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Personne ne devait savoir ~ Alice

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Mer 12 Oct - 17:46
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    On ne force pas le secret. Ou le secret vient comme de lui-même à soi, ou bien le secret vous est interdit. ♥




    Il ne fermerait plus l’œil, c’était certain. Seamus était allongé sur son lit, les yeux grands ouverts dans le noir. La dernière page du livre qu’il venait de refermer dansait encore dans son esprit, chassant tout espoir de sommeil. C’était un livre sur les magies anciennes, des pouvoirs méconnus et qui pourtant étaient dotés d’une puissance inégalable. Des magies qui étaient, pour certaines, assez simples à réaliser, de la magie blanche, pure, aux effets protecteurs essentiellement. Et puis, il y avait de la magie noire. Plus dangereuses. Des magies qui pouvaient faire du mal. Seamus avait lu l’intégralité du livre d’une traite, fasciné de découvrir encore des arts qu’il ne connaissait pas. Cela faisait plusieurs mois qu’il étudiait, qu’il cherchait à connaitre toutes les formes de magie, se demandant dans lesquelles il pourrait puiser pour devenir un puissant sorcier que rien, pas même un mangemort expert en magie noire, ne pourrait faire trembler. Pourtant, il avait l’impression d’en découvrir sans cesse plus encore. Et cette fois-ci, il avait fait une découverte qui, s’il se fiait à son instinct, pouvaient lui être très utiles. Les magies de sang. Le dernier chapitre du livre traitait de ces pouvoirs bien particuliers. Mais, manque de connaissances de l’auteur ou crainte que le lecteur ne s’y intéresse de trop près, cette magie-là était bien peu développée. A peine savait-on qu’elle pouvait rendre un sorcier plus puissant, moins vulnérable, renforcer certaines potions. Mais les pratiques précises qu’elle nécessitait n’étaient inscrites nulle part. Si l’auteur avait voulu décourager ses lecteurs d’étudier cette magie, c’était peine perdue. Le peu d’information n’avait fait que piquer la curiosité de Seamus. Il voulait savoir. Il voulait en apprendre encore plus.

    Résigné à ne pas trouver le sommeil, Seamus décida de mettre à profit les quelques heures qui le séparaient du matin. Il repoussa ses draps et enfila les premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main. Il glissa un tas de parchemins froissés, une plume et une bouteille d’encre dans ses poches. Allumant sa baguette, il quitta le confort de ses appartements pour retrouver la fraicheur des couloirs. Pourquoi, par Merlin, personne n’avait pensé, un jour, à ensorceler les couloirs pour qu’il fasse une chaleur agréable toute l’année ? Vu le nombre de sortilèges qui planaient sur Poudlard, un de plus n’aurait pas été très compliqué à installer. Pestant contre les quatorze directeurs qui s’étaient succéder à la tête de l’établissement, contre les fondateurs et contre Merlin lui-même, Seamus prit la direction de la bibliothèque.

    Qu’il était agréable de n’être plus un simple étudiant soumis au règlement de l’école. Désormais, il pouvait vagabonder dans les couloirs en pleine nuit sans que cela ne semble suspect. Après tout, il était surveillant. Il surveillait donc. Certainement que s’il se faisait surprendre au beau milieu de la réserve de la bibliothèque, cela engendrerait plus de questions. Mais Seamus, tout à son désir de savoir, ne s’était même pas interrogé sur les conséquences que cela pourrait avoir. Il devenait de moins en moins prudent, avec le temps. Au début, il ne lisait que ses propres livres, ceux qu’il avait enchantés pour qu’ils apparaissent comme des lectures tout à fait innocentes aux yeux de tous. Désormais, il fouillait dans la réserve, de plus en plus souvent. Il expérimentait même certains sortilèges et certaines potions, de temps en temps. S’il se faisait prendre … Mais Seamus en était persuadé, il ne se ferait jamais prendre. Il était bien trop prudent pour ça.

