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How can I live without you ?

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Anton Munter
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Lun 19 Mar - 10:26
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Nothing is stronger than a father's love for his son ••• Ce n'était pas évident de parvenir à s'habituer à un nouvel établissement, surtout quand il s'agit de Poudlard. Rien que monter jusqu'à la tour où se trouvent les dortoirs, c'est une véritable épreuve lorsqu'on y a pas été habitué. A cela, il faut ajouter les escaliers complètement tordus, qui aiment changer de direction à la dernière minute, ainsi que les Professeurs dont certains sont carrément arrangés. Heureusement, parmi tous ces inconnus que compte le château écossais, Anton a la chance d'avoir retrouvé deux anciens camarades de Durmstrang. Et même l'un de ses anciens professeurs. C'est toujours cela de pris. Bien que parmi les deux camarades en question, il s'y trouve l'une de ses ex, avec qui les choses ne se sont pas vraiment bien terminées. Cela s'est même terminé très mal, au point que son chien de garde de sœur s'amuse à emmerder le pauvre petit Anton, si innocent. Son début de cursus à l'université magique de Londres, lui a également permis de trouver de nouveaux amis – pour la plupart des potes de beuverie – mais c'est assez rassurant de ne pas être complètement seul.

Au petit matin, après un déjeuner consistant, Anton s'éclipsa vite fait de l'école. Il n'avait pas cours de la journée, mais le sommeil l'avait pourtant quitté très tôt. Difficile de parvenir à dormir quand on attend quelque chose, quasiment avec impatience. Ce n'était pas une impatience dite normale en plus, parce que quelque part, il redoutait également cette nouvelle ou non nouvelle. Jamais personne n'a dit que Anton Munter était quelqu'un de normal. Quelque chose cloche chez ce type et ce n'est pas un petit détail. Il n'est pas du tout sur la même longueur d'ondes que le commun des mortels. Pour certains, il est complètement givré. Quant à d'autres, ils auraient un discours sûrement plus dur à son encontre. Anton est aux antipodes de tous les autres petits bourges de Sorciers qui peuvent peupler cette école. Pour le définir, on pourrait dire que ce jeune homme est un électron libre. Ce qui le résumerait parfaitement bien, sans avoir à entrer dans bien des détails. Mais dans le fond, il n'est pas si mauvais qu'il veut le faire croire. Sinon, il ne se serait jamais levé aussi tôt, pour se rendre dans le village voisin. Ce n'était même pas pour faire les boutiques ou la tournée des bars et apparentés. La raison était plus touchante pour une fois. Un truc qui lui tient à cœur apparemment, sans quoi, il ne serait pas déjà prêt à partir.

Ses hiboux s'envolaient sans aucun problème, mais il ne recevait pas les réponses. Du moins, il ne pouvait pas les recevoir à Poudlard, surtout lorsqu'il s'agissait des courriers envoyés par son père. Pour les réceptionner, Anton devait quitter le château pour prendre la direction de Pré-au-Lard. C'est à la poste que le jeune homme devait se rendre assez souvent, afin de pouvoir lire son courrier. Là bas, qu'importe l'émetteur, les hiboux y sont toujours les bienvenus. Enfin...normalement. Mais Anton n'est pas certain, qu'il n'y ait toutefois pas des fouilles de courrier, afin de s'assurer, que rien n'échappe à la Résistance. Par contre, ce jour-là, il devait y avoir eu un problème. L'animal s'était peut-être gouré en livrant son bien à quelqu'un d'autre. Ce qui devrait être assez embarrassant, bien qu'il ne risque pas de le savoir.

« Mais regardez encore une fois, je vous dis. C'est pour Anton Munter...Munter... »

Il avait répété, au cas où elle n'est pas bien compris la première fois. La pauvre Sorcière chercha de nouveau, mais il n'y avait rien. Alors, avec un petit air désolé sur le visage, elle fit un geste négatif de la tête. L'étudiant dût se rendre à l'évidence, aujourd'hui, il n'aurait pas de nouvelle de son père. Comme la veille et l'avant veille encore. Repartant bredouille, Anton sortit l'air pensif. Bryan répond généralement à chacune de ses lettres, enfin jusque-là, il avait répondu. Il semblait même content que son fils reprenne le contact et lui annonce être de Sang-Pur. Pourquoi ne pas lui avoir répondu à son dernier hibou ? Celui remonte maintenant à deux jours, c'est peu mais quand même assez pour que Anton commence à se poser des questions. Peut-être qu'il a dit quelque chose que Bryan a mal pris ? Visiblement, tous les deux ont grand mal à se comprendre. Le dialogue semble difficile lorsqu'il s'agit d'échanger de vive voix. Quoique, apparemment, en saisissant une plume, ils ne semblent pas plus doués. Et c'était avec cette idée et cette déception naissante, qu'Anton quitta la Poste des Sorciers. Le hibou a peut-être bien été intercepté par les Résistants, qui s'imaginent qu'il y a un double-sens dans les écris de Bryan. Après tout, Levinson est un gros poisson et poison aussi, chez les Mangemorts. Manipulateur de renommé, les gens auraient bien raison de se méfier de lui. Pourtant, s'il y a bien une chose que l'homme semble avoir compris, c'est qu'il risque de perdre son fils à jamais, s'il venait à le manipuler.

Munter s'apprêta à rentrer pour Poudlard, il était décidément trop tôt pour aller boire un whisky à la Tête de Sanglier. Mais il n'eut même pas le temps de penser Quidditch, qu'on l'empoigna brusquement lorsqu'il arriva à la hauteur d'un petit passage entre deux maisons. Quand il se trimbale à Londres, chez l'ennemi, il arrive à ne pas se faire agresser. Et c'est à Pré-au-Lard, là où se trouvent les alliés, qu'on lui rentre dedans sans prévenir. Si c'est encore un coup de l'autre débile de Potter, là Anton va le massacrer. Pas de Nina dans le coin, pas de témoin, ni vue, ni connu, enfin la paix. Mais ça ne pouvait pas être ce moustique, la force du type qui venait de l'extirper de la rue principale était bien trop grande, pour que ce soit l'autre timbré.

« Aoutch. »

Dit-il en se frottant l'arrière de sa tête, qui avait frappé lourdement le mur. Et en posant enfin son regard sur le visage de son agresseur, c'est son père qu'il reconnut. Son père biologique cette fois.

« Bonjour à toi aussi. Tu m'avais caché que t'étais la réincarnation d'Hercule. »

Mais l'humour laissa vite sa place à l'instant présent, qui ne prêtait pas vraiment à rire. Enfin plus à l'endroit où ils se trouvaient. Anton jeta un œil en direction de la rue principale du village sorcier, pour s'assurer que personne ne les ait remarqué. Il n'a pas envie que Bryan soit pris pour cible.

« Mais qu'est-ce que tu fais ici ? C'est dangereux. »

