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Au clair de la lune

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Sam 16 Juil - 11:58

Au clair de la lune

ft. Remus Lupin & Tom Lupin
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Le mois de Mars s’installait à peine que déjà je pensais aux beaux jours. Le printemps n’allait plus tarder et il n’y avait qu’à regarder dehors, pour se rendre compte que la neige n’était plus qu’un vieux souvenir. Les matins étaient encore bien froids, il n’était pas rare de trouver une fine couche de givre sur les toitures et dans l’herbe, au réveil. Le temps pluvieux et venteux n’avait rien non plus d’une période estivale, mais je me réjouissais à l’approche des beaux jours. La seule ombre au tableau, c’était l’anniversaire de mon père, que j’avais malencontreusement raté. Non que je ne m’en sois pas souvenu, c’est plutôt que j’avais eu une mission de dernière minute, m’empêchant de passer la soirée en sa compagnie, comme les autres années. J’y étais tout de même allé le matin, pour l’avertir et lui offrir son cadeau. Il l’avait étrangement bien pris, ce qui me remontait un peu le moral. Je m’en serais voulu de l’avoir peiné, mais il comprenait parfaitement. Mon père est comme ça, c’est un homme compréhensif, qui n’a strictement rien de rancunier en lui. Il m’avait également annoncé que John lui avait écris, c’était aussi sans doute, la raison de sa bonne humeur. J’espérais que leur rendez-vous, s’était bien passé et que mon petit frère n’avait pas encore fait des siennes pour lui ruiner sa soirée d’anniversaire. Quarante ans, ce n’est pas rien.

Après avoir quitté mon appartement, je m’étais aussitôt rendu au Ministère de la Magie, comme à mon habitude. J’étais passé par la planque secrète où se trouve la machine à café installée par mon propre père, pour ensuite partir dans le bureau des Aurors. Je saluais vite fait Alicia, Sirius et James, avant de prendre place. Aujourd’hui : paperasse. Ce n’était pas une tâche qui m’enchantait, mais j’avais pris l’habitude de tout remettre au lendemain. Cette fois, je devais me trouver en plein dans ce lendemain. Un mug de café ne sera pas suffisant pour m’aider à passer la journée. Je compte bien y retourner plusieurs fois d’affilé.

Mon téléphone portable sur le coin de mon bureau, je remarquais que l’écran venait de s’éclairer. En silencieux, pour ne déranger personne, il n’avait pas eu besoin d’émettre la moindre tonalité que j’étais déjà informé qu’un message venait d’arriver. Ne voulant pas prendre le risque d’y jeter un coup d’oeil de suite, je continuais ma besogne sans y réfléchir plus. Ce n’est qu’après de longues heures, la fin de journée arrivant à grands pas, le soleil commençant déjà à se coucher, que l’écran s’alluma une nouvelle fois. J’attrapais finalement le téléphone, fronçant les sourcils, tout en scrutant l’écran. Le message venait apparemment de papa. C’est vrai qu’en y réfléchissant bien, je ne l’avais pas croisé dans les couloirs, ni même à sa machine à café. Bizarre. L’enveloppe virtuelle ouverte, il n’y avait qu’une phrase me demandant de venir au plus vite. Je ne pris même pas la peine de regarder le premier message, je l’avais pour ainsi dire, complètement oublié. Je me relevais d’un coup, manquant de peu de faire tomber ma chaise en arrière. Je ne voulais pas alerter James ou Sirius, c’est pourquoi je m’étais aussitôt dirigé vers Alicia pour lui parler à voix basse.

