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the end of a long dark | Gaëlle

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Connor Sainclair
Archéomage
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Mer 20 Juil - 18:29

Connor & Gaëlle
« Tout est changement, non pour ne plus être
mais pour devenir ce qui n’est pas encore. »
- Epictète




Un brin de vent pour le moins facétieux s’amusait à rappeler aux promeneurs que malgré la fin de l’hiver, l’été demeurait encore loin. Connor n’avait jamais vraiment été sensible au froid : après tout, il avait passé plusieurs années de sa vie à Durmstrang, forteresse glacée flirtant avec le cercle polaire en pleine Fédération de Russie, après avoir vu le jour en Ecosse, qui n’était pas la composante du Royaume-Uni la plus connue pour son climat clément. Le Pré-au-Lard en plein mois de février, non loin de Poudlard, n’avait donc rien de bien rébarbatif à ses yeux malgré un thermomètre peu optimiste, à l’inverse sans nul doute de certains élèves de l’école de magie ayant préféré demeurer au chaud dans leur dortoir, voire sous leur couette.

Le soleil était rasant, sans parvenir à véritablement réchauffer l’air ; les contours de chaque chose s’en trouvaient redécoupés avec une netteté froide, alors que toute surface réverbérant la lumière, comme les vitres des maisons du village, se trouvait transformée en lac incandescent, tout d’argent fondu. C’avait été en avance que Sainclair avait gagné le Pré-au-Lard, alors que plus d’une heure le séparait du rendez-vous dont Gaëlle Hashley et lui-même avaient convenu, bouffée d’air frais pour l’un comme pour l’autre alors qu’en période de cours, la professeure d’étude des Moldus n’avait pas tant que cela de marge de manœuvre pour quitter le château, si bien qu’en parfait gentleman, c’était l’archéomage qui s’était proposé de faire le déplacement et de la rejoindre non loin de Poudlard. Le temps à tuer avait été assassiné sans une once de scrupule : en compagnie d’Arthur et de Lydwine, le sorcier avait déjà eu l’occasion de s’attabler aux Trois Balais, taverne bien connue et très affectionnée par les étudiants que désormais, il connaissait plutôt bien. Une ou deux boutiques avaient également été visitées à quelques reprises, pour ne pas rester enfermés, faire du lèche-vitrine ou accompagner les adolescents faire leurs courses, mais à part cela, le sorcier n’était pas plus un habitué de la bourgade que cela ; autant d’inconnues que Connor s’était mis en tête de découvrir. Pour bon nombre de ses collègues et amis, des noms comme la Tête de Sanglier ou Honeydukes n’avaient plus aucun secret, et il fallait avouer que si vous n’aviez aucun lien particulier avec l’illustre institution scolaire voisine, vous n’aviez pas vraiment de raison de vous rendre à Pré-au-Lard. Etranger en terres grossièrement familières, ce fut d’un bon pas que l’historien débuta son tour d’horizon, l’exercice lui permettant de supporter l’air frisquet de la fin de matinée. Peut-être pourrait-il inviter Gaëlle à déjeuner, si cette dernière n’avait rien d’autre de prévu pour son samedi midi ? Encore fallait-il trouver un restaurant, une gargote, ou quoi que ce fût d’approchant capable de leur proposer un repas chaud digne de ce nom, dans un endroit tout de même tranquille et un minimum confortable, une mission que le mage estima ne pas avoir remplie entièrement, ou du moins comme il l’aurait voulu, à la fin de sa petite exploration. Habitué à vivre à Londres, où toutes les commodités se trouvaient disponibles à portée de main, il ne s’était pas non plus attendu à tomber sur un trois étoiles, mais quand même… Rien en lui avait paru convenir, à moins d’avoir manqué la venelle où l’objet de ses recherches se cachait, un véritable tour de force lorsqu’on songeait à la petitesse du village, et donc du petit nombre de rues le quadrillant. Bah, son amie aurait peut-être une bonne adresse en tête, qu’il garderait en mémoire pour sa prochaine visite à son neveu, ou à la fille de son cousin éloigné…

