwin. Alicia avait choisi de se marier à un tel homme, alors que leurs enfants subissaient un tel père. Ce qui était une nuance plutôt conséquente aux yeux du jeune homme.

Aujourd’hui, en ce début de mois de Février, peu de temps après avoir été confronté aux révélations du plus jeune de ses cousins, c’était pensif que Edwin s’était rendu au Nuclear Blast. Il salua rapidement Broderick, le propriétaire du bâtiment, qui l’informa avoir reçu une commande pour lui. Intrigué, et se souvenant bien qu’il n’avait rien commandé, il passa dans l’arrière boutique. De nombreux cartons l’y attendaient, mais cette fois, il serait seul pour tout monter. Ce n’était pas cela qui l’arrêterait, alors qu’un large sourire triomphait sur ses lèvres. Dans ces paquets, se cachaient de nombreux instruments de musique et Edwin se doutait bien que c’était Yaxley qui avait acheté tout ce matériel pour les aider à se lancer.

Quelques heures de travail plus tard, après être parvenu à tout monter à l’étage supérieur, là où se trouve sa boutique, le premier fils des Rogue s’accorda une pause et une bière. Tout faire à la Moldue, pour ne pas être repéré alors que la clientèle était composée de sans pouvoirs également, il commençait à ne plus sentir ses bras. Le piano, bien qu’ayant reçu l’aide de Broderick, l’avait achevé. Pour le moment, le magasin des Rogue était encore fermé, le temps de tout installer. Sûrement ouvrirait-ils seulement dans les prochains jours, lorsque Wulfric et Calvin seront sur le pont avec lui. Retirant son tee-shirt, qu’il balança là où il y avait de la place, il commença à ouvrir tous les nombreux paquets. Au moins, cette fois, il n’aura pas besoin de faire de la musculation.

Abaissé près d’une boite, sortant délicatement une nouvelle guitare, il avait entendu du bruit derrière lui.

« Merci Brod’ pour tout ça, je te rembourserai. »

Il tourna la tête, s’apprêtant à proposer une bière au boss, mais à sa grande surprise, c’était sa mère qui se trouvait derrière lui. Le sang de Edwin ne fit qu’un tour dans ses veines et il ne pensa même pas à se relever, pris au dépourvu. Ce n’est qu’après quelques minutes de grand silence, qu’il le brisa en même temps qu’il se ré-intéressa à son carton.

« Ecoute maman, si tu viens pour essayer d’excuser ce que ton mari a fait, ne te fatigue pas, c’est trop tard. Ca ne me rendra pas le temps perdu et toutes les premières fois de mon fils. »
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Alicia Rogue
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Ven 29 Juil - 14:53



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Ft. Edwin Rogue

Si la vie à Londres était devenue une bataille quotidienne, le monde moldu en était encore épargné. S'y exiler pendant quelques heures pouvaient permettre aux sorciers de souffler, de ne plus penser à leurs problèmes, de profiter encore d'un espace de détente et d'une ambiance agréable. Bien que la population n'était pas ignorante des problèmes, le gouvernement britannique leur fournissant des informations bien que biaisées, tout semblait plus facile de cet autre côté de la barrière. Plus agréable aussi. C'était au gré de ces déplacements qu'Alicia finit par remarquer un bâtiment plus imposant que les autres. Là-bas, à quelques mètres, plongé en plein quartier se dressait une imposante bâtisse, fraichement rénovée, un écriteau y indiquait le nom : le Nuclear Blast. Sa destination. Même si ses fils s'étaient considérablement éloigné d'elle, au point de ne plus avoir croisé Edwin depuis pratiquement deux mois, elle n'avait pas ignoré les nouvelles informations les concernant. Le bouche-à-oreille, ainsi que les aveux répétés de sa fille lui avaient permis d'apprendre leur avancée. En quelques mois, grâce à un certain Broderick Yaxley, fraichement libérer de prison, ils avaient pu réaliser une partie de leur rêve : Avoir un magasin de musique. Un endroit à eux, un endroit où ils pouvaient mettre en place ce qu'ils avaient toujours souhaité et il se trouvait face à elle, au bout de la rue. Les cours n'y étaient pas encore dispensés, parce que l'ouverture n'avait pas encore été faite, mais ce fief musical serait sans nul doute la nouvelle attraction du coin. Une attraction qui agissait différemment sur elle, bien que ses pas s'y rendaient, en ralentissant. La mère de famille était là, devant la devanture, hésitante, fixant ses lettres comme s'il pouvait lui amener des réponses, noir sur blanc. C'était ridicule, mais elle sentait pourtant sa tension grimper un peu plus. Une crainte de se faire remballer, une crainte de ne pas réussir, la peur de les perdre définitivement. Tout avait changé après les révélations sur la paternité de son aîné. Cette libération avait eu littéralement l'effet d'une bombe dans leur famille, dans son couple aussi.