« Alicia, tu peux me couvrir s’il te plait. Mon père a un problème, je dois le rejoindre. »

Je me disais que si papa m’avait demandé à moi de venir, c’était pour une bonne raison. Filant au plus vite, je ne mis pas longtemps à sortir du Ministère de la Magie, me retrouvant ainsi dans Londres. Il faisait bien plus froid que le matin et la pluie battait les pavés sans vergogne. La nuit tombait déjà et sans plus attendre, je transplanais à l’abri des regards, pour me rendre à Godric’s Hollow où se trouve la maison de mon enfance. Je venais même d’apparaitre dans le jardin, contournant vite fait l’habitation de mon père, pour arriver devant la porte d’entrée. J’avais conservé la clé en cas de problème et au moment de la rentrer dans la serrure, mon regard fut attiré par une lueur dans le ciel. Si ce n’était pas la marque des ténèbres, c’était tout aussi effrayant : la pleine lune. Pourquoi mon père m’a-t-il demandé de venir ? Est-ce seulement lui qui avait tapé ce message ? Sans réfléchir plus longtemps, je finis par tourner la clé et ouvrir la porte. Il faisait noir dans la maison, mais connaissant bien l’endroit, je trouvais facilement les interrupteurs.

« Papa ? »

Il ne m’avait jamais permis d’être présent durant l’une de ses transformations, trop dangereux selon lui, mais je ne savais pas s’il était déjà ou non transformé à cette heure-ci. Au cas où, je sortais déjà ma baguette, prenant la direction de la cave. C’était là-dedans qu’il passait malheureusement ses nuits à chaque pleine lune. Je me souviens encore que lorsque nous étions enfants, Kate et Lily venaient nous récupérer chaque soir, avant que ça ne commence. C’est une main tremblante que je déposais sur la clenche de la porte menant à la cave. Prenant une grande inspiration, je l’ouvrais aussitôt.

« Lumos ! »

Je n’y voyais pas grand chose malgré la lumière de ma baguette. J’entrepris de descendre l’escalier, mais un grognement me figea sur place. L’animal, qui n’est autre que mon propre père, fonça aussitôt vers moi, dans un bond effrayant. Mon pied passa à travers une marche branlante, me faisant tomber sur le dos, l’animal dans son élan, passant au-dessus. Je ne peux que remercier papa de ne pas avoir réparé cette marche, sinon je ne serais déjà plus qu’un lointain souvenir. En levant la tête, je voyais le loup-garou faire volt-face. Et moi d’agiter vite fait ma baguette pour fait claquer la porte. Me voilà bien, j’étais coincé dans la cave et lui, dans le restant de la maison. S’il venait à sortir, ce serait un drame. Mais seul, je ne pouvais rien faire contre lui ! J’essayais de me ressaisir et de dégager ma jambe du trou de l’escalier, pour tenter d’attraper mon téléphone qui m’avait échappé durant ma chute.

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Remus Lupin
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Sam 24 Sep - 10:31
"Un père a deux vies : la sienne et celle de son fils."
- Godric’s Hollow - Maison des Lupin - Mars 2000 & Soir de pleine lune - Tom & Remus

Au clair de la lune
Le mois de Mars de l’an deux mille et cette triste date qu’est mon anniversaire. Quelque part, j’ai deux anniversaires à fêter à quelques heures d’intervalle. Celui de ma naissance, il y a quarante ans maintenant et celui de ma transformation, il y a trente-cinq ans exactement. Pendant longtemps le mois de Mars était tiraillé en deux. D’un côté, la fête de ma naissance et de l’autre la tragédie qu’il m’est arrivé. Mon père ne s’en est jamais réellement remis. Il ne se pardonnera sûrement pas de s’être confronté de la sorte à Fenrir Greyback. Quelque part, je ne peux lui en vouloir. A l’époque, ce dernier était jeune et mon père, comme beaucoup d’autres personnes, ne pouvait pas se douter de quoi il était capable. Mais moi, bien trop jeune pour comprendre, je n’ai jamais vraiment fait la différence entre les deux dates, même si je peux aisément comprendre que mon père ne se le soit pas pardonné. A sa place, je pense que je ne m’en serais pas non plus remis.

Si je repensais à ça, c’est justement parce que le matin-même, à mon bureau, j’avais trouvé une carte d’anniversaire, signée de la main de mon père. Ma mère étant décédée, il y a fort longtemps maintenant, il n’y a plus que lui. Dans ses mots, il n’est pas difficile de sentir qu’il y a encore de la tristesse malgré tout.

