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Bryan H. Levinson
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Dim 18 Sep - 21:35

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« Hell is empty and all the devils are here. »
Contre toute attente, Bryan s’était levé du bon pied aujourd’hui. En d’autres termes, cela signifiait qu’il ne ressentait pas spécifiquement l’envie de tourmenter de pauvres sangs de bourbe. Néanmoins, si l’occasion se présentait… Enfin peu importe, il savait précisément ce qu’il voulait faire de sa matinée et avait bien l’intention de ne pas se laisser déconcentré par quoi que ce soit. Seul un appel du Seigneur des Ténèbres pourrait le détourner de son chemin.

L’anniversaire de Rose approchait à grands pas et Bryan souhaitait lui offrir quelque chose de spécial. Il avait longuement réfléchi à la question, comprenez bien, il ne voulait en aucun cas que son cadeau puisse paraître romantique. Il demeurait un mangemort et elle une auror, il ne pouvait pas y avoir d’amour entre eux, jamais. Mais par le biais de ce présent, il souhait lui démontrer qu’il en savait beaucoup sur elle, sur ce qui pouvait lui plaire ou l’intéresser un tant soit peu. Ce cadeau serait le symbole de l’emprise qu’il pouvait exercer sur elle, c’est pourquoi il convenait de le choisir avec soin.

C’est ainsi que Bryan transplana sur le Chemin de Traverse. Son visage ne figurant pas encore sur les avis de recherche émis par le Ministère, il pouvait encore se promener librement en plein jour sans craindre de voir quelqu’un donner l’alerte. Cependant, il jeta quelques coups d’œil inquisiteurs tout autour de lui avant de s’engouffrer dans l’Allée des Embrumes. On n’était jamais trop prudents ; inutile de se faire voir en train de pénétrer dans ces basfonds obscurs. C’est tout naturellement que ses pas le menèrent chez Barjow et Beurk. Quelle boutique serait plus idéale que celle-ci lorsque l’on est à la recherche d’un cadeau d’anniversaire original ? Bryan était convaincu que c’était ici qu’il trouverait son bonheur. Lorsqu’il pénétra à l’intérieur de la vieille boutique sombre et poussiéreuse, la porte en bois grinça comme à son habitude. L’austérité de ces lieux ne changerait jamais. Le mangemort s’était toujours demandé d’où provenait cette odeur âcre que visiblement rien ne parvenait à dissiper. Se promenant entre les rayons, il fut surpris de constater que les vitrines avaient été lavées. On voyait désormais beaucoup mieux les reliques entreposées derrière les carreaux de verre.

Soudain, un léger bruit lui fit détourner le regard. Ses yeux se posèrent alors sur le jeune homme tapis dans l’obscurité près du comptoir. Ce n’était pas la première fois qu’il le voyait, Bryan l’avait déjà aperçu à plusieurs reprises lorsqu’il était venu s’entretenir avec d’autres mangemorts dans l’arrière-boutique. Mais il ne lui avait jamais prêté plus d’attention que ce qu’il méritait.

« C’est toi qui as fait un peu de ménage ici ? »

Oui, Bryan était véritablement de bonne humeur aujourd’hui, au point même d’adresser la parole à ce gamin. Après tout, ce ne devait pas être bien palpitant de passer ses journées dans ce taudis. Et puis peut-être qu’il pourrait l’aider à trouver le cadeau idéal, il était payé pour ça non ? Non pas vraiment, il devait plutôt être payé pour la fermer lorsqu’une armada de mangemorts débarquait pour tenir une petite réunion privée.

« Je cherche un cadeau pour quelqu’un. Pas quelque chose de trop ensorcelé, si possible. Pourrais-tu m’aider ? »

Il en allait toujours ainsi avec Bryan, il était généralement très courtois lorsqu’il s’adressait à quelqu’un pour la première fois. Mais cela ne durait jamais bien longtemps.


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Anton Munter
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Mar 20 Sep - 18:23
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Les fêtes à gogo durant les dernières vacances ont fortement contribué à la vidange des diverses bourses de Anton. Si sur un certain plan, il n’allait pas s’en plaindre, en ce qui concerne les bourses des finances c’était déjà plus problématique. Tellement, qu’il ne profita même pas de son jour de repos pour faire tourner son frère en bourrique, ni pour essayer de se rincer l’oeil sur les minettes de l’école voisine du village. Il avait transplané jusqu’au Chaudron Baveur pour prendre le passage dans la cour et atterrir directement sur le Chemin de Traverse. L’Allée des Embrumes ne se trouvait pas bien loin, au coin de la Banque des affreux Gobelins. Et c’était bien sûr chez Barjow et Beurk qu’il travaillait. Sa scolarité à Durmstrang plus être le beau-fils du directeur de cette même école, offraient bien des possibilités, même s’il s’était gardé de dire que le beau-père lui avait coupé les vivres il y a presque deux ans à présent.

Travailler là-dedans, ce n’était pas vraiment la joie. Rien que l’odeur donnait envie de faire demi-tour. Mais le besoin de moyens se faisait trop grand pour céder à la tentation de quitter les lieux au plus vite. Et ce n’était pas la clientèle qu’il y avait. La plupart des gens normalement constitués, ne mettaient pas les pieds dans ce coin du pays. Les autres étaient principalement tous des Mangemorts et ils ne venaient pas bien souvent. Les descentes d’Aurors commencent à faire fuir les moins persévérants d’entre eux. Pour passer le temps, il n’avait rien trouvé de mieux que de faire un peu de ménage et de rangement. Un Sorcier et sa baguette, ça va assez vite. Mais malgré ça, l’odeur ne pouvait être chassé. Il en était sûr, un cadavre en pleine décomposition devait se trouver dans le sarcophage impossible à ouvrir. Il l’imaginait d’ici l’espèce de momie toute pourrie avec des asticots sortant des yeux et du nez, entre des bandelettes dégoutantes.

Son inspection se termina quand le vieux propriétaire concéda à lui laisser la boutique à garder. Ce ne serait pas bien difficile, l’unique client de la journée avait été un Sorcier cherchant des toilettes. Il les sentait terriblement longues ses dernières heures de dur labeur.

Marchant de long en large et s’il en avait eu la possibilité, en travers aussi, Anton finit par se rendre de l’autre côté du comptoir où il attrapa le livre des comptes. Il s’équipa aussitôt d’une plume et d’un encrier pour remplir le peu de bénéfice du jour quand enfin la cloche de la porte l’arracha de ses pensées. Pour éviter une seconde fausse joie, il décida de ne pas se précipiter tout de suite et d’attendre un peu. Il ne décelait qu’une silhouette observant les étales de bordel qui se trouvent partout dans la boutique. Accoudé au comptoir, il releva la tête lorsque le client prit la parole. Ce n’est qu’à ce moment, que l’éclairage moisi de la boutique lui permit de voir qui était entré. Il ne s’était sans doute pas attendu à se retrouver ainsi devant son père.

« J’ai tout tenté pour faire disparaitre cette odeur de viande pourrie, mais elle est tenace. »

Un cadeau ? Il contourna le comptoir pour se rapprocher de lui. Mais alors que n’importe quel fils se serait demandé pour qui était destiné le fameux présent à trouver, Anton eut l’impression d’entendre un tintement dans sa tête. Un peu comme ceux que font les machines à sous dans les casinos. Il souriait déjà, faisant passer ça pour de la courtoisie. Mais si c’était un objet destiné à quelqu’un d’autre, il pouvait lui refiler une breloque sans valeur à un prix exorbitant, pour mettre la différence dans sa poche.

« Bien sûr, j’ai sûrement ce qu’il faut par-là. »

Il observait les objets, pour certains défectueux, mais comme son père ne comptait pas le garder en sa possession, ce n’était pas si grave. D’un geste pratiquement sûr, le jeune vendeur s’empara d’un collier qu’il lui présenta en souriant.

« Si c'est pour une femme, j’ai ça. Il n’est pas trop ensorcelé, si ce n’est qu’il électrocutera tous les mecs qui poseront leurs mains sur celle qui le porte. »

Anton pourrait presque passer pour un ange à ce moment-là. Il était souriant, poli et semblait tellement enclin à aider son client. Mais tout en omettant volontaire de dire que la dernière personne a avoir porté ce bijou, s’est prise une châtaigne qui l’a envoyé directement six pieds sous terre. Ce n'est pas comme s'il lui avait posé la question.



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Bryan H. Levinson
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Mar 20 Sep - 22:13

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Le mangemort se surprit à sourire en entendant la réponse du jeune homme. Une odeur de viande pourrie, oui c’était exactement cela ! Bryan soupçonnait le propriétaire des lieux d’avoir laissé moisir un elfe de maison quelque part dans le coin. Ce n’est pas qu’il se préoccupait du sort de ces vulgaires créatures –bien au contraire, la famille Levinson avait fait fortune grâce à l’esclavage et au commerce des elfes de maison- mais disons que Bryan était assez maniaque et n’aimait pas beaucoup passer son temps dans des endroits crasseux et nauséabonds comme celui-ci. Enfin, ce n’était pas le moment de se plaindre, rares étaient les boutiques partisanes des mangemorts. Et puis au milieu de tout ce foutoir, se trouvaient toujours de belles pièces, si l’on savait bien chercher.

« Rassure-moi, tu ne passes pas toutes tes journées ici ? Tu fais juste ce boulot parce que tes parents ne peuvent pas subvenir à tes besoins, ou quelque chose dans le genre, non ? »

C’était tout lui, prendre les gens de haut était une seconde nature chez lui, il ne le faisait pratiquement pas exprès. Bryan n’essayait pas de faire la conversion, il cherchait juste à savoir si le jeune homme faisait autre chose de sa vie, ou s’il aurait par hasard le temps de servir la cause des mangemorts. Par les temps qui courent, il était toujours bon de recruter de nouvelles baguettes à la solde du Seigneur des Ténèbres. De plus, Bryan se demandait comment un jeune de son âge pouvait se satisfaire d’une telle existence, si on l’avait laissé lui ne serait-ce qu’une demi-journée dans ce trou à rats, il en serait devenu fou. Si ce gamin avait été son fils, il ne l’aurait pas laissé moisir ici. Non bien sûr, il lui aurait offert une vie parfaite, une vie de petit soldat prêt à se faire déchiqueter en morceaux pour un maître qui n’avait de reconnaissance pour personne.

Le mangemort suivit le jeune vendeur et examina attentivement le collier qui lui était présenté. Pas de doute, Anton savait y faire, la description qu’il fit du bijou donnait véritablement envie de l’acheter. Bryan était un homme jaloux et possessif, l’idée que le collier puisse électrocuter d’éventuels prétendants le fit sourire. Néanmoins, il se rappela ce qu’il s’était dit le matin même avant de quitter le manoir : pas de bijou, cela pourrait avoir une connotation beaucoup trop romantique à ses yeux. D’autre part, il n’aimait pas beaucoup le fait qu’Anton ait deviné ses intentions. Comment avait-il pu savoir qu’il souhaitait offrir ce cadeau à une femme ? Est-ce que de nombreux hommes venaient ici pour trouver un présent à leur épouse ? Bryan pensait avoir fait preuve d’originalité, visiblement pas. Il se sentait quelque peu vexé.

« Je préfèrerais éviter les bijoux, je ne suis pas très proche de la personne à qui je veux offrir ce cadeau. »

Mensonge. Mais qu’importe, Bryan n’allait pas raconter sa vie à un inconnu, et encore moins lui confier un secret pareil. Secret qui lui vaudrait la mort s’il venait à être dévoilé. Le mangemort continua son cheminement à travers les rayons, jetant quelques regards dédaigneux par-ci par-là, en fonction de la laideur de certains objets exposés.

« La dernière fois que je suis venu, j’avais vu une paire d’horloges jumelles. Quand on changeait l’heure de l’une des deux, les aiguilles de la seconde se déplaçaient aussi jusqu’à afficher la même heure. Sont-elles encore en vente ? »

S’il en offrait une à Rose et en gardait une pour lui, ce serait bien pratique pour convenir de l’horaire d’une entrevue. Et beaucoup plus discret qu’un hibou, qui pouvait tomber entre de mauvaises mains. Espérant que le jeune vendeur allait y mettre du sien pour retrouver ces horloges, Bryan tenta de se montrer aimable.

« Au fait, comment t’appelles-tu ? »

Le mangemort était alors loin d’imaginer qu’il était censé en savoir bien plus sur le jeune homme qui lui faisait face.



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Anton Munter
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Jeu 6 Oct - 9:56
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La question du Mangemort ne le blessa étrangement pas. A sa place, sûrement que beaucoup de jeune gens se seraient carrément vexés ou énervés, mais le fait est que ce n’était que la vérité après tout. Anton en était pleinement conscient, même s’il faisait toujours style devant les autres. Mais une mère morte, un beau-père qui lui a coupé les vivres pour une histoire de famille bancale, voilà là le résumé de toute sa vie. Il esquissa même un sourire en tournant la tête vers son véritable père, qui ne semblait avoir aucune idée de qui se trouvait devant lui. Finalement, sa mère était une trainée de première, pour avoir trois fils de trois pères différents, mais elle n’avait pas menti, cet homme-là ignorait tout de la vérité.