Au pire, s'il fallait se faire discret, il y avait toujours l'appartement qu'Anton partageait avec Hengist. Ce n'est pas un logement étudiant et même s'ils n'y habitent plus officiellement, l'endroit leur appartient toujours, puisque de Woodcroft est le dernier héritier en vie du fondateur même de ce village. Tout lui appartient en quelques sortes. Et les habitants, ainsi que commerçants, ont bien de la chance que ça ne soit pas à Munter, parce qu'il leur ferait payer plein pot. Mais Hengist est plus sympa et ne fait pas parler de lui ou très peu. Il bosse même à la Tête de Sanglier, c'est dire. © 2981 12289 0
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Mar 20 Mar - 23:23
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Nothing is stronger than a father's love for his son ••• Cela ne faisait que quelques jours que Bryan était de retour en Angleterre. Le retour à la réalité était aussi difficile qu'il l'avait imaginé. Il savait que rien ne serait plus comme avant. Conduire l'Inquisitrice sur le bûcher, montrer à la communauté magique toute entière qu'il n'avait jamais cessé d'être un mangemort à la solde de Lord Voldemort, tout cela avait eu pour effet de ruiner ce qu'il restait de sa vie privée. Rose ne lui pardonnerait jamais sa trahison, et Anton le haïrait probablement jusqu'à la fin de sa vie. Après tout, Anton était véritablement son fils, cela ne faisait aucun doute. Il était aussi borné et susceptible que Bryan. Alors inutile de se faire des illusions et de s'imaginer qu'il lui reparlerait un jour. Bien qu'il ne l'avouerait jamais, le mangemort était bien plus affecté que l'on ne pourrait le penser. Il faut croire qu'il avait fini par accepter l'idée qu'Anton ne soit pas aussi parfait qu'il l'aurait voulu. Parce qu'au fond, ce gamin savait se montrer attachant. Il était même parvenu à faire remonter à la surface ce qu'il y avait de bon chez Bryan. Le mangemort voyait en son fils un certain reflet de lui-même. Ils étaient si semblables, et c'est certainement la raison pour laquelle leurs entrevues se finissaient toujours aussi mal. Mais voilà la partie était désormais terminée, perdue pour de bon. Du moins était-ce ce qu'il croyait. Jusqu'à ce qu'il reçoive un hibou des plus surprenants. Il ne s'était pas imaginé une seule seconde qu'Anton reprenne contact avec lui, et encore moins pour lui annoncer que le sang qui coulait dans ses veines était aussi pur que le sien. Là encore, Bryan était peu fier de son comportement d'ordure de service. Certes la conception d'Anton remontait à une époque relativement lointaine, mais tout de même. Comment pouvait-on être irrespectueux au point de coucher avec la femme d'un autre, sans même se soucier de savoir comment elle s'appelle ? A la lecture de cette fameuse lettre, Bryan soupira longuement et son esprit se perdit dans une intense réflexion. Qu'était-il censé répondre à cela ? Est-ce qu'Anton attendait véritablement une réponse de sa part ? Ou penserait-il que si Bryan lui répondait c'était uniquement parce qu'il avait enfin décidé de s'intéresser à lui maintenant qu'il savait que son sang était pur ? Tant de questions qui demeuraient sans réponse. Le mangemort savait que s'il avait le malheur de mal s'exprimer, son fils interpréterait sûrement ses propos de la mauvaise façon. Ces deux-là semblaient toujours faire exprès de ne pas se comprendre. Et puis Bryan était si peu doué lorsqu'il s'agissait de laisser parler ses sentiments, qu'il craignait qu'Anton se foute tout simplement de lui en lisant ses paroles si maladroites. C'est ainsi qu'il écrivit un brouillon, puis deux, puis trois, puis ainsi de suite. Ce n'est qu'au bout d'une bonne heure qu'il fut plus ou moins satisfait de ce qu'il avait fini par écrire et qu'il se décida à envoyer sa réponse. Et puis vint l'attente. Ce moment si long et angoissant, durant lequel il se demanda à au moins un millier de reprises, si Anton aurait su lire entre les lignes et comprendre que son père ne le détestait absolument pas. Bien au contraire. Ce jour-là, Bryan décida de ne pas quitter sa demeure, il ne voulait pas prendre le risque de rater l'arrivée d'un hibou. Faisant les quatre cents pas à travers le manoir, il se retint de justesse de vider d'un trait une bouteille de whisky pur feu. C'était incroyable de voir à quel point cette étrange relation semblait finalement compter à ses yeux. A tel point qu'il s'accrochait férocement aux derniers lambeaux qu'il restait. Après ce qu'il lui parut durer une bonne centaine d'heures, le mangemort reçut une nouvelle lettre de la part de son fils. Et celle-ci s'avèra encore plus bouleversante que la première. Jamais il n'aurait cru compter autant pour Anton. Ni pour quiconque d'autre d'ailleurs. Bryan avait toujours eu si peur de l'attachement et de la déception que cela pouvait entraîner, qu'il s'était toujours tenu sagement à l'écart de toute relation affective digne de ce nom.

Songeant qu'il ne pouvait décemment pas se contenter d'envoyer un nouvel hibou en guise de réponse, c'est ainsi qu'il se mis en tête d'élaborer un plan afin de pouvoir parler avec Anton de vive voix. Afin de s'assurer qu'il sortirait tout de même vivant de cette entrevue en territoire ennemi, le mangemort prit le temps de régler quelques détails. Ce serait très certainement risqué de s'aventurer à Pré-au-Lard par les temps qui courent, mais Bryan n'était plus à cela près. Et puis, il était grand temps de montrer à son fils qu'il en valait la peine. Deux jours après avoir reçu la dernière lettre d'Anton, Bryan était fin prêt à partir et il transplana à Pré-au-Lard sans plus attendre. Il avait remarqué que son fils avait indiqué la volière du village comme lieu d'expédition des lettres. Aussi c'est là qu'il se rendit en premier, dans l'espoir qu'il n'aurait pas à camper devant toute la semaine avant qu'Anton n'y débarque à nouveau. Mais alors que des bruits de pas se faisaient entendre, le mangemort s'empressa d'aller se dissimuler dans la ruelle attenante. Il ne tenait pas à tomber sur une armée de fou furieux appartenant à Grindelwald. Bryan avait bien trop de choses importantes à faire pour pouvoir se permettre de perdre son temps à tuer n'importe qui. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il reconnut la silhouette de son rejeton. Était-ce une lettre de Bryan qu'il tenait si férocement à obtenir de la part de la bonne femme qui s'occupait de la volière ? Non sûrement pas, ce n'était pas le moment de se faire des idées.

Le mangemort attendit encore que son fils reprenne son calme et s'éloigne de la volière avant de lui tomber dessus sans crier gare. Bryan se surprit à sourire en entendant la comparaison qu'Anton venait de faire. Il desserra son emprise et se contenta de poser la main sur l'épaule de son fils.

"Tu n'avais jamais remarqué à quel point j'étais musclé ?"

L'humour était encore la seule chose qu'Anton semblait comprendre chez son père, alors autant en user le plus souvent possible.

"Tu peux bien te douter que je ne suis pas ici par hasard. Dangereux ou pas, cela ne change rien au fait qu'il fallait que je te parle. De vive voix. Sais-tu si la cabane hurlante est surveillée ? On pourrait peut-être aller se réfugier là-bas."

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Anton Munter
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Ven 23 Mar - 18:20
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Nothing is stronger than a father's love for his son ••• Peut-être que finalement, ouvrir son cœur n'a eu que pour effet de repousser son père ? C'était un peu l'idée qu'il avait en repartant de la poste de Pré-au-Lard. Et il en était bien peiné, alors que le commun des mortels et des gens normalement constitués fuiraient Bryan Levinson. Anton ne doit pas avoir le cerveau dans le bon sens, puisqu'il continuait à s'accrocher à cette relation étrange. Une relation destructrice qui, dans laquelle, les deux protagonistes se font autant de bien que de mal. Le côté mentalement instable du jeune homme lui vient bien de ce Mangemort, il n'y a pas de doute là-dessus. Encore faut-il savoir dans quel sens ils pourront évoluer. Une entente parfaite, sans qu'il n'y ait plus jamais de tension ? Ou se déchireront-ils pour de bon cette fois ? En se rendant compte du danger, peut-être que Bryan n'avait pas voulu prendre le risque et c'était une énième pensée du jeune homme à cet instant. Si même son vrai père ne pouvait pas supporter une relation avec lui, qui le pourrait ?

La réponse, il ne tarderait pas à l'avoir. Et ce n'est pas sa tête qui cogna dans le mur, qui eut pour effet de lui remettre les boulons en place. Mais face à lui, se trouvait le Mangemort. Si avec une telle poigne, on aurait pu craindre pour le gamin, qu'il soit en colère après lui, ce ne fut pas le cas, prenant même sa remarque avec le sourire, avant de renchérir sur le ton de l'humour, également.

« C'est vrai que je n'y avais jamais fait attention, mais maintenant que tu le dis. »

Si seulement, père et fils pouvaient se contenter de s'attaquer ainsi, avec humour, sûrement qu'il y aurait moins de tension entre eux. Mais voilà déjà que Bryan voulait parler de choses sérieuses, apparemment. C'est ce que Anton en conclut, alors que son rythme cardiaque s'affola. Puisse-t-il ne pas parler de choses gênantes. Rectification faite, finalement Munter préfère encore parler de choses gênantes, plutôt que d'aborder le sujet qui le fout en rogne à coup sûr. Le sujet qui serait capable de mettre un terme définitif à leur relation naissante et légèrement bancale. Mais quoiqu'on en dise, leur relation à eux, vaut tout l'or du monde, même si des baffes se perdent parfois. Personne ne pourra jamais être aussi proches et complémentaires qu'ils ne le sont. Parce que le patrimoine génétique c'est un truc qui ne s'achète pas et qui ne se vole pas non plus.