    Il avait enfin atteint la bibliothèque. La porte de celle-ci ainsi que celle de la réserve ne lui résistèrent pas plus de trente secondes. Il lui fallait maintenant fouiller pour espérer trouver ce qu’il était venu chercher. Les livres de la réserve n’étaient pas classés par thème, ni par auteur, ni par aucun ordre logique. Dirigeant le faisceau de sa baguette vers la première étagère, Seamus entreprit d’étudier chaque titre de livre. Lorsqu’il eut fait le tour de tous les livres de la réserve, une heure s’était écoulée, il avait les yeux qui piquaient et trois ouvrages qui semblaient traiter de la magie de sang. Seamus avisa une table, au centre de la pièce. Il y déposa les livres et sortit parchemins, plume et encre de sa poche. Il n’allait pas non plus prendre le risque de sortir ces livres de la réserve, personne ne devait savoir quel genre de livres il consultait. Il n’aurait qu’à prendre des notes. C’est installé sur une chaise en bois bien peu confortable, dos à l’entrée de la réserve, qu’il se plongea dans les magies de sang. Concentré, il noircissait des lignes entières de parchemins. Il avait perdu toute notion du temps, fasciné par ce qu’il découvrait. Ce n’était pas n’importe quelle magie qu’il découvrait là. Pas étonnant que l’auteur du précédent livre n’ait pas voulu en dire d’avantage. C’était une magie extrêmement sombre, qui n’était pas à la portée du premier apprenti mage noir. Il fallait déjà une puissance et une force magique importante pour espérer contrôler cette magie-là. Sans quoi, la magie finissait par prendre le dessus, par tout dévaster. Mais de ça, Seamus en avait à peine conscience. Il ne voyait qu’une seule et unique chose. Cette magie était d’une puissance incomparable. Elle pouvait lui offrir des possibilités avec lesquelles aucune autre magie ne pourrait rivaliser. Elle pouvait faire de lui un sorcier puissant. Tout puissant.

    Tout à sa jubilation, Seamus n’avait plus conscience du monde extérieur. Il n’avait pas conscience du froid qui l’avait pourtant fait frissonner quelques heures plus tôt, n’avait pas conscience que l’heure avançait et que bientôt, le soleil se lèverait. Et surtout, il n’avait pas conscience du grincement de la porte de la bibliothèque ni du bruit des pas qui se dirigeaient vers la réserve.





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Alice Sullivan
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Jeu 13 Oct - 0:39


Personne ne devait savoir

On ne force pas le secret. Ou le secret vient comme de lui-même à soi, ou bien le secret vous est interdit.



Alice détestait quand son planning l’obligeait à se lever aux aurores pour aller faire un tour de garde à l’heure où tout le château dormait encore. Comme si un élève particulièrement motivé allait se lever à 5h du matin pour faire ses devoirs, franchement… Quoique, certains Serdaigles pouvaient sûrement être assez cinglés pour le faire. Si jamais elle tombait sur un de ces débiles, elle allait lui faire amèrement regretter d’avoir croisé son chemin à une heure où elle ne risquait pas d’être de bonne humeur.

Les cheveux défaits et la mine particulièrement contrariée, Alice se redressa dans son lit et émit un grognement qui signifiait clairement ce qu’elle pensait de ce genre d’horaires. Elle chercha sa baguette magique à tâtons sur sa table de chevet, puis une fois trouvée, fit un geste pour allumer une bougie et ainsi éclairer son appartement d’un halo faible mais suffisant. Soupirant bruyamment, la blonde rejeta ses couvertures et mit un pied au sol. Il faisait tellement froid dans ce foutu château, même en avril, qu’elle en claqua des dents. A tous les coups, c’était cette connasse d’Hikkins qui devait faire en sorte qu’il fasse continuellement froid dans le château pour éduquer les élèves à la dure. Ce serait tout à fait son genre.

Alice enfila un gros pull bleu marine en laine et soupira une énième fois, comme si quelque part dans ce monde quelqu’un pouvait l’entendre, la plaindre, et lui dire qu’elle pouvait retourner se coucher. Mais non, forcément. Elle enfila ses chaussures, s’empara de sa baguette puis éteignit la bougie avant de sortir. Les appartements des surveillants étaient petits et ne payaient pas forcément de mine, surtout quand elle comparait ça à l’appartement qu’elle occupait avant dans le centre de Londres, mais c’était toujours mieux que s’il avait fallu se coltiner un dortoir.