Elle avait eu -et avait toujours d'ailleurs- un mal fou à l'encaisser. La brune n'arrivait pas à comprendre comment Severus avait pu lui mentir, à ce point? Comment il avait ne fût-ce qu'eut l'idée de penser à cette affreuse décision? Pourquoi priver son propre enfant de sa descendance? Alors que la sienne avait été marqué par un père alcoolique, abusif et violent? C'était incompréhensible... La suite des évènements avait bien sur compliqué la donne et complètement perdue l'ancienne Serdaigle. Mais elle ne voulait plus vivre avec ce froid. Qu'il en veuille en son père, était logique, elle ne trouvait cette fois aucune excuse à lui fournir, mais elle ne voulait pas être rejetée à son tour. Elle avait toujours fait son maximum et avait ignoré tous, mais si tel n'avait pas été le cas, elle n'aurait pas laissé faire une telle extrémité. C'était avec la tête emplie de questions, d'interrogation, malgré une volonté farouche de ne pas perdre le lien, qu'elle était plantée là. Une immobilité stoïque, un regard perdu, qui finit par alerter le réel propriétaire des lieux. L'homme de la trentaine était venu lui demander ce qui se passait et après une ou deux minutes de conversation, il lui avait certifié la présence, isolée, du principal intéressé, Edwin. Il l'autorisa rapidement à pénétrer à l'intérieur, lui indiquant l'escalier à emprunter. Se mordant la lèvre inférieure, soupirant en remettant une mèche rebelle à sa place, Alicia avança enfin vers cette destination. Elle était auror après tout, elle avait vécu mille et une horreurs et d'autres promettaient de lui arriver, alors elle n'allait pas reculer, face à son propre fils, maintenant! Elle n'allait pas faire demi-tour, alors qu'elle venait en amende honorable, uniquement de sa part. Elle ne pouvait pas reculer, elle avait eu l'occasion involontaire de rencontrer Laverne et le petit Stan. Ce gamin a une bouille si vivante, si joyeuse, si heureuse, qu'elle ne voulait pas manquer cette chance d'être grand-mère, avant le suivant. Décidée, elle avait franchi la volée d'escalier dans un temps records, pour entrer dans la pièce ou il se trouvait.

Là allait trôner le magasin des jumeaux, les installations y étaient déjà commencées, les étagères aussi. Alicia repéra rapidement Edwin, occupé de défaire des caisses, une guitare à la main. Ces pas sur le plancher avaient fait inévitablement du bruit et dans la plus grande des surprises les obligèrent à se faire face, quelques secondes avant ce qu'elle pensait. S'il le musicien l'avait prit pour le propriétaire, il réalisa très vite son erreur en se murant dans le silence. Qu'il était désagréable de se retrouver debout, un peu idiote, à fixer son fils qui ne bougeait pas, lui aussi, surprit et statique. Elle savait qu'elle devait prendre la parole, dire quelque chose, casser le silence, mais aucun son ne parvenait à passer la barrière de ses lèvres. Tout était bloqué dans sa gorge, comme si elle était devenue muette. Ce n'était pas dans les rares paroles échangées depuis la fête, notamment sur la santé de son frère, Doyle, qu'elle trouverait l'impulsion suffisante, vu qu'il les avait esquivé au maximum. La matriarche pourtant ne désespérait pas à débuter la conversation, elle venait pour cela, pour tout mettre à plat, pour essayer de repartir sur de bonne base, pour ne pas se retrouver exclue, ou persona non grata, sans s'être battu un minimum. Mais alors qu'elle s'attendait à ce qu'il se retourne, seulement, il lui lança une phrase qui lui coupa l'herbe sous le pied. Certes, ce n'était pas comme si elle n'avait pas eu l'habitude, parce que bien que ce soit le plus calme et compréhensif des deux, il avait été celui à lui lancer le plus de vacherie à la figure et celle-ci ne faisait pas exception. Une fois n'était plus coutume, elle avait l'impression de se prendre une nouvelle gifle, sa mâchoire se crispa. Interdite, son regard le suivit, le voyant se désintéresser d'elle, comme s'il voulait qu'elle disparaisse de sa vue. Cependant, la future quadra' n'était pas arrivée ici pour faire demi-tour. Elle déglutit donc avec peine, encaissant le premier coup de poing rageur, avant d'avancer dans la pièce. Une main le long du corps, l'autre posé contre sa hanche droite, sa voix s'éleva enfin, brisant le silence qui s'était créé.


-A vrai dire, je pensais surtout venir te voir pour te dire que je ne t'en voulais pas et que moi aussi je l'ignorais. J'ignorais sa décision, j'ai même découvert la fausse histoire quand tu me l'as avoué, peu de temps avant les vacances. Mais si tu tiens tant que cela à être catégorique, à croire que cela ne nous a pas touchés, ou si tu préfères rester en colère sans chercher à comprendre, je peux m'en aller. C'est vraiment ça que tu veux? M'éviter et me répondre froidement, à chaque fois? Je ne suis pas là pour lui chercher une excuse, je ne lui en trouve pas...

Sa voix était sortie déterminée, son corps parfaitement ancré au sol. Même si elle lui laissait la possibilité de la mettre dehors, Alicia ne comptait pas bouger d'ici. Quitte à devoir jouer l'affrontement pour partir de l'avant, alors tant pis elle le jouerait, ici. D'un autre côté, si elle comprenait sa rancune vis-à-vis de Severus, elle aimerait bien comprendre pourquoi tout d'un coup, c'était redevenu qu'un pauvre type comme des dizaines d'autres, alors qu'il avait apposé ces conditions depuis plus de cinq ans. Serait-ce le simple faite de voir la réaction indignée de sa famille qui l'avait poussé à ouvrir les yeux? Surement, retrouver son fils aussi. Ok, mais elle n'avait rien à avoir là-dedans. Elle avait été aussi surprise que le reste de sa fratrie, en colère également, mais pas pour les mêmes raisons. Alors devait-elle être mise de côté, écartée de sa vie, survivre en véritable pestiférée parce qu'elle vivait avec un homme qui lui avait caché ce secret? Elle trouvait cela un peu radicale.