Mais je n’oubliais pas que la pleine lune approchait. D’ici quelques heures, s’en suivra d’une énième nuit de transformation. J’essayais de me concentrer un minimum sur mes dossiers, mais c’était plus difficile que les autres jours. Plus barbant, je n’avais qu’envie de tout balancer. Je n’ai jamais été fichu de parvenir à faire la potion tue-loup et je n’ai pas spécialement été sérieux dernièrement. Je connais de grands maitres des potions, capables de la faire de façon parfaite, mais j’ai simplement eu la flemme de les contacter. Et potion ou non, je me sens toujours à côté de mes pompes lorsque ça approche. Cette fois, à la fin de journée, il m’était impossible de remettre la main sur mon téléphone portable. Sans doute un idiot de Sorcier qui voulait étudier la chose. Tant pis, j’aurais sûrement tout le temps de le retrouver le lendemain ou même le jour d’après. Je ne pouvais pas prendre le risque de m’attarder à le chercher, alors que la lune serait bientôt haute dans le ciel. Si je mets tout le département des mystères en l’air en m’y transformant, amie ou non, Kate va bien finir par me virer.

J’étais reparti bredouille, saluant à peine mes collègues sur mon passage. Certains étaient au courant de ma condition et d’autres, l’ignorant encore, devaient s’imaginer que j’étais sur le point de m’écrouler. La vérité, c’est que j’avançais machinalement. Par la force des années, c’est comme si mon corps connaissait tout seul le chemin, sans que je n’ai y songé. La seule chose, c’est que j’étais encore assez lucide pour partir par les cheminées. Je ne peux me résoudre à entrer et sortir par les toilettes. J’ai toujours trouvé cette façon de pénétrer au Ministère de la Magie, légèrement dégoutante. Mieux vaut encore prendre la vieille cabine téléphonique.

Une fois chez moi, je me dépêchais d’avaler tout ce que je pouvais trouver, me disant qu’avec l’estomac plein, une fois transformé, je n’essayerais pas de manger le premier venu. Je fermais par la suite tous les volées, principalement à cause de ma voisine d’en face. Depuis que j’ai terminé à poil dans le jardin, un lendemain de pleine lune, elle n’arrête pas de regarder ce qu’il se passe chez moi. Soit elle me prend pour un toqué, soit elle croit que je suis un exhibitionniste. L’un ou l’autre, je ne sais pas ce que je préfère. En plus, sachant que ce soir, je serais seul pour me transformer, il faut que je m’assure de ne pas parvenir à sortir. Sirius et James sont partis en mission ensemble. Quant à Peter, il est toujours dans son délire de vouloir se confronter à Greyback pour venger son fils et paraitrait-il, moi également. J’ose espérer qu’il n’ait pas la stupide idée de le chercher à la pleine lune. Déjà quand on voit le malabar qu’il est en temps normal, Peter n’a aucune chance face à lui, mais transformé, je n’ose pas imaginer le désastre.

Ne perdant pas de temps, je descendais à la cave pour m’auto-séquestrer, en espérant que ça fonctionne. Il ne me restais plus qu’à attendre. Les minutes se faisaient longues et je prenais à coeur d’enlever ce qu’il ne fallait surtout pas que j’explose : ma montre, mon blouson et en baissant la tête, j’en venais à me dire que j’y tenais pas mal à mon froc aussi. Et en moins de temps qu’il ne m’en faut pour le dire, je terminais en caleçon dans ma cave, planquant au mieux tout le reste pour les protéger de…moi-même.