Franchement, si Sainclair n’avait que cela comme désagrément mineur, la vie était belle, vraiment belle. Ses autres problèmes demeuraient récurrents : les œuvres volées au Muséum ne réapparaîtraient pas comme par enchantement, tandis que l’Inquisition ne s’évaporerait pas en un claquement de doigts, mais depuis quelques temps, le poids de ces soucis ne pesait plus autant qu’avant sur son esprit, presque plus du tout, d’ailleurs. Il était presque étonnant de noter à quel point la demande en mariage de Siméon avait embelli son quotidien. Oh, bien évidemment, rien n’était encore fait, et Connor s’efforçait de ne pas s’emballer de trop, alors que le plus dur restait à faire –l’officialisation de leur relation auprès des proches de l’Anarchiste, qui passerait par la révélation de leurs quinze années de liaison gardées secrètes, rien que cela. Malgré ce pragmatisme, il se sentait léger, aux portes d’un monde nouveau, d’une ère inédite lui donnait la sensation d’atteindre enfin el bout du tunnel, complètement et pour de bon. Loin derrière eux se tenait le sombre souvenir d’Adèle, de la brouille ayant séparés durant une éternité les futurs mariés. Finies, les missions périlleuses pour le compte de Darren, comme autant de chances d’à nouveau voir son promis tomber entre les mains des Mangemorts, du moins si Sim acceptait de mettre un terme –définitif ?- à sa carrière d’espion. Abandonnées au passé, les soirées solitaires à se demander quels périls pouvaient bien affronter son compagnon, alors qu’au Manoir, l’Ecossais ignorait tout de ses occupations, des personnes en compagnie desquelles il passait tant de temps sans en souffler un mot à celui qui, souffrant silencieusement, acceptait bon gré mal gré de jouer le rôle de dernière roue du carrosse. Siméon l’avait toujours aimé, et l’avait toujours plus ou moins caché à la perfection ; désormais, tout était devenu limpide, et aussi rayonnant que le ciel d’un bleu pur au-dessus de sa tête, en ce paisible matin. Intérieurement, Connor savait désormais où il allait, plus qu’à n’importe quelle autre époque de sa vie, ce qui ne manquait pas d’ironie, vu que physiquement, il avait déambulé dans un bourg qu’il était encore un peu loin de connaître sur le bout des doigts, malgré sa bonne mémoire, et son habitude de désirer s’accoutumer à un nouvel environnement le plus rapidement possible.

Un gobelet presque bouillant dans chaque main, l’archéomage avait gagné l’entrée du Préau-au-Lard, sorte de no man’s land où la ville débutait timidement alors que la campagne alentour prenait fin, point de rencontre où Gaëlle devait le rejoindre sous peu si aucun imprévu n’était entré en scène. Discuter avec la jeune femme ferait du bien à Sainclair, ce dernier n’en doutait pas : tous deux s’entendaient très bien, liés par une complicité née de leur proximité d’avec les Moldus, et puis Gaëlle était enseignante ; qui mieux qu’elle pour explorer les possibilités que lui offrirait une possible carrière de professeur ? Le globe-trotteur n’y avait pas encore vraiment réfléchi, étant donné qu’il estimait qu’une telle question était à discuter conjointement avec son fiancé, et dans un second temps, sans tout attaquer de front en même temps, mais il fallait avouer que demeurer en Grande-Bretagne sans plus mener de missions de recherche, ou ne serait-ce qu’à un rythme moins élevé et sur des durées beaucoup plus courtes, ne manquait nullement de charme, surtout si Siméon abandonnait l’Anarchie. Un tel effort de la part du métamorphomage méritait amplement que lui-même bouleverse son quotidien, afin de favoriser une vie à deux qui n’avait que trop tardé à débuter. Echanger à ce sujet avec la demoiselle, sans objectif particulier en tête, lui permettrait éventuellement de déblayer un peu le terrain, installés aux Trois Balais, ou bien à même l’herbe, pour profiter de la tiédeur générée par les rayons du soleil printanier.