Let the skyfall, when it crumbles
It's not that she's born brave. It's not that she's born strong. It's that the universe has decided this one will have the grit and fire and steel in his blood. She will face trial after trial, be broken and damaged in countless ways. But this one? Oh, this one was born to fight. It's what she knows, it's what she does best. It's all she can do..•°¤ Mags.

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Edwin Rogue
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Mar 9 Aoû - 16:47
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Cela faisait mal, c’est vrai. C’était même un véritable enfer qu’il vivait et plus qu’il ne l’aurait cru. A chaque fois qu’il voyait Stan, Edwin ne pouvait s’enlever de la mémoire, qu’il était un père en-dessous de tout, pour ne pas avoir été présent. Le petit garçon ne lui reprochait rien, au contraire, bien heureux d’avoir enfin son papa dans sa vie. Laverne était également très contente qu’il prenne son rôle au sérieux et ne lui en tenait même pas rigueur pour toutes ces années loin d’eux. Tout comme le père de cette dernière qui, après quelques soirées assez froides, semble l’avoir totalement adopté, façon de parler. Mais le plus dur, ce qui faisait le plus mal, c’était de voir Calvin dans les préparatifs bébé. Non qu’il en soit jaloux, mais un pincement au coeur se faisait, même si Edwin mettait tout en oeuvre pour ne pas le montrer. Il aurait tant aimé prendre part à l’arrivée de Stan’ dans sa vie et non devoir cacher son existence à tout le monde, se fermant peu à peu à la réalité, pour ne vivre que d’un semblant de fiction. Ouvrir les yeux n’était pas simple, la joie allait de paire avec la culpabilité et l’engrenage pervers des « et si ». Son jumeau lui a déjà dit que le passé ne peut pas être changé, mais qu’il est l’auteur principal de son avenir, à lui de l’écrire.

Un nouveau millénaire, c’était un bon moyen pour tenter de reprendre sa vie en main. Mais le souvenir de fêtes gâchées y était encore. Pas seulement les dernières, elles l’ont toujours toutes étaient, depuis le début de ce lourd secret. Il ne peut chasser de son esprit, à quel point sa tristesse se faisait grande durant cette période, mais qu’il se devait de le dissimuler, parce que personne n’aurait été en mesure de comprendre pourquoi il n’allait pas bien. Stupide, c’est vrai qu’il l’avait été. Mais à seulement quinze ans, lorsqu’un accident de cet ampleur survient, ce n’est pas simple de faire les bons choix. Les rares personnes au courant de l’histoire dans son intégralité, avaient été contre lui. La mère de Laverne, Severus lui-même, alors pourquoi en entrainer plus encore ? Pourtant, un mot aurait tout changé. Une phrase tout au plus. Se confier à son frère aurait été une bonne solution. Connaissant Calvin, il aurait tout lâché en plein repas de famille. Ou encore Albus. Edwin a toujours été proche du vieil homme, qui l’a souvent pris dans son bureau entre quatre yeux, pour savoir comment il allait. L’ancien Directeur de Poudlard lui avait tant de fois offert l’opportunité de se confier, là où Severus n’aurait pas pu intervenir, que l’aîné de la fratrie s’en voulait de ne pas avoir saisi cette perche. Puis également, il avait la possibilité de parler à son grand-père, à son oncle ou même à sa mère. Mais c’était la peur qui l’avait muré dans ce lourd silence, ce secret épouvantable.

Travailler devenait la seule façon de ne plus penser à tout cela. Edwin se disait qu’avec le temps, la culpabilité disparaîtrait totalement et qu’il ne vivrait plus dans le passé, en se demandant quelle aurait été sa vie, s’il l’avait ouvert plus tôt. Mais si absorbé par son travail, qu’à l’arrivée de sa mère, il la prit pour Broderick avant de réaliser son erreur. Pourquoi la tenir éloigné ? Pourquoi couper les ponts ? C’était la solution de facilité. Il l’avait sûrement déçu, mais ce n’était pas tout. Depuis toujours, à la moindre dispute avec Severus, Alicia avait pris sa défense. Elle trouvait toujours un bon moyen d’excuser les actes de son époux, de lui trouver des explications à ses agissements, sans jamais tenter de se mettre à la place de ses enfants. La situation avec la grossesse de Laverne ne plaisait pas à son père, alors Edwin s’était simplement dit qu’une fois encore, sa mère soutiendrait Severus et non lui. La voir ainsi présente, réveillait malencontreusement cette rancoeur qu’il avait envers elle, même si c’était injuste. Mais il avait beau ne plus la regarder, se montrer plus que détestable à cet instant, les paroles ne pouvaient que faire leur bonhomme de chemin. Peut-être que finalement, Edwin était dans l’erreur depuis le départ, vis à vis de sa mère. Toujours accroupi à sa tâche d’ouvrir les cartons, une longue inspiration venait d’être prise. Alicia dans son dos, ses yeux, un instant clos, passeraient sûrement inaperçus, avant qu’il ne relève la tête pour la regarder.