La lune finit par apparaitre et malgré les nuages glissants devant elle, la boule était dans sa forme la plus complète. Ses rayons lumineux parvenaient à entrer dans la cave par les petites fenêtres grillagées, quand enfin la transformation commença. La seule chose qui m’intéressait alors, c’était de fuir de cet endroit. De sortir et pour y parvenir, je m’acharnais sur les grillages, y laissant du sang, des poils et de la bave. Mais du bruit alerta aussitôt la créature que j’étais devenu. Il y avait une présence qui approchait. Me dirigeant vers l’escalier, j’attendais sans un bruit pratiquement, que la porte ne s’ouvre. Et la porte finit par s’ouvrir. La luminosité d’une baguette fut l’élément déclencheur, je bondissais vers la personne se trouvant en haut. A ce moment-là, il n’y avait plus aucune conscience humaine en moi et je ne reconnus même pas mon propre fils. Il n’était qu’une proie parmi tant d’autres. Quelqu’un à attaquer, tuer et peut-être même dévorer. Mais un bruit de craquement lui sauva la vie. Dans mon élan, lui glissa de quelques centimètres et je m’arrêtais comme je le pouvais sur le carrelage du couloir, glissant sur quelques mètres au moins.

Le monstre que je suis alors à chaque pleine lune, n’en avait pas fini et revient vite sur ses pas. Aussi vite qu’un loup qui patauge sur du carrelage… Je m’élançais de nouveau en direction de l’intrus qui avait osé entrer sur mon territoire, mais c’est une porte en plein museau que je reçus. Couinant à la manière d’un chiot qui vient de se mordre la queue, je secouais la tête. L’air frais du dehors s’engouffrait dans la maison, me faisant tourner la tête vers l’issue ouverte. L’animal avait alors deux choix : s’enfuir dehors ou défoncer la porte pour bouffer le type. J’allais prendre l’initiative de partir, mais avant de passer l’entrée, je me retournais et m’élançais contre la porte de la cave à la place. Porte qui céda sous mon poids. Un fracas assourdissant pratiquement, mais pas autant que le grognement que je laissais échapper en fonçant sur ma proie. La vitesse augmenta le ressenti de mon poids et l’escalier fortement bancal -que je n’ai jamais pris le temps de refaire- finit par céder. Plusieurs marches s’effondraient, dont celles où Tom et moi nous trouvions, faisant un plongeon de plusieurs mètres plus bas. Je me retrouvais sur lui et quelques secondes furent suffisantes pour que je reprenne mes esprits de monstre monstrueux. Aucune lueur d’humanité dans mon regard et babines retroussées, je plantais mes crocs dans son bras, qu’il a eu la présence d’esprit de lever pour se protéger le visage. Je ne le savais pas encore, mais je venais de condamner mon propre fils à une vie comme la mienne, dans le meilleur des cas. Dans le pire, j’allais le tuer.

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Ven 23 Déc - 10:18

Au clair de la lune

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A aucun moment, je n’ai pensé à un piège. J’ai eu un message de mon père, je pensais sérieusement qu’il avait des problèmes. Je n’avais pas omis la lune bien pleine dans le ciel, mais je craignais qu’il soit lâché quelque part dans la ville. Mon père est comme ma soeur, jamais il ne pourrait se pardonner d’avoir fait du mal à quelqu’un. Alors si je pouvais arriver à temps. C’était quand même à la maison que j’étais passé en premier lieu, afin de m’assurer que ce ne soit pas là-bas qu’il se trouve. Pourtant, il était bien là, en pleine transformation et seul.

Je n’ai pas eu le temps de chercher à comprendre ce qu’il se passait, ni même de mettre un nom sur ce qu’il m’arrivait, que la bête qu’il était devenu m’attaqua. J’essayais de m’en défaire, de lui échapper. Mais impossible de transplaner à l’intérieur de la maison, mon père avait mis des protections, il y a de ça plusieurs années.

Me retrouvant enfermé dans la cave, il était impensable que je le laisse partir dehors. Dans la rue, il y avait bien trop d’innocents qui risqueraient leurs vies. Mais de toute façon, mon père était bien décidé à faire de moi, son casse-croute sur pattes. La porte vola en éclats, il me sauta dessus. Avec l’élan qu’il prit, c’est l’escalier qui céda sous notre poids. Ou plutôt quelques unes de ses marches. La chute fut rude, puisque je tombais sur le dos. Le souffle coupé, je peinais à reprendre ma respiration et le loup-garou me dégringolant dessus, n’arrangeait rien à la situation. Des deux, ce fut lui qui se remit le plus vite sur pattes, tandis que moi, je ne parvenais même pas à me redresser.