Face à lui, un peu en hauteur, une vieille demeure à l’allure fort décrépie le toisait de façon morne, son aspect lugubre vraisemblablement sapé par le fait qu’on se trouvât en pleine journée, et par temps clair. Tels les vestiges des malheurs ayant sans cesse tenté au fil des années d’assombrir l’existence de Sainclair, le manoir demeurait impuissant, incapable de transmettre le moindre frisson de peur ou sentiment de dégoût au promeneur dont le regard azuré se perdit dans la contemplation de son perron, sereinement. Les vieux fantômes, quels qu’ils fussent, n’avaient à présent plus d’emprise sur lui.

Un bruit de pas dans son dos lui fit détourner les yeux de l’étrange construction ; un sourire bienveillant se traça doucement sur ses lèvres alors qu’il se voyait rejoint par sa camarade de virée :

-Salut, Gaëlle, l’accueillit l’archéomage en lui tendant un des gobelets, parfaitement au fait des goûts de la Née-Moldue en matière de boisson chaude.

Malgré tout intrigué par la bâtisse ancestrale, Connor décida de faire une fleur à sa propre curiosité, mollement titillée par le bâtiment à l’abandon les surplombant légèrement :

-Alors c’est ça, la fameuse Cabane Hurlante ?

Arthur l’avait évoquée une poignée de fois, avec le respect mêlé d’envie et de crainte que les jeunes gens décernaient aux endroits terrifiants où généralement, ils n’avaient pas le droit de se rendre. Comme pour toute légende, la réalité se révélait assez décevante, en comparaison de l’ampleur du mythe.






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Mer 27 Juil - 14:49
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The end of a long dark
Avec Connor Sainclair
Château derrière, Pré-au-lard devant. Frais matin que celui-ci. J'ajuste d'un mouvement mon manteau sur mes épaules. Il ne s'agit pas d'attraper la crève en pleine période scolaire. C'est que j'ai des cours à assurer ainsi qu'une présence à ne pas négliger ! En tant que nouvelle prof à Poudlard, je ferais bien mauvaise impression si je devais rester alitée déjà à cette période de l'année.

Alors que je passe par de petites ruelles pour rejoindre l'axe principal du village, je m'arrête un instant, entre deux maisons rapprochées pour humer l'air frais. Ca réveille. J'aime les matins comme ça, où la brise légère vient soulever les cheveux, les vêtements, tandis que le soleil, bien que sans chaleur, vient illuminer les toits et les parvis.

La première chose qui, je me rappelle, m'a surprise en revenant en Grande-Bretagne a été le temps. Son humidité, sa fraîcheur et en même temps ses atmosphères ensoleillées. Cette capacité à passer, d'une heure à l'autre, d'une pluie torrentielle à un ciel bleu et dégagé. Cette inconstance de Mère Météo, toujours cet espoir qu'il fera meilleur ou bien cette hantise que le soleil pourrait très bien disparaître aussi sec, remplacé par un vent glacial ou une averse des plus froides.
Aujourd'hui, regardant par la fenêtre de mon appartement de professeure au sein du château, j'ai juste espéré que ce temps entre le frais de l'hiver et le soleil de printemps tiendrait encore un moment. Parce qu'un rendez-vous sous la pluie n'est pas forcément la meilleure des choses.

Mains dans les poches, je gagne l'artère principale de Pré-au-lard. J'observe les gens aller et venir, dans un sens, dans l'autre. Mes pas me guident tout naturellement tandis que ma tête passe de gauche à droite, de droite à gauche. Il y a ceux qui sont pressés, qui marchent vite, tête baissée et manquent de vous rentrer dedans. Puis ceux qui s'arrêtent tous les trois pas pour observer un vitrine, commenter la marchandise, entrer dans un magasin quelconque. Il y a ceux qui paraissent attendre quelqu'un, devant la devanture d'un commerce connu, les fenêtres d'un bar ou au coin d'une rue. Et puis ceux qui paraissent tout simplement se balader, seuls, sans but, sans rien attendre des autres ou du village. Ils prennent ce qui vient, comme ça vient.

