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To turn on the light / Sirius

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Albus Dumbledore
Meneur de la Résistance
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Mar 20 Mar - 10:41





Dans un pays en proie aux rixes, les limites avaient tendance à devenir floues. L'urgence des situations donnait au peuple l'illusion de pouvoir dépasser les règles, de s'en affranchir, au point de commettre l'irréparable. Mais les sortilèges impardonnables n'étaient pas un jeu. Ils méritaient amplement leurs appellations et leur banalisation ne devait en aucun cas venir à l'ordre du jour. Les conséquences pour les victimes étaient bien trop imprévisibles que pour prendre ce risque. Albus ne cessait d'ailleurs de le répéter dans ses propres rangs, leur utilisation restait prohibée, quel que soit le problème qui se dresserait devant eux. Sur ce point, son idée était ferme et définitive, il ne commencerait pas à s'abaisser au niveau de l'ennemi. Surtout après avoir vu les dégâts que cela pouvait engendrer. Pour de nombreux sorciers, le pire des trois se révélait être soit le sortilège de la mort, soit le doloris. Sur un point, il n'avait pas tort, qui avait-il de pire que la souffrance absolue, la douleur poussant à la folie ? Surement rien, si n'était l'abolition du libre arbitre. L'impero était à ses yeux, le plus cruel des impardonnables. Le sorcier se retrouvait privé de toutes ses facultés décisionnelles, ne devenant plus qu'un pantin, un jouet, forcé de commettre des actes atroces, qu'il n'aurait jamais fait sans la magie. Certes, le sort n'était pas éternel et une fois libéré, la victime pouvait retourner à sa vie d'avant, sans se retrouver inculpé du moindre crime. Mais était-ce pour autant que tous étaient finis? Le directeur en doutait. Une fois libéré de cette emprise, il restait le plus difficile : l'acceptation. Accepter d'avoir été manipulé, réussir à passer au-dessus et se mettre en paix avec sa conscience. Un acte plus difficile qu'il n'y paraissait, l'aîné des Dumbledore en savait quelque chose, il avait passé des décennies à essayer de s'amender.

Il avait donc parfaitement conscience de l'épreuve que devaient traverser les anciens cavaliers de la mort. C'était d'ailleurs vers Sirius que ces pensées se tournaient, aujourd'hui. Ce matin, assis dans son bureau, le mage avait reçu une lettre de son bras droit, Remus, le prévenant de l'état inquiétant de l'animagus. Il avait du mal à s'en remettre et il ne pouvait que le comprendre. Il fallait bien reconnaitre que le sort s'était acharné sur lui et sur sa famille, étant tour à tour torturé puis transformé en cavalier, il en avait bavé. Silencieux, pensif, le legilimens reporta son regard bleuté en direction du parchemin, le relisant une nouvelle fois. S'il avait bien compris, le maraudeur allait venir à Poudlard, se changer les idées, dans un lieu sécurisé, il essaierait de le croiser. Évidemment, il avait des milliers de choses à faire, des urgences à tour de bras, mais Albus avait toujours pris le temps de s'intéresser aux autres, d'aller vers eux et de s'assurer que tout se passait bien. Dans cette école, il avait tenu pour acquis que tout le monde pouvait y trouver de l'aide, il n'en dérogerait pas! Gagner la guerre était bien sûr une idée tentante, mais pas à n'importe quel prix. Pas au point d'oublier tous ceux qui y participaient. Passer outre cette idée, ne serait pas lui et il n'avait pas décidé de changer. Un regard à l'extérieur suivit du hululement de Fumseck lui fit prendre conscience de l'heure. Les cours avaient commencé depuis une bonne demi-heure déjà, il n'avait plus qu'à essayer de le trouver. Sortant de son bureau d'un pas vif, pour un centenaire, le directeur prit le chemin de la sortie. Après tout, un homme qui avait été enfermé pendant des jours et des jours devait surement rêver de liberté, plutôt que de se retrouver enfermé dans un bureau sans âme, emplis de monde. Partant de ce postulat, l'idée de l'extérieur était des plus tentantes et si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, il avait une bonne idée de l'endroit qui pouvait apaiser son âme. Un endroit qui lui redonnerait cette sensation d'évasion, celle qu'il avait pu ressentir lors de sa première année, au cours du vol sur balais.

C'était donc tout naturellement qu'il prit la direction du terrain de Quidditch. Mu par l'intuition et une idée génialissime comme il pouvait en avoir des centaines, si si, il s'avança vers ces tours colorées, fièrement dressées vers le ciel. Il n'y avait aucun mouvement à l'horizon, aucun match, ni entrainement, ne semblait avoir lieu en ce moment même, mais il continua sa progression. Une robe pourpre sur le dos, sa longue barbe blanche volant au gré des bourrasques venteuses, il arriva enfin à l'entrée du terrain. Atteignant le sol, il releva son regard vers les gradins. S'il pensait d'abord s'être trompé, il finit, grâce à ces lunettes, par remarquer une silhouette assise à mi-hauteur. Décidé, absolument pas essoufflé par l'effort, contrairement à bon nombre de ces professeurs qui pestaient chaque jour sur ces escaliers farceurs, il enjamba les strapontins avec aisance avant de se rapprocher de lui. Ses pas se firent plus lents, les mains dans le dos, il s'approchait calmement, laissant à Sirius tout le loisir de le voir venir, de ne pas être surpris de son arrivée impromptu, ou même de l'éviter si tel était là son souhait. Il n'avait jamais forcé quiconque à converser avec lui, alors si il ne le voulait guère, il ne lui courait pas après. Tranchant avec les couleurs pâles des décorations, Albus finit par s'assoir sur le gradin, à ses côtés. D'abord silencieux, l'homme porta son regard vers cet espace inanimé, lentement balayé par le vent. Après quelques secondes, loin d'être pesante, il desserra enfin les lèvres tout en tournant son regard vers le maraudeur.

-Je me doutais bien que je vous trouverais ici.

Sa voix était posé, calme, toujours aussi douce. Un léger sourire finit même par étirer son visage, alors qu'il semblait analyser l'homme assis à ses côtés. Physiquement, il semblait inchangé, mais les traces étaient mentals, invisibles, beaucoup plus vicieuses et durables. À n'en pas douter, il pouvait compter sur le soutien de ses amis d'enfance, mais serait-ce suffisant pour passer le caps? Il l'ignorait. Tout ce qu'il pouvait supposer c'était que le temps serait un facteur important de sa réhabilitation, ainsi que son mental, son envie de reprendre son histoire en main, de continuer de se battre.

-Vous n'êtes pas seul, Sirius, de nombreuses personnes se soucient de vous.

C'était l'information qui lui semblait la plus importante à annoncer. Ne sachant pas si le mauraudeur le suivrait ou non sur ce chemin, il préféra garder le silence, son regard se reposant sur le gradin d'en face. Immobile, il ne semblait pas toucher par la fraicheur de ce temps automnal, ni par l'inconfort de cette pierre froide, sur ces articulations.


To turn on the light

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