« Je suis étudiant à l’Université Magique et il se fut un temps où j’étais riche… Mais depuis, ma mère est morte, mon père a appris qu’il n’était en réalité que mon beau-père et mon véritable père ne sait apparemment pas que j’existe. »

Résumer son existence en seulement deux phrases, jamais il n’aurait pensé que ce soit possible. Et pourtant, c’était le cas. S’il devait écrire son autobiographie, pour l’heure il n’y aurait pas grand chose à dire. Un seul côté d’un parchemin peut-être et encore, en modelant autour de la vérité et en tournant autour du pot.

Il préféra donc s’occuper de son client si particulier, en lui proposant un collier assez intéressant. Anton part du principe qu’un homme n’offre généralement de présent qu’à une femme. Peut-être un peu vieux jeu malgré son jeune âge et pourtant, sa famille n’était pas vraiment de ce style-là. Mais à sa grande surprise, l’objet n’était pas celui recherché. Sans doute qu’il s’était trompé et là, c’est lui qui se sentait vexé. Il ne se trompe jamais en règle générale et quand ça arrive, il nie tout en bloc.

« Ah. C’est donc pour un homme. Désolé, il faut de tout pour faire un monde. »

Jamais, il ne se serait douté que son père était passé de l’autre côté de la barrière. Et gros macho coincé comme Anton peut parfois être, il se trouvait bien mal. Il ne pouvait quand même pas être si mal tombé ? Une mère qui couche avec n’importe qui, un beau-père un peu taré, un demi-frère loup-garou, un autre demi-frère chiant et un père homosexuel. Ce n’est pas possible, il était en plein cauchemar. Bien qu’il ne soit pas homophobe chez les autres, mais ce n’est pas une raison pour que son père s’y mette. Et voilà la seule raison qu’il trouvait à son erreur précédente.

Un bras plié sur son torse, supportant son autre coude, tandis que son doigt tapotait ses lèvres en cherchant une autre idée. Il finirait bien par trouver un truc. Ou pas. C’est son client qui finit par faire une suggestion en parlant des fameuses horloges.

« Officiellement, elles ne sont plus ici et je ne suis pas censé savoir qu’elles existent. Mais officieusement… »

Il ne pouvait pas s’empêcher de sourire, même s’il risquait de perdre sa place sur ce coup-là. En se retournant, le jeune homme s’assura qu’ils étaient bien seuls. Dans cette boutique, il n’y a généralement pas foule. Donc pour passer le temps, il n’est pas exclu qu’Anton fouille par-ci, par-là. Il ne peut malheureusement rien emporter, généralement l’inventaire est fait quasiment toutes les semaines. Mais il peut bien essayer de trafiquer le registre.

« Elles sont dans l’arrière boutique. »

D’un léger geste de la tête il lui faisait signe de le suivre. S’il tenait à les avoir, il ne fallait pas prendre le risque que le propriétaire revienne au même moment. Elles étaient, semblerait-il, destinées à la famille Malefoy pour célébrer un mariage ou quelque chose comme ça. Mais comme Anton ne peut pas piffrer l’autre prétentieux de Lucius, s’il peut faire chier il ne va pas s’en priver. Avant de prendre le chemin de l’arrière boutique, il allait quand même répondre à la dernière question de son client. C’était le moindre de la politesse.

« Anton Munter. Enfin, Munter n’est que le nom de mon beau-père…mon vrai père ne sait visiblement toujours pas que j’existe. »


Il avait insisté sur la dernière partie de sa réponse que ce soit en parlant, mais aussi dans son regard. Si la première fois, Bryan n’avait pas fait attention, cette fois ce serait peut-être la bonne ? Et Anton l’espérait, parce qu’il ne sait vraiment pas comment lui faire comprendre autrement. Il n’est pas bien doué dans tous ces trucs de famille. Un exemple tout bête, pour montrer à ses demi-frères qu’il tient à eux, il passe son temps à les emmerder.

Il gardait bon espoir qu’en chemin jusqu’à l’arrière-boutique, son père finisse par réfléchir à tout ça. Il passa donc dans les allées, jusqu’à contourner le comptoir, pour pousser ensuite le rideau poussiéreux donnant sur la pièce de derrière. Encore quelques pas et une couverture plus tard, les horloges étaient enfin visible.

« Les voilà. Il s’agit bien de celles-ci ? Je n’ai normalement pas le droit de venir dans cette partie de la boutique. Il va falloir être discret pour les sortir. »



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Bryan H. Levinson
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Mar 11 Oct - 21:06

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« Hell is empty and all the devils are here. »
Bryan n’était pas vraiment du genre à jouer les assistantes sociales. Les problèmes des autres il s’en fichait royalement. A moins d’en être la cause, et alors là il se réjouissait d’avoir pu semer le désordre dans son sillage. En revanche, concernant la situation familiale d’Anton, il doutait fortement d’y être pour quelque chose, à vrai dire il ne connaissait absolument pas ce gamin. Alors autant dire que son petit discours geignard entra par une oreille et ressortit immédiatement par l’autre. Bryan n’était de toute façon pas venu pour discuter, tout ce qui l’intéressait c’était les horloges. Mais parce qu’il avait été élevé dans les règles de l’art (et surtout parce que l’on ne savait jamais de qui l’on pouvait avoir besoin), il prit la peine de répondre. Distraitement certes, mais le jeune homme obtint tout de même quelques mots de son illustre personne.

« Navré pour ta mère. »

Oui, il aurait pu s’arrêter là, mais c’était bien mal le connaître que de croire qu’il n’aurait pas son petit avis sur la question. Après tout, il était comme ça, il éprouvait toujours l’irrépressible besoin de remuer le couteau dans la plaie, d’enfoncer le dernier clou (de lancer le doloris de trop ? oui, aussi).

« Quant à ton beau-père, on ne peut que le comprendre. Qui serait assez sot pour aller élever un enfant qui n’est pas le sien ? Tout homme ayant un tant soit peu d’honneur s’y refuserait. »

« Qu’est-ce que tu y connais à l’honneur, Bryan ? » C’est sûrement ce que lui dirait sa conscience s’il en avait une. Mais c’est bien connu, un sorcier qui exécute ses propres enfants de sang-froid ne pouvait avoir ni de conscience ni d’honneur. En toute innocence donc, le mangemort poursuivit sa visite à travers le magasin. Entre les blattes et les cafards qui faisaient la course sur les étagères et les toiles d’araignées qui s’étiraient de part et d’autre de la boutique, il commençait à perdre patience. L’idée que quelqu’un ait pu venir récupérer les horloges avant lui l’irritait au plus haut point. Bryan était un enfant unique, il n’avait pas pour habitude qu’on lui vole ses jouets. Si le gamin était incapable de mettre la main dessus, il n’hésiterait pas à le doloriser jusqu’à ce qu’il lui donne le nom de celui qui avait eu l’affront de lui dérober les horloges. Mais alors qu’il allait poliment aborder la question, le jeune vendeur reprit la parole sans avoir vraisemblablement réfléchi au préalable. Osait-il insinuer que le mangemort qui lui faisait face puisse avoir des sentiments pour un homme ? Ce n’était un secret pour personne, Bryan était un personnage haïssable pour les idées arriérées et rétrogrades qu’il pouvait avoir. Il n’était absolument pas tolérant et encore moins ouvert d’esprit. Alors quand un marmot, simple vendeur d’une boutique miteuse, lui balançait en pleine figure qu’il était homosexuel, Levinson tombait son masque de sorcier poli et avenant. Il porta sa main sur sa baguette magique mais évita toutefois de la sortir. Pas parce qu’il ne voulait pas paraître agressif, mais parce qu’en réalité, il n’était toujours pas parvenu à convaincre Gabriel Ollivander de lui confectionner une baguette digne de ce nom. Bryan se servait donc d’une arme de fortune, dont il n’était pas toujours sûr de contrôler les effets.

« Je crois que tu n’as pas bien compris à qui tu as à faire. Je ne suis pas un simple rafleur. A ton âge, je portais déjà la marque et faisais honneur au Seigneur des Ténèbres. Ce n’est pas parce que j’ai eu la bienveillance de t’adresser la parole, que tu as le droit de me considérer comme ton égal. Si tu tiens à éviter les ennuis, garde tes profondes réflexions pour toi et trouve-moi ces horloges. »

Le simple fait d’évoquer les objets tant convoités, le mangemort se radoucit instantanément. C’était aussi ça Bryan, un sorcier capable de passer du pire au meilleur. Il n’était pas bipolaire, il était juste… différent. Observant Anton consulter le registre, il sourit lorsque le jeune homme lui indiqua que les horloges étaient encore là. Si elles se trouvaient dans l’arrière-boutique, cela ne pouvait signifier qu’une seule chose : quelqu’un les avait déjà réservées. Mais c’était le cadet de ses soucis. Bryan se concentra un instant supplémentaire sur le vendeur lorsque celui-ci se présenta. Munter ? Comme le directeur de Durmstrang ? Tiens donc, cela pourrait être drôle de le cuisiner là-dessus.

« Alors comme ça le directeur de Durmstrang n’est pas arrivé à garder son épouse tranquille ? Comme c’est décevant de la part d’un homme de sa trempe. Il semblerait qu’il ne soit pas à la hauteur de sa réputation. »

Une nouvelle fois, le mangemort ignora la réflexion sur le véritable père d’Anton. Il s’en fichait complètement. La famille ce n’était pas le truc de Bryan, il était incapable de construire quoi que ce soit avec qui que ce soit.

Contenant difficilement son impatience, il suivit Anton jusque dans l’arrière-boutique, qui était tout aussi miséreuse que le reste du magasin. Et soudain, il les vit à nouveau. C’étaient là de splendides œuvres art. Les dorures qui ornaient les horloges brillaient dans l’obscurité des lieux et se reflétaient dans le miroir qui faisait face au rideau poussiéreux marquant l’entrée de l’arrière-boutique. Avec un tel présent, il était certain de parvenir à amadouer la plus opiniâtre des aurors.

« Ne t’en fais pas fiston, si le vieux Barjow te pose des problèmes, je règlerais ça avec lui. »

Si ravi qu’il était d’avoir trouvé les horloges, le mangemort alla jusqu’à offrir sa protection au gamin, qui l’avait pourtant irrité plus que de raison quelques instants plus tôt. Quant au surnom dont il l’avait affublé, « fiston », c’était venu comme ça, sans réfléchir, comme un réflexe. Bryan tâcha de ne pas y accorder trop d’importance, il n’avait pas envie de commencer à croire que son fils, celui-là même à qu’il avait ôté la vie sans sourciller, puisse lui manquer ne serait-ce qu’une seule seconde. S’il avait besoin d’un enfant de substitution, il pouvait toujours se tourner vers Jesse-Rose, après tout, elle était le portrait craché de l’héritière qu’il aurait rêvé d’avoir.

« Combien valent-elles ? Je suppose que je vais devoir payer plus que le sorcier qui les avait réservées. D’ailleurs, à qui étaient-elles destinées ? »



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Anton Munter
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Mer 12 Oct - 9:00
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Le ton que Bryan mettait dans sa première phrase eut pour effet de plonger Anton dans un mutisme de quelques instants. Ce n’était pas parce qu’il était triste pour sa mère, elle était sûrement mieux où elle était maintenant. Mais seulement, qu’il s’attendait à la suite. C’était un peu le genre de phrases qui attend un « mais ». Et même si ce mot n’arriva pas, d’autres paroles s’invitaient aussitôt à la suite, à peine quelques secondes plus tard.

« Vous avez sans doute raison. »

Que dire ? Qu’il se trompe ou que lui, il n’avait rien demandé ? Cela coulait de source et Anton n’avait pas envie de démarrer ce début de relation père-fils -même si pour le moment ça n’y ressemble pas du tout- sur une touche négative. Et avec la suite de la discussion, bravo pour la note pas négative du tout. Sans le faire exprès -parce que ce n’est pas son but que de se mettre son père à dos-, le jeune vendeur se rendait compte qu’il venait de légèrement le froisser en insinuant qu’il était homosexuel. La réaction ne s’étant pas faite attendre, il avait l’air con là le Anton, en train de se faire engueuler au milieu de cette miteuse boutique. Dans une situation normale, avec un Sorcier lambda, il l’aurait envoyé balader sans prendre de gants, mais là c’est un peu son paternel. Alors, il prend le parti de ne pas la moufter de trop.

« Toutes mes excuses, je ne voulais pas vous froisser. »

Il allait s’engager sur le chemin sinueux des excuses un peu foireuses, mais en voyant l’attitude de son client changer une nouvelle fois, il préféra s’arrêter là. Son père a l’air pas mal soupe au lait, chose dont il devra se souvenir, si dans un avenir proche ou lointain, ils doivent de nouveau se croiser. Le mieux était de perdre son regard sur le registre, pour trouver les fameux objets, tout en répondant aux questions posées. Mais Bryan n’avait pas son pareil pour revenir sans cesse sur le sujet famille, mettant à chaque fois Anton dans l’embarra. Pratiquement là comme un gland, à ne pas savoir s’il doit lui balancer qu’ils sont du même sang ou s’il doit garder cette information pour lui. Peut-être serait-ce son unique chance de lui dire ça. Dans le doute, il préfère attendre de lui mettre ses horloges dans les mains, ainsi la pilule passera peut-être un peu mieux.