La blonde commença sa ronde par le rez-de-chaussée, et plus précisément par les cuisines car elle ne commençait jamais ce genre de journée sans aller malmener un elfe de maison pour qu’il lui prépare un café « et vite ». Sa tasse fumante en main et sa baguette magique éclairée d’un lumos de l’autre, elle partit ensuite en balade. Car oui, elle ne donnait pas vraiment l’impression de surveiller, elle avait plutôt l’air d’errer et de se faire chier. Elle n’aimait pas traîner dans les couloirs quand il ne faisait pas encore jour, parce que Rusard était quand même un putain de psychopathe sur qui elle n’aimait vraiment pas tomber même maintenant qu’elle n’était plus élève. Alors quand elle passa devant l’entrée de la bibliothèque, elle n’hésita même pas avant de déverrouiller la porte d’un sortilège silencieux. Elle s’engagea volontiers dans la salle en se faisant la réflexion que au pire, elle n’avait qu’à s’installer confortablement dans un fauteuil et finir tranquillement son café. Ou alors même piquer un petit somme, ni vu ni connu.

En s’avançant dans la bibliothèque, une lumière attira son regard et la fit se figer sur place. Rêvait-elle ou un imbécile d’élève avait vraiment décidé de venir étudier avant le lever du jour ?! Putain, elle aurait vraiment tout vu. Si c’était un snobinard de Serdaigle, elle allait lui en faire baver. Si c’était un Gryffondor, elle allait carrément lui faire passer un sale quart d’heure, même si elle doutait que ces idiots soient du genre à poser les pieds dans une bibliothèque. Si c’était un Serpentard, là, par contre, elle prendrait plutôt le temps de discuter et même de partager son café avant de le raccompagner à son dortoir pour ne pas qu’il se fasse choper par un autre surveillant. Depuis qu’elle était ici, elle aimait prendre tous les Serpentards sous son aile, surtout ses chouchous, pour leur filer un petit coup de pouce et leur éviter les ennuis. C’était tout naturel, les Serpentards ayant toujours été la meilleure maison de Poudlard.

Alice posa sa tasse de café sur une table et s’avança silencieusement, jusqu’à remarquer que la faible lumière provenait… de la réserve, dont la porte avait été laissée ouverte. La blonde hésita. Il y avait de grande chance que ce soit là un professeur. Le professeur Rogue, par exemple : c’était tout à fait son genre de se trouver dans la réserve en pleine nuit vu que tout le monde sait très bien que cet homme ne dort jamais. Dans le doute, Alice décida de vérifier quand même. A pas feutrés, elle s’avança lentement jusqu’à l’entrée de la réserve. Il y avait quelqu’un, qui lui faisait dos, et qui était assis à une table. Tout occupé qu’il était à griffonner frénétiquement sur un parchemin, il ne semblait pas l’avoir remarquée. Même de dos, Alice reconnut un de ses collègues, Seamus Finnigan. Ancien Gryffondor, chieur de première, ami avec des nullités comme Harry Potter, il n’avait jamais été quelqu’un avec qui elle aurait pu s’entendre du temps de Poudlard. Et le voilà qui avait débarqué, pour rejoindre les rangs des surveillants de l’école. La rivalité qu’ils avaient toujours connu était naturellement revenue au galop, surtout que Seamus semblait prendre un malin plaisir à l’idée de faire la misère aux élèves de Serpentard.

Ne résistant pas à la perspective de surprendre un rival, Alice fit encore un pas en avant, le plus silencieusement possible, pour s’approcher dans le dos de Seamus. Elle espérait bien lui faire la peur de sa vie, ou au moins le faire se sentir bien con.

« Bouh ! »

Elle glissa de côté et ricana en voyant la tête du jeune homme. Lui braquant le faisceau de lumière de sa baguette dans les yeux, elle contourna la table en mimant le ton d’un auror en plein interrogatoire :

« Non mais c’est sérieux, Finnigan ? On peut savoir ce que vous foutez ici à cette heure ? »

Sans se gêner, elle passa la main sur les feuillets et sur les livres étalés sur la table pour tirer un ouvrage à elle. Elle baissa le faisceau de lumière pour pouvoir déchiffrer le titre, qui n’était presque plus lisible avec l’usage du temps. La magie de sang. Alice haussa légèrement les sourcils.