Regarder la vie qui s'active et s'agite me plaît. Parce que ça me rappelle sans cesse que malgré tout ce qui se passe, malgré les évènements extérieurs, la peur, l'angoisse, l'obscurité, les gens continuent de vivre. C'est ce qu'il faut. Aller de l'avant. Ne pas s'arrêter, ne pas trop regarder en arrière. Au risque de tomber.
Mes quatre années passées à l'étranger m'ont totalement déconnectée de ce monde britannique. Quand je suis rentrée, ça a été comme sortir d'un rêve merveilleux. D'une bulle moelleuse et sécurisante. Se prendre le réel de plein fouet et quitter le conte de fée. J'ai vite compris que tout était en train de recommencer. Comme avant. Comme ce que je n'avais pas connu parce que trop jeune, encore Moldue dans l'âme. Je suis entrée à Poudlard un an après la destruction de Lord Voldemort, le plus grand mage noir existant ici. Et j'ai cru que jamais, jamais je n'aurais à vivre ce qu'ont vécu les autres. Alors je rêvais, fantasmais et embellissais la réalité. L'Histoire. C'était noir et blanc. J'étais pour le blanc, Ordre du Phénix, Albus Dumbledore. Je voyais les combats héroïques, les preux chevaliers face à l'affreux dragon. Face au monstre terrifiant qui effrayait les populations. Je me racontais l'Histoire et ce faisant, la transformais en fiction. Parce que je croyais que ça ne pourrait plus arriver de nouveau.
Et puis, après quatre ans d'absence, tout est revenu. Je me lui suis pris en pleine poire. Je peux dire que ça a fait mal, sur le coup. J'ai eu peur. Pour moi mais surtout pour ma famille. Parce que Moldus. Simple mot qui contient, en lui-même, toute la dangerosité de leur situation. Comme être Juif dans les années quarante.
Face à ce répétition de l'Histoire, j'ai compris deux choses : la première, que mes rêves d'enfants allaient désormais guider mes pas et me conduire vers la voie qui m'était toujours destinée. C'est pourquoi, malgré le départ de Dumbledore de l'organisation, j'ai rejoint l'Ordre du Phénix. Parce que je savais que ça serait toujours mon choix premier, la chose qui me ferait vivre et vibrer. Me pousserait à avancer, à combattre. Pour moi, les autres, ma famille. La deuxième, que rien n'est tout noir ou tout blanc. Qu'une vision manichéenne des choses et du monde faussait totalement ce qu'était la réalité. J'ai alors compris que rien ne serait simple. Et que, comme toujours, ça n'allait pas être deux camps qui allaient s'affronter. Mais une multitude de groupes eux-mêmes divisés en plusieurs branches parfois contradictoire.
La vie n'est pas simple. Elle ne l'est jamais.
Voilà ce que j'ai retenu de mon retour en Grande-Bretagne.

Et malgré tout, j'ai vécu. Comme ces gens, ici, qui courent à droite à gauche, s'extasient, boivent un verre ensemble, rient, s'amusent, insouciants. Je ne me suis pas arrêtée. J'ai crié que je voulais continuer. Sortir, m'amuser, aimer, être aimée. Se rendre utile. C'est pourquoi je suis devenue professeure. Et d'Etude des Moldus pour opposer ma résistance. Contre cette haine qui commence à agiter ce monde totalement fou.
Vivre ensemble. C'est ça qu'il faut.
Alors pour cela, il faut résister à ceux qui désirent diviser pour mieux régner.

Parce que j'ai fait de cette résistance un devoir, je me sens heureuse de rencontrer ce Connor Sainclair. Archéomage, de ce que je sais de lui. Donc lié d'une certaine façon aux Moldus. Ce dont nous devons parler ? Un projet éducatif autour, justement, des Moldus, leurs objets, mode de vie etc. Ce n'est pas encore très clair ni très défini tout ça. Mais qu'importe. C'est l'occasion de rencontrer quelqu'un qui, je l'espère, sera sympathique. Dans le fond, je n'en doute pas.

Sans même que je ne puisse m'en rendre compte, me voilà déjà arrivée. Mes jambes semblent avoir toujours en mémoire le village tout entier, du temps où je le parcourais en long, en large et en travers, étant étudiante à Poudlard. Mes pas m'ont machinalement fait remonter toute l'allée, jusqu'à gagner l'entrée principale où est notre rendez-vous.