Au fond de moi, je savais ce qu'il allait se passer à ce moment-là. L’animal aux babines retroussées et aux crocs dehors allait me mordre en plus de me baver dessus. Dans un geste désespéré, je relevais le bras pour protéger mon visage, mais ses dents se plantèrent d’un coup dans ma chair. Il m’était difficile de trouver une solution, tant la peur m’avait gagné. Peur et douleur aussi, me tirant même un gémissement, alors que je faisais de mon mieux pour le repousser. De mon autre main, je tentais de récupérer ma baguette, mais mon bras n’était pas assez long.

« Accio…accio. »

Je ne me sentais pas en condition pour utiliser la magie sans baguette, mais je n’avais pas le choix. Celle-ci roula pourtant doucement sur quelques centimètres, me permettant de l’attraper du bout des doigts. La faisant rouler à mon tour, je l’attrapais enfin dans la paume de ma main.

« Stupefix »

Je ne pensais pas qu’un jour, je serais obligé de stupéfixer mon propre père. Je profitais qu’il ne puisse plus bouger, pour m’extraire difficilement de sous lui. Tenant mon bras blessé avec ma main où se trouvait ma baguette, je prenais conscience que je venais d’être mordu par un loup-garou. Mais si mon avenir était d’un coup tracé, en ce qui concerne la pleine lune, je ne voulais pas prendre le risque de finir dans un cercueil. Je me relevais malgré la douleur.

« Reparo »

Réparant l’escalier, je me ruais vers le haut, lançant ce même sortilège sur la porte après mon passage. Je me laissais glisser dos contre celle-ci, me retrouvant bêtement assis sur le sol. D’ici quelques heures, le jour sera de nouveau levé, mon père reprendra sa forme humaine et je serais obligé de lui raconter ce qu’il venait de se passer. De nous deux, c’était lui le plus à plaindre. Depuis tout petit, je côtoie des loups-garous. Mon père, ma soeur, je sais ce que ça implique et je n’ai pas peur. Mais lui. Savoir qu’il a mordu son propre fils, il ne s’en remettra jamais.

En état de choc, je n’avais pas remarqué à quel point le temps était passé vite. Les rayons du soleil remplissaient déjà la pièce de leur lumière de ce début de printemps. Je n’osais même pas bouger. Pas par crainte de réveiller la douleur, mais par peur que l’animal soit encore présent dans la cave. Je tendais l’oreille, espérant entendre un mouvement ou une parole, mais peut-être que j’avais surtout intérêt à le réanimer. En m’appuyant contre la porte, je me redressais enfin pour l’ouvrir. Je jetais un oeil vers le bas et pointant ma baguette dans sa direction, je levais le sortilège :

« Enervatum. »

J’agitais une seconde fois ma baguette pour lui faire apparaitre des vêtements sur le dos et je m’asseyais sur la marche la plus haute. Mon père semblait ne pas encore s’être réveillé et je cherchais bêtement un moyen de lui annoncer la nouvelle sans qu’il ne se sente coupable. En gros, c’est mission impossible. Il va sûrement entrer en dépression, rien que par ma faute.

Dans quelle merde je venais de nous mettre ? Mais, je devais savoir qui m’avait piégé de la sorte. Des ennemis, j’en ai pas mal, après tout, je suis Auror. Mais il fallait une personne qui soit dans la confidence concernant la lycanthropie de mon père.