« Drôle de lecture pour un Bouffondor. »


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Sam 15 Oct - 3:26
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    On ne force pas le secret. Ou le secret vient comme de lui-même à soi, ou bien le secret vous est interdit. ♥



    Seamus lisait chaque ligne avec une attention et une concentration intense. Ses parchemins se remplissaient à vue d’œil et il avait déjà été obligé de jeter deux sortilèges pour en faire apparaître de nouveaux. Il avait réussi, en quelques heures seulement, à mettre un sacré bazar sur la petite table. Les parchemins étaient étalés partout, l’un des livres était d’ailleurs enterré sous une pile de notes et il avait ouvert les deux autres livres qu’il consultait en même temps afin d’en croiser les informations. Il savait qu’il ne ferait pas le tour de la question ce soir-là. Cette magie était tellement vaste et Seamus était totalement novice en la matière. Ça n’était pas le genre de choses qu’on apprenait à l’école. C’était bien trop dangereux. Certaines des pratiques décrites dans ces grimoires n’étaient pourtant pas mauvaises, il y avait de puissantes potions de guérison par exemple. Mais le risque était bien trop grand. Seamus se demandait même vaguement pourquoi ces livres étaient restés ici. Certes, ils étaient dans la réserve, mais après tout, n’importe quel élève pouvait faire comme lui. Sortir en pleine nuit et forcer la porte était à la portée du premier apprenti sorcier venu. Cela arrangeait cependant très bien ses affaires. Il aurait pu, bien sûr, aller se fournir dans la librairie de l’allée des embrumes dont il était devenu un habitué depuis quelques mois, et sans doute allait-il finir par le faire. Cependant, la réserve bien fournie de l’école lui permettait de prendre un peu d’avance en attendant d’avoir un jour de repos et de pouvoir quitter le château.

    « Bouh. »

    Seamus sursauta. Il avait levé sa plume au-dessus du parchemin le temps de poursuivre sa lecture et, dans le mouvement, une goutte d’encre alla s’écraser sur ses notes, formant une tâche disgracieuse au beau milieu d’une phrase. Seamus pesta silencieusement et leva les yeux sur la jeune femme qui le contournait pour venir se placer face à lui. Alice Sullivan. Forcément. Sur tous les surveillants de Poudlard, il avait fallu qu’il tombe sur elle. Entre Seamus et Alice, ça n’avait jamais collé. Ça n’aurait jamais pu coller. Princesse des Serpentards, fière de son sang-pur, Seamus l’avait plusieurs fois surprise à martyriser des nés-moldus. Ou simplement des plus jeunes. Autrefois, elle était tout ce qu’il détestait. Aujourd’hui, rien n’avait réellement changé, si ce n’est qu’il s’était toujours attendu à voir Alice rejoindre les mangemorts, comme chacun de ses camarades de sang-pur arrogants. Pourtant, ce n’est pas ce qu’elle avait fait. Elle avait rejoint l’héritage. Elle l’avait même menée. Depuis Seamus était bien embêté. Parce qu’il aurait bien aimé qu’elle soit un mangemort finalement, pour avoir une bonne raison de la haïr. Mais il n’y arrivait pas. A la haïr. Elle l’agaçait prodigieusement. Il la méprisait pour son comportement d’enfant gâté. Il avait du mal à supporter ses airs qu’elle se donnait. Alors, il ne se donnait pas la peine de lui adresser la parole et, lorsqu’il était contraint de le faire, ne pouvait s’empêcher de la provoquer. Et elle le lui rendait bien. Ils avaient toujours fonctionné ainsi à vrai dire, et Seamus n’était pas sûr de pouvoir communiquer autrement avec elle. A vrai dire, il ne s’était pas réellement attardé sur la question. Il haussa un sourcil devant sa question. Ce qu’il faisait ? Oh, il étudiait simplement la magie noire afin de devenir suffisamment puissant pour se venger du mangemort qui l’avait obligé à torturer sa petite amie. Il aurait bien pu le lui dire, il était certain qu’elle ne l’aurait pas cru. Il n’eut cependant pas le temps de chercher une réponse sarcastique à lui lancer, elle entreprit de fouiller sans ménagement dans son joyeux bordel pour attraper l’un des livres qu’il étudiait. Sans se soucier de conserver la page à laquelle il était bien entendu.

    « Drôle de lecture pour un Bouffondor, lâcha-t-elle. »

    Seamus rageait. Elle était là, à le déranger et lui faire perdre son temps. Et il avait l’impression qu’elle n’avait rien de mieux à faire … il n’était pas près de se débarrasser d’elle.