Le jeune vendeur releva la tête en gardant le sourire. Un trait de sa personnalité qui peut souvent déranger, les gens pensant qu’il se moque d’eux. Parfois ils le pensent à raison, mais ce n’était pas le cas ici.

« C’est encore plus compliqué que ça. Le Directeur de Durmstrang a lui-même volé cette femme à l’ancien propriétaire de la Taverne des Trois Balais. Mais il n’a pas été le seul à avoir une aventure avec elle, il y a dix-neuf ans…. Avez-vous une bonne mémoire Monsieur Levinson ? Parce que vous avez fait plus que la croiser cette femme. »

Mais face à l’impatience de l’homme, Anton n’allait pas le faire attendre plus longtemps pour l’emmener dans l’arrière-boutique afin d’y dégoter les objets. Etonnement, l’humeur de son père était repartie en flèche et vers le haut cette fois-ci. Si bien que le jeune Munter ne savait pas trop s’il devait prendre cette promesse de protection au sérieux ou si ce n’était que des paroles en l’air. Pourtant le surnom « fiston » ne passa pas à la trappe, réveillant cette envie de lui révéler la réalité à leur sujet.

Se penchant en avant, il attrapa les horloges, son regard posé dessus, pendant que le Mangemort reprenait ses questions. Il donnait l’impression d’être un gamin impatient, désireux d’avoir le dernier jouet de la boutique. Si dans un premier temps, Anton avait souhaité se faire de l’argent sur son dos, là il était un peu plus réticent à le faire. Il se tourna vers l’homme, relevant lentement les yeux dans sa direction et occultant momentanément le prix.

« C’est Lucius Malefoy qui devait en devenir l’heureux propriétaire. »

Son sourire se fanait petit-à-petit, alors qu’il tendait les objets dans la direction de son client, qui ne semblait toujours pas faire le lien. L’affaire devenait de plus en plus compliquée.

« C’est pour moi. Prenez cela comme un cadeau d’un fils pour son père. J’ai dix-huit anniversaires de retard à vous souhaiter…. Maintenant cela fait dix-sept. »


Pouvait-il être plus explicite sur cet aveux ? Ce n’est pas tous les jours qu’un jeune homme doit annoncer une telle nouvelle. D’habitude c’est plutôt l’inverse. Et Bryan ne semblant pas bien perspicace, Anton préféra en remettre une couche.

« Votre nom est sorti de la bouche de ma mère sur son lit de mort. Elle vous tenait comme responsable de mon existence. Et vous ne pouvez pas me tuer, je suis sympa, je viens de vous faire un cadeau. »

Petit sourire en coin et blague foireuse pour détendre l’atmosphère. Mais cette fois, il avait joué sa dernière carte et ne savait plus quoi faire. Pourtant, conscient que c’est le genre de nouvelle qui peut en effrayer plus d’un, Anton préféra reprendre la parole :

« Je ne vous demande rien, mais au moins maintenant vous le savez aussi. Et ne vous inquiétez pas, je n’ébruiterai pas cette nouvelle si vous préférez que personne ne le sache. »

Il pouvait comprendre que son père ne veuille pas mettre sa vie en l’air pour un coup d’un soir, il y a tant d’années. Peut-être était-il marié et que ce genre de nouvelle risquait de lui apporter bien des ennuis. Dans quel cas, Anton serait prêt à rester dans l’ombre.



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Bryan H. Levinson
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Ven 21 Oct - 11:44

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Le mangemort avait une haute estime de lui-même et pour cause, il avait grandi dans une famille de sang-pur et n’avait jamais eu de frères et sœurs. Dans le manoir familial, il avait toujours été le centre de toutes les attentions, même si son propre père ne l’avait pas éduqué comme un fils mais comme un digne petit soldat au sang-pur, destiné à perpétuer la lignée. Aussi était-il du genre à se froisser à la moindre remarque qu’il considérait comme déplacée. Et peu lui en fallait pour en venir à juger des paroles comme vexantes. Il se trouvait justement que le jeune homme lui faisant face venait de franchir les limites de ce qui était acceptable aux yeux de Bryan. Alors bien sûr, il réagit d’une façon des plus coutumières et proféra de légères menaces. Mais aussi étonnant que cela puisse paraître, il fit un léger signe de tête approbateur lorsqu’Anton lui présenta ses excuses. C’était probablement la première fois en quarante-huit ans d’existence que le mangemort acceptait de pardonner quelqu’un. Mais après l’avoir jaugé un instant du regard, Bryan se souvint qu’il était exactement comme lui lorsqu’il avait encore son âge. La même étincelle de défi avait un jour brillé dans ses pupilles, le même ton provocateur avait teinté sa voix à chaque fois qu’un sorcier plus âgé l’avait pris de haut. Et puis ce gamin l’intriguait, il avait l’air de savoir bien des choses… Ne venait-il pas de l’appeler par son nom de famille ? Bryan était pourtant persuadé de ne pas s’être présenté. Et il ignorait parfaitement ce qu’il avait bien pu se passer entre lui et la femme du patron des Trois Balais il y a dix-neuf ans. Même si avec très peu d’imagination, il pouvait tout à fait comprendre ce qu’il avait fait avec elle. Mais le fait est que Bryan détestait aborder tout ce qu’il s’était passé dans sa vie avant son emprisonnement à Azkaban. Jusqu’alors, son existence ne s’était basée que sur des mensonges, des trahisons et de la souffrance, beaucoup de souffrance.

« Mon mariage n’était pas une réussite. Des femmes, j’en ai connues plus d’une. Celle des Trois Balais n’en est qu’une parmi tant d’autres. Elle ne devait pas être si… »

Et puis Bryan se tut instantanément, il venait de se souvenir in extremis qu’ils étaient en train de parler de la mère d’Anton. Il aurait été impoli de lui dire qu’elle ne devait pas être exceptionnelle puisqu’il ne se rappelait absolument pas d’elle. Il avait beau être un mangemort, il avait tout de même le sens des convenances. Et étant donné que le vendeur venait de lui retrouver ces fameuses horloges, il se dit qu’il pourrait faire quelques efforts pour paraître aimable.

« Tu sais, je n’ai pas vu la lumière du jour pendant onze années. On m’a dérobé beaucoup de souvenirs. »

C’était pour lui une façon courtoise de justifier le fait qu’il avait complètement zappé la mère du jeune homme. Il espérait qu’Anton serait suffisamment intelligent pour comprendre les métaphores et ne pas rebondir sur le sujet. Bryan ne parvenait toujours pas à prononcer les mots « Azkaban » et « Détraqueurs », le traumatisme de son emprisonnement resterait à jamais gravé en lui. N’étant pas du genre à accepter de regarder la vérité en face, il ne releva pas les sous-entendus du jeune homme, il en vint à penser qu’Anton devait alors être le fils du patron des Trois Balais. Et sans poser plus de questions, il le suivit dans l’arrière-boutique.

Ainsi Lucius avait lui aussi convoité les horloges… C’était quelque peu problématique. Bryan était l’un des rares mangemorts à apprécier Malefoy. Et il y avait fort à parier que ces reliques soient un cadeau de mariage pour Drago et Jesse-Rose. Or, Bryan avait beaucoup de considération –le mot « affection » contenait trop d’émotions pour lui- pour Greenwood, il la traitait comme sa propre fille. Toutefois, la culpabilité était un sentiment inconnu de Bryan, ses propres intérêts passaient toujours avant le reste du monde.

« Tu diras à Lucius que les horloges ont été volées et en échange tu lui offriras l’objet le plus cher de la boutique. C’est moi qui paierai. »

Malefoy était un homme si vaniteux, que si on venait à lui proposer l’artefact le plus couteux –aussi inutile soit-il-, il se sentirait enorgueilli et accepterait l’offre sans broncher. Du moins était-ce que Bryan espérait. Mais alors qu’il vit le sourire du vendeur disparaître, il se demanda ce qu’il avait bien pu dire de mal. Pourquoi un jeune homme aussi sûr de lui avait soudain si peur de Malefoy ? Bien sûr, Lucius était un mangemort et il pouvait être redoutablement effrayant, mais Bryan venait de lui offrir sa protection ! Levinson n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche, Anton reprit la parole et répondit à ses réflexions silencieuses.

L’aveu du jeune homme lui fit l’effet d’une succession de Doloris lancés par le Seigneur des Ténèbres en personne. Bryan reposa brusquement l’une des horloges sur la table. Tu parles d’un cadeau ! Cadeau d’un fils à son père, c’est quoi ces conneries ?! Ils voulaient tous sa mort ou quoi ? En début d’année c’était cette idiote de Mina qui était venue lui apprendre que pour lui sauver la vie elle avait recherché des donneurs compatibles avec lui et s’était rendue compte qu’il avait une fille. Et maintenant, ce gamin lui faisait le même coup ! Allait-il découvrir tous les six mois qu’il avait un nouvel enfant caché quelque part ? C’était impossible, il refusait d’y croire, c’était une foutue malédiction ! Lord Voldemort avait été très clair durant le repas de Noël, tout enfant dont il ignorait l’existence entraînerait la mort de ses géniteurs.

« Tu as du whisky pur-feu ? »

C’était la première question qui lui était venue à l’esprit après de longues minutes de silence. Bryan avait besoin de réfléchir, de calmer ses nerfs. Parce que la première conclusion qu’il avait tirée, c’était qu’il devrait tuer Anton. L’Allée des Embrumes était un endroit propice aux disparitions mystérieuses, et il s’il se débarrassait de lui maintenant, cela règlerait bien des problèmes. Il n’aurait pas besoin de perdre du temps à enquêter sur les dires du jeune homme et il aurait déjà 50% de chances en moins de se faire exécuter par le Seigneur des Ténèbres. Tout le monde y gagnerait au change. Exception faite d’Anton. Mais on s’en fiche, qui lui demande son avis ? Sa mère est morte et son beau-père l’a renié. Personne n’ira le chercher. Mais d’un autre côté, Anton représentait l’unique chance de perpétuer la lignée des Levinson. Et il semblait avoir de bonnes prédispositions pour la magie noire. Il travaillait chez Barjow et Beurk et avait été élevé par le directeur de Durmstrang, ce n’était tout de même pas rien. Et puis il était déjà en âge de s’occuper de lui-même. Bryan n’aurait pas besoin de lui changer les couches et de supporter ses pleurs. Et s’il le présentait au Seigneur des Ténèbres comme un nouvel apprenti, ce pourrait être le moyen de redorer son blason, quelque peu terni. Ainsi accepta-t-il de discuter un petit moment, de retarder l’exécution.

« Comment peux-tu être sûr que ta mère ne délirait pas, qu’elle n’était pas devenue folle ? »

Jetant un rapide coup d’œil aux alentours, il constata que la pensine était toujours là, posée sur une table dans un coin de la pièce. Le mangemort s’empara d’une fiole crasseuse qui trainait non loin, et la tendit à Anton.

« Donne-moi tes souvenirs. »

Quitte à prendre le risque de garder le jeune homme en vie, autant être sûr qu’il disait la vérité, qu’il ne cherchait pas à le manipuler.



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Anton Munter
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Lun 24 Oct - 11:30
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Parler à demi-mots, tourner autour du pot, voilà bien des façons de faire qui ne ressemblent habituellement pas à celles d’Anton. Mais cette fois, comme le Mangemort devant lui semblait buté, il se devait d’être plus clair. Toujours est-il que ce n’était pas simple. Faire comprendre à un homme que bien des années plus tôt, il avait conçu un enfant dans le péché, c’était une tâche délicate. Les gens ne réagissent jamais vraiment en sautant de joie lors de ces nouvelles. Il se peut même que ces déclarations détruisent des vies, des mariages, voir pire. L’ignorance est souvent la meilleure des protections. Et Anton était, peu-à-peu, en train de faire voler en éclat cette protection chez son propre père. Ce n’était donc pas étonnant, qu’il tente de s’en défendre en clamant ne pas avoir de souvenir de la mère porteuse.

Lui-même un peu perdu, Anton s’attendait à des vacheries concernant la femme qui l’avait, un jour, mise au monde. Mais rien ne vint. Tournant la tête vers son interlocuteur, il ne s’attendait pas à une telle révélation. C’est vrai, la seule chose qu’il connaissait de son géniteur, c’était uniquement son identité. Bien sûr, en venant travailler chez Barjow & Beurk, il en avait vu des Mangemorts défiler. Et il s’était renseigné discrètement auprès du propriétaire, pour mettre un visage sur le nom de son père. Mais jamais, il ne s’est permis de s’informer plus. Il n’était même pas certain qu’un jour, il lui révèle ce lien de sang qui les unit. Alors, il était bien loin de s’imaginer que Bryan faisait parti de ces Mangemorts qui, un jour, avaient été enfermés à Azkaban. Comment était-ce ? Que s’est-il passé ? Que t’ont-ils fait ? Il s’agissait des questions qui trottaient dans la tête du jeune vendeur en cet instant. Mais il ne voulait pas se montrer indélicat en ravivant des souvenirs qui semblaient avoir leur pesant de souffrance.