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Remus Lupin
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Mer 28 Déc - 20:49
"Un père a deux vies : la sienne et celle de son fils."
- Godric’s Hollow - Maison des Lupin - Mars 2000 & Soir de pleine lune - Tom & Remus

Au clair de la lune
L’odeur du sang ne faisait qu’attiser plus les pulsions meurtrières de la bête sauvage. Aucune conscience de l’homme, ni même du père, je n’étais plus que ce monstre sanguinaire, prêt à tout pour assouvir ce besoin de chasser. Plus ma victime se débattait, plus l’envie de le mordre se faisait grande. Mes crocs dans sa chair, il venait de rejoindre le rang des Sorciers contraints à se transformer durant chaque pleine lune. Il se dégagea toutefois et figé sur place, il m’était devenu impossible de bouger. Une bonne chose finalement, il avait ainsi la vie sauve. Mais quelle vie ? Je venais de le contraindre à une torture de chaque instant. A une vie de souffrance. J’ai tué mon fils de l’intérieur.

Les heures passaient, la lune finissait par laisser sa place au soleil levant. La bête avait quitté totalement les environs, pour ne laisser place qu’à mon corps, gisant sur le sol froid de la cave, totalement dénudé. Évanoui ou simplement endormi, je me réveillais avec les mêmes courbatures depuis toujours et ce mal de crâne à s’en fracasser la tête dans le mur. En émergeant, ma peau n’était pas totalement en contact avec la froideur de la pierre, sentant des vêtements. Quelqu’un s’était chargé de me couvrir et me retournant, jusqu’à finir sur le ventre, je me relevais sur l’un de mes avant-bras. Je cherchais celui qui était présent, mon regard remontant lentement l’escalier, jusqu’à s’arrêter sur mon fils aîné. Je ne compris pas tout de suite. Je ne vis pas non plus l’air grave sur son visage. En contre-jour, je ne discernais que sa silhouette.

Une main en appui sur le sol, je me relevais. Mais bientôt, mon cœur s’affola en réalisant que j’avais ce goût acre dans la bouche. Le goût typique du sang. Je n’étais moi-même pas blessé. La conclusion fut faite : j’étais sorti, j’avais mordu, peut-être même tué. Je mis la présence de mon fils sur ce compte. Il est Auror, sans doute qu’il est celui qui m’a stoppé et ramené dans la cave de notre maison. Pourtant, me tenant à la vieille rampe en bois, ce qui était déjà une effroyable pensée, se révéla être une bien pire réalité quand mes yeux se posèrent sur son bras. Incapable de monter une marche de plus, mon regard était encore plus perdu. Ce sang était celui de mon propre fils.

Je ne voulais pas le réaliser maintenant. Accusant le coup, figé sur place, j’étais incapable de parler. Comme si j’en avais perdu le don de la parole. Et pour dire quoi ? Je suis désolé ? Qu’est-ce que ça changera ? J’ai tué mon fils de l’intérieur. Je l’ai condamné à une vie semblable à la mienne. A une existence de souffrance. Il venait de prendre à perpétuité par mon unique faute.

Aucun souvenir et je ne cherchais pas à en avoir. Pas de ça. Pas de l’attaque contre mon propre enfant. Mon regard perdu se remplit d’un coup de chagrin, de lassitude et de regret. Je suis un danger pour ma propre famille. Il y a longtemps que j’aurais dû m’en aller. Sans doute que sans moi, ils auraient eu une vie bien plus heureuse tous les trois. Les larmes n’y changeraient rien. Puis, elles refusaient de couler même si elles m’en brouillaient la vue.

« Tommy… Je balbutiais difficilement comme un gamin qui apprend à parler. Comme un idiot qui vient de ruiner la vie de son fils. Comme cet enfoiré de loup-garou que je suis, une fois par mois. Je suis tellement désolé. »

C’était dit, mais ça n’y changerait rien. Le mal était fait. Cette boule, venue jusque dans ma gorge, m’empêchait de parler plus. Je ne m’attendais pas à ce qu’il m’accorde son pardon. Même s’il le faisait, je serais incapable de me le pardonner à moi-même.