    « Touche à ton cul, Sullivan. Grogna-t-ill. »

    D’un geste sec, il lança un accio informulé sur son livre qui s’échappa des mains d’Alice pour atterrir sur la table.

    « Et si tu allais chercher quelqu’un d’autres à emmerder ? Je sais pas, trouve toi un première année à martyriser ou un elfe au pire mais fous moi la paix, j’ai pas le temps pour tes conneries tu vois ? Je suis occupé. »

    Il n’espérait pas vraiment que ça fonctionnerait. Elle n’allait pas simplement acquiescer et s’en aller. Ça allait être plus compliqué que ça. Pourtant, sans plus se soucier d’elle, il effaça la tâche qu’elle lui avait fait faire d’un coup de baguette, ouvrit à nouveau le livre qu’il venait de récupérer et entreprit de chercher la page à laquelle il s’est arrêté. L’indifférence, ça fonctionnerait peut-être, après tout. Et puis, si Alice était debout à cette heure, à roder dans les couloirs, c’est qu’elle devait être de surveillance ce matin-là. Elle allait peut-être retrouver sa conscience professionnelle et partir d’elle-même. Ou peut-être se fichait-elle de ces rondes autant que lui et, dans ce cas, elle pouvait rester encore très longtemps.





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Alice Sullivan
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Lun 31 Oct - 22:52


Personne ne devait savoir

On ne force pas le secret. Ou le secret vient comme de lui-même à soi, ou bien le secret vous est interdit.



Seamus ne l’avait pas entendue arriver, ça se voyait. Et il n’avait pas l’air d’apprécier de se faire déranger – ça aussi ça se voyait. À vrai dire, il avait même l’air carrément contrarié. Or, pour Alice Sullivan, provoquer la contrariété chez autrui était une forme de passion. Alors au lieu de la faire se sentir gênée, ce comportement attisa surtout sa curiosité. Quel était l’intérêt pour Seamus de lire ce genre d’ouvrages ? Ce n’était quand même pas simplement pour sa culture générale… Et ce n’était pas innocent non plus. Il ne serait pas là à une heure pareille, sinon, seul dans la réserve dont l’accès était normalement réservé aux professeurs.

Lorsqu’il lui conseilla d’aller emmerder quelqu’un d’autre, comme un élève de première année ou un elfe de maison, la blonde se contenta d’avoir un haussement d’épaules désinvolte. Elle martyriserait les élèves ou les elfes un peu plus tard. Là, tout de suite, c’était lui qu’elle allait emmerder puisqu’elle était habitée par un sentiment de contradiction assez marqué. Il lui avait arraché le livre des mains par magie et elle l’observa nettoyer une tâche d’encre d’un geste de baguette magique. Puis il ouvrit l’ouvrage pour reprendre sa lecture là où il l’avait arrêtée, comme s’il pensait réellement que l’indifférence suffirait pour retrouver la paix.

Alice contourna tranquillement la table pour venir près de lui, éteignant le faisceau lumineux de sa baguette au passage. Elle posa une main sur le dossier de la chaise de Seamus, l’autre sur le bois de la table, puis se pencha vers lui en haussant les sourcils d’un air dubitatif.

« Occupé à quoi, dis-moi ? À parfaire ta culture générale peut-être ? Ne me fais pas rire. »

À d’autres, ouais… Personne ne lisait ce genre d’ouvrages, c’était extrêmement mal vu. Ce n’était pas pour rien s’ils étaient rangés dans la Réserve. Si Rusard leur tombait dessus cette nuit, nul doute qu’ils se feraient engueuler au même titre que des élèves, voire même sanctionnés. Seamus n’était pas assez stupide pour l’ignorer, ou pour avoir des lubies étranges sans raison. Personne ne se penchait sur ce genre de sujets sans raison, d’ailleurs. Alors quelles pouvaient être celles de Seamus Finnigan, ancien Gryffondor sans histoire qui devrait en toute logique se tenir éloigné de la magie noire ?