« Oh, je comprend mieux. »

Il lui était inutile de creuser davantage, le but n’était pas de faire partir son client doublé de son père, en courant. Ainsi, il reprenait la parole concernant les horloges et l’heureux propriétaire qui allait bientôt se voir dépouiller de son bien. Ce n’était pas le plus grave, surtout qu’il s’agit de Malefoy.

« Vous êtes bien charitable envers lui. Serait-il l’un de vos amis ? »

Une simple question en guise d’acceptation. Et le sourire d’Anton demeurait intact, envisageant d’ors et déjà de ne rien proposer à Lucius, mais de s’auto-payer lui-même. Ce n’est pas comme si Bryan serait mis au courant, même si c’est sur son dos. Mais à chaque fois que Munter envisageait de se faire de l’oseille tranquillement, il fallait que son client se rappelle à son bon souvenir, surtout en usant du terme « fiston » qui eut le don de faire disparaitre le sourire du plus jeune des deux. Il s’était trouvé si perdu, qu’il avait totalement occulté le grand blond prétentieux de sa petite tête, pour balancer ce qu’il avait à dire. Maladroitement, c’est plus qu’une certitude.

Dés lors, Anton ne bougeait plus, se faisant oublier un minimum, le temps que son père puisse digérer la nouvelle. L’horloge se reposant brusquement sur le comptoir, en avait pratiquement provoqué un sursaut chez le fils. Heureusement, qu’il avait été discret dans sa surprise. A quelques reprises, il relevait les yeux vers le Mangemort, qui semblait déjà plus expressif que précédemment. Tout ce qu’il espérait, c’est qu’il ne tombe pas dans les pommes ou ne pique pas une colère dans la boutique.

Les minutes étaient si longues, que seul le tic-tac des horloges brisait le silence dans la pièce poussiéreuse. Devait-il s’inquiéter de l’état de santé de son père ou plutôt envisager de fuir ? Heureusement que le silence n’était plus qu’un souvenir.

« Du whisky ? Oui. Bien sûr. »

C’était une question à laquelle Anton ne s’était pas attendu. Mais il s’activa enfin, se retournant à la recherche de la bouteille. C’était sûrement bon signe que son client veuille du whisky au lieu de sortir sa baguette. Peut-être que finalement, il n’allait pas le massacrer sur place.

Il se pencha légèrement, ouvrant une porte sous le comptoir, pour en ressortir une bouteille. La seule chose qui n’était pas recouverte d’une tonne de poussière dans cette boutique. Le vendeur s’empressa directement de revenir en direction de son père, qui le cloua une nouvelle fois sur place en lui demandant si sa mère n’était pas devenue folle. L’étudiant ouvrit une première fois la bouche, avant de la refermer quasiment aussitôt, ne sachant pas trop quoi lui répondre.

« Alors là, je ne peux jurer de rien et encore moins de sa santé mentale. Ma mère a quand même eu trois fils de trois hommes différents. »

Un petit trait d’humour, un sourire fébrile et Anton tendit déjà la bouteille en direction de son père. Mais celui-ci lui tendit en retour une vieille fiole crasseuse. Stoppé dans son geste, l’étudiant baissa un instant la tête légèrement sur le côté, après avoir écarquillé les yeux aussi discrètement qu’il le pouvait.

« Vous êtes sûr ? »

Durant un infime petit moment, Anton avait pensé que son père voulait qu’il lui verse le whisky dans cette fiole dégoutante. Par chance, Bryan s’était très vite manifesté en lui demandant ses souvenirs, empêchant ainsi une situation cocasse d’avoir lieu. Rassuré, le jeune homme finit par échanger la bouteille contre la fiole, évitant de peu un « aaaah » de franchir la barrière de ses lèvres.

Sa baguette glissa le long de son bras, pour sortir de sa manche s’installant directement dans la paume de sa main et entre ses doigts. Devenant d’un seul coup pudique, il se retourna pour extraire ses souvenirs de sa petite tête afin de les déposer dans la fiole. Cette journée sera mémorable. Il fit de nouveau face à son père, lui remettant le petit récipient.

« Ceci ne vous engage à rien. Si vous craignez des représailles, on peut garder ça pour nous, sans jamais l’ébruiter. De mon côté, je n’en ai même pas informé mes frères. »



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Bryan H. Levinson
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Ven 28 Oct - 14:26

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« Hell is empty and all the devils are here. »
C’était la première fois en quarante-huit ans d’existence que quelqu’un considérait Bryan comme un homme charitable. Ce terme si élogieux et on ne peut plus éloigné de la réalité lui arracha même un léger sourire. En cet instant précis, il ne comprenait pas encore pourquoi Anton se donnait tant de mal pour sympathiser avec lui. Il était habitué aux discours mielleux de ses elfes de maison, mais ceux-ci agissaient par crainte. Alors que le jeune vendeur ne semblait pas plus effrayé que cela de converser avec un mangemort. Il osait même avancer que Lucius et Bryan puissent être amis. Il avait de l’humour ce gamin ! Ce n’est pas que Bryan était impopulaire, mais disons plutôt qu’il avait du mal à entretenir ses relations. C’était le genre de personne à détruire tout ce qu’il touche. Le seul ami qu’il avait réussi à se faire, c’était Flynn. Tout se passait bien jusqu’au jour où Bryan avait traqué et massacré tous les membres de sa famille. Ça avait plus ou moins jeté un froid. Pour en revenir à Malefoy, Bryan ne le détestait pas, c’était déjà un bon début. Leur relation était plutôt basée sur l’intérêt, il espérait que Lucius veillerait sur Jesse-Rose lorsqu’elle aurait épousé son fils chéri. En parlant de fils…

Bryan avait l’impression de se réveiller d’un mauvais cauchemar. Si seulement il avait eu une bonne baguette magique en sa possession, il aurait bien volontiers lancé un doloris ou deux à son prétendu fils. Il pouvait toujours le frapper et lui démolir la figure, mais le fait est qu’il n’aimait pas beaucoup se battre à la manière moldue. Le plus simple était encore de réfléchir calmement aux différentes options qui se présentaient à lui. Oui c’était une bien mauvaise nouvelle, qui tombait plutôt mal. Mais au lieu de faire disparaître le problème en l’assassinant, comme il l’aurait fait auparavant, le mangemort se demanda plutôt comment il pourrait tirer profit de la situation. S’assurer de la véracité des propos d’Anton n’était pas la partie la plus délicate. Mais annoncer la nouvelle au Seigneur des Ténèbres, ça par contre, ça n’allait pas être une mince affaire. Et pourtant, s’il décidait de garder Anton en vie, ce serait justement dans le but de plaire au Lord. Bryan ignorait tout de celui qui prétendait être son fils, mais il se disait qu’après quelques mois passés en sa compagnie, il pourrait certainement en faire un petit soldat redoutable.

Lorsqu’Anton reprit la parole, le mangemort se passa une main sur le visage. Oui, il était quelque peu dépité et il ne faisait rien pour le cacher. Trois enfants de trois pères différents, belle performance. Cependant, il était plutôt mal placé pour la juger. Après tout, il avait eu cinq enfants de trois femmes différentes, ce n’était pas mal non plus.

« C’était une sacrée femme ta mère. »

Il avait parlé d’un ton aussi vide d’émotion, que lui-même était incapable de dire si ses propos relevaient de l’humour ou du cynisme. Il était encore sous le choc, et il en était visiblement de même pour Anton, qui sembla croire un instant que Bryan accepterait de boire son whisky pur-feu dans une vieille fiole moisie. Le mangemort préféra ne pas relever, et tenta de se persuader que son fils n’était pas qu’un sombre crétin. Le garçon paraissait faire tout son possible pour établir des liens avec lui, il récolta même ses souvenirs sans rechigner, et les lui tendit aussitôt qu’il eût compris à quoi devait servir la fiole. Bryan les observa un court instant, inspira un grand coup puis les versa dans la pansine. Etait-il prêt à voir ce qu’ils contenaient, à accepter la vérité ? Pas sûr, mais il finit tout de même par plonger sa tête dans les souvenirs d’Anton.

La mère du jeune homme était allongée sur un lit, elle avait l’air malade certes, mais encore assez lucide. Lorsqu’elle adressa un léger sourire à son fils, Bryan la reconnut, se souvint d’elle. Oui, il l’avait trouvée charmante à l’époque où elle était encore jeune et en bonne santé. Au fur et à mesure qu’elle faisait ses aveux à Anton, le mangemort se remémorait les détails qu’elle évoquait. Ce soir-là, il s’était rendu aux Trois Balais en compagnie de Flynn pour célébrer la naissance de sa seconde fille. Après quelques verres de trop et un pari stupide lancé avec son ami, Bryan avait fait succomber la ravissante aubergiste. Tout lui revenait subitement en mémoire. La vérité le frappait de plein fouet. Tout ceci était bien réel, il était possible qu’il soit le père d’Anton. En fait c’était même certain. Elle venait de lui expliquer qu’elle était déjà enceinte lorsqu’elle avait rencontré Harfang, et que pour des raisons évidentes, le père ne pouvait pas être le patron des Trois Balais. Après quelques secondes de silence, elle prononça son nom et le souvenir s’arrêta là.

Bryan ressortit de la pansine plus troublé que prévu. Désormais, il ne lui était plus possible de nier l’évidence. Les faits parlaient d’eux-mêmes. Il fallait trouver une solution à long-terme, un moyen d’exploiter ce lien de parenté. Après tout, il avait toujours rêvé d’avoir un fils, de le construire à son image. L’occasion lui était probablement donnée pour la dernière fois – à moins qu’il n’ait encore un gosse caché quelque part. S’il présentait Anton comme un fidèle soldat prêt à servir la cause des mangemorts, il remonterait sans nul doute dans l’estime du Lord. Et Dieu sait qu’en ce moment, il en avait particulièrement besoin.

« Bon écoute, je ne vais pas te tuer pour l’instant. Je ne peux pas te promettre que je ne le ferai jamais, mais je vais essayer de faire de mon mieux. Si tu veux que les choses se passent bien entre nous, il va falloir que tu suives mes conseils à la lettre. Tu t’en sens capable ? »

Suivre ses conseils était une façon polie de dire obéir à ses ordres. Mais si Bryan voulait se servir d’Anton, il allait falloir qu’il se montre un tant soit peu aimable.

« Tout d’abord, tu vas arrêter de travailler ici. Ce n’est pas digne de… de mon fils. Je paierai pour tes études et pour tout le reste. Et en échange, je veux que tu agisses en adulte. Tu suivras tes cours assidûment, et tous les week-end on travaillera ensemble. Par les temps qui courent, il est utile de savoir se défendre. Je suppose qu’Harfang Munter t’a déjà appris beaucoup de choses, alors fais-en bon usage. »

Bryan craignait de s’être montré un peu trop abrupt. Il n’avait jamais eu la fibre paternelle, c’était le moins que l’on puisse dire. S’éloignant de la pansine, il fit quelques pas en direction d’Anton.

« On vit dans un monde dangereux, on ne peut pas rester seul. Il nous faut des alliés pour survivre. Appartenir à un groupe est le meilleur moyen de ne pas mourir dès que l’on met un pied dehors. Je suis sûr que tu peux comprendre cela. Lorsque je jugerai que tu seras prêt, on pourra révéler la vérité au monde entier, mais en attendant, je compte sur toi pour ne pas ébruiter la nouvelle. J’ai des engagements auprès du Seigneur des Ténèbres, je ne peux pas simplement frapper à sa porte et lui annoncer que j’ai un fils. »

Si Bryan parlait à demi-mots, il était très clair que ses sous-entendus avaient pour but d’orienter Anton vers les mangemorts. Seul un sot n’aurait pas compris à quoi il faisait allusion. Néanmoins, il ne souhaitait pas que le jeune homme ait l’impression qu’il le force à rejoindre les rangs du Lord. Non, Bryan était beaucoup plus tordu que cela. Il voulait arriver à manipuler son fils, à lui laisser croire que la décision venait de lui-même.

« En fin de compte, tout dépendra de toi et des choix que tu feras. »


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Anton Munter
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Ven 4 Nov - 12:56
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Anton s’était attendu à beaucoup de choses en lui révélant la réalité. Tout d’abord, le commun de la population aurait sûrement nié en bloc. Sans doute, qu’il se serait braqué en lui hurlant qu’il mentait. Il y aurait eu ceux qui se seraient sûrement enfuis sans vouloir en entendre plus. Mais Bryan ne faisait parti d’aucune de ces catégories, à la grande surprise et grande joie du jeune vendeur. Il était prêt à l’entendre, à l’écouter et même à se promener dans ses souvenirs, afin de s’assurer qu’il disait vrai. C’était le moindre mal et Anton coopéra sans broncher.