« Non…non, ce n’est pas ce que je veux mais… Si je te l’avais dit, il y a cinq ans. Tu aurais au moins été de mon côté ou du sien ? Tu nous as toujours donné l’impression que nous étions de sales gosses indignes, se plaignant tout le temps d’avoir un père qui n’en était un que de nom. Tu ne t’aies jamais mise à nos places, pourquoi cette fois, les choses auraient été différentes ? »

Son ton n’était pas agressif, au contraire, sa voix était posée malgré tout. Malgré même les ressentiments qu’il éprouvait à ce moment-là. Il finit par se relever, déposant la guitare qu’il avait dans les mains, sur l’un des fauteuils présents dans la pièce. Quelle situation déplaisante. Son regard ne savait où se poser, finissant son chemin sur le tee-shirt qu’il portait quelques instants plus tôt, se rappelant un peu dans quelle tenue il accueillait sa mère. Lentement, le musicien se dirigea vers le piano, sous lequel le vêtement était venu se loger. En pliant les genoux, sa main passa sous l’instrument, agrippant déjà le tissus. Malencontreusement, c’est ce moment que choisit le piano, peut-être pas très bien installé, pour tomber sur le côté, écrasant les doigts du Médicomage en formation dans un craquement qui lui résonnait pratiquement aux oreilles. Aussi blanc qu’un cachet d’aspirine, pourtant il tenta de faire bonne figure, étouffant un gémissement de douleur, peut-être passé inaperçu grâce au boucan de l’objet, espérait-il. Essayant d’extraire sa main de sous l’instrument, sa baguette n’étant pas accessible, il capitula tout aussi bêtement que ses prochaines paroles.

« Aïe…au secours, je suis coincé. »
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Alicia Rogue
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Sam 20 Aoû - 13:44



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Prenant aux tripes, enserrant la gorge, il était parfaitement désagréable de ressentir ce sentiment nommé culpabilité. Surtout quand rien ni personne ne pouvait l'effacer, tant que son porteur n'avait pas lui-même régler le problème, à la base! C'était un regret, une désillusion amère qui venait avec le temps, s'amoncelant au fil des découvertes, pour devenir pratiquement énorme, un véritable poids sur l'estomac. Un constat qui allait à merveille avec l'impression d'Alicia, sur sa vie. Bien qu'elle n'aille jamais été mise au courant de ces secrets, le savoir ainsi dévoiler la faisait se sentir coupable. Pourtant, elle ne l'était pas, surement pas au premier degrés en tout cas. Après, il était toujours aisé de se reprocher son ignorance. De ne pas avoir compris le malaise, la situation délicate vécue par son ainé lors de sa quatrième année, ou cette distance froide qui se mettait entre père et fils. Encore bien, elle l'aurait remarqué et décidé d'en creuser davantage pour découvrir la raison, elle n'était pas sur de parvenir à déterrer ce mensonge. Non, il avait fallu la future naissance arrivant du côté de son cadet, pour que la situation implose, immisçant le petit Stan dans leur vie. Un point délicat, tumultueux, ayant creusé le fossé entre Edwin et les autres. Ou du moins elle et Severus. Se sentir ainsi mise à l'égard, pour une faute non commise, lui déplaisait souverainement et c'était après avoir pris le temps de la réflexion qu'elle avait décidé de faire le premier pas. De toute façon, s'il tenait du paternel, il faudrait bien qu'elle prenne les choses en mains, si elle voulait que cela bouge.

Parce que sur certains points, les hommes Rogues étaient obtus et aveugles. Heureusement que Selena & elle relevait la donne. Laissant ses pas la guider, la future quadragénaire ne mit pas longtemps à stationner devant le Nuclear Blast. Là, l'hésitation commença à la gagner, tempérant cette volonté farouche de ne pas perdre son fils. L'apparition des "et si" faisait même leur entrée avec cette possibilité de faire pire que mieux, ses hypothèses néfastes. Mais Alicia n'avait pas fait tout ce chemin pour faire volte-face, ce n'était pas dans sa nature, ni dans son caractère, que de fuir face à l'adversité, que de prendre la solution de la facilité. Pas du tout même, dos au mur, elle serait capable de ruer dans les brancards, du moins si le côté réfléchis des bleus et bronzes ne l'emportait pas. Il fallut cependant un petit coup de pouce de Broderick, pour qu'elle se lance à la reconquête de ce lien perdu. Grimpant quatre à quatre les marches, le face à face ne se passa pas aussi idéalement qu'imaginer. Se tenant tous les deux debout, se regardant en chien de faïence, le légilimens préféra même se détourner d'elle, lui indiquant en silence la direction de la sortie. Un accueil glacial, frigide, renforcé par une parole filant telle une balle. Si tel aurait été le cas, il aurait touché au but, en plein cœur, jeu set et match. Savait-il à quel point cela semblait cruel? Enfantin et mesquin? Depuis plusieurs semaines, elle avait dû encaisser plus d'un de ces mouvements de rage, qui lui donnait avouons-le, envie de lui en coller une pour lui remettre les idées en place.