Alice se redressa et promena son regard sur les livres et les parchemins qui s’étalaient sur la table. C’était probablement là l’élément le plus alarmant : pourquoi diable prenait-il des notes ? À nouveau sans se gêner, la blonde tira à elle un parchemin noirci de lignes d’encre, probablement l’un des premiers que Seamus avait dû remplir. Fronçant les sourcils, elle déchiffra les mots qui s’étalaient sur le parchemin. La plume avait troué le support à quelques endroits, signe probablement représentatif d’une frénésie dont Seamus avait dû faire preuve en recopiant tout ça. Alice ne connaissait pas les magies de sang, mais les mots et les quelques phrases qu’elle survolait pouvaient lui donner une vague idée de la chose. Une forme de magie née de la noirceur, d’une complexité inouïe, parfaitement sordide, et qui nécessitait une forte puissance pour pouvoir être un minimum contrôlée. En d’autres termes, pas le genre de sujet d’étude des plus anodins.

Alice releva les yeux du parchemin pour regarder Seamus. Elle ne savait pas si elle était surtout surprise, perplexe, méfiante ou juste dubitative. Dans tous les cas, elle ne risquait pas de reprendre tranquillement sa ronde sans tirer ça au clair.

« Franchement. Tu peux me dire ce que tu fous à prendre des notes sur une forme de magie pareille ? Toi ? Sérieusement ? »

Un Serpentard issu d'une famille de mangemorts pourris jusqu'à la moelle passe encore, ça serait du moins plus logique, mais quelqu'un comme Seamus... Incompréhensible. D’un geste, elle fit tomber le parchemin sur celui que l'ancien Gryffondor était en train de rédiger, pour l’obliger à s’interrompre.

« Et n’espère même pas pouvoir te débarrasser de moi maintenant que j’ai vu ça. »


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Ven 4 Nov - 12:22
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    Elle l’exaspérait au plus haut point. Elle était là, à lui tourner autour comme un insecte agaçant, l’empêchant de se concentrer et de poursuivre son travail efficacement. Il avait l’impression d’être en présence d’un moustique. Un de ceux qui s’infiltre tranquillement dans le silence de votre chambre pour bourdonner sans état d’âme dans vos oreilles. Un de ceux que vous essayez vainement d’ignorer mais dont le bruit agaçant résonne dans vos oreilles avec insistance. Un de ceux que vous essayez parfois de chasser mais qui évite avec brio toutes vos maigres tentatives d’assassinat. Alice avait dû être une saloperie de moustique dans une vie antérieure.

    « Occupé à quoi, dis-moi ? l’interrogea-t-elle. À parfaire ta culture générale peut-être ? Ne me fais pas rire. »

    Seamus ne se donna pas la peine de répondre. Parce que, premièrement, il n’en avait pas la moindre envie. Et que, deuxièmement, il n’avait pas vraiment de réponse à lui fournir. Il ne pouvait décemment pas lui expliquer ce qu’il foutait là avec ces bouquins de magie noire. Il n’aurait pu l’expliquer à personne, c’était bien trop risqué. Si Hikkins se trouvait mise au courant de la façon dont son employé occupait son temps, nul doute qu’elle le mettrait à la porte sans plus de ménagement. Et si une telle information venait aux oreilles du ministère … il risquait beaucoup plus gros que le simple renvoi. Enfin, si les mangemorts apprenaient ses agissements, et surtout les raisons de ceux-ci, il risquait d’avoir des ennuis autrement plus délicats. Non vraiment, il valait mieux que personne ne soient au courant de tout ça. Et surement pas Alice Sullivan. Elle faisait partie de ces personnes en qui Seamus n’avait absolument aucune confiance. Il n’avait pas vraiment de doute quant à sa réaction si jamais elle apprenait le fin mot de l’histoire. Elle le dénoncerait, il en était à peu près certain. D’ailleurs, il n’était pas exclu qu’elle le fasse dès à présent. Après tout, elle en savait suffisamment pour pouvoir parler. Suffisamment pour qu’une enquête soit ouverte sur lui. Lire ce genre d’ouvrages n’était pas vraiment interdit en soit. Cependant, un simple examen de sa baguette magique révèlerait qu’il ne s’était pas contenté de la théorie. Prenant conscience de la position délicate dans laquelle Alice le mettait en s’incrustant ainsi dans ses affaires, il leva un regard contrarié vers elle, sans songer à l’empêcher de se saisir d’un parchemin empli d’annotations. Par Merlin, n’avait-elle réellement rien d’autre à faire ? A priori non puisqu’elle le questionna à nouveau :

    « Franchement. Tu peux me dire ce que tu fous à prendre des notes sur une forme de magie pareille ? Toi ? Sérieusement ? »