La chance se montrait de leur côté, puisqu’il n’y avait pas un seul chat errant dans le coin, les laissant ainsi en paix pour faire plus ample connaissance. Bien sûr, le garçon n’était pas né de la dernière pluie malgré son jeune âge. Il savait que son père était un Mangemort. Tout comme, il était conscient que dans le meilleur des cas, s’ils parvenaient à bien s’entendre comme père et fils, il serait contraint de rejoindre ce groupe de Mages Noirs. Et ce n’était pas ce qui lui faisait peur. La magie noire, il nage dedans depuis qu’il est en âge d’agiter sa baguette. Le seul point d’ombre sur ce tableau c’était bien la réaction qu’Anton devait avoir face à tout ça. Il se perdait mentalement dans ses pensées. Comment devait-il se comporter avec lui ? Il ne savait même pas s’il devait l’appeler Bryan, Père, Papa ou encore Monsieur. S’il devait ou non le tutoyer. Des broutilles aux yeux de beaucoup, mais sur le moment, ces choses-là avaient beaucoup d’importance pour lui. Tellement important qu’il ne percuta qu’à peine lorsque son père lui annonça qu’il ne le tuerait pas maintenant. Anton ne doute pas du fait que Bryan en soit pleinement capable, c’est pourquoi, il ne prit pas la peine de s’attarder sur cette révélation, mais il répondit quand même au reste.

« Je peux parfaitement être obéissant quand je le veux. »

Il comprenait bien que son père était entrain de s’aventurer dans sa vie, sans lui laisser le choix de refuser. Il prenait déjà le contrôle et les décisions sur bien des points. Sur pratiquement toute son existence, allant de son boulot d’étudiant à ses week-ends de liberté qui n’en seront plus. Pourtant, ce n’était pas ce qui faisait reculer le jeune Munter pour autant. Il y avait bien des détails ainsi ordonnés, sur lesquels il ne reviendrait pas, signe d’acceptation, mais il se sentait quand même mal à l’aise à l’idée que son père - qui ne le connaissait même pas il y a de ça quelques minutes - se mette en tête de tout payer.

« Vous n’êtes pas obligé de payer pour mes études. Ni même pour le reste. Je ne veux pas être un poids pour…vous… Là, ça devient ridicule, je ne sais même pas comment je dois vous appeler, ni même comment je dois m’adresser à vous. »

Il se passa une main sur l’arrière de la tête, avec un air un peu embêté. Son attitude était un appel à l’aide, rien d'autre. La situation était bien moins compliquée du côté de Bryan pour ça. Il le tutoyait depuis le départ, ça ne changeait donc pas grand chose pour lui, sur ce point-là.

Quant au reste, ça coulait pratiquement de source et Anton s’y attendait. Mais ce qu’il ne parvenait pas à comprendre, c’était toutes ces cachoteries. Son père n’était-il pas entrain de se mettre tout seul en danger. Il se retenait de le couper dans son élan, emmagasinant le plus d’informations dans ses paroles et lisant facilement entre les lignes.

« Je ferais tout ce que vous me direz. Mais…le Seigneur des Ténèbres ne va-t-il pas vous en vouloir d’avoir attendu avant de lui dévoiler mon existence ? Vous ne pouvais pas lui révéler ce que vous ignorez. En l’en informant de suite, il peut peut-être le prendre comme un signe de loyauté. Mais si vous attendez trop, ne risque-t-il pas de vous le faire payer ? Je sais que vous devez beaucoup mieux le connaitre que moi et je ne voulais pas me montrer arrogant, mais si je vous ai avoué la vérité, c’est parce que j’ai besoin de mon père. Et que je souhaite le conserver le plus longtemps possible. Je n’ai certainement pas envie de vous voir mourir sans avoir eu le temps de vous connaitre. »

Anton avait la désagréable impression d’avancer à l’aveugle dans tout ça. Il ne voulait pas se mettre son père à dos et d’un autre côté, il n’a pas non plus vraiment envie de le voir mourir pour un choix qui n’était peut-être pas le bon. Mais il préféra changer de conversation en posant les yeux sur la bouteille de whisky pur-feu.

« Après un petit verre, nous y verrons peut-être plus clair. »

Peu importe les choix que ferait son père le concernant, Anton était prêt à le suivre chez les Mangemorts, si ça pouvait leur sauver la vie. Et il s’en voulait de ne pas être le petit con de d’habitude. En temps normal, il se balance bien du devenir des personnes qu’il croise ou à qui il parle.




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Bryan H. Levinson
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Mar 8 Nov - 17:21

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« Hell is empty and all the devils are here. »
Après quelques instants de réflexion, Bryan songea qu’il s’était peut-être un peu précipité, qu’il avait accepté l’idée qu’Anton soit son fils sans même se faire prier. Alors que ce genre d’attitude, ce n’était pas dans sa nature. Non son genre à lui c’était de se montrer inflexible, de camper le rôle de l’éternel insatisfait, qui ne se laisse jamais convaincre de quoi que ce soit. Et pourtant, après une brève vérification des souvenirs du jeune homme, il avait pris la décision d’accepter son existence, et surtout de ne pas y mettre un terme. C’aurait été tellement plus aisé de le faire disparaître ni vu ni connu dans une arrière-boutique miteuse et isolée de la civilisation. Mais non, c’était plus fort que lui, il fallait toujours qu’il se complique la vie et emprunte les voies les plus sombres. Persuadé que l’existence d’un héritier pourrait servir ses propres intérêts, il ne prenait pas même le temps d’envisager que le Seigneur des Ténèbres réagirait peut-être d’une façon des plus inattendues. Après tout, Lord Voldemort était à peu près aussi imprévisible que lui. Rien ne garantissait qu’il accueillerait Bryan et son rejeton à bras ouverts, se ravissant de la perspective d’ajouter un petit soldat à sa longue liste de pantins. Mais voilà que le mangemort décidait de prendre tous les risques du monde. Et tout ça pour quoi ? Pour tenter de se repentir de ses pêchés. Pour remonter dans l’estime d’un maître, qui le considérait comme un sorcier bien trop égocentrique pour gravir les échelons et accéder au rang si convoité de lieutenant. Mais alors qu’il était sur le point de se demander s’il avait eu raison de s’emballer aussi vite, Anton reprit la parole et fit disparaître ses doutes en un claquement de doigts.

« Je me réjouis de l’entendre, l’obéissance sera la clé de ta survie si tu veux continuer à évoluer dans le monde de la magie noire. »

Il était encore trop tôt. Bryan ne voulait pas lui promettre qu’il serait présenté au Seigneur des Ténèbres. Il laissait simplement entendre, que cela pourrait peut-être arriver. Mais comme il l’avait dit quelques instants plus tôt, tout dépendrait d’Anton et de ses capacités. Si Bryan venait à remarquer que son fils n’avait aucun talent particulier, il y avait fort à parier qu’il le renie aussi subitement qu’il était entré dans sa vie. Il fallait être stupide pour s’imaginer une seule seconde que Bryan puisse s’attacher à une personne ne lui étant d’aucun intérêt. S’il prenait la peine d’accorder son temps et sa considération à quelqu’un, c’est qu’il avait prévu d’en retirer quelque chose en retour. Il avait plus ou moins dîné avec Katlyna car elle lui avait sauvé la vie, mais aussi car elle le distrayait et flattait son égo de temps à autre. S’il avait pris l’immense risque d’être vu en sa compagnie, c’est bien parce qu’être en sa présence lui donnait l’impression d’être un séducteur hors pair. Bon d’accord, la fin du repas avait pris une toute autre tournure, mais c’était aussi ça les pièges de la personnalité duale de Bryan.

Face à la gêne affichée par Anton, le mangemort se sentit lui aussi décontenancé. D’abord, il était assez sûr de lui pour se mettre tout à coup à régenter la vie de ce quasi inconnu qu’était son fils. Et l’instant d’après, la maladresse quasi enfantine d’Anton le frappa brutalement. Il ne s’était jamais vraiment comporté comme un père, il ne savait clairement pas comment s’y prendre. Devait-il laisser Anton l’appeler « papa » ? Non, ce serait beaucoup trop étrange. Il n’était pas prêt à entendre ce mot-là. Il aurait volontiers demandé conseil à Rodolphus mais vu le comportement qu’avaient adopté ses enfants, mieux valait s’adresser à quelqu’un d’autre. Conscient qu’Anton attendait une réponse, Bryan prit son courage à deux mains et commença à assurer son rôle de père.

« Je n’ai jamais eu l’occasion de payer les études de qui que ce soit, alors je peux bien faire ça pour toi. Au vu de notre lien de parenté, je pense qu’il est admissible que l’on se tutoie. Mais… pour l’instant, il vaudrait mieux tu m’appelles par mon prénom. Tu vois, j’ai encore besoin d’un peu de temps pour assimiler tout ça. »

Il n’était pas courant que Bryan parle avec si peu d’assurance. Bien qu’il se refuserait à le reconnaître, il était profondément touché par la situation. Il avait l’impression de repartir à zéro, d’avoir définitivement effacé ses enfants légitimes de sa mémoire. C’était comme si la vie lui accordait une seconde chance de construire quelque chose, de perpétuer sa lignée. Et Anton paraissait vraiment être quelqu’un de bien. De trop bien peut-être. Il semblait tellement se soucier du sort de Bryan, que celui-ci en vint à se demander si son gamin n’était pas en train de développer une sorte de complexe d’Œdipe. S’il voulait être présenté au Lord et faire la fierté de son père, il devrait vite ravaler ses élans de bisounours.

« Ce que le Seigneur des Ténèbres ignore ne peut pas lui faire de mal. Si tu tiens à avoir le temps de me connaître, alors garde le secret sur tout ça. J’informerai le Lord lorsque tu seras véritablement prêt à le rencontrer, et je lui dirai que je viens juste d’apprendre que tu es mon fils. Si l’on s’en tient à cette stratégie, tout le monde sera gagnant. »

Bryan accepta le verre que lui proposa Anton. Néanmoins, il se retint de le boire. L’image de la fiole crasseuse lui restait encore en mémoire et lui avait plutôt fait passer l’envie de boire. D’autant plus que depuis qu’il était tombé dans le piège de Rose après avoir bu plus que de raison, il avait décidé de freiner sa consommation d’alcool. S’il avait demandé du whisky pur feu c’était plus par réflexe que par envie. Il avait toujours eu pour habitude d’évacuer la pression en descendant une bouteille. Et apprendre que l’on était père depuis dix-huit ans était un acte légèrement stressant. Tout comme jurer à Lord Voldemort de donner sa vie pour la sienne d’ailleurs.

« Serais-tu prêt à devenir un mangemort ? A accepter tous les sacrifices que cela implique ? Ce serait la seule condition pour que le Seigneur des Ténèbres tolère ton existence. »

Ayant conscience qu’il se comportait plus comme un businessman désireux de conclure une affaire que comme un père découvrant tout juste son fils, Bryan consentit à faire quelques efforts pour relâcher la pression qu’il faisait peser sur Anton avec toutes ses histoires de mangemort. Après tout, peut-être qu’un jour il pourrait finir par l’apprécier pour ce qu’il est vraiment, et cesser de le voir comme une arme pour regagner l’estime de Voldemort. Oui, peut-être.

« Puisque tu tiens tant que cela à me connaître, je t’autorise à me poser les questions de ton choix. Mais je ne te promets pas de répondre à toutes. »


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Anton Munter
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Sam 19 Nov - 17:41
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Faire tout l’inverse de ce qui était prévu, c'est une définition qui siérait à merveilles à Anton. Et dans cette boutique poussiéreuse à l’odeur nauséabonde, il ne s’agissait que d’un exemple de plus pour confirmer cette règle. Le jeune homme était maintenant très loin de son plan initial : qui consistait en refiler un truc pour trois fois son prix à son père. Sans que ce dernier ne sache rien du lien qui les unit, naturellement. Mais à la place, Anton venait de vendre la mèche, de balancer ses souvenirs à un total inconnu et comme si ça ne suffisait pas, il lui promettait pratiquement de lui obéir. Pourquoi après tout ? Il a dix-huit ans maintenant, ce n’est pas comme s’il avait réellement besoin de son père, qu’il n’a pas connu auparavant. Il n’était pas sûr de posséder la réponse à cette question, bien qu’il se la soit posé durant le cours laps de temps qu’il y eut sans aucun mot.

Au moins, la gêne qu’il ressentait sur le terme à employer pour s’adresser à lui, semblait être contagieuse. Il ne relèvera pas, naturellement, politesse oblige. Mais la réponse lui parut cependant aussi difficile à entendre que logique. Ils n’étaient que des inconnus l’un pour l’autre, des inconnus qui ont simplement le même sang coulant dans les veines, en partie. La seule réponse du jeune vendeur était un geste positif de la tête. Que dire à tout ça ? Son père tient à lui payer ses études, mais visiblement pas à ce que la nouvelle s’ébruite. Il peut toujours profiter du côté matériel de la chose et jouer sur le fait que Bryan n’endosse pas encore totalement son rôle de père, pour l’empêcher de trop entrer dans sa vie. C’était sûrement le moyen le plus raisonnable d’agir, sans perdre la liberté dont il jouit en vivant à Pré-Au-Lard.

Ses doutes sur son existence se confirmèrent quand le Mangemort reprit la parole en parlant d’une possible stratégie. En toute sincérité, Anton n’y adhérait pas de bon coeur. Mais ça ne lui coutait rien de faire comme si.