Je souris en constatant que Connor est déjà sur place. D'ailleurs, il se tourne vers moi en m'entendant arriver.
Il me salue d'un large sourire et me tend un gobelet fumant. Je m'en saisis en le remerciant chaleureusement. Hum... la boisson dégage une délicieuse odeur de cacao. Un vrai chocolat chaud. Connor a bien vu.

-Alors c’est ça, la fameuse Cabane Hurlante ? demande-t-il, tandis que son attention se reporte sur la bâtisse qui nous surplombe.
Mes yeux partent dans la même direction. Mon regard suit les lignes droites de la cabane tandis que j'avale une gorgée du chocolat bouillant. Ca fait du bien. Ca réchauffe tout l'intérieur, déglace l'oesophage, met en route le système.
]b]-Eh oui,[/b] je réponds avec un sourire, c'est bien ça. Vue d'ici, en plein jour, elle n'est pas très impressionnante, tu ne trouves pas ? Après, certains t'assureraient qu'ils ont déjà entendu des cris horribles et terrifiants alors qu'ils se baladaient en plein après-midi.
Je fais une pause pour déguster une nouvelle gorgée. Puis je hausse les épaules :
-A mon avis, ce ne sont que des légendes urbaines auxquelles tout le monde croit ou veut croire. Et comme bien souvent il faut croire pour voir (et non le contraire), eh bien les gens sont persuadés d'avoir aperçus des bêtes affreuses sortir d'ici alors qu'en réalité, ils n'ont rien vu.
Je fais un sourire à Connor.
-C'est un peu comme le paranormal chez les Moldus. Ils se persuadent tous seuls qu'il y a quelque chose de maléfique chez eux et c'est en s'enfermant dans cette croyance que cette chose parait prendre de plus en plus d'ampleur jusqu'à donner l'impression qu'elle est vraie.

Je ramène mes cheveux en arrière tandis que mon regard passe au-delà de la cabane pour observer le ciel clair d'où la luminosité du soleil s'étend sur le village.
-Je ne sais pas quelle est ton opinion sur cette question, je reprends, en tournant la tête vers Connor.
Code by Joy

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Connor Sainclair
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Lun 7 Nov - 16:11


Nouveaux horizons
La créativité est contagieuse, faites-la tourner.



Connor, comme tout être humaine, n’échappait pas à son lot de défauts, inhérent à la nature imparfaite que nous partagions, nous autres mortels. Certes, il existait des êtres autrement plus imparfaits que lui, comme d’autres immensément plus idéaux, mais en soi, l’archéomage se situait plutôt dans la moyenne… Avec, en tête de proue de cette collection quelque peu déshonorante, son incurable pragmatisme. Le magicien n’était clairement pas quelqu’un avec qui vous auriez passé une excellente soirée d’Halloween, à se gaver de dragées de Bertie Crochue tout en se racontant des histoires de fantômes à frissonner de délicieuse terreur. Trop terre-à-terre, trop méthodique, l’Ecossais se plaisait à étudier les moindres détails d’un récit glaçant, ou d’une légende séculaire, pour en démêler le vrai du faux, et pourquoi pas démontrer par A+B que tant d’incohérences accumulées ne pouvaient résulter que d’une vaste fumisterie, et non d’un témoignage de faits réels. Ce penchant naturel de son caractère, aussi posé que méticuleux, n’avait été que renforcé de plus belle par son métier : après tout, il avait pour mission de récupérer des objets magiques anciens, afin d’éviter que des Moldus n’en subissent les effets. Ce travail d’investigation ne pouvait tout simplement pas être compatible avec la tentation de céder à l’appel des fables de tout poil. Lorsque le temps se trouvait parfois compté face à des personnes mal intentionnées, désireuses de mettre la main sur des armes potentielles, ou à des innocents nullement au courant des puissances qu’ils exposaient dans leurs muséums, il s’avérait primordial de travailler avec rigueur, sans se laisser affecter par l’atmosphère inquiétante nimbant vos travaux, plus dense au fur et à mesure que vous progressiez.