    Seamus haussa un sourcil. Elle ne voyait en lui qu’un sage gryffondor au bon cœur, courageux, surement stupide mais pas du genre méchant pour un sou. N’avait-elle rien compris aux gens ? N’avait-elle rien compris à cette guerre ? Les gens avaient changé. Tous. Les batailles avaient laissé des traces indélébiles, des blessures, le genre de cicatrice qui ne se referme pas et qui laisse ressortir le côté le plus noir de chacun. Il n’y avait pas d’un côté les bons et de l’autre les mauvais. Il y avait des individus, qui tentaient de survivre, qui trouvaient dans cette guerre des motivations plus ou moins égoïstes, plus ou moins avouables. Il y avait des mauvais qui devenaient bons parfois. Et parfois des bons qui devenaient mauvais.

    « Oui, c’est sûr qu’on s’attendrait plus à trouver ce genre de livre chez quelqu’un comme toi. Etonnant n’est-ce pas ? »

    Le sarcasme ne l’amusait même pas. Il n’y avait plus grand-chose qui l’amusait. Et il commençait réellement à s’impatienter. Il posa un regard las sur le parchemin qu’elle venait de laisser tomber devant lui en lui signalant que, désormais, elle n’allait plus le lâcher avant d’avoir eu une réponse à ses questions. Tant pis, si elle ne voulait pas le laisser bosser, alors il serait bien mieux dans ses appartements. Il entreprit de rassembler les parchemins étalés un peu partout sur la table.

    « Ecoute Sullivan, ce que je fais et pourquoi je le fais ne regarde que moi. J’ai une très bonne raison de lire ces bouquins mais, manque de bol, c’est personnel et pour être franc, ça t’ennuierait prodigieusement. Alors mêle-toi de ce qui te regarde, d’accord ? »

    Il avait pris un ton un peu moins léger que ce qu’il avait voulu. A vrai dire, il avait du mal à faire comme si tout ça n’était pas grave, n’était pas important. Contrairement à ce qu’il avait affirmé, il était persuadé que son histoire aurait sacrément intéressé Alice. Une histoire dans laquelle il était la victime ne pouvait que plaire à la blonde. Elle avait l’esprit tellement malsain qu’elle se serait délecté de cette histoire de torture, de haine, de vengeance. Il en était persuadé. Mais il n’allait pas s’amuser à vérifier si Alice était aussi sadique et dérangée qu’il le pensait. Il ne savait pas si elle allait lâcher l’affaire, désormais, mais il continuait de ranger avec soin ses parchemins sans lui accorder plus d’attention que précédemment.



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Alice Sullivan
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Mar 6 Déc - 15:50


Personne ne devait savoir

On ne force pas le secret. Ou le secret vient comme de lui-même à soi, ou bien le secret vous est interdit.



Lorsque Seamus fit remarquer qu’on devait trouver ce genre de livres chez quelqu’un comme elle plutôt que chez quelqu’un comme lui, Alice eut un vague haussement d’épaules. Il disait peut-être ça parce qu’elle était une ancienne Serpentard et qu’elle avait toujours eu un caractère qui concordait parfaitement à la maison de Salazar, mais il se trompait complètement en imaginant le contenu de sa bibliothèque. Ses parents n’avaient jamais été mangemorts et ne comptaient pas le devenir, ils avaient préféré faire carrière dans la finance et cumuler le plus d’argent possible dans leur vie. La politique et l’économie étaient les seules choses qui intéressaient son père ; le luxe et les apparences pour sa mère. La magie noire n’avait jamais fait partie des loisirs de la famille Sullivan, loin de là, et ce malgré le fait qu’Alice tout comme son père aient été envoyés à Serpentard.

Alice était issue d’une famille de sang-purs, mais pas d’une noble lignée. Ses parents ne possédaient pas un illustre manoir familial, mais une villa moderne et ostentatoire à Oxford. Elle avait toujours méprisé ce côté un peu nouveau riches de ses parents, qui avaient tendance à se prendre pour le président et la first lady du monde alors que personne n’en avait rien à cirer d’eux, à part dans leur cercle de contacts. Si Alice n’éprouvait plus aucune affection pour ses parents depuis bien longtemps, elle devait admettre que le fait qu’ils soient riches était finalement bien pratique, tout comme le fait qu’elle soit leur unique fille. Ainsi, elle pouvait disposer de son propre appartement en plein cœur de Londres, non loin de Hyde Park, et compter sur un compte en banque confortable plutôt que de trimer comme la plupart des autres jeunes de son âge.