« Ok, nous ferons comme tu veux. »

Cette réponse évasive reflétait un peu trop bien le fond de sa pensée. Il avait eu l’impression que c’était le genre de possible stratégie dont on en fait l’éloge juste pour noyer le poisson et éviter de s’égarer davantage sur le sujet. Ce n’était pas bien grave, Anton ne s’imaginait pas que tout serait rose dés la première conversation entre eux. Il avait besoin d’un verre et ne remarqua même pas que Bryan n’en buvait pas une seule gorgée. Lui, il avala assez rapidement le contenu du récipient. Sa rapidité a avalé le liquide irritant l’empêcha de tout recracher sur son interlocuteur, quand celui lui parla un peu plus franchement du Seigneur des Ténèbres.

« Et quels genres de sacrifices, cela impliquerait-il ? »

Anton a toujours été un peu dingue. Il n’a pas peur d’avoir du sang sur les mains, c’est déjà le cas. Il utilise également régulièrement la magie noire. Mais il y a deux sacrifices qu’il ne sera jamais prêt à faire. Ils s’appellent Hengist et Nikolaï. Ses frères ou demi-frères qu’importe. Ces deux-là sont tout ce qu’il a au monde. Ils ont toujours veillé les uns sur les autres et même lorsqu’ils étaient séparés par la distance et par des écoles de magie différentes. Ils ont toujours été soudés et même si parfois les choses vont de travers ou qu’ils s’engueulent. C’est sûrement ridicule dans le fond ou bien pathétique, mais les meilleurs amis d’Anton ne sont autres que ses frères. Et pour l’instant, son père ne devait pas connaitre leurs existences et c’était mieux ainsi. Visiblement, chacun d’eux allaient garder quelques secrets.

Le fils reposa son verre sur le comptoir, juste à côté de la bouteille. Il ne comptait pas s’en servir un autre, le but n’étant pas d’être complètement ivre alors qu’il est censé travailler. Mais Bryan lui offrait l’opportunité d’apprendre à le connaitre. C’est vrai que l’endroit n’était peut-être pas le mieux choisi pour parler ainsi ouvertement, mais sûrement que l’occasion ne se représenterait pas de si tôt. Encore fallait-il que les questions arrivent dans la tête de l’étudiant. Pris de court, il ne savait pas vraiment pas où commencer, d’où son regard hésitant et à la fois lointain.

« Marié ? D’autres enfants ? Tu compte vraiment les acheter ces trucs-là ? C’est à qui que tu vas les offrir ? Tu fais quoi dans la vie à part être un Mangemort ? Donc t’es pas homo, ni bi ? T’es vraiment un coincé du genre Malefoy ou tu fais semblant pour tromper ton monde ? Mes questions t’énervent n’est-ce pas ? Mais c’est de ta faute, tu m’as laissé commencer mon interrogatoire. »

Même si certaines questions semblaient farfelues, il en attendait pourtant une réponse. Et pour le côté coincé, ce n’était pas pour se moquer de lui, mais les riches, d’autant plus les Sorciers de sang-pur se comportent toujours comme s’ils étaient des robots. Que ce soit dans leur façon de bouger, comme dans leur façon de s’exprimer, d’utiliser des mots dont personne ne connait la signification à part eux, ou bien simplement de tourner leurs phrases. Si tel est le cas de Bryan, il va y avoir du boulot, parce qu’Anton a parfois un langage assez fleuri.



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Bryan H. Levinson
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Dim 20 Nov - 13:57

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« Hell is empty and all the devils are here. »
Bryan se retrouvait père depuis dix minutes et voilà qu’il ne savait déjà plus comment s’y prendre. La situation le gênait, elle le mettait mal à l’aise. Il ignorait parfaitement comment il convenait de se comporter dans ces moments-là. Au lieu de s’intéresser à Anton comme un père l’aurait fait avec son fils, Bryan avait immédiatement endossé le rôle du recruteur des mangemorts. La première chose qui lui était venue à l’esprit était la façon dont il pourrait se servir d’Anton. Et pourtant, une infime part de lui-même s’était mise à éprouver un brin de culpabilité. Et ce sentiment se renforça encore un peu plus lorsque la réponse de son fils parvint à ses oreilles. Il n’avait pas l’air ravi d’entendre le plan rapidement élaboré par Bryan. Rester dans l’ombre, mentir sur leur parenté ne semblait pas être une stratégie convenable aux yeux du jeune homme. Mais le mangemort n’était pas prêt à revenir là-dessus, il était capital que cette relation reste un secret jusqu’au moment qu’il jugerait opportun. Bon d’accord, il avait légèrement l’impression de lui imposer ses quatre volontés, mais si Anton n’avait pas voulu qu’il s’immisce dans sa vie, il le lui aurait dit non ? Après tout, il avait dix-huit ans, il était largement en âge de faire savoir ce qu’il voulait. Et puis, c’était lui qui s’était imposé le premier, en lui balançant en pleine figure qu’il était son fils. Des deux sorciers, c’était Bryan le plus à plaindre !

« Dès lors que l’on porte la Marque des Ténèbres, on accepte d’être dépossédé de sa propre vie. Notre existence toute entière est vouée aux desseins du Seigneur des Ténèbres. Il faut être prêt à donner sa vie pour la sienne. Prêt à commettre tous les péchés. »

Bryan ne tenait pas à l’effrayer, mais avant de le présenter à Lord Voldemort, il voulait s’assurer qu’Anton ait le courage nécessaire pour faire face à ce qui l’attendait. Il ne pouvait pas prendre le risque de faire entrer un couard dans les rangs des mangemorts. Sinon, ce n’est pas dans l’estime de son maître qu’il remonterait, mais en haut de sa liste noire. Dis comme ça, la condition de mangemort ne faisait pas vraiment rêver, mais on n’entrait pas au service du Lord par prestige mais bien par conviction.

Conscient que jusqu’ici il avait été un peu abrupt, le mangemort avait proposé à Anton d’essayer de faire connaissance. Certes le lieu n’était pas propice aux rapprochements père/fils, mais Bryan se voyait mal aller manger au fast-food du coin et parler tranquillement autour d’un cornet de frites. Mais alors que le jeune homme reprit la parole, Bryan se mit subitement à regretter sa proposition. Il ne s’attendait pas à ce qu’Anton se montre aussi intrusif. Il pensait qu’il poserait simplement une ou deux questions d’ordre général. Mais au lieu de cela, il se retrouva submergé par un flot d’interrogations toutes plus intimes les unes que les autres. Bryan n’avait pas pour habitude de se livrer ainsi, du moins pas quand il était sobre et encore moins en présence de son fils. Anton se figurait-il que son père allait aussi lui dresser la liste de ses conquêtes et de ses positions préférées ? La situation devenait franchement inconfortable. Bryan se racla la gorge, le col de sa chemise le démangeait. Il ne savait trop comment répondre à tout cela. En général, les gens qu’il rencontrait se gardaient bien de lui faire passer un interrogatoire. A vrai dire, c’était plutôt lui qui posait les questions.

C’était psychologique ou quelqu’un avait véritablement augmenté le chauffage ? Non parce que là il avait clairement l’impression de suffoquer. C’était sûrement le contrecoup, bien qu’il fasse tout son possible pour ne pas le montrer, il était encore un peu sous le choc. Il n’avait pas encore pleinement digéré la nouvelle. Et voilà qu’en plus de se retrouver avec un gosse sur les bras, il fallait en plus qu’il lui confie des détails relativement intimes. Et pour une fois, il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même.

« J’ai été marié, une fois, il y a longtemps. J’ai eu trois enfants, enfin quatre, et même cinq apparemment. »

Cela commençait mal, très mal. Sa voix d’habitude froide et sévère s’était faite hésitante, timide. Il avait la désagréable impression qu’on lui ouvrait les entrailles à vif et que l’on fouillait à l’intérieur pour voir ce qu’il s’y trouvait. Ça lui apprendra à faire des gamins n’importe où ! Il ne fallait pas s’étonner qu’ils rappliquent et se montre avides d’informations sur leur bien aimable géniteur.

« Oui je compte bien acheter ces horloges. Mais pourquoi cette question ? Tu ne les trouves pas belles ? Tu crois que je devrais acheter autre chose ? »

Bryan avait tenté de masquer son embarras en imitant Anton et sa manie de poser quinze questions d’affilée. Son côté provocateur ressortait toujours lorsqu’il se sentait en danger. Mais ses questions, elles, étaient bel et bien sérieuses, après tout il s’était vite emballé pour les horloges sans même se demander si elles pourraient plaire à Rose. Car oui, apparemment il était possible qu’elles déplaisent à quelqu’un, à en juger par la mine d’Anton. Etait-il sur le point de demander des conseils en matière de femmes à son fils ? Non, certainement pas. Il était bien trop orgueilleux pour cela. Et il ne tenait pas particulièrement à parler de celle qui partageait actuellement sa vie, le sujet était bien trop sensible, aussi évita-t-il de mentionner la personne à qui il comptait offrir les horloges.

« Non, je ne suis pas homosexuel, ton existence devrait suffire à te le prouver, non ? Et toi alors, tu as quelqu’un dans ta vie en ce moment ? »

Le mangemort était curieux de savoir si là encore il pourrait s’immiscer dans la vie de son fils. Car il était bien sûr impensable qu’Anton fréquente n’importe qui.

« Etre un mangemort et tenter de survivre à chaque jour qui passe occupe déjà une large partie de mon temps. Je m’occupe aussi des affaires familiales de temps à autre, mes cousins et moi avons hérité de l’exploitation d’elfes de maison. Mais il m’arrive aussi de prendre du temps pour moi. Je ne pense pas être coincé comme Lucius, ma vie peut témoigner de mes nombreux excès. »

Bryan baissa le regard, à la manière d’un petit garçon honteux. Il n’était pas toujours très fier de tout ce qu’il avait fait. Et Anton semblait avoir le don de pousser son père à se remettre en question. Mais les états d’âme de Bryan ne duraient jamais bien longtemps.

« Tu disais que ta mère avait eu trois fils de trois hommes différents… Que font tes frères, vivent-ils avec toi ? » 


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Anton Munter
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Lun 21 Nov - 12:09
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Anton ne s’était pas imaginé que les sacrifices dont son père faisait allusion, étaient de cette ampleur. Son regard sombre s’était fait d’un coup plus perdu, pensif même. Tout ça n’avait rien de bien engageant. Renoncer à sa vie ? Sa liberté ? Il trouvait que le Ministère de la magie avait tendance à se comporter comme une dictature, mais chez les Mangemorts, c’était le summum.

« Tu es en train de me dire que tu as renoncé à ta vie et à ta liberté, pour devenir un esclave ? Et tu l’as fait de ton propre chef en plus ? »

En la magie noire, Anton avait toujours vu une certaine liberté. Il se foutait des règles, des lois et avait déjà quelques Aurors à ses trousses. Mais c’était bien mieux que de vivre une petite vie tranquille avec un boulot, une petite famille et tout le reste. Il aimait cette existence dangereuse qu’il menait de la façon dont il le souhaitait. La magie noire offre de grandes possibilités, bien plus que la magie qui est couramment utilisée par le peuple Sorcier. Ce qu’il n’arrivait pas à comprendre, c’était pourquoi autant de Mages Noirs se laissaient ainsi traiter comme de la merde par un seul être ? Ils se laissaient volontairement - et sûrement qu’ils aimaient ça - dicter leur conduite, tout en faisant les fiers dans la rue. Fier de quoi ? Fier d’être un pantin ? Un esclave ? Un chien ?

« Est-ce que tu noircis volontairement le tableau ? »

Anton ne pouvait pas croire que son père ait lui-même décidé de courber l’échine, pour se faire traiter comme un moins que rien. Le jeune homme espérait qu’il y ait une partie un peu moins catastrophique dans tout ça. Sinon c’est que les Mangemorts sont une belle bande de masochistes, attendant leur coup de fouet pour être remercié d’avoir manqué de se faire buter.

C’est que finalement, un seul verre ne serait pas suffisant. Le regard déjà rivé sur la bouteille de whisky pur-feu, il n’eut pas le temps de bouger que son père commençait à répondre timidement à toutes ses questions. Le mettre mal à l’aise n’était pas vraiment dans ses intentions, mais quitte à faire connaissance, autant entrer directement dans le vif du sujet. Toutefois les mimiques d’Anton pouvaient être encore plus déstabilisantes, mais il ne s’en rendait pas compte. Comme un sourcil venant de se lever, en entendant le nombre d’enfants procréé par son géniteur.

« Mais…précédemment, tu as bien dit que tu n’avais jamais eu l’occasion de payer les études de qui que ce soit ? Les quatre autres sont des abrutis finis ? »

La question était sûrement brutale, mais Anton ignorait bien que la plupart de ses demi-frères ou soeurs n’étaient plus de ce monde. Il était bien loin d’imaginer que son père les avait lui-même tué, d’où son questionnement sur le fait qu’aucun des quatre autres, ne soit arrivé jusqu’à l’Université.

Mais temporairement son regard se reportait sur les horloges, notant que Bryan ne lui avait toujours pas dit pour qui elles étaient. Sûrement une question qui resterait sans réponse. C’était tout à fait probable. Après tout, ils ne se connaissaient pas suffisamment pour aborder cette partie de leurs vies. Mais visiblement le questionnement d’Anton faisait naître des doutes sur les biens.