Sauf que si, Anton s'apprêtait à lui répondre à propos de la cabane hurlante, il hésita quand même à le faire, se souvenant qu'il s'agit d'un endroit désert, à l'abri des regards. L'endroit idéal pour mettre un terme à la vie de quelqu'un. Et quand bien même qu'il soit un sale morveux avec un caractère de merde, aussi manipulateur que le type en face de lui, Anton n'a toutefois pas la prétention de dire qu'il est capable de rivaliser avec Bryan niveau magie noire, de un. Puis, aussi pourri que ce jeune homme puisse être, jamais il ne pourrait jeter, ne serait-ce, qu'un seul sort sur son père. Qu'importe qu'il ne l'ait pas lui-même élevé, il ne peut oublier que c'est grâce à lui s'il se trouve sur cette planète aujourd'hui. Et à ses yeux, toute créature mettant fin aux jours de son géniteur, ne mérite même pas de continuer à vivre.

« Je n'ai vu personne y traîner en venant. Si tu préfères, il y a aussi mon ancien appartement. Là, il n'y a aucun risque de croiser quelqu'un. Mais avant, tu ne peux pas sortir comme ça dans la rue. »

Non n'ayez pas peur, Bryan semblait être vêtu convenablement et il n'avait rien d'un nudiste. C'est juste qu'à visage découvert, il risquerait d'attirer l'attention des Dissidents et Résistants du coin. Voilà pourquoi Anton retirait sa veste à capuche pour la lui tendre, bien que dans un premier temps, il allait la lui mettre, mais s'est ravisé aussitôt. Ce serait étrange, gênant et flippant, d'habiller son propre père quand même.

« Enfile-ça, avec la capuche, personne ne te reconnaîtra. »

Le risque zéro n'existant pas, le jeune Sorcier préférait être prudent, bien qu'il allait tout de même s'isoler avec un meurtrier, ayant déjà assassiné une partie de sa famille - le fils n'a pas fait mieux récemment. Quelque part, pourtant, le doute persistait mais Anton n'est pas le genre de garçon à rester avec ses interrogations plein la tête. Cela le rendrait encore plus fou qu'il ne l'est réellement. Il ne faudrait pas qu'il passe pour un taré notoire. Pourtant, s'il est si sûr que cette idée d'attenter à ses jours, a déjà traversé l'esprit de son père, c'est parce que lui-même envisage d'ôter la vie à quiconque viendrait d'initier entre eux deux. Il n'est donc pas utile de répéter que leur relation est vraiment super bizarre.

« Juste une question avant de te suivre. Je veux juste être sûr d'une chose. »

Il laissa ses paroles en suspend, cherchant la meilleure façon de formuler sa question, sans que Bryan ne risque de le prendre de travers. S'ils se ressemblent autant qu'il peut le penser, à coup sûr le Mangemort présent démarre aussi au quart de tour, quand il entend le contraire de ce qui lui est réellement dit.

Si le jeune Sorcier avait regardé le sol pendant un moment, cherchant ses mots, une fois ceux-ci trouvaient, il releva la tête pour planter son regard sombre dans celui de son père, qui l'est tout autant que le sien.

« Si tu ne m'as pas écrit avant que je le fasse...c'est que tu n'as pas eu le temps ? Mais pas parce que tu avais honte de moi ? »

Le dire à haute voix était différent que de le penser. C'était plus vrai, plus douloureux aussi, le faisant même quitter le regard de Bryan quelques instants. Cela témoignait de l'importance de cette relation bizarre pour lui. Alors, pendu aux lèvres de son père, il n'attendait plus qu'une seule réponse. Angoissant limite aussitôt sa question posée.
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Sam 24 Mar - 12:16
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Nothing is stronger than a father's love for his son ••• Bryan avait passé la plus grande partie de sa vie à être un mangemort. Autrement dit, il n'avait jamais eu beaucoup d'occasions de se comporter comme un être humain tout à fait normal et rationnel, comme un père qui rendrait visite à son fils pour s'assurer qu'il aille bien en ces temps de troubles. Il souffrait d'un véritable manque d'expérience en la matière. C'était sûrement la raison pour laquelle Bryan avait empoigné Anton aussi brutalement, comme il l'aurait fait avec l'une de ses victimes. Son fils ne manqua d'ailleurs pas de lui faire remarquer qu'il y était allé un peu fort.
Songeant qu'il devait probablement être surveillé depuis qu'il avait transplané à Pré-au-Lard, le mangemort se dit qu'il valait peut-être mieux qu'il évite tout simplement de poser à nouveau la main sur Anton. Si les sbires de Grindelwald et Dumbledore venaient à penser qu'il essayait de tuer son gamin, ils lui tomberaient dessus instantanément. Bryan avait imaginé sa mort à des centaines de reprises, et il en était arrivé à la conclusion que certaines fins de vie valaient mieux que d'autres. S'il devait se faire assassiner, alors autant que ce soit de la main de Lord Voldemort. Mais alors qu'il proposa à Anton d'aller poursuivre leur discussion dans la cabane hurlante, il eut l'impression d'avoir à nouveau dit quelque chose qu'il ne fallait pas. Le visage de son fils affichait une drôle d'expression, que Bryan ne parvenait à identifier. Le mangemort ne voyait absolument pas en quoi un lieu aussi glauque et décrépit que la Cabane Hurlante pouvait déplaire à Anton. Il s'était persuadé que son enfant avait les mêmes attirances tordues que lui. Mais après tout, ils ne se connaissaient pas si bien que cela. Bryan émit alors la supposition qu'Anton avait dû se faire larguer par une de ses copines dans la Cabane Hurlante et que c'était pour cette raison qu'il ne voulait pas y retourner. C'était bien ce que pensaient tous les parents quand ils voyaient leurs enfants tristes, non ? Ils se disaient qu'ils devaient avoir des problèmes avec leur copain ou leur copine. En tout cas, c'est ce que Bryan avait toujours entendu dire. Enfin bref, il ne tenait pas à s'attirer les foudres d'Anton en se mêlant une nouvelle fois de ce qui ne le regardait pas. Aussi se contenta-t-il de la fermer pour une fois.
Mais alors qu'Anton lui suggéra d'aller jusqu'à son ancien appartement, Bryan se sentit légèrement mal à l'aise. C'était comme une invitation à entrer dans la vie privée de son fils. Et il ne s'était pas vraiment attendu à cela. C'était si soudain, si spontané. Il ne savait pas trop comment réagir. Anton semblait placer de grands espoirs en leur relation, et Bryan avait secrètement peur de tout faire foirer à nouveau. Parce que c'est ce qu'il faisait toujours. Avec tout le monde.

"D'accord, allons chez toi si tu préfères. Mais qu'est-ce qui ne va pas avec ma tenue ?"

L'air perplexe, Bryan se regarda de la tête aux pieds et ne semblait pas comprendre ce qu'il avait encore fait de mal. Il avait pourtant laissé son masque de mangemort à la maison et arborait une cape noire tout à fait normale. Avait-il loupé une nouvelle mode ? Son fils allait-il se mettre à le traiter de ringard ? Apparemment oui. Alors qu'Anton se mit à enlever sa veste et à faire un pas dans sa direction, Bryan eut l'impression qu'il était sur le point de l'habiller. D'accord, il avait atteint un certain âge, mais il n'était pas encore un vieux grand-père incontinent, comme Dumbledore. Il pouvait encore se vêtir tout seul. Heureusement, Anton sembla se raviser et lui tendit sa veste, expliquant enfin qu'il ne voulait tout simplement pas que quelqu'un le reconnaisse. Soulagé, le mangemort se détendit instantanément et laissa échapper un léger rire.

"Merci. L'espace d'un instant, j'ai cru que tu avais honte de ton père."

Bryan enfila la veste et rabattu la capuche sur sa tête. Il était prêt à se remettre en route et à suivre son fils jusqu'à son ancien appartement. Mais voilà qu'Anton reprit la parole d'un ton quelque peu mystérieux. Le mangemort le regarda d'un air sceptique et se demanda pourquoi il avait besoin d'autant de temps pour poser sa question. Son fils releva alors le regard et vint le planter dans le sien. Puis sa question tomba, comme un couperet. Si Bryan s'était senti mal à l'aise quelques instants plus tôt, que dire de ce qu'il ressentait à présent ? Il n'avait jamais songé que son comportement puisse avoir autant d'influence sur Anton. Tout comme il n'avait pas non plus souhaité blesser son fils de la sorte. Encore une fois, il semblait y avoir un énorme malentendu entre eux deux. Bryan baissa la tête à son tour et soupira avant de répondre.

"Comment peux-tu imaginer une chose pareille ? Enfin, je sais, c'est probablement ma faute si tu t'es imaginé que je pouvais avoir honte de toi. Mais… c'est tellement loin de la vérité."