Seamus finit par rassembler ses affaires. Il devait probablement réfléchir à un autre endroit pour étudier dieu sait quoi, puisqu’il n’était désormais plus tranquille ici. Peut-être allait-il choisir de retourner dans ses appartements, c’était ce qu’il y avait de plus logique pour un surveillant qui souhaitait avoir la paix. Seulement, Alice ne comptait pas lâcher l’affaire pour autant. Quand elle le voulait, elle pouvait être pire qu’une sangsue. Elle avait presque apprit ça de Tess Jekelm, une gosse qui avait toujours tendance à être collée à ses basques et à la considérer comme une amie alors que ça n’avait jamais été le cas. En tous cas, plus que l’empressement dont faisait preuve Seamus en rassemblant ses bouquins et parchemins, c’était surtout le ton qu’il employait qui attisait la curiosité de la blonde. Il avait le ton sec, agressif, presque en colère. Pas le ton sarcastique et ironique de quelqu’un qui n’en a rien à faire, et qui se contente de balancer une petite pique. Non, il y avait vraiment quelque chose. Elle ne savait pas quoi, mais elle comptait bien trouver de quoi il s’agissait.

« Tu penses sincèrement que je suis du genre à me mêler uniquement de mes affaires ? Allons, je pensais que tu me connaissais mieux que ça. »

Elle posa le bout de ses fesses sur la table comme si elle allait s’assoir en attendant que Seamus ait fini de rassembler ses affaires. Elle en profita même pour s’emparer à nouveau d’un des ouvrages, l’ouvrant devant elle à une page au hasard et survolant quelques lignes du regard.

« Ça ne m’ennuierait pas d’écouter tes explications, tu sais. Bien au contraire. Alors vas-y, profite-en, tu as enfin une oreille attentive prête à écouter le récit de tes malheurs. »

Dans un sens, elle espérait bien le voir s’énerver. Si elle continuait de se foutre de sa gueule comme si tout ceci était un jeu, elle avait l’impression que ça allait marcher. Elle n’était pas idiote non plus. Si Seamus Finnigan était amené à s’intéresser à une magie aussi noire que celle-ci, c’est qu’il devait avoir une sacré raison. Et mauvaise, la raison. Alors elle faisait exprès de parler de « malheurs » sur un ton qui sous-entendait qu’un garçon comme lui pleurnichait forcément pour rien, histoire qu’il s’énerve et qu’il finisse par balancer quelques infos croustillantes. Il ne pouvait quand même pas être pris d’une simple et subite envie de devenir mangemort. Non, ça devait être autre chose.

Ayant lu un extrait de la page sur laquelle elle s’était arrêté et qui concernait un sortilège particulièrement complexe à réaliser, elle releva les yeux sur son collègue et haussa les sourcils, faussement désolée pour lui.

« Et tu crois franchement avoir le niveau pour réussir ce genre de choses ? Non parce qu’excuse-moi mais en cours, tu brillais surtout par ton incompétence à effectuer un sortilège ou à concevoir une potion sans faire exploser quelque chose avec, hein. »

Ce qui était assez vrai, d’ailleurs. Se doutant que Seamus allait probablement lui arracher le livre des mains, Alice anticipa en lui tendant l’ouvrage pour le lui rendre avant qu’il n’ait le temps d’esquisser un geste. Quand son regard accrocha le sien, elle eut un sourire presque menaçant.

« Allez, Finnigan. Dis-moi tout ou j’irais prévenir Rogue, voire Hikkins en personne, que je t’ai trouvé dans la réserve en pleine nuit en train de prendre des notes à propos d’une forme de magie que tu ne devrais même pas connaître. Je dirais même que tu t’es montré incroyablement agressif et brutal envers moi lorsque je te suis tombée dessus par hasard, ce qui témoigne forcément d’un comportement instable, inquiétant et même intolérable. Tu n’es plus élève ici, ce n’est donc pas d’une simple retenue que tu écoperas mais d’un renvoi voire même d’un signalement au Ministère. C’est ça que tu veux, Finnigan ? »

Allez, autant passer à la vitesse supérieure.



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