Malgré tout, Sainclair conservait une certaine fibre que nous aurions pu dire romantique : il s’agissait d’un attrait tout particulier pour le paranormal que même les magiciens ne parvenaient à s’expliquer, comme l’héroïne de Flaubert, Emma Bovary, qui se laissait aller une forme de mysticisme, un attrait à la fois diffus et gourmand pour l’entité divine. Cinéphile se définissant lui-même comme amateur quoi qu’enthousiaste, Connor ne rechignait pas à regarder des films d’horreur, quand bien même se retrouvait-il bien souvent autant captivé par l’écran que saisi de peur. Quand bien même le sommeil le boudait bien souvent après ces soirées popcorn, il remettait régulièrement le couvert, pourtant quasi certain à chaque fois de subir une crise d’insomnie temporaire : en effet, l’adrénaline qui le faisait frissonner le convainquait de renouveler l’expérience, de même que de regarder chaque film jusqu’au bout, à la manière de ces enfants qui se cachaient les yeux de peur… Pour tout de même suivre l’action à travers leurs doigts écartés. L’attrait de l’intrigue était tout simplement trop fort, et l’ensorceleur ne parvenait à ne pas attendre le dénouement, afin de découvrir comment les héros parvenaient –ou non- à venir à bout du monstre ou du tueur psychopathe lancé à leur poursuite. L’effroi autant que la curiosité le clouait à son fauteuil, indéniablement… Et c’était sans doute pour des raisons similaires que la Cabane hurlante se connaissait une telle popularité. Certains se moquaient de cette vieille bicoque, comme d’autres se trouvaient capable de regarder la plus horrifique des œuvres du septième art sans sourciller ; tout était question de sensibilité. Au final, parvenir à franchir le seuil d’une maison soi-disant hantée ou à supporter le suspense intense d’une fiction signifiait la même chose, l’aspiration profonde et intrinsèque de trouver des solutions tangibles à des situations de crise surnaturelles. Cela menait même parfois au but suprême, venir à bout de ses propres démons en surpassant ses propres limites… Et tirer un trait sur son passé pavé de craintes lâchement devant lesquelles on avait trop souvent courbé l’échine, avec un air pitoyable. En prenant son courage à deux mains, bien des angoisses parvenaient à être surmontées, ce qui vous changeait bien souvent la vie. Ainsi, la peur de l’abandon s’effaçait tel un mauvais rêve au réveil auprès de Siméon, son compagnon, et peut-être bien que Gaëlle serait pour quelque chose dans la nouvelle vie qui allait s’offrir aux deux amoureux.

Le tutoiement, venu naturellement entre eux, semblait annoncer que leur collaboration débutait non seulement sous de bons auspices, mais promettait également de se poursuivre de façon aussi productive qu’agréable : miss Hashley lui faisait plutôt bonne impression, et son intuition lui suggérait que cette dernière ne serait pas démentie par la suite. L’impression de s’adresser à une collègue, bien que pour le moment, l’essentiel de leur relation se soit résumée à de la correspondance, s’installait peu à peu.

-Nous avons tous besoin de croire en quelque chose, à divers degrés… Même s’il s’agit de quelque chose de terrifiant. Peut-être est-ce pour nous convaincre que nous sommes capables de soulever un morceau du voile et de parvenir à identifier le danger, pour ensuite s’assurer que l’on peut y survivre, et pourquoi pas de réussir à tuer le dragon de l’histoire… Une fois avoir rassemblé assez de courage pour vérifier s’il y a ou non un monstre sous le lit.