En signe de sa nervosité, Bryan passa une main dans ses cheveux et chercha à éviter le regard d'Anton.

"C'est juste que…Je croyais que tu me haïssais et que tu ne voulais plus jamais entendre parler de moi. Alors je me suis dit que c'était peut-être mieux que je te laisse tranquille."

Bryan sortit de la poche de son jeans un paquet de cigarettes et en alluma une. Il avait pleinement conscience que c'était un truc de moldus, mais cela faisait déjà quelques semaines qu'il n'avait trouvé que cela pour l'aider à maîtriser ses nerfs.

"Si tu es prêt à me laisser une chance, je veux bien t'expliquer tout ce qu'il s'est passé."


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Anton Munter
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Jeu 29 Mar - 20:27
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Nothing is stronger than a father's love for his son ••• C'était déjà énorme que Bryan ait fait le déplacement, malgré la dangerosité de l'endroit, juste pour lui. Anton s'en rendait compte, comme souvent il se rendait compte que son comportement n'était pas adéquat. Mais c'est toujours après coup, malheureusement. Il a du mal avec tout ça et malgré le fait qu'il soit conscient que son père biologique ne soit pas forcément monsieur tout le monde, il continue d'espérer qu'un jour ça aille mieux. Parfois, il s'en veut d'espérer autant, puisque les choses ne sont jamais simples entre eux. Il préférerait que ce soit plus accessible comme relation, moins gênant et moins pesant. Sauf que visiblement, le fils a pris énormément de défauts du père. Au moins, il s'en rend compte et finit par l'accepter, c'est mieux que rien. Les regrets font partis de son quotidien aussi. Souvent, après une de leur énième dispute, Anton ressent de profonds regrets, pour ne pas avoir dit ou fait, ce qu'il avait envie, en temps et en heure. C'est idiot, parce qu'il lui suffirait d'oser sauter le pas, au moins une fois. Et on ne parle pas de lui rouler un patin, mais juste de vraiment lui ouvrir son cœur, sans en refermer la porte dans la foulée, limite à double-tour, pour qu'il ne puisse plus y accéder.

Et à d'autres moments, bien qu'ils parlent la même langue tous les deux, les mots de l'un ne veulent pas forcément dire la même chose dans la tête de l'autre. On pourrait mettre ça sur le fait qu'Anton soit natif de Bulgarie et, qu'il a appris l'Anglais sur le tas, en arrivant au pays. Mais ses tournures de phrases peuvent avoir l'air étrange, pour quelqu'un dont c'est la langue natale. Chose qui arrive particulièrement, lorsqu'il est gêné. Le fils venait d'ailleurs de faire naître des doutes dans l'esprit de son père, par rapport à sa tenue. Bêtement, le bras tendu avec la veste dans la main, pour que Bryan l'attrape, Anton semblait si surpris que le Mangemort puisse croire qu'il avait honte de lui, qu'il mit un laps de temps plutôt long avant d'enfin lui répondre.

« Non. Je n'aurai jamais honte de toi. Sauf si tu venais à te promener en sous-vêtements avec un sac poubelle sur la tête. Je serai gêné, ça c'est certain, mais je n'aurai pas honte... Ne pense pas que j'ai envie de te voir en sous-vêtements. A moins que tu veuilles me montrer tes gros muscles. »

Puisqu'il s'enterrait dans des explications de plus en plus bizarres et qu'il ne voulait pas finir par se mettre à parler Bulgare en prime, Anton préféra terminer avec humour. C'est visiblement, quelque chose qui parvient à bien passer entre eux. Toutefois, le plus jeune des deux Sorciers, voulait s'assurer qu'il ne courait pas à sa perte en suivant son père dans un endroit désert. Il n'a pas l'intention de mourir maintenant et ne sait toujours pas vraiment ce que Bryan peut bien penser de lui. Faire confiance à cet homme, sans qui il ne serait pas là à l'heure actuelle, ou se méfier de la réputation de ce Mangemort qui, selon beaucoup, n'a aucune pitié. Visiblement tout aussi mal à l'aise avec cette conversation, son père semblait être dans la même impasse que lui. Devoir peser ses mots, pour ne pas risquer de froisser l'autre. C'est une véritable prise de tête, mais Levinson a l'avantage de parler cette langue depuis sa plus tendre enfance. Il risque moins de faire des boulettes aussi mémorables que celles de son fils.

Enfin la réponse tomba et le rythme cardiaque accéléré du plus jeune, ne ralentit pas tout de suite. Il était resté comme pendu à ses lèvres, pour bien comprendre ce qu'il lui disait. Et si la crainte de n'être qu'une décevante fabrication venue du plus profond de son être, s'était emparé du gamin, un poids disparut aussitôt de sa poitrine. Les paroles de son père pouvaient bien être maladroites, cette fois le jeune Bulgare les avaient saisi. Peut-être fut-il trop rassuré, au point de dire directement ce qu'il pensait.

« Merci..tu me rassures. Je croyais que tu étais déçu parce qui était sortie de tes...comment qu'on dit par-ici ? »

Il n'avait pas le mot, mais heureusement, sinon le pauvre Bryan serait sûrement choqué de l'entendre ainsi lui parler de cette façon. Enfin savoir que son père voulait le laisser tranquille, ne le rassurait pas. Quelque part, ça l'embêtait. Ce qui l'embêtait c'est que son géniteur ait pu penser qu'il ne veuille plus le voir et qu'il le haïsse. Bon, il est incapable de réellement lui dire ce qu'il a sur le cœur, mais ce qui est sûr et certain, c'est qu'Anton ne parvient pas à le haïr. Son père l'énerve souvent. Il les lui casse sévère. Mais ce n'est pas pour autant que le fils qu'il est, parvient à le détester ou alors juste trente secondes, à tout casser. Alors mieux que des mots, que le Bulgare pourrait ne pas avoir en sa possession, il fit un pas en avant et finit par prendre l'homme devant lui, dans ses bras l'embrassant presque furtivement sur la joue au passage. Son cœur battait vite, évidemment, ce n'est pas habituelle comme situation de sa part. Il déglutissait même difficilement, ne sachant pas trop la réaction qu'aurait Bryan face à ce geste de sa part.

« Je suis incapable de te haïr, parce que je crois, qu'en fait...je t'aime. »

Mais le naturel revenant vite au galop, discrètement, Anton tentait de tirer sur le bas de sa veste, que son père portait, afin de la baisser un peu. Il lui aurait bien attrapé la cape pour la rouler en boule, mais le Mangemort risquerait de se taper l'affiche, s'il se retrouvait avec une grosse bosse dans le dos. Tant pis. Il finit par le relâcher, essayant de ne surtout pas croiser son regard, mais s'orienta déjà vers la rue principale.

« Mon appartement est par là-bas. »

Il cherchait à quitter la ruelle au plus vite, afin de rejoindre cet endroit où ils seront peut-être plus confortablement installés. Peut-être plus à l'aise aussi, même si c'est déjà moins certain. Ce qui est sûr, c'est qu'aucune paire d'oreilles ne pourra les entendre. Et ça, c'est une chose bien rassurante pour le gamin qui s'assurait que son père lui emboîte le pas. Ce n'était pas très loin de leur position actuelle, alors il ne fallait qu'une petite poignée de minutes, à peine, pour s'y rendre. Le bâtiment avait l'air d'une maison bien plus haute que large. Mais une fois à l'intérieur, l'espace était beaucoup plus appréciable. Anton grimpa l'escalier qui tournait sur lui même.

« Monter ici quand tu as un peu trop bu, je te jure que c'est pas facile. Une fois, j'ai réussi par dévaler toutes les marches jusqu'en bas. »

Après plus d'étages qu'il ne faut, une porte se trouva devant eux. Un peu mal à l'aise, pour ne pas changer, Anton se retourna vers son père. Il sait que Bryan est habitué au luxe et l'appartement, même s'il est plutôt très confortable, n'a vraiment rien à voir avec son manoir.

« C'est vraiment pas aussi grand que chez toi, mais si tu veux y rester quelques temps, tu es le bienvenu. »

Il finit par ouvrir la porte, se mettant de côté, pour le laisser passer devant lui. Tous les meubles s'y trouvaient encore, parce qu'autant Hengist que lui-même, n'ont pas eu le cœur à le mettre à louer. Ils le gardent pour les périodes de vacances, quand il n'est plus possible de rester à Poudlard.