« Tout dépend de ton lien avec cette personne. Si tu tiens à te faire pardonner quelque chose, des fleurs seront beaucoup plus appropriées. Si tu veux lui faire comprendre quelque chose, un restaurant ou un bijou, peut-être même les deux, seront très parlant…. Mais si cette personne est quelqu’un qui n’est jamais ponctuel et qui te pose souvent des lapins, là les horloges sont parfaites. »

Il sous-entendait qu’il s’agissait d’une femme, il ne pouvait en être autrement. Mais lui, il n’irait pas offrir des pendules à la fille après qui il court bêtement. Il se voit bien tenter de séduire Nina Lupin en lui offrant des horloges. La réaction ne se ferait sûrement pas attendre. Un fou rire avant qu’elle ne lui demande s’il se moquait d’elle.

Le léger sourire qu’il affichait en répondant, s’envolait aussitôt la question revenue comme un boomerang. Il n’allait pas lui parler de Nina, c’était une certitude. Les Loups-Garous ne sont pas bien vue dans le monde magique et la jeune Lupin en est une de naissance. Elle ne doit pas son gène à un concours de circonstances dramatiques, mais c’est directement dans son patrimoine génétique. Si Anton est au courant, c’est parce qu’il l’a suivi discrètement lors de la dernière pleine lune, mais il ne lui a rien dit, pour ne pas la mettre mal à l’aise. Sauf que s’il y a bien quelqu’un qui n’a rien contre ces Sorciers, c’est lui. Son petit frère fait parti des victimes de Greyback.

« Non, il n’y a personne. Je n’ai pas franchement le temps d’avoir quelqu’un dans ma vie. Entre les cours, la boutique et le reste, mon emploi du temps est plutôt chargé. »

Il se savait pas bien convaincant sur ce coup, mais il y a des choses qu’il préfère garder pour lui. Il ne voudrait pas voir le nom de la demoiselle dans les faits divers de la Gazette, là où les meurtres sont relégués. Mais voyant qu’il ne faisait que mettre son père mal à l’aise, il esquissa un léger sourire sans répondre lorsqu’il remarqua avoir - une fois encore - touché un point plus que sensible. Même si ça ne dura pas bien longtemps…

« Le plus jeune est encore à Poudlard. Et j’habite avec l’aîné qui est étudiant en protection magique. »



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Bryan H. Levinson
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Mer 23 Nov - 11:38

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« Hell is empty and all the devils are here. »
Avide de regagner quelques échelons dans l’estime du Seigneur des Ténèbres, Bryan avait quelque peu sous-estimé le travail qu’il avait à accomplir pour faire d’Anton la clé de son salut. Travailler chez Barjow et Burk et avoir été élevé par le directeur de Durmstrang ne suffisait pas à faire de vous un mangemort idéal. Avoir un certain penchant pour la magie noire était une chose, être prêt à accorder toute sa dévotion à une cause idéologique en était une autre. Plus qu’un simple plaidoyer, Bryan allait devoir mettre en place un vaste lavage de cerveau. Et par la même occasion, il serait peut-être utile d’apprendre à Anton comment se comporter en société. Sa désagréable manie de dire tout haut ce qu’il pensait tout bas commençait déjà à déplaire à son père. Il y avait des situations et des personnes avec lesquelles il valait mieux éviter de se montrer trop confiant. Bryan n’aimait pas les jugements hâtifs, et encore moins lorsqu’ils le concernaient directement. Sa vie était ce qu’elle était, et personne n’avait le droit d’y trouver quelque chose à redire. Pas même lui. Après tout, cette existence d’esclave –pour reprendre les termes élogieux d’Anton- ne dépendait en rien de la volonté de Bryan. Tout avait été décidé par son propre père le jour de sa naissance. Il avait été élevé pour cela et il ne pouvait pas en être autrement. Et si Anton tenait absolument à ce que Bryan le reconnaisse comme son fils, il allait devoir se plier aux règles.

« Je ne suis pas un esclave. Je passe ma vie à lutter pour une cause en laquelle je crois, car elle me concerne pleinement. Je me bats pour mes propres intérêts. Si j’obéis au Seigneur des Ténèbres ? Oui la plupart du temps, même si je me permets des choses plus ou moins répréhensibles. Mais obéir à un supérieur est un acte auquel l’humanité toute entière se soumet, et ce, tous les jours. Tout le monde a un chef. Regarde-toi, te considères-tu comme l’esclave de Barjow et Beurk parce que tu travailles pour eux ? Non, je ne pense pas. Alors dis-toi qu’être un mangemort n’a rien à voir avec l’esclavagisme, c’est un travail comme un autre. En dehors du fait que l’on œuvre pour le bien de la communauté magique. »

A l’entendre, sa vie n’était que douceur et harmonie. Mais le pire dans ce petit discours de propagande, c’est que Bryan était foncièrement convaincu de ce qu’il avançait. A ses yeux la suprématie des sangs-purs valait tous les sacrifices. Mais alors que parler du bienfondé de ses actions l’avait galvanisé, la réaction d’Anton face au nombre de ses frères et sœurs le replongea aussitôt dans cette atmosphère gênante. Depuis son dîner avec Katlyna, Bryan avait fini par comprendre qu’étaler son cv du parfait psychopathe n’était pas forcément bien vu par tout le monde. Alors comment expliquer ce qui était arrivé à ses trois enfants légitimes ? Mentir semblait être encore une fois sa seule issue.

« Mes trois premiers enfants ont perdu la vie durant la Nuit Rouge. Ils ont été tués par un Anarchiste, qui m’avait vu essayer de les protéger quelques instants plus tôt. Quant à la quatrième, je n’ai été mis au courant de son existence que récemment. C’est une sang-pur mais elle souffre d’une maladie moldue, qui la rend quelque peu instable. »

Ce qu’il savait d’Heather, il l’avait appris par Mina. Bryan n’avait jamais eu l’occasion de rencontrer sa fille. Les conditions dans lesquelles il avait appris son existence ne l’avaient pas vraiment prédisposé à vouloir faire plus ample connaissance. Le mangemort n’était pas peu fier du mensonge qu’il venait de servir à son fils. Si Anton avait un jour songé à rejoindre l’Anarchie, il en viendrait peut-être à reconsidérer son choix en entendant ce que Bryan venait de dire. Au début, il avait pensé à raconter que les trois enfants étaient morts de la dragoncelle, mais cela ne paraissait que peu crédible. En parlant de crédibilité, la sienne était sur le point d’en prendre un coup. Selon Anton, il ferait mieux de renoncer aux horloges en guise de cadeau d’anniversaire pour Rose. Mais en tant que mangemort, était-ce bien raisonnable d’offrir des fleurs ou un bijou ? Bryan s’était toujours promis de ne pas tomber dans la niaiserie. D’autant plus que les horloges avaient une véritable dimension symbolique. Le fait qu’elles soient connectées entre elles servait à se fixer des rendez-vous sans prendre le risque d’envoyer un hibou ou un patronus qui puisse être intercepté par n’importe qui. Convaincu que son choix était le bon, et aussi peu désireux de perdre la face devant son fils, Bryan se cantonna à son premier choix.

« Je n’ai rien à me faire pardonner et strictement aucun message à faire passer, alors je vais prendre les horloges. »

Si cela pouvait semer le trouble dans l’esprit d’Anton et l’inciter à penser que ce cadeau n’était peut-être pas pour une femme, alors ce serait parfait. Bryan ne tenait pas à s’étaler sur sa vie privée. Et visiblement, son fils non plus. La réponse d’Anton quant à savoir s’il y avait une personne dans sa vie ne paraissait pas tout à fait honnête. Il lui faisait suffisamment confiance pour lui balancer à la figure qu’il était son fils, mais pas assez pour lui en dire plus sur lui. S’il refusait de jouer le jeu, il y avait de fortes chances pour que Bryan s’incruste encore plus dans sa vie, dans le seul et unique but de le provoquer. Il s’imaginait déjà faire foirer le mariage de Jesse-Rose et Drago pour caser son fils avec la jeune Greenwood. Avouez que ce serait un joli coup de maître ! Jesse était l’une des rares personnes que Bryan estimait, il se serait volontiers réjoui qu’elle épouse son fils. Bien qu’il ne connaisse celui-ci que depuis quelques minutes, ses droits de père l’autorisaient parfaitement à remodeler son existence comme il l’entendait. Ah non ? Tant pis, Bryan ferait comme si.

« Maintenant que tu vas cesser de travailler à la boutique, tu auras plus de temps pour toi. Je connais quelques jeunes filles très fréquentables. Je pourrais vous mettre en contact. »

Tout ceci n’était que du bluff. Le mangemort se voyait mal jouer les entremetteuses. Ce n’était qu’une petite vengeance personnelle. Anton avait voulu le mettre mal à l’aise avec ses questions, maintenant c’était à son tour de se sentir gêner.

« Je serais ravi de rencontrer tes frères. Une fois que le Seigneur des Ténèbres sera au courant de ton existence, tu pourrais me les présenter. »

S’il avait parlé sur un ton plutôt affable, ses intentions n’en étaient que plus mauvaises. Au mieux, il chercherait à enrôler les deux frères, au pire, ils serviraient de test pour juger la loyauté d’Anton.


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Anton Munter
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Mar 29 Nov - 18:44
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Perdu. C’est le mot qui définissait très bien Anton. Son père était si sûr de lui et de ce qu’il disait, visiblement, que le fils avait l’impression de dialoguer avec un mur. Bien entendu, dans le fond, il n’avait pas tord de dire que tout le monde obéit à quelqu’un. Un employé à son employeur, un enfant à ses parents et la société magique normalement au Ministère de la Magie, mais ceci est une autre histoire encore. Là, il était question de Lord Voldemort et de ce qu’il faisait de ses Mangemorts. Anton n’a jamais été dans les rangs, mais il sait qu’au moindre faux pas, ses « soldats » finissent par se faire torturer dans le meilleur des cas. Dans le pire, ils meurent. Les Mangemorts le craignent, alors qu’un employé ne craint pas son employeur. Et sur le moment, le fils restait sans voix face à la défense de Bryan. Mais il ne pouvait rester muré dans le silence trop longtemps, surtout pas avec la dernière phrase que son père venait de prononcer.

« C’est tout de même un emploi assez particulier. A la moindre erreur, l’employeur te zigouille…c’est pas commun. »

Il savait qu’il s’enfonçait sur un terrain bien sinueux et qu’il risquait de mettre le Mangemort en colère. Pourtant, ce n’était pas là le but de la manoeuvre, il voulait juste tenter de comprendre ce qui peut pousser un Mage Noir a se ranger au service d’un être qui n’hésitera pas à s’en débarrasser.

« Pour le bien de la communauté magique ? Par exemple, en éliminant les Sorciers qui ne sont pas de sang-pur ? »

Anton ne l’est pas. Sa mère était elle-même de sang-mêlé et voilà tout le problème. C’est qu’il ne peut pas adhérer à une cause aussi sinistre que la destruction des « impurs » quand lui-même n’est pas pur. Son père ne devait pas mesurer le poids que peuvent avoir ses mots. D’autant plus que ce n’est un secret pour personne que son maître n’est pas non plus un Sorcier de sang-pur.

Mais malgré l’arrogance dont il fait parfois preuve, Anton préférait ne pas s’enfoncer plus, finissant par changer de sujet. Alors comme ça, ses demi-frères et soeurs côté de son père, étaient tous morts. De la main d’un Anarchiste ? Pourquoi Anton remettrait la parole de son père en doute ? Pourtant, il n’en pensait pas moins. Ce sont les Mangemorts qui ont attaqué des élèves, pas les autres. Eux, ils les défendaient comme il le pouvait. Son petit frère lui a parfaitement résumé la situation lorsqu'il s'est réveillé à Sainte Mangouste, après s'être fait attaqué par Greyback. Mais là encore, Anton ne voyait pas l’utilité de lui faire part de sa pensée, préférant la garder pour lui afin d'éviter d'entrer dans une conversation qui pourrait devenir désagréable pour l'un comme pour l'autre.

« En gros, elle est complètement cinglée ta fille. Je comprend pourquoi tu veux me payer mes études. Mentalement parlant, je relève un peu le niveau… »

Seulement mentalement, parce que lui, il n’est pas de sang-pur et ça va sûrement être un point de discorde entre eux. A moins que son père n'en ait pas encore conscience.

Les horloges revenaient alors naturellement dans la conversation, surtout pour apaiser les tensions naissantes. Anton n’était pas certain que ce soit le cadeau idéal. Ce ne serait pas ce que lui, il offrirait. Mais n’ayant que dix-huit ans, il ne peut pas se permettre de donner des conseils relationnels à ses clients. Après tout, son père avait eu cinq enfants avec trois partenaires différentes, c’était un homme à femmes quelque part.

« Comme tu veux. T’as certainement beaucoup plus d’expérience que moi là-dessus. Cinq gosses de trois femmes différentes, t’es un bourreau des coeurs. »

Le fils restait persuadé que c’était un cadeau pour une femme. Il en était sûr et certain. Sinon son père ne serait pas si mal à l’aise à chaque fois qu’il aborde le sujet. Mais le jeune vendeur ne s’était pas attendu à avoir le retour de ses propos. Son sourire se faisait crispé d’un seul coup. Il regarda un instant les étales de la boutique, avant que son regard ne revienne sur son père.