La brunette n'était pourtant pas une femme violente, ni une personne usant constamment de cris, non, elle était plus fourbe que cela peut-être. Là où ses fils étaient un jour rentré morts ivres, aux petites heures, à faire le chambard dans toute la maison, elle n'avait pas crié, elle n'avait rien dit. Elle s'était juste levé aux aurores pour passer l'aspirateur, prenant grand soin de mettre de la musique à fond et de parler bien fort toute la journée. Une réplique suffisante car les fois suivantes, ces deux terreurs étaient devenus aussi silencieux que s'ils n'étaient pas là. Mais là, son sang bouillonnait, avec cela un sentiment d'injustice à son encontre. Elle venait en signe de paix, pas pour jeter de l'huile sur le feu. Décidé à lancer le débat, à débuter cette conversation délicate, brulante, elle s'était avancé, s'ancrant dans la pièce, lui répondant avec une incroyable assurance. Une véritable certitude. Il ni eut dans un premier temps aucune réaction de la part de son ainé, mais elle ne se démonta pas. Immobile, inflexible, elle voulait au moins sa chance d'aplanir cette histoire, il ne pourrait pas toujours compter sur la fille de la fratrie pour transmettre les nouvelles. Il voulait se montrer digne de son fils, alors qu'il prenne les choses en mains, qu'il lui reproche clairement ce qui n'allait pas, comme plus d'une fois auparavant. Avait-elle été une si mauvaise mère que cela? Une incapable? Ne trouvant pas de possibilité de leur prouver son amour? Elle ne le pensait pas, mais quitte à se prendre une gifle, autant continuer. Heureusement, il commença pas réfuter son envie qu'elle quitte la pièce et elle sentit une partie de ses muscles tendus, se calmer.


-Edwin, si je l'avais su il y a cinq ans de cela, j'aurais été de ton côté. Je ne dis pas que tu n'aurais pas eu droit à une mise au point de ton inconscience, ou sur la nécessité de se protéger, mais j'ai grandi avec mon père et je sais ce que c'est que d'avoir ce modèle masculin. Je ne l'enlèverais pas à un enfant qui n'a rien demandé. Finir Poudlard aurait sans doute été une obligation, mais tu l'aurais vu. Maintenant oui, j'ai souvent pris sa défense, c'est vrai, je le reconnais, mais si je le faisais et je le ferais sans doute encore, c'est parce que je trouve plus facile d'essayer de vous ouvrir les yeux sur le comportement qui est le sien, que de le faire changer du tout au tout. Je peux comprendre ou deviner plus d'un point, la nuance c'est que je ne cautionne pas tout. Pas ça... Alors que tu m'en veuilles, d'accord, mais dis moi exactement pourquoi? Pour des suppositions? Tu crois que cela m'a fait plaisir de l'apprendre, comme ça?

Si beaucoup voyaient dans leur relation une multitude de point d'accroche, de raison de se heurter, celui-là était le principal depuis ce début d'année. Oh il y avait bien sûr sa participation plus active chez les mangemorts qui avait été soulevée, mais en comparaison, c'était une broutille. Rien de dramatique. Mais c'était vrai, il fallait dire ce qui était, oui elle voulait toujours donner une signification, une raison, une explication à sa maladresse, tenter-le méaculpa, essayer de faire en sorte que père et fils ne soient pas complètement disloqué. À l'époque de leur tendre enfance, sa simple parole pouvait encore suffire, pour combler précairement le fossé, mais à leur âge, ce n'était plus le cas. Elle s'en rendait compte. A présent, en faisant cela, elle ne faisait qu'attiser un sentiment colérique de ses fils pour avoir pris parti. Aujourd'hui, c'était à Severus, lui-même, de faire les premiers pas vers eux, plus à elle. Son regard accrochait sa silhouette, son ton avait été beaucoup plus calme et moins vindicatif, elle voulait reposer ces bases, plus d'une question sur les bords des lèvres, mais elle ne trouvait guère judicieux de s'y lancer si précipitamment. Alors Alicia se contenta de regarder son rejeton récupérer son t-shirt, le laissant accepter ou non son explication. Le voyant plier le bras sous le piano, avant de le voir céder dans un bruit affreusement sourd. Un véritable poids mort qui s'effondrât au sol, se rompant. Immédiatement, elle avait fait un pas en avant alors que Edwin devenait aussi pale qu'un linge, la couleur refluant de ses joues. Il était coincé, au point de laisser passer en une simple réplique son désespoir de cause en l'appelant à l'aide. Deux pas suffire pour que la femme de Severus comprenne la situation. Son bras était coincé sous le piano. Agile, Alicia avait tiré sa baguette d'un mouvement vif, faisant léviter un court instant l'objet musical pour libérer sa main, chose faite, elle le reposa avant de lancer un second sort qui le remit sur pied.

-Est-ce que ça va? Tu sais bouger tes doigts? C'est cassé?

Instinct purement maternel que de s'enquérir de la sorte, bien qu'elle avait parfois ce brin de caractère à l'égard de ces probies. Présente à ces côtés, se penchant vers lui pour revenir à sa hauteur, observant cet paume maintenant bien malmené, elle se demandait si ça allait aller pour lui. Mais d'un autre côté, le médicomage en formation était le mieux placé des deux, pour poser un sort de soin ou un diagnostic exact concernant son intégrité physique. Il réparerait même cela en un seul mouvement de poignet, du moins s'il savait user de sa baguette de l'autre main. L'ambidextrie n'avait pas toujours d'excellent résultat en fonction des sorciers et des baguettes, certaines étant plus capricieuses que d'autres. Tout autant que les hommes. Momentanément, elle reléguait leur débat à plus tard, il y avait plus urgent sur le feu.


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Mar 13 Déc - 6:24
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Aussi loin qu’Edwin soit en mesure de se souvenir, à chaque fois qu’il parlait de son père à sa mère, la conversation tournait soit court ou partait carrément en vrille. Alicia a toujours eu la fâcheuse habitude de minimiser les actes de Severus vis-à-vis des jumeaux. Oui des jumeaux seulement, parce qu’il était toujours plus accessible pour Selena, évidemment. Alors là, il avait beaucoup de mal à la croire. C’est vrai, qu’elle dise que non, cette fois, elle aurait été de son côté à lui. A lui ? Il est quoi après tout ? Juste son fils et il a toujours été relégué au x-ième plan, derrière les petits protégés de sa mère, bien loin derrière eux même. C’était toujours l’impression qu’Edwin avait eu et qu’il a encore. Mais contrairement à Calvin, il ne disait généralement rien, gardant tout pour lui. La dernière fois qu’il y avait eu confrontation, c’était dans la cuisine du manoir.