« Fais comme chez toi, tu peux te déshabiller si tu veux... Ah, si un chartier rapplique en t'insultant, ne fais pas trop attention. Il te suffit de l'engueuler en l'appelant par son nom, il te foutra la paix. C'est Brybry. »

Aussitôt, Anton se figea sur place en se rendant compte de sa nouvelle boulette et pour fuir un éventuel regard assassin, il se dépêcha de se rendre dans la pièce d'à côté, espérant que son père n'allait pas l'y suivre pour lui demander des comptes.

« Tu veux boire quelque chose ? »

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Dim 8 Avr - 17:52
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Nothing is stronger than a father's love for his son ••• Leur dernière entrevue s'était terminée de façon si froide et brutale, que Bryan ne se serait jamais attendu à de telles retrouvailles. Alors qu'il se retrouvait très probablement cerné d'ennemis tapis dans l'ombre et attendant sagement qu'il commette le moindre faux pas pour l'abattre, le mangemort ne pouvait s'empêcher d'apprécier l'instant présent. L'atmosphère entre le père et le fils paraissait enfin si détendue, si sereine. C'était à croire que Bryan était en train de rêver. Cela faisait déjà plusieurs minutes qu'ils étaient ensemble et aucun des deux n'étaient encore parvenu à blesser l'autre. Plus surprenant encore, ils multipliaient les plaisanteries comme deux vieux amis de longue date. A tel point que cela finit presque par en devenir gênant. Anton sembla commencer à s'emmêler les pinceaux et Bryan était bien trop maladroit pour l'aider à se sortir du pétrin avant qu'il ne finisse sa drôle de tirade.

"Je crois qu'il vaut mieux que l'on évite de se montrer nos sous-vêtements. Ce serait un peu étrange. Mais si un jour on va à la piscine ou à la mer ensemble, tu verras mes muscles."

Le niveau de sa réplique ne volait pas beaucoup plus haut, mais au moins Anton se sentirait moins seul dans le club des mecs à l'humour pourri. Et puis en définitive, ce qu'il fallait retenir des paroles du jeune homme c'est qu'il n'aurait jamais honte de son père. Et ça, c'était un précieux cadeau pour quelqu'un comme Bryan, qui du haut de ses années avait commis les pires horreurs.

Anton semblait être un garçon assez intelligent et relativement bien instruit. Même s'il n'était pas né en Angleterre, il maîtrisait la langue du pays à la perfection. Du moins, Bryan n'avait jusqu'alors jamais remarqué que son fils avait un accent particulier. A vrai dire, au début de leur relation, le mangemort s'était plus intéressé à la nature de son sang qu'à ses origines. Et étant donné que le jeune homme ne faisait jamais aucune faute, il lui aurait été parfaitement impossible de prétendre avec certitude qu'Anton avait grandi en Bulgarie. Mais alors que le stress semblait s'emparer du jeune homme, ses paroles se faisaient soudain plus confuses et Bryan cru halluciner l'espace d'un instant. Anton avait-il bien essayé de dire ce que son père croyait avoir compris ? Incroyablement gêné, le mangemort détourna le regard et tâcha de ne pas se remémorer la nuit de la conception d'Anton. Mais avant même qu'il ne puisse chercher quoi lui répondre, son fils revint à la charge en le prenant dans ses bras. Venait-il d'essayer de l'embrasser sur la joue ? Par chance, Bryan avait une peau relativement insensible, qui ne rougissait jamais. Sinon, il y avait fort à parier que son visage aurait été rouge écarlate en cet instant précis. Le mangemort ne s'attendait absolument pas à cette effusion de sentiments, qu'il était persuadé de ne pas mériter. Ne sachant trop que faire, il lui rendit son accolade, et réfléchit à ce qu'il pourrait lui répondre en retour.

"Merci, c'est gentil. De ne pas me haïr."

Encore une fois, il remportait haut la main le premier prix du mec incapable de s'exprimer normalement, lorsque quelqu'un parvenait véritablement à toucher sa sensibilité. Il avait si peur de la sensation amère du rejet, qu'il lui semblait impossible de se livrer à qui que ce soit. C'était exactement ce côté si froid et distant qui déjà à l'époque avait mis fin à sa relation avec Madalina. Les gens ont beau être attachés à vous, mais si vous ne leur témoigniez jamais rien en retour, ils finiront tôt ou tard par se lasser.

Sans un mot supplémentaire, Bryan suivit Anton jusqu'à son appartement, jetant quelques regards discrets aux alentours, afin de s'assurer que personne ne leur tomberait dessus. Il s'amusa de la plaisanterie de son fils à l'égard de l'escalier peu avenant qui menait à son logement.

"Il va falloir que je t'apprenne à marcher alors. En ayant trop bu, je veux dire. Parce que visiblement, on t'a déjà appris à marcher."

La maladresse du mangemort reprenait de plus belle. Il se rendait compte qu'il avait certainement manqué les moments les plus importants dans la vie de son fils. Et aujourd'hui, il essayait de se rattraper du mieux qu'il pouvait.

"Ne t'en fais pas, je passe suffisamment de temps dans des manoirs sans âme. Ton appartement est peut-être petit mais il a l'air d'avoir du charme. Et puis tant que tu n'es pas marié et n'as pas d'enfants, tu n'as pas forcément besoin d'une grande maison."

Bryan tâcha d'ignorer la mauvaise formulation des propos d'Anton. Son fils ne souhaitait certainement pas l'inviter à se déshabiller mais plutôt lui proposer d'enlever sa veste. Du moins était-ce ce que le mangemort espérait. Sinon, il allait bientôt finir par penser que son fils avait une sorte de complexe d'Œdipe totalement flippant à son égard. Mais c'est plutôt la suite des paroles d'Anton qui laissèrent Bryan sans voix. Un chartier qui portait le nom de Brybry… Était-ce censé être une allusion au mangemort ? Parce que soyons bien clair, personne n'avait jamais eu l'audace de l'appeler ainsi. Du moins pas en sa présence. Et puis les chartiers n'étaient pas non plus les animaux les plus sympathiques qui soient. Mais contre toute attente, au lieu de s'insurger contre l'impolitesse de son fils, Bryan ressentit un étrange sentiment de culpabilité. Si Anton avait nommé son animal ainsi, c'était certainement parce que le comportement merdique de son père avait fini par le pousser dans ses retranchements. Ainsi, lorsque le jeune homme se volatilisa dans la pièce d'à côté, le mangemort l'y suivit. Il détailla longuement son fils du regard, tâcha d'ignorer l'accélération de son rythme cardiaque, prit une grande inspiration et se décida enfin à prendre la parole.

"Tu sais, je t'aime aussi, Anton."

Ses mains tremblaient, son cœur battait à toute vitesse.

"Et c'est incroyablement étrange de te dire ça, parce que je crois bien que c'est la première fois de ma vie que ces mots sortent de ma bouche. J'aurais probablement dû te le dire plutôt. Tout comme j'aurais dû te raconter la vérité à propos de l'Inquisition. Je n'ai jamais voulu te mentir, mais j'avais une version officielle que je pouvais aisément servir à tout le monde. Te tenir au courant de mes plans, de ma mission, c'aurait été te mettre en danger. Et ce n'est pas ce que je voulais. Tu es mon fils, et je me dois avant tout de te protéger."

Bryan avait désormais le souffle court. Avouer tout ceci, dévoiler tout ce qu'il avait sur le cœur était une sacrée épreuve pour lui.

"Je crois que j'aurais bien besoin d'un whisky pur feu."


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Anton Munter
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Lun 9 Avr - 12:47
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Nothing is stronger than a father's love for his son ••• Pour la toute première fois depuis qu'il a rencontré Bryan, Anton avait l'impression d'enfin l'avoir son papa. Ils parvenaient à parler, sans chercher à se détruire. Sans se piquer à vif. C'était inespéré pour le fils. Quand il a écrit son hibou, c'était les mains tremblantes qu'il avait laissé l'animal s'envoler. Un mélange de sentiments étranges s'étaient emparés de lui. Anton avait alors craint de ne pas recevoir de réponse, mais en même temps, il craignait en avoir une. Tout comme il avait peur que Bryan le rejette et à l'opposé qu'il l'accepte. La peur que s'il voulait apprendre à le connaître plus, il serait déçu. Parce qu'Anton a beau se montrer toujours sûr de lui, ce n'est pas du tout ainsi qu'il est dans le fond. C'est un garçon perdu, persuadé qu'il ne vaut même pas la peine qu'on s'y attarde. Alors, que son père ait fait le déplacement rien que pour lui, ne pouvait que le rassurer. Mais évidemment, s'il n'avait pas fait de boulettes en lui parlant, ça n'aurait pas été drôle. Pourtant Bryan semblait plus s'en amuser, que s'en offusquer.