« Très fréquentables ? Des petites filles à papa coincées en quelques sortes ? Merci, mais je préfère partir en chasse tout seul de ce côté-là. Et puis, je ne suis moi-même pas quelqu’un de bien fréquentable. »

Il aurait bien dit qu’il risquait de souiller les petites sang-purs de son sang de bâtard, mais il garde cette réplique pour une autre fois. Ce n’était pas le moment de partir dans un conflit père-fils. Ils ont tout le temps qu’il faut pour s’engueuler comme chien et chat. Chaque chose en son temps. Sauf que le sujet concernant ses frères n’était pas non plus très approprié. Hengist et Nikolaï ont grandi avec lui. Ils ne sont pas de vrais frères, n’ayant pas le même père, mais ils sont ce qu’il a de plus cher au monde. Il est prêt à tous les sacrifices, mais pas si ça doit les toucher eux.

« J’imagine qu’un Mangemort a déjà l’oeil sur mon petit frère. Il s'est fait mordre par Fenrir Greyback. »

La confiance entre le père et le fils n’y est pas encore. Ils viennent tout juste de se rencontrer et Anton en est déjà à se servir de Greyback comme protection pour son cadet. Il sait très bien que c’est un Mangemort qui fout la trouille, autant en jouer. Par contre, pour Hengist, il n'a encore rien trouvé pour le sortir des griffes de Bryan.



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Bryan H. Levinson
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Jeu 15 Déc - 16:17

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« Hell is empty and all the devils are here. »
Cela pouvait-il bien finir ?

Le mangemort sentait sa proie lui échapper et il n’aimait pas particulièrement cela. S’il avait subitement accepté l’idée d’avoir un fils c’était dans un but bien précis. Et voilà que le-dit fils semblait déjà vouloir lui désobéir et s’écarter du chemin que Bryan avait tout naturellement tracé pour lui. D’accord il était allé un peu vite en besogne, et avait cherché à chambouler la vie d’Anton sans même se soucier une seule seconde de ce qu’il pourrait en penser. Mais après tout, si le gamin avait pris l’initiative –le risque ? - de lui révéler qui il était, il devait bien savoir à quoi s’en tenir, non ? A moins d’être complètement idiot, on n’allait pas spontanément aborder un mangemort pour discuter du temps qui passe. Si l’on se mêlait à ces gens-là, c’était dans l’espoir de rejoindre leurs rangs. Du moins c’était ce dont Bryan était convaincu. Mais à en juger par la réticence manifestée par Anton, le jeune homme n’avait apparemment pas pour projet de servir le Seigneur des Ténèbres. Et c’est là que les choses ne coïncidaient pas. Dans l’esprit de Bryan, il était impensable d’avoir un fils qui ne sacrifie pas sa vie pour la suprématie des sangs-purs. Si Anton ne changeait pas d’avis rapidement, il ne pourrait rien obtenir de son père. Ni attention, ni considération, et encore moins une quelconque protection.

« Etre mangemort, c’est bien plus compliqué que cela. Tu devrais arrêter de croire toutes les rumeurs que la Gazette du Sorcier colporte au sujet du Lord. Mais puisque tu sembles avoir un avis aussi tranché sur la question, pourquoi es-tu venu me voir ? Pourquoi m’as-tu balancé ce fardeau à la figure, si tu n’étais pas prêt à devenir l’un des nôtres ? Tu t’imaginais quoi, que j’étais un gentil mangemort, un père aimant qui se réjouirait d’apprendre qu’il a engrossé une vulgaire aubergiste ? Tu aurais dû te renseigner un peu plus sur moi et tu aurais compris que je suis un véritable mangemort et qu’à mes yeux il n’y a rien de plus important que cela. En parlant de ta mère, avait-elle au moins quelque chose pour elle, était-elle de sang-pur ? »

La colère qui avait animé le début de son discours s’était muée en un mélange de mépris et d’angoisse lorsqu’il avait prononcé sa dernière phrase. Par Merlin, pourquoi n’avait-il pas songé plus tôt à poser cette question, si simple et pourtant si capitale ? Rien ne serait plus terrible d’apprendre qu’il avait une nouvelle fois donné naissance à un ignoble sang-mêlé. Il sentait une force invisible lui nouer les entrailles. Le souvenir de la profonde tristesse qu’il avait ressentie alors que son épouse lui avait avoué la véritable nature de leurs enfants, était encore si vif et si blessant qu’il ne pouvait plus penser à rien d’autre. Il n’entendit même pas le semblant de compliment que lui fit Anton en évoquant ses prouesses auprès des femmes. Et pourtant, c’était une chose dont il se vantait bien volontiers. Mais en cet instant précis, son cœur et son esprit étaient ailleurs, malmenés par de douloureux souvenirs, prisonniers du passé.

Bryan fut brutalement ramené à la réalité par la mention d’un nom. Un nom qu’il méprisait, qu’il haïssait. Celui de Fenrir Greyback. Le monstre sans foi ni loi qui osait prétendre être un mangemort alors qu’il n’était qu’une abomination. Une abomination qui avait autrefois sauvagement assassiné la jeune Serpentard que Bryan se destinait à épouser. Décidément, Anton ne faisait qu’aborder les sujets qu’il aurait mieux valu ne jamais déterrer.

« Greyback n’a rien d’un mangemort, ce n’est qu’une bête de foire. Et je doute fort que ton petit-frère intéresse qui que ce soit. »


Savait-il déjà au fond de lui qu’Anton n’était pas un sang-pur ? Etait-ce donc pour cela que Bryan se montrait si incisif, si brutal à son égard ?

Non, cela ne pouvait pas bien finir.


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Anton Munter
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Jeu 15 Déc - 18:10
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Anton devait avoir loupé un épisode en cours de route. De simples questions venaient de faire éclater pire qu’un volcan. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’était pas attendu à une telle réaction de la part de son père. Les Mangemorts servaient-ils un maître pour de mauvaises raisons ? Ou plutôt sans avoir de bonnes raisons ? Puisqu’à la moindre question dérangeante, les menaces fusaient presque.

De surprise en exaspération, le fils atteignait cette fois un stade d’agacement ou de colère qu’il dissimulait un tant soit peu. Son regard sombre par contre, trahissait largement le fond de sa pensée, alors qu’il fixait son père. L’espace d’un petit instant ses mâchoires s’étaient resserrées. Il était le premier à souligner que sa mère avait été assez facile avec les hommes, mais de là à le critiquer lui qui n’est que le fruit d’une chose dont il n’est pas responsable, ça commençait à l’énerver. Mais il ne lui fera pas le plaisir de montrer ce qu’il ressentait réellement. Et ce qu’il ressentait réellement c’était de la peine.

« Peut-être bien parce que ce n’était pas au Mangemort que je m’adressais mais à l’homme. »

Et la déception dans sa voix était difficile à masquer. Son père n’était que ça. Un Mangemort. Un larbin. Quelqu’un incapable de penser par lui-même. Il n’avait rien d’un homme respectable et Anton en crevait pratiquement de s’en rendre compte que trop tard.

« Mais si tu ne veux pas engendrer des bâtards, il faut peut-être arrêter de te taper tout ce qui bouge. »

Ce n’était que justice. Les enfants n’ont sûrement pas à être tenu pour responsable de leurs simples existences. Lui, comme ses demi-frères et soeurs n’avaient rien demandé après tout. Le dédain dont son père faisait preuve à son égard le blessait à un point dont il n’aurait même soupçonné.

Les choses ne pouvaient plus aller en s’améliorant alors que le sujet Greyback avait été mis sur la table. Ne le connaissant que de réputation, Anton ne se braqua que lorsqu’il fut question de son jeune frère. Même Munter père ne les avait jamais rabaissé de la sorte.

Un instant de silence transforma ce moment comme étant le pire de sa vie. Le jeune sorcier sortit sa baguette du passant de son pantalon. Ce n’était pas pour faire taire ce vieux bouc rabougri -même si ce n’était pas l’envie qui lui manquait- mais pour que les objets s’emballent par eux-mêmes. Une fois sa baguette magique de retour à sa place initiale, il poussa les paquets dans la direction du Mangemort sans même relever les yeux dans sa direction.

« Vos achats…Monsieur. Ce qui vous fera cinquante-cinq Gallions, deux Mornilles et vingt-six Noises. La maison ne fait pas crédit. »

Ce qui représente à peu de choses près quatre cent euros. Mais ce n’était sûrement pas la somme le plus surprenant dans l’histoire, mais plutôt l’utilisation du vouvoiement qui était de nouveau de rigueur de la part d’Anton.

La petite cloche au-dessus de la porte retentissait une nouvelle fois, alors que Barjow était de retour à la boutique. Le jeune Munter en profitait pour contourner le comptoir et prendre la direction de la sortie, ne lâchant qu’un simple :

« Je prend ma pause. »

Avant de quitter l’endroit pour filer sur le Chemin de Traverse. Il avait surtout grand besoin d’un verre et le Chaudron Baveur serait un bon refuge.



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Bryan H. Levinson
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Ven 16 Déc - 12:22

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« Hell is empty and all the devils are here. »
Bryan se demanda s’il n’était pas en train de rêver. La journée avait si bien commencé et voilà qu’il se retrouvait subitement au cœur d’un cauchemar sans nom. Cela ne pouvait pas être réel. Il allait bien finir par se réveiller et il réaliserait que tout ceci n’était jamais arrivé. Il se moquerait de son inconscient et de ses rêves stupides, et puis tout ceci ne serait qu’un mauvais souvenir. Rien de plus. Mais Anton reprit la parole et vint briser ce doux et fragile instant de silence qui s’était immiscé entre eux. Et tout sembla alors si réel. La déception tangible dans la voix de son fils, son regard empli d’amertume. Bryan les distingua sans doute mais il n’y prêta guère plus d’attention qu’il n’en fallait. Dans cette histoire, c’était lui la victime, la personne pour laquelle il fallait éprouver de la compassion. Alors qu’il était enfin parvenu à mener une existence relativement paisible, voilà qu’un inconnu venait bouleverser son équilibre et mettre sa vie en danger. La stupéfaction avait laissé place à l’espoir que représentait un héritier. Il avait tiré de fausses conclusions sur Anton, il s’était fourvoyé à son égard. Il lui avait semblé si évident qu’un jeune homme travaillant chez Barjow et Beurk n’ait pas d’autre désir que celui de rejoindre les mangemorts. Mais apparemment, Anton n’était pas de cette trempe-là, ce n’était encore qu’un gamin immature. L’espoir avait laissé place à la déception. Si l’expérience Alexander Black l’avait convaincu de son pouvoir de persuasion, Bryan était pourtant certain d’échouer avec Anton. Il savait qu’il perdrait son temps à essayer de se rapprocher du jeune homme pour le faire changer d’avis, pour l’emmener sur la voie de l’obscurité. Anton n’avait pas le potentiel d’Alexander, il n’avait en lui aucune souffrance assez forte que l’on puisse exploiter pour le manipuler. Mais en réalité, la raison principale qui le poussait à s’éloigner d’Anton était tout autre. Bryan refusait bien évidemment de se l’avouer, mais il avait la trouille. La foutue trouille de finir par s’attacher à ce gamin. C’était l’histoire de sa vie, dès qu’une personne se rapprochait un peu trop de lui, il fallait toujours qu’il envoie tout valser. Mais d’un autre côté, Anton l’avait lui aussi rejeté à sa manière. Il avait été parfaitement clair au sujet des mangemorts et de ce qu’il pensait d’eux. Ce qui nous ramenait une fois de plus à la question principale : pourquoi était-il venu lui raconter toute la vérité ?

Le silence refit surface. Anton esquissa un mouvement. Le voyant empoigner sa baguette magique, Bryan, tel un bon mangemort, brandit la sienne dans la foulée, prêt à riposter en cas d’attaque. Bryan, ou le modèle de paternité exemplaire… Anton ne lui voulait apparemment aucun mal, il se contenta d’emballer les horloges et d’annoncer leur prix. Conscient de l’agressivité qu’il devait renvoyer en apparaissant ainsi baguette en main, le mangemort abaissa le bras et la rangea soigneusement dans sa poche. Sans un mot, il posa une bourse de gallions sur le comptoir, et en une ultime expression de son dédain, il laissa même un pourboire à Anton.

Le vieux Barjow entra dans la boutique et alla se perdre entre les étals. C’est alors qu’Anton décida de prendre congé et se dirigea vers la sortie. Mais Bryan n’en avait pas fini avec lui, le jeune homme avait omis de répondre à LA question. La seule et unique question, dont la réponse importait véritablement à Bryan.

« Attends ! Dis-moi que tu es bien un sang-pur ! »

Tels furent les derniers mots qu’Anton entendit de la part de son père ce jour-là. Des paroles lourdes de sens, qui n’eurent pas de réponse. Le jeune Munter avait quitté la boutique. Le mangemort ne l’avait pas suivi.

Fin.



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