Il avait fini par se relever, pour l’écouter jusqu’à la fin de son petit discours, mais il n’était toujours pas convaincu. Quelque part, le locataire des lieux espérait bien que cette conversation prenne très vite fin. Se connaissant, il ne parviendrait pas longtemps à retenir ce qu’il avait réellement à lui dire. Et cela n’en finirait plus.

« Ose dire que tu ne t’es jamais trompée sur une seule de ses intentions à notre égard. Tu devine plus d’un point, mais là tu n’as rien vu venir. Peut-être que tu ne voulais rien voir justement. Ca crevait les yeux qu’entre lui et moi, il y avait un problème. Peut-être bien que tu n’aurais pas cautionné s’il te l’avait dit, mais tu n’as pas cherché à savoir ce qu’il se passait. A aucun moment, tu n’es venue me voir, lorsque j’étais présent durant les vacances, pour me demander ce qu’il y avait. Tu te contentais de sa version à lui. Tu m’as… tu NOUS as toujours fait passer en dernier. Et je ne parle pas seulement de papa, tu nous as fait passé bien loin derrière tous les abrutis que tu prends continuellement sous ton aile. Alors que la seule chose que tu pourrais faire de bien pour certains, c'est de leur payer le coiffeur. Avoue, tu les connais bien plus que tes propres enfants. Sinon tu ne serais pas tombée sur le cul en apprenant que j’avais un fils, que Calvin était alcoolique et que Selena était entrée dans l’Anarchie. Tout ça tu l’aurais vu venir, si tu nous avais donné le dixième de l’attention que tu donne toujours à tous les autres. Et ne dis pas que je me trompe, tu ne sais même pas que l’aîné de tes enfants est entré dans l’Inquisition depuis un bon moment déjà. »

Lui qui n’avait pas l’intention de s’étendre sur le sujet, c’était maintenant un peu tard. Mais à chaque fois, qu’il veut faire court, sa mère trouve les mots pour l’agacer et lui faire dire tout ce qu’il a sur le coeur. Voilà qui était fait. Il avait pourtant parlé calmement, comme à son habitude.

Si calme à l’extérieur, à l’intérieur, Edwin l’était déjà beaucoup moins. Sûrement que c’était la cause de l’accident suivant, alors qu’il tentait désespérément de récupérer son tee-shirt qui avait glissé quelque part sous le piano. Et ledit piano qui ne trouva rien de mieux que de se vautrer sur sa main au même moment. Oh bien bravo, maintenant, il devait avoir les doigts cassés en prime. Ce n’était pas le craquement, qui venait de lui glacer le sang, qui dirait le contraire. Et bien sûr, c’était difficile de s’extirper de ce mauvais pas tout seul.

Il profita que sa mère ait sorti sa baguette afin de faire léviter l’objet, pour extraire sa main de dessous. Se relevant dans le temps suivant, il n’avait pas besoin de plus expert que lui, pour voir que ses doigts étaient cassés. Et de là, Alicia revenait déjà pour prendre de ses nouvelles. Ce qui pourrait passer pour de la protection maternelle, devant arrondir les angles et apaiser les tensions, ne faisait qu’attiser un peu plus les ressentiments d’Edwin envers elle. Parce que malheureusement, cette réaction typique à toutes mères, Alicia ne la réservait pas seulement à ses gamins. Ses stupides probies étaient toujours sur cette égalité agaçante. Réaction du fils : se tourner, agacé par sa mère.

« Ca va, ça va… »

De très mauvaise foi, ça n’allait pas du tout. Il attrapa sa baguette de sa main valide, pour arranger le problème. En tant étudiant en médicomagie, il savait réparer quelques os cassés et même de la main gauche, il parvint à lancer le sort plutôt douloureux. Dans un craquement pratiquement sourd, ses phalanges se remettaient en place. Ce n’était pas quelque chose de très agréable, mais c’était toujours mieux que de rester avec des fractures. Mais il y allait avoir plus difficile à présent, puisque la conversation précédente allait sûrement revenir sur le devant de la scène.
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Alicia Rogue
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Ven 6 Jan - 16:16



Blinded in chains
Ft. Edwin Rogue

Errare Humanum Est. Rien ne pouvait mieux expliquer la situation actuelle que cette simple citation latine, signifiant que l'erreur était humaine. Tout le monde en faisait, personne n'y était exempt, Alicia n'essayera même pas de le nier. Sa carrière, sa vie personnelle, leur choix commun, dans tout, il y avait eu des maladresses et des faux pas, mais elle avait toujours essayé de les combler, de les effacer, de mettre en place une sorte de mea-culpa. Certes, on disait qu'il valait mieux prévenir que guérir, mais ce n'était pas toujours possible. Parfois, il fallait faire avec les moyens du bord, aussi bancal soit-il. Puis de toute façon, qui pouvait se targuer d'être la perfection incarnée, de ne s'être jamais trompé, de ne pas avoir prononcé des paroles regrettées par la suite ? Personnes à son humble avis. Personne dans cette famille en tout cas et certainement pas le jeune homme, face à elle, qui trouvait plus aisé de lui reprocher tous les maux de la terre, au lieu de se contenter des siens. C'était plus facile de renier tout en bloc, de rejeter la conversation et d'éviter la confrontation que de tenter un chemin d'apaisement, en essayant de faire un pas en avant. C'était une solution reposante que ne supportait plus la mère de famille. Si elle devait bien reconnaitre que ses choix passés de défense continue de son époux n'avaient pas toujours été judicieux, elle refusait de perdre son fils pour des choses qu'elle n'avait pas commises. Elle refusait de battre en retraite sans au moins essayer de parler, elle voulait arranger les choses, crever l’abcès, pour repartir sur des meilleures bases, pour avancer, pour ne pas les perdre.