« Je prend note que tu me proposes de partir en vacances avec toi. »

Il s'agirait là de quelque chose qui le toucherait, c'est bien vrai. Passer un peu de temps avec son père. Rien que tous les deux, sans se soucier du reste. Apprendre enfin à se connaître, parce qu'ils ont loupé tellement d'occasion. Dix huit ans, ce n'est pas rien. C'est d'ailleurs toute la vie d'Anton qui avait subitement décidé de s'adoucir, tout du moins avec son père. Il était tellement bien placé pour savoir que la vie pouvait s'arrêter en un geste de baguette, que c'était la raison qui l'avait poussé à prendre Bryan dans ses bras, en lui dévoilant les sentiments qu'il ressentait pour lui. A ce moment-là, il n'attendait sûrement pas à recevoir la même chose venant du Mangemort, mais il ne s'en offusqua pas, profitant simplement de l'étreinte qui lui était rendue. Profitant de cet instant qu'il n'aurait pas connu, s'il ne s'était pas fait violence pour reprendre le contact. Alors, pour une fois, ce n'était pas des regrets qu'il ressentait. Bien heureux d'avoir fait le premier pas, pour briser ce trop long silence entre eux. Il finit par sourire à la réponse de Bryan, qui le remerciait simplement de ne pas le haïr.

Anton savait que s'il venait par parler, il ferait une boulette qu'il regretterait sûrement amèrement par la suite. C'est pour ça, qu'il n'avait rien dit de plus, partant en direction de son appartement. Le jeune homme espérait que son silence ne soit pas mal interprété, d'où le fait qu'il trouva à parler de l'escalier un peu bancal, menant chez lui. Sa gorge se noua presque et il eut l'impression que son cœur se serrait dans sa poitrine quand le Mangemort reprit la parole. Quelque part, il sentait les propres regrets de son père, que de ne pas avoir eu l'occasion de l'élever lui-même. Et Bryan ne se doute sûrement pas, de combien de fois son fils a seulement rêvé avoir grandi auprès de lui. Sentiment destructeur, alors que la situation ne pourra jamais changer. Tout du moins, leurs passés ne seront jamais communs malheureusement.

« Il y a tellement de choses que tu peux encore m'apprendre. »

Marcher ou parler, c'est un peu tard. Mais pour le reste, Bryan pourrait largement le modeler à son image. Il pourrait en faire ce qu'il veut, parce que même si Anton est complètement buté, s'il obtient ce qu'il désire le plus au monde : c'est-à-dire, son père pour lui tout seul, il fera n'importe quoi pour qu'il soit fier de lui. Parce que le jeune Sorcier est différent en présence du Mangemort. Moins hautain, moins arrogant et tout de suite plus affectueux voir tactile, alors qu'en temps normal, il déteste toucher les autres ou être lui-même touché.

Devant la porte de son appartement, il se sentait tout de suite terriblement angoissé à l'idée de laisser son père découvrir son intimité. C'est généralement en entrant chez quelqu'un, qu'on le juge. Et la peur d'être mal perçu par Bryan, commençait à s'emparer de lui, au point qu'il avait trouvé judicieux de le mettre en garde. Mais pour une fois, l'homme s'était montré rassurant avec lui, même si le mot marié venait de rebondir dans la tête du jeune Sorcier. Il ne lui en a pas parlé, parce qu'il ne pouvait pas le faire à l'écrit. On annonce pas une chose comme ça dans une lettre. Mais pour ne pas trop paraître perturbé, Anton finit par sourire en entrant dans l'appartement.

« Ne t'en fais pas, tu ne seras pas grand-père avant bien des années. Je ne suis déjà pas capable de m'occuper de moi-même tout seul, je vais pas imposer un père aussi tordu que moi à des enfants. »

Il décida de ne pas parler du mariage tout de suite, ne sachant pas comment amorcer le sujet. Peut-être que l'occasion se présentera un peu plus tard. De toute façon, venant de faire la boulette à propos de Brybry le chartier, ce n'était peut-être pas la meilleure chose à faire que d'en parler maintenant. Alors aussitôt, le fils s'était éclipsé dans la cuisine. Mais Bryan l'y retrouva bien vite. Tentant de ne pas croiser son regard, Anton remarquait quand même son air étrange. Est-ce qu'il lui en voulait à ce point pour l'animal ? Est-ce qu'il tremblait d'envie de lui en coller une ? Sur le moment, Munter voulut lui présenter ses excuses, mais il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche, que son père prenait la parole. Et là, en entendant les mots prononcés par Bryan, le fils manqua de peu de faire tomber le verre qu'il tenait dans les mains. Relevant les yeux vers le visage de son géniteur, il était incapable de dire quoi que ce soit. Surpris, étonné et profondément touché, voilà qu'il se surprenait à en avoir les larmes aux yeux. Chose qui n'arrive généralement jamais avec lui. Mais Bryan venait de réussir l'impensable en brisant cette carapace qu'il s'est lui-même forgé. Chaque mot prononcé résonnait en lui, comme s'il y avait de l’écho. Son cœur battait vraiment très vite et il éprouvait beaucoup de mal à reprendre ses esprits. Les yeux brillants, il tentait parfois de détourner le regard, avec le secret espoir de ne surtout pas se mettre à chialer. Il reposa bêtement le verre qu'il avait dans les mains, sur l'îlot central, attrapant cette fois-ci la bouteille. Il ne savait plus s'il rêvait ou si tout ce qui était en train de se passer, c'était la réalité. Alors quand Bryan termina en réclamant du Whisky Pur-Feu, Anton lui tendit ce qu'il avait dans les mains.

« Tu veux la bouteille ? »

Il serait bien incapable de servir un verre sans tout renverser à côté. Son père venait de le chambouler complètement. Et puisqu'il s'était à ce point ouvert, balayant d'un revers de main les fausses idées que le fils se faisait, le temps était venu de lui renvoyer l’ascenseur en faisant de même.

« Je ne t'en veux pas, papa. Je ne veux pas que tu sois en danger parce que j'existe. S'il faut continuer à garder le silence sur notre lien, je le ferai même si ça me tue de le faire. Et je suis désolé de ne pas être le fils parfait que tu aurais mérité avoir. Je ne suis pas quelqu'un de bien et j'ai constamment peur de te faire du mal. J'ai toujours été le plus instable et avant de mourir, ma mère m'a dit la réalité avec l'espoir que ça parviendrait à m'apaiser et que je comprendrais pourquoi je ne suis pas comme les autres. Mais ça a été encore pire après. J'avais l'impression qu'on m'avait volé une partie de moi et que je ne savais plus qui j'étais vraiment... Je suis quelqu'un de néfaste pour les personnes auxquelles je tiens. La preuve, je me suis mit à t'aduler avant même de te connaître et, bien trop possessif, j'en suis à te vouloir pour moi tout seul. »

A son tour, Anton prit une longue inspiration, mais cette fois, il ne releva pas les yeux.

« Je n'ai pas non plus été honnête avec toi. Quand tu m'as soupçonné d'avoir quelque chose à voir avec la disparition d'Heather...tu ne te trompais pas. J'ai été blessé par ta réaction, quand je pensais ne pas être de sang-pur, alors qu'elle, elle l'était...mais moi...je te méritais bien plus qu'elle. »

Pour la première fois de sa vie, Anton mettait des mots sur ses défaillances affectives. Il avait l'impression que si Bryan était au courant, il ne prendrait pas peur, mais finirait par le comprendre bien mieux que tous les autres. Pendant un instant, le fils tourna la tête, à la recherche d'un truc à boire aussi, pour le coup, il avait l'impression qu'il n'y aurait que ça pour calmer l'état dans lequel il se trouvait. Il eut bien du mal à saisir une bouteille pour se servir un verre, sans en renverser partout.

« T'imagine pas combien ça fait mal d'être comme ça. Et le pire, c'est lorsque je te parle, j'ai tellement peur de dire quelque chose que tu pourrais mal interprété, que c'est là que je dis le plus de bêtises. Si je venais à te parler dans ma langue natale, tu risquerais de ne pas tout comprendre. »

Il souriait faiblement, essayant par tous les moyens de détendre l'atmosphère. Mais une question le taraudait depuis si longtemps maintenant.