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Sam 25 Fév - 8:43

Au clair de la lune

ft. Remus Lupin & Tom Lupin
649 mots

Peu-à-peu, je réalisais que ma vie venait de changer. La douleur n’était pas ce qui me clouait le plus sur place. C’était surtout me rendre compte qu’en une fraction de seconde, mon destin s’était scellé. Quelqu’un m’avait tendu un piège, mais j’étais en état de choc et donc, incapable de comprendre qui, où et quand je me suis fait avoir. Victime collatérale ou victime bien ciblée, ce n’était pas mon plus grand problème. J’étais même incapable de réfléchir jusque-là. J’ai été élevé par un loup-garou et ma petite-sœur en est également un, sûrement que c’est ce qui m’empêcher de vraiment tout prendre mal dans cette attaque. Je sais comment ça se passe, même si je ne l’ai pas vécu moi-même. Pas encore du moins.

J’étais resté dans cette cave pendant des heures. Je n’ai même pas vu le temps passer, comme dans un état second. Ce n’est qu’en voyant mon père se redresser, alors que j’avais pris l’initiative de lui faire apparaitre des vêtements, que je réalisais que le jour venait de se lever. Une nouvelle journée finit toujours par arriver, peu importe quelle horrible nuit nous avons passé.

Sans bouger, mon regard reflétait l’état dans lequel je me trouvais, malgré le calme qui semblait m’avoir gagné. Je ne relevais les yeux que lorsque mon père pris la parole, réalisant également ce qu’il venait de se passer.

Sortie de mes pensées lointaines, la douleur se réveillait peu-à-peu. Les picotements de la blessure se transformaient en bien gérable. Je portais mon autre main sous ce bras abîmé, n’écoutant que les excuses de mon père.

« J’ai merdé. Je suis tombé dans un piège, tu n’as pas à être désolé. »

Pourtant, quoi que je puisse dire, je sais qu’il ne se le pardonnera jamais, comme il ne s’est jamais pardonné d’avoir transmis son gène à Nina, lors de sa conception. Ce n’est qu’un engrenage sans fin. Les Lupin, nous sommes maudits. Depuis toujours, il y arrive des tragédies dans notre famille. C’est comme si nous ne pouvions y échapper. Pourtant, pour le moment, je ne le vivais pas si mal que ça. Ce n’était pas vraiment la fin du monde non plus. Peut-être parce que c’est tout frais et que je me trouve dans une phase de déni, me disant que ce n’est pas grave. Je sais pourtant que même en y mettant un bandage, ça n’ôtera pas la contamination qui a eu lieu. C’est sûrement déjà partout dans mon corps, répandu comme un venin, venant se loger dans mon patrimoine génétique, comme une sangsue affamée sur une plaie.

Je ne pouvais faire autrement que de me sentir honteux de m’être ainsi fait avoir. Sous les yeux tristes de mon père, je ne savais que faire pour apaiser cette ambiance morbide. Il ne m’a pas tué, c’est déjà une bonne chose. Mais lui, ne le prendra sûrement pas comme ça. N’y tenant plus, je m’accrochais à la rampe grâce à ma main encore valide. Bien incapable de réellement pouvoir me relever, je restais finalement assis sur ma marche, ne relevant que le regard vers mon père, toujours sous le choc. J’avais l’impression qu’il était encore plus atteint que je pouvais moi-même l’être.

« Papa, ne t’en fais pas, ça va. Tu peux juste m’aider à soigner ça ? »

C’était étrange ce qu’il se passait ou plutôt ce qu’il ne se passait pas. Aucun échange, cette impression d’avoir envie d’être partout ailleurs sauf ici. J’espérais que ça passe vite et je n’hésitais pas à solliciter mon père, pour qu’il réagisse. Je savais qu’il ne me laisserait pas comme ça.

J’amorçais un nouveau levé, réussi celui-ci. Me tenant à la rampe en bois, je faisais de mon mieux pour ne pas tourner de l’œil. Ce n’est pas trop la blessure, j’en ai vu d’autres, surtout dans mon métier. Mais le choc ou la lycanthropie qui se répand dans tout mon être.

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