À travers le monde, des schémas se retrouvaient dans les cauchemars malmenant les uns et les autres, malgré des cultures très différentes, à tel point que certains pensaient qu’à l’image des trolls ou des licornes, les abominations communément redoutées avaient réellement existé, avant de disparaitre sans laisser de traces… Ou de simplement se faire oublier ? Quoi qu’il en fût, la peur d’un ennemi commun aurait certainement risqué de conduire à l’éradication de ces choses : ce type d’épouvante se révélait immensément fédérateur, qu’il s’agît d’ailleurs d’un effroi tourné vers une créature, une personne, un objet… Ou encore une idée. C’était la frayeur qui avait fait de la Cabane un lieu connu aux quatre coins du globe ; elle s’ajoutait à d’autres tout aussi « universelles », parmi lesquelles la hantise du mélange des sangs et de la perte de pureté chez les Sangs Purs traditionnalistes, l’appréhension de livrer une société pétrie d’inégalités aux futures générations pour les Anarchistes, ou encore de voir le chaos s’installer pour la très sévère Inquisition. Même l’Ordre ne se soustrayait pas à ce point commun, avec l’ancestrale et viscérale panique ressentie à l’approche du règne des ténèbres. Nul bord n’y échappait, au gré des époques et des courants de pensée, en un bien triste constat : les sentiments négatifs, parmi lesquels figuraient également en bonne place la haine et la jalousie, rassemblaient dans de nombreux cas avec bien plus de force que de nobles valeurs. Heureusement, là ne résidait pas la règle générale et immuable : l’espoir, bon an mal an, ne capitulait pas malgré les revers du sort. Ainsi, la Cabane Hurlante, pour un nombre non négligeable de personnes, se résumait à une bicoque décrépite loin de mériter sa réputation, tandis qu’au pied de cette dernière, Connor escomptait bien rassembler grâce à l’amour du savoir et de la transmission de celui-ci, avec le même sourire confiant que celui arboré par la sorcière à ses côté.

N’allons cependant pas trop vite en besogne quant à ce fameux don de connaissances : l’objet de cette première rencontre ne portait pas sur la potentielle reconversion de Sainclair en formateur d’archéomages, ou encore en professeur d’Histoire de la Magie, voire même pourquoi pas d’Etudes des Moldus, mais bien de ce qui pourrait attendre les étudiants de l’université assez passionnés ou assez désœuvrés pour avoir choisi en option l’histoire de la magie, en vue de devenir archéomage. Le reste viendrait peut-être au fil de l’eau, qui sait.

-En tout cas, je tenais à te remercier d’avoir accepté de réfléchir à ma démarche, et de me rencontrer. C’est très enthousiasmant pour moi de participer à un essai de perfectionnement des cours dispensés à la fac, ce qui, dans ma discipline, n’a il me semble jamais été expérimenté. Je suis assez curieux de voir où cela va mener… Ton aide sera en tout précieuse, je n’en doute pas.

L’historien comptait en y réfléchissant un instant un nombre non négligeable d’enseignants parmi ses amis et connaissances, avec lesquels il partageait d’évidents atomes crochus, à l’exception peut-être de Riley Vongkham, professeur de Réalité virtuelle avec laquelle l’entente ne se trouvait pas forcément toujours au beau fixe, selon les humeurs de la demoiselle –celle-ci avait été briseuse de sorts pour Gringotts par le passé, l’on pouvait la considérer comme l’exception confirmant la règle, en arguant que cet attrait tardif pour l’éducation des jeunes sorciers, tardifs, ne relevait pas vraiment d’une vocation de vieille date. Loin cependant de se demander pourquoi diantre une femme comme Riley s’était mis en tête de passer son temps avec des gamins dans une salle de classe, activité nécessitant une pédagogie dont certains auraient largement douté de l’existence chez l’Allemande, Sainclair ne se permettait pas de juger, puisque peut-être lui-même suivrait un chemin identique. La facilité qu’il avait à bien s’entendre avec des membres du corps enseignant lui donnait suffisamment de latitude pour se plaire à croire que la mission qu’il s’était auto-assignée pour l’Université serait plaisante, enrichissante, et pourquoi pas placée sous le signe du succès.

-Tu préfères peut-être aller t’installer quelque part ? proposa Connor, toujours aussi gentleman, et conscient que pour siroter leur boisson chaude tout en discutant, demeurer à l’extérieur ne serait éventuellement pas des plus agréables, notamment si Gaëlle était un peu frileuse.

Pour sa part, le magicien restait ouvert à tout, que ce soit découvrir un nouvel endroit sympathique ou tout simplement s’installer sur les marches du perron de la Cabane, malgré le risque de sentir le bout de leurs doigts picoter à cause des températures encore plus hivernales que printanières. Ç’aurait constitué un quasi acte de bravoure, en soi, et par la même occasion leur aurait offert un joli panorama sur le village… Néanmoins, l’Ecossais ne doutait pas que le Pré-au-Lard recelait d’autres tavernes ou cafés tout aussi agréables que les Trois Balais.






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Citation : Albert Einstein
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