« Si tu avais su que j'existais avant, tu serais venu me chercher ? »

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Lun 9 Avr - 19:25
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Nothing is stronger than a father's love for his son ••• Qui aurait pu croire qu'il y ait un autre être sur terre qui lui ressemble autant ? Bryan semblait réaliser peu à peu qu'il avait avec son fils bien plus en commun que le sang qui coulait dans leurs veines. Outre leur impulsivité et leur côté manipulateur, ils partageaient cette même maladresse sentimentale qui les poussait à parler à demi-mots. En évoquant le fait qu'ils puissent aller ensemble à la piscine ou à la plage, Bryan faisait bien sûr allusion à d'éventuelles vacances en compagnie d'Anton. Mais parce que c'aurait été trop s'avancer, trop prendre de risques que de le dire clairement, le mangemort avait trouvé une alternative pour exprimer ses pensées. Et son fils avait tout de même saisi le sens caché de ses paroles. A bien y réfléchir, Bryan n'était jamais véritablement parti en vacances avec qui que ce soit. Ses voyages à lui consistaient plutôt à rendre visite aux mages noirs étrangers pour les convaincre de rejoindre les rangs de Lord Voldemort. Aussi se dit-il que cela ne serait peut-être pas une mauvaise idée que de partir quelques jours avec Anton. Maintenant que son fils avait passé l'âge des couches et des biberons, ce serait certainement assez tranquille de le prendre avec lui. Et puis soyons honnêtes, il serait probablement moins chiant qu'une femme. Il ne lui demanderait pas de lui passer de la crème solaire dans le dos toutes les cinq minutes, et lorsqu'il aurait faim ou soif, il irait se chercher lui-même de quoi assouvir ses besoins. Et puis, si Bryan avait le malheur de regarder une autre femme sur la plage, ce n'est pas Anton qui le réprimanderait. Il en rigolerait certainement.

" Préviens-moi quand tu auras des vacances scolaires et on essayera de partir loin d'ici. "

Certes les dix-huit premières années de la vie d'Anton étaient derrière lui et ils ne pourraient jamais les revivre ensemble. A moins que Bryan ne vole un retourneur de temps, mais il n'était pas certain que le Seigneur des Ténèbres apprécie. Néanmoins, le mangemort était bien décidé à faire du mieux qu'il pouvait pour montrer à son fils qu'il comptait se rattraper. Sentant une certaine dose d'émotion s'immiscer dans la voix d'Anton, Bryan tenta de l'apaiser sur le ton de l'humour.

" Oui, je peux encore t'apprendre à devenir un vieux con de psychopathe. Je crois que c'est dans mes cordes. "

Mais le sourire du mangemort s'effaça bien rapidement. Alors qu'Anton cherchait à le rassurer sur le fait qu'il n'allait pas engendrer de mini-Munter tout de suite, Bryan eut l'impression que son fils faisait clairement allusion à lui en évoquant l'éventualité d'être " un père tordu ". Parce que oui c'était clairement ce qu'il avait toujours été. Mais l'entendre de vive voix et de la part d'une personne qu'il estimait à ce point-là, cela faisait mal. Même si cela ne lui était pas destiné, Bryan et sa légendaire ténacité étaient persuadés du contraire.

" Je ne crois pas que tu sois aussi tordu que ça. Tu as même l'air plutôt normal en fait. Crois-moi, je côtoie suffisamment de fous pour savoir de quoi je parle. "

A l'instant où il prononça ces mots, l'image de Lord Voldemort lui vint immédiatement en tête. Et puis elle disparut rapidement et fut remplacée par le regard bouleversé d'Anton, que même Bryan ne pouvait ignorer. Il ne s'était pas imaginé que le jeune homme serait aussi touché d'apprendre que son père l'aimait. Bryan pensait être le seul à être encore sous le choc après une telle annonce. Parce qu'à ses yeux, il venait de franchir un énorme pas. Il espérait sincèrement que son fils n'allait pas se mettre à pleurer, parce que franchement, il ignorait comment il conviendrait de réagir. Il n'avait jusqu'alors jamais consolé qui que ce soit. Et il doutait fort d'être doué dans ce genre de situation. Comprenant qu'Anton n'avait pas l'air en état de servir le whisky, Bryan focalisa son attention sur la bouteille et remplit les deux verres. Il faisait mine d'être extrêmement concentré dans ce qu'il faisait et de ne pas voir que son fils avait les yeux larmoyants. Il ne tenait pas à le mettre mal à l'aise. Mais lorsqu'Anton reprit la parole, c'est son père qui failli presque avoir les larmes aux yeux. Depuis qu'il le connaissait, il n'avait jamais songé un seul instant que son fils puisse se sentir aussi mal dans sa peau. Il était si étonné qu'Anton l'estime à ce point-là, qu'il eut besoin de quelques minutes avant de répondre. Il ne comprenait pas que l'on puisse s'attacher à lui, parce qu'après tout, Bryan était un mangemort, il était un monstre. Comment pouvait-on aimer un monstre ?

" Le bien et le mal cela n'existe pas, Anton. On n'est ni parfait, ni foncièrement mauvais. Même Voldemort a une part de bien en lui. Alors ne va pas te mettre en tête que tu n'es pas quelqu'un de bien, que tu es néfaste. Sinon que devrais-je dire de moi ? Regarde-toi, tu fais toujours ressortir ce qu'il y a de bon en moi. Et même si c'est inhabituel, je dois avouer que ce n'est pas totalement déplaisant. Bon d'accord, tu es peut-être un peu possessif, mais tu le tiens de moi, alors je ne vais pas t'en vouloir pour ça. Et puis, il n'y a rien de mal à être différent des autres. Bien au contraire, c'est toujours intéressant de sortir du lot. Alors oui, je comprends que quand on est jeune, on voit les choses différemment, mais si cela peut te rassurer, moi c'est un fils comme toi que je voulais et non pas un gamin aussi banal que tous les autres. "

Les aveux que Bryan avait redoutés arrivèrent finalement. Anton s'était sali les mains par sa faute. Tout ça parce que son père avait été incapable de lui témoigner son affection. Bryan portait lui aussi une part de culpabilité dans la mort d'Heather.

" Il n'est pas utile de revenir là-dessus. Tu as fait ce que tu avais besoin de faire pour te sentir mieux. Je regrette simplement que tu en sois arrivé là par ma faute. "

Le mangemort ne pouvait être véritablement en colère. Il n'avait jamais vraiment connu Heather. En cet instant, Anton semblait tellement au bord du gouffre, que Bryan songea qu'il était temps de prendre sur lui et de faire passer le peu de famille qu'il lui restait avant les mangemorts.

" Peut-être qu'un jour je me mettrais à apprendre ta langue natale, si cela peut t'aider à mieux communiquer avec moi. Mais en attendant, je vais aller dire au Lord et à tous ceux que je connais que tu es mon fils. Et que tout le monde ferait mieux de te laisser tranquille, sinon ils auront à faire à moi. "

Mais alors que Bryan pensait que ses émotions étaient tirées d'affaires, et qu'il pourrait aisément rehausser son masque d'impassibilité, Anton revint à la charge avec une nouvelle question déstabilisante. Le mangemort détourna une nouvelle fois le regard et se passa la main dans les cheveux pour tenter de dissimuler sa nervosité.

" Je serais venu te chercher à la seconde où j'aurais appris ton existence. "


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Anton Munter
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Mar 10 Avr - 17:49
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Nothing is stronger than a father's love for his son ••• Pas de blanc de la part de Bryan, mais une confirmation des pensées d'Anton. Le jeune homme s'était attendu à ce qu'il n'y ait aucune réponse venant de son père pour le sujet des vacances. Mais contre toute attentes, l'homme l'invita même à lui transmettre ses futures dates, afin de s'en aller tous les deux. Le fils n'a aucune idée de ce que pourrait donner, ne serait-ce qu'une soirée en compagnie de ce Mangemort, mais dans le fond, il était persuadé que ça ne serait sûrement pas déplaisant. S'ils se ressemblent à ce point, ils ne peuvent que s'entendre. D'autant plus que Bryan est un homme cultivé, ça se voit à la première réplique échangée avec lui. Alors autant dire que dans la tête d'Anton, c'était le calendrier qui défilait, pour trouver quand les prochaines vacances scolaires auraient lieu.