C'était sa famille et depuis ce début Janvier, tout était parti en vrille, à son plus grand désespoir. Néanmoins, ces bonnes résolutions montraient déjà leur faille, au vu de l'accueil glacial que lui avait réservé Edwin, qui ne consentit qu'après un petit moment à lui laisser le temps d'en placer une, sans la mettre à la porte. Un comportement rancunier, blessant, dont l'ainé de ses fils n'avait jamais usé avec elle, sauf en décembre. Il avait toujours été le plus calme et le plus posé des deux, visiblement ce n'était que la face cachée de l'iceberg, qu'une façade camouflant la furie qui pulsait dans ses veines. Une furie qu'elle avait lancée en prononçant ses dernières paroles. Alicia avait souhaité savoir ce qu'il lui reprochait très clairement, de savoir enfin le fin fond de cette histoire, outre sa rancune de ne pas avoir compris. Ce qui était quand même la poêle qui se moquait du chaudron, alors qu'eux-mêmes avait passé leur temps à tout camoufler, à tout faire pour avoir leur sphère privé. À présent, on lui reprochait de n'être au courant de rien. Mais la fameuse bombe comprenant l'apparition d'un nouveau pan dans cette famille, dont le petit Stan et Laverne, ne semblait pas être le seul grief que le légilimens avait contre elle. Non la porte était ouverte et ses mots coulaient lipides, durs, posés mais tranchant. C'était blessant révoltant, elle qui avait cherché les problèmes dans l'espoir de trouver une solution allait être servie. Elle avait l'impression de se prendre gifle sur gifle, un fameux revers de la médaille qui lui donnait autant envie de répondre à brûle-pourpoint que l'envie de s'en aller en lui disant tant pis, qu'elle en avait marre de se battre constamment avec des butés égoïstes.

Pour autant, en entendant tout cela, elle avait le sentiment d'avoir tout merdé, d'avoir raté son rôle de mère, d'avoir tout planté en ne souhaitait finalement que leur bonheur. Oui, elle était altruiste, oui elle aidait des gens mais qu'on le lui reproche, en disant qu'ils passaient avant eux, cela semblait la mettre hors d'elle. C'était n'importe quoi et cela n'avait jamais été le cas ! Elle avait souhaité lui répondre, son regard le fixant dur et déterminé, la mine un peu plus sombre, mais l'accident dont son fils fut victime, en faisant tomber le piano sur sa main, l'empêcha de réagir. De la pure colère, indignée, elle passa à l'inquiétude. Un sentiment intensifié par le visage pale comme un linge d'Edwin et son cri désespéré qui résonnait comme un appel au secours. Oubliant sa propre rancune, elle avait levé l'objet pour qu'il puisse extirper son membre lésé, avant de revenir à son hauteur, lui demandant si tout allait bien. Une inquiétude pourtant légitime qu'il n'apprécia pas, sans doute trop remonté par tout ce qui avait été dit avant et il l'envoya pratiquement voir ailleurs si il y était, tout en remettant ses os en place dans un craquement affreux. Un nouvel affront qui passa encore une fois très mal chez Alicia. Son regard se reporta vers la fenêtre, il n'était pas question de se faire descendre sans réagir, pas question de se laisser trainer dans la boue par son fils. Il n'avait pas le droit de juger, il ne l'aurait que quand son fils à lui aurait passé l'adolescence et encore...


-Parce que tu oserais me dire, toi, que tu ne t'es jamais trompé? Que tu n'as jamais préféré croire une version plutôt qu'une autre? Oui j'ai des défauts, oui j'ai faits des erreurs, mais non, je ne porterais pas le chapeau pour ton histoire ! Un problème, il y en a toujours eu un entre vous, vous avez toujours été en confrontation et rien de ce que je pouvais dire n'aurait enlevé cela. J'ai essayé de savoir mais aucun de vous deux ne m'a dit quoique se soit. Pourtant, des conversations et des moments où tu aurais pu me l'avouer, tu en as eu, mais tu ne l'as jamais fait, tu n'as pas osé. Alors oui, j'ai fait le choix de ne pas t'harceler, parce que je pensais que tu avais besoin de digérer la nouvelle et de ne pas avoir une mère pesante sur le dos. Mais sois honnête avec toi-même, même si je l'avais fait, tu n'aurais rien dit. Tu m'aurais envoyé paitre comme aujourd'hui!

Sur cette dernière salve, elle se retourna dans sa direction, se détournant de cette fenêtre aux couleurs hivernales. Son regard toujours parfaitement décidé essaya de s'ancrer au sien. C'était maintenant que cela se jouait et elle était bien décidée à lui ouvrir les yeux sur cette manière de l'entrevoir qui était complètement erronée. Tout n'y était pas faux, ce n'est pas ce qu'elle disait, mais elle c'était clairement biaisée. A croire que ses enfants semblaient toujours craindre, après des dizaines d'années, d'être abandonné et rejeté, voir livré à eux-mêmes. Sauf que le pire dans cette histoire, c'était que c'était eux qui cherchaient cette solitude et ce recule, en prenant leur envol et en leur reprochant ensuite des faits franchement caducs. Les jumeaux ne vivaient plus sous leurs toits depuis un bon moment, n'y revenant que de manière éparse, dure dès lors de connaitre leurs habitudes et leurs mauvais penchants. Calvin prenait soin d'être toujours sobre face à eux, tandis que pour Selena, la mère de famille avait très vite su qu'il y avait anguille sous roche, sans pour autant avoir le fin mot de l'histoire. La jeune anarchiste ne pouvait d'ailleurs que le prouver, elle lui avait posé des dizaines de questions, essayant de savoir ce qui se passait, en vain. Elle avait toujours préféré lui lancer des mensonges, pour couvrir ses traces, ne laissant entrevoir la vérité, qu'au même moment que tout le monde. Et d'ailleurs la suite continua d'enfoncer le clou. Après deux de ces enfants chez les anarchistes, voici que son fils se retrouvait avec l'inquisition. Même des mois après, sa colère contre Margot Woolsey n'avait pas diminué d'un chouilla, tout comme elle en voulait toujours à Albus de s'être replié derrière des obligations. Elle avait fait quelques pas dans sa direction, ne faisant pas marche arrière, avant de reprendre sur ce second point d'accroche. Sa voix ne s'élevant pas mais restant bien ancrée.

-Je n'ai pas la chance d'être legilimens et je ne suis pas devin, alors c'est facile de me reprocher ce que je ne peux savoir. Dois-je te rappeler, jeune homme, que c'est vous qui avez voulu vous en aller? Que c'est vous qui avez décidé de quitter le manoir pour vivre votre vie?..C'est normal, je ne dis rien là-dessus, mais ne me reprochez pas, après, d'ignorer certains faits. Puis c'est vous qui, une fois encore, restez toujours en retrait. Si je ne vous demandais pas de vos nouvelles, je n'en aurais tout bonnement pas. Alors à ton avis, que suis-je sensé faire? Je dois comprendre quoi exactement ? Que tu préférerais que je sois toujours là, derrière vous, à creuser et jouer à l'auror pour vous tirer les vers du nez? Navré mais non. Calvin a toujours été sobre face à moi, jusqu'à Noël passé, quant à Selena, je n'ai eu de cesse de lui poser des questions, parce que oui je savais qu'il y avait quelque chose, mais elle n'a jamais rien voulut me dire. Quant à toi, comment le saurais-je? Depuis notre dernière entrevue tu m'évites. Alors je suis sensé deviner? Vous pister? Voir carrément vous faire boire du véritaserum? Sois réaliste, Edwin..

Néanmoins, ce n'était pas tant de se faire lyncher par ses propres enfants qui était blessant, mais c'était surtout le fait qu'il croit que d'autres étaient plus importants à ses yeux, qui l'était. Elle n'avait jamais mit personne d'autre sur un piédestal, elle n'avait pas non plus considéré un de ces probies comme son enfant, c'était complètement différent. C'était comme si elle leur rempochait de toujours soutenir Wulfric et de le défendre tout le temps. Cela n'avait rien à voir, il ne pouvait pas comparer, il ne devait pas se sentir en danger, c'était complètement faux. Puis, si un tel choix devait être fait, il n'y en aurait même pas un, c'était eux. Point Barre. Elle avait toujours fait ainsi, après oui elle aidait ceux qui était dans le besoin, mais ça c'était un trait de caractère qu'elle avait toujours eu, non pas une manière détourner de faire jalouser ces enfants.

-Je ne vous ai jamais relégué au second plan. C'est tout bonnement ridicule ce que tu me sors là. Tu m'en veux pour qui? Ou quoi? Pour les probies qui sont à mon travail? Navrée de te le dire, mais je suis obligée de former des nouveaux, tout comme toi, tu le feras sans doute d'ici quelques années. Ou alors, c'est peut-être à propos de la jeune louve de Serdaigle? Sidney? Si tu tiens tant à savoir, je me sens plus coupable de ne pas être arrivée plus tôt qu'autre chose et elle était seule, paumée avec un nouveau statut de lycanthrope sur les bras. Ce n'est pas des messages et des nouvelles qui vont te rendre jaloux quand même, si? Allons bon, même Selena l'apprécie et voulait l'aider. Oh non je sais, Harry s'est ça? Rhô par Merlin! Je n'ai faits que l'aider dans des missions de l'ordre. Ni plus, ni moins, et au cas où tu l'omets quoiqu'en faisant partie de l'inquisition ça ne devrait pas t'avoir échappé, c'est terminé.

Pour quelqu'un qui s'était promis de ne pas se justifier s'était assez mal parti. Mais elle voulait juste lui ouvrir les yeux, que ces mots entre sous son crâne, qu'ils arrêtent tous de la voir comme la pire personne qui soit, la pire mère du monde.


Let the skyfall, when it crumbles
It's not that she's born brave. It's not that she's born strong. It's that the universe has decided this one will have the grit and fire and steel in his blood. She will face trial after trial, be broken and damaged in countless ways. But this one? Oh, this one was born to fight. It's what she knows, it's what she does best. It's all she can do..•°¤ Mags.

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