« Le mois prochain normalement. Mais, il y a aussi quelques week-ends avant. »

Cette fois, aux yeux du jeune Sorcier, c'était de l'acquis. Peut-être pas non plus tous les week-ends, pour éviter que le père finisse par avoir des envies de meurtre par rapport à son fils, mais de temps en temps. S'ils veulent apprendre à se connaître, il faut bien qu'ils commencent par se voir régulièrement, afin d'en apprendre un peu plus l'un sur l'autre. Bien qu'il y aurait toujours quelques regrets sûrement en commun, de ne pas avoir eu l'occasion de passer ces moments ensemble, avant. Durant l'enfance du gamin, c'est toujours là que le meilleur se passe. Les bêtises qui foutent les parents en rogne sur le coup, mais qui finissent par en rire en y repensant. Surtout qu'avec Anton, c'était assez courant les bêtises. Il n'en loupait pas une. Mais Bryan le sortit de ses sombres pensées, en faisant preuve d'humour.

« T'es loin d'être un vieux con de psychopathe. Moi je ne te vois pas comme ça. »

Malgré leurs disputes et toutes les déceptions vécues dernièrement, le fils ne s'est jamais autorisé de penser que son père était un con. Un psychopathe bon, après c'est un terme existant, pour parler d'une pathologie mentale, ce n'est pas une insulte. Mais pour en avoir le cœur net, Anton se tourna vers son père, l'air un peu intrigué.

« Rassure-moi, je ne t'ai jamais dit que t'étais un vieux con de psychopathe ? Il m'arrive de dire des choses que je ne pense pas du tout. Mais s'il me venait la bêtise de te dire un truc pareil, premièrement ne me crois surtout pas. Et deuxièmement, tu m'en colles une. Ne me laisse pas te parler comme ça. »

Parce qu'il ne faut pas se leurrer, sûrement que des disputes, il y en aura d'autres. C'est toujours ainsi dans les relations père-fils. Mais ce n'est pas pour autant, qu'il faut oublier qu'on doit un minimum le respect à ses parents. Et ici, en l’occurrence, à son seul parent encore en vie. La conversation s'orienta vers de potentiels enfants. En toute franchise, Anton y a déjà pensé, l'espace de quelques instants, un coup lorsqu'il avait vu Calvin avec son bébé ou encore Edwin avec son petit garçon. Mais c'était juste pendant quelques secondes, se disant qu'un jour, il aimerait aussi avoir un fils. Pas une fille, parce que même si petites, elles sont amoureuses de leur papa, il finit toujours par y avoir un petit con qui vient leur tourner autour. Pourtant, concevoir des enfants, pour lui, ça ne sera pas maintenant. Pas même avant d'avoir eu trente ans au moins. Pourtant, en se décrivant comme un père tordu, il ne faisait aucunement référence à Bryan. L'homme ne l'a malheureusement pas élevé, il serait vraiment malvenu que le fils s'autorise à insinuer une telle chose.

« Oh ça, c'est parce que tu n'as encore rien vu. »

Rajouta-t-il avec humour. Il ne voulait pas lui faire peur, c'était juste pour détendre l'atmosphère qu'il avait l'impression de sentir un brin pesante. Peut-être n'était-ce que le fruit de son imagination, qui sait ?

Mais dans la cuisine, c'était déjà plus compliqué de ne pas sombrer dans leur conversation. Ils s'étaient ouverts l'un à l'autre et c'était difficile de ne pas se laisser submerger par les sentiments. Ou seulement par tout ce qu'ils ont vécu. Pendant que Bryan s'occupait de verser le Whisky Pur-Feu dans les deux verres, Anton l'observait discrètement. Il avait l'impression que c'était la première fois, qu'il pouvait réellement faire sa connaissance, parce que son père se montrait enfin réceptif à ce qu'il lui disait. Il ne fermait pas brutalement la porte de la discussion, au contraire, le Mangemort donnait même l'impression de le comprendre et de tenter de lui faire voir les choses sous un autre angle.

« Je suis content que tu me fasses assez confiance pour me dire tout ça. Et aussi que tu m'aies laissé une autre chance de pouvoir arranger les choses avec toi. Je savais que tu serais la seule personne capable de me comprendre sans chercher à me juger. »

Anton était profondément touché par chacune des paroles de son père. Tellement, qu'il finit par se confier sur la disparition d'Heather. Il s'était alors imaginé que Bryan se mettrait en colère, mais il ne donnait vraiment pas l'impression de l'être. Au contraire même, il semblait presque s'excuser de l'avoir pousser à agir de cette façon. Baissant la tête, le fils songeait à le rassurer. Ce n'était sûrement pas de sa faute. Anton n'est pas quelqu'un d'innocent, ni même de tout net. Il a ses propres démons et ses cadavres dans le placard.

« Tu n'as pas à regretter, ce n'est pas de ta faute... Ce n'était pas nouveau pour moi. J'avais quatorze ans la première fois que c'est arrivé. Et il y en a eu quelques autres après. »

Évidemment, en portant le nom du Directeur de Durmstrang, l'affaire était vite étouffée et jamais il n'a été inquiété de rien. La révélation suivante de Bryan, venait de l'étonner, tout autant qu'elle lui faisait plaisir. Mais d'un sens, ça ne le rassurait pas vraiment, surtout vis-à-vis du Mangemort.

« Tu n'auras pas de soucis ? Je ne veux pas que tu prennes le risque de te faire torturer ou pire, juste à cause de moi... Je n'ai pas envie de te perdre maintenant. »

Toutefois, son sourire était visible, quand son père se montrait protecteur envers lui. C'est ce que font sûrement tous les géniteurs du monde, mais Anton était touché de l'entendre de sa bouche. Si bien qu'il lâcha la question qui sembla mettre Bryan mal à l'aise. Du coup, craignant la réponse, c'était le cœur battant qu'il l'attendait. Son père serait venu le chercher, c'est tout ce qui lui importe. Même si ça n'a malheureusement pas eu lieu, savoir que ça aurait pu arriver, ne peut que lui faire plaisir.

« Grandir auprès de toi, c'est tout ce que j'aurais voulu. »

Peut-être qu'il aurait été différent ? En quoi ? Il ne saurait le dire. Mais recevoir l'éducation de Bryan Levinson, c'était peut-être différent de ce qu'il a vécu auprès de sa mère et de son beau-père ? Il ne peut pas en être certain, tout comme peut-être qu'il n'aurait pas aimé, sachant que justement, son géniteur avait déjà une famille à cette époque. Le jeune Anton se trouvait un peu perdu dans ses pensées, mais il finit par observer son père.

« Il t'est déjà arrivé de faire un truc, sans en avoir vraiment envie tout de suite ? »

Sa question ne devait avoir aucun sens, sans l'explication qui va avec. Alors Anton contourna l'îlot pour se retrouver en face de son père qui, pour le coup, serait le seul au courant de cette révélation.

« J'ai une petite-amie en ce moment...Nina. Avant que tu ne grimaces ou ne grinces des dents, il faut savoir qu'elle s'est écartée de tous les Maraudeurs, excepté de son père. Quand elle est revenue dans le coin, j'ai été le seul à parvenir à lui redonner confiance en elle... Le problème, c'est que dernièrement, l'autre idiot de Potter a rappliqué en m'accusant d'avoir torturé sa mère. Entre nous, ce n'est pas une invention, mais il est incapable de garder son sang froid, alors c'est lui qui est passé pour le taré de service doublé d'un alcoolique. Bon ça, j'ai un peu poussé Nina à s'imaginer qu'il picolait. Le truc, c'est qu'à un moment, elle a fini par commencer à avoir des doutes. Alors pour éviter qu'elle ne me pose des questions, je l'ai peut-être un peu demandé en mariage... »

Il attrapa l'un des verres que son père avait servi, cherchant comment amorcer la suite. Mais avant toute chose, il trinqua avec Bryan, pour ensuite boire une gorgée de Whisky Pur-Feu, reposant le récipient devant lui.

« Le problème, c'est que ce crétin compte mêler son père à ça. Pas pour m'affronter, de toute façon, le vieux Potter n'a vraiment rien qui puisse me faire peur. Mais pour qu'il me foute les bâtons dans les roues, en parlant à Lupin... »

La question se formait petit-à-petit dans l'esprit du jeune Sorcier. N'est-ce pas Bryan qui lui disait justement qu'il ne fallait pas ennuyer son fils ?

« Ce qui est embêtant, c'est que pour le moment, Nina me fait entièrement confiance et je peux en faire ce que je veux. C'est un atout qui n'est pas négligeable, surtout que c'est une future rédactrice de la Gazette. Et pour faire éclater le clan des Maraudeurs, il n'y a pas mieux... Par contre, seul pour tout gérer, je vais avoir du mal. J'aurais bien besoin de mon père pour me venir en aide. Bien entendu, en contrepartie, je ferai tout ce que tu voudras. Même des choses que je ferais jamais pour d'